Tokyo en avril… 1 – Haru

tokyo en avril 1 haru

Haru ハル
ISBN: 9782368777190
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032304 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Après dix ans sans contact, que cache Ren à Kazuma?

Haru sensei propose de suivre une romance entre un premier amour réciproque perdu de vue depuis 10 ans. Elle alterne la narration entre Kazuma et Ren tout en intégrant des flash-back permettant de remonter les évènements au fil des chapitres, maintenant ainsi le suspense. D’ailleurs, elle donne le point de vue de chacun des héros sur un même évènement. Tandis que les sentiments de Takizawa sont restés suspendus depuis leur séparation abrupte involontaire, Ishihara, qui culpabilise, a peur que son ami découvre ce qui lui est arrivé. En outre, Ren doute toujours des sentiments de Kazuma, hétérosexuel à la base. L’auteure travaille particulièrement la psychologie de ses personnages. Elle s’attarde principalement sur leurs sentiments, leurs réflexions et leurs questionnements. Ainsi, les incompréhensions et méprises polluent leur relation, même amicale. L’introduction de Yagami Ryûnosuke, ami gay de Ren, permet de secouer un peu Kazuma.

La mangaka a un trait assez fin et épuré. Elle s’attache aux détails et petits gestes. De même, elle joue beaucoup sur les expressions des regards. Ses personnages sont longilignes. Pour les passages humoristiques, Haru sensei simplifie ses traits, arrondissant légèrement les visages. Le style général un peu shôjo dégage une certaine douceur et met en avant l’esthétique des personnages. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques détaillées sont censurées par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Takizawa Kazuma, de retour des États-Unis, débute dans une nouvelle entreprise japonaise de publicités, à la section ressources humaines. Cela fait dix ans qu’il n’a pas mis les pieds à Tokyo, n’y ayant vécu qu’un an avec sa mère divorcée. A peine arrivé, il reconnaît soudain son ami de collège Ishihara Ren. Ce dernier, en pleine dispute avec le chef de la section RH, Sanada Hayato, est responsable de l’équipe design 1. Mais il se montre distant avec lui. Comme Ren avait changé de nom, Kazuma n’avait pu reprendre contact avec son ami. Se remémorant leur rencontre, il se souvient de l’accueil de Saotome. Pourtant, comme Ren se renfermait sur lui-même, il l’avait un jour suivi. Il a alors découvert que son ami, gay, avait l’intention de coucher avec un inconnu. Il lui a donc proposé de le remplacer…

En conclusion

Ce manga a obtenu la seizième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Même si le scénario semble simple au premier abord, la manière de remonter le passé des protagonistes est intéressant. De même, l’auteure développe peu les questionnements des personnages mais elle décrit parfaitement leurs chemins de pensées. Il est donc facile de deviner leurs sentiments. Je suis touchée par ce couple, le ton réaliste du récit ainsi que le graphisme de la mangaka. Laissez-vous porter par leurs retrouvailles électriques!

The secret of me and my boss – Kashima Chiaki

the secret of me and my boss kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368775615
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409179 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Leurs secrets respectifs éventés, un chantage s’installe entre le supérieur Anezaki et son subalterne Mikado.

Kashima Chiaki sensei propose une comédie romantique entre un employé qui cache son côté otaku et son supérieur gay. Leur relation assez conflictuelle débutant par un chantage va peu à peu évoluer vers une amitié sincère puis des sentiments amoureux grâce à l’introduction d’Agatsuma, l’ancien amant d’Anezaki. Justement, les deux héros, qui alternent la narration, s’interrogent sur l’homosexualité. En effet, l’auteure, en présentant à la fois la vision de Mikado puis d’Anezaki, s’intéresse à la difficulté d’assumer sa sexualité différente, de construire une relation stable, de la peur des regards extérieurs. Comme Mikado accepte simplement l’homosexualité de son supérieur, ce dernier trouve enfin un confident avec qui parler librement. Le côté sans gêne du chef de bureau qui collectionne les aventures d’un soir est en réalité un moyen d’oublier son traumatisme et sa peur de tomber amoureux. L’histoire bonus en fin de tome présente avec humour le recrutement de Mikado.

