Goodbye, nameless violin – Ume-chi

goodbye nameless violin ume-chi

Ume-chi うめーち
ISBN: 9782375063606
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754061 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Comment progresser dans son art sans s’attacher à son instrument, si excentrique soit-il? »

Ume-chi sensei crée un univers fantastique plutôt simple, interrogeant les lecteurs sur l’attachement, la personnification et l’anthropomorphisme des animaux et des objets. Elle base la narration sur Sôsuke. Suite à son traumatisme d’enfance, l’étudiant refuse de traiter le violon humanoïde Vn-Ga 2567 en humain. Pourtant, à son contact, il va s’ouvrir petit à petit et l’accepter, la qualité du son des instruments de musique dépendant de la relation de confiance qu’ils partagent avec le musicien. Le violon, quant à lui, a un comportement très humain malgré son excentricité, se montrant jaloux et tombant amoureux de son propriétaire. L’auteure aborde la peur de perdre l’autre et les différentes types de relations. D’ailleurs, elle utilise le lien entre Hasegawa et son piano humanoïde Cosmo pour mettre en avant les limites entre simples outils et partenaires. Elle nuance son propos en révélant le passé du piano dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec un style bien marqué. Elle le simplifie, et le déforme même, dans les passages humoristiques. Elle représente la musique par des images métaphoriques, empreintes de poésie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. L’utilisation de beaucoup de trames donne un aspect réaliste. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. D’ailleurs, Ume-chi sensei exploite les doubles pages ou les grandes vignettes pour détailler les transformations, les décomposant en détails. Elle ne censure pas les scènes érotiques. A la fin de certains chapitres, elle dessine des petites saynètes muettes qui narrent une histoire. Les illustrations en début de chapitre sont intégrées au récit.

En résumé

Dans ce monde, les objets auxquels on attribue un nom se transforment en être vivant. Mais depuis qu’Otonashi Sôsuke, actuellement étudiant en deuxième année à l’école de musique Tôhô, a perdu son violon Mottan qui prenait la forme d’un chat quand il était jeune, il refuse de nommer son instrument. Ayant cassé son violon actuel dans un accident, il se rend dans une boutique d’instruments de musique pour en acheter un nouveau. Mais les sans noms coûtent trop chers pour son budget. Comme il refuse de prendre un violon d’occasion parmi les nommés, le vendeur se propose alors d’être acheté. En effet, comme il ne se souvient plus de son nom, il redeviendra bientôt un simple instrument…

En conclusion

Ume-chi sensei mêle drame, humour et romance avec facilité, construisant suffisamment son univers particulier pour happer le lecteur, malgré le format one-shot. Elle arrive même à insuffler un peu de suspense en fin de tome. Elle a en plus un graphisme très expressif et plaisant. D’ailleurs les transformations sont magnifiques. Impossible de ne pas craquer pour Vn-Ga 2567! Coup de cœur pour ce récit, totalement efficace pour moi qui ait tendance d’ailleurs à nommer certains objets!

Laisse-moi te détester 3 – Hijiki

laisse moi te detester 3 hijiki

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375063538
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799754931 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Ne laisse pas un autre mâle te toucher. »

Hijiki sensei développe un peu plus l’entourage de la famille Tsuchiya. Elle installe un nouveau couple, avec les professeurs Asanaga (alpha) et Yanagi (oméga). D’ailleurs, elle joue beaucoup sur leurs réactions excessives pour créer de l’humour. En effet, le taciturne et fuyant Yanagi passe son temps à se disputer avec l’intrusif et passionné Asanaga. Ce dernier, qui a du mal à comprendre les sentiments des autres, a conscience des privilèges des alphas mais essaie de ne pas en abuser. Il admire son collègue oméga qui s’investit auprès de ses élèves. Ainsi, l’auteure, malgré un comportement bienveillant, rappelle le caractère un peu trop possessif des alphas. Par ailleurs, elle aborde les inquiétudes que provoquent l’annonce du second genre aussi bien du point de vue de l’élève et sa famille que des enseignants. Elle montre les différentes réactions, entre autres la peur, le rejet mais également le soutien bienveillant nécessaire.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle arrondit les visages et transforme presque ses personnages en SD. De même, elle ajoute dans les longs dialogues quelques cases fan service du mignon Minato. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, une trame grise recouvre les vignettes des flash-back. La mise en page est dynamique. Contrairement au tome précédent, Hijiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. Elle rappelle les règles de l’omegaverse au début du tome. Sous la jaquette, se trouve la postface.

