Rêve de coucou 1 – Tamekou

reve de coucou 1 tamekou
Tamekou ためこう
ISBN: 9782368776254
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784294 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Mon corps n’est rien d’autre qu’un réceptacle pour mon esprit. »

Tamekou sensei nous plonge dans une histoire complexe, pleine de suspense. Elle joue sur le doute jusqu’à la fin. Ainsi, l’incrédulité de Natsuka sur le changement de corps entre Hakushima et Seno perdure. La rationalité de l’étudiant homosexuel est constamment mise à l’épreuve. Au fil des chapitres, le lecteur remarque que les deux meilleurs amis ne se connaissent pas tant que cela alors qu’ils sont proches. En parallèle, l’auteure dévoile le contexte familial particulier de Shôgo, permettant de mieux comprendre son caractère renfermé et fuyant. Elle interroge sur les relations humaines et l’amitié. Elle invite le lecteur à réfléchir au sentiment amoureux. Qu’aimons-nous chez une personne: son physique ou son esprit? L’aimerions-nous de la même manière si il changeait de personnalité ou de physique? En se révélant à ce Hiro dans le corps de Yûji, Natsuka montre une facette différente de lui-même, espérant réaliser enfin son désir.

La mangaka a un trait épuré, léché mais légèrement anguleux. Elle porte attention aux regards et petits gestes. Elle varie beaucoup les trames et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance pour ne pas surcharger. Comme les flash-back s’identifient immédiatement, cela facilite la lecture. D’ailleurs la mise en page est très dynamique, avec des angles de vue parfois originaux. Tamekou sensei ne censure pas les scènes érotiques mais ne sombre pas dans le voyeurisme pour autant.

En résumé

Natsuka Shôgo est amoureux de son ami Hakushima Hiro depuis le lycée. Mais de peur de briser leur amitié, il ne lui a jamais avoué son homosexualité ni ses sentiments. Il fréquente un sex friend, Seno Yûji, avec qui il se montre assez froid. Un soir, alors qu’il était avec lui, il reçoit un appel de Hakushima lui annonçant avoir besoin de parler. Il plante alors Seno pour rejoindre son ami. Toutefois, Hiro commence à critiquer son manque d’assiduité à l’université et ils finissent par se disputer. Natsuka appelle alors Yûji mais en chemin, ce dernier a un accident avec Hakushima. Tous deux finissent donc dans le coma à l’hôpital. Quand Seno se réveille, il semble perdu et dit s’appeler Hakushima…

En conclusion

Beaucoup de questions, de doutes, durant la lecture de ce récit merveilleux. L’auteure arrive à rendre tous ses personnages attachants, crédibles tout en amenant le lecteur à réfléchir profondément sur le sentiment amoureux. Impossible de rester indifférent! L’apprécierez-vous autant que moi?

Choco strawberry vanilla – Psyche Delico

choco strawberry vanilla psyche delico
PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368775363
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784812484074 (JP)
Takeshobo, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Les affres de l’amour à trois. »

Psyche Delico sensei développe un triolisme original avec deux amis d’enfance qui partagent tout, sans pour autant être amoureux, et initient « leur » nouveau partenaire. Elle alterne la narration entre Minegishi, Takeshi et Hiroi, partageant leurs réflexions. Ainsi, elle amène le lecteur à s’interroger sur l’amour exclusif. En effet, Hiroi assume pleinement son polyamour. Toutefois, l’incompréhension de sa sexualité différente par ses anciennes partenaires l’a fragilisé psychologiquement. Take a toujours suivi Hiroi sans réfléchir à ses goûts personnels mais son attirance naissante pour Mine l’amène à mieux cerner ses penchants sadiques. D’ailleurs, Mine fait l’effort de comprendre leur vision en acceptant d’apprendre à aimer ce qu’aime son partenaire. L’auteure joue sur les remises en questions de ses personnages et la relation conflictuelle entre Tada et Katsuya. Elle met parfaitement en scène les sentiments et les hésitations des trois partenaires. L’équilibre entre eux se construit donc difficilement.

