The proper way to write love – Ogeretsu Tanaka

the proper way to write love ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375060346
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784403664687 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: 恋愛ルビの正しいふりかた
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des amours maladroits qui blessent plus les partenaires qu’ils n’apportent de joie.

Ogeretsu Tanaka sensei offre deux romances avec des amours maladroits et blessants sans le vouloir. Dans le premier récit, qui donne son titre au manga, elle s’intéresse à la vengeance. Elle base la narration sur le point de vue de Suzuki. Elle dévoile les souvenirs du héros petit à petit, permettant d’éclaircir peu à peu ses sentiments. Ainsi, la cohabitation permet à Hiromu et Natsuo de mieux se découvrir. Le côté ingénu de Washizawa apporte une touche humoristique. Ensuite, l’auteure s’intéresse à ce que devient Hayashida, de Love whispers, even in the rusted night. Elle aborde la peur de redevenir violent envers un partenaire, les regrets et le désir de changer. Shûna se montre très patient avec Kannosuke qui oscille souvent entre acceptation puis rejet de l’être aimé. Toutefois, il lui fait clairement comprendre la différence de traitement entre une relation charnelle et relation amoureuse.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des hommes finement musclés, n’hésitant pas à mettre en avant leur plastique. Elle utilise avec parcimonie les trames d’ambiance, appuyant ainsi le côté réaliste du récit. D’ailleurs, les décors sont soignés et très présents. De même, l’équilibre des trames ne surcharge pas les pages qui sont agréables à lire. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose. Elle donne beaucoup de détails sur la création des histoires dans sa postface en deux planches.

En résumé

The proper way to write love: Au lycée, Suzuki Hiromu fréquentait le club d’horticulture et était constamment la cible de délinquants dont Washizawa Natsuo. Pour se venger, il a choisi des études de coiffure mais en fin de compte passionné par ce métier, il en a oublié son objectif premier. Pourtant, un jour, Washizawa vient dans le salon où il travaille. Comme il vient tous les jours, Suzuki a peur d’avoir été reconnu mais son ancien bourreau lui déclare son amour et lui propose de sortir avec lui. Le coiffeur accepte, heureux de pouvoir enfin accomplir sa vengeance…
Le monstre refoulé / Monster sugar: Shûna Ayumu et Hayashida Kannosuke couchent ensemble depuis une soirée trop arrosée. Compatible sexuellement, ils ont une simple relation de sex friends. Mais Shûna s’intéresse de plus en plus à son senpai depuis qu’il a vu son sourire éclatant, quand il était au lycée, sur une photo accrochée à un mur. En plus, Hayashida ne semble pas non plus indifférent à son charme puisqu’il se montre parfois jaloux. Ses sentiments naissants, Ayumu souhaite se rapprocher de Kannosuke mais ce dernier rejette ses petites attentions. En effet, ce dernier reste hanté par la violence qu’il usait contre son ancien petit ami et il a peur de recommencer en s’attachant à un nouveau partenaire. Mais étrangement, il arrive à se confier à Shûna…

En conclusion

Ce manga obtient la quatrième place au Chill Chill BL award 2016. Shûna se classe septième meilleur seme, Hayashida troisième meilleur uke et Washizawa Natsuo quinzième meilleur uke. D’ailleurs, j’adore Natsuo! Il est tellement mignon par son innocence, ses larmes faciles et sa maladresse. De même, impossible de rester indifférente aux changements de Hayashida. Je trouve que l’auteure arrive facilement à émouvoir tout en décrivant avec finesse la psychologie de ses personnages.

Back to love – Aida Saki et Yamada Yugi

back to love aida saki yamada yugi

AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351805435
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784813052876 (JP)
Taiyohtosho, 2010 (JP)
Titre original: 愛想尽かし
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Est-il possible de goûter au bonheur au moins une fois?

