The night beyond the tricornered window 3 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 3 yamashita tomoko
YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063385
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799728949 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Des disparitions inexpliquées couplées à d’étranges phénomènes causés par une lycéenne jeteuse de malédictions… »

Yamashita Tomoko sensei continue d’alterner entre enquêtes courtes et enquêtes plus longues. Elle apporte des explications sur les malédictions et les méthodes pour jeter un sort. Par ailleurs, elle détourne encore les codes du BL pendant les séances d’exorcisme. Ainsi, les personnes extérieures imaginent que Mikado et Hiyakawa entretiennent une relation homosexuelle, apportant une touche humoristique dans les moments tendus. Bien que l’exorciseur expérimente de nouvelles techniques sur son employé, il se montre jaloux dès que d’autres personnes s’intéressent à lui. Malgré sa méfiance, Kôsuke, quant à lui, commence à prendre de l’assurance et ressent une certaine attirance pour son partenaire, désirant mieux le connaître. Par ailleurs, l’auteure introduit le mystérieux professeur dont l’indifférence pour la vie humaine glace le sang. Elle développe également un peu plus l’environnement et la personnalité de Hiura Erika et de Sasaki, trop compatissant pour être yakuza.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle privilégie les hachures et les contrastes noir et blanc, renforçant l’ambiance mystérieuse et inquiétante du récit. D’ailleurs, la palette des trames est plutôt restreinte. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au récit d’enquête. Toutefois quelques vignettes sont dynamiques. Yamashita sensei joue également sur le contraste noir et blanc dans ses illustrations en début de chapitre. Par contre, elle surprend avec l’illustration couleurs à dominance blanche en début de tome. Elle présente également les personnages en début de volume. Comme pour le tome précédent, la couverture possède un effet de vernis, ici, avec une main mate.

En résumé

Mikado Kôsuke et Hiyakawa Rihito interviennent chez une cliente dont l’étang semble être possédé par un esprit malin. Alors que le ciel est couvert et l’eau froide, Mikado doit plonger dans l’étang comme appât. Il accepte sans trop de difficulté, se contentant de râler, charmé par la beauté froide de leur hôte. Mais il est alors surpris par l’indifférence de son partenaire envers les femmes…

En conclusion

Ce tome obtient la vingt-quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Même si la romance BL n’a pas vraiment débuté, les intrigues sont passionnantes, Yamashita sensei semant quelques indices avec parcimonie. J’adore cette ambiance alternant entre mystère et humour. Et pour ceux qui veulent mieux comprendre cet univers de l’occulte japonais, je vous suggère de lire Les dernières chamanes du Japon – Rencontre avec l’invisible au pays du soleil levant de Muriel Jolivet (Editions Véga, 2021).

Practiced liar – Medamayaki

practiced liar medamayaki
Medamayaki 目玉焼き
ISBN: 9782375063354
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799748879 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Ce monde est très bruyant. »

Medamayaki sensei installe une romance douce, développant avec finesse les sentiments de ses personnages. Elle base d’abord la narration sur Miura puis alterne avec Abe à partir de la moitié du tome. A cause de son don et depuis un incident traumatisant au collège, Toshiki a peur de se rapprocher des gens. Il doute donc de la sincérité des sentiments de Momiji, persuadé qu’il s’agit d’une passade. Pourtant, l’attitude toujours positive d’Abe lui permet de s’ouvrir peu à peu à lui. Ainsi, les deux jeunes hommes vont apprendre à communiquer ensemble et construire une confiance mutuelle. L’auteure aborde donc la solitude, l’isolement suite à des incompréhensions, la difficile acceptation de soi, le côté parfois sombre qu’un individu cache en lui et la fragilité de l’amitié. Elle met particulièrement en avant la nécessité de communiquer sainement, franchement et d’accepter parfois les petites contrariétés.