En résumé

En rentrant du travail accompagné de son ami Kyôsuke, Tsuchiya Hazuki craque tellement pour son fils Minato qu’il se trouve au bord de la syncope rien qu’en le voyant. Il a récemment déménagé dans un appartement plus grand avec sa petite famille. En réalité, Kyôsuke le sollicite pour recevoir des conseils car un de ses amis également alpha est tombé amoureux d’un oméga, mais Hazuki se montre d’abord peu motivé. Le dimanche, toute la famille se rend à la fête du sport de l’école de Shizuku. Sakamoto Daigo, Jun et Daiki participent avec eux aux différentes activités mais les deux familles ont bien l’intention de gagner. D’ailleurs, Naoto ressent une pointe de jalousie en voyant son partenaire encerclé par les enseignantes et les fillettes admiratives de ses exploits. Alors qu’il change la couche de Minato, il surprend une dispute entre les professeurs Asanaga Kôtarô et Yanagi…

En conclusion

Ce tome se classe à la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Tsuchiya Hazuki est classé sixième meilleur seme tandis que Naoto est douzième meilleur uke. En introduisant un autre couple alpha et oméga homosexuel, Hijiki sensei développe d’autres thèmes un peu plus basiques de la romance. Toutefois, certaines lecteurs pourront être agacés par le comportement oppressant des alphas. Cela fait plaisir de voir Naoto prendre des initiatives et s’affirmer, même s’il a tendance à céder facilement à la pression de son partenaire. Un bel équilibre entre humour, tendresse, érotisme et une pointe de drame. Après être tombée sous le charme de la famille Tsuchiya, je craque complètement pour la famille Sakamoto!

The night beyond the tricornered window 5 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 5 yamashita tomoko

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063545
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799734360 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Depuis combien de temps l’inspecteur Hanzawa connaît-il Hiyakawa? »

Yamashita Tomoko sensei propose diverses enquêtes, permettant ainsi de développer les personnages secondaires. Comme dans le tome précédent, elle montre l’évolution de la relation entre Hiyakawa et Mikado. En effet, l’exorciseur s’ouvre peu à peu, même s’il refuse de dévoiler certains secrets de son passé, et fait des efforts pour ne pas blesser celui qu’il considère comme son destin. Incité par le voyant Mukae Keita, il multiplie les expériences pour trouver d’autres méthodes d’exorcisme plus douces. Par ailleurs, Hanzawa Hiroki est mis en avant dans ce récit. Ainsi l’auteure révèle son passé avec Rihito, sa vision de la société et ses faiblesses. Avec la secte de « La paume illuminée », elle aborde les dérives de ces organisations, l’exploitation des personnes en état de faiblesse, la carence éducative et l’instrumentalisation du porteur d’un don. Elle interroge alors sur la culpabilité ou non des membres d’une secte survivants lors de délits collectifs.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle varie la physionomie de ses personnages, les rendant facile à distinguer. Elle exagère les expressions pour renforcer les émotions, déformant un peu ses traits tout en restant réaliste. Des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, les trames, utilisées avec parcimonie, apportent juste une touche de couleur. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors s’effacent autour des personnages pour ne pas surcharger la page. La mise en page classique propose tout de même quelques constructions originales, comme par exemple des mises en parallèle entre passé et présent ou discussion et interrogatoire. En début de tome, Yamashita sensei présente les personnages. Le jeu de vernis sur la couverture est du plus bel effet.

