Après avoir regardé le ciel étoilé 1 – Kida Bisco

apres avoir regarde le ciel etoile 1 kida bisco

KIDA Bisco 季田ビスコ
ISBN: 9782413058168
Delcourt, 2023
ISBN: 9784046812780 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Les étoiles que Togo avait photographiées avaient tout simplement le même nom que le mien. »

Kida Bisco sensei narre une douce romance entre un photographe modeste et un designer qui n’aime pas déranger à cause de son handicap. D’ailleurs, elle s’attarde sur certains détails sans pour autant insister sur l’invalidité. Les deux hommes se lient rapidement d’amitié et acceptent facilement leur attirance mutuelle. Togo respecte l’indépendance et les efforts de Subaru, se mettant à son niveau et proposant son aide uniquement lorsque nécessaire. Il encourage ainsi le designer qui a tendance à se freiner face à certaines activités, à aller de l’avant. L’auteure révèle au fur et à mesure les défauts et les qualités de ses deux héros, ainsi que quelques uns de leurs secrets. Elle confronte également cette relation d’abord idyllique aux épreuves du quotidien. Ainsi, elle s’intéresse aux doutes que rencontre un jeune couple, aux questionnements assaillant une personne handicapée et construit une relation consensuelle qui s’épanouit dans la discussion.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, plutôt en rondeur et qui dégage une certaine douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, l’arrondissant encore plus. Elle dessine également de grands yeux expressifs. Les décors apparaissent sur les plans larges. Un soin particulier est également apporté aux ciels étoilés. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique, abusant des ellipses et des superpositions. Kida sensei offrent des scènes érotiques très succinctes, en bonus. D’ailleurs, elle ne montre pas les parties intimes, jouant sur les positions et les angles de vue. La couverture obtient la neuvième place au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Tsurigane Akari contacte le designer Mikazawa Subaru à propos d’un projet de spectacle dans un planétarium en collaboration avec le photographe Amase Togo, spécialisé dans les ciels étoilés. Comme il en est grand fan, elle lui propose de s’occuper de la brochure et lui organise même une rencontre surprise pour le remercier, lors de la diffusion d’essai. En fauteuil roulant, Subaru se contente de la place réservée aux handicapés. Mais Togo remarquant sa passion, l’incite à se rapprocher et l’aide tout naturellement à s’installer sur les places allongées. Côte à côte, le designer s’interroge alors sur l’emballement de son cœur.

En conclusion

Prévu d’abord au format one-shot, Kida Bisco sensei offre un récit simple mais mignon et touchant. Toutefois, elle enchaine parfois trop rapidement certains évènements, cassant ainsi le rythme. Certains passages flirtent avec la mièvrerie mais les différents thèmes abordés restent intéressants. Pour ma part, cela reste une lecture agréable et j’attends la suite avec ferveur.

After school etude 1 – Hirune Cyan

after school etude hirune cyan

HIRUNE Cyan 昼寝シアン
ISBN: 9784799752500 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un amour partagé entre deux futurs danseurs de ballet.

Hirune Cyan sensei offre une romance entre deux étudiants se préparant à devenir danseurs. Elle base la narration surtout du point de vue de Minobe. Elle révèle au fil des chapitres les blessures des deux héros qui les empêchent de progresser. Ainsi, bien que très social et possédant la stature parfaite d’un danseur, Minobe manque de confiance en lui. Au contraire, Ichinomiya maîtrise parfaitement la technique et attire toute l’attention mais il n’a pas la taille minimale. Les deux garçons admirent ce qu’ils n’ont pas chez l’autre mais apprennent petit à petit à se connaître et à s’apprécier. L’auteure documente énormément l’univers de la danse, mettant en avant la difficulté des entrainements et l’injustice de cet univers. A travers le professeur Futami, elle aborde également l’abus de pouvoir sur quelqu’un de plus faible ainsi que la pédophilie. Elle s’intéresse aussi à la pression d’un jeune quand sa mère est célèbre.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, jouant beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à représenter Ichinomiya en chat et Minobe en wanko. Alors qu’elle dessine des visages avec un style plutôt shôjo, elle rend parfaitement la musculature des danseurs. D’ailleurs, les positions sont très bien représentées. Par ailleurs, la balance des trames est équilibrée. De même, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Le fond noir permet également de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hirune sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle donne des fiches explicatives sur la danse en fin de chapitre. De même, elle ajoute des annotations sur les termes techniques en cours de lecture.