La mangaka a un trait fin et épuré, presque dépouillé. Elle n’hésite pas à dessiner des jambes poilues. Une certaine blancheur se dégage de ses planches car elle privilégie les aplats noirs et utilisent peu de trames pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font également discrètes. Au premier abord, la mise en page semble classique avec des cadres délimités, pourtant il y a bien quelques ellipses et des absences de cadres. Par ailleurs, les angles de vue intéressants donnent un certaine dynamique. Psyche sensei censure à peine les scènes érotiques, avec de fines bandelettes blanches qui se fondent dans le dessin. Elle représente les trois protagonistes dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle accompagne sa postface de deux planches conclusives sans trop montrer le nirinzashi.

En résumé

Depuis l’enfance, Kômoto Hiroi partage tout ce qu’il aime, objets comme humains, avec Tada Takeshi. A une soirée d’anciens élèves du lycée, il retrouve Minegishi Katsuya, un garçon taciturne et sombre avec qui il arrivait à converser. Ce dernier nourrit un amour secret pour lui depuis cette période. Hiroi lui propose alors de sortir ensemble après avoir couché ensemble. Mais lors de leur deuxième rendez-vous, il emmène avec lui Take. Surpris, Mine rejette d’abord sa proposition de faire l’amour à trois, mais quand son amant lui annonce qu’il le quitte s’il refuse son ami comme une extension de lui, il finit par céder. Difficile pourtant pour lui d’accepter cet intrus dans leur relation…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. La couverture est classée troisième et Minegishi Katsuya, deuxième personnage érotique. J’adore les threesome quand ils se font dans le consentement. Ici, Mine se fait un peu forcer la main au début et cela pourra déranger certains lecteurs. Cependant, comme à son habitude, l’auteure développe parfaitement son scénario en portant attention aux questionnements et à l’évolution des sentiments des personnages. Je trouve donc l’ambiance de ce drame moins sombre que les autres œuvres de la mangaka.

Comme un adieu 1 – Shimura Takako

comme un adieu 1 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782369747222
Akata, 2021
ISBN: 9784799734803 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Au réveil, j’avais le corps d’un enfant… »

Shimura Takako sensei mélange à la fois le drame et le fantastique dans ce récit explorant « les méandres de l’âme humaine ». Elle alterne la narration entre Kanade et Yuhki, entrant petit à petit au plus profond de leur conscience. Elle remet en question les liens du couple, dévoilant au fur et à mesure leur passé. Ainsi, leur relation n’est pas aussi stable qu’elle ne paraît. De même, les héros s’interrogent sur leurs sentiments, leur homosexualité et la notion de famille. D’ailleurs, l’auteure met en parallèle l’univers du théâtre avec le rôle que joue un homosexuel pour se fondre dans la société. Elle dénonce également la prostitution adolescente. Avec Yûta, elle aborde aussi la question de la pédophilie, la complicité entre l’enfant et son frère l’intrigant. Le chapitre « Tamai, l’amour et l’amitié » narre une histoire à part avec un triangle amoureux entre deux demi-frères et une collègue de travail.

La mangaka a un trait épuré qui dégage à la fois de la douceur et une certaine rondeur. Malgré la finesse du trait, elle tire profit des pleins et des déliés pour marquer son style. Elle simplifie à l’extrême son trait dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent dans les plans larges. Les trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page est dynamique avec toutefois un cadrage très marqué. Dans les scènes érotiques, Shimura sensei évite de détailler les parties intimes sauf dans une case. Les éditions Akata ont effectué un travail magnifique sur la couverture avec un vernis en forme de fenêtre qui donne du relief à l’illustration. Cet effet fait également ressortir le titre sur le dos du livre.

