Le goût du melon 2 – Etsuko

le gout du melon 2 etsuko

Etsuko 絵津鼓
ISBN: 9782382763469
Hana, 2023
ISBN: 9784813033011 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Il le fait parce qu’il a envie, c’est tout. »

Etsuko sensei s’attarde un peu plus sur la situation personnelle compliquée de Kiuchi, comparé au tome précédent. Elle alterne la narration entre ses deux héros, mais laisse tout de même une large place à Nakajô. D’ailleurs, l’hôte prend de plus en plus conscience de son attirance pour son colocataire mais comprend parfaitement que ce dernier, trop gentil et tactile, ne nourrit pour l’instant aucun sentiment amoureux. Les deux hommes trouvent mutuellement du réconfort dans leur relation ambiguë et affrontent petit à petit leurs problèmes. Ainsi, l’auteure montre la nécessité d’avoir une situation stable pour s’intéresser à l’amour et la pression que peuvent générer trop de sollicitations et d’encouragement. Elle aborde les dégâts de la dépression et de l’insomnie, la difficulté à tourner la page et à renoncer à ses rêves, les bienfaits du silence et de la chaleur humaine pour soulager un mal-être.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle pose les trames en aplat. Les flash-back longs se repèrent à leur fond noir toutefois des vignettes recouvertes d’une trame grise indiquent ceux qui sont courts et furtifs. Les décors, parfois retravaillés à partir de photographies, apparaissent dans les plans larges. Etsuko sensei dessine des cadres épais, renforçant ainsi l’aspect statique de sa mise en page classique. Par ailleurs, elle débute ses chapitres sur des demies-pages, sauf pour le bonus. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes en jouant sur le cadrage et les angles de vue.

En résumé

Après un baiser, Kiuchi Shôta propose à Nakajô Chikashi de passer la nuit ensemble mais comme son hôte ne réagit pas, ils finissent par faire simplement du popcorn puis regarder un film. L’ancien compositeur se confie de plus en plus à son bienfaiteur. Malheureusement, comme il est au chômage, il ne trouve pas de logement, malgré un revenu généré par ses droits d’auteur. Un jour, alors qu’il était trop stressé en essayant d’écrire à nouveau, il fuit. Nakajô, d’abord inquiet, est surpris de le retrouver dans son lit le lendemain. Quand Kiuchi lui avoue avoir passé du bon temps avec une fille, l’hôte n’arrive pas à contenir son irritation. Amusé, le squatteur le rejoint peu après sous la douche pour se réconcilier…

En conclusion

Etsuko sensei maintient le suspense de sa conclusion jusqu’à la dernière page. Elle dépeint parfaitement les sentiments changeants de ses personnages, leurs appréhensions et leurs avancées, ainsi que la dépression. Une belle lecture, pleine d’émotions, un graphisme qui me plaît, une narration que j’apprécie malgré quelques longueurs. Mon petit coup de cœur se transforme donc en grand!

Le goût du melon 1 – Etsuko

le gout du melon 1 etsuko

Etsuko 絵津鼓
ISBN: 9782382763452
Hana, 2023
ISBN: 9784813032991 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Une histoire pleine de beauté et de délicatesse. »

Etsuko sensei narre la cohabitation entre deux adultes qui ont chacun une situation personnelle compliquée. Elle révèle au fur et à mesure leur passé et leurs problèmes au gré des discussions des personnages, basant pour l’instant la narration principalement sur Nakajô. La relation qui se construit entre les deux hommes semble d’abord bancale, les secrets persistants entre eux mais se dévoilant petit à petit. Pourtant, ils se complètent peu à peu en se découvrant. Ainsi, Kiuchi, qui passe facilement du rire aux larmes, recherche de la chaleur humaine tandis que Nakajô, très gentil, a besoin d’être aimé. L’auteure aborde le sentiment de culpabilité suite à un coming out, la difficulté à trouver un équilibre durant une cohabitation quand les caractères sont différents et à se projeter dans l’avenir quand la situation actuelle est instable.