En résumé

Lors d’une altercation avec un autre élève qui lui reprochait d’avoir séduit son petit frère, Ichinomiya Shun n’hésite pas à se déshabiller pour le provoquer et lui rappelle que ne se consacrant qu’à la danse, il ne peut être responsable des fantasmes d’un individu. Minobe Chihiro est alors subjugué par ce caractère impétueux et cette prestance. Il aimerait donc le voir danser mais Ichinomiya a abandonné le classique pour se consacrer à la danse contemporaine. En effet, malgré son talent, ce dernier n’a pas la taille minimale pour devenir danseur de ballet contrairement à Minobe à qui il manque du charisme. Mais lors du tirage au sort pour former des paires de danseurs afin de s’entrainer après les cours avec un élève en deuxième année, l’étudiant de première année se retrouve avec celui qu’il admire. Comme Ichinomiya refuse, le jeune étudiant tente de le convaincre en ne le lâchant plus…

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Pour son deuxième manga, Hirune sensei montre qu’elle peut également écrire des histoires emplies de sensibilité. Elle offre une relation très consensuelle entre les deux héros, Minobe retenant ses pulsions et respectant toujours son partenaire, sauf pour un baiser volé immédiatement excusé. Le couple évolue doucement. Ce titre permet également de découvrir l’univers de la danse. Un petit bijou qui emplit le cœur de bonheur!

Healing paradox – Hirune Cyan (Version japonaise)

Couverture de Healing paradox de Hirune Cyan, éditions Takeshobo version japonaise

HIRUNE Cyan 昼寝シアン
ISBN: 9784801972544 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Un piège de l’amour pour dérober le corps et le cœur d’une cible.

Hirune Cyan sensei offre une romance sexy sur fond de manipulations. Elle révèle au fur et à mesure le passé des personnages ainsi que leurs liens. Elle alterne également la narration entre les deux héros pour partager leurs réflexions. Ayant abandonné son rêve d’enfant, Kuroiwa se plonge sérieusement dans son travail. Très sensible, il se laisse pourtant complètement aller sous les massages de Kishibe. Ce dernier qui a bien changé depuis l’enfance et prisonnier d’une promesse, cherche avant tout à conquérir le corps et le cœur de son patient. L’auteure installe un jeu de séduction particulier mené par l’ostéopathe, qui nourrit un amour plutôt lourd. Elle trouble volontairement les limites du consentement, ses deux héros distinguant clairement le plaisir et les sentiments.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son graphisme conserve une touche croquée avec des contours qui se dédoublent parfois. Les visages sont plutôt carrés, les yeux assez fins et les corps musclés. Les décors très présents et détaillés apportent une touche réaliste. En revanche, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back, assez nombreux, se repèrent immédiatement avec leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hirune sensei censure les parties intimes par des hachures. Par contre, elle dessine beaucoup de coupes intérieures. Elle joue également sur la sensualité des gestes. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Un matin, le publicitaire Kuroiwa Naoto se réveille sur une table de massage avec un bel homme endormi à ses côtés. Il se rappelle alors être venu la veille sur les conseils de son collègue. En effet, excédé par un logiciel qu’il maîtrise peu, il avait senti une vive douleur aux épaules au moment où il allait exploser le matériel. Ce nouveau centre d’ostéopathie près de son entreprise rencontre tellement de succès qu’il fait l’objet d’émissions télévisées. Il comprend vite pourquoi en voyant le beau et fringant patron, Kishibe Kazuma. Ce dernier fonce sur lui à son arrivée et devine immédiatement ses points douloureux, l’entrainant rapidement pour une séance. Naoto se surprend alors à ne pas ressentir de douleur. Il se laisse même bercer par la douce voix de Kishibe. Mais pendant qu’il dort, l’ostéopathe en profite pour se masturber…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Pour son premier manga publié, Hirune sensei maîtrise déjà son scénario et son graphisme et arrive même à développer une intrigue intéressante pour un titre principalement érotique, prépublication Qpa oblige. Kishibe se révèle être un stalker pervers particulier mais attachant lorsque l’on découvre ses motivations. Ayant rencontré du succès, le one-shot a droit à une suite actuellement en cours. Je suis complètement happée par les techniques et le plan improbable de l’ostéopathe.

