Old fashion cupcake – Sagan Sagan

old fashion cupcake sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382125120
Akata, 2021
ISBN: 9784813032472 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Les regrets, parfois, c’est le carburant de la vie, ce qui attise l’envie de devenir heureux. »

Sagan Sagan sensei narre une douce romance entre deux salarymen. Elle s’appuie principalement sur le point de vue de Nozue qui a un peu perdu goût à la vie. Elle s’intéresse donc à la lourdeur répétitive du quotidien, l’étiolement des passions, la peur du changement quand on est pris dans une routine rassurante. Notre héros porte un regard pessimiste sur sa vie. Togawa, amoureux de son supérieur, va chambouler petit à petit ses habitudes. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments de Nozue, ses hésitations. Elle aborde les questionnements du quadragénaire, comme la différence d’âge, le cadre rigide hiérarchique ainsi que l’image de la société sur l’homosexualité. Elle met également en avant les freins qu’un adulte se crée lui-même, la témérité perdue de la jeunesse et la nécessité de construire soi-même le bonheur.

La mangaka a un trait anguleux et fin, assez particulier. En effet, elle le dédouble parfois et il conserve un aspect tracé, légèrement tremblant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. De même, les décors sont présents et soignés. D’ailleurs, les chapitres débutent sur l’introduction de l’environnement par de petites vignettes souvent silencieuses, plutôt rares. Cet aspect puzzle se retrouve également dans la mise en page, avec des cases aux formes strictes. Cette absence de fantaisie apporte en réalité un plus au récit, renforçant son réalisme et rappelant la rigueur de la vie adulte. Un fond gris signale discrètement les flash-back. Par ailleurs, Sagan sensei découpe les mouvements en jouant sur les zooms, les plongées et contre-plongées tout en insufflant une touche cinématographique. Elle représente les scènes érotiques de loin, ne montrant donc pas les parties intimes grâce aux angles de vue.

En résumé

Nozue (39 ans) mène actuellement une vie de célibataire monotone entre le travail et la maison. Il porte même un regard indifférent à sa carrière, ne s’investissant plus dans les projets qui pourraient lui procurer une promotion. Pourtant, ses collègues apprécient son efficacité et sa bienveillance. Sa supérieure, Kirishima, essaie de le remotiver en l’invitant à une soirée de rencontres. Mais Nozue refuse, trouvant les échanges avec des inconnues trop fatiguant. Un jour, Togawa Minoru (29 ans) l’invite à manger des pancakes dans un salon de thé à la mode, suite à une remarque du futur quadragénaire qui admirait la joie de vivre des lycéennes. En fait, le jeune subordonné souhaite lui redonner le sourire en jouant les adolescentes qui parlent de tout et de rien et s’amusent à faire des selfies…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Tagawa occupe la neuvième place du meilleur seme tandis que Nozue est classé troisième meilleur uke. Cette histoire d’amour adulte et criante de réalisme, d’abord prévue en un one-shot, a eu droit à une suite. Sagan sensei a un style narratif personnel basé sur la suggestion et l’observation. Elle laisse donc l’imaginaire du lecteur interpréter les petits gestes et mots, le guidant en douceur vers la conclusion du récit. Un petit chef-d’œuvre tout doux qui nous invite à profiter des choses simples.

Your story I have known – Suzuki Tsuta

your story I have known suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351807385
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784812470282 (JP)
Takeshobo, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un recueil de tranches de vie mettant en avant les réactions face à une déclaration d’amour.