En résumé

Pendant sa fuite, Mikado Kôsuke s’inquiète d’avoir vraiment pu sauver Hiyakawa Rihito dont l’esprit était figé. Son patron a bien repris ses esprits mais leurs mains semblent complètement collées. L’exorciseur le guide alors pour se libérer. Quelques jours plus tard, les deux hommes aident un client poursuivi par des connaissances ou des inconnus qui le fixent en riant. Pour mieux analyser la situation, Hiyakawa transfère le sort sur son collègue qui se retrouve donc à courir en rond pour fuir. Il essaie ensuite une nouvelle technique pour exorciser le poursuivant possédé sans le blesser…

En conclusion

Ce tome possède un ton plus sérieux, délaissant les allusions aux BL. Yamashita Tomoko sensei installe beaucoup de tension en révélant au compte-gouttes le passé de Hiyakawa, laissant libre cours à l’imagination du lecteur. Elle confronte constamment ses personnages sympathiques à l’avidité et la noirceur humaine. Avec toutes les révélations, elle relance un peu son récit. Je suis heureuse d’en découvrir plus sur mon chouchou, l’inspecteur Hanzawa. J’aime beaucoup le graphisme de la mangaka, très expressif et sa maîtrise scénaristique qui préserve le suspense. Une lecture que je recommande à ceux qui aiment les histoires paranormales.

Sasaki et Miyano 6 – Harusono Shou

sasaki et miyano 6 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124550
Akata, 2023
ISBN: ‎9784040644868 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je ne savais pas que ce serait si dur de le lui dire… »

Harusono Shou sensei aborde la déclaration amoureuse, le poids d’un an d’écart avec les étudiants de dernière année qui préparent leurs examens d’entrée à l’université. Elle s’amuse d’ailleurs à comparer certaines situations avec ceux des BL et augmente la tension par des interruptions impromptues. Sasaki continue de se montrer patient et bienveillant envers Miyano, s’arrêtant et s’excusant pourtant dès qu’il a un geste déplacé. Miyano réalise la difficulté à partager clairement ses sentiments, à mettre des mots précis sur ce qu’il ressent. Ainsi, ils continuent d’aller à leur rythme même après quelques avancées dans leur relation. Kuresawa Tasuku, Tashiro Gonzaburô, Hirano Taiga apportent leur soutien à leurs amis avec une touche d’humour. L’auteure s’intéresse également à la famille Hanzawa, Masato s’inquiétant pour ses deux frères ayant fait leur coming out. Elle pointe les questions parfois gênantes ou blessantes sur la sexualité ou l’amour, que l’on soit hétérosexuel ou homosexuel.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques. De même, les autres trames sont variées. Les flash-back se distinguent à leur fond noir. La mise en page alterne entre yonkoma et composition classique. Toutefois Harusono sensei offre quelques pages plus dynamiques. Par exemple, pour la scène du baiser, elle préfère décomposer les mouvements et s’attarder sur les changements d’expressions, renforçant ainsi les émotions avec les silences. Dans le sommaire, elle ajoute une frise temporelle très pratique pour se repérer dans le temps. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre reprennent le thème ou s’intègrent au récit. Comme dans le tome précédent, il y a une présentation des personnages présents en fin de tome. Sous la jaquette se trouvent des anecdotes sur certains chapitres, à lire donc à la fin.

En résumé

Depuis que Miyano Yoshikazu a pris conscience de ses sentiments pour Sasaki Shûmei, il le trouve adorable. Il souhaiterait lui déclarer ses sentiments mais ne trouve jamais le bon moment. Le matin sur le trajet vers le lycée, il y a trop de monde dans le train et comme Sasaki révise pour les examens d’entrée à l’université, il est moins disponible…

En conclusion

L’humour de ce tome se fait plus discret pour ne pas casser l’ambiance romantique. Harusono sensei prévient dans sa postface qu’elle pensait d’abord conclure ici, mais la sollicitation des lecteurs l’a encouragée à continuer. D’ailleurs, l’adaptation animée, disponible sur Crunchyroll, se termine sur ce tome. Comme l’auteure maîtrise les changements de style narratif et de mise en page, elle sublime la scène du baiser! J’ai complètement fondu de bonheur à la lecture! Une série idéale pour découvrir le BL en douceur et avec humour.