Dans ce spin-off de Only love, Aida Saki sensei narre la romance du ténébreux Kyôsuke avec le capricieux Shûya. Elle s’intéresse à la différence d’âge, le chantage, la construction du bonheur par l’effort. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ses personnages ont un passé assez lourd et douloureux. Ainsi, Shûya a tendance à choisir la facilité depuis qu’il a fugué à 16 ans, et se retrouve à se prostituer pour un peu d’affection. Il assume pleinement sa bisexualité. Le taciturne et droit Sawaragi veut d’abord le faire sortir de cette boucle destructrice. Toutefois, il n’accepte pas les rapports charnels sans amour et confiance. L’auteure montre le long parcours vers un amour salvateur. Elle met en avant la cohabitation qui permet de faire évoluer Shûya. Conscient de la compassion de Kyôsuke, le jeune homme conserve pourtant un côté enfantin et innocent.

Yamada Yugi sensei a un trait reconnaissable, épuré et légèrement anguleux. Elle joue beaucoup sur les pleins et les déliés. Par ailleurs, elle simplifie à l’extrême ses traits dans les passages humoristiques. Les yeux ont des contours épais et les visages rougissant sont striés par de grandes hachures. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques. En plus, les décors sont présents dès qu’il y a de grands angles. La mangaka dessine des scènes d’actions simples mais efficaces. Elle porte également attention aux regards et aux petits gestes. D’ailleurs, la mise en page reste dynamique même lors d’une discussion. L’absence de détails des parties intimes censure les scènes érotiques. Le chaton Chibi apporte une touche mignonne à l’ensemble.

En résumé

Après avoir fui une violente agression, le gigolo Kasuga Shûya s’effondre dans la rue devant le patron d’un café, Sawaragi Kyôsuke. Il y a un an, les deux hommes s’étaient rencontrés en prison. Yakuza à l’époque, Sawaragi avait écopé de 5 ans de prison pour trafic de drogues. Mais il allait bientôt bénéficier d’une sortie anticipée pour bonne conduite. Toutefois, le yakuza Sone, dans la même cellule, le provoquait sans cesse. Même en l’ignorant, Kyôsuke éprouvait de la pitié pour Shûya (23 ans) qui était devenu le jouet sexuel du mafieux et qui se prostituait pour un peu d’affection. Le jeune homme avait par ailleurs vainement tenté de le séduire. Alors quand Sone frappa le jeune homme qui refusait un rapport, il s’interposa et fut placé à l’isolement. Pourtant, il n’eut aucune sanction grâce au témoignage en sa faveur de Kasuga.

En conclusion

Sawaragi Kyôsuke a obtenu la première place du meilleur homme mûr au Chill Chill BL award 2010. Son histoire se poursuit d’ailleurs dans le roman Hanahirayashi, toujours avec Aida Saki et Yamada Yugi sensei. Hélas, il n’a pas été traduit en français. C’est mon couple préféré. J’adore la dynamique entre eux et l’amour sincère qui se développe.

Only love – Aida Saki et Yamada Yugi

only love aida saki yamada yuki

AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351804414
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784813051879 (JP)
Taiyohtosho, 2009 (JP)
Titre original: たかが恋だろ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des sentiments non-dits, des relations ambiguës.

Aida Saki sensei arrive à sublimer le thème classique de l’ami d’enfance amoureux en secret depuis longtemps en y incorporant son univers. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé des trois protagonistes et installe un triangle amoureux aux teintes légèrement dramatiques. Les deux enfants apportent une touche innocente et leur amour se confronte aux relations complexes entre les adultes. En effet, Takatsudo et Kyôsuke préfèrent garder leurs sentiments pour eux. En plus, comme Shin agit au lieu de communiquer, il entraîne son bien-aimé dans une relation peu consentie. L’auteure aborde la trahison, le mensonge, l’amour secret et la peur d’assumer son homosexualité. Par ailleurs, elle maintient le suspense jusqu’au bout. Elle développe aussi la psychologie de ses personnages. Depuis 12 ans, Takatsudo cherche encore son orientation sexuelle. Kyôsuke est attachant, tiraillé entre son métier et son envie de protéger ceux qu’il aime.

