Cherry magic 4 – Toyota Yuu

cherry magic 4 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 9782385314392
Akata, 2024
ISBN: 9784757566491 (JP)
Square enix, 2020 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 4
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Rien qu’à l’entendre, j’ai le cœur qui bat la chamade! »

Toyota Yuu sensei continue de jouer sur les poncifs des BL tout en brisant les moments les plus romantiques avec humour. D’ailleurs, elle dénonce la vision commerciale et les clichés sur les rendez-vous amoureux en général, imposés par les magazines et admis depuis par la société. En plus de son manque de confiance en soi et la tendance à se déprécier, Adachi redoute le jugement et les regards extérieurs. Pourtant, il prend de l’assurance en découvrant les faiblesses de Kurosawa, grâce à la lecture de ses pensées. L’auteure alterne quiproquos, réactions exagérées, tension et moments tendres et romantiques avec dextérité. Elle aborde le manque de communication, la culpabilité ressentie face aux secrets dévoilés grâce au pouvoir de lire dans les pensées. Dans les chapitres bonus, elle continue la romance entre Tsuge Masato et Minato. Un chapitre spécial s’intéresse également aux spécificités des fujôshi avec Fujisaki.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors, soignés, apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise souvent les superpositions de vignettes. Dans la postface, Toyota sensei offre des anecdotes amusantes sur la création de son manga et annonce une adaptation en série télévisée. Comme dans le tome précédent, les pensées lues par Adachi apparaissent en rose. Par ailleurs, les éditions Akata propose une version collector dans laquelle les pensées en rose sont dans tous les chapitres. La couverture diffère également. Un livret bonus accompagne le tout contenant des illustrations couleurs, des yonkoma en couleur et une histoire reprenant les fantasmes des fujôshi du bureau: Fujisaki, Hatori et Suga.

En résumé

Adachi a couru jusqu’à l’aéroport pour déclarer ses sentiments à Kurosawa Yûichi qui était de retour d’un déplacement. Quand les deux hommes s’enlacent, le magicien s’inquiète un peu en découvrant le combat intérieur du beau gosse. Mais Asahina les interrompt. Heureusement, Adachi repousse de justesse son « nouveau » petit ami. De retour chez lui, il reçoit un appel de Kurosawa qui lui propose alors une sortie à deux le week-end.

En conclusion

Toyota Yuu sensei arrive à nous faire rire dans les moments les plus romantiques en détournant les clichés classiques du genre. Par ailleurs, elle offre indirectement une critique légère de la marchandisation de l’amour et de la construction de certains clichés. Son graphisme est efficace et agréable. Je craque complètement pour tout ce petit monde qui cache beaucoup de chose derrière leurs sourires conciliants. Une lecture touchante et amusante, avec une relation si mignonne dans laquelle on se retrouve forcément à un moment.

Un amour de robot – Kanipan

un amour de robot kanipan

Kanipan
ISBN: 9782382764411
Hana, 2024
ISBN: 9784866694337 (JP)
J publishing, 2021 (JP)
Titre original: 足りないふたり
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Ce collègue masculin peut-il aider Kio à oublier sa déception amoureuse? »

Kanipan sensei narre une romance entre deux hommes qui éprouvent des difficultés à montrer leurs émotions. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, Kio se cache constamment derrière un sourire conciliant mais arrive à faire tomber le masque face à Osamu. Bannai quant à lui, agit tel un robot, analysant et expérimentant différents sentiments. Grâce à Shiomi, il progresse dans la compréhension de ses émotions et fait de plus en plus d’efforts pour les exprimer. Bien que le couple avance avec maladresse, programmant même des objectifs, il communique beaucoup. D’ailleurs, l’auteure qui a débuté la relation par un rapport non consenti, rééquilibre rapidement la situation après une mise au point. Elle aborde donc la question du substitut suite à un échec amoureux, la difficulté à exprimer ses sentiments, la construction d’une relation par la communication, l’acceptation des défauts de son partenaire. Les quiproquos ajoutent une note d’humour.