La mangaka a un trait épuré, gras et rond. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle s’attarde sur les détails et les petits gestes pour faire passer les émotions. Les personnages ont un petit côté mignon à force de rougir. Les trames sont nombreuses et variées, avec un effet renforcé par la profusion des trames d’ambiance graphiques. Par ailleurs, les décors sont très présents. Le noir est également dominant. Ainsi, les contours épais des phylactères permettent de les mettre en relief sur les pages chargées. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Medamayaki sensei évite de détailler les parties intimes en jouant sur les gros plans et les angles de vue pour en montrer le moins.

En résumé

Depuis l’enfance, Miura Toshiki possède le don de lire dans l’esprit des gens. Il l’utilise souvent pour répondre à l’attente de ses interlocuteurs mais il garde également des souvenirs amers du collège à cause de cela. Actuellement membre d’un club de lecture à l’université, il croise Abe Momiji lors d’une réunion étudiante dans un bar. Bien que l’étudiant se montre taciturne, il est en réalité très bavard dans ses pensées. D’ailleurs, cela intrigue Miura qui s’interroge sur l’attachement soudain de son camarade, alors qu’ils se connaissent à peine. Mais un jour, il découvre que Momiji est en fait amoureux de lui…

En conclusion

Ce one-shot dépeint avec sensibilité les sentiments humains. Medamayaki sensei a un style graphique très expressif malgré un trait qui paraît simple au premier abord. Elle maîtrise également le développement de son scénario sur ce format court. J’avais envie d’encourager les personnages, attachants. Une excellent moment de lecture qui procure quelques émotions et donne une touche positive!

Goodbye Harlequin – Kusabi Keri

goodbye harlequin kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782382761366
Hana, 2022
ISBN: 9784758078085 (JP)
Ichijinsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je déteste ce regard qui me connaît si bien. »

Kusabi Keri sensei plonge les lecteurs dans l’univers de la mode, avec un certain réalisme, s’étant au préalable documentée. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Elle installe d’abord une relation purement charnelle, basée sur la manipulation et le chantage puis fait évoluer petit à petit les sentiments de ses personnages. Kubo développe un attachement presque obsessionnel pour Shimizu, se montrant tantôt possessif, tantôt bienveillant, jouant avec sa « proie » qu’il a peur d’aimer. Mais suite à plusieurs traumatismes d’enfance, Eichi refuse de s’attacher à quelqu’un. Ainsi, l’auteure révèle petit à petit le passé difficile des deux hommes. Elle aborde donc la douleur d’un adolescent dans une famille déstructurée, la difficulté à trouver sa place et construire sa personnalité. De même, elle montre l’influence de la rivalité et de la passion dans la créativité à travers Terumi et Haida Jin.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, avec des têtes SD arrondies. Elle dessine des personnages sveltes et met en avant leur plastique. D’ailleurs, les costumes sont également soignés. Les trames sont nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les plongées et contre-plongées. Dans les scènes érotiques, Kusabi sensei ne censure pas les parties intimes mais les rend parfois translucides. Elle présente les personnages dans la postface. Elle s’amuse d’ailleurs à reprendre le thème des portraits pour offrir quelques illustrations monochromes sous la jaquette.

En résumé

Le mannequin Shimizu Eichi (27 ans) devient l’égérie de la nouvelle collection de vêtements masculins de la célèbre marque Gallant quartz, à la demande de leur styliste Kubo Akino (26 ans). Mais ils entretiennent également une relation charnelle. Au lycée, Kubo hésitait à suivre une carrière toute tracée par sa famille de stylistes. Charmé par Shimizu, déjà mannequin, il cherchait constamment à se rapprocher de lui. Toutefois, Eichi restait froid et distant. Jusqu’au jour où enchainant les provocations, Akino a fini par coucher avec lui…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais il est cité parmi les meilleurs mangas palpitants d’une vision du monde, évidemment pour sa précision de l’univers de la mode. Kusabi sensei développe des personnalités complexes, humaines avec leurs qualités et leurs défauts, les rendant attachants. Par ailleurs, elle dépeint avec finesse les sentiments contrastés de ses personnages oscillant entre haine, jalousie, amour, dépendance et envie de liberté. Je suis donc aussi bien charmée par le couple principal que par Terumi et Haida. Une lecture entrainante, des hommes séduisants.

