Le partenaire du loup – Kumase Aki

le partenaire du loup kumase aki

KUMASE Aki 隈世アキ
ISBN: 9782382763254
Hana, 2023
ISBN: ‎9784801974432 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: 狼のボニート
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Rencontre passionnée dans un pays lointain, une romance prédestinée! »

Kumase Aki sensei développe un univers fantastique dans lequel des thérianthropes cohabitent avec les humains. Elle joue sur les différences culturelles pour faire avancer rapidement la romance mais cela la rend malheureusement peu crédible. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros. Ioto, très naïf, manque de confiance en lui et a tendance à céder facilement au loup. D’ailleurs, Leo suit principalement son instinct et devient donc insistant, possessif et jaloux. Le consentement n’est donc jamais clair. L’auteure aborde entre autres les questions de l’engagement, de l’avenir d’un couple mixte. Elle complète ce tome avec une petite comédie romantique entre un photographe et un mannequin, jouant sur les quiproquos.

La mangaka a un trait anguleux. Elle dessine des corps sveltes finement musclés et des mentons pointus. De même, elle utilise les oreilles et la queue du loup pour transmettre ses émotions. En plus, comme les personnages rougissent facilement, des hachures recouvrent leurs visages. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les sorties de cadre et les chevauchements. Kumase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle simplifie les parties intimes, ce qui correspond à son graphisme en général. Elle offre tout de même une scène par chapitre. Les illustrations en début de chapitre présente le quotidien du couple.

En résumé

Le partenaire du loup / La tanière du loup: Yukihira Ioto (20 ans), un humain japonais, étudie l’architecture en Espain, où 90% de la population est composée de thérianthropes, des humains aux caractéristiques animales. Mais il a du mal à se lier d’amitié. Un jour, dans un café, un policier thérianthrope loup, Carvalho Leo (24 ans), lui vient en aide alors qu’on le soupçonnait de ne pas avoir payé. Leo se montre d’abord très tactile, n’hésitant pas à le lécher, puis il lui demande ensuite un rendez-vous. D’abord surpris, Ioto accepte tout de même de le suivre dès leur deuxième rencontre. Le loup emmène alors l’étudiant voir des bâtiments architecturaux et les deux hommes sympathisent. Mais quand Carvalho raccompagne ensuite Yukihira chez lui, le loup se jette sur lui…
Dear photographer: Le photographe Arata Shirô est harcelé par le beau mannequin à succès Senra, alias Dôjima Senra. Il l’avait repéré dans la rue cinq ans auparavant alors que le jeune homme fuguait…

En conclusion

Kumase sensei crée un univers intéressant, avec des règles précises, mais comme elle enchaîne les évènements trop rapidement, en fin de compte, elle en exploite à peine la moitié. En plus, elle use et abuse des raccourcis scénaristiques pour provoquer les câlins. Par contre, le graphisme est plutôt sympathique et original mais il ne plaira pas à tout le monde. Une lecture qui a tout de même du potentiel et qui donne envie de découvrir d’autres œuvres de l’auteure.

Beast’s storm 5 Touch me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 5 kuroi morry

KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382763421
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796414937 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

L’arrivée d’un rival pour Sôgo?

Kuroi Morry sensei continue de présenter la famille Kijima, plutôt complexe. Elle introduit le demi-frère de Sôgo, Kazuhisa, qui représente la bête dominante typique. En effet, il cherche avant tout à assurer sa descendance, et donc trouve normal de multiplier les partenaires. Son caractère égocentrique permet de mettre en valeur l’évolution du directeur de l’hôpital qui s’est assagi avec son partenaire. Shôta apporte une touche mignonne dans cette ambiance légèrement tendue. Bien qu’il prenne sérieusement son rôle de grand frère, il montre encore son besoin d’affection, donnant une touche plus réaliste. Comme dans le tome précédent, l’auteure s’intéresse à un autre couple en deuxième partie: Kirigaya et Kurosaki. Elle développe l’origine du malaise de l’infirmier envers les sans-oreilles. Ainsi, elle aborde le traumatisme d’une tentative de viol, le comportement gênant de certains sans-oreilles qui profitent de la libido des bêtes.