La mangaka a un trait épuré très anguleux, presque raide, qui rappelle le style des années 1990. Elle le simplifie à l’extrême et le déforme même dans les passages humoristiques. Par exemple, elle dessine Kio et Osamu en wanko. Des hachures marquent les ombres fortes. Ainsi, les trames servent principalement pour les couleurs en aplat et les effets d’ombre. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page classique propose néanmoins quelques pages plus dynamiques. Bien que Kanipan sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle cache souvent les parties intimes en jouant sur les angles de vue ou les cadrages. A la fin de certains chapitres, elle dévoile des renseignements complémentaires à travers quelques petits dessins.

En résumé

De par son éducation stricte, Shioumi Kio a appris à cacher constamment ses émotions derrière un sourire conciliant. Ainsi, il n’a jamais osé déclarer ses sentiments à sa supérieur Yatani, qui s’est alors mariée récemment. Il a également du mal à s’entendre avec son collègue Bannai Osamu qui parle beaucoup trop directement et qui ne lit pas les ambiances. Un jour, cet homme qui agit comme un robot et l’observe tout le temps, lui demande alors de lui expliquer ce qu’est l’amour. Comprenant que Bannai a du mal à comprendre les émotions, Kio sympathise finalement avec lui. Mais curieux d’expérimenter l’amour, son collègue lui propose de sortir ensemble. Et Kio accepte en espérant ainsi oublier son échec amoureux.

En conclusion

Kanipan sensei propose un scénario à la base plutôt intéressant sur la difficulté à exprimer ses émotions. Malheureusement, le format one-shot le dessert car elle enchaîne maladroitement et trop vite les évènements, ayant beaucoup de choses à aborder. En plus son graphisme très anguleux pourra déplaire au public actuel. De même, la première relation, non consentie, pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’apprécie beaucoup l’histoire après la mise au point entre les deux héros, Kio comprenant le problème de son partenaire et le prenant donc en main pour le guider. Je trouve leur évolution mignonne et attendrissante. Un titre qui ne restera pas dans les mémoires mais qui peut trouver son public, je pense.

Fake fact lips – Suehiro Machi

fake fact lips suehiro machi

SUEHIRO Machi 末広マチ
ISBN: 9782382764473
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801973282 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Celui qui fait tomber amoureux l’autre gagne! »

Suehiro Machi sensei propose une comédie romantique entre deux salarymen qui passent leur temps à se chamailler dans des compétitions. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, expliquant également l’origine de leur rivalité. Ainsi, l’orgueilleux Shitô était complexé par rapport à son frère et Yotsuya cherchait surtout à répondre aux attentes de ses parents. Leur rencontre leur a permis de créer une relation certes conflictuelle mais respectueuse. Un jeu de séduction commence entre les deux hommes mais leur esprit combatif prend toujours le dessus, apportant beaucoup d’humour. De même, leurs collègues temporisent autant que possible leurs ardeurs. L’auteure analyse l’évolution des sentiments des deux héros. Elle aborde le doute qui s’installe entre manipulation et confidence, la difficulté à admettre ses sentiments quand on est mauvais perdant, la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait légèrement épuré au contour épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique varient souvent les angles de vue. De même, la forme des phylactères change selon les intonations, distinguant également les pensées de l’oralité. Bien que Suehiro sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle évite toutefois de trop exposer les parties intimes.

En résumé

Yotsuya Ryô, de la section 1 du département des ventes, et Shitô Zen, de la section 2 du même département, sont les meilleurs commerciaux de l’entreprise. Ils se connaissent depuis le lycée mais ont toujours rivalisé sur tout et n’importe quoi comme leurs résultats scolaires ou sportifs, les chocolats récoltés à la Saint-Valentin et maintenant l’obtention des contrats. A chaque défi, le perdant doit alors faire ce que demande le gagnant. Après plusieurs défaites d’affilée, Shitô doit payer à boire à son rival. Mais au cours de la conversation, il propose encore des petits défis dont l’un un peu fou: savoir qui jouira en premier. En fin de compte, les deux salarymen finissent par coucher ensemble emportés par l’excitation. Et pourtant, ils se lancent encore dans le pire défi de leur vie: faire tomber l’autre amoureux.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Shitô Zen se classe treizième meilleur uke. Suehiro Machi sensei a un graphisme très efficace. Elle alterne avec brio moments comiques et tons plus sérieux. Elle casse néanmoins les moments romantiques avec humour, relançant constamment son histoire avec un rythme soutenu. Certains lecteurs pourront toutefois se lasser des gags répétitifs. Si vous avez aimé, sachez qu’une suite est déjà sortie au Japon, en deux tomes. Pour ma part, j’attendais ce titre depuis longtemps. Je suis donc complètement sous le charme, d’autant plus que j’adore la dynamique entre les personnages. Coup de cœur confirmé!