En résumé

Kawata Yuhki (30 ans), chauffeur de bus, et Haijima Kanade (25 ans), cumulant petits boulots et participation à une troupe de théâtre, sortent ensemble. Mais un matin, Kanade se réveille avec son corps d’enfant. Tout d’abord surpris, son petit ami le reconnaît rapidement. Alors que Haijima semble prendre la situation avec calme et fatalité, Yuhki s’inquiète. Le chauffeur de bus s’empresse donc d’alerter leurs employeurs de leur absence, se faisant passer pour malades. Mais quand il achète quelques vêtements pour Kanade, il ressent un peu comme un instinct paternel. Cependant, le garçonnet est toujours excité par son partenaire et a encore envie de lui faire plaisir, malgré ses protestations. Mais Yûta (25 ans), le petit frère de Yuhki, débarque et demande à être loger quelques temps…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. La lecture demande un petit peu de concentration pour assimiler tous les détails mais également de prendre de la distanciation avec le récit. Par contre, certains lecteurs sensibles pourront être choqués par les thèmes abordés. Pour ma part, cette histoire est un véritable coup de cœur! J’aime beaucoup le parallèle avec le théâtre, le côté sombre des personnages qui remonte petit à petit et les émotions presque à fleur de peau que j’ai ressenties à la lecture. J’ai tellement hâte de découvrir la suite!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 3 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 3 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062616
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664328 (JP)
Shinshokan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Princesse, je te ferai la plus belle des assiettes. »

Shimizu Yuki sensei consacre ce tome à la romance entre Sawato et Daiki. Elle donne quelques indices sur le passé du potier, permettant de mieux comprendre son comportement trop entreprenant. Comme dans le tome précédent, elle continue à développer les raisons du complexe de Kuroi envers sa grand-mère, et fait un parallèle avec Kanze qui subit une forte attente artistique comparé à son grand-père devenu trésor national vivant. Malgré les doutes et les chamailleries, les sentiments se développent peu à peu entre les deux hommes. Par ailleurs, l’auteure met en avant les projets de développement touristique pour revigorer un village de montagne grâce aux produits biologiques et l’artisanat local. Avec Sagara Mikihisa, elle aborde également la difficulté d’être homosexuel à la campagne. En effet, l’ancien batteur du groupe qui va ouvrir un salon de beauté dans le village, étant fils aîné, préfère cacher son homosexualité.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Même si au premier abord, les visages semblent tous ovales, leur physionomie varie dans les petits détails comme la largeur du menton ou la forme des yeux. L’utilisation des trames est équilibrée. Toutefois, les trames d’ambiance restent discrètes. De même, les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page dynamique rythme la lecture. Shimizu sensei ne censure presque pas les scènes érotiques. Cependant, elle joue sur les trames et les blancs pour occulter les détails des parties intimes. Elle présente succinctement les personnages au début de ce tome.

En résumé

Pour préserver le monopole de la source chaude, Kuroi Sawato préfère embrasser Kanze Daiki au lieu de la partager. Alors qu’il hésite sur la position à prendre, le potier lui vole un baiser. Et quand le responsable de la restauration du village l’embrasse enfin de lui-même, il s’emballe mais est très vite remis à sa place. Malgré les protestations du chef du village, il ne peut s’empêcher de prendre soin de lui. Le lendemain, en allant faire leur déposition au commissariat, Sabbat croise Shiroyama Hiroki, un conseiller de la mairie qui était étudiant au pair chez sa grand-mère. Leur complicité ne plaît guère à Daiki. Et il est encore plus frustré quand Sawato lui demande de s’arrêter à un magasin de donuts pour son petit-frère Enma…

En conclusion

L’auteure arrive à nous sensibiliser sur des problématiques, tout en laissant le lecteur s’interroger par lui-même. De même, malgré le côté harceleur de Daiki, elle l’oppose à Sawato qui a beaucoup de caractère et qui ne se laisse pas facilement faire. On pourrait presque s’amuser à comptabiliser le nombre de coups que le potier reçoit. Cette dynamique entre les personnages rend le couple attachant. Par ailleurs, j’aime beaucoup la sœur de Daiki, Umegae Airi. Ce tome se termine sur un suspense insoutenable.

Deadlock 4 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 4 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782375062586
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199608162 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Dick, même si on ne devait plus jamais se revoir, je m’en souviendrais toute ma vie. »

Aida Saki sensei amène Yûto à s’interroger sur ses sentiments et à l’homosexualité. Elle montre la difficulté de concilier relation et travail, de se projeter dans un avenir incertain malgré les sentiments. Pour Lenix, la famille reste importante et ne se sacrifie pas au nom de l’amour. Pourtant, sa rencontre avec Banford lui permet d’évoluer et de reprendre en main son destin. D’ailleurs la narration se concentre toujours sur l’enquêteur du FBI. L’auteure met également en avant l’incohérence des projets politiques sur les prisons, les annonces fortes pour rassurer la population incompatibles avec les réelles conditions carcérales. En effet, la modernisation des systèmes de sécurité et les investissements courts priment sur les réels manques à combler. Deux chapitres bonus permettent d’en découvrir plus sur Dick, dont son enfance. De même, le bonus en roman présente la version du récit selon le point de vue de l’agent de la CIA.