Suzuki Tsuta sensei explore les réactions lors d’une déclaration d’amour d’un homme envers un autre homme. Elle aborde la réflexion sur l’amour homosexuel, les hésitations, le rejet ou l’acceptation, l’évolution des sentiments. Le premier récit qui donne son titre au manga présente par tranches de vie l’évolution de la relation entre Shibusawa et Matsumoto. Malgré sa tête d’ange, Haato arrive à imposer petit à petit ses sentiments à Shibusawa qui semble s’accrocher désespérément à l’hétérosexualité. Pourtant, il réalise parfaitement son attirance. L’homme de main, Toshi, apporte une touche d’humour. Par la suite, l’auteure développe des histoires courtes en un chapitre. « Oignons sautés » met en scène deux crétins amoureux qui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs désirs. Le troisième récit, avec sa touche fantastique, aborde la peur de l’influence de la solitude sur les sentiments. « Vole les yeux de dieu » questionne sur l’amour et la peur du regard des autres.

La mangaka dessine des personnages sveltes finement musclés. Elle a un trait légèrement fin et anguleux, qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques. De même, elle marque parfaitement l’âge des protagonistes par quelques rides. Les décors situent l’action mais sont soignés. Les trames d’ambiance renforcent surtout les émotions fortes. Par ailleurs, le travail général des trames est équilibré. La mise en page est simplement dynamique. Suzuki sensei ne censure pas réellement les scènes érotiques, mais elle évite de montrer les parties intimes en détail. De plus, avec le format court, ces passages sont très succincts. La postface révèle quelques secrets de création. Sous la jaquette, une illustration répond à la couverture. Au verso, un questionnaire amusant pour les lecteurs les invite à fantasmer sur la création de couples.

En résumé

Your story I have known / Our story I have known / My story you have known: Matsumoto Haato demande à Shibusawa de l’intégrer dans le clan de yakuza quand il aura fini ses études. Le lycéen, maltraité par sa mère, s’est attaché à cet homme qui s’occupait de lui quand il fréquentait sa mère. Mais le mafieux refuse catégoriquement. Néanmoins, il l’autorise à se réfugier chez lui quand cela ne va pas, n’arrivant pas à se détacher de l’adolescent. Quand ce dernier l’embrasse fou de joie, il décide de revoir également son éducation…
Oignons sautés: Negishi Taku (17 ans) a déclaré son amour à son ami d’enfance Wada Tamao (17 ans). Mais depuis, Tama le trouve beaucoup trop entreprenant…
Si ma voix te parvient: Saitô Zengo, le fantôme d’un samouraï, veille sur Shôta, un lycéen bagarreur…
Vole les yeux de dieu / Bonus: Depuis que Wakatsuki lui a fait une déclaration d’amour, de douloureux souvenirs hantent Narasaki. En effet, au lycée, ce dernier avait eu des paroles blessantes envers son ami d’enfance, amoureux de lui.

En conclusion

Avec ce recueil, l’auteure arrive malgré le format court à présenter différentes questions sur l’amour homosexuel. Même si elle n’approfondit pas le sujet, elle montre l’essentiel des premières réactions, souvent blessantes ou équivoques. J’aime particulièrement le récit principal et « Vole les yeux de dieu ». Une lecture divertissante, agréable mêlant romance et humour.

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino
Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.

Si tu insistes… – Niyama

si tu insistes niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760727
Hana, 2021
ISBN: 9784801969827 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un jeu de séduction entre deux hommes fiers.

Niyama sensei offre une comédie romantique avec deux salarymen aux caractères exacerbés qui s’affrontent dans un jeu de séduction. Shinobu, gay, se préserve des confrontations et des relations approfondies en cachant son physique attrayant et son orientation sexuelle au travail. Son côté sournois le rend un peu taquin. Hikaru, quant à lui, narcissique, aime être le centre de l’attention et cherche constamment à prouver son charme. Pourtant, il possède encore un côté naïf qui le rend adorable. En se découvrant, les deux hommes vont faire tomber leurs préjugés l’un sur l’autre et leurs sentiments vont petit à petit évoluer. L’auteure aborde ainsi le jugement sur l’apparence et la double vie que les deux hommes mènent entre travail et privé. Elle alterne la narration entre Urakawa et Omoteya, permettant aux lecteurs de découvrir leurs réflexions. Les jumeaux du bar apportent en plus une touche mignonne et loufoque avec leur cosplay.