La silhouette d’un solitaire – Yuitsu

la silhouette d un solitaire yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382764374
Hana, 2024
ISBN: 9784758079242 (JP)
Ichijinsha, 2019 (JP)
Titre original: 構いたくなる背中
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Si j’avais quelqu’un comme toi à qui parler, je n’aurais plus besoin de faire tout ça. »

Yuitsu sensei narre une romance entre deux collègues qui cohabitent ensemble et tombent petit à petit amoureux. Comme à son habitude, elle surpasse le scénario classique en analysant avec finesse les émotions de ses personnages. Ainsi, elle aborde la solitude, le besoin de chaleur humaine, la peur de blesser, le bonheur des moments partagés au quotidien avec un être aimé. La narration se base principalement sur le point de vue de Sakura. Depuis la trahison de son ex, le salaryman ne croit plus en l’amour sincère et a peur d’aimer à nouveau. Le prévenant Hasegawa se retient pour devenir avant tout un confident, fuyant également son attirance. Ainsi l’auteure joue sur les malentendus et le manque de communication pour dynamiser la relation. Avec Igarashi, elle s’intéresse à l’adultère. Elle transforme même la libido exacerbée de Seizô en moment comique.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Bien qu’elle le simplifie dans les passages humoristiques, il paraît surtout épuré. Elle dessine des corps athlétiques empreint de virilité et pourtant, Sakura dégage une certaine fragilité malgré sa musculature. Les trames variées sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors très présents renforcent également le réalisme. Malgré une mise en page plutôt classique, la taille des vignettes et les angles de vue varient souvent. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Depuis que Sakura Seizô a quitté son petit ami Igarashi Jun qui le trompait, il collectionne les coups d’un soir et refuse de s’engager dans une relation sérieuse. Alors qu’il allait conclure dans une ruelle avec un type rencontré dans un bar, un bel homme vient à son secours, persuadé que Sakura était agressé. Mais le lendemain, il croise à nouveau l’inconnu à son bureau. En effet, Hasegawa Yuki est leur partenaire d’un nouveau projet. Seizô supporte de moins en moins le jeune salaryman qui a la fâcheuse tendance à gâcher ses plans dragues en apparaissant toujours au mauvais moment. Convoqué au bureau suite à une erreur alors qu’il était en plein ébats, Sakura réalise subitement qu’il confie en fin de compte facilement ses déboires à Hasegawa. Ce dernier lui propose alors de vivre ensemble.

En conclusion

Bien que ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas profonds avec un sujet travaillé, appréciant le romantisme du couple ainsi que la beauté de leur musculature. En effet, Yuitsu sensei crée des personnages touchants avec leur facile embarras face au romantisme. Elle construit également un récit réaliste et adulte. En plus, son graphisme est un régal pour les yeux. Une lecture séduisante qui met en avant le simple bonheur de vivre avec celui qu’on aime.