La mangaka a un trait très épuré légèrement anguleux qui contraste avec celui tout en rondeur pour dessiner les enfants. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées et variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est simplement dynamique mais met en avant la mignonnerie des enfants. Kuroi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne l’ambiance ou offre une photo de famille adorable.

En résumé

Le matin, Kijima Sôgo se laisse entraîner par un câlin avec Miyaji Akira mais ils sont interrompus par leur fils aîné Shôta. En effet, depuis la naissance des jumeaux, Sôta et Kanata, le médecin dégage des phéromones irrésistibles. Il se prépare par ailleurs pour un séminaire qui se tient dans un hôtel rénové. Intrigués, Eiko, accompagnée des enfants, et Sôgo le rejoignent pour le déjeuner mais le directeur d’hôpital prévient de son retard. Comme un des jumeaux pleure, un membre du personnel amène Akira dans une pièce plus calme. Mais il lui propose soudain de porter ses enfants. En fait, il s’agit de Kazuhisa, le demi-frère de Sôgo…

En conclusion

C’est toujours un plaisir de retrouver la petite famille de bêtes. J’apprécie particulièrement l’histoire de Kirigaya et Kurosaki et j’espère que l’on pourra encore les voir par la suite. Comme d’habitude, de la mignonnerie, de l’humour et de la tendresse!

Une relation basée sur l’argent 2 – Sakurai Nanako

une relation basee sur l argent 2 sakurai nanako

SAKURAI Nanako 櫻井ナナコ
ISBN: 9782382763483
Hana, 2023
ISBN: 9784758023351 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Mon bonheur n’est pas celui de tout le monde, mais… »

Sakurai Nanako sensei propose de découvrir la nouvelle vie de Yanai qui a intégré le clan Takamoto. Elle développe un peu plus le passé de Maki, permettant de comprendre son comportement possessif. Comme dans le tome précédent, elle aborde la question de la confiance dans le couple et le doute. En effet, Makoto a encore du mal à partager ses sentiments avec son partenaire. L’introduction de Shirazawa Meguru, le fils du clan Hitotose, amène quelques tensions et permet de découvrir un peu les conflits de succession dans les clans mafieux. D’ailleurs, l’étudiant sans gêne, cache sa personnalité derrière ses lunettes et apporte une touche d’humour. L’auteure met en évidence deux mondes distincts dans le milieu mafieux, exposés différemment à la violence. Elle s’intéresse donc à la notion de famille étendue ainsi qu’au sentiment de solitude qui en découle selon l’implication dans le clan.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux et qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Maki a des oreilles plutôt pointues. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Sakurai sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle cache parfois les parties intimes en jouant sur les angles de vue. Elle offre d’ailleurs une scène par chapitre.

En résumé

Depuis maintenant deux mois, Yanai Makoto travaille comme secrétaire du chef du clan Takamoto. Il apprécie également sa vie amoureuse avec son petit ami yakuza, Maki Ryôhei. Un jour, il croise par hasard les filles de son patron, Suwa, qui tombent alors sous son charme et devient donc leur babysitter. Comme il doit les accompagner avec leur mère Yuri à Kyoto, Maki, inquiet, le harcèle au téléphone et finit même par se disputer avec lui. En effet, le yakuza est très collant au point d’en devenir parfois lourd car il n’arrive pas à lui faire confiance. Mais le soir, Mako regrette déjà ses paroles…

En conclusion

Ce tome était-il nécessaire? C’est un plaisir de découvrir la suite des aventures du couple. Sakurai sensei développe ainsi un peu plus la personnalité des personnages. En introduisant un clan rival, elle élargit même l’exploitation d’un thème intéressant. Toutefois, elle le fait encore avec légèreté. Je trouve donc cela un peu dommage. Une lecture sexy, mignonne et divertissante dans la continuité du tome précédent.