La mangaka a un trait épuré légèrement léché. Elle porte attention aux petits gestes mais travaille surtout l’expression des visages. Shinobu a une magnifique musculature mais Hikaru, qui paraît plus sec, possède également des muscles fins. Les trames d’ambiance renforcent principalement les effets comiques. Par exemple, Omoteya étincelle littéralement entouré de roses. De même, l’utilisation des trames en général est variée mais reste équilibrée. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec des cases contemplatives. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dévoile l’art du camouflage de Shinobu.

En résumé

Au bureau, Urakawa Shinobu joue à l’employé médiocre en se camouflant derrière une tenue négligée et des lunettes aux verres épais. D’ailleurs, il ne supporte pas Omoteya Hikaru, un employé beau gosse et prétentieux considéré comme un prince. Ce dernier veut toujours le conseiller sur sa tenue. En réalité, Urakawa cache sa réelle apparence pour ne pas attirer les femmes. Gay, il aime draguer tranquillement le soir dans son bar préféré, Caprice, où il n’hésite pas à afficher son magnifique physique. Mais un jour, Omoteya remarque que son ami Tôya lit un magazine sur l’amour entre hommes. Comme leur rendez-vous avec des filles est annulé, il lui propose alors de venir avec lui dans un bar, ayant envie de tester son charme sur les hommes. Nin Nin désespère en le découvrant par hasard dans son petit paradis.

En conclusion

Ce one-shot obtient la deuxième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Urakawa Shinobu est classé premier meilleur seme tandis qu’Omoteya Hikaru est septième meilleur uke. L’auteure mène parfaitement le jeu entre les deux personnages, équilibrant l’humour, la romance et les scènes érotiques. Malgré des caractères désagréables, les personnages sont attachants. Quel plaisir de voir Shinobu et Hikaru céder peu à peu à l’amour, chacun ayant l’impression de se faire mener par l’autre! Comme d’habitude, Niyama sensei nous offre une histoire prenante, amusante et adulte.

Tokyo en avril… 2 – Haru

tokyo en avril 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382760352
Hana, 2021
ISBN: 9784813032571 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Tu es mon Tokyo en avril. »

Haru sensei conclut sa romance en transposant son sujet principal sur des thèmes plus généraux. Ainsi, après avoir analysé les sentiments de ses deux personnages, elle s’attarde sur la vision de leur relation par leur entourage. Elle s’intéresse donc à l’homophobie à travers Sanada, mais également à la perception ambiguë de la mère de Takizawa. La narration alterne toujours entre les deux héros, permettant de comprendre leurs réflexions personnelles. L’auteure continue à développer le passé des deux garçons, mettant en avant leur impuissance face aux décisions de leurs parents. Elle aborde également le harcèlement sexuel en entreprise, ainsi que les difficultés rencontrées par les victimes pour obtenir justice. Même si elle ne suit pas le procès en détail, elle donne toujours quelques indices sur son évolution. L’histoire bonus offre une anecdote toute mignonne sur le couple.

Le trait épuré et léché de la mangaka joue sur les pleins et déliés, donnant beaucoup de douceur et rappelant le style shôjo. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les deux héros rougissent facilement. Les personnages ont différentes morphologies. Par exemple, Takizawa est finement musclé tandis que Ishihara paraît beaucoup plus sec. Les décors, détaillés, renforcent l’aspect réaliste par leur présence presque constante. En plus, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique grâce aux angles de vue et aux cadrages de différentes formes. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches. Après une couverture présentant les héros dans leur quotidien de jour, sur le tome précédent, elle offre une illustration plus câline, de nuit.