Cherry magic 3 – Toyota Yuu

cherry magic 3 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 9782385316181
Akata, 2024
ISBN: 9784757563902 (JP)
Square enix, 2019 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 3
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Adachi se dit que le calme apparent de Kurosawa force le respect… »

Toyota Yuu sensei incite les lecteurs à s’interroger sur les classiques déclencheurs de situation romantique des BL. Elle alterne la narration entre les différents personnages, permettant ainsi d’avoir différents points de vue. Ainsi, Fujisaki s’avère être une fujôshi et son imagination débordante crée des quiproquos hilarants. Les réactions effarouchées d’Adachi paraissent alors tout à fait réalistes. D’ailleurs, le « magicien » réfléchit sérieusement à son attirance pour son collègue. Kurosawa contient tant bien que mal sa jalousie derrière son masque de perfection. Rokkaku qui intervient toujours aux mauvais moments, ajoute une note comique. L’auteure fait avancer son scénario d’un coup avec de belles déclarations. Dans les histoires bonus, elle développe un peu plus les personnages secondaires. Par ailleurs, elle donne une autre version moins romancée et plus comique du pouvoir en s’amusant avec la maladresse de Tsuge, complètement sous le charme de Minato.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, des trames rayées recouvrent les souvenirs furtifs, permettant de les remarquer immédiatement. La mise en page est par ailleurs dynamique. Comme dans le tome précédent, les pensées entendues par Adachi apparaissent en rose dans le premier chapitre. Par contre, Toyota sensei représente graphiquement les voix intérieures de Kurosawa qui se battent pour garder raison. Ces scènes apparaissent également en rose au premier chapitre. Les illustrations en début de chapitre donnent l’ambiance à venir, les personnages posant dans leur quotidien ou apparaissant en miniature avec de la nourriture.

En résumé

La sœur de Kurosawa, désirant encore loger chez lui, force Yûichi à dormir chez Adachi. Malgré son air impassible, le salaryman jubile de bonheur à chaque instant où leur cohabitation prend des airs de vie de couple. Il se montre alors très prévenant. Adachi réalise donc les profonds sentiments que nourrit son collègue pour lui. Bien qu’il s’interroge encore sur son attirance peut-être réciproque, il panique pourtant à chaque fois qu’il découvre involontairement les fantasmes trop coquins de Kurosawa. Au bureau, Rokkoku Yûta remarquant la complicité entre les deux hommes, s’invite alors chez Adachi en apprenant qu’ils logent temporairement ensemble.

En conclusion

Toyota Yuu sensei maîtrise la balance entre tension, comique et émotions. Elle incite également à la réflexion sur la construction des histoires BL en ajoutant une note réaliste à cet univers fantastique. Je craque complètement pour tous les personnages. Une comédie romantique mignonne qui offre un excellent moment de lecture et de détente!

Old fashion cupcake with cappuccino – Sagan Sagan

old fashion cupcake with cappuccino sagan sagan

SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382122792
Akata, 2023
ISBN: 9784813032823 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si je me laisse aller, je risque d’être emporté par une passion qui n’est plus de mon âge… »

Sagan Sagan sensei continue d’explorer les freins que se crée Nozue à cause de son âge mais également de sa hantise du jugement extérieur. Elle base sa narration principalement du point de vue du quarantenaire, partageant ses sentiments contradictoires. En effet, sa relation lui apporte une nouvelle jeunesse mais ses difficultés à concilier vie privée et travail le ramènent rapidement à la réalité. Togawa accepte mal ce retournement bien qu’il ait conscience des risques. L’impact de leurs décisions unilatérales entrainent des disputes. Ainsi, l’auteure aborde la cohabitation et l’engagement sur le long terme, le poids de la différence d’âge dans un couple. Elle montre différentes réactions des collègues, qui apportent à leurs manières leurs conseils. Comme dans le tome précédent, elle met en avant l’appréhension face aux changements et le travail sur soi pour avancer en dehors des images idéales fixées par la société.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle détaille avec réalisme les décors, les faisant même participer à la narration en diffusant quelques indices ou une ambiance. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, un fond gris clair indique sobrement les flash-back. Ainsi, la douceur présente dans les tons pastels des premières pages se propage malgré tout à travers tout le tome par des contrastes noirs et blancs réalistes et peu marqués. Par ailleurs, Sagan sensei décompose les mouvements et s’attarde sur les détails des petits gestes. Elle change également souvent les angles de vue, dynamisant un agencement de cases pourtant classique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, deux planches offrent une histoire toute mignonne à lire à la fin.