Le trait léché légèrement épuré de Takashina Yuh sensei dégage beaucoup de sensualité. Elle porte attention aux détails et aux petits gestes. Les décors situent principalement l’action. Comparé au tome précédent, la mise en page dynamique est plus aérée, traduisant graphiquement l’esprit de liberté qui s’installe. La mangaka tire profit des vides et des ellipses pour renforcer la suspension des sentiments. Elle joue également sur les trames d’ambiance pour ajouter une sensation de rêve ou de doux souvenirs. Dans les scènes érotiques, elle censure les organes sexuels en ne les dessinant pas. De même, le choix des angles de vue permet d’en montrer moins. La couverture avec Yûto donne un indice sur le dénouement. Par ailleurs, la postface révèle quelques anecdotes sur la création.

En résumé

Pendant l’émeute, Dick Banford et Yûto Lenix ont trouvé refuge dans la réserve. Infiltré pour la CIA, Dick projette de s’enfuir lors de l’intervention de la garde nationale afin de poursuivre Corbus. Il propose alors à Yûto de l’accompagner mais ce dernier refuse. Contrairement à son codétenu, il a un casier judiciaire et ne souhaite pas le gêner dans sa quête de vengeance. Cependant, il réalise qu’il est amoureux de Dick, éprouvant même de la jalousie quand il parle de son défunt partenaire. En partageant leur peine et réalisant que leur séparation sera sûrement définitive, les deux hommes se rapprochent et finissent par céder à leur attirance mutuelle.

En conclusion

La fin de ce tome donne envie de découvrir la suite dans les romans. On se retrouve à la fois frustré et heureux. La romance apporte un plus mais n’est pas vraiment le cœur de l’histoire. Cette série plaira donc à tous ceux qui aiment les récits policiers.

Deadlock 3 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 3 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782375062418
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199608148 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le doute s’installe après la découverte d’un nouveau suspect non répertorié…

Aida Saki sensei dépeint avec finesse le sentiment de culpabilité d’une victime de viol, les émotions contradictoires et la difficulté à surmonter ce traumatisme. Elle montre également comment une émeute peut se déclencher facilement dans une prison. Par ailleurs, elle révèle un peu le passé de Dick. Alors que Lenix résiste à l’esprit de vengeance, Banford reste prisonnier de l’engrenage de ce sentiment. L’enquête sur Corbus est remise en cause avec l’apparition d’un suspect non répertorié dans la liste. Les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu. Toutefois, l’auteure conclut rapidement l’enquête en révélant son visage. A travers l’organisation terroriste White heaven, elle interroge les motivations de Corbus. Elle dénonce aussi la concurrence entre le FBI et la CIA qui, en ne partageant pas leurs informations, se gênent dans leurs enquêtes. De même, les deux organisations ne déploient pas les mêmes moyens.

Takashina Yuh sensei a un trait léché légèrement épuré. Elle dessine bien les musculatures. L’équilibre des trames renforce le réalisme du récit. De même, les décors sont présents dès que le cadrage s’élargit. En revanche, les scènes d’action, plutôt bien rendues, se résume à l’essentiel. La mise en page est dynamique. La mangaka occulte quelques traits des parties intimes dans les scènes érotiques. Elle joue sur la vapeur de la douche pour éviter de donner trop de détails. D’ailleurs, elle se focalise plutôt sur les sensations et les sentiments des personnages. En début de tome, une présentation des protagonistes permet de se repérer rapidement dans le récit. Comparé au tome précédent qui se focalisait sur le duo d’amis, la couverture met en avant Dick tout en posant quelques indices.