En résumé

Takizawa Kazuma et Ishihara Ren sont sex friend depuis deux mois. Ren a instauré des règles limitant les contacts que Kazuma suit scrupuleusement. A la demande de son ancien chef qui a créé sa propre entreprise, Ishihara lui présente Takizawa. En apprenant que Kazuma travaille aux ressources humaines, le designer met alors en garde son ancien collègue, lui exhortant de se méfier de Sanada. Pendant que les deux amants passaient du bon temps, Maeda, cheffe de la section design 2, appelle en urgence Ren. En effet, l’acteur Furuya Kô qui a signé plusieurs contrats avec eux, fait maintenant l’objet de graves scandales. Toutes les équipes sont donc mobilisées pour trouver des solutions. Bien qu’officiellement désigné pour aider son ami, Takizawa ne le voit pas souvent. Quand les soucis sont enfin réglés, Ren se laisse câliner par Kazuma et finit même par rester chez son sex friend

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Je trouve le dénouement magnifique, avec ce couple trop mignon. Ils ressemblent à un couple d’adolescents follement amoureux, même si ils mettent du temps à réaliser l’intensité de leurs sentiments. En plus d’un beau graphisme, l’auteure dépeint avec finesse les émotions et les réactions. Un énorme coup de cœur pour moi!

L’empreinte de la passion – Minase Masara

l empreinte de la passion minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351804933
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784861342523 (JP)
Frontier works, 2008 (JP)
Titre original: 吐息よりも優しい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La passion survivra-t-elle aux secrets?

Minase Masara sensei narre une romance où la passion côtoie les secrets. Elle base la narration sur Masato. De même, elle maintient un certain suspense en ne révélant leur passé commun que par brides. Suite à sa célébrité, Kazaoka est devenu méfiant, étant souvent abordé par intérêt. Comme le couple communique peu, les quiproquos s’accumulent malgré les sentiments. L’introduction d’Ôkubo, l’ami d’Akino, apporte encore un peu plus de tension dans la relation mais permet aux deux hommes de s’ouvrir enfin l’un à l’autre. L’auteure aborde donc la difficulté à faire confiance ainsi que l’influence des secrets et du manque de communication dans une relation. Elle reprend également ce thème dans « Plus éloquent que les mots », qui complète le tome. Par ailleurs, dans l’histoire bonus, la chatte Mako apporte une touche mignonne et humoristique, devenant la narratrice.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle dessine des visages aux longs mentons. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Et la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Minase sensei cache les parties intimes grâce aux angles de vue. Elle donne sa postface en bande-dessinée. De même, quelques croquis complètent le tome.

En résumé

L’empreinte de la passion / Jeux solitaires: L’étudiant Akino Masato a commencé à travailler dans le salon de thé d’Asano en espérant y croiser l’écrivain Kazaoka Takashi (29 ans), de son nom de plume Okano Tomoharu. En vérité, ils se sont déjà rencontrés une fois mais l’écrivain ne le reconnaît pas. Pourtant, il semble s’intéresser à lui et lui révèle même son identité. Un soir, il l’invite chez lui à récupérer un tome. L’étudiant s’étant endormi, il lui vole alors un baiser. Comme Akino nourrit un amour à sens unique depuis deux ans pour Kazaoka, il décide d’en finir une bonne fois pour toute en acceptant de coucher avec lui juste un soir. Mais le jour suivant, il démissionne aussi du café…
Plus éloquent que les mots: Takase quitte Kiriyû. Hétérosexuel à la base, c’était pourtant lui qui avait demandé à son collègue plus âgé de sortir avec lui. Mais face au manque de réaction de son amant, le salarymen s’emporte…

En conclusion

Ce récit léger et simple permet de passer un agréable moment. L’auteure transcrit facilement les sentiments de ses personnages. Par contre, la première rencontre entre Kazaoka et Masato peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement étant absent. Je trouve un peu dommage de ne plus découvrir d’autres œuvres de la mangaka en France.

The monster exposed 2 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 2 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062708
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667107 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Avancer sans oublier ni recommencer les mêmes erreurs.