La mangaka a un trait épuré qui conserve une touche dessinée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle retravaille certains décors à partir de photographies, ajoutant une note réaliste, contrastant avec le graphisme général. Les trames variées et en aplat renforcent ce contraste. Les cadres épais appuient l’impression de rigueur de la mise en page plutôt classique. D’ailleurs, même si Etsuko sensei change souvent les angles de vue, certaines vignettes restent tout de même statiques. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les détails.

En résumé

Un soir, Kiuchi Shôta (30 ans), client régulier d’un live house, demande au serveur Nakajô Chikashi (25 ans) de l’héberger. En effet, sa petite amie l’a plaqué et donc mis à la porte. Mais leur cohabitation ne se passe pas aussi bien que prévu. Le côté insouciant et câlin de Kiuchi exaspère Nakajô, d’autant plus que le squatteur semble lui cacher des choses. Et Shôta arrive même à obtenir habilement ses confidences. Comme il insistait trop pour dormir ensemble, Chikashi lui révèle alors son homosexualité mais cela ne gêne en rien son colocataire.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Etsuko sensei prend son temps pour développer son récit, s’attardant sur les petits détails de la vie. Son style graphique particulier, et surtout sa mise en page plutôt statique, pourront gêner certains lecteurs. Pour ma part, c’est un petit coup de cœur! J’apprécie de découvrir peu à peu les secrets des personnages ainsi que leurs motivations et l’évolution de leur relation, bien avant celle de leurs sentiments. D’ailleurs, j’étais frustrée de ne pas pouvoir développer ma critique pour conserver le suspense…

Au revoir Heron – ymz

au revoir heron ymz

ymz
ISBN: 9782382763643
Hana, 2023
ISBN: 9784829685495 (JP)
Printemps, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« De l’école à l’âge adulte, que vont devenir leur relation et leurs sentiments alors qu’ils grandissent doucement?! »

Ymz sensei développe la relation ambiguë entre deux amis déjà blessés par la vie depuis l’adolescence. Elle alterne la narration entre ses deux héros pour partager leurs points de vue. Elle effectue des allers-retours entre le passé et le présent, au gré des souvenirs de ses personnages, tout en faisant avancer son récit par petite tranche de vie. Le taciturne Sôji plutôt casanier et le gai Mika très fêtard s’entendent bien malgré des caractères opposés. Leur relation évolue doucement au fur et à mesure qu’ils grandissent. Pourtant, ils refusent d’en discuter clairement, ayant peur d’aimer. L’auteure montre comment le couple se construit peu à peu, exprimant leur attachement autrement que par des mots. A travers Sachiko, elle offre un autre point de vue sur le couple dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait anguleux et marqué, avec des contours parfois épais. Elle trace les décors, très présents, à la main. Par ailleurs, elle privilégie les aplats noir et blanc, les trames apportant juste un peu de volume ou de teinte. D’ailleurs, elles sont utilisées avec parcimonie. Ainsi, son graphisme conserve une touche crayonnée en général. De même, des hachures représentent les ombres. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les ellipses et les emboitements de cases. Ymz sensei ne montre pas les scènes érotiques. Elle laisse même planer un doute par des suggestions non explicites. La couverture se classe onzième au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Ses parents passant leur temps à se disputer, Sôji (16 ans) se sent comme vide. Un jour, au lycée, il croise Mika (16 ans), un lycéen un peu rebelle qui sympathise très vite avec lui. Ils ne sont ni amis, ni amants mais la présence de Mika suffit à combler le vide ressenti par Sôji. Maintenant adultes, ils se fréquentent encore. Mika vient souvent à l’improviste chez Sôji et après un câlin, lui réclame de l’argent que son hôte cède toujours facilement. Ainsi, tous deux vivent leur vie à leur rythme en se réconfortant mutuellement. Mais l’amour aura-t-il un jour sa place?