My wife devil – Sekihara Neg

my wife devil sekihara neg

SEKIHARA Neg 赤原ねぐ
ISBN: 9784799749227 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Un jeune homme effroyablement mignon.

Sekihara Neg sensei narre une comédie romantique entre un bisexuel caché qui mène une vie indolente et un étudiant au regard effrayant mais d’un caractère strict. Elle alterne la narration entre les deux héros. En jouant sur les quiproquos, elle installe une dynamique entre les deux hommes, le jeune Tatsuo étant en conflit constant entre le respect pour son supérieur et son envie de le recadrer. D’ailleurs, il apporte un nouvel équilibre au barman qui va faire des efforts pour vivre plus sainement. Ainsi, Akira prend conscience du changement de ses sentiments envers l’étudiant et finit même par se confier petit à petit. L’auteure installe les amis des deux héros, Sakuma et Kaji, comme soutiens indirects. Elle enchaîne également les évènements du quotidien pour les rapprocher naturellement. Par ailleurs, elle aborde la différence d’âge, les jugements extérieurs blessants, la difficulté à parler de sujets sensibles, les interrogations sur l’orientation sexuelle.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle utilise des contours plus épais, jouant sur les différences d’épaisseur, les pleins et les déliés, qui donnent un style particulier, incisif mais beau. Elle marque les ombres fortes par des hachures. Ainsi, le graphisme comporte quelques touches shônen. L’exagération des expressions dans les passages humoristiques renforcent cette impression. D’ailleurs, le regard de tueur de Tatsuo lui donne des airs de furyô enragé. Les trames sont nombreuses et variées. De même, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est au service de l’histoire. Dans les scènes érotiques, Sekihara sensei censure les parties intimes par de larges bandelettes blanches. Elle débute ses chapitres par une illustration où pose Onimura seul ou accompagné de Kanzaki. Sous la jaquette, elle offre une saynète humoristique supplémentaire avec sa postface.

En résumé

Kaji Angô, gérant du café et bar Nagomi, a embauché l’étudiant Onimura Tatsuo pour l’aider à la cuisine. Il envoie ce dernier réveiller son collaborateur Kanzaki Akira, qui gère le bar le soir. Mais le barman myope et encore imbibé d’alcool embrasse par mégarde le jeune homme. Gêné par sa méprise, Akira est surpris de voir Tatsuo agir normalement même si il garde maintenant une certaine distance. Bien qu’il fréquente des femmes, le barman cache en réalité son homosexualité. Comme il a tendance à se laisser aller, Kaji demande alors à Onimura de prendre soin de Kanzaki en lui préparant au moins ses repas. Toutefois, le jeune homme bien élevé à la tête de voyou attire de plus en plus Akira…

En conclusion

Pour son premier manga écrit en individuel, Sekihara sensei maîtrise déjà son scénario. Après quelques baisers volés vite recadrés, elle installe des relations consenties. D’ailleurs, les scènes érotiques sont rares car elle se concentre surtout sur l’évolution des sentiments des personnages, offrant un récit plutôt réaliste. D’abord prévu en un one-shot, le succès rencontré a permis de publier un autre tome, pour mon plus grand plaisir. Un titre que je trouve mignon et passionnant!

Agattetanse – yoshi

agattetanse yoshi

yoshi
ISBN: 9784799749647 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Tout plaquer par passion pour le riz!