En résumé

Piégé par BB, avec la complicité de Hose et du gardien Owen, Yûto Lenix a été violé dans les douches. Quand il se réveille à l’infirmerie, Dick Banford se trouve à ses côtés. Malgré la rage et la proposition de son codétenu, l’ancien policier refuse de se venger. Toutefois, il demande une analyse sanguine. Allant mieux, Michael Ronini et Nathan Clarke lui rendent visite. En revanche, lors de sa déposition, Lenix feint ne pas avoir vu son agresseur. Suivent alors Rivera Ernesto et Tonya, mais Neto ne supportant pas de voir son ami blessé, s’éclipse. Yûto apprend alors que suite au décès de Choker, la tension est palpable entre le gang Loco Hermano et celui des Black soldiers. Quatre jours plus tard, Lenix, allant mieux, est autorisé à prendre une douche. Dick l’accompagne. Mais les souvenirs affluant, l’ancien policier panique…

En conclusion

Ce tome intense en émotions arrive à créer la surprise jusqu’au bout. Même si les sentiments entre Yûto et Dick évoluent, ils ne sont pas centraux. Cette histoire met réellement en avant l’enquête policière. Connaissant le roman, je n’ai pas eu la grande surprise attendue mais je trouve que cela est parfaitement bien amené dans le manga. Je regretterai presque d’avoir déjà lu le roman!

Lovenest 2 – Minaduki Yuu

lovenest 2 minaduki yuu
MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368777640
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784403666834 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Fais gaffe de ne pas te faire poignarder dans le dos par tous les couples que tu as brisés dans le passé. »

Minaduki Yuu sensei continue à développer la romance entre Asahi et Masato. Elle approfondit leurs personnalités et s’intéresse à l’influence du passé sur leur relation. En introduisant Kôsei, elle oblige ainsi Hozumi à se confronter à sa lâcheté et à son sentiment de culpabilité. En effet, il a la mauvaise habitude de fuir les obstacles, quitte à être malheureux. Grâce au soutien de son amie Kuroda Marié mais également d’Itô Yôsuke et Arimura Ikuo, il va changer et se battre pour protéger celui qu’il aime sincèrement. En revanche, Naru (38 ans) s’avère être un fieffé manipulateur difficile à cerner. L’auteure met en avant la discussion et la réflexion au sein du couple, les efforts à fournir pour être digne de confiance, mais également le sacrifice de son bonheur pour celui de l’autre. Elle dévoile encore quelques éléments du passé. Les évènements et les révélations s’enchainent avec naturel.

La mangaka a un trait épuré assez fin. Elle arrondit les visages dans les passages humoristiques, rappelant les codes des personnages SD. Elle donne un air effronté à Masato en lui ajoutant des canines, avec un aspect un peu félin. Les décors très soignés renforcent le réalisme, avec des pièces en désordre, des décorations recherchées, des paysages agréables. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Minaduki sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Mais elle se focalise surtout sur les sensations des personnages. En fin de chapitre, elle offre des croquis avec des petites anecdotes. Sous la couverture, des fiches présentent les personnages secondaires. La postface explique la naissance de la série.

En résumé

Hozumi Masato est de plus en plus dingue de Yajima Asahi. Pourtant, l’architecte ne cède pas facilement à ses incitations et préfère le taquiner comme avant. Comme ils ont des goûts différents, Masato n’ose pas trop s’imposer. Mais alors qu’il souhaitait inviter son colocataire à une soirée pour voir les feux d’artifice d’été, il apprend qu’Asahi part en mission pour une semaine à Ôsaka. En effet, ce dernier est sur un gros projet. Toutefois, avant de partir, il prévient Masato qu’il désire lui parler de quelque chose d’important à son retour. Incité par Naru, le petit frère de Yajima qui vit à Los Angeles, Kôsei, débarque dans l’appartement. Mais Masato réalise qu’il le connaît bien…

En conclusion

Alors que le premier tome finissait bien, l’auteure nous rappelle que le bonheur et la confiance se construisent et que les mauvaises actions finissent toujours par être punies. Elle arrive encore à nous surprendre avec le chapitre bonus. Elle maîtrise son scénario, les enchainements narratifs et son graphisme. Ce titre me procure beaucoup d’émotions. J’aime beaucoup retrouver les personnages des autres séries. En revanche, en lisant le profil de Naru, j’aimerais bien découvrir un jour son histoire. Pour l’instant, Asahi et Masato sont décidément mon couple préféré.