Sous le linceul de la mariée – Akagawa Sagan

sous le linceul de la mariee akagawa sagan

AKAGAWA Sagan 赤河左岸
ISBN: 9782375063552
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754047 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 屍と花嫁
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Sous le voile de la mariée se cachent nombre de lourds secrets. »

Akagawa Sagan sensei offre une romance fantastique, légèrement horrifique, emplie de mystères. Elle révèle au fur et à mesure les secrets entourant les deux demi-frères, maintenant constamment le suspense. Elle surprend à chaque fois le lecteur par des rebondissements, relançant ainsi les suppositions. La narration alterne entre Li et Jin. D’ailleurs, le lecteur accompagne l’aîné, qui a perdu la mémoire, au gré de la reconstitution de ses souvenirs. L’auteure s’attache à décrire les sentiments, dévoilant ainsi la relation illicite entre les deux frères sans pour autant oublier leur pudeur et leur sentiment de culpabilité. Elle développe suffisamment l’environnement malsain dans lequel ils vivent, laissant le lecteur faire ses propres suppositions. Par ailleurs, elle aborde entre autres le sacrifice, l’amour par delà la mort, la trahison.

La mangaka a un trait très fin et épuré, utilisant les pleins et les déliés. Elle simplifie les traits des personnages non principaux au point d’effacer leur visage. Elle offre quelques pages poétiques, jouant sur les fleurs et certaines parties du décor. D’ailleurs, les décors soignés rendent la splendeur des bâtiments de style chinois. Les trames sont par ailleurs variées. La mise en page dynamique utilise les sorties de vignettes, l’absence de cadre mais également des agencements rythmant la lecture. Akagawa sensei censure les scènes érotiques en ne dessinant pas les parties intimes. Cela surprend au début mais ne gêne pas la compréhension. Sous la couverture, elle offre une illustration en noir et blanc.

En résumé

Peu de temps après le décès de l’ancien chef de famille, le jeune héritier Jin se marie. Mais beaucoup de rumeurs circulent sur les circonstances de cet évènement. En effet, un an auparavant, il s’est retrouvé mêlé à un conflit sanglant pour la succession de chef de famille, confronté à son demi-frère aîné Li Fan. Ce dernier aurait été assassiné avec ses partisans. Et la mariée, Hyôka, empoisonnée, cache depuis son visage défiguré. Mais, sous son voile se cache en réalité un terrible secret…

En conclusion

Malgré le format one-shot, Akagawa sensei enchaine bien les intrigues, même si cela semble assez expéditif. Elle équilibre révélations et moments tendres. En plus, son graphisme est de toute beauté. Une lecture à la fois tendre et mélancolique.

Laisse-moi te détester 2 – Hijiki

laisse moi te detester 2 hijiki

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375063002
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799747759 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je suis content d’en être un. C’est parce que c’est le cas que je suis heureux, maintenant. »

Hijiki sensei s’intéresse à la famille reconstituée et aux efforts pour créer des liens de confiance. A travers Hazuki, elle met en avant les difficultés que rencontrent les parents avec leur premier enfant. D’ailleurs, l’alpha, encore jeune, a parfois des réactions de gamin capricieux malgré sa maturité et son investissement dans le foyer. Naoto, quant à lui, a encore du mal à se reposer sur son partenaire et à assumer son statut d’oméga « casé ». Leurs relations sont plutôt consensuelles, avec un recadrage dès que l’alpha se laisse emporter. En introduisant Murasame Ikuya, l’auteure crée un alpha détestable, réunissant à lui seul tous les vices humains de l’univers omegaverse. Ainsi, elle continue d’interroger sur le traumatisme et le dépassement de la peur, dans la continuité du tome précédent.

