The dog and waning moon 2 – Unohana

the dog and waning moon 2 unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776643
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423182 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Les boxeurs qui ne savent pas pour quoi ils se battent ne font que se démolir. »

Unohana sensei continue son récit sur la boxe, prévu au début en un tome. Elle développe encore un peu cet univers en intégrant un nouvel entraîneur et ancien champion, Yanai Kôji. Ainsi, elle met en avant les tensions entre anciens rivaux, mais aussi dans l’usage de méthodes différentes, et survole la gestion de la célébrité. Comme dans le tome précédent, Shôji a tendance à forcer son partenaire, rendant le consentement flou. Pourtant, au côté de Kazuya, Gaku découvre de nouveaux sentiments comme la jalousie et la possessivité. Son bonheur affecte directement sa motivation. D’ailleurs, le couple a de plus en plus de mal à se détacher. L’auteure s’intéresse un peu plus à l’évolution de la romance. Elle introduit également la famille Shôji. Elle présente le passé de Gaku à travers ses souvenirs qui affluent. La narration alterne entre le boxeur et l’entraineur.

La mangaka a un trait épuré anguleux, avec un style reconnaissable surtout dans le traitement particulier des yeux. Elle simplifie même le regard par deux points dans les passages humoristiques. Comme Gaku rougit souvent, elle transcrit sa timidité et sa gêne dans les moments intimes par de légères hachures sous les yeux. Cela renforce même son air constamment bougon. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance soutiennent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Unohana sensei simplifie les traits des parties intimes ou les cache à peine par quelques points lumineux. Sous la jaquette, elle donne encore une postface illustrée.

En résumé

Alors que le club de boxe Yamaura va au restaurant, Kurogo Gaku refuse l’invitation. En effet, Shôji Kazuya a enfin le droit de recevoir des visites à l’hôpital depuis son opération à l’œil. Le jeune boxeur réalise alors la solitude qu’il a ressentie durant deux semaines sans voir son entraîneur. Il est même fébrile de le retrouver. A peine sorti de l’hôpital, Kazuya se rend au gymnase et se fait sermonner par le patron Yamaura. Le soir Gaku essaie d’être utile auprès de son amant mais ce dernier lui fait comprendre qu’il a du mal à se retenir en sa présence. Le jeune boxeur prend alors l’initiative de le soulager…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas dans le Chill chill BL award 2018, pourtant les lecteurs citent Shôji Kazuya parmi les meilleurs seme superdarling accessibles et Kurogo Gaku parmi les meilleurs uke braves et déterminés. D’ailleurs, le couple commence à trouver un certain équilibre avec la confirmation de leurs sentiments. Mais des zones d’ombres persistes, tenant en haleine le lecteur. Je me laisse facilement transportée par les aventures de Gaku et Kazuya, en souhaitant que le bonheur continue à les prendre sous leurs ailes. Une lecture agréable et prenante.

The dog and waning moon 1 – Unohana

the dog and waning moon 1 unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775721
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421973 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une bête sauvage pure et innocente qui n’obéit et n’appartient qu’à moi. »

Unohana sensei plonge les lecteurs dans l’univers de la boxe. Elle détaille un peu les entrainements, le système des compétitions et met en avant les salaires bas qui obligent les boxeurs et même les entraîneurs à travailler en parallèle. Les deux héros ont un passé difficile qui influence encore leurs décisions actuelles. Ainsi, l’admiration de Gaku pour son entraineur s’est vite transformée en amour. Par contre, les sentiments de Kazuya paraissent plus complexes, freinés par sa responsabilité sur l’avenir du jeune boxeur. Toutefois, il cède facilement à son tempérament sadique. L’auteure montre l’influence des sentiments sur un sportif en préparation entre freins et motivations. Elle base la narration principalement sur le point de vue de Shôji. Comme elle l’explique dans sa postface, l’histoire prend un ton plus sérieux après un chapitre plutôt érotique qui devait être un one-shot au départ.