Yamada Yugi sensei a un style reconnaissable avec des visages presque carrés. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux qui joue sur les pleins et les déliés. Toutefois, elle simplifie beaucoup les expressions dans les passages humoristiques, les résumant à quelques traits. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières peuvent être très graphiques, avec des fleurs, des cœurs, des fraises ou des pois. Par ailleurs, la mise en page très dynamique, accompagne le regard. La mangaka censure les scènes érotiques en évitant de dessiner les détails mais en jouant surtout sur les angles de vue. Elle offre de magnifiques illustrations, simples mais fortes en émotions, en début de chapitre, mettant en avant les héros.

En résumé

Kurata Izumi, veuf, travaille dans un café et élève son fils, Makoto, avec le soutien moral de son beau-frère yakuza, Sawaragi Kyôsuke. Un jour, il rencontre un ami d’enfance, Takatsudo Shin, qui avait coupé les ponts avec lui sans explication à la fin du collège. Ce dernier accompagne à la maternelle son neveu Ai. Malgré des retrouvailles plutôt froides entre les anciens amis, les deux enfants s’avèrent être très complices. Ils sont donc amenés à se croiser souvent. A la surprise d’Izumi, Shin semble avoir oublié sa remarque au collège et cherche à renouer avec lui. Pourtant, en s’incrustant au prétexte d’un rendez-vous entre les enfants, il finit par se disputer avec le père célibataire en ressassant le passé…

En conclusion

Deux grands noms du BL qui s’associent pour nous offrir un one-shot simple mais palpitant. Les évènements s’enchaînent avec fluidité. On reconnaît immédiatement le style d’Aida Saki sensei, connue pour sa série phare de romans Deadlock. Les personnages ont des personnalités complexes. D’ailleurs, Yamada Yugi sensei arrive, à travers son dessin, à retranscrire l’ambivalence des protagonistes. De même, elle efface son style narratif au profit de celui d’Aida Saki sensei. Ainsi, le récit se nimbe d’une touche mélancolique. Un drama CD est sorti la même année. J’adore l’impertinence de Makoto qui détend l’atmosphère générale et incite les adultes à bouger. Même si le comportement de Takatsudo m’énerve un peu, je trouve qu’il va bien avec Izumi. J’aurais même préféré qu’il galère un peu plus. En plus, j’aime beaucoup le style graphique de la mangaka. Je suis donc conquise!

Le syndrome du tournesol – SHOOWA

le syndrome du tournesol shoowa

SHOOWA
ISBN: 9782351803646
Taifu comics, 2009
ISBN: 9784832285897 (JP)
Houbunsha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Amour interdit et suspense.

SHOOWA sensei offre une romance avec en toile de fond une affaire d’espionnage, d’amnésie et d’usurpation d’identité. Elle maintient le suspense jusqu’au bout en semant des indices au fil des chapitres. Pourtant, elle sépare son histoire en deux parties: d’abord le secret entourant Kai et ses poursuivants, puis le cheminement de Sis pour reconstruire son passé. Les personnages ont des psychologies complexes. Kai nourrit un amour pour Sis mais exprime difficilement ses sentiments. Sis est méfiant envers tout le monde. Jin conserve une part de mystère mais se montre très protecteur. Il joue même les cupidons. L’auteure met en avant la difficulté de faire des choix et de les assumer, malgré parfois les regrets. Elle s’intéresse à la différence d’âge et au manque de confiance. De même, elle montre les hésitations d’entretenir une relation amoureuse consentie avec un mineur.

La mangaka a un trait épuré qui conserve une touche réaliste. Pourtant, elle dessine des contours plutôt épais. Elle respecte bien le style architectural occidental. Le métro et certains bâtiments français sont même reconnaissables. Les trames sont équilibrées mais les contrastes noir et blanc dominent. SHOOWA sensei s’attarde sur les petits gestes pour mettre en avant les indices. Elle joue surtout sur les angles de vue pour dynamiser sa mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes avec des points blancs.