Le goût du melon 2 – Etsuko

le gout du melon 2 etsuko

Etsuko 絵津鼓
ISBN: 9782382763469
Hana, 2023
ISBN: 9784813033011 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Il le fait parce qu’il a envie, c’est tout. »

Etsuko sensei s’attarde un peu plus sur la situation personnelle compliquée de Kiuchi, comparé au tome précédent. Elle alterne la narration entre ses deux héros, mais laisse tout de même une large place à Nakajô. D’ailleurs, l’hôte prend de plus en plus conscience de son attirance pour son colocataire mais comprend parfaitement que ce dernier, trop gentil et tactile, ne nourrit pour l’instant aucun sentiment amoureux. Les deux hommes trouvent mutuellement du réconfort dans leur relation ambiguë et affrontent petit à petit leurs problèmes. Ainsi, l’auteure montre la nécessité d’avoir une situation stable pour s’intéresser à l’amour et la pression que peuvent générer trop de sollicitations et d’encouragement. Elle aborde les dégâts de la dépression et de l’insomnie, la difficulté à tourner la page et à renoncer à ses rêves, les bienfaits du silence et de la chaleur humaine pour soulager un mal-être.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle pose les trames en aplat. Les flash-back longs se repèrent à leur fond noir toutefois des vignettes recouvertes d’une trame grise indiquent ceux qui sont courts et furtifs. Les décors, parfois retravaillés à partir de photographies, apparaissent dans les plans larges. Etsuko sensei dessine des cadres épais, renforçant ainsi l’aspect statique de sa mise en page classique. Par ailleurs, elle débute ses chapitres sur des demies-pages, sauf pour le bonus. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes en jouant sur le cadrage et les angles de vue.

En résumé

Après un baiser, Kiuchi Shôta propose à Nakajô Chikashi de passer la nuit ensemble mais comme son hôte ne réagit pas, ils finissent par faire simplement du popcorn puis regarder un film. L’ancien compositeur se confie de plus en plus à son bienfaiteur. Malheureusement, comme il est au chômage, il ne trouve pas de logement, malgré un revenu généré par ses droits d’auteur. Un jour, alors qu’il était trop stressé en essayant d’écrire à nouveau, il fuit. Nakajô, d’abord inquiet, est surpris de le retrouver dans son lit le lendemain. Quand Kiuchi lui avoue avoir passé du bon temps avec une fille, l’hôte n’arrive pas à contenir son irritation. Amusé, le squatteur le rejoint peu après sous la douche pour se réconcilier…

En conclusion

Etsuko sensei maintient le suspense de sa conclusion jusqu’à la dernière page. Elle dépeint parfaitement les sentiments changeants de ses personnages, leurs appréhensions et leurs avancées, ainsi que la dépression. Une belle lecture, pleine d’émotions, un graphisme qui me plaît, une narration que j’apprécie malgré quelques longueurs. Mon petit coup de cœur se transforme donc en grand!

Le goût du melon 1 – Etsuko

le gout du melon 1 etsuko

Etsuko 絵津鼓
ISBN: 9782382763452
Hana, 2023
ISBN: 9784813032991 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Une histoire pleine de beauté et de délicatesse. »

Etsuko sensei narre la cohabitation entre deux adultes qui ont chacun une situation personnelle compliquée. Elle révèle au fur et à mesure leur passé et leurs problèmes au gré des discussions des personnages, basant pour l’instant la narration principalement sur Nakajô. La relation qui se construit entre les deux hommes semble d’abord bancale, les secrets persistants entre eux mais se dévoilant petit à petit. Pourtant, ils se complètent peu à peu en se découvrant. Ainsi, Kiuchi, qui passe facilement du rire aux larmes, recherche de la chaleur humaine tandis que Nakajô, très gentil, a besoin d’être aimé. L’auteure aborde le sentiment de culpabilité suite à un coming out, la difficulté à trouver un équilibre durant une cohabitation quand les caractères sont différents et à se projeter dans l’avenir quand la situation actuelle est instable.