En conclusion

Ymz sensei excelle dans les tranches de vie et la description des émotions de ses personnages sans pour autant l’approfondir. Ainsi, elle montre l’évolution progressive de la relation des deux héros dans laquelle le sentiment amoureux reste tu. Toutefois, le lecteur se retrouve simple spectateur, et certains pourront alors se sentir frustré par la fin ouverte ou les sauts dans le temps. Pour ma part, j’ai passé un agréable moment de lecture.

Sous les couleurs de l’aube – Umitomoshibi

sous les couleurs de l'aube umitomoshibi

Umitomoshibi 海灯火
ISBN: 9782382763490
Hana, 2023
ISBN: 9784758023511 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 君を染める朝焼けに
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une douce rencontre entre un solaire restaurateur et un mélancolique photographe.

Umitomoshibi sensei narre une tranche de vie sur la rencontre du photographe Mano Suguru, ayant perdu la fibre artistique suite à un deuil, et le solaire restaurateur Koshimizu Kengo. Elle révèle le passé du photographe au fur et à mesure, maintenant un certain suspense. Malgré des caractères opposés, les deux hommes vont rapidement se nouer d’amitié et apprendre à se connaître durant leur cohabitation. Leurs sentiments évoluent peu à peu, bouleversant surtout Suguru qui redoute de perdre ses souvenirs en allant de l’avant, malgré sa promesse. Ainsi, l’auteure aborde le temps et la difficulté à surmonter un deuil et l’influence des émotions sur la perception artistique. Elle montre les bienfaits du soutien d’un confident. Elle construit une relation consensuelle qui prend son temps et dans laquelle un simple baiser volé entraine excuse et regret.

La mangaka a un trait légèrement épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors, avec une touche réaliste, qui sont très présents. D’ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant les paysages d’Enoshima, facilement reconnaissables. Les trames sont variées. Par exemple, Kengo a une peau halée et son corps finement musclé se devine sous son T-shirt. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les chevauchements de cases et l’absence de cadre. Dans les scènes érotiques, Umitomoshibi sensei censure les parties intimes par des caches blancs.

En résumé

Un été, le talentueux photographe de paysage, Mano Suguru (28 ans), se rend sur l’île d’Enoshima à la recherche de quelques beaux levers de soleil. Il voit alors un homme aux cheveux dorés comme un coucher de soleil, plonger tout habillé. Croyant à un suicide, il panique d’abord jusqu’à ce que le plongeur le rassure, déclarant s’être rafraichi. Le soir, à la recherche d’un endroit où se sustenter à bon marché, il recroise le jeune homme, Koshimizu Kengo (24 ans), gérant d’un petit restaurant retiré. N’ayant pas réservé d’hôtel, ce dernier, fan de ses photographies, lui propose alors de l’héberger. Gêné, Suguru, homosexuel, l’avertit d’abord mais cela ne dérange aucunement son hôte.

En conclusion

Umitomoshibi sensei dépeint avec finesse la mélancolie qui se dégage de Suguru et sa transformation. Elle construit des personnages pleins de douceur, attachant. Toutefois, le format one-shot ne lui permet pas d’approfondir le thème du deuil pourtant bien traité. Bien que j’ai un coup de cœur pour ce récit, je ressens tout de même un peu de frustration. En effet, j’aurais aimé découvrir encore un peu ce que deviennent les deux héros par la suite.

Poussière d’étoiles sentimentale – Shinomiya Suzu

poussiere d etoiles sentimentale shinomiya suzu

SHINOMIYA Suzu 四宮和
ISBN: 9782382763513
Hana, 2023
ISBN: 9784758023917 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 星屑センチメンタルビュー
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

« Voilà comment nous nous sommes séparés. »