En résumé

Togawa Minoru découche souvent chez son petit ami Nozue Sanae. Il apprécie d’être réveillé par ce dernier et profite ainsi de chaque instant pour le câliner. Comme cela fait trois jours de suite qu’il vient, il emprunte une cravate à son supérieur mais ce dernier la lui offre. Nozue se laisse également emballer par sa passion et lui prépare même un bento. Il remarque d’ailleurs que Togawa laisse de plus en plus d’affaires chez lui. Mais au bureau, Kakitani remarque le changement d’humeur de Nozue et reconnaît sa cravate sur Togawa. Réalisant son imprudence, le quarantenaire installe soudain une certaine distance avec son subordonné.

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Togawa Minoru se classe quatorzième meilleur seme tandis que Nozue Sanae est huitième meilleur uke. Sagan Sagan sensei approfondit son récit avec cette fois-ci une tranche de vie du couple qui affronte un moment critique dans leur relation. Elle offre toujours un merveilleux travail graphique très personnel, basé sur la suggestion. Quel bonheur de découvrir la suite de ce récit aussi criant de réalisme et adulte. En plus, l’action se situant pendant les fêtes de fin d’année, je trouve que sa lecture se marie parfaitement à la saison. Une pépite de douceur!

Cherry magic 2 – Toyota Yuu

cherry magic 2 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 978238227483
Akata, 2023
ISBN: 9784757561274 (JP)
Square enix, 2019 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Pour la première fois de ma vie, je trouve un homme mignon… »

Toyota Yuu sensei continue de nous amuser avec les aventures d’Adachi. Elle reprend les évènements classiques des romances BL entre salarymen, comme par exemple la sortie de cohésion, la forte fièvre, mais tourne en dérision les moments romantiques. De même, elle dénonce la lourdeur de certaines pratiques de drague. Ainsi, les techniques de séduction du « beau gosse » ne fonctionnent pas sur Adachi. D’ailleurs, les faiblesses de Kurosawa cassent son image d’homme parfait. La narration alterne entre les héros. L’auteure décortique la naissance des sentiments et les questionnements des protagonnistes. Elle introduit de nouveaux personnages qui font bouger les deux salarymen: la nouvelle recrue trop enthousiaste Rokkoku Yûta, la gentille mais distante secrétaire Fujisaki, la taquine sœur de Kurosawa. Elle continue également les aventure de Masato Tsuge (30 ans) dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré proche du style shôjo. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle met également en avant la fine musculature de Kurosawa. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques qui appuient les émotions. Les autres trames sont très variées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Comme dans le tome précédent, les pensées lues apparaissent en rose dans le premier chapitre. Par la suite, un format fixe permet de les repérer immédiatement: une police spécifique et des guillemets (un beau travail imperceptible de la lettreuse Audrey Martor). La mise en page est dynamique. D’ailleurs, Toyota sensei n’hésite pas à reprendre le format des jeux vidéos dans le premier chapitre. Par ailleurs, la couverture utilise un vernis sur certains éléments donnant un bel effet à la lumière.

En résumé

Adachi se sent gêné vis à vis de Kurosawa Yûichi après avoir fui sa déclaration lors de leur sortie entre collègues, la veille. Pourtant son collègue se comporte normalement. D’abord admiratif d’un tel sang-froid, il se ravise rapidement en découvrant ses pensées secrètes. D’ailleurs, sa technique pour le séduire petit à petit fonctionne totalement, avec un simple cadeau souvenir bien choisi…

En conclusion

Bien que ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, il est cité parmi les meilleures séries pures qui fendent le cœur. Toyota Yuu sensei enchaîne avec brio quiproquos et tension romantique, surprenant le lecteur. Son graphisme va à l’efficacité et exprime parfaitement les émotions des personnages. Je suis complètement séduite par ce titre qui offre un moment de lecture doux et amusant. Ceux qui ont eu la chance d’acheter leur tome à la Y/CON 2023 ont pu également recevoir un magnifique stand acrylique de la série. Du bonheur!