La mangaka a un trait épuré qui conserve une touche dessinée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle retravaille certains décors à partir de photographies, ajoutant une note réaliste, contrastant avec le graphisme général. Les trames variées et en aplat renforcent ce contraste. Les cadres épais appuient l’impression de rigueur de la mise en page plutôt classique. D’ailleurs, même si Etsuko sensei change souvent les angles de vue, certaines vignettes restent tout de même statiques. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les détails.

En résumé

Un soir, Kiuchi Shôta (30 ans), client régulier d’un live house, demande au serveur Nakajô Chikashi (25 ans) de l’héberger. En effet, sa petite amie l’a plaqué et donc mis à la porte. Mais leur cohabitation ne se passe pas aussi bien que prévu. Le côté insouciant et câlin de Kiuchi exaspère Nakajô, d’autant plus que le squatteur semble lui cacher des choses. Et Shôta arrive même à obtenir habilement ses confidences. Comme il insistait trop pour dormir ensemble, Chikashi lui révèle alors son homosexualité mais cela ne gêne en rien son colocataire.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Etsuko sensei prend son temps pour développer son récit, s’attardant sur les petits détails de la vie. Son style graphique particulier, et surtout sa mise en page plutôt statique, pourront gêner certains lecteurs. Pour ma part, c’est un petit coup de cœur! J’apprécie de découvrir peu à peu les secrets des personnages ainsi que leurs motivations et l’évolution de leur relation, bien avant celle de leurs sentiments. D’ailleurs, j’étais frustrée de ne pas pouvoir développer ma critique pour conserver le suspense…

Au revoir Heron – ymz

au revoir heron ymz

ymz
ISBN: 9782382763643
Hana, 2023
ISBN: 9784829685495 (JP)
Printemps, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« De l’école à l’âge adulte, que vont devenir leur relation et leurs sentiments alors qu’ils grandissent doucement?! »

Ymz sensei développe la relation ambiguë entre deux amis déjà blessés par la vie depuis l’adolescence. Elle alterne la narration entre ses deux héros pour partager leurs points de vue. Elle effectue des allers-retours entre le passé et le présent, au gré des souvenirs de ses personnages, tout en faisant avancer son récit par petite tranche de vie. Le taciturne Sôji plutôt casanier et le gai Mika très fêtard s’entendent bien malgré des caractères opposés. Leur relation évolue doucement au fur et à mesure qu’ils grandissent. Pourtant, ils refusent d’en discuter clairement, ayant peur d’aimer. L’auteure montre comment le couple se construit peu à peu, exprimant leur attachement autrement que par des mots. A travers Sachiko, elle offre un autre point de vue sur le couple dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait anguleux et marqué, avec des contours parfois épais. Elle trace les décors, très présents, à la main. Par ailleurs, elle privilégie les aplats noir et blanc, les trames apportant juste un peu de volume ou de teinte. D’ailleurs, elles sont utilisées avec parcimonie. Ainsi, son graphisme conserve une touche crayonnée en général. De même, des hachures représentent les ombres. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les ellipses et les emboitements de cases. Ymz sensei ne montre pas les scènes érotiques. Elle laisse même planer un doute par des suggestions non explicites. La couverture se classe onzième au Chill chill BL award 2015.

En résumé

Ses parents passant leur temps à se disputer, Sôji (16 ans) se sent comme vide. Un jour, au lycée, il croise Mika (16 ans), un lycéen un peu rebelle qui sympathise très vite avec lui. Ils ne sont ni amis, ni amants mais la présence de Mika suffit à combler le vide ressenti par Sôji. Maintenant adultes, ils se fréquentent encore. Mika vient souvent à l’improviste chez Sôji et après un câlin, lui réclame de l’argent que son hôte cède toujours facilement. Ainsi, tous deux vivent leur vie à leur rythme en se réconfortant mutuellement. Mais l’amour aura-t-il un jour sa place?

En conclusion

Ymz sensei excelle dans les tranches de vie et la description des émotions de ses personnages sans pour autant l’approfondir. Ainsi, elle montre l’évolution progressive de la relation des deux héros dans laquelle le sentiment amoureux reste tu. Toutefois, le lecteur se retrouve simple spectateur, et certains pourront alors se sentir frustré par la fin ouverte ou les sauts dans le temps. Pour ma part, j’ai passé un agréable moment de lecture.

