Same difference !!! 3 Le troisième beau gosse – Hiiragi Nozomu

same difference 3 le troisieme beau gosse hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771730
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796405492 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois seme: rien ne va plus!

Hiiragi Nozomu sensei étoffe son scénario, mettant un peu plus en avant les sentiments des personnages. Elle introduit un rival, permettant d’exacerber la jalousie de Tsuburaya. Ce dernier prend enfin conscience de ses sentiments. Ozaki, quant à lui, devient un peu plus gamin. D’ailleurs, les chamailleries pour être le dominant continuent. L’auteure joue toujours sur l’humour de situation, l’adoucissant légèrement. Ainsi, elle surprend les lecteurs avec des retournements ou des révélations tout en ménageant le suspense. Par ailleurs, elle transcrit bien la tension des discussions entre les deux entêtés. Dans l’histoire bonus, elle donne une anecdote amusante du chapitre dans le ryokan en partageant le rêve d’Ozaki. « Un vrai démon » complète le volume, narrant une aventure amusante entre un masochiste et un sadique.

La mangaka arrive à rendre le charme masculin avec seulement quelques traits. Elle travaille délicatement les yeux pourtant fins, jouant sur l’ouverture et les angles pour rendre parfaitement les expressions. Elle donne parfois des sourires de fouine à ses personnages, rendant encore plus amusantes leurs mimiques. L’utilisation des trames est équilibrée, les trames d’ambiance étant souvent graphiques (fleurs, pois, rayures). La mise en page accompagne parfaitement les gags et les actions, mettant également en avant les petits détails. Comparé au tome précédent, les scènes érotiques sont peu nombreuses. Elles évitent de montrer trop de détails. En fin de tome, une planche révèle ce qui est arrivé à Katsumata durant le voyage d’entreprise. Au verso de la jaquette, Hiiragi sensei donne toujours une version super deformed des protagonistes.

En résumé

Same difference / Final round: Un nouvel employé, beau gosse, arrive dans les locaux d’Ozaki. Katsumata se révèle être une connaissance d’Ozaki. En effet, ils étaient dans le même club de natation à l’université. Nommé responsable du nouveau venu, le salaryman « aux super phéromones » doit passer la soirée avec son kôhai au lieu d’aller comme prévu chez Tsuburaya. L’alcool aidant, ils discutent du passé et Katsumata lui rappelle alors que son senpai lui avait piqué sa petite amie. Les jours suivants, Tsuburaya remarque la familiarité entre son petit ami et le nouveau. Un jour, Katsumata invite le « Prince aux multiples talents » à discuter, mais il l’agresse en exigeant de laisser tranquille Ozaki. Mais ce dernier l’interrompt!
Un vrai démon: Otonashi adore taquiner les beaux gosses et a donc retiré sa main quand le caissier du konbini lui a rendu la monnaie. Mais ce dernier s’avère être Yoshimori, une connaissance du lycée. Otonashi l’avait surnommé Maso-mori et s’acharnait sur lui à l’époque. Le caissier lui avoue alors ne pas lui en vouloir car il était amoureux…

En conclusion

Je ne me lasse pas des frasques de ce couple détonnant! Pour ceux qui hésitent, les tomes sont également disponibles dans l’abonnement ebook de Boy’s love IDP. La série se bonifie au fil des tomes.

J’en croque pour toi – Iragi Nanori

j en croque pour toi iragi nanori
IRAGI Nanori いらぎなのり
ISBN: 9782369748755
Akata, 2020
ISBN: 9784047357235 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Titre original: きみはマシェリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Aimer quelqu’un quand il mange, l’embêter pour attirer son attention: est-ce les prémices de l’amour?