La mangaka utilise des traits simplifiés et épurés. Comme elle les répète parfois, donnant un peu d’épaisseur, son style graphique garde un aspect croquis. De même, ses simplifications sont encore plus prononcées pour renforcer les expression de panique, de choc. Kashima sensei joue donc principalement sur les codes graphiques comiques. Elle n’hésite pas à exagérer les mouvements pour transcrire la précipitation, la vitesse. Par exemple, quand Mikado se précipite chez lui pour arrêter Anezaki, le taxi semble décoller et ses pas exagérément longs augmentent la force du mouvement. Les trames sont variées. Même si les angles de vue semblent assez simples, leur efficacité accompagne la mise en page dynamique. Les scènes érotiques ne sont pas vraiment censurées. Par contre, elles jouent sur les détails simplifiés.

En résumé

Mikado Junichirô est un otaku, fan de Kishi Meyko du groupe d’idole KKB. Il vient même de passer une nuit blanche à regarder son dernier clip. Dans le métro, il croise par hasard son supérieur qu’il ne supporte pas. En effet, Anezaki Misaki le traite comme un esclave: en plus de se servir dans sa réserve personnelle de nourriture, il lui donne toujours des documents à scanner au dernier moment. Il passe également son temps à séduire les belles employées. Un soir, alors que l’équipe fête la réussite d’un projet, Anezaki défie Mikado dans un concours d’alcool. L’employé s’écroule vite. Pourtant, il doit raccompagner son supérieur complètement ivre. Comme ce dernier n’arrive même plus à indiquer son adresse et qu’il commence à pleuvoir, il finit par réserver une chambre dans un love hotel. Mais en pleine nuit, son chef lui saute dessus et ils finissent par coucher ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Il a même eu droit à une adaptation en drama CD. Même si le ton reste léger et humoristique, l’auteure aborde divers sujets sur la sexualité. Elle retranscrit assez bien le traumatisme d’Anezaki. Et la gentillesse de Mikado pour son supérieur rend ce couple attendrissant, même s’il démarre plutôt mal.

Souteigai love serendipity – meco

souteigai love serendipity meco

meco
ISBN: 9782368775400
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953727 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke idiots à la sexualité débordante mais qui ont du mal à comprendre leurs sentiments.

Dans ce recueil, meco sensei offre des comédie romantiques légères remplie d’humour. « Routine XXX » s’intéresse à un couple proche de la trentaine qui se redécouvre après une période de creux. La seconde histoire donne son titre au manga et reprend les personnages secondaires du récit précédent. Elle met en avant deux idiots qui s’apprécient mais refusent de l’admettre. Malgré leur alcoolisation, Karasuma et Shimizu concluent une relation consentie mais expérimentale. L’auteure aborde ensuite avec légèreté les problèmes d’impuissance. Dans la dernière histoire, elle confronte un dévergondé habitué aux sex friends avec un jeune homme idéaliste, fervent du sexe après un mariage d’amour. Elle travaille un peu plus leurs personnalités, en particulier le traumatisme de Kashii qui a eu du mal à accepter sa sexualité et qui s’accroche désespérément à son premier amour qui l’a accepté tel qu’il est. De même, elle développe les sentiments de Mimori.

La mangaka a un style shôjo avec des traits fins. Ses visages plutôt ronds ont des nez pointus. Les personnages ne font pas vraiment leur âge. De même, ils rougissent beaucoup. Les seme ont tous des cheveux courts. meco sensei utilise beaucoup la simplification des traits et l’exagération des expressions. Par exemple, dans les scènes humoristiques, elle simplifie tellement les traits que ses personnages ressemblent presque à des super deformed. Elle alterne les décors et les trames de fond. Mais dans l’ensemble, elle utilise peu de trames, donnant un aspect plutôt blanc aux pages. Elle ne dessine presque pas d’ombres, privilégiant les aplats. Ainsi, son style conserve un côté dessiné mais mignon. En fin de chapitre, les personnages simplifiés donnent d’adorables anecdotes. Dans les scènes érotiques, la censure est discrète, avec l’absence de détails. Mais il y a tout de même des coupes intérieures.