Black or white 6 – Sachimo

black or white 6 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782382761151
Hana, 2022
ISBN: 9784041112670 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tout, autour de moi, me donne l’impression de vivre un rêve. »

Sachimo sensei continue d’inverser le rapport de force entre ses deux héros. Comme dans le tome précédent, elle dénonce le comportement dangereux de certains fans, comme la publication de photographies de lycée sur les réseaux sociaux sans autorisation. De même, elle aborde les possibles manigances de l’entourage des artistes, comme les agences ou certains confrères. Ainsi, les changements de scènes de dernière minute pendant un tournage peuvent servir du fan service ou simplement des stratégies commerciales. Shin n’est toujours pas sûr de son talent qui est pourtant déjà reconnu par son entourage. L’auteure aborde également les sentiments des acteurs déjà en couple face aux scènes de baiser. Par ailleurs, elle fait évoluer les sentiments de Tatara qui a de plus en plus de mal à contenir ses pulsions. Ainsi, elle révèle l’élément déclencheur de son changement dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré, plutôt fin et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des têtes SD chou. Les corps finement musclés sont plutôt longilignes. Les trames variées ont tout de même une teinte dominante qui donne une certaine harmonie faisant ressortir les contrastes noir et blanc. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes avec un cache blanc ou en les esquissant simplement à la trame, sans contour.

En résumé

En ce moment, Washimiya Shin déborde de bonheur, comblé par sa vie personnelle et professionnelle. Pourtant, suite à la sortie au parc d’attractions entre acteurs, le secret de son amitié avec Ôsawa Shige depuis le lycée a été éventé. Les deux acteurs se retrouvent donc à participer à une émission avec un présentateur qui tente de surfer sur leurs succès. Mais les managers Kosuge et Umejima profitent plutôt de cette occasion pour faire taire les rumeurs. D’ailleurs, ils soupçonnent le patron de l’agence de Shige, Tokyo sky star, de fomenter un mauvais coup. Takara aussi s’interroge. Surtout que l’actrice Fukui, de cette même agence, tente de se rapprocher de Shin en lui demandant des conseils sur leur tournage…

En conclusion

Sachimo sensei relance son intrigue en obligeant le lecteur à se méfier des nouvelles amitiés nouées. Elle équilibre parfaitement scènes érotiques, moments tendres et tension. J’aime beaucoup la relation plus saine du couple qui communique mieux, même si l’ombre d’un drame continue à flotter au-dessus de leur tête.

T’es sérieux…!? – Fumikawa Jimi

t es serieux fumikawa jimi
FUMIKAWA Jimi 文川じみ
ISBN: 9782382761281
Hana, 2022
ISBN: 9784861238154 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Titre original: 君ってやつはこんなにも
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je crois… que je suis devenu homo. »

Fumikawa Jimi sensei propose une comédie romantique où deux lycéens entretiennent une relation incertaine à cause des quiproquos. Bien qu’elle débute par une blague de mauvais goût, elle poursuit avec un développement positif. La narration alterne entre Iida et Kon. D’ailleurs, les chapitres 1 et 2 montrent la même histoire sous leurs points de vue différents. Le côté un peu naïf de Yasumura et les réactions d’Iida portent principalement la dynamique comique. D’abord amis, les sentiments des deux lycéens évoluent petit à petit. Ainsi, l’auteure aborde indirectement l’homosexualité cachée, l’influence des vidéos pornographiques dans l’éducation sexuelle des adolescents, le poids des rumeurs. Elle installe une relation plutôt consensuelle et lorsque ses personnages dépassent les bornes, elle appuie sur leurs regrets. Dans l’histoire bonus, elle rappelle avec humour les dangers des relations sans protection.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages longilignes. Par ailleurs, la canine proéminente de Kon renforce son côté un peu naïf. Les trames d’ambiance très graphiques alternent avec les décors. De même, la palette restreinte des autres trames donne un ton plutôt uniforme. La mise en page dynamique utilise beaucoup de sorties de case et d’absence de cadre mais les ellipses se font très discrètes. Dans les scènes érotiques, Fumikawa sensei censure les parties intimes par des languettes blanches.