La mangaka a un trait épuré et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique propre reconnaissable. Ses expressions des visages sont d’ailleurs très parlantes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance dont certaines parfois graphiques. Les autres trames équilibrées donnent une touche réaliste. La mise en page dynamique utilise principalement des sorties de cadre, des vignettes s’adaptant à leur contenu mais surtout des angles de vue très variés. Hijiki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle masque un peu les détails en recouvrant les organes sexuels d’une trames sombres. Sous la jaquette, il y a la postface en une planche qui révèle quelques anecdotes sur la conclusion, donc à lire absolument à la fin.

En résumé

Koga Naoto nage dans le bonheur depuis qu’il forme une paire avec Tsuchiya Hazuki. Ce dernier continue ses études à l’université tout en travaillant également à l’hôtel de sa mère avec la ferme intention de prendre sa suite. D’ailleurs, Tsuchiya Mizuki prend à cœur son rôle de grand-mère et passe souvent en coup de vent voir les enfants. Depuis que Minato est né, Shizuku aide beaucoup sa mère à la maison. Mais l’oméga remarque que l’alpha se montre de plus en plus distant avec les enfants. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Tsuchiya Hazuki se classe cinquième meilleur seme tandis que Koga Naoto est onzième meilleur uke. Hijiki sensei arrive à transmettre facilement les émotions de ses personnages. Impossible de ne pas craquer pour les aventures émouvantes de cette famille reconstituée! J’avais la larme à l’œil durant une grande partie de ma lecture. Et vous?

Stigmata 2 – Takahashi Hidebu

stigmata 2 takahashi hidebu

TAKAHASHI Hidebu 高橋秀武
ISBN: 9782382123740
Akata, 2023
ISBN: ‎9784834264876 (JP)
Homesha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ni son frère, ni son père, mais une famille quand même? »

Takahashi Hidebu sensei suit l’enquête étape par étape, maintenant le suspense jusqu’au dénouement. Elle sème le doute en dévoilant les indices au fil des chapitres. Après avoir installé les personnages dans le tome précédent, elle montre l’évolution des sentiments d’Asako et de Kuroiwa. En cohabitant, les deux hommes se découvrent, s’interrogent puis se rapprochent, réalisant leur attirance. Le jeune policier se sent d’abord inutile mais prend au fur et à mesure confiance en lui grâce aux encouragements de son collègue. Discutant beaucoup, ils développent une relation très consensuelle. L’auteure maintient un certain équilibre entre romance et enquête. Elle s’intéresse encore à la perte d’identité mais également aux causes et aux conséquences du divorce, aux relations humaines qui se construisent et se délient au gré des personnalités qui changent.

Le style graphique particulier de la mangaka, avec un trait léché, anguleux, des contours épais et des pleins et déliés marqués, dégage une certaine sensualité. De même, les regards sont très expressifs. Les décors soignés alternent avec des trames d’ambiance ou des lignes d’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les ellipses prennent une forme de bulle. Par ailleurs, Takahashi sensei privilégie les contrastes noir et blanc. Elle intègre même la mise en page à la narration. Par exemple, elle fait onduler les cases dans les scènes érotiques donnant un effet de douceur, tandis qu’une certaine rigueur se dégage lors des enquêtes. A noter que les passages érotiques ne sont pas censurés mais les parties intimes sont peu détaillées, en harmonie avec le style graphique général. Les illustrations en début de chapitre transcrivent l’ambiance du récit.

En résumé

Kuroiwa Hiroto a tendance à traiter Asako Minami comme un petit frère. Mais le jeune policier, gêné, essaie alors de lui transmettre ses sentiments secrets, intriguant alors son collègue. Une semaine depuis le meurtre d’Agata Mari, la police piétine. Comme Kuroiwa n’a aucun alibi, il devient donc le principal suspect. Toutefois, il conserve la confiance de Daimon Jun qui croit au pouvoir d’Asako. Le policier de la première division a d’ailleurs découvert une photo de la victime avec sa collègue Nishi Makoto. A sa surprise, les deux femmes qui ont la même coiffure se ressemblent. Et alors qu’ils s’interrogent, Asako reconnait en cette dernière la femme ayant volé le sac à main de l’avocate.