Iragi Nanori sensei nous plonge dans une « romance adulte et gourmande » pointant le harcèlement comme moyen de séduction. Elle alterne la narration entre Itô et Kawai permettant de partager leurs ressentis. Ainsi, même si Itô est conscient de son comportement immature, il prend un certain temps avant de réaliser que ses piques et moqueries sont en réalité du harcèlement. A cause des remarques, Kawai n’a aucune confiance en son charme. Pourtant, en discutant ouvertement et franchement, ils vont pourvoir évoluer et avancer dans leur relation. L’auteure met en avant les efforts de chacun. En introduisant Nakahara, un collègue bisexuel de Kawai qui assume pleinement sa sexualité, elle oblige Itô à réfléchir sur le coming out et sa relation. Alors qu’Itô passe pour un tombeur égoïste, il se montre pourtant prévenant et à l’écoute de son partenaire durant les ébats, cherchant avant tout à le satisfaire.

La mangaka a un trait épuré très fin avec de belles courbes et des déliés. Elle dessine différentes morphologies. De même, elle ancre un univers réaliste mais n’hésite pas à simplifier les expressions dans les passages humoristiques. Ainsi, les décors alternent avec quelques trames d’ambiance. En revanche, une large palette de trames donne du volume, ombrant et colorant les vignettes. La mise en page est aussi dynamique. Toutefois, Iragi sensei censure les scènes érotiques en occultant les détails des parties génitales mais elle compense ce manque en mettant en avant la tendresse entre ses personnages. Sous la jaquette, elle donne des croquis de Kawai, avec son côté mignon, et Itô, avec son charme d’ikemen.

En résumé

Itô n’arrête pas d’embêter le nouvel employé, Kawai Mahiro, se moquant de ses rondeurs et sa gourmandise. Pourtant, en réalité, il ressent de l’attirance pour le jeune homme, le trouvant particulièrement mignon quand il mange. Son supérieur, Yoshioka, le rappelle souvent à l’ordre, en vain. Mais quand Kawai se met au régime, le harceleur ne le supporte pas et s’empresse de le nourrir. Un soir, en échange d’aide pour boucler un travail et pour se faire pardonner de s’être moqué de sa virginité, il invite son subalterne à boire un verre avec des filles. En le voyant se lâcher, il réalise alors que même son caractère le séduit…

En conclusion

Une fois commencé, je n’ai pas lâché ce one-shot, transportée par l’histoire. En effet, le graphisme a une certain charme et la romance entre les deux protagonistes est parfaitement menée. L’auteure aborde avec finesse le problème du harcèlement à cause du surpoids, l’acceptation de soi et l’importance de la communication quand il y a un problème. Ce titre est frais, agréable à lire et prenant. Serez-vous charmé comme moi?

Change world 2 – Minaduki Yuu

change world 2 minaduki yuu
MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368777534
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666124 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Que pourra-t-on bien faire pour rester ensemble toute notre vie? »

Après un enchainement intense d’évènements, Minaduki Yuu sensei conclut la romance d’Itô et Arimura en ne présentant que quelques tranches de vie sur les moments clés du couple. Ainsi, elle s’intéresse à la relation à distance et l’installation à deux. Sans pour autant donner toutes les solutions pour surmonter les obstacles, elle met en avant la communication et le travail sur soi. Les héros s’interrogent sur la vie de couple, l’harmonie à atteindre, les efforts pour ne pas étouffer l’autre avec des sentiments égoïstes. Hozumi reste même dans leur cercle d’amis malgré une certaine méfiance. Ainsi, l’auteure montre les changements qui touchent Ikuo et Yôsuke, mais également leur entourage. Elle présente rapidement ce que deviennent les personnages secondaires. Même si elle n’aborde pas directement le coming out, elle met en avant les choix sélectifs du couple qui s’adaptent selon leur interlocuteur.

Le trait fin et épuré de la mangaka dégage beaucoup de douceur même si il est légèrement anguleux. D’ailleurs, elle travaille particulièrement les regards très expressifs. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est toujours très dynamique. Minaduki sensei ne censure pas les scènes érotiques, donnant un côté un peu plus sexy aux ébats. En fin de tome, elle offre un compte-rendu en images de l’enregistrement du drama CD de Sayonara game. Sous la jaquette, elle continue à dessiner les personnages secondaires en pyjama animaux.