En résumé

Bien que beau garçon, Iida éconduit toutes les filles qui souhaitent sortir avec lui. Surpris qu’il ait même refusé la demande de la plus belle fille de première année, Yasumura Kon et ses amis décident alors de vérifier son orientation sexuelle, le soupçonnant d’être homosexuel. Tiré au sort, Kon lui fait donc une déclaration d’amour. Mais Iida le rejette. Toutefois, il précise n’avoir aucun préjugé sur l’amour envers une personne de même sexe. Mais depuis, il semble observer Yasumura. Un jour, Kon traine Iida chez lui et lui avoue tout sur leur test. En découvrant que son camarade a peu de libido, il lui propose alors de l’aider à trouver ses penchants…

En conclusion

Ce one-shot obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2020. Fumikawa sensei oscille entre humour et érotisme. Toutefois, la relation que les deux héros construisent au départ peut gêner certains lecteurs. Pour ma part, je me suis bien amusée à la lecture de leurs aventures qui mêlent à la fois pureté, découverte et érotisme.

Dans les coulisses de HomeRoom 2 – Koshiora Tsubame

dans les coulisses de homeroom 2 koshiora tsubame
KOSHIORA Tsubame 腰オラつばめ
ISBN: 9782382761410
Hana, 2022
ISBN: 9784861238185 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Titre original: 俺たちナマモノ?です 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je me fichais de savoir quand ou comment mais je voulais continuer à passer du temps avec lui. »

Koshiora Tsubame sensei continue de mettre en abyme les fantasmes des fujoshi. Elle se tourne même en autodérision dans l’interview de ses héros en début de tome. D’ailleurs, elle continue d’enchaîner les gags et les quiproquos. La narration s’appuie surtout sur Hibiki qui révèle un peu son passé. Les deux héros qui ont toujours travaillé ensemble, découvrent de nouvelles émotions avec leur prise de distance forcée. Rui réalise enfin ses sentiments. Par ailleurs, Yun et Haruka secouent avec humour le duo. De même, les managers Yoshikawa et Kokonoe dévoilent leur côté calculateur et manipulateur. Ainsi, l’auteure aborde l’amour à sens unique, le côté versatile des fujoshi qui complexifie l’anticipation des marchés possibles. Elle équilibre la communication au sein du couple, rendant les rapports plus consensuels.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle porte un soin particulier aux costumes. Par ailleurs, elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, abusant souvent des personnages transformés en SD. Quand les protagonistes rougissent, les hachures envahissent leur visage et apparaissent même à l’arrière de la tête. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques. De même, les autres trames sont équilibrées. Par contre, la mise en page dynamique est parfois chargée. Dans les scènes érotiques, Koshiora sensei censure à peine les parties intimes légèrement translucides avec une très fine bandelette blanche. Elle dessine aussi des coupes intérieures. Les couvertures du tome 1 et 2 mises côte à côte forment une seule illustration.