En résumé

Routine XXX: Shima Fujio et Takanashi Hikaru sortent ensemble depuis 7 ans et vivent ensemble depuis 3 ans. Mais dernièrement, une certaine routine s’est installée entre eux. Comme il n’y a plus de passion, leurs ébats deviennent presque machinaux. Ayant confié son souci à ses collègues de bureau, Hikaru décide d’expérimenter les quelques conseils que lui donne Karasuma pour pimenter sa vie sexuelle. Pourtant Shimizu tente de le raisonner en vain.
Amour inattendu – serendipity: Karasuma invite Shimizu à une soirée entre collègues mais c’était en réalité une soirée de rencontres arrangées. Malheureusement, l’employé encore puceau ne supporte pas l’alcool mais surtout, a peur des filles trop entreprenantes. Se rappelant de son ami Hikaru, il décide de se faire passer pour un gay. La fille collante étant peu convaincue, il embrasse alors son collègue. Refusant d’abandonner, les filles suivent les deux hommes jusque dans la rue. Alors Shimizu emmène Karasuma dans un love hotel. Eméché, le pervers tombeur de filles remarque qu’il n’a jamais testé de relation avec un homme. L’ivresse aidant, ils finissent donc par coucher ensemble.
Cher Senpai: Mimori (21 ans) a toujours mené une vie saine et sobre. Mais un matin, il se réveille au côté de son senpai Kashii. Malgré sa gueule de bois, ce dernier lui apprend qu’ils ont couché ensemble la veille alors qu’ils étaient ivres. Mimori décide alors de prendre ses responsabilités et demande de sortir avec lui. En effet, le jeune homme voulait préserver sa chasteté jusqu’au mariage. Devant un tel sérieux, Kashii le traite alors comme son esclave.

En conclusion

Même si l’auteure aborde quelques thèmes intéressants, elle le traite avec légèreté et humour. La lecture de ce recueil est plaisant. Je me suis bien amusée des aventures de ces couples un peu idiots. J’apprécie particulièrement « Cher Senpai » qui est plus travaillée et un peu plus réaliste.

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.

Le cœur de la méprise – Ogawa Chise

le coeur de la meprise ogawa chitose

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368771563
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404303 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Quand la persévérance et la prévenance font palpiter le cœur.

Dans ce recueil, Ogawa Chise sensei questionne l’amour qui se développe face à la prévenance et la tendresse. La première histoire donne son titre au manga et occupe la moitié du tome. La narration débute avec Miki pour passer ensuite à Udô. L’auteure pointe les différentes expressions de l’amour comme la tendresse, la possessivité, la jalousie et la violence. Elle s’amuse en confrontant deux beaux garçons aux caractères opposés: Miki est frivole et considère l’amour comme un jeu alors qu’Udô est plutôt sérieux et aimant. Cependant, leurs sentiments amoureux dévoileront d’autres facettes de leurs personnalités. L’histoire bonus offre une anecdote amusante sur le couple mettant en avant le côté obsédé de l’uke. « Last summer blues » est une romance platonique s’intéressant à la limite entre l’attirance, l’admiration et la compassion. Le dernier chapitre offre une douce romance à ses débuts entre un salaryman maladroit qui fond pour quelqu’un de prévenant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les moments amusants. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les trames d’ambiance sont discrètes et il y a peu de décors. Même si les trames servent principalement à la coloration et aux ombres, elles sont assez claires. De plus, le blanc domine sur les pages, Ogawa sensei jouant sur les ellipses et les cases vides. De même, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent les détails, privilégiant les préliminaires. En outre, le jeu de cadrage permet d’en montrer le moins possible.

En résumé

Le cœur de la méprise / The date of miscalculation: Miki sort avec n’importe quelle fille du moment qu’il peut être satisfait sexuellement. Un jour, il surprend Udô en train de se séparer de sa petite amie, n’éprouvant aucun sentiment pour elle. Pour l’aider, il se fait alors passer pour son petit copain.
Last summer blues: Kuzumi est le meilleur lanceur de l’équipe de base-ball de son lycée. Malheureusement, il n’a pu mener son équipe au Kôshien, éliminée à la finale du tournoi régional. Depuis, il évite le club. Pourtant Ichigaya, son kôhai, grand admirateur et rival, tente désespérément de le faire revenir…
Un après-midi sans défense: Surnommé le chef-démon, Ômura a été promu dans la section planning et doit former les nouveaux, mais il n’aime pas le travail d’équipe. Tamachi, de la section vente, cherche à sympathiser avec lui mais, par inadvertance, il casse les lunettes de vue d’Ômura…

En conclusion

Il est amusant de voir le stoïque Udô craquer pour le capricieux et obsédé Miki. Les deux autres histoires sont mignonnes, sans scènes érotiques. Même si la psychologie des personnages est peu approfondie, on passe un agréable moment. Au Chill Chill BL award 2014, ce titre était placé quatorzième des meilleurs manga.

Won’t you believe your destiny? – London Pariko

won t you belive your destiny london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771488
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403535 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Le fil du destin au service de l’amour.