Je préfère que tu sois sage – Niyama

je prefere que tu sois sage niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760192
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801969117 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: ごほうびは躾のあと
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que j’ai raté dans ton éducation? »

Niyama sensei narre une comédie romantique entre Godai Minoru et le jeune homme qu’il a élevé, Fûtarô. Dans ce spin-off de Je préfère en nature, elle met en avant la reconversion du créancier, mais également celle de Manami. Par ailleurs, elle aborde l’évolution des sentiments ainsi que la difficulté à bien les cerner quand les rapports changent. En effet, Fûtarô passe d’une admiration pour son sauveur à un amour passionné. Minoru, quant à lui, considère encore Toi comme un enfant naïf et maladroit à protéger. L’auteure oblige ses personnages à évoluer en semant quelques obstacles. Le comique joue donc sur des situations assez rocambolesques et des contrastes. Par exemple, Godai cache son grand cœur derrière son regard sévère. L’entourage du couple les soutient, en particulier Ruri qui résout tous les problèmes avec sa douce autorité. Le chapitre « Badass » présente les motivations un peu futiles de Moriyama Tetsurô pour sa carrière.

La mangaka a un trait épuré. Elle dessine des hommes virils. Par ailleurs, elle joue sur les contrastes. Par exemple, Fûtarô a un visage très doux par rapport à sa carrure. Il devient même un wanko dans certaines vignettes humoristiques. Les spitz ajoutent une énorme touche de « mignonnerie ». Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Niyama sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Malgré la consigne d’inclure une scène par chapitre, elle arrive à varier les situations ou à présenter d’autres couples. Elle termine par une postface en images.

En résumé

Abandonné par ses parents endettés, Toi Fûtarô a été adopté par leur créancier, Godai Minoru. Maintenant, à 21 ans, il prend soin de la maisonnée aidé par Ruri, la gouvernante, et s’occupe de la meute de spitz. L’étudiant aimerait montrer sa reconnaissance envers son bienfaiteur en travaillant à ses côtés mais Minoru refuse catégoriquement. Le jeune homme est en réalité secrètement amoureux de Godai et souhaite rester auprès de lui. Mais un soir, l’ancien créancier, devenu patron de bar à hôtes, le surprend en train de se masturber dans sa chambre. Devant le regard froid de son sauveur, Toi s’enfuit.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place des meilleurs mangas profonds au Chill Chill BL award 2021. L’auteure présente son tome comme le « paradis des petits chiens ». En effet, les adorables spitz nains participent réellement au récit. En plus, j’adore les toutous donc, je suis conquise d’avance. J’admire beaucoup la maîtrise de Niyama sensei qui équilibre parfaitement comédie, érotisme et romance, sans lasser. Je suis heureuse de découvrir également ce que sont devenus Tetsu et Manami. Une histoire mignonne et agréable à lire.

Two sides of the same coin 2 – Nishimoto Rou

two sides of the same coin 2 nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782368777428
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784829686294 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Dites, vous savez ce que c’est, le bonheur? »

Nishimoto Rou sensei base maintenant la narration du point de vue de Kôsuke. Elle dévoile au fur et à mesure le passé traumatisant du boxeur tout en posant des indices sur son projet de vengeance. En parallèle, elle oblige son héros à s’interroger sur ses sentiments naissants mais immoraux. Yoshida Takahiro révèle son vrai visage, utilisant les deux garçons pour son profit personnel. Toutefois, Yûji qui s’est pris en mains, agit maintenant et se bat pour changer les choses. L’auteure continue à dépeindre la perversion du père qui s’avère être un véritable monstre violent, abusif et dont l’ego démesuré l’entraîne dans le déni total de ce qui l’entoure. Minase et Hishiya vont évoluer, mûrir suite aux chocs et aux décisions qu’ils vont prendre pour leur bonheur commun.

La mangaka a un trait magnifique. Elle varie beaucoup les expressions du visage jouant sur les nuances. D’ailleurs, les émotions de Kôsuke se devinent immédiatement. L’utilisation des trames est équilibrée. De même, les décors sont soignés. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des coupes intérieures. Elle donne sa postface sous la jaquette avec une planche révélant ce que sont devenus les deux héros. Les couvertures du premier et du second tome mises côte à côte forment une seule illustration.