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit réaliste sur le repentir d’un auteur de violence conjugale. Elle alterne la narration entre Hayashida, Shûna et Yumi, détaillant leurs réflexions. Ainsi, elle permet au lecteur de mieux cerner l’évolution progressive de ses personnages. Shûna se sent impuissant mais comprend que son amant ne peut avancer que par lui-même. En effet, Yumi et Hayashida, marqués physiquement et psychologiquement, garderont toujours leurs souvenirs douloureux. L’auteure dépeint avec finesse les divers sentiments de ses protagonistes. Elle montre le malaise qui s’installe dans le couple ainsi que les difficultés à communiquer sur ce passé traumatisant. Elle distingue clairement la position de chacun, entre victime, bourreau et nouveau partenaire ignorant du passé. La volonté de trouver une solution se détache particulièrement. En fin de tome, des histoires bonus apportent une petite touche d’humour détendant l’atmosphère dramatique générale.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les détails des petits gestes et des regards transmettent indirectement les émotions ressenties par les personnages. Les décors, présents, renforcent le réalisme du récit. Ogeretsu sensei varie les nombreuses trames pour jouer principalement sur la luminosité. Elle ne censure pas les scènes érotiques, d’ailleurs très détaillées. Les couleurs des couvertures contrastent avec le caractère des personnages avec pour le premier tome, une dominante bleue pour Shûna et pour ce volume, du rouge chaleureux avec Hayashida.

En conclusion

Shûna Ayumu fait le rapprochement entre Yumi et le garçon visible sur la photographie accrochée dans la chambre de Hayashida Kannosuke. Mais il ne sait pas comment aborder le sujet avec le barman. Quand il réussit enfin à se lancer, Yumi reste vague dans ses réponses. Toutefois Shûna devine qu’ils sortaient ensemble. Alors que Hayashida se montre habituellement distant, il a envoyé des dorayaki à son amant, surpris. Lors de sa visite à Tokyo, Shûna lui propose alors un jeu érotique que son petit ami accepte. Le lendemain, il essaie de discuter de la photo avec Hayashida mais abandonne devant son air triste. En effet, ce dernier a encore du mal à se confier, persuadé d’être incompris.

En résumé

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Shûna Ayumu est classé huitième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. Une petite merveille malgré l’ambiance dramatique. Je trouve vraiment le couple de Shûna et Hayashida touchant. Ils acceptent leurs faiblesses, luttent contre leurs pulsions et cherchent à progresser. D’ailleurs, Hayashida comprend enfin qu’il a le droit d’être heureux tant qu’il résiste et se souvient du « monstre » enfoui au fond de lui. C’est très intéressant de voir ce bourreau se remettre en cause. Un titre à lire et relire sans fin.

The monster exposed 1 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 1 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062531
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403666087 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire un couple solide quand le passé empêche d’avancer?

Ogeretsu Tanaka sensei développe un peu plus la romance de Shûna et Hayashida débutée dans The proper way to write love. Elle questionne sur le basculement de la violence, entre maltraitance, harcèlement moral, pression familiale et traumatisme. En parallèle, elle approfondit la psychologie de ses personnages. Ainsi, Ayumu s’avère plus fragile qu’il n’y paraît. Attirant les filles superficielles à cause de sa beauté, il effaçait sa véritable personnalité pour répondre à leur idéal. Mais pour Kan, il souhaite réellement s’investir et devenir un soutien. L’auteure aborde la peur de blesser son partenaire physiquement ou psychologiquement, la difficulté d’une relation à distance, l’inquiétude sur l’avenir. Elle offre un chapitre sur Mayama et Yumi. Dans le livret Azami, elle décrit avec plus de précision comment et pourquoi Hayashida a basculé dans la violence. Malgré des sentiments palpables, le couple a du mal à avancer pour l’instant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques, allant jusqu’à représenter ses personnages en SD. Elle dessine des corps finement musclés qui contrastent un peu avec la douceur des visages ovales. Ses contours sont parfois très épais. Il y a beaucoup plus de trames et de décors que dans Love whispers, even in the rusted night. Les flash-back se repèrent facilement avec leur fond noir. Toutefois, les souvenirs s’intercalent souvent au récit, demandant un petit peu de concentration à la lecture. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle ajoute parfois un mignon visage au pénis. Le lettrage de JF Leyssène respecte bien le rendu de la violence des mots dans les pages où le texte envahit l’image.