En résumé

Ayant appris par Hozumi Masato (27 ans) qu’Itô Yôsuke (23 ans) allait être muté aux États-Unis, Arimura Ikuo (25 ans) se montre possessif envers son petit ami. Le lendemain au bureau, Itô demande donc des explications à son collègue. Il réalise alors que l’intrigant cache son jeu mais comprend aussi le sentiment de culpabilité qui le freinait dans sa relation. De son côté, Ikuo cherche une solution pour prouver ses sentiments sans contraindre son petit ami et trouve même conseils auprès de son père. Au restaurant de Matsu, Yôsuke réalise que son ami, ayant compris sa relation avec leur senpai, l’encourage. Un soir, malgré les avances et les menaces de Hozumi, Itô ne cède pas, ayant enquêté sur ce dernier. Il arrive même à l’arrêter avec l’aide de Kuroda Marié, une amie lesbienne de Masato. Il décide alors de discuter franchement avec son petit ami de leur avenir…

En conclusion

J’adore les « bouilles » d’Itô quand il devient jaloux et possessif. Ainsi que les petits champignons qui le recouvrent dans les moments de déprime. Certains lecteurs seront peut-être déroutés par le changement narratif comparé au premier tome. Je trouve, pour ma part, que cela relance justement l’histoire: comme ils ont décidé de discuter et se faire confiance, on suit simplement l’application de leur résolution et les difficultés à le faire par moment. En plus, le fait de garder un groupe d’amis au courant de leur situation amoureuse leur permet d’avancer plus sereinement. Cela donne une couleur très réaliste à leur romance. J’attends donc Love nest avec grande impatience!

Change world 1 – Minaduki Yuu

change world 1 minaduki yuu
MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368777398
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666032 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Juste de l’amour, ça ne me suffit pas. »

Minaduki Yuu sensei reprend la suite de Sayonara game. Elle confronte Arimura et Itô à de nouveaux obstacles, alors qu’ils commencent à trouver un certain équilibre dans leur relation. En effet, Hozumi, de par sa propre vision de l’amour, vient s’immiscer doucement dans le couple. Avec ses manigances, nos deux héros découvrent alors la jalousie mais également l’inquiétude sur l’avenir. L’auteure dévoile au fur et à mesure le vrai visage de Masato. Par ailleurs, elle amène Ikuo et Yôsuke à s’interroger sur l’amour et le bonheur, sur la différence entre couple hétérosexuel et couple homosexuel, sur la confiance et la fiabilité des sentiments. Toutefois, Arimura a parfaitement conscience que sa possessivité peut étouffer son petit ami et influencer sa carrière. Le couple est donc tiraillé entre désirs et envie de rendre heureux son partenaire.

La mangaka a un trait épuré et fin qui donne une certaine douceur. Elle arrondit les visages dans les passages humoristiques, simplifiant ses traits, ressemblant à des SD trop mignons. Elle porte une attention particulière aux regard et aux petits gestes. Par exemple, les lèvres boudeuses, les regards en coin et les caresses discrètes permettent d’appréhender immédiatement les sentiments des personnages. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. Minaduki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, les cadrages et les phylactères cachent un peu les parties trop intimes. En fin de chapitre, elle reprend une vignette marquante du récit. Sous la jaquette, elle offre des illustrations avec les deux héros, en pyjama animal, qui répondent à des questions.

En résumé

Arimura Ikuo (25 ans) et Itô Yôsuke (23 ans) sortent ensemble depuis un an. Mais avec leur travail, ils n’arrivent pas à se voir aussi souvent qu’ils le souhaiteraient. Pour l’instant, Itô ne se sent pas encore prêt pour vivre avec son petit ami malgré sa proposition. En plus, pour leur prochain samedi de libre, il a été invité par Nana, la sœur d’Ikuo et sa mère. Au bureau, il a du mal avec son collègue, Hozumi Masato, qui se montre trop tactile. Le samedi, avant d’aller chez les Arimura, Yôsuke croise un homme mûr dans une boutique qui lui paraît familier. A sa surprise, il s’agit du père de son petit ami. Le salaryman apprécie l’ambiance familiale et conviviale, différente de chez lui avec ses parents très strictes. Quand la famille s’absente le soir, Ikuo accepte de montrer ses albums photos et en profite pour câliner son bien aimé.