Sous les couleurs de l’aube – Umitomoshibi

sous les couleurs de l'aube umitomoshibi

Umitomoshibi 海灯火
ISBN: 9782382763490
Hana, 2023
ISBN: 9784758023511 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 君を染める朝焼けに
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une douce rencontre entre un solaire restaurateur et un mélancolique photographe.

Umitomoshibi sensei narre une tranche de vie sur la rencontre du photographe Mano Suguru, ayant perdu la fibre artistique suite à un deuil, et le solaire restaurateur Koshimizu Kengo. Elle révèle le passé du photographe au fur et à mesure, maintenant un certain suspense. Malgré des caractères opposés, les deux hommes vont rapidement se nouer d’amitié et apprendre à se connaître durant leur cohabitation. Leurs sentiments évoluent peu à peu, bouleversant surtout Suguru qui redoute de perdre ses souvenirs en allant de l’avant, malgré sa promesse. Ainsi, l’auteure aborde le temps et la difficulté à surmonter un deuil et l’influence des émotions sur la perception artistique. Elle montre les bienfaits du soutien d’un confident. Elle construit une relation consensuelle qui prend son temps et dans laquelle un simple baiser volé entraine excuse et regret.

La mangaka a un trait légèrement épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors, avec une touche réaliste, qui sont très présents. D’ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant les paysages d’Enoshima, facilement reconnaissables. Les trames sont variées. Par exemple, Kengo a une peau halée et son corps finement musclé se devine sous son T-shirt. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les chevauchements de cases et l’absence de cadre. Dans les scènes érotiques, Umitomoshibi sensei censure les parties intimes par des caches blancs.

En résumé

Un été, le talentueux photographe de paysage, Mano Suguru (28 ans), se rend sur l’île d’Enoshima à la recherche de quelques beaux levers de soleil. Il voit alors un homme aux cheveux dorés comme un coucher de soleil, plonger tout habillé. Croyant à un suicide, il panique d’abord jusqu’à ce que le plongeur le rassure, déclarant s’être rafraichi. Le soir, à la recherche d’un endroit où se sustenter à bon marché, il recroise le jeune homme, Koshimizu Kengo (24 ans), gérant d’un petit restaurant retiré. N’ayant pas réservé d’hôtel, ce dernier, fan de ses photographies, lui propose alors de l’héberger. Gêné, Suguru, homosexuel, l’avertit d’abord mais cela ne dérange aucunement son hôte.

En conclusion

Umitomoshibi sensei dépeint avec finesse la mélancolie qui se dégage de Suguru et sa transformation. Elle construit des personnages pleins de douceur, attachant. Toutefois, le format one-shot ne lui permet pas d’approfondir le thème du deuil pourtant bien traité. Bien que j’ai un coup de cœur pour ce récit, je ressens tout de même un peu de frustration. En effet, j’aurais aimé découvrir encore un peu ce que deviennent les deux héros par la suite.

Poussière d’étoiles sentimentale – Shinomiya Suzu

poussiere d etoiles sentimentale shinomiya suzu

SHINOMIYA Suzu 四宮和
ISBN: 9782382763513
Hana, 2023
ISBN: 9784758023917 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 星屑センチメンタルビュー
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

« Voilà comment nous nous sommes séparés. »

Shinomiya Suzu sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui se sont perdus de vue. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle sème au fil des chapitres des indices ainsi que des tranches de leur passé, incitant le lecteur à anticiper les raisons de leur séparation. Le professeur Kakuta, engagé dans la réussite de ses élèves, et les amis de Shida, Hanae (16 ans) et Tôma (20 ans), apportent une touche d’humour tout en soutenant les deux lycéens. Un jeu du chat et de la souris s’installe entre Kanade et Natsuka, le second refusant de détruire son amitié alors qu’il nourrit des sentiments amoureux pour le premier qui s’interroge. Ainsi, l’auteure aborde les premiers émois de l’adolescence, la difficulté à distinguer amour et amitié, les accidents de la vie qui peuvent bouleverser une relation, le manque de maturité.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Toutefois, elle donne parfois du relief, surtout dans les passages humoristiques où elle simplifie son trait, avec des contours plus épais. De même, son trait devient plus nerveux pour exprimer la tension, lorsqu’elle se focalise sur des détails. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique accompagne le regard. Shinomiya sensei reste sur les prémices de la relation et s’arrête donc aux baisers.