Yoshi sensei narre une douce romance entre un naïf tokyoïte friand de riz et un provincial pragmatique et sérieux. Sans citer de région particulière, elle aborde différents thèmes sur la vie à la campagne comme l’entraide, les rumeurs, la disparition des traditions, le dépeuplement des villages, la modernisation de la riziculture ainsi que l’obligation de cumuler un autre emploi pour l’agriculteur. Elle crée des personnages réalistes et attachants. Ainsi les espiègles jumeaux cherchent à caser leur frère. Les autres habitants du village sont accueillants et bienveillants malgré parfois quelques remarques impertinentes. L’auteure met en avant les citadins qui s’installent parfois à la campagne sans s’informer. Elle développe petit à petit les sentiments entre les deux héros qui apprennent à se connaître et à s’apprécier. D’ailleurs, ils construisent une relation de confiance. Le gaffeur et insouciant Haruki apporte beaucoup d’humour, mettant même en rivalité Kentarô avec le riz.

La mangaka a un trait fin et léché. Elle porte beaucoup d’attention aux regards et aux petits gestes, privilégiant les moments silencieux. Par ailleurs, elle exagère les expressions ou simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, la tête de Haruki devant le riz déborde de bonheur et lui donne un côté adorable. Les décors apparaissent sur les plans élargis. Quelques trames d’ambiance renforcent discrètement les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture avec quelques cases admiratives. Yoshi sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Sous la jaquette, elle présente ses personnages en plus de la postface.

En résumé

Asakura Haruki (28 ans) adore tellement le riz qu’il a tout abandonné à Tokyo pour se rendre dans la région nord du Japon, espérant travailler dans la production de sa céréale préférée. Mais le voilà à moitié conscient, allongé dans la neige. Une vieille dame le recueille alors et l’emmène dans sa boutique. Néanmoins, le dernier ryokan du village ayant fermé, il se retrouve coincé. Deux lycéens, venus acheter des gâteaux, lui proposent alors de le loger. Les jumeaux Haga Kôta et Ryôta (17 ans) vivent seuls avec leur frère aîné Kentarô (27 ans) depuis le décès de leurs parents. En entendant les motivations du citadin, ils espèrent qu’il reste chez eux pour soutenir leur frère qui a dû prendre un autre emploi et hésite à se séparer de leurs rizières.

En conclusion

Comme le précise l’auteure dans sa postface, elle s’inspire de sa région pour ce récit, apportant une touche réaliste. Sa famille n’a d’ailleurs pu conserver leurs rizières, n’ayant pas de successeur. Ce one-shot est tout doux et tendre, avec des personnages attachants. J’adore la communication et l’ouverture entre les deux héros. Ainsi, Kentarô, entrainé par Haruki, accepte de faire des choses qu’il trouvait infantiles comme se rouler dans la neige tandis que le tokyoïte suit les conseils de son hôte et s’applique à fond à devenir une bonne fiancée. Chacun d’eux cherche à faire plaisir à l’autre avant tout, aussi bien dans le quotidien que dans l’intimité. En plus, le graphisme de l’auteur est un régal pour les yeux. A la fin, j’avais moi aussi envie d’aller à la campagne déguster du bon riz nouveau!

Ameiro paradox 6 – Natsume Isaku

ameiro paradox 6 natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063736
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403667930 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Nos deux compères sont-ils prêts pour une nouvelle vie à deux?! »

Natusme Isaku sensei s’intéresse à la cohabitation du couple. Elle aborde donc la question du coming out à la famille et aux collègues, la difficulté à concilier privé et travail ainsi que les compromis à faire. En effet, Onoe a tendance à imaginer le pire et a la fâcheuse tendance à materner son petit ami. En plus, Kaburagi qui hésite encore, ne communique pas assez, créant des quiproquos. Entre disputes et réconciliations, le couple avance doucement tout en amusant les lecteurs. Kasai et Noriko jouent les confidents et les guident au mieux. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue de révéler certaines facettes de Kabu. Par ailleurs, elle présente la famille de Satoshi. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote à la suite du chapitre dans le bar de Kaori.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine d’adorables SD. Les trames sont équilibrées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors alternent avec les trames d’ambiance souvent graphiques, évitant de surcharger la page. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. Elle simplifie également ces dernières. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages. A la fin d’un chapitre se trouve un yonkoma qui marque la transition avec l’arc suivant.