En résumé

Shûna Ayumu couche régulièrement avec son supérieur Hayashida Kannosuke, depuis qu’ils sont devenus sex friends après une soirée arrosée. Toutefois, le jeune salaryman s’étonne de s’attacher de plus en plus à Kan. Mais quand il essaie de montrer ses sentiments, son partenaire préfère fuir. En effet, ce dernier cache de lourdes blessures psychologiques ayant, par le passé, violenté son ex petit ami Yumi. Shûna, de plus en plus curieux du passé de Hayashida, n’ose pourtant pas l’interroger alors qu’il souhaite de tout son cœur le soutenir. Mais voilà que la société le mute pendant deux ans à Ôsaka.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. Shûna Ayumu est classé cinquième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. L’auteure continue à aborder le thème de la violence conjugale en s’intéressant à la reconstruction difficile de Hayashida, hanté par son passé. Je trouve intéressant de développer également la vision du responsable des actes de violence. J’ai maintenant envie d’encourager Shûna. Vivement la suite!

The proper way to write love – Ogeretsu Tanaka

the proper way to write love ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375060346
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784403664687 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: 恋愛ルビの正しいふりかた
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des amours maladroits qui blessent plus les partenaires qu’ils n’apportent de joie.

Ogeretsu Tanaka sensei offre deux romances avec des amours maladroits et blessants sans le vouloir. Dans le premier récit, qui donne son titre au manga, elle s’intéresse à la vengeance. Elle base la narration sur le point de vue de Suzuki. Elle dévoile les souvenirs du héros petit à petit, permettant d’éclaircir peu à peu ses sentiments. Ainsi, la cohabitation permet à Hiromu et Natsuo de mieux se découvrir. Le côté ingénu de Washizawa apporte une touche humoristique. Ensuite, l’auteure s’intéresse à ce que devient Hayashida, de Love whispers, even in the rusted night. Elle aborde la peur de redevenir violent envers un partenaire, les regrets et le désir de changer. Shûna se montre très patient avec Kannosuke qui oscille souvent entre acceptation puis rejet de l’être aimé. Toutefois, il lui fait clairement comprendre la différence de traitement entre une relation charnelle et relation amoureuse.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des hommes finement musclés, n’hésitant pas à mettre en avant leur plastique. Elle utilise avec parcimonie les trames d’ambiance, appuyant ainsi le côté réaliste du récit. D’ailleurs, les décors sont soignés et très présents. De même, l’équilibre des trames ne surcharge pas les pages qui sont agréables à lire. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose. Elle donne beaucoup de détails sur la création des histoires dans sa postface en deux planches.

En résumé

The proper way to write love: Au lycée, Suzuki Hiromu fréquentait le club d’horticulture et était constamment la cible de délinquants dont Washizawa Natsuo. Pour se venger, il a choisi des études de coiffure mais en fin de compte passionné par ce métier, il en a oublié son objectif premier. Pourtant, un jour, Washizawa vient dans le salon où il travaille. Comme il vient tous les jours, Suzuki a peur d’avoir été reconnu mais son ancien bourreau lui déclare son amour et lui propose de sortir avec lui. Le coiffeur accepte, heureux de pouvoir enfin accomplir sa vengeance…
Le monstre refoulé / Monster sugar: Shûna Ayumu et Hayashida Kannosuke couchent ensemble depuis une soirée trop arrosée. Compatible sexuellement, ils ont une simple relation de sex friends. Mais Shûna s’intéresse de plus en plus à son senpai depuis qu’il a vu son sourire éclatant, quand il était au lycée, sur une photo accrochée à un mur. En plus, Hayashida ne semble pas non plus indifférent à son charme puisqu’il se montre parfois jaloux. Ses sentiments naissants, Ayumu souhaite se rapprocher de Kannosuke mais ce dernier rejette ses petites attentions. En effet, ce dernier reste hanté par la violence qu’il usait contre son ancien petit ami et il a peur de recommencer en s’attachant à un nouveau partenaire. Mais étrangement, il arrive à se confier à Shûna…