En résumé

A la fin du collège, Yoshino Kanade et Mochizuki Natsuka se rendent sur le toit de l’école pour admirer les étoiles. Kanade remercie alors son ami d’enfance de l’avoir aidé à réviser pour qu’ils intègrent le même lycée. Mais soudain, Natsuka l’embrasse en lui faisant une déclaration indirecte et ambiguë avant de disparaître. Depuis, il n’a jamais répondu aux messages envoyés par Kanade qui le recherche. En troisième année au lycée, un jour, Yoshino croit reconnaitre son ami d’enfance parmi les étudiants en cours du soir mais ce lycéen porte le nom de famille Shida. Pourtant, il refuse d’abandonner ses recherches…

En conclusion

Après Bitter drop, Shinomiya Suzu sensei continue d’explorer la romance lycéenne qui débute par un amour à sens unique. Elle construit toutefois un rythme plutôt irrégulier, faisant d’abord trainer en longueur les retrouvailles pour ensuite expédier la déclaration d’amour. Son graphisme est agréable, bien que peu marquant. Je passe tout de même un sympathique moment de lecture, sans trop de surprise mais mignon. Ce one-shot doux peut être lu par tout le monde.

J’ai apprivoisé un gangster – Akihisa Teoh

j ai apprivoise un gangster akihisa teoh

AKIHISA Teoh 秋久テオ
ISBN: 9782382763704
Hana, 2023
ISBN: 9784758078948 (JP)
Ichijinsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Un simple salaryman japonais rend inoffensif un gangster américain menaçant venu du passé! »

Akihisa Teoh sensei offre une romance érotique avec une touche à la fois sombre et fantastique, mêlant les genres. Elle intègre visuellement les codes des films mafieux pour illustrer son récit sans pour autant l’incorporer au scénario. Elle base la narration sur Sugimori. Le salaryman trop gentil, se montre surprotecteur avec Clyde qui s’adoucit à son contact. Les deux hommes s’interrogent sur leur attachement réciproque, d’autant plus que le gangster se montre d’abord froid et violent avec son hôte. Les évènements s’enchainent un peu facilement. En effet, l’auteure s’attarde surtout sur la cohabitation et l’évolution des sentiments de ses personnages. Elle aborde donc la différence culturelle, la fascination de l’inconnu et la peur de perdre celui qu’on aime.

La mangaka a un trait anguleux. Elle s’inspire clairement de l’image du gangster un peu clichée des films, reproduisant la gestuelle et le style vestimentaire. De même, elle offre une bonne balance des noirs et blancs, parfait pour ce genre, permettant au lecteur de s’immerger rapidement dans le récit. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur les superpositions et emboitements de cases. Akihisa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Un soir, après des heures supplémentaires, le salaryman Sugimori Yû (27 ans) croise un étranger menaçant devant son hall d’immeuble. Le gangster armé le menace d’un pistolet et lui demande alors de l’héberger. En discutant avec lui, Sugimori réalise que l’américain semble plutôt perdu car il viendrait du passé. Bien qu’apeuré, il décide tout de même de suivre ses directives, espérant qu’il s’en aille. Mais le lendemain, de retour du travail, le bandit, Marven Clyde, lui donne une liasse d’argent en lui demandant de le cacher chez lui…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2020 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs thèmes érotiques, appréciant la rencontre du destin à travers le temps et les scènes très sensuelles. En effet, Akihira Teoh sensei a un beau graphisme, un trait expressif et une maîtrise de la mise en page. Toutefois, bien que son scénario soit intéressant et original, elle ne développe pas assez certains évènements pour retenir le lecteur en haleine, privilégiant les moments sexy. J’ai tout de même passé un excellent moment de lecture, surtout un plaisir pour les yeux!