Shinomiya Suzu sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui se sont perdus de vue. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle sème au fil des chapitres des indices ainsi que des tranches de leur passé, incitant le lecteur à anticiper les raisons de leur séparation. Le professeur Kakuta, engagé dans la réussite de ses élèves, et les amis de Shida, Hanae (16 ans) et Tôma (20 ans), apportent une touche d’humour tout en soutenant les deux lycéens. Un jeu du chat et de la souris s’installe entre Kanade et Natsuka, le second refusant de détruire son amitié alors qu’il nourrit des sentiments amoureux pour le premier qui s’interroge. Ainsi, l’auteure aborde les premiers émois de l’adolescence, la difficulté à distinguer amour et amitié, les accidents de la vie qui peuvent bouleverser une relation, le manque de maturité.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Toutefois, elle donne parfois du relief, surtout dans les passages humoristiques où elle simplifie son trait, avec des contours plus épais. De même, son trait devient plus nerveux pour exprimer la tension, lorsqu’elle se focalise sur des détails. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique accompagne le regard. Shinomiya sensei reste sur les prémices de la relation et s’arrête donc aux baisers.

En résumé

A la fin du collège, Yoshino Kanade et Mochizuki Natsuka se rendent sur le toit de l’école pour admirer les étoiles. Kanade remercie alors son ami d’enfance de l’avoir aidé à réviser pour qu’ils intègrent le même lycée. Mais soudain, Natsuka l’embrasse en lui faisant une déclaration indirecte et ambiguë avant de disparaître. Depuis, il n’a jamais répondu aux messages envoyés par Kanade qui le recherche. En troisième année au lycée, un jour, Yoshino croit reconnaitre son ami d’enfance parmi les étudiants en cours du soir mais ce lycéen porte le nom de famille Shida. Pourtant, il refuse d’abandonner ses recherches…

En conclusion

Après Bitter drop, Shinomiya Suzu sensei continue d’explorer la romance lycéenne qui débute par un amour à sens unique. Elle construit toutefois un rythme plutôt irrégulier, faisant d’abord trainer en longueur les retrouvailles pour ensuite expédier la déclaration d’amour. Son graphisme est agréable, bien que peu marquant. Je passe tout de même un sympathique moment de lecture, sans trop de surprise mais mignon. Ce one-shot doux peut être lu par tout le monde.

J’ai apprivoisé un gangster – Akihisa Teoh

j ai apprivoise un gangster akihisa teoh

AKIHISA Teoh 秋久テオ
ISBN: 9782382763704
Hana, 2023
ISBN: 9784758078948 (JP)
Ichijinsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Un simple salaryman japonais rend inoffensif un gangster américain menaçant venu du passé! »

Akihisa Teoh sensei offre une romance érotique avec une touche à la fois sombre et fantastique, mêlant les genres. Elle intègre visuellement les codes des films mafieux pour illustrer son récit sans pour autant l’incorporer au scénario. Elle base la narration sur Sugimori. Le salaryman trop gentil, se montre surprotecteur avec Clyde qui s’adoucit à son contact. Les deux hommes s’interrogent sur leur attachement réciproque, d’autant plus que le gangster se montre d’abord froid et violent avec son hôte. Les évènements s’enchainent un peu facilement. En effet, l’auteure s’attarde surtout sur la cohabitation et l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle aborde donc la différence culturelle, la fascination de l’inconnu et la peur de perdre celui qu’on aime.

La mangaka a un trait anguleux. Elle s’inspire clairement de l’image du gangster un peu clichée des films, reproduisant la gestuelle et le style vestimentaire. De même, elle offre une bonne balance des noirs et blancs, parfait pour ce genre, permettant au lecteur de s’immerger rapidement dans le récit. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les superpositions et emboitements de cases. Akihisa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Un soir, après des heures supplémentaires, le salaryman Sugimori Yû (27 ans) croise un étranger menaçant devant son hall d’immeuble. Le gangster armé le menace d’un pistolet et lui demande alors de l’héberger. En discutant avec lui, Sugimori réalise que l’américain semble plutôt perdu car il viendrait du passé. Bien qu’apeuré, il décide tout de même de suivre ses directives, espérant qu’il s’en aille. Mais le lendemain, de retour du travail, le bandit, Marven Clyde, lui donne une liasse d’argent en lui demandant de le cacher chez lui…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs thèmes érotiques, appréciant la rencontre du destin à travers le temps et les scènes très sensuelles. En effet, Akihira Teoh sensei a un beau graphisme, un trait expressif et une maîtrise de la mise en page. Toutefois, bien que son scénario soit intéressant et original, elle ne développe pas assez certains évènements pour retenir le lecteur en haleine, privilégiant les moments sexy. J’ai tout de même passé un excellent moment de lecture, surtout un plaisir pour les yeux!