La mangaka a un trait épuré, anguleux, et plutôt simple qui paraît parfois incisif. Elle dessine des personnages longilignes, avec des lèvres épaisses. Elle simplifie encore plus son trait dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Unohana sensei ne dessine pas les détails des parties intimes et simplifie leur contour. Sous la jaquette, elle donne des explications sur la création du manga dans une postface illustrée.

En résumé

Suite à une blessure à l’œil gauche, le boxeur Shôji Kazuya est devenu entraineur au club de boxe Yamaura. Il travaille aussi le soir comme barman dans un bar pour sportifs. Actuellement, il prend particulièrement soin de Kurogo Gaku (20 ans) qui essaie de perdre du poids. Le jeune boxeur prometteur admire Kazuya et vise le titre de champion poids plume. Après l’entrainement, pour perdre les 80 grammes restants, Kazuya propose alors de raser intégralement le jeune homme. En réalité, il aime taquiner l’impassible et obéissant boxeur. Mais excité par le rasage des parties intimes, il finit par le masturber…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2016. Certaines scènes pourront choquer certains lecteurs selon leur sensibilité. En effet, Kazuya a tendance à profiter de son emprise sur son poulain pour satisfaire sa libido, ce qui entraîne des rapports au consentement non clair. Je trouve les personnages attachants et je prends plaisir à suivre leurs aventures.

Let’s be together 1 – Kurahashi Tomo

let s be together 1 kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062906
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801967472 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Comment Chiaki et Kazuma sont tombés amoureux?

Kurahashi Tomo sensei développe les trois années de lycée de Chiaki et Kazuma dans un préquel de Let’s be a family. Elle s’intéresse surtout à leur relation et au développement de leurs sentiments. D’ailleurs, elle alterne la narration entre les deux garçons, approfondissant leurs réflexions. Ainsi, Chiaki prend très tôt conscience de ses sentiments tandis que Kazuma passe par différentes réactions. Toutefois, ce dernier s’interroge constamment sur ses sentiments, acceptant qu’ils changent. Bien que l’auteure débute sur un ressort scénaristique classique du BL (amis d’enfance qui se surprennent en train de se masturber), elle traite le sujet avec finesse. Elle interroge aussi sur la différence entre les liens d’amitié, amoureux et fraternels ainsi que la difficulté à conserver intacte une relation. Les deux amis se parlent franchement et respectent le besoin de réserve de l’autre.

La mangaka dédouble parfois les contours, donnant un peu plus de relief à son trait épuré et doux. Elle utilise discrètement quelques trames d’ambiance. D’ailleurs, elle privilégie des trames de tons claires en général mais très variés, rehaussant les couleurs et les ombres. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, la transformation physique de Chiaki est bien rendue, l’adolescent frêle prenant du muscle et de la carrure en grandissant. Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais parfois elle ne dessine pas les détails des parties intimes. Cela reste toutefois explicite.

En résumé

Kamimura Chiaki, Kazuma et Tomoe sont amis d’enfance. La collégienne a perdu ses parents à 5 ans et a été élevée par les parents des deux garçons. Se considérant comme une fratrie, ils sont inséparables. Pourtant Kazuma et Chiaki partagent quelques petits secrets entre eux uniquement, comme une base secrète qu’ils ont élaborée dans un ancien jeu dans un parc ou les raisons de Kazuma d’abandonner le football. Un soir, alors que les deux collégiens dormaient dans le même lit, Kazuma est réveillé par les gémissements de son ami qui se masturbait. Mais devant la gêne de Chiaki, il ressent également de l’excitation et tous deux finissent par se soulager mutuellement. Soudain, dans le feu de l’action, Chiaki l’embrasse…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2020. Une histoire mignonne et adorable sur les premiers émois amoureux de l’adolescence, traité avec réalisme. L’auteure arrive à partager les sentiments et les hésitations de ses personnages avec douceur. Je suis tout simplement heureuse de découvrir comment les deux amis d’enfance sont tombés amoureux. Vivement la suite!

Let’s be a family – Kurahashi Tomo

let s be a family kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375060865
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784801957398 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Qu’est-ce qu’une famille? Quand devient-on parent?