En résumé

Sis Beckett a recueilli Kai (17 ans), le fils adoptif de son frère récemment décédé. Il n’avait pas de nouvelles du chercheur depuis plus de 10 ans et l’adolescent lui a seulement confié une carte mémoire dont il ne connait pas le mot de passe. En plus, il se fait plaquer par sa petite amie car il laisse tout le temps Kai venir dormir dans son lit. D’ailleurs, son ami Jin n’arrête pas de le taquiner à ce propos. Il lui apprend aussi que l’adolescent ne va pas toujours en cours et rencontre des inconnus. Inquiet, Sis suit Kai et demande alors des explications. L’adolescent lui révèle faire un petit travail de coursier, souhaitant aller à l’université et rester auprès de son nouveau tuteur. Alors que Sis lui avoue son attirance, Kai continue de venir dans son lit et accepte même de coucher avec lui.

En conclusion

Malgré le format court du one-shot, l’auteure maîtrise bien son scénario. L’enquête et le suspense sont tellement intenses qu’on en oublie la romance. Pourtant, c’est l’amour qui guide les choix des personnages. Ce BL peut donc intéresser tout le monde!

My hero’s dream 3 – Aomiya Kara

my hero s dream 3 aomiya kara

AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062715
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784758076784 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: おこさまスター 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une seule phrase, et tout s’écroule pour le cascadeur. »

Aomiya Kara sensei décortique les sentiments et les réactions des personnages après une séparation. Elle détaille les différentes étapes par lesquelles passent les personnages, selon leurs caractères: les regrets, la remise en question, l’auto-persuasion, l’incompréhension, le sentiment de culpabilité, la dépression, l’espoir. Elle développe un peu plus les personnages secondaires, en particulier Matsubara Haruomi. L’explication sur son comportement ambigu prend enfin tout son sens. Par ailleurs, les aînés de Kaidô utilisent l’homophobie comme prétexte pour le harceler. L’auteure met ainsi en avant la différence de perception de l’homosexualité entre les générations, les amis étudiants de Honda et les collègues de la même tranche d’âge du cascadeur étant plus ouverts. De même, elle montre la difficulté à gérer la solitude et le soutien qu’apporte les amis, ainsi que l’agence. La narration alterne entre les deux héros.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux malgré la forme plutôt ronde de ses visages. Par contre, dans les passages humoristiques, elle dessine des personnages en SD tout arrondi et mignon. Elle détaille les gestes du quotidien pour mettre en avant la réflexion constante des personnages. Les décors sont présents dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Dans les scènes érotiques, Aomiya sensei évite de montrer les détails des parties intimes grâce aux cadrages. Sous la jaquette, elle donne une postface en image et présente les personnages d’Oko-sama box qui apparaissent dans le tome.

En résumé

Se sentant inutile, Honda a décidé de quitter temporairement Kaidô Ryô. Il trouve refuge chez son ami Kawasaki. Ce dernier prévient alors discrètement Kaidô pour le rassurer. Comme Honda ne cesse de penser à son petit ami, il se lance dans une quête acharnée pour trouver un emploi. Remarquant sa mélancolie, Kawasaki l’emmène à une soirée organisée par Ômiya Sôsuke où ils retrouvent leurs amis de l’université Mikawa Daiki et Shakuji Mitsuru. Comme Honda ne parle plus de son amant, ses amis trouvent les mots justes pour le réconforter et le motiver. Quand il obtient enfin un poste, Honda se précipite d’abord naturellement pour annoncer la bonne nouvelle à Kaidô, puis réalise qu’il lui manque énormément.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’auteure maîtrise un peu mieux son scénario, malgré encore quelques maladresses. Je pense qu’elle est plus à l’aise sur la description des sentiments. Voir Kaidô prendre de l’assurance fait plaisir. D’ailleurs, j’apprécie son évolution. J’aime beaucoup ce tome qui aborde des thèmes différents des classiques.