Club naked 2 – Sagawa Miku

club naked 2 sagawa miku

SAGAWA Miku 砂河深紅
ISBN: 9782382763582
Hana, 2023
ISBN: 9784199608308 (JP)
Tokuma shoten, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Déterrer ce passé qu’elles voudraient oublier n’apporterait rien de bon. »

Sagawa Miku sensei approfondit l’histoire d’Angie et Misha, s’intéressant principalement à leur cohabitation. Elle ajoute une touche d’humour avec la non-maîtrise de la langue du Russe, surtout dans les moments cruciaux. D’ailleurs, elle construit une relation de confiance entre les deux hommes qui font des efforts mutuels pour se comprendre et ne pas interférer dans les projets de chacun. Ainsi, le couple a conscience d’une attirance réciproque et du changement de leurs sentiments et s’interrogent. L’auteure sème des indices au fil du tome sur la mère de Mikhail, laissant les lecteurs trouver les réponses avec les héros. Elle aborde ainsi l’image négative du métier de stripteaseuse qui perdure une fois retirée, les difficultés rencontrées par un couple mixte ainsi que le comportement gênant, parfois violent, de certaines clientes. Elle offre une petite histoire avec Tachibana et Rio, permettant de découvrir ce que devient le couple.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Malgré des trames très variées, elle les travaille mois et utilise donc plus d’aplats comparé au tome précédent. De même, les trames d’ambiance plus graphiques, renforcent les émotions. Les flash-back se repère à un fond gris, avec également moins de trames, créant un contraste avec les autres vignettes. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les chevauchements de cases. Sagawa sensei met en avant la plastique de ses personnages, aux corps musclés. Elle nourrit même le fan service dans les illustrations en début de chapitre, avec les couples en tenues de spectacle. Toutefois, elle censure les scènes érotiques en ne détaillant pas les parties intimes.

En résumé

Misha, originaire de Russie, recherche sa mère d’origine japonaise. Recueilli par Angie, il a intégré le club de striptease Naked où travaillait sa mère, Sumire. Bien qu’il ait déclaré sa flamme à son hôte, trop timide, il n’a pas été plus loin qu’un simple baiser. Angie continue donc de le considérer comme son petit frère et l’aide dans ses recherches. Mais quand le patron du club offre à Volkoff Mikhail des photographies de sa mère retrouvées dans les archives relançant ainsi leur enquête, Angie réalise qu’il n’a en réalité pas envie de le perdre…

En conclusion

Après une image idyllique, Sagawa Miku sensei s’attarde un peu plus sur l’image négative du striptease, en particulier la différence de perception entre l’homme et la femme qui fait ce métier. Elle continue de développer des couples adorables et des relations consensuelles. Et son graphisme, malgré un peu plus de simplification, reste un régal pour les yeux. Un coup de cœur confirmé pour cette histoire entrainante et mignonne!