En conclusion

Ce tome a permis à la série d’obtenir la seizième place au classement du Chill Chill BL award 2018. Arimura Ikuo est classé dix-neuvième meilleur seme et Itô Yôsuke treizième meilleur uke. L’auteure décrit parfaitement le cheminement des sentiments, des réflexions du couple et l’évolution de leurs sentiments. D’ailleurs, je suis complètement conquise par ce couple. Le message que je retiens: l’amour se construit à deux en faisant des concessions, en discutant, en étant à l’écoute du partenaire. Et les sentiments ne suffisent pas. Un thème donc intemporel mais universel. J’adore!

Celui que j’aime, ou presque – Harada

celui que j aime ou presque harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368776209
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864421805 (JP)
Tokyo mangasha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Du harcèlement moral au harcèlement sexuel, il n’y a qu’un pas. Et l’amour dans tout ça?

Harada sensei propose de suivre une romance entre un chef de bureau autoritaire et son subordonné timide. Elle s’intéresse à la position et l’inversion du dominant et dominé dans un couple où la hiérarchie s’impose déjà fortement. Même si la relation débute surtout par des rapports forcés, elle développe les sentiments des personnages. L’amour naît peu à peu entre les deux hommes. Yoneda paraît d’abord antipathique avec un sale caractère. Obstiné, colérique, fier, il comble son manque de confiance en s’acharnant sur Iida. Ainsi, l’auteure joue donc sur le harcèlement moral et sexuel pour construire son histoire. Elle introduit deux collaborateurs qui vont tenter de semer la zizanie entre les deux salarymen: Mugita et Ineda. La narration donne principalement le point de vue d’Iida. Les dialogues sont parfois vulgaires. Le chapitre « Une bonne correction » complète ce tome, abordant sous un autre angle la manipulation par le dominé.

La mangaka a un trait épuré, légèrement plus simple que ses séries actuelles. Elle rend parfaitement le regard mauvais ou fuyant de Yoneda, avec divers degré de frustration ou de gêne. Elle privilégie le contraste du noir et blanc. Cependant, il y a toute de même quelques trames d’ambiance. Les décors permettent de situer les actions. L’usage des trames est équilibré. Par ailleurs, la mise en page reste dynamique bien que classique. Harada sensei censure les parties intimes par des hachures dans les scènes érotiques. Elle en met à presque chaque chapitre et détaille les moments érotiques où les caractères basculent. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Celui que j’aime, ou presque / Bonus / Se vanter de son petit ami / Le dire en mots: Le timide Iida subit chaque jour les remontrances de son supérieur Yoneda, qui n’hésite pas à lui crier dessus. Un soir, lors d’une sortie entre collègues, le sermon du supérieur légèrement alcoolisé dérive sur la sexualité et les amours de l’employé. Apprenant qu’Iida est puceau, Yoneda demande alors de sortir avec lui. Pourtant, il continue à le harceler moralement et à l’humilier pendant leurs ébats. Mais un jour, Iida craque suite à une parole de trop et ne se laisse plus faire. Désespéré, Yoneda accepte alors de faire ce que son partenaire demande pour se réconcilier.
Une bonne correction: Seta tient fièrement une boutique de gadgets mais n’a malheureusement pas de clients. En parallèle, il vend en ligne des jouets érotiques pour homosexuels. Un jour, il surprend un étudiant, Migita, en plein vol à l’étalage mais le gamin le menace. Le vendeur décide alors de le punir à sa manière.