En résumé

Sur une remarque de Kaburagi Motoharu, Onoe Satoshi commence à chercher un appartement pour qu’ils vivent ensemble. Mais il doit vite abandonner, le mois de décembre étant chargé à cause d’une épidémie de grippe. Les deux journalistes n’arrivent même plus à se voir, absorbés par leurs tâches. En effet, Kaburagi remplace le photographe Sumida et passe son temps à l’extérieur tandis qu’Onoe assume les travaux de rédaction au bureau. Quand Motoharu passe un soir chez Satoshi, ce dernier s’inquiète pour son petit ami qui, malgré la fatigue, dort peu et ne mange pas. Se montrant un peu trop maternel, ils finissent par se disputer, d’autant plus que Kabu avoue préférer être seul.

En conclusion

Natsume Isaku sensei nous balade entre humour, romance et tension. A travers cette simple tranche de vie, elle arrive pourtant à aborder divers sujets sérieux. Je suis complètement stupéfaite par la perspicacité de la mère d’Onoe, qui mène en plus son fils par le bout du nez pour lui faire avouer ses petits secrets. Un tome au ton un peu plus sérieux autour du couple mais qui me donne envie de vite découvrir la suite.

The night beyond the tricornered window 7 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 7 yamashita tomoko

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063644
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799742853 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je n’ai pas de super pouvoirs, comparé à vous, alors j’ai pris la décision de m’inquiéter pour vous. »

Yamashita Tomoko sensei joue encore sur les situations clichées des BL pour provoquer humour et tension. Elle met en avant de nouvelles techniques de pouvoirs à travers l’initiation de Mikado et Hiura par Hiyakawa et Mukae. De même, elle s’intéresse au profil plutôt similaire des clients consultant les voyants et ceux rejoignant des sectes. Avec sa rationalité, Hanzawa recadre ce petit monde qui a tendance à s’emballer dans leurs enquêtes. Sakaki, qui s’implique de plus en plus, détend l’atmosphère. La coopération entre les différents détenteurs de pouvoir crée une dynamique renouvelant le déroulement de l’histoire. L’auteure révèle petit à petit les secrets autour du Professeur. Elle crée également la surprise en faisant évoluer certains personnages. Par exemple, Kôsuke prend de plus en plus d’assurance. Il souhaite protéger Rihito et s’interroge de plus en plus sur sa place parmi les gens normaux et ceux maitrisant le paranormal.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie parfois à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle utilise avec parcimonie des trames pourtant variées. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. A noter que les flash-back se repèrent à des trames à rayures recouvrant une partie des images. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques avec des angles de vue variés et des sorties de case. Yamashita sensei joue encore sur les contrastes noir et blanc, qui participent ainsi au récit. Elle dessine des pages beaucoup moins sombres, en harmonie avec la jaquette également dans des tons blancs. Ainsi, le changement d’ambiance du récit s’extériorise même avec l’impression visuelle. Comme dans le tome précédent, des fiches présentent les personnages en début de tome. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Hiyakawa Rihito a appelé Mikado Kôsuke pour une affaire. Vexé d’être dérangé au dernier moment, l’assistant se prépare un riz à l’ail et accepte même de partager son maigre repas avec son patron suppliant. Ils doivent faire face à une malédiction qui se présente sous la forme d’un protocole pour invoquer des esprits. Partagée sur les réseaux sociaux, il y a de plus en plus de dégâts. L’exorciseur décide de confier le traitement des pensées négatives à Mikado tandis qu’il s’occupe de la malédiction d’origine. A sa surprise, son acolyte accepte rapidement après quelques négociations. Mais quand son patron le manipule comme une marionnette, il réclame des explications et découvre que leur contrat de travail les a connectés. Assailli par les pensées négatives, Kôsuke s’accroche à Rihito mais son entêtement à résister malgré tout perturbe son coéquipier…

En conclusion

Yamashita Tomoko sensei termine son récit sur un cliffhanger insoutenable. Elle continue d’analyser les qualités et les défauts humains. Dans ce tome, elle s’attarde particulièrement sur la peur d’assumer simplement des choix. J’admire la dextérité de la mangaka à penser aussi bien à l’ambiance générale, aux tons, qu’au développement de son récit. Un titre que je recommande chaudement, laissant la part belle à l’histoire, avec une pointe de romance tellement ténue qu’on l’oublie totalement.