Club naked 1 – Sagawa Miku

club naked 1 sagawa miku

SAGAWA Miku 砂河深紅
ISBN: 9782382763575
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784199607783 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Une histoire d’amour adulte entre un ingénieur et le numéro 1 d’un club de stripteaseurs! »

Sagawa Miku sensei propose de suivre les aventures de quelques danseurs du club de striptease Naked. Elle casse un peu les clichés sur ce milieu et construit des relations consensuelles et mignonnes. Tachibana, célibataire endurci plutôt coincé, nourrit beaucoup d’a priori sur les stripteaseurs et les homosexuels mais sa rencontre et son attirance pour Rio vont lui permettre de se remettre en question. Il s’interroge sur ses sentiments, trouve d’abord des excuses pour fuir puis culpabilise même de nourrir des fantasmes. Pourtant, Rio et lui conservent une certaine innocence en amour les rendant mignons. Ainsi, l’auteure analyse avec finesse les sentiments des personnages. Pour le deuxième couple, elle narre la rencontre entre Anji Ikkaku, alias Angie, et Mikhail, surnommé Misha. Elle révèle au fur et à mesure leur passé, expliquant les malentendus et les errements de chacun. D’ailleurs, la relation entre Angie et Misha s’équilibre peu à peu.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et léché. Elle exagère à peine les expressions dans les passages humoristiques mais essaie de rester réaliste. Les danseurs ont des corps musclés et virils. Les décors détaillés et très présents renforcent également le réalisme. De même, les trames sont variées et les trames d’ambiance restent plutôt discrètes. La mise en page est très dynamique. Par ailleurs, Sagawa sensei met particulièrement en avant la plastique de ses personnages ainsi que leurs prouesses en danse. Elle nourrit le fan service avec des spectacles à thème. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes avec des trames floues ou en ne les détaillant pas. Les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution des couples.

En résumé

Vexée d’avoir dû faire des heures supplémentaires suite à une erreur de son ingénieur système, la cheffe Ikeda l’oblige à venir avec elle dans un club de striptease. D’abord réticent, Tachibana se laisse vite charmer par la danse du numéro 1, Rio. Par la suite, il revient chaque vendredi soir admirer le spectacle, même s’il ferme encore les yeux au moment du clou final. De peur d’être reconnu, il se « déguise » dans un style plus décontracté. Mais un jour, alors qu’il était arrivé en avance au club, il entend une dispute dans une ruelle près de l’entrée des artistes. Tachibana vole alors au secours de Rio.

En conclusion

Sagawa Miku sensei donne une image plutôt bienveillante du milieu du striptease. Bien qu’elle censure les scènes érotiques, elle compense ce manque avec du fan service sexy. D’ailleurs, son graphisme est un régal pour les yeux. En plus, la mangaka crée des couples adorables qui développent des relations consensuelles. J’ai complètement fondu pour les deux récits, appréciant particulièrement la dynamique entre les personnages. Une lecture plus douce et mignonne que ne laisse supposer la couverture!

Ses baisers me font fondre – Masaki Maki

ses baisers me font fondre masaki maki

MASAKI Maki まさき茉生
ISBN: 9782382763384
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784758022354 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Titre original: キスで溶かしたそのあとに
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une cohabitation qui fait remonter des souvenirs douloureux et des sentiments tus.

Masaki Maki sensei reprend les ficelles scénaristiques de la cohabitation pour narrer une romance très sexy. Toutefois, elle révèle au fur et à mesure le passé et les réflexions de ses deux héros. Ainsi, elle alterne la narration entre Hiro et Mizuki, partageant leurs secrets les plus intimes avec les lecteurs. L’expert-comptable, plutôt asocial, a tendance à couver son colocataire. Il ressent surtout de la culpabilité pour son attirance. Le calme étudiant, quant à lui, réalise clairement que son admiration se transforme en amour. Sa trop grande gentillesse entraine quelques quiproquos. Ainsi, l’auteure ajoute quelques tensions en introduisant un harceleur, toutefois vite expédié. Elle développe une relation consensuelle, le couple découvrant le plaisir sexuel étape par étape. Elle aborde donc sans trop approfondir la renaissance d’un premier amour perdu, les risques des réseaux sociaux, la différence d’âge à l’adolescence.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux plutôt fin. Elle dessine des corps finement musclés. Elle utilise de très nombreuses trames, rendant les effets de couleurs et d’ombres réalistes. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les angles de vue très variés, les superpositions de cases et les sorties de cadre. Masaki sensei s’attarde sur les petits gestes et les détails. Ainsi, dans les scènes érotiques, elle montre surtout les sensations des personnages. Même si elle censure les parties intimes par un cache blanc, cela reste sensuel. En plus, il y a une scène par chapitre, avec parfois quelques coupes intérieures. Les chapitres s’enchainent avec fluidité.