Ce recueil de London Pariko sensei offre des romances légères peu approfondies. L’auteure met principalement en avant le manque de communication. La première histoire est la plus travaillée et est développée sur deux chapitres. Elle suit deux timides qui s’interrogent sur leurs sentiments, influencés par les discussions de leurs collègues féminines. Malheureusement, les autres récits restent plutôt anecdotiques, surtout le dernier qui semble inachevé, étant une réponse à un thème imposé. « Ta voix, tes yeux » joue sur les quiproquos et les flash-back avec un amour réciproque entravé par des problèmes de compréhension mutuelle. L’univers de l’interprétariat est abordé de manière superficielle. La troisième histoire commence par une relation sans sentiment mais tranche avec un aspect presque poétique.

Le graphisme rond de la mangaka se rapproche du style shôjo et dégage une certaine douceur. Ainsi les visages ont des traits un peu poupin. Les personnages ne font donc pas leur âge. Les uke ont de grands yeux. London sensei privilégie la simplification des traits pour renforcer les expressions. Elle utilise beaucoup de trames d’ambiance et peu de décors. Comme certaines histoires sont anciennes, son style n’est pas encore stable. Ses cadrages sont plutôt classiques. Ses scènes érotiques sont assez détaillées mais centrées sur le lien et l’amour partagé.

En résumé

Won’t you believe your destiny? / Impassible urgence: Lors d’un gôkon, Gotô rencontre Fujiwara avec qui il sympathise très vite. En effet, ils partagent les mêmes loisirs et sont souvent sur la même longueur d’ondes. Mais à force de le fréquenter, des sentiments inavouables germent dans le cœur du salaryman.
Ta voix, tes yeux: Le professeur Tsutsumi Yoshio conseille à son étudiant Ôzaki Akira de travailler dans l’interprétariat, sa voix étant agréable. Presque dix ans plus tard, ils se croisent à un colloque. Mais alors qu’ils s’étaient quittés abruptement, Akira se montre froid envers son mentor, ressassant un passé douloureux.
L’envers de la lune: Yokota, amoureux de sa collègue Nakano, l’espionne chaque soir par la fenêtre de son immeuble situé juste en face de celui de la jeune femme. Son ami Asuka tente de le ramener à la raison, le jeune salaryman finissant à chaque fois en larmes en voyant son aimée cumuler les aventures. Un soir, il lui propose de la remplacer.
Aogeba Tôtoshi: A la cérémonie de remise des diplômes, le professeur Macchan accepte de porter l’uniforme féminin pour faire plaisir à ses élèves. Le lycéen Kashiwagi réalise alors ses sentiments…

En conclusion

Ces histoires sont bien trop légères pour passionner. Cependant, le graphisme de l’auteure reste agréable, conférant un côté mignon à ses dessins. Les deux premiers récits sont les plus intéressants.

La reconversion de Sakurada – Azuma Kaya

la reconversion de Sakurada azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782368776827
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965102 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Senpai, je vais façonner ton corps et ton cœur, pour que nous puissions vivre dans le même paradis. »

Azuma Kaya sensei offre une comédie romantique en tournant en dérision une initiation sado-masochiste. L’humour côtoie parfois la pédagogie en posant des questions sur les risques de certaines pratiques, sur le développement du sentiment amoureux dans une relation SM ou sur l’inexpérience. Ainsi, bien que Mibu soit sadique, il conserve une certaine pureté et innocence le rendant maladroit. Sakurada, par son côté obsédé, se laisse vite prendre à cette étrange éducation sexuelle. L’auteure travaille particulièrement les sentiments de ses protagonistes et n’oublie pas de montrer l’influence du travail d’équipe sur leur relation. Elle détaille également diverses pratiques comme le bondage, les jeux érotiques, les accessoires. La romance entre les deux héros s’approfondit grâce à l’introduction de nouveaux personnages qui influenceront le couple. Par ailleurs, Fujisaki Shinobu, un masochiste extrême de 38 ans, aura même droit à un chapitre en tant que personnage principal.

Le trait ferme et légèrement simplifié de la mangaka confère un côté légèrement réaliste à ses personnages. Ces derniers ont des carrures masculines, plutôt carrées avec des pectoraux saillants. Les angles de vue sont recherchés et permettent de mettre en valeur les actions ou les expressions. Les trames d’ambiance renforcent l’humour du récit. Les décors permettent de situer l’action. Les scènes érotiques ne sont pas censurées; il y a même des coupes intérieures détaillées. Sous la jaquette, Azuma sensei continue l’histoire de la dernière planche de son manga, mettant en scène les personnages originaux de la première version de ses croquis.