En conclusion

Ce manga a obtenu la vingt-deuxième place au classement du Chill Chill BL award 2015. Le style de l’auteure se reconnaît immédiatement avec son approche parfois dure et sombre de certains sujets, en particulier dans les rapports charnels. Pourtant, l’inversion entre le seme et l’uke démontre que la position dans un couple gay n’est pas forcément une question de physique ou de caractère. Ce n’est pas aussi profond que les dernières créations de la mangaka, mais je me suis tout de même amusée à suivre les frasques des quatre protagonistes. Un titre pour les fans de Harada sensei!

Same difference !! 2 – Hiiragi Nozomu

same difference 2 hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771082
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404204 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Céder une fois ne veut pas dire toujours!

Hiiragi Nozomu sensei offre une suite aux chamailleries des deux salarymen d’élite. Le combat pour la place de seme continue plus subtilement, comparé au premier tome. Les deux héros s’opposent sur presque tout, même le petit déjeuner et leur vision de l’amour. L’auteure développe un peu plus le caractère de ses personnages. Elle présente l’enfance de Tsuburaya, qui n’était pas si parfait, grâce à la rencontre avec sa mère. Ozaki s’avère un peu pervers, cherchant à réaliser ses fantasmes. Tsuburaya, quant à lui, découvre la jalousie. Un tiers du tome est complété par deux autres histoires. « Je suis sérieux » offre une romance légère entre deux amis d’enfance. L’autre récit avait à la base pour thème les fesses mais les facéties du héros tsundere prennent le dessus.

La mangaka a un trait plutôt fin et dépouillé. Elle dessine tout de même une musculature fine pour les deux beaux gosses. Elle renforce l’humour en exagérant les expressions. Ses SD plutôt en rondeurs sont adorables. Les trames sont très graphiques et dominent les décors qui situent principalement l’action. La mise en page dynamique accompagne les actions et les détails. Hiiragi sensei censure les scènes érotiques par des trames, l’absence de traits et les cadrages. En fin de volume, elle offre un yonkoma amusant sur la passion de Tsuburaya pour son patron.

En résumé

Same difference!! / Final round: Tsuburaya a enfin cédé à Ozaki. Comme à chaque matin, ce dernier admire l’immeuble de son bureau par sa grande baie vitrée en prenant son café. Mais au réveil, Tsuburaya se montre distant. Et il reste également froid au bureau. En effet, Ozaki continue à charmer les femmes qu’il croise sur son passage. En plus, il accepte d’aller au golf avec le patron de Tsuburaya tout en se réjouissant de la présence d’une belle femme. Alors à la pause, le calme salaryman teste son amant en abordant avec sérieux le devenir de leur relation.
Je suis sérieux: Après trois ans d’absence, Jun rentre chez ses parents à la campagne pour le nouvel an. Parmi tous les invités, il retrouve Aki, son ami d’enfance, qui fait chaque an du baby-sitting. Mais alors que certaines mères essaient de caser leurs filles avec les deux garçons, Aki annonce qu’il est gay
It is unavoidable if it is you!: Endô ne s’intègre pas dans son équipe de travail et se montre plutôt grincheux. Izumi tente tout de même de briser la glace. Son collègue lui avoue donc subir presque chaque soir des attouchements d’un pervers dans le train. Inquiet, Izumi lui propose alors de le raccompagner.

En conclusion

Au départ, ce tome devait conclure la série, mais l’auteure a décidé de continuer pour notre plus grand plaisir. Comme le format s’allonge, elle prend donc son temps pour mieux développer les personnages et leurs sentiments. L’humour est toujours aussi présent. Je ne me lasse pas de leurs confrontations!

Black x Black – Yuuya

black x black yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770412
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403528 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La fierté masculine mise en jeu entre un hétérosexuel curieux et un homosexuel tachi.