Le menteur amoureux – Shimochi

le menteur amoureux

Shimochi 四持
ISBN: 9782382763544
Hana, 2023
ISBN: 9784824001009 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Titre original: 嘘つき男の愛はダダ漏れ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une jolie romance qui interroge sur le besoin de trouver un équilibre entre vie privée et don de soi. »

Shimochi sensei narre une romance classique entre salarymen mais y ajoute une petite note paranormale avec le don de Sorami. Elle base d’ailleurs la narration du point de vue de ce dernier. Elle installe un jeu de séduction entre ses deux héros qui ont tendance à cacher leurs réelles intentions. Ainsi, Hyôdô dit souvent le contraire de ce qu’il pense, exprimant maladroitement ses sentiments. Asaya quant à lui, utilise son don pour plaire à tout le monde, débordant pourtant de gentillesse. En se confrontant constamment, les deux salarymen vont apprendre à se connaître et devenir ainsi plus francs. Après avoir créé des tensions avec les mises au point percutantes du couple, l’auteure détend l’atmosphère en s’intéressant à son évolution. Elle aborde donc le poids des secrets dans un couple, l’équilibre qui s’installe dans une relation grâce à la communication. En bonus, elle offre un aperçu de leur vie à deux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Pour représenter les humeurs, elle exagère un peu plus les expressions mais joue également avec les trames, n’hésitant pas à transformer en onomatopée l’émotion. Sorami voit son nez s’allonger lorsqu’il se montre trop fier et vantard. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique avec particulièrement des angles de vue variés. Shimochi sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Sorami Asaya peut ressentir les atmosphères et les humeurs autour de lui. Grâce à son don qui lui facilite les relations sociales au travail, il a pu rattraper une erreur sur un gros contrat. Par contre, il ne comprend toujours pas pourquoi l’excellent nouveau vendeur, Hyôdô Yukihito, le déteste. Décidé à sympathiser avec lui, il l’aide à s’extirper d’une soirée trop arrosée entre collègues, devinant que le nouveau se sent mal. Alors qu’il essaie de lui faire cracher la vérité, Hyôdô l’embrasse soudain. A sa surprise, bien que le vendeur dit le détester, Sorami entend pourtant les pensées de son collègue déclamer tout son amour pour lui.

En conclusion

Shimochi sensei propose un récit mignon et sans prétention, avec un graphisme agréable mais commun. Le format one-shot rend malheureusement l’histoire un peu expéditive. En plus, le climax redescend un peu tôt. Toutefois, j’aime beaucoup la dynamique entre les personnages et surtout leur évolution. Idéal pour se détendre sans prise de tête !

Les fausses rumeurs de Minami 2 – Kurihara Kana

les fausses rumeurs de minami 2 kurihara kana

KURIHARA Kana 栗原カナ
ISBN: 9782382764046
Hana, 2023
ISBN: 9784796415415 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: かりそめビッチ南くん ~つづきの話~
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je pense qu’on doit approfondir au mieux notre relation. »

Kurihara Kana sensei propose de découvrir ce que devient le couple de Minami et Takane. Elle aborde leurs difficultés à gérer travail et rendez-vous amoureux. En introduisant Higashino, elle crée quelques tensions, obligeant Takane à se confronter à son manque de confiance et sa jalousie. D’ailleurs, le manager de secteur utilise des méthodes de drague un peu trop lourdes et persistantes. Comparé au tome précédent, Minami prend de plus en plus d’initiatives et n’hésite pas à montrer ses sentiments. L’auteure complète son tome avec une romance plus classique entre Onodera, un peu tsundere, et son ami de lycée protecteur Tanabe. Elle s’intéresse aux dangers des applications de rencontre, mettant en avant les diverses méthodes pour forcer les relations sexuelles. Les deux amis prennent du temps avant de réfléchir à leur relation et l’évolution de leurs sentiments. L’histoire bonus conclut avec un mignon fantasme de Takane.

La mangaka a un trait fin et épuré de style shôjo et plutôt arrondi. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine de grands yeux expressifs. Les trames sont très variées. De même, les décors alternent avec les trames d ‘ambiance. La mise en page est également très dynamique. Kurihara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle annonce la sortie d’un drama CD dans la postface et offre une planche amusante.