En résumé

Tachibana Rui manque d’entrain depuis qu’il ne voit plus aussi souvent Shinjô Hibiki. Yun se montre câlin avec lui et en profite pour faire un selfie surprise. Il le poste immédiatement sur ses réseaux sociaux. De son côté, en voyant la photographie, Hibiki ressent de l’agacement. En plus, il supporte de moins en moins les taquineries de Haruna. Il prend alors une pause et se remémore sa première rencontre avec Rui…

En conclusion

Koshiora sensei continue de nous amuser dans ce tome, ajoutant néanmoins un peu plus de sentiments et de tendresse entre les deux héros. J’adore les bouilles des personnages en SD! Intriguée par le mystère autour de Yoshikawa, j’attends avec impatience la suite. Une lecture détente, drôle et érotique. Alors vous êtes team Hibirui ou team Yunrui et Hibiharu?

Dans les coulisses de HomeRoom 1 – Koshiora Tsubame

dans les coulisses de homeroom koshiora tsubame
KOSHIORA Tsubame 腰オラつばめ
ISBN: 9782382761403
Hana, 2022
ISBN: 9784861238178 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Titre original: 俺たちナマモノ?です 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« On veut faire en sorte de satisfaire le public au maximum… »

Koshiora Tsubame sensei propose une comédie romantique où l’humour domine, enchainant les gags. Ainsi, elle s’amuse des fantasmes des fujoshi collant quelques clichés BL sur les groupes d’idols qui savent en tirer profit. Elle installe une dynamique répétitive mais efficace entre les personnages. Ainsi, le caractère sociable et rayonnant de Rui contraste avec l’impassibilité et la discrétion de Hibiki. Malgré un amour clairement réciproque, encore inconscient pour Tachibana, nos deux héros développent d’abord une relation de sex friend. Pourtant, Rui s’interroge de plus en plus sur ses sentiments. D’ailleurs, la narration s’attarde principalement sur son point de vue. L’auteure utilise les personnages secondaires pour faire bouger le couple un peu empoté. Le manager Yoshikawa Shinji devient un élément comique. De même, la star montante d’origine coréenne, Yun (19 ans), se montre très tactile, tandis que Haruna (29 ans) joue un peu les fauteurs de trouble.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo et contemporain. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques et n’hésite pas à les simplifier, transformant les personnages en SD. Les nombreuses trames rendent l’aspect chatoyant des costumes. Par contre, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Koshiora sensei joue beaucoup sur le comique, même durant les ébats. Par ailleurs, elle censure peu les scènes érotiques, dessinant des coupes intérieures. Elle cache à peine les parties intimes par une légère transparence et parfois de fines bandelettes blanches. Il y a une scène par chapitre. Les personnages sont présentés en fin de tome.

En résumé

Tachibana Rui (24 ans) et Shinjô Hibiki (22 ans) forment le duo d’idols HomeRoom. Ils vont bientôt fêter leur cinq ans de carrière. Le joyeux mais naïf Rui a tendance à prendre soin de son taciturne partenaire. D’ailleurs, ayant une séance de photographies le lendemain, il lui propose de dormir chez lui. En surfant sur le net le soir, les deux jeunes hommes découvrent alors que certaines de leurs fans fantasment sur leur relation. Elles produisent même des mangas de fictions les représentant en couple gay. D’abord choqué, la curiosité de Tachibana l’emporte. Excité par les images très érotiques, il se laisse alors convaincre par Hibiki qui a envie d’essayer ce qu’ils voient…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Shinjô Hibiki est cité parmi les meilleurs seme individualistes tandis que Tachibana Rui est apprécié pour sa candeur. Pour son premier manga publié, Koshiora sensei commence fort en tournant en dérision le comportement de certaines fujoshi tout en répondant à leurs attentes dans ce BL. Nos deux héros dégagent un côté un peu idiot mais cela les rend adorables. Une lecture « rigolote ».