Yuuya sensei propose de suivre la bataille pour la position de dominant entre un hétérosexuel et un homosexuel. Elle aborde pourtant les thèmes du viol et du non consentement. Arrogant, Kuroi va remettre en question son comportement en s’interrogeant sur les différences entre relation homosexuelle et hétérosexuelle, ainsi que la position de tachi et neko. En rencontrant Shirakami, il prend conscience du besoin de consentement. Kurokawa, déjà blessé par ses anciens partenaires, n’espère plus de relation longue mais se laissera convaincre par les changements de son collègue. L’auteure décrit avec réalisme les émotions de ses personnages, leurs questionnements sur les difficultés rencontrées par les homosexuels entre rumeurs en entreprise, incertitudes d’avenir. Même si la romance débute d’abord par provocation et curiosité, les sentiments naissent par la suite. Un chapitre reprenant les personnages d’un autre manga complète ce tome, narrant une pièce de théâtre avec la personnification des planètes.

La mangaka a un style graphique rappelant les anciens shôjo. Ses personnages ont des mentons pointus, de grands yeux aux longs cils, des cheveux méchés tombant en cascade. Même si les hommes sont beaux et sveltes, ils ont l’air un peu efféminés. Les quelques trames d’ambiance se font discrètes. Néanmoins, les décors sont assez présents. La mise en page est également dynamique. Dans les scènes érotiques, Yuuya sensei censure les parties génitales simplement par l’absence de traits.

En résumé

Dans l’entreprise publicitaire Act.moment, le designer Kuroi Kazutaka drague toutes les jolies filles mais les jette une fois lassé. Au contraire, le coordinateur Kurokawa Mamoru représente la beauté taciturne à lunettes inaccessible. Tous deux, réputés au sein du personnel, s’entendent comme chien et chat, même s’ils doivent souvent collaborer. Un soir, alors que Kuroi se baladait dans le quartier gay avec un collègue, il remarque au coin d’une ruelle Kurokawa en train de rompre avec un homme. Ayant découvert son secret, il se rapproche et cherche à le séduire, tenté par une première expérience homosexuelle. Mais cela s’avère plus difficile que prévu, le coordinateur étant un tachi bien décidé à ne pas céder sa place de dominant.

En conclusion

Malgré l’humour, certains sujets sont abordés avec sérieux. J’aime beaucoup le revirement de Kuroi qui prend conscience de la nécessité du consentement dans des rapports amoureux. La relation du couple devient alors tendre et romantique. Personnellement, j’adore le style graphique, mais il ne plaira pas à tout le monde.

Sayonara game – Minaduki Yuu

sayonara game minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368777381
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403665349 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une histoire d’amour pleine d’espoir, de doutes et d’obstacles.

Minaduki Yuu sensei met en scène l’histoire d’un véritable amour qui se construit difficilement. Même si les sentiments sont bien présents, les deux héros doutent constamment et enchaînent incompréhensions et quiproquos. L’attention et la gentillesse d’Arimura en deviennent même blessantes. L’attirance mutuelle entre les deux hommes se confrontent à diverses émotions dominantes comme la jalousie, la peur du rejet. En plus, Ikuo et Yûsuke ont du mal à exprimer leurs sentiments. L’auteure décrit avec délicatesse les émois de ses personnages, leurs réflexions et interrogations. Elle porte également une attention particulière aux petites évolutions progressives de leurs sentiments et aux obstacles rencontrés. D’ailleurs, leur sentiment amoureux se construit tout doucement et avec hésitation avant de devenir passionné. De même, le vrai caractère des héros se révèle durant leurs ébats.

La mangaka a un trait qui semble au premier abord assez classique, légèrement épuré. Elle les simplifie dans certains passages humoristiques, représentant les personnages presque en SD. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. D’ailleurs, l’équilibre des trames rend la lecture agréable. Minaduki sensei utilise beaucoup de superpositions, comme dans le style shôjo, pour dynamiser sa mise en page. Elle ne censure pas les scènes érotiques qu’elle détaille avec beaucoup de sensualité.