En résumé

Pendant son sommeil, Hishiya Kôsuke se souvient de son enfance. Il ne fait plus confiance aux gens depuis qu’il a failli se faire violer par un homme qui lui avait proposé le logis pendant que son père était avec sa mère. Le lendemain matin, Minase Yûji réitère encore ses sentiments envers le boxeur. Durant une pause sur le chantier d’archéologie, Miki aborde Kô et lui explique alors que l’étudiant, plutôt asocial, est souvent mis à part dans l’équipe. Sa présence étonne donc tout le monde car il est difficile d’obtenir un tel poste. Alors quand des élèves médisent sur son bienfaiteur, Kôsuke le défend. Mais, touché par la gentillesse de Yûji, il commence à culpabiliser de son rapprochement avec celui qu’il a pris en réalité pour cible…

En conclusion

Attention! Ce tome peut choquer car il est question d’inceste (avec un père abusif et une relation entre demi-frères). Sa lecture demande donc de prendre une certaine distance. Je suis émue par ce récit où deux familles sont détruites à cause d’un seul individu à l’ego démesuré. Les deux jeunes adultes ne peuvent que constater leur impuissance et cherche à évacuer leur sentiment de culpabilité en trouvant un bouc émissaire. Pourtant, en affrontant leurs peurs, ils vont réussir à évoluer et trouver enfin le bonheur.

Two sides of the same coin 1 – Nishimoto Rou

two sides of the same coin 1 nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782368777411
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784829686287 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quelle est cette force capable de rapprocher inexorablement deux êtres ignorants de leur existence mutuelle? »

Nishimoto Rou sensei narre un drame sentimental avec un étudiant passif, complexé par rapport à son père, mais qui évolue grâce à l’amour. La narration donne le point de vue de Yûji. Même si il apparaît au premier abord comme un fils modèle, il subit en réalité la pression de son paternel qui l’a rejeté depuis qu’il ne répond plus à ses attentes. De même, Kôsuke qui semble frivole et fort cache en réalité ses faiblesses. Son masochisme traduit sûrement un certain mal-être. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de Yûji ainsi que les liens qui relient ses personnages. Par ailleurs, elle pose des indices tout en maintenant le suspense. L’image du père de Yûji, parfaite aux yeux de la société, se dégrade au fil du récit. Son fils éprouve une attirance sans borne pour Kô même si cela n’est pas forcément réciproque.

La mangaka a un trait légèrement épuré assez réaliste. Elle dessine des personnages plutôt musclés. Elle travaille particulièrement les expressions du visage. Les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, l’usage des trames est équilibré entre ombres et colorations. Par contre, les décors situent principalement l’action en restant tout de même assez précis. La mise en page simplement dynamique rythme la lecture et ménage le suspense. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décrit même avec beaucoup de détails.

En résumé

Deux semaines après l’enterrement de sa mère, Yûji découvre que son père entretient une relation adultère. Comme sa mère s’est sacrifiée pour satisfaire ce commissaire autoritaire et soucieux de sa réputation, l’étudiant d’abord chamboulé, enrage. Il décide alors de rejoindre son senpai, Yoshida Takahiro, à une soirée. Dans sa précipitation, il bouscule un beau boxeur qui lui vole un baiser pour s’excuser. Mais après un verre d’alcool, Yûji sombre rapidement. Quand il reprend conscience, il réalise que la soirée entre étudiants a dégénéré en partouse. En plus, Yoshida le photographie en plein ébats. Redoutant les réactions de son père, il fuit. Mais en allant aux toilettes, il est embarqué de force dans un match de boxe illégal qui se déroule au sous-sol et se retrouve aux pieds de Hishiya Kôsuke. Est-ce un hasard?

En conclusion

Attention, certaines scènes peuvent choquer! Les relations ne sont pas forcément très consenties au début. En plus, la relation qui se lie entre Kô et Yûji n’est pas des plus saines au départ. Mais pour ma part, j’apprécie beaucoup le dessin de la mangaka, le récit et la tournure que prend les évènements. J’ai hâte de lire la suite. Nous avons heureusement la chance d’avoir les deux tomes publiés en même temps, comme au Japon.