Kurahashi Tomo sensei explore les différents liens familiaux ainsi que la notion de famille à travers ses deux héros mais également leur entourage, avec Tomoe et Ayumi. Elle alterne entre humour et petits drames du quotidien, présentant des tranches de vie. En plus de l’organisation pour élever un enfant, elle aborde différents sujets comme l’homoparentalité, l’adoption, la relation à distance, la monoparentalité, les notions de père et mère. Ayumi est élevée dans un environnement bienveillant, ouvert et tolérant, entre ses parents de substitution homosexuels, l’ami de la famille travesti Shigeo, des grands-mères non liées par le sang mais présentes. Elle a le même caractère fort que sa mère. Kazuma et Chiaki se soutiennent mutuellement, communiquent et s’investissent dans l’éducation de la petite. L’auteure met en avant l’explication et la patience pour se faire accepter. Elle présente un peu le passé des trois amis d’enfance qui a donc forgé leur caractère.

La mangaka a un trait épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Comme elle utilise les trames avec parcimonie, les pages paraissent plutôt claires. En plus, les décors apparaissent principalement sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Dans les scènes érotiques, Kurahashi sensei censure les parties génitales par de grands caches blancs. Mais comme elle privilégie les sentiments et les discussions entre les personnages, ces passages sont peu nombreux et apportent même souvent une touche d’humour.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis déjà 8 ans, Kazuma ne veut pas habiter avec son petit ami Chiaki. Il essaie de ne pas se disputer avec lui alors qu’ils attendent leur amie d’enfance, Tomoe, dans un café. Ne l’ayant pas vue depuis plus d’un an, qu’elle n’est pas leur surprise de la trouver enceinte. Ayant toujours son esprit de liberté, elle leur annonce en plus ne pas connaître le père. Les garçons lui proposent alors de l’aider et accueillent avec bonheur la petite Ayumi. Un an après, Chiaki est tellement gaga de la petite qu’il n’arrête pas de lui acheter des vêtements. Mais un jour, Tomoe débarque, une valise à la main. La photographe de guerre veut repartir sur le terrain et confie donc sa fille à ses deux frères de cœur. Ils découvrent alors les difficultés à élever un enfant tout en travaillant tous les deux…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2018. Il est une ode à la famille en général. L’auteure reste constamment bienveillante avec ses personnages et pousse les lecteurs à réfléchir aux liens familiaux qui prennent diverses formes. Elle annonce dans sa postface qu’il y a même une adaptation en drama CD. J’adore ce titre réaliste qui est du pur bonheur à lire.

Laisse-moi te détester 1 – Hijiki

laisse moi te detester 1 hijiki

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375062890
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799743515 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je te protégerai. Je n’ai pas besoin d’un alpha! »

Hijiki sensei offre un omegaverse original mettant en avant l’amour et la volonté. Elle utilise cet univers pour dénoncer les vices humains. Par exemple, elle aborde la discrimination qui se base sur les différences, le jugement extérieur, la culpabilisation des victimes de viol. Naoto va apprendre petit à petit à surmonter son traumatisme et à accepter l’amour de Hazuki qui se montre franc et bienveillant envers lui. Même si Shizuku paraît un peu trop mûre et précoce pour son âge, son environnement permet de l’accepter facilement. Comme l’auteure s’intéresse beaucoup à l’évolution des sentiments, elle alterne la narration entre Naoto et Hazuki. Elle questionne sur le traumatisme, le dépassement de la peur et l’engagement sur l’avenir. Les relations sont plutôt consentantes, les deux héros débordant de gentillesse.

Bien que ce soit sa première œuvre éditée, la mangaka a déjà un style personnel. Elle donne une forme particulière aux yeux qui sont d’ailleurs très expressifs. De même, elle courbe les nez avec grâce. Son trait est épuré, plutôt léché. Les décors situent surtout l’action. De même, les trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Hijiki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures et les détails. Sous la jaquette, elle offre quelques anecdotes sous forme d’épilogue.