Yes, my destiny – answer 2 – Sachimo

yes my destiny answer 2 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368775957
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865893557 (JP)
Fusion product, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Miyauchi acceptera-t-il enfin le bonheur que Kudô lui donne et que son entourage lui souhaite?

Sachimo sensei transpose les questions habituelles sur la grossesse, l’accouchement et l’éducation des enfants à travers les aventures des deux couples de sa série. En effet, Miyauchi aurait des problèmes de stérilité, s’ajoutant à ses peurs de ne pouvoir rendre heureux celui qu’il aime. Ainsi, son manque de confiance en lui le rend plutôt lâche. Pourtant, il va prendre conscience de ses sentiments et affronter son passé traumatisant, soutenu par ceux qui l’entourent. Sous ses airs impassibles, il se révèle en réalité plus sensible qu’il ne paraît. D’ailleurs, Kudô continue patiemment à surmonter les murs que son bien-aimé dresse devant lui tout en affrontant son attirance pour son âme sœur. L’auteure présente Hajime comme une poupée docile dans les mains de Hijiri. Mais elle aborde encore à travers cet étrange couple la question de l’abnégation pour celui que l’on aime.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux. Elle exagère les expressions ou simplifie ses traits pour renforcer l’effet comique. Elle représente également graphiquement le fantôme du passé qui hante Miyauchi par une image de son enfance. Les décors situent principalement l’action. En revanche, il y a beaucoup plus de trames d’ambiance. Les autres trames sont d’ailleurs équilibrées. La mise en page est très dynamique avec des ellipses, des vides et différentes formes de cadrage. Sachimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle présente les personnages et leurs liens en début de tome. Elle offre un yonkoma ajoutant une conclusion au chapitre final en fin de volume ainsi qu’une anecdote en deux planches sous la jaquette. Les illustrations en début de chapitre montrent les deux majordomes qui se rapprochent. Les couvertures du tome 1 et 2 mises côte à côte forment une illustration unique.

En résumé

Miyauchi Ichirô (bêta) continue de repousser les petites attentions de Kudô Yûto (alpha). Inquiet pour son fils, Kudô Masato (alpha) confie alors au majordome adjoint une clé USB contenant un terrible secret concernant Nagumo Hijiri (alpha). Il ne peut s’empêcher de prendre soin d’Ichirô depuis qu’ils se sont rencontrés après la mort de la mère du bêta. Le document révèle alors que le scientifique aurait amélioré génétiquement Hajime (oméga) pour correspondre à l’âme sœur de Kudô. Lors d’une rencontre avec Hijiri, Miyauchi tente donc de comprendre ses desseins. En effet, cette attirance artificielle peut-elle subsister? Mais pour le scientifique, les manipulations du majordome pour aider son maître à trouver le bonheur sont identiques à son projet, le but étant de rendre heureux la personne qu’ils aiment. Pris de remords d’être intervenu dans le destin de son maître, Ichirô déprime. Mais Saionji Aoi (oméga) trouve les mots justes pour le réconforter.

En conclusion

L’évolution des personnages semble osciller entre force et faiblesse. Ils se débrouillent parfois seuls, ou bien grâce à des soutiens. Comme dit Kudô, « Le destin peut aller se faire voir! ». Une phrase qui résume parfaitement ce dernier tome. Beaucoup d’émotions, de belles surprises, ce couple garde une place particulière dans mon cœur. On en oublie même que c’est un omegaverse.

Yes, my destiny – answer 1 – Sachimo

yes my destiny answer 1 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368775950
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865893472 (JP)
Fusion product, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un alpha doit-il forcément s’unir à son âme sœur ?