En résumé

Aise Hiro (18 ans) pensait gagner un peu d’indépendance en entrant à l’université, éloignée du domicile de ses parents. Mais sa mère inquiète qu’il se fasse encore facilement arnaquer, préfère le confier au fils aîné de leur voisin, Onosawa Mizuki (24 ans), expert-comptable habitant près de la faculté. Ainsi, en échange des tâches ménagères, l’étudiant se retrouve en colocation avec son premier amour secret. En effet, gay, cette promiscuité le dérange de plus en plus, d’autant plus que Mizu a du mal à se lever et se montre également très câlin. Mais un jour, alors que Hiro se filmait en train de se masturber après avoir reçu un message obscène suite à la publication d’une photo sur les réseaux sociaux où il annonçait chercher un petit ami, Onosawa le surprend et l’aide même à assouvir son désir…

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. En effet, Masaki Maki sensei préfère développer la relation amoureuse plutôt que les différents thèmes, pourtant intéressants, qu’elle effleure. Par contre, son graphisme est magnifique. Malgré la censure, la sensualité des ébats transparaît. J’ai tout de même apprécié cette histoire simple mais sexy et mignonne avec ce couple attachant.

Les fausses rumeurs de Minami – Kurihara Kana

les fausses rumeurs de minami kurihara kana

KURIHARA Kana 栗原カナ
ISBN: 9782382763537
Hana, 2023
ISBN: 9784796414302 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Titre original: かりそめビッチ南くん
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Quand les rumeurs se mêlent à l’amour…

Kurihara Kana sensei oscille entre comédie et romance avec ce récit très sexy entre deux étudiants qui entament une relation d’abord purement charnelle. Elle révèle ensuite au fur et à mesure les tenants et les aboutissants de cette situation. Ainsi, elle aborde les limites entre sex friend et petit ami, l’influence des rumeurs sur le comportement et le jugement d’autrui ainsi que les dégâts sur la vie de celui qui en fait l’objet. Minami adapte sa personnalité pour correspondre à ces on-dit et enfin approcher celui qu’il admire depuis longtemps. A cause de son beau physique et de sa grande libido, Takane, quant à lui, voit sa réputation ternie, provoquant ainsi des déboires amoureux. L’auteure joue sur les quiproquos, le manque de communication au sein du couple pour mieux nous dévoiler l’évolution de leurs sentiments. Elle montre l’écart qu’il peut exister entre le caractère et le physique.

La mangaka a un trait épuré plutôt léché de style shôjo qui dégage une certaine douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages sveltes. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Kurihara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle en offre même une par chapitre. Par ailleurs, dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le couple à différent niveau de câlin.

En résumé

Takane Shun, beau gosse, ne supporte plus de se faire aborder suite à une rumeur qui circule: il a une réputation de playboy qui coucherait facilement avec des filles et des garçons. A une soirée étudiante, il vient en aide à Minami, passablement ivre, qui se faisait entrainer dans les toilettes par un individu suspect. Pour le remercier, l’étudiant lui propose alors de lui faire une fellation mais il n’est pas très doué. Pourtant, Minami insiste ensuite pour devenir son sex friend, n’hésitant pas à le menacer de se vanter de leur petite gâterie…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Kurihara Kana sensei a un graphisme agréable, bien qu’assez commun. Elle installe une relation plutôt consensuelle et dynamique entre les deux héros. D’ailleurs, toute l’épice de son récit se trouve principalement dans les secrets et les quiproquos apparaissant peu à peu. Le couple en devient attachant. J’aime également beaucoup le côté provocateur de Tanabe, l’ami de Takane. Une lecture donc sexy et entrainante qui fait passer un agréable moment.