En résumé

L’oméga Koga Naoto (21 ans) élève seul sa fille Shizuku (5 ans). Au lycée, il est tombé enceint suite au viol de plusieurs alphas, mais il a décidé de garder l’enfant. Maintenant, il cherche activement un travail même si il essuie beaucoup de refus à cause de son genre, n’étant pas lié à une âme sœur. D’ailleurs, sa mère l’a inscrit à une soirée de rencontre pour célibataires. Soudain, un lycéen alpha, Tsuchiya Hazuki (17 ans), lui déclare être son âme sœur. Quelques jours plus tard, Naoto trouve enfin un emploi de concierge dans un lycée. Toutefois, il y retrouve Hazuki qui y est inscrit. Depuis, le lycéen lui déclare son amour à chaque rencontre. Mais Naoto qui déteste les alphas, le rejette, même si son comportement l’intrigue. En effet, l’alpha préfère fuir quand l’oméga émet des phéromones. Kyosuke informe alors Koga que Tsuchiya se fait passer pour un bêta…

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. En plus, elle apporte un peu d’originalité à l’univers omegaverse. Il y a encore de petites maladresses mais elles ne se remarquent pas immédiatement. Ses personnages sont attachants, la relation est plutôt saine, Hazuki s’excusant quand il se montre trop lourd ou acceptant sa punition. D’ailleurs, il communique beaucoup. Shizuku apporte également beaucoup de fraîcheur. Un couple mignon que l’on n’a pas envie de quitter aussi vite!

Comme un adieu 2 – Shimura Takako

comme un adieu 2 shimura takako

SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120064
Akata, 2021
ISBN: 9784799740927 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’avais peur d’affronter la réalité… »

Shimura Takako sensei brouille la perception du lecteur en mêlant réalité et fiction, donnant ainsi une touche fantastique à son récit. Elle interroge sur le destin, cumulant les coïncidences dans la vie de ses personnages. C’est comme si elle posait des pièces de puzzle éloignées les unes des autres mais révélant déjà quelques formes. Kanade réalise sa lâcheté et commence à se remettre en question. Il se confronte enfin à la réalité. Toutefois, ses petites tranches de vie semblent se mêler à ses écrits. Son interaction avec Yûta permet de révéler sa perception de lui-même et son art. L’auteure plonge ses personnages et le lecteur dans un « périple à la recherche de l’amour ». Elle dévoile les failles de la relation entre les deux personnages et laisse présager des évènements dramatiques. Comme l’homme mystérieux semble également lié à Kanade, elle maintient le suspense en poussant le lecteur dans des conjonctures.

Le trait très épuré au style cursif apporte de la douceur. La mangaka le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. De même, les grands yeux, très expressifs, ont des formes variées. Les décors apparaissent sur les plans larges. Shimura sensei travaille avec précision les trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance participent totalement à la narration. La mise en page dynamique accompagne le regard. Par ailleurs, il n’y a pas de scènes érotiques. Ainsi, l’ambiance particulière et mystérieuse du récit est préservée. Comme sur le tome précédent, une fenêtre en vernis recouvre l’illustration de la couverture.

En résumé

Kuwata Yuhki croit devenir fou lorsqu’il remarque que sa voix intérieure s’est matérialisée en un homme mystérieux. Mais il retrouve vite son calme, admettant la situation après quelques échanges. Haijima Kanade s’est réfugié chez Kawasaki Suzume après avoir dit des paroles blessantes à son petit ami. Il lui révèle alors la vérité sur son identité. Toutefois, le chef de la troupe de théâtre reste sceptique, même en découvrant que le garçonnet connaît pourtant le nom de sa femme. Kanade se souvient alors avoir souhaité, lors d’un clair de lune, à redevenir enfant pour vivre avec celui qu’il a toujours aimé. Regrettant son comportement odieux envers Yuhki, il n’ose pas rentrer. Il croise alors Kuwata Yûta qui lui propose de l’accompagner pour qu’il s’excuse…