En conclusion

Ce manga obtient la quatrième place au Chill Chill BL award 2016. Shûna se classe septième meilleur seme, Hayashida troisième meilleur uke et Washizawa Natsuo quinzième meilleur uke. D’ailleurs, j’adore Natsuo! Il est tellement mignon par son innocence, ses larmes faciles et sa maladresse. De même, impossible de rester indifférente aux changements de Hayashida. Je trouve que l’auteure arrive facilement à émouvoir tout en décrivant avec finesse la psychologie de ses personnages.

Sleeping lovers – Asai Sai

sleeping lovers asai sai
ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774823
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407298 (JP)
Kaiohsha, 2015(JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des romances dans lesquelles les sentiments sont tus.

Asai Sai sensei offre un recueil d’histoires, abordant différents sujets en lien avec le sentiment amoureux. D’ailleurs, il est un peu dommage qu’elle n’approfondisse pas les thèmes abordés, comme l’inceste, l’orientation sexuelle, la communication. Pour son premier manga, le traitement narratif possède encore quelques maladresses mais dégage déjà un certain romantisme. Le premier récit qui se déroule sur plusieurs chapitres donne son titre au manga. L’auteure installe un triangle amoureux, basant sa narration sur Aki. Avec le second récit, elle interroge sur l’influence extérieure des rumeurs. Dans « Le langage du cœur » et « Secret love », elle aborde le manque de communication au sein d’un couple qui a débuté sans déclaration des sentiments.

La mangaka a un trait très épuré et anguleux, avec un style graphique très shôjo. Ses hommes sont plutôt élancés et fins. Elle s’appuie beaucoup sur les trames d’ambiance. Par contre, les décors situent principalement les actions. De même, la mise en page, dynamique, utilise beaucoup les ellipses ou les cases vides. Asai sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle évite également de donner trop de détails dans les scènes érotiques. Pourtant, une certaine sensualité se dégage de ces passages.

En résumé

Amour endormi / Encore plus qu’une fleur / Bonus: Bien qu’il ait la côte auprès des filles, Tachibana Haruka refuse toutes leurs déclarations d’amour. En effet, il est secrètement amoureux de son père. Seul son ami d’enfance, Sakai Aki, est au courant. Tout en l’encourageant, ce dernier nourrit un amour à sens unique pour Haru, acceptant même de jouer le substitut du paternel.
Elle est pour toi!: Au lycée, Aoshi et Daiki sont amis. Un jour, durant une discussion, Aoshi annonce à leur groupe d’amis qu’il est homosexuel et aimerait donner sa virginité à Daiki. Depuis les rumeurs vont bon train sur le « couple »…
Le langage du cœur: Sawai et Aida couchent ensemble mais n’ont jamais déclaré leurs sentiments. Comme Aida est plutôt impassible, Sawai se demande s’il arrive à le satisfaire.
Secret love: Sugita et Hayase ont pris l’habitude de s’embrasser quand ils prennent une pause au fumoir. Hayase, homosexuel, n’attend pas grand-chose de Sugita, hétérosexuel à la base. Mais le fumoir va bientôt fermer pour être transformé en bureau et leur étrange relation risque alors de prendre fin…

En conclusion

Les sentiments incestueux que nourrit Haru envers son père et son ami qui en profite peuvent gêner. Pour le reste, les relations sont plutôt consenties, même si les sentiments ne sont pas clairement exprimés. Rien d’exceptionnel, mais la suite avec Dazzling lovers montre les progrès de la mangaka et me donne envie de garder un œil sur son travail. Une lecture détente.