En résumé

Arimura Ikuo a embauché un ancien kôhai et ami d’enfance, Matsu, pour donner des cours à sa petite sœur Nana. Mais ce dernier se désiste rapidement, devant aider sa mère dans leur restaurant suite à un malaise de son père. Il propose cependant d’être remplacé par un ancien de leur club de base-ball, Itô Yûsuke. Quand Ikuo était vice-capitaine de l’équipe au lycée, il avait soutenu le jeune membre taciturne ciblé par de sales rumeurs. Depuis, Itô l’admire. Mais Arimura ne se rappelle pas de lui. Comme Nana craque pour le jeune homme, elle demande alors à son frère de l’interroger. Mais Arimura a du mal à converser avec lui. Un soir, il le surprend à renifler sa veste laissée sur le canapé…

En conclusion

Ce manga a obtenu la troisième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. Un peu plus épais que la moyenne, l’auteure a donc pu bien développer son histoire. Personnellement, je trouve que son style scénaristique a un certain charme, malgré son trait classique. En plus, c’est agréable de voir les deux héros galérer un peu avant d’être ensemble. J’ai vraiment hâte de découvrir la suite annoncée en fin de tome!

Gelateria Supernova royal vanilla – Kitahala Lyee

gelateria supernova royal vanilla katahala lyee

KITAHALA Lyee キタハラリイ
ISBN: 9782368776636
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801959958 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Avoir d’abord une vie stable avant de s’installer ensemble. Oui, mais…

Kitahala Lyee sensei reprend la suite de Gelateria Supernova en axant principalement son récit sur le point de vue de Masada (alias Kio). Elle utilise les personnages secondaires pour faire évoluer ses héros. Elle a une approche assez réaliste, s’intéressant aux questions touchant un couple homosexuel. Ainsi, à voir leurs amis hétérosexuels se marier ou devenir parents, Tomoaki et Naoki réfléchissent davantage à la vie en couple et aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer. D’ailleurs, le salaryman plutôt tactile s’amuse de la gêne de son partenaire. L’auteure met à l’épreuve les deux hommes avec une séparation de deux semaines, qui permettra aux sentiments de s’intensifier: Masada découvre donc la jalousie. En milieu de tome, elle insère des saynètes de quelques planches, mettant en avant les personnages secondaires ou donnant des anecdotes sur le couple. A part ce chapitre, les autres ont encore un titre reprenant des parfums de glace.

La mangaka dessine des visages allongés qui donnent un certain charme avec leur menton légèrement saillant. Elle utilise des trames d’ambiance très graphiques pour illustrer les émotions intérieures, n’hésitant pas à envahir parfois le dessin quand les sentiments dominent. Les angles de vue, les sorties de cadres, les emboitements de cases dynamisent beaucoup la mise en page. Dans les passages humoristiques, Kitahala sensei simplifie ses traits, synthétisant les visages en quelques traits. Elle porte également beaucoup d’attention aux expressions des visages. Par exemple, Tomoaki est trop mignon quand il boude. Elle censure les parties génitales en occultant quelques traits et en ajoutant de grandes hachures. Une illustration du parfum de glace rappelant le tire conclut chaque chapitre. Sous la jaquette, une anecdote mignonne présente l’intimité du couple. Par ailleurs, les couvertures avec un pot de glace en transparence se superposant au dessin couleur apporte une touche esthétique.

En résumé

Depuis deux ans, Masada Naoki sort avec Satoya Tomoaki. Avant, il perdait souvent ses partenaires, qu’ils soient homme ou femme, à cause de ses insomnies chroniques et sa manière d’être. En effet, il n’arrive pas à dormir avec quelqu’un et garde une certaine réserve. Pourtant, tout se passe très bien avec Satoya. Le salaryman a donc hâte de retrouver son amant dès qu’il a une soirée de disponible. Car pour l’instant, Tomo cherche du travail mais ils risquent d’avoir du mal à se voir une fois qu’il commencera à travailler. Alors il profite au maximum de leurs moments d’intimité pour rester à ses côtés.

En conclusion

Ce second tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. Je suis complètement subjuguée par ce récit qui donne un aperçu plutôt intime des réflexions d’un couple gay. Même si les sentiments sont là, le doute et la peur de la réaction des autres persistent. J’espère que d’autres œuvres de l’auteure seront encore publiées en France.