En conclusion

J’adore la tournure que prend le récit. Je m’amuse à essayer de deviner où l’auteure souhaite nous mener. En effet, plusieurs pistes s’ouvrent à nous. La psychologie des personnages paraît complexe. Pour moi, l’homme mystérieux pourrait représenter l’homosexualité, car Yuhki le perçoit comme sa voix intérieure mais Kanade le voit comme une entrave à sa créativité et ses amours. Comme ses écrits semblent manquer de profondeur, je pense qu’il cherche à se préserver et que cela s’en ressent. Et vous, qu’en déduisez-vous? En tout cas, hâte de vérifier mes suppositions dans le prochain tome!

Hidamari ga kikoeru 2 A la poursuite du bonheur – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 2 fumino yuki

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775448
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685808 (JP)
Printemps shuppan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Les deux amis cherchent leur voie mais n’ont pas envie de se séparer…

Fumino Yuki sensei avait d’abord prévu de terminer son histoire avec ce tome et offre donc plus de 300 pages d’aventures. Elle développe un peu plus les amis de Sagawa, Yasu et Yokoyama, et introduit Maya. D’ailleurs, les chamailleries de la jeune femme avec Taichi renouvellent l’humour. Grâce à leur rencontre et leur romance qui avance tout doucement, Kôhei et Taichi évoluent chacun à leur rythme. En effet, les deux garçons sont têtus et ne discutent pas assez des problèmes. L’auteure décrit parfaitement les sentiments et les réflexions des différents personnages. Avec l’entreprise Sig-n, elle s’intéresse également au ciblage des handicaps pour proposer des solutions. De même, elle interpelle sur les solutions mises en place qui peuvent devenir des inconvénients pour d’autres et donc la difficulté de n’exclure personne. L’impression d’inanité des efforts entraîne différents comportements de protection, provoquant encore plus l’isolement.

La mangaka arrondit légèrement son trait fin et épuré, donnant plus de douceur à son graphisme. En simplifiant ses traits, elle apporte une touche d’humour, en particulier les différentes bouilles énervées ou frustrées de Taichi. Elle équilibre l’utilisation des trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance, discrètes, ne renforcent que les fortes émotions. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Fumino sensei continue de développer le thème des petits plats cuisinés avec amour pour Taichi, comme dans le tome précédent.

En résumé

A la rentrée, Sagawa Taichi aide le club de cinéma à distribuer des tracts pour le recrutement de nouveaux membres. Alors qu’il interpelait une jeune fille qui lui avait écrasé la main sans s’excuser, il constate qu’elle est malentendante. Depuis que Sugihara Kôhei l’a embrassé, un malaise s’est installé entre les deux amis et Taichi le fuit. Ses amis essaient de le forcer à se réconcilier en le jetant au pied de Kôhei. Sagawa découvre alors que son ami connaît Ôkami Maya. Pour détendre l’atmosphère, le frivole Yokoyama invite tout le monde à un rendez-vous de groupe. Mais Taichi ne supporte pas de voir Kôhei discuter facilement avec les filles. En effet, ce dernier s’ouvre un peu plus aux autres. A l’université, en voyant les notes illisibles de Sagawa, Maya lui reproche alors de profiter de Kôhei et lui fait remarquer qu’il lui est donc inutile.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Sugihara Kôhei est classé 21ème meilleur seme et Sagawa Taichi 28ème meilleur uke. Pourtant, le couple n’est encore qu’à la phase des déclarations et des baisers. J’adore voir Taichi se débattre avec ses propres sentiments alors qu’il a beaucoup d’empathie pour les autres et de facilité pour les comprendre. Kôhei qui se prend en main dégage beaucoup de charisme. Impossible de ne pas craquer pour ce couple touchant et adorable!