En résumé

Cela fait déjà une semaine que Minami Tarô passe ses vacances chez ses grands-parents. Et son petit ami Takane Shun lui manque énormément. Alors quand il reçoit un appel de ce dernier, il saute sur son smartphone, provoquant quelques taquineries de sa cousine lycéenne. A son retour, Minami retrouve Takane à un festival mais comme son couvre-feu approche, il préfère passer du bon temps au lit avec lui au lieu d’admirer le feu d’artifice. Les amoureux aimeraient passer plus de temps ensemble. D’ailleurs, Minami, qui commence à travailler dans un café en parallèle de ses études, espère justement renégocier les horaires de son couvre-feu. Mais en visite dans le café, Takane ressent quelques inquiétudes face à l’intimité qui se crée entre son petit ami et son collègue Higashino Yukihiro (28 ans), trop tactile.

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2023. Kurihara Kana sensei développe un peu plus la relation qui se construit entre Takane et Minami. Malheureusement, elle n’a pas grand-chose à raconter. Même si l’histoire d’Onodera est intéressante pour le sujet qu’elle apporte, son déroulement reste trop classique. Une suite qui plaira aux grands fans du premier tome. Pour ma part, malgré une lecture plaisante, cette suite me paraît inutile.

Le piège de minuit – Shakeda Nene

le piege de minuit shakeda nene

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382763919
Hana, 2023
ISBN: 9784796415088 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: 午前0時の甘い罠
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Kôki, tu es toujours mon héros, tel que tu l’étais à l’époque. »

Shakeda Nene sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue dont l’un a toujours été amoureux. Toutefois, elle enchaîne un peu trop vite les évènements, survolant certains moments forts. En plus, elle crée des personnages assez basiques, aux caractères opposés. Par ailleurs, le renfermé Rei a un caractère un peu dérangeant, se montrant trop possessif et lourd. Son amour secret devient vite étouffant. Pourtant, cela ne dérange en rien Kôki et même ses amis. Hiroki apporte un peu de sagesse tandis que Nozomu joue le frère surprotecteur. L’auteure explique en détail les causes et conséquences de leur éloignement, de l’amplification de leurs sentiments et de leur relation si particulière. Elle met en avant le côté manipulateur de Rei pour arriver à ses fins. Kôki, avec son côté faussement innocent, prend un peu de temps avant de comprendre ses sentiments.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Ainsi, elle renforce le côté encore gamin de Kôki avec de grands yeux. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son graphisme tout en exagérant les expressions. Il y a beaucoup de trames. De même, les trames d’ambiance qui appuient juste les émotions, alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Shakeda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les deux héros dans leur quotidien.

En résumé

A l’université, Nishitani Kôki rejoint son frère Nozomu et son ami Kojima Hiroki quand un beau jeune homme qui semble le connaître l’aborde. En effet, Sawada Rei était son ami en cinquième au collège, mais ils se sont perdus de vue suite au déménagement de Kôki. Comme il cherche un appartement, les Nishitani lui proposent une chambre dans leur colocation. Trop heureux de retrouver son cher ami, Kôki a tendance à le coller et le surprotéger. Mais cela ne gêne guère Rei qui l’admire encore depuis qu’il l’a sauvé de harcèlement au collège. D’ailleurs, Hiroki trouve leur relation un peu trop intime et s’inquiète des regards noirs que lance Kojima aux autres étudiants. Après avoir rangé sa chambre avec l’aide de son ami, Kôki s’endort. Mais alors que Rei s’apprêtait à l’embrasser, Nozomu et Hiroki entrent dans la chambre…

En conclusion

Shakeda Nene sensei semble avoir un peu de mal avec le format one-shot. Elle a beaucoup trop de choses à nous raconter et se perd dans les explications détaillées, usant alors de facilités scénaristiques. Malheureusement, en plus des problèmes de rythme et d’un scénario prévisible, quelques maladresses rendent le déroulement invraisemblable. De même, Rei semble un spécialiste des baisers volés. Je pense toutefois que les fans de ce genre de romance peuvent y trouver leur compte sans problème. Une histoire qui se laisse lire avec un graphisme agréable.