Sachimo sensei continue à développer la relation entre Miyauchi et Kudô. Elle met le couple à l’épreuve en introduisant Nagumo Hajime, un oméga qui s’avère être l’âme sœur de Kudô. De même, elle interroge sur la possibilité de manipuler le destin avec l’intervention de Nagumo Hijiri (alpha). Kudô se retrouve tiraillé entre son attirance pour l’oméga et son amour sincère pour le bêta. D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’être prévenant avec son majordome adjoint, malgré son refus de continuer à construite leur histoire d’amour. L’auteure s’intéresse également aux doutes et aux sentiments de Miyauchi, dont les traumatismes d’enfance polluent ses relations. Elle l’approfondit même dans un chapitre spécial. Alors que dans Yes, my destiny 2, elle faisait des sauts dans le temps, ici, la romance prend son temps.

La mangaka n’hésite pas à simplifier son trait fin et épuré dans les passages humoristiques, exagérant les expressions tout en déformant les visages et les yeux. D’ailleurs, elle arrive à rendre les yeux très expressifs malgré leur forme effilée. Au contraire, les enfants ont de grands yeux et sont tout en rondeur. Kudô, qui avait un air sévère, affiche différentes expressions amusantes. La mise en page est dynamique, avec des trames et des décors équilibrés. Sachimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle nous permet même d’admirer la plastique des deux héros avec les fiches des personnages sous la jaquette. Par contre, elle révèle le lien entre Miyauchi et la famille Saionji à travers la présentation des personnages en début de tome. Chaque chapitre débute avec une illustration représentant les majordomes avec leurs maîtres à différents âges.

En résumé

Saionji Aoi a mis au monde deux adorables enfants alpha, Ren et Sakura. Toutefois, Miyauchi Ichirô (30 ans) semble avoir du mal à s’en réjouir. Lors de la préparation d’une réception, il se dispute avec Kudô Yûto (32 ans) à propos de l’organisation. En effet, comme le pervers Ôda sera à la table des Kasuga, le futur chef des domestiques s’inquiète pour son partenaire. D’ailleurs, un incident survient durant le repas, le jeune Kasuga Yûsuke n’appréciant pas qu’un bêta s’occupe de leur table. Kudô intervient. Même s’il déclare toujours son amour pendant leurs ébats, Miyauchi ne lui donne toujours pas de réponse. Quand Ren refuse de boire le biberon de lait donné par Kudô, Miyauchi vient à la rescousse. Mais Jirô ne peut s’empêcher de complimenter le tableau de famille qu’ils offrent. N’en pouvant plus, Kudô demande alors à Miyauchi de sortir avec lui mais malgré ses sentiments, il refuse.

En conclusion

Ce tome obtient la seconde place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Kudô Yûto est classé premier meilleur seme et Miyauchi Ichirô second meilleur uke. Mon couple préféré de Yes, my destiny a droit à une histoire à part entière. J’adore le travail de l’auteure sur ce récit. Elle va à l’essentiel mais insiste tout de même sur les sentiments et le ressenti de ses personnages, provoquant beaucoup de réaction à la lecture, pour ma part. J’aime également voir nos deux majordomes en tenue de tous les jours. Vivement la suite!

Yes, my destiny 2 – Sachimo

yes my destiny 2 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368775677
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891973 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Deux majordomes têtus qui apprennent doucement à s’apprécier.

Sachimo sensei développe la romance entre les deux majordomes. Elle donne la version de Kudô et Miyauchi sur certains passages du tome précédent. En parallèle, elle montre ce que devient le couple de Jirô et Aoi, en suivant la grossesse de l’oméga. L’abnégation de Miyauchi pour le bonheur de son maître touche particulièrement Kudô. Pourtant, l’alpha continue à se chamailler avec le bêta, malgré l’envie de lui transmettre son amour. Le couple évolue donc petit à petit, Miyauchi s’ouvrant peu à peu à Kudô. L’auteure interroge encore sur l’impossibilité de lutter contre le destin. Elle révèle le passé des majordomes et leurs traumatismes. En effet, suite à son enfance malheureuse, Miyauchi se considère comme un parasite et quelqu’un de banal ne méritant pas un amour inconditionnel. Par ailleurs, le majordome Yamazaki (alpha) apporte un peu d’humour avec un regard extérieur sur le couple dans un chapitre bonus.