Hidamari ga kikoeru 1 Entends-tu le chant du soleil? – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 1 fumino yuki

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368775103
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685617 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce n’est pas ta faute si tu n’entends pas bien! »

Fumino Yuki sensei s’intéresse au rejet de la différence, à la pauvreté et au handicap, plus précisément à la surdité. Elle décrit avec finesse et pédagogie les classifications créées selon le degré d’invalidité, l’inadaptation de la société et des gens qui ne font pas d’efforts, les paroles blessantes sans le vouloir. En effet, l’infirmité de Kôhei demande juste un peu d’adaptation de chacun, comme parler en face et distinctement pour qu’il puisse lire sur les lèvres, ou de répéter quand il ne comprend pas. Le caractère placide de Kôhei contraste avec l’énergie de Taichi. Par ailleurs, l’auteure explique le caractère renfermé de Sugihara et le comportement de Sawara en dévoilant peu à peu leur passé. Elle alterne la narration entre les deux étudiants, dévoilant leurs sentiments complexes. En effet, Kôhei a perdu confiance et Taichi n’a jamais réfléchi à l’amour mais cherche à comprendre son ami.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle a un style presque shôjo, avec de grands yeux expressifs et des expressions exagérées. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Fumino sensei se focalise sur les sentiments des personnages qui apprennent à se connaître. Il n’y a donc pas de scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente quelques recettes de la mère de Sugihara ainsi qu’une anecdote sur l’appétit de Taichi. La couverture, à dominance verte, se classe à la huitième place du classement au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Au lieu d’aller en cours à l’université, Sagawa Taichi préfère chercher un petit travail. Mais à cause de son caractère fougueux, personne ne veut l’embaucher. Affamé et dégouté par sa malchance, il tombe en s’appuyant sur une barrière. Plus bas, il croise alors un étudiant qui mange seul et lui offre gentiment son bentô avant de partir. Le lendemain, alors que Taichi le recherchait pour lui rendre sa boîte repas, il apprend que Sugihara Kôhei est malentendant et a besoin d’un bénévole pour prendre des notes. Ne tenant pas compte des rumeurs sur la mauvaise réputation de ce dernier, Taichi propose de devenir son preneur de notes pour le remercier en échange de repas. Les deux jeunes hommes sympathisent vite. En effet, la forte voix de Taichi est audible pour Kôhei. Mais à la cantine, quand des étudiants critiquent le handicap de Kôhei, Taichi s’énerve et les corrige…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2015. Il est également classé dix-septième meilleur manga et huitième meilleur manga original. L’auteure offre un récit très réaliste avec une relation qui se développe doucement. Ses personnages ont des défauts et des qualités. En parallèle, elle arrive à pointer les difficultés des personnes malentendantes. Je suis complètement conquise par cette douce romance délicate.

The monster exposed 2 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 2 ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062708
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667107 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Avancer sans oublier ni recommencer les mêmes erreurs.

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit réaliste sur le repentir d’un auteur de violence conjugale. Elle alterne la narration entre Hayashida, Shûna et Yumi, détaillant leurs réflexions. Ainsi, elle permet au lecteur de mieux cerner l’évolution progressive de ses personnages. Shûna se sent impuissant mais comprend que son amant ne peut avancer que par lui-même. En effet, Yumi et Hayashida, marqués physiquement et psychologiquement, garderont toujours leurs souvenirs douloureux. L’auteure dépeint avec finesse les divers sentiments de ses protagonistes. Elle montre le malaise qui s’installe dans le couple ainsi que les difficultés à communiquer sur ce passé traumatisant. Elle distingue clairement la position de chacun, entre victime, bourreau et nouveau partenaire ignorant du passé. La volonté de trouver une solution se détache particulièrement. En fin de tome, des histoires bonus apportent une petite touche d’humour détendant l’atmosphère dramatique générale.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les détails des petits gestes et des regards transmettent indirectement les émotions ressenties par les personnages. Les décors, présents, renforcent le réalisme du récit. Ogeretsu sensei varie les nombreuses trames pour jouer principalement sur la luminosité. Elle ne censure pas les scènes érotiques, d’ailleurs très détaillées. Les couleurs des couvertures contrastent avec le caractère des personnages avec pour le premier tome, une dominante bleue pour Shûna et pour ce volume, du rouge chaleureux avec Hayashida.