Tu m’aimes pour de vrai!? – Hiiragi Nozomu

tu m aimes pour de vrai hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782382761274
Hana, 2022
ISBN: 9784796412711 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Arrête avec ce sourire louche. Je sais qu’il est faux, en plus. »

Hiiragi Nozomu sensei propose une comédie romantique jouant sur les malentendus. Toutefois, l’humour peut parfois devenir lourd, se basant sur une relation conflictuelle avec un abuseur. En effet, Mugimaru prend ses désirs pour la réalité, se comportant comme un enfant gâté, et manipule donc son partenaire pour lui imposer sa vision de l’amour. La rébellion de Roku perd en intensité car il cède trop facilement à la pression. Son côté asocial et stricte contraste totalement avec la personnalité rayonnante mais frivole du barista. L’auteure rappelle néanmoins constamment le comportement ordurier de Mugi à travers son entourage. Elle le fait évoluer positivement au fur et à mesure qu’il réalise la profondeur de ses sentiments. Ainsi, elle révèle son passé sombre avec parcimonie tout en lui donnant plus de profondeur.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, au style reconnaissable. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hiiragi sensei ne censure pas les parties intimes. Toutefois, elle les assombrit avec des trames. Elle présente des moments tendres du couple dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le salaryman Amagai Roku adore le café préparé par le barista Mugimaru Niini (24 ans). Dernièrement, ce dernier lui offre des pâtisseries de plus en plus volumineuses en accompagnement. Ayant du succès auprès des femmes, plusieurs rumeurs circulent sur lui, dont sa grande frivolité. Un jour, alors que Mugi était importuné par un client mécontent, Amagai vole à son secours. Mais comme il s’énerve trop facilement, il finit au poste de police avec le gérant du café. Pour le remercier, le barista l’invite alors chez lui à boire un verre. Mais passablement éméché, il commence à le tripoter tout en lui déclarant sa flamme. Devant les protestations du salaryman, il insiste sous prétexte que Roku ne peut que l’aimer puisqu’il aime son café…

En conclusion

Ce one-shot au scénario classique offre un petit moment de détente amusant. Par contre, il ne plaira pas à tout le monde, le caractère de Mugi pouvant choquer ou gêner. Hiiragi sensei installe encore une dynamique intéressante avec un couple qui se chamaille tout en arrivant tout de même à se renouveler. Comme elle sait si bien le faire, ses mauvais garçons finissent par s’assagirent pour notre plus grand plaisir. Pour ma part, j’aime beaucoup l’évolution positive du barista. Et j’apprécie le dessin de la mangaka qui s’améliore encore et encore!

From heaven heaven – Hodo

from heaven heaven hodo
Hodo ほど
ISBN: 9782382761359
Hana, 2022
ISBN: 9784758022842 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Je passe du paradis au paradis. »

Hodo sensei offre une romance fleur bleue entre deux garçons maladroits pour exprimer leurs sentiments. Elle concentre la narration sur Naokazu. Elle crée des héros aux caractères un peu improbables tellement ils respirent la candeur. Ainsi, ils n’arrivent pas à créer d’ambiance romantique, d’autant plus que Takeshi est trop direct. Mais c’est justement ce qui procure un certain effet comique. Ainsi, Hayashi et Fujita expérimentent, prennent un peu d’assurance et apprennent à communiquer. Par ailleurs, les amis de Fujita, Takashi et Yamaguchi, apportent une touche humoristique. L’auteure aborde tout de même quelques problèmes qu’un jeune couple rencontre, comme la difficile gestion du temps, les doutes, la routine qui s’installe. Elle conclut son récit en faisant un rappel subtil sur le début du récit. De même, elle donne le point de vue de Takeshi quand il était au lycée.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des regards très expressifs, surtout Hayashi qui a de grands yeux proches du style shôjo. D’ailleurs, elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont plutôt nombreuses. Contrairement aux codes habituels, le fond noir indique les moments de doutes de Naokazu. La mise en page dynamique rythme la lecture. Hodo sensei ne censure pas les scènes érotiques mais évite tout de même de trop les montrer.