Le trait épuré et anguleux de la mangaka semble simple au premier abord. Pourtant, elle soigne les costumes et les détails. Elle dessine plutôt des personnages élancés, avec des yeux effilés. Par ailleurs, ses décors s’estompent pour mettre en avant les personnages. Les trames sont variées et équilibrées et les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Sachimo sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Quand Tôjô Aoi a eu ses chaleurs, Kudô Yûto a réussi à le protéger et a résisté même en rut. Mais n’arrivant plus à tenir, Miyauchi Ichirô l’aide à s’éloigner. Sous l’emprise des chaleurs, l’alpha mord alors le bêta dans le creux du cou. Devant son désarroi, Miyauchi entreprend de le soulager. Depuis, Aoi et Saionji Jirô filent le grand amour. En revanche, Kudô ne supporte pas Miyauchi. Même si son travail est impeccable, ils se querellent facilement pour des broutilles. En plus, il a beaucoup de succès auprès du personnel. Pourtant, il essaie de le comprendre. Remarquant que le majordome est amoureux de son maître, il est touché par son abnégation pour pousser Aoi dans les bras de Jirô. Mais Kudô a lui aussi envie de protéger les facettes cachées de Miyauchi en larmes à l’annonce de la grossesse d’Aoi.

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Kudô est classé treizième meilleur seme et Miyauchi septième meilleur uke. L’auteure bouleverse un peu les représentations classiques de l’omegaverse: d’abord avec un couple alpha et bêta. Ensuite, elle introduit un couple de femmes alpha et bêta avec les parents de Miyauchi. Et puis il est impossible de ne pas craquer pour les jumeaux Ren et Sakura. D’ailleurs, j’aime beaucoup Miyauchi qui allie à la fois classe et impertinence. Quel bonheur de découvrir que leur histoire continue!

Yes, my destiny 1 – Sachimo

yes my destiny 1 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368775660
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891867 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Lutter contre le destin ou l’utiliser?

Sachimo sensei présente un omegaverse assez « classique » mettant en avant la discrimination que les alphas imposent aux bêtas et aux omégas. Elle s’intéresse particulièrement aux âmes-sœurs et à l’attirance incontrôlable qu’ils ressentent. Ses deux héros, oméga et alpha, vont d’abord lutter contre leur instinct, refusant de se soumettre à leurs phéromones. Malgré la hiérarchie établie, le père Saionji Tarô se montre très ouvert et semble vouloir faire bouger la génération suivante, aidé par les majordomes. La narration alterne entre Miyauchi, Aoi et Jirô. L’auteure travaille la psychologie de ses personnages et aborde principalement leur évolution. Elle dépeint avec finesse le tiraillement que ressent l’oméga, entre son désir de maîtrise du destin et les réactions de son corps. De même, elle crée un alpha complexé, gérant mal la pression mais qui s’adoucit en observant la lutte d’Aoi. Tous deux s’investissent d’abord dans leur travail et leurs études.

La mangaka a un trait épuré parfois dédoublé sur les contours. Légèrement anguleux, elle le simplifie et arrondit même les visages dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, plutôt équilibrées. En plus, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors sont parfois simplifiés mais très présents. La mise en page est dynamique. Sachimo sensei représente graphiquement les phéromones et exprime les chaleurs en exagérant les expressions des visages. Elle ne censure pas du tout les scènes érotiques.