Si tu m’emmenais sur une île déserte – Yamada 2chome

si tu m emmenais sur une ile deserte yamada 2chome

YAMADA 2chome 山田2丁目
ISBN: 9782368775226
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606519 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

L’étrange lien que nouent Ichimori et Akagi, ainsi qu’Akiho et Hisakuni, incapables d’exprimer simplement leurs sentiments.

Yamada 2chome sensei propose deux romances simples mais efficaces, avec des personnages maladroits en amour. La première histoire donne son titre au manga et joue sur le suspense. La narration alterne entre Ichimori et Akagi, dévoilant au fur et à mesure les secrets et le passé par brides, comme si l’on construisait un puzzle. L’amour inavoué quand les héros étaient lycéens a traversé les années, intact. Le changement de comportement d’Ichimori, devenu prudent après avoir fait fuir Akagi, soit-disant par son côté autoritaire, est appréciable. Plus mûr, le couple communique mieux. Voir le timide et coincé salaryman s’épanouir sexuellement est attendrissant. Pour le second récit, l’auteure offre une mignonne comédie jouant sur la hiérarchie et des méthodes peu orthodoxes pour séduire et transmettre ses sentiments. La relation entre le cadre et son employé reste tendue, malgré les discussions, chacun n’aimant pas céder à l’autre.

La mangaka utilise un trait dédoublé qui donne un peu d’épaisseur, mais qui reste tout de même épuré. Ses hommes ont le visage ovale, légèrement anguleux, avec des yeux fins. Leur carrure est assez musclée, en particulier Ichimori qui est coach sportif. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page très dynamique joue sur les ellipses, les absences de cadre, la forme des vignettes coordonnée à l’action. Les illustrations en début de chapitre présentent le couple de manière tendre. Les scènes érotiques sont censurées par les angles de vue et les cadrages qui évitent de montrer les parties intimes.

En résumé

Si tu m’emmenais sur une île déserte: En rentrant, Akagi tombe par hasard sur Ichimori, un ancien ami du lycée. Ce dernier, jeté par sa copine, demande à loger chez lui quelques temps en échange des tâches ménagères. Le salaryman n’arrive pas à refuser, se sentant encore redevable. En effet, amoureux de son ami, il l’avait repoussé violemment alors que le judoka, très tactile, s’approchait. Se blessant à la jambe en chutant, Ichimori a ainsi dû abandonner son rêve de carrière sportive. A son contact, Akagi se sent de plus en plus troublé, les souvenirs du passé remontant peu à peu. En outre, Onoda, une ancienne connaissance du lycée qu’il a revu lors d’une réunion d’anciens élèves, se rapproche également pour lui proposer de financer un projet. Mais pourquoi Ichimori se montre-t-il aussi délicat avec le salaryman depuis qu’il a emménagé?
Mon maître est un enfant gâté: Depuis l’enfance, Akiho Kippei et Hisakuni ont une relation particulière, reproduisant le lien hiérarchique de leurs parents. En effet, le grand-père d’Akiho était le jardinier de la riche famille Hisakuni. Devenu secrétaire, il a encore tendance à prendre soin de son supérieur. Un jour, en voulant éviter que ce dernier ne chute alors qu’il changeait une ampoule, Akiho se casse le bras. Sous prétexte de l’aider, Hisakuni en profite pour le tripoter…

En conclusion

J’aime beaucoup ces deux histoires, même si elles ne sont pas abouties à cause du format un peu court. Je trouve que Yamada sensei maîtrise déjà bien ses scénarios, même si la psychologie de ses personnages semble un peu classique. J’adore particulièrement le graphisme d’Ichimori. Mais je trouve dommage que son petit ami soit un peu plus fade. Le style de l’auteure a encore évolué. J’espère donc que d’autres de ses titres arrivent un jour en France, surtout sa dernière série Tabetemo oishiku arimasen!