En conclusion

Takahashi sensei mêle à la fois romance, suspense et drame avec même une pointe d’humour. Elle a un style graphique personnel et sensuel qui colle parfaitement au récit. De même, l’enquête se résolve avec simplicité mais efficacité. Toutefois, cela pourra un peu décevoir les grands fans de polar. Pour ma part, c’est un énorme coup de cœur!

La fée des neiges – Serizawa Tomo

la fee des neiges serizawa tomo

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382761724
Hana, 2023
ISBN: 9784829686607 (JP)
Printemps, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

La douceur de la campagne et des animaux adorables à Hokkaido.

Serizawa Tomo sensei offre une tranche de vie sur une romance naissante avec des personnages aux caractères en apparence opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle maintient un certain suspense en révélant le passé dramatique de Homura au fur et à mesure. Bien que renfermé, Haruki est en fait franc et direct et apprécie sincèrement son village. En découvrant la photographie, il va s’ouvrir un peu plus et prendre conscience de son attirance pour Narumi. Plus le photographe comprend le fermier, plus il l’apprécie également. L’auteure développe une relation respectueuse, avec des recadrages et des regrets dès qu’il y a dérapage. Elle décrit avec finesse les sentiments des personnages et la chaleur d’un foyer. De même, elle aborde entre autres la solitude, l’acceptation de l’autre tel qu’il est, la photographie, la vie à Hokkaido en hiver. L’entourage du fermier apporte également des moments conviviaux.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec des courbes donnant beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie les morphologies des personnages. Il y a beaucoup de trames qui renforcent ainsi le réalisme. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. En plus, les décors soignés mettent en avant les animaux et la nature. Les flash-back se repèrent au fond noir. La mise en page dynamique joue sur les superpositions de vignettes, l’ absence de cadre, les angles de vue variés. Serizawa sensei s’arrête aux baisers mais ces scènes débordent de tendresse.

En résumé

Durant une livraison, le fermier Homura Haruki (21 ans), remarque une voiture de location recouverte de neige sur le bord de la route. Inquiet pour le passager, il aperçoit plus loin un homme près d’une tente mais en l’interpelant, un groupe de cygnes s’envole. Photographe animalier, Narumi Akihito s’empresse de prendre quelques clichés avant de répondre: il est venu à Hokkaido pour photographier des fées des neiges. Ce dernier s’étant perdu et n’ayant pas d’hôtel, le fermier lui propose alors de l’héberger tout l’hiver en échange d’aide à la ferme. Mais le côté très familier et tactile de Narumi incommode un peu le renfermé Haruki…

En conclusion

Pour son deuxième manga, Serizawa sensei offre un one-shot avec un graphisme et un scénario déjà bien maîtrisés. Elle retranscrit parfaitement les sentiments des personnages et l’ambiance hivernale de Hokkaido. Haruki et Narumi sont attendrissants. En plus d’être émouvant, ce récit m’a donné envie de faire des photos et d’aller admirer la nature. Un énorme coup de cœur! Mise à jour: Ce one-shot obtient la treizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023.

Bienvenue chez Ginmokusei 2 – Mamita

bienvenue chez ginmokusei 2 mamita

Mamita マミタ
ISBN: 9782382761656
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784199609008 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Titre original: ギンモクセイの仕立て屋 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tout ce que je voulais, c’était protéger cet endroit… »