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant? – Kiyama Haru

alors qu est ce qu on fait maintenant kiyama haru

KIYAMA Haru 木山はる
ISBN: 9782382764053
Hana, 2023
ISBN: 9784799752937 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« L’amour est vraiment quelque chose de complexe!! »

Kiyama Haru sensei narre une douce romance entre deux hommes blessés par l’amour. Elle aborde les difficultés à affronter la réalité, à se remettre en question et à reprendre confiance en soi après un échec. Elle joue sur les quiproquos entre ses deux personnages aux caractères opposés. Ainsi, le bavard et intrusif Ôtsu ne se rend pas souvent compte que sa trop grande gentillesse peut blesser ses partenaires. Le renfermé Aki, quant à lui, supporte de moins en moins son lourd secret et réussit à mieux cerner ses émotions grâce à son nouveau confident. Les deux hommes apprennent à se connaître et construisent leur relation à tâtons. L’auteure diffuse le passé de ses personnages au compte-goutte et maintient ainsi un certain suspense. Elle s’intéresse au sentiment de solitude malgré un entourage bienveillant. Yoshida, l’ami et confident d’Ôtsu, ramène par ailleurs ce dernier à la réalité par ses conseils avisés.

La mangaka a un trait épuré et fin, plutôt anguleux qui garde son tracé discontinu. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue également sur la forme des phylactères pour transcrire les émotions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont variées. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir ou gris. La mise en page très dynamique rythme la lecture entre grandes vignettes, ellipses et superpositions. Dans les scènes érotiques, Kiyama sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou de larges bandelettes. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans le récit ou présente le quotidien des personnages. A la fin de certains chapitres, elle offre quelques croquis apportant une anecdote.

En résumé

Fraîchement divorcé, Ôtsu Yûsuke (32 ans) ne supporte plus les regards curieux de ses collègues ainsi que les rumeurs qui circulent à son sujet. Devenu la cible des femmes de l’entreprise, il décide de s’inscrire sur une application de rencontre gay. Son premier rendez-vous avec Aki (26 ans) ne se passe pas comme il l’espérait. Il voulait passer du bon temps à tranquillement discuter alors que son partenaire, prisonnier d’un amour à sens unique, cherche simplement un coup d’un soir pour tromper sa solitude. En plus, ayant la fâcheuse tendance à toujours aider son prochain, Ôtsu se fait arroser par des clients virulents en intervenant avant les serveurs. Mais appréciant la compagnie d’Aki, il lui propose un autre rendez-vous.

En conclusion

Pour son premier one-shot, Kiyama Haru sensei maîtrise assez bien le format et développe même une histoire dynamique apportant un peu de réconfort. Elle utilise plutôt bien les codes graphiques pour transcrire les ambiances et émotions. Par ailleurs, les quelques maladresses n’attirent pas l’attention du lecteur. Je suis simplement charmée par les personnages attachants. Une lecture agréable.

Cherry magic 1 – Toyota Yuu

cherry magic 1 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 9782385315337
Akata, 2023
ISBN: 9784757558359 (JP)
Square enix, 2018 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 1
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je peux lire les pensées. »

Toyota Yuu sensei offre une comédie romantique avec une petite note fantastique, démarrant directement son récit avec deux couples potentiels. Elle alterne la narration entre ses héros, mais fait également intervenir un narrateur externe qui ajoute une touche d’humour par ses précisions. Elle joue donc sur les quiproquos et les clichés du BL pour créer des situations tendues et amusantes. Adachi et Kurosawa se lient rapidement d’amitié, se découvrant des points communs. Le salaryman n’hésite pas à utiliser son pouvoir pour s’assurer de ses préjugés sur les beaux gosses mais son collègue le surprend à chaque fois. Ainsi, l’auteure aborde le jugement sur l’apparence, les liens parfois intéressés, la culpabilité de ne pouvoir répondre à des attentes. Dans les chapitres bonus, elle développe les personnages secondaires, dévoilant des facettes plus complexes de leurs personnalités. Elle apporte une autre vision de l’utilisation de ce pouvoir avec Tsuge Masato, l’ami romancier d’Adachi.