En résumé

Le lycéen Hayashi Naokazu est amoureux de Fujita Takeshi, son camarade de la classe d’à côté. Toutefois, il se contente de l’observer de loin. Mais le jour de la remise des diplômes, Fujita lui demande s’il n’est pas amoureux de lui, ayant remarqué son petit manège. Les deux jeunes hommes se retrouvent alors une semaine plus tard pour coucher ensemble. Hayashi pense que c’est un moment unique qui ne se reproduira plus. Mais contrairement à ce qu’il avait imaginé, Takeshi lui propose de continuer leur petit rendez-vous en amoureux. Aurait-il aussi des sentiments pour lui?

En conclusion

Ce one-shot offre une romance douce et rafraichissante, toutefois le caractère des personnages ne plaira pas à tout le monde. Le graphisme ne se démarque pas mais reste mignon et expressif. Mon côté fleur bleue est donc satisfait. Une lecture qui détend et permet de passer un agréable moment!

La gloire du matin fleurit la nuit – Choco Donut et Araki Yu

la gloire du matin fleurit la nuit choco donut araki yu
CHOCO Donut チョコードナツ
ARAKI Yu あらきゆう
ISBN: 9782382761427
Hana, 2022
ISBN: ‎9784865896206 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« L’amour le temps d’un été… »

Choco Donut sensei narre une comédie romantique qui aborde pourtant le thème du deuil. Ainsi, elle dépeint les différentes réactions face au décès de quelqu’un, de l’acceptation au déni. Malgré des caractères opposés, elle fait évoluer les deux lycéens ensemble. Ainsi, le morne Yûgen qui a déjà perdu l’envie de vivre, va redécouvrir les petits bonheurs quotidiens et s’ouvrir petit à petit à son entourage. L’affable Hideto, quant à lui, garde son entrain malgré son état spectral mais réalise ses quelques défauts. Les deux lycéens se découvrent grâce à cette coopération particulière et définissent rapidement la nature de leurs sentiments. L’auteure s’intéresse donc à l’évolution d’un amour d’abord secret. Par ailleurs, elle maintient un peu de suspense en révélant au fur et à mesure les contextes de chaque protagoniste, jusque dans l’histoire bonus finale. Elle donne une touche poétique au récit avec l’observation des fleurs.

Araki Yu sensei a un trait épuré qui dégage de la douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle rend bien les morphologies, avec le corps finement musclé de Hideto tandis que Yûgen est plus maigre. Les trames sont variées, de même que les trames d’ambiance. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, la mangaka simplifie les parties intimes et les censure par des bandelettes blanches parfois recouvertes encore par un cache blanc. Elle donne le ton des chapitres à travers les illustrations au début. Sous la jaquette, elle révèle quelques copies d’écran du smartphone de Hide à découvrir à la fin.

En résumé

Ayant une constitution fragile, Yûgen participe peu aux activités de la classe et s’attire donc les quolibets de certains camarades, sauf Asahi Hideto qui vient toujours lui parler quand il passe près du terrain de sport où il s’entraîne. D’ailleurs, Yûgen apprécie la joie de vivre du lycéen, surnommé Shûto car il joue au football. Mais au début de l’été, Hideto décède frappé par la foudre. Pendant que leur professeur leur annonce la nouvelle, Yûgen remarque le fantôme de son camarade à ses côtés. D’abord apeuré de le voir et l’entendre, il fuit puis finit par s’évanouir. Une fois calmé, il accepte alors d’écouter Hide. Ce dernier lui demande donc de le libérer de ses regrets à sa place pour qu’il puisse rejoindre l’au-delà. Persuadé que Yûgen l’aime, il lui déclare d’abord ses sentiments…

En conclusion

Choco Donut sensei propose un one-shot surprenant et prenant. Elle arrive à condenser l’essentiel et à transmettre les sentiments de ses personnages. D’ailleurs, le graphisme très expressif et beau d’Araki Yu sensei, à défaut d’être original, transcrit parfaitement les émotions. Du bonheur malgré une mélancolie qui vous accompagne jusqu’à la fin. Bref, un coup de cœur!