Mamita sensei délaisse un peu les techniques commerciales pour développer la romance. Elle révèle le passé de Théo ainsi que ses motivations. De même, elle maintient un certain suspense en reconstituant au fur et à mesure les souvenirs d’Ubuki sur la nuit de sa première rencontre avec son associé. La narration alterne entre les deux héros. Le chat Gin-san continue de détendre l’atmosphère avec ses remarques pertinentes. De même, la rivalité entre Nakamura et Nishijima apporte une touche comique. Takabayashi doute encore et s’interroge de plus en plus sur sa relation avec son associé, réalisant son attachement et sa peur de la solitude. Toutefois, il prend enfin des initiatives. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments des personnages. Elle montre quelques idées pour fidéliser une clientèle.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine quelques personnages dans un style caricatural. Les décors, soignés, apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que les autres trames, abondantes, apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. Dans les scènes érotiques, Mamita sensei ne détaille pas trop les parties intimes et utilise parfois un contour blanc. Toutefois, elle ne censure pas celles du bonus. Comme dans le tome précédent, elle montre le charme des costumes dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Takabayashi Ubuki ne comprend pas pourquoi Nakamura Théo abandonne ses projets personnels pour l’aider à sauver sa boutique. En effet, le maître d’hôtel avait obtenu un prêt pour ouvrir un nouveau restaurant. Enfant, il vénérait son père qui gérait le restaurant « Vincent » à Ginza et a donc travaillé dur pour intégrer ce restaurant et monter les échelons. Malheureusement, à cause d’un incident avec le chef Yoshida, suite à des remarques homophobes, il a dû démissionner. Un soir, il croise alors Ubuki passablement éméché. Comme ce dernier refuse de le lâcher ou de prendre un taxi, il l’emmène dans un hôtel…

En conclusion

Mamita sensei semble un peu précipiter la conclusion en cumulant les révélations dans un seul tome. Le mélange des styles graphiques est toujours aussi efficace. Quel plaisir de voir Théo et Ubuki se rapprocher et se parler enfin franchement. Et j’adore le gentil Gotô qui veille sur eux. Coup de cœur confirmé! Mise à jour: Ce tome se classe à la cinquième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023.

Bienvenue chez Ginmokusei 1 – Mamita

bienvenue chez ginmokusei 1 mamita

Mamita マミタ
ISBN: 9782382761649
Hana, 2023
ISBN: 9784199608995 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Titre original: ギンモクセイの仕立て屋 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je voulais recommencer de zéro, mais je ne sais pas si je peux te faire confiance… »

Mamita sensei développe une romance qui se construit suite à une collaboration atypique. Elle s’intéresse à la difficulté que rencontrent les commerces de luxe actuellement, à l’évolution du métier de tailleur, aux diverses techniques pour relancer un commerce comme le marketing, le relooking, le changement de clientèle. La narration se base principalement sur le point de vue de Takabayashi. Ce dernier, pleurnichard, a tendance à fuir les difficultés. Plus qu’une promesse à son grand-père, il apprécie sincèrement ce nouveau métier. Malgré ses doutes, il se laisse convaincre par la prestance de Nakamura. D’ailleurs, l’auteure maintient un certain mystère autour de Théo et de ses réelles intentions. Elle détend un peu l’atmosphère avec les réflexions du chat Gin-san. De même, elle apporte une touche humoristique grâce aux amis de l’ancien maître d’hôtel, Beniko et Akino Kazuhito. L’introduction de Nishijima, l’ex d’Ubuki, permet de secouer un peu l’essayeur.

La mangaka mélange à la fois un graphisme esthétique avec un style caricatural. Ainsi, elle simplifie son trait légèrement épuré et anguleux dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps sveltes finement musclés ou complètement disproportionnés. Par exemple, le chat Gin-san et Gotô sont simplifiés à l’extrême. Les décors sont soignés et certains bâtiments de Ginza sont même reconnaissables. Il y a beaucoup de trames. D’ailleurs, Ubuki a une peau hâlée. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Et les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Mamita sensei ne montre pas les parties intimes. Par contre, elle met en avant le charme masculin qu’amplifient les costumes en les détaillant ou dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

A 35 ans, Takabayashi Ubuki a quitté son travail en entreprise pour reprendre la boutique de costumes sur mesure Ginmokusei gérée par son grand-père décédé. Malheureusement, les clients se font rares et au bout d’un an, il est au bord de la faillite. Alors qu’il se rue sur un beau client qui vient d’entrer dans la boutique suite à ses prières, ce dernier le recadre immédiatement face à son manque de classe. Nakamura Théo (30 ans) lui propose alors de l’aider à relancer son commerce. Mais peut-il faire confiance à cet inconnu, ancien maître d’hôtel?