La mangaka a un trait épuré, en rondeur, proche du style shôjo. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. Par contre, les trames d’ambiance, souvent très graphiques (fleurs, éclairs, bulles vaporeuses, poussins), se concentrent autour d’un personnage pour illustrer ses émotions. Dans le premier chapitre, les pensées sont en rose, ce qui est très pratique pour les repérer. De même, une pensée trop intense apparaît en image. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Toyota sensei n’hésite pas à représenter la bonne et mauvaise conscience de Kurosawa sous forme d’adorables anges et démons en SD. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

A 30 ans, Adachi, toujours vierge, a développé un pouvoir magique: il peut entendre les pensées des personnes qu’il touche. Même si cela ne change pas grand chose à sa vie plutôt banale, cela le conforte dans sa réserve. Mais un jour, par curiosité, il essaie d’écouter les pensées de son collègue Kurosawa, le beau gosse de l’entreprise qui assure au travail. Il découvre alors que ce dernier craque pour lui. Croyant d’abord à des hallucinations auditives, il se laisse pourtant de plus en plus conquérir par sa bienveillance. Un soir, ayant raté le dernier train à cause d’heures supplémentaires, Kurosawa l’invite à dormir chez lui. Aurait-il des arrière-pensées?

En conclusion

Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Toyota Yuu sensei installe rapidement les personnages et le contexte pour nous plonger dans des saynètes amusantes. Pourtant, elle développe l’histoire au fil des chapitres. J’avais adoré l’adaptation drama de la série, disponible en streaming sur Crunchyroll. J’apprécie le dessin efficace pour exprimer les émotions et l’imagination. Un petit coup de cœur, évidemment pour cette série mignonne.

Le menteur amoureux – Shimochi

le menteur amoureux

Shimochi 四持
ISBN: 9782382763544
Hana, 2023
ISBN: 9784824001009 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Titre original: 嘘つき男の愛はダダ漏れ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une jolie romance qui interroge sur le besoin de trouver un équilibre entre vie privée et don de soi. »

Shimochi sensei narre une romance classique entre salarymen mais y ajoute une petite note paranormale avec le don de Sorami. Elle base d’ailleurs la narration du point de vue de ce dernier. Elle installe un jeu de séduction entre ses deux héros qui ont tendance à cacher leurs réelles intentions. Ainsi, Hyôdô dit souvent le contraire de ce qu’il pense, exprimant maladroitement ses sentiments. Asaya quant à lui, utilise son don pour plaire à tout le monde, débordant pourtant de gentillesse. En se confrontant constamment, les deux salarymen vont apprendre à se connaître et devenir ainsi plus francs. Après avoir créé des tensions avec les mises au point percutantes du couple, l’auteure détend l’atmosphère en s’intéressant à son évolution. Elle aborde donc le poids des secrets dans un couple, l’équilibre qui s’installe dans une relation grâce à la communication. En bonus, elle offre un aperçu de leur vie à deux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Pour représenter les humeurs, elle exagère un peu plus les expressions mais joue également avec les trames, n’hésitant pas à transformer en onomatopée l’émotion. Sorami voit son nez s’allonger lorsqu’il se montre trop fier et vantard. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique avec particulièrement des angles de vue variés. Shimochi sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Sorami Asaya peut ressentir les atmosphères et les humeurs autour de lui. Grâce à son don qui lui facilite les relations sociales au travail, il a pu rattraper une erreur sur un gros contrat. Par contre, il ne comprend toujours pas pourquoi l’excellent nouveau vendeur, Hyôdô Yukihito, le déteste. Décidé à sympathiser avec lui, il l’aide à s’extirper d’une soirée trop arrosée entre collègues, devinant que le nouveau se sent mal. Alors qu’il essaie de lui faire cracher la vérité, Hyôdô l’embrasse soudain. A sa surprise, bien que le vendeur dit le détester, Sorami entend pourtant les pensées de son collègue déclamer tout son amour pour lui.

En conclusion

Shimochi sensei propose un récit mignon et sans prétention, avec un graphisme agréable mais commun. Le format one-shot rend malheureusement l’histoire un peu expéditive. En plus, le climax redescend un peu tôt. Toutefois, j’aime beaucoup la dynamique entre les personnages et surtout leur évolution. Idéal pour se détendre sans prise de tête !

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