En résumé

A la mort de son père, Tôjô Aoi quitte le domicile familial, ne s’entendant pas avec sa belle-mère. Bien qu’issu d’une famille noble, l’oméga a l’intention de prendre son destin en main. Accompagné de son majordome Miyauchi (bêta), il est alors engagé par la riche famille Saionji. Mais le fils héritier, Jirô (alpha), déteste les omégas. Son majordome, Kudô (alpha), n’est également pas d’accord, le personnel étant en effet majoritairement des alphas. Cependant, le jeune homme s’accroche et arrive même à se faire accepter parmi le personnel à force de persévérance. Toutefois, sa motivation cache en réalité son attirance secrète pour Jirô, qu’il considère comme son âme-sœur. Mais un jour, ses chaleurs se déclenchent…

En conclusion

L’auteure arrive à jongler entre drame et romantisme. Aoi et Jirô réfléchissent beaucoup à leur position, à leurs sentiments, à leur avenir. Les premiers rapports sont tendus mais le désir provoqué par les phéromones se transforme presque en consentement entre les âmes-sœurs. J’aime beaucoup ce récit même si la conclusion me paraît en demie-teinte, laissant entendre l’impossibilité d’aller contre son destin. Une lecture agréable avec des personnages intéressants.

Over squall – Ueda Aki

over squall ueda aki

UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782382760635
Hana, 2021
ISBN: 9784801970465 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Est-ce à nouveau un partenaire qui ne me correspond pas…? »

Ueda Aki sensei développe la nouvelle romance de Natsurô dans ce spin-off de Wonder border. Elle base la narration sur le fonctionnaire. Elle maintient un certain suspense en dévoilant peu à peu les particularités touchant Tsuyuhiko et Gô-kun. En effet, l’étudiant, qui a des valeurs différentes sur les relations humaines, confond la compassion et l’amour, ce qui lui provoque des pulsions sexuelles. Alors que Gô-kun profite de ces penchants, Natsurô d’abord choqué va chercher ensuite à « rééduquer » son nouveau partenaire. Ainsi, l’auteure interroge sur l’amour, la différence entre sortir ensemble et un coup du soir, la place des sentiments et du plaisir dans une relation. Elle aborde également les étapes de reconstruction avec un nouveau partenaire après une rupture. Toutefois, sur la vision d’une relation « normée », elle n’apporte pas vraiment de réponse, Natsurô modelant son petit ami à son goût.

La mangaka a un trait fin anguleux mais elle donne un peu d’épaisseur aux contours en les dédoublant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, offrant des bouilles adorables à Tsuyuhiko qui renforcent son côté innocent. Natsurô affiche aussi une grande variété d’expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes et plutôt rares. Les décors situent l’action. La mise en page est dynamique, malgré un grand nombre de gros plans. Ueda sensei ne censure pas les scènes érotiques mais elle privilégie avant tout la sensualité des images. Sous la jaquette se trouvent la postface ainsi qu’une petite illustration donnant une anecdote sur l’avenir de Gô-kun. Ce tome est plutôt épais.

En résumé

Miyamoto Natsurô (31 ans) fréquentait Hiroharu depuis cinq ans mais ce dernier l’a quitté la semaine dernière. Alors qu’il ressasse ses souvenir assis sur un banc dans le parc de leur rencontre, un jeune homme ressemblant à son ex l’aborde et l’invite chez lui à épancher sa peine. A peine arrivé, Tsuyuhiko (23 ans) lui propose de l’enlacer en se substituant à son ex. Natsurô qui n’a pas l’habitude de coucher facilement avec le premier venu, finit par céder au plaisir. Ne se reconnaissant pas lui-même, il est même étonné d’être déjà charmé par l’innocence du jeune homme. Alors qu’il s’apprêtait à partir, Tsuyuhiko lui prête un parapluie et l’invite à le lui rendre une prochaine fois…

En conclusion

Je suis heureuse de voir Natsurô trouver le bonheur. Comme l’auteure présente la vision de l’amour de Tsuyuhiko comme une déformation de sa curiosité et de l’influence de Gô-kun, le lecteur peut interpréter différemment le comportement du fonctionnaire, selon sa sensibilité propre. Par exemple, il pourrait penser que Natsurô impose sa vision de l’amour à son petit ami. Pour ma part, je pense qu’il essaie d’abord de le comprendre tout en l’éveillant à de nouvelles sensations. Ce titre est donc un coup de cœur. Par ailleurs, j’adore la petite surprise de la mangaka à la fin.