En conclusion

Mamita sensei alterne avec finesse drame, humour et romance. Malgré des styles graphiques différents qui se côtoient, le récit reste réaliste. De même, la relation prend son temps et est plutôt consensuelle, à part des baisers volés. Je suis complètement sous le charme de Théo et Ubuki. Un coup de cœur!

La librairie des mystères – Tacocasi

la librairie des mysteres tacocasi

tacocasi
ISBN: 9782382761434
Hana, 2023
ISBN: 9784864425032 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Titre original: うしみつどきどき古書店譚
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une relation naissante et mystérieuse dans une étrange librairie.

Tacocasi sensei offre une romance mêlant fantastique et mystères. Elle s’inspire de quelques types de sanctuaires que l’on trouve au Japon, délabrés suite à l’étiolement de leur culte. Avec la transformation de Yôzô, elle s’amuse sur la différence d’âge tout en évitant les situations dérangeantes. En effet, Komiya est amoureusement attiré par le libraire quarantenaire mais n’a qu’une simple affection fraternelle pour sa version enfantine. La narration se base sur l’étudiant sauf le dernier chapitre révélant le point de vue de Yôzô. L’auteure révèle les secrets entourant Nishi au fur et à mesure. Par ailleurs, elle aborde la question de l’attirance pour l’esprit plutôt que le physique, de l’identité et du désarroi de la solitude. Elle construit des personnalités bien trempées aux dieux, en adéquation avec leur pouvoir. Par exemple, Tsukimachi est autant posée qu’une montagne et Shiki, le dieu des ruptures, se comporte en dragueur.

La mangaka a un trait épuré et léché. Comme elle utilise la même épaisseur pour ses traits et les contours, son graphisme conserve un aspect dessiné. En plus les trames en aplat donnent peu de volume, renforçant cette impression. De même, des hachures marquent les ombres fortes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières, très graphiques (pois, rayures) participent ainsi au récit. La mise en page classique colle parfaitement au graphisme. Tacocasi sensei préfère occulter les scènes érotiques, se contentant de dévoiler l’ambiance générale sous la couette. Par contre, elle offre de beaux baisers. En fin de chapitre, elle présente les dieux rencontrés. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et un jeu de labyrinthe pour aider les personnages à trouver le remède.

En résumé

Étudiant pauvre, Komiya profite pourtant de sa chance. Il loue une chambre très bon marché au-dessus d’une librairie d’occasion, la librairie Nishi, en échange d’aide dans la boutique. Mais surtout, il apprécie énormément le propriétaire, Nishi Yôzô, qui semble avoir un autre travail en parallèle car il reçoit souvent des clients en privé. Un jour, en rentrant de l’université, Komiya trouve une gracieuse jeune femme accompagnée d’une fillette qui n’osent entrer sans être invitées par Nishi. Mais durant cette visite, un tremblement de terre secoue tout le bâtiment, faisant tomber les étagères. Quand l’étudiant se précipite dans la pièce où se trouvent le libraire et ses clientes, il découvre Yôzô rajeuni. En effet, Nishi travaille pour les dieux et Tsukimachi-sama, la déesse de la montagne, était venue lui livrer une eau de jouvence…

En conclusion

Ce one-shot obtient la douzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. En effet, Tacocasi sensei mêle avec finesse mystère et romance consensuelle. Elle aborde également avec humour des thèmes très sérieux. Les quiproquos entre les deux héros qui se tournent autour font l’épice de ce récit. Je suis complètement séduite par leurs aventures. Un petit coup de cœur!