En conclusion

Shûna Ayumu fait le rapprochement entre Yumi et le garçon visible sur la photographie accrochée dans la chambre de Hayashida Kannosuke. Mais il ne sait pas comment aborder le sujet avec le barman. Quand il réussit enfin à se lancer, Yumi reste vague dans ses réponses. Toutefois Shûna devine qu’ils sortaient ensemble. Alors que Hayashida se montre habituellement distant, il a envoyé des dorayaki à son amant, surpris. Lors de sa visite à Tokyo, Shûna lui propose alors un jeu érotique que son petit ami accepte. Le lendemain, il essaie de discuter de la photo avec Hayashida mais abandonne devant son air triste. En effet, ce dernier a encore du mal à se confier, persuadé d’être incompris.

En résumé

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Shûna Ayumu est classé huitième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. Une petite merveille malgré l’ambiance dramatique. Je trouve vraiment le couple de Shûna et Hayashida touchant. Ils acceptent leurs faiblesses, luttent contre leurs pulsions et cherchent à progresser. D’ailleurs, Hayashida comprend enfin qu’il a le droit d’être heureux tant qu’il résiste et se souvient du « monstre » enfoui au fond de lui. C’est très intéressant de voir ce bourreau se remettre en cause. Un titre à lire et relire sans fin.

The monster exposed 1 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 1 ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062531
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403666087 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire un couple solide quand le passé empêche d’avancer?

Ogeretsu Tanaka sensei développe un peu plus la romance de Shûna et Hayashida débutée dans The proper way to write love. Elle questionne sur le basculement de la violence, entre maltraitance, harcèlement moral, pression familiale et traumatisme. En parallèle, elle approfondit la psychologie de ses personnages. Ainsi, Ayumu s’avère plus fragile qu’il n’y paraît. Attirant les filles superficielles à cause de sa beauté, il effaçait sa véritable personnalité pour répondre à leur idéal. Mais pour Kan, il souhaite réellement s’investir et devenir un soutien. L’auteure aborde la peur de blesser son partenaire physiquement ou psychologiquement, la difficulté d’une relation à distance, l’inquiétude sur l’avenir. Elle offre un chapitre sur Mayama et Yumi. Dans le livret Azami, elle décrit avec plus de précision comment et pourquoi Hayashida a basculé dans la violence. Malgré des sentiments palpables, le couple a du mal à avancer pour l’instant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques, allant jusqu’à représenter ses personnages en SD. Elle dessine des corps finement musclés qui contrastent un peu avec la douceur des visages ovales. Ses contours sont parfois très épais. Il y a beaucoup plus de trames et de décors que dans Love whispers, even in the rusted night. Les flash-back se repèrent facilement avec leur fond noir. Toutefois, les souvenirs s’intercalent souvent au récit, demandant un petit peu de concentration à la lecture. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle ajoute parfois un mignon visage au pénis. Le lettrage de JF Leyssène respecte bien le rendu de la violence des mots dans les pages où le texte envahit l’image.

En résumé

Shûna Ayumu couche régulièrement avec son supérieur Hayashida Kannosuke, depuis qu’ils sont devenus sex friends après une soirée arrosée. Toutefois, le jeune salaryman s’étonne de s’attacher de plus en plus à Kan. Mais quand il essaie de montrer ses sentiments, son partenaire préfère fuir. En effet, ce dernier cache de lourdes blessures psychologiques ayant, par le passé, violenté son ex petit ami Yumi. Shûna, de plus en plus curieux du passé de Hayashida, n’ose pourtant pas l’interroger alors qu’il souhaite de tout son cœur le soutenir. Mais voilà que la société le mute pendant deux ans à Ôsaka.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. Shûna Ayumu est classé cinquième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. L’auteure continue à aborder le thème de la violence conjugale en s’intéressant à la reconstruction difficile de Hayashida, hanté par son passé. Je trouve intéressant de développer également la vision du responsable des actes de violence. J’ai maintenant envie d’encourager Shûna. Vivement la suite!