En résumé

Sakurada Hajime, un conseiller immobilier célibataire de 29 ans, se montre peu motivé au travail et laisse s’exprimer son côté obsédé en consultant régulièrement des sites pornographiques même au bureau. Alors qu’il se réveille ligoté à une chaise, il se remémore les évènements passés: son supérieur lui a confié la formation du talentueux Mibu Seiichirô, une jeune recrue de 28 ans issue du milieu de la construction, qui ne tarit pourtant pas d’éloges pour son formateur. Flatté, Sakurada l’a invité à boire dans un bar avant de s’effondrer. Mibu apparaît alors devant lui, en tenue SM, tout en l’insultant. En réalité, suite à des attouchements de son senpai au lycée, l’innocent disciple est devenu un pur sadique. Découvrant plus tard que Sakurada était obsédé par la gente féminine, Mibu a décidé d’initier ce dernier aux plaisirs de la perversion…

En conclusion

Alors que le thème aurait pu être dérangeant, la mangaka arrive avec brio à nous faire sourire pendant toute la lecture. Il faut dire que ses personnages ont des caractères extrêmes et un peu idiots. La relation évolue très vite et est occultée par les scènes très érotiques. Ce manga ne plaira pas à tout le monde mais j’admire le travail graphique et scénaristique de l’auteure sur ce thème plutôt difficile.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la seconde place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Mimura & Katagiri – London Pariko

mimura et katagiri london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771501
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241940 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Comment savoir quand l’amour est tari, a changé ou s’est renforcé?

Dans ce recueil, London Pariko sensei offre cinq histoires aux thèmes variés. Même si ses récits sont courts, elle maîtrise assez ses scénarios. Elle s’intéresse particulièrement aux liens d’une relation et à l’amour. La première histoire qui donne son titre au manga décrit la lassitude dans un couple. L’auteure partage les réflexions des deux héros qui ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Alors que Mimura s’inquiète d’un amour tari, Katagiri apprécie la stabilité incrustée dans leur quotidien. Un chapitre bonus narre avec humour leur première fois. « Curtain call » met en avant la manipulation et entrecoupe avec soin le récit par des flash-back. La troisième histoire interroge principalement sur le moment où l’on sort avec quelqu’un. Les deux derniers chapitres mêlent fantastique et romance avec des chats pouvant prendre l’apparence humaine.

Le graphisme de la mangaka possède quelques touches shôjo. Son trait est rond et doux, mais possède une certaine fermeté dans son traitement. A cause de cette uniformité, il est difficile de donner un âge à ses personnages. Comme les récits sont développés sur un chapitre, London sensei utilise beaucoup les ellipses et les raccourcis. Les trames d’ambiance dominent alors que les décors servent uniquement à situer les scènes. Les cadrages sont assez dynamiques mais ils mettent surtout en avant la plastique des personnages ou les moment importants. Il y a peu de scènes érotiques qui sont, de plus, peu détaillées.

En résumé

Mimura & Katagiri / L’échappée du bonheur: Quatorze ans que Katagiri et Mimura sont ensemble. Alors qu’ils approchent la trentaine, un train train quotidien sans libido s’est installé entre eux. De plus, Katagiri ne s’inquiète même pas quand Mimura lui apprend qu’il participera à un gôkon avec ses collègues. L’amour s’est-il tari?
Curtain call: Alors que Tachibana Seizô devait se marier avec la fille de son supérieur, la future mariée ne s’est jamais présentée à l’église, s’étant enfuie avec son amant marié. Cependant, la famille de la jeune femme entretient le contact avec l’homme bafoué. Mais le jeune Shôhei, qui s’occupe particulièrement de Seizô, semble cacher un lourd secret…
Un chemin sans merci: Morita propose un jour à Shimazaki de coucher avec lui. Le froid et taciturne lycéen accepte. Mais en réalité, Morita est amoureux de ce dernier. Depuis, même s’ils se fréquentent, plus rien ne se passe entre eux. Sortent-ils vraiment ensemble?
Tu ne veux pas d’un chat?: Quand ils sont amoureux d’un humain, les chats à longue vie prennent l’apparence d’un humain aux yeux de tout le monde sauf l’être aimé qui ne voit qu’un chat qui miaule, jusqu’à ce qu’il accepte totalement ce possible amour dans son cœur. Mitsuru est amoureux de son senpai, mais ce dernier a déjà une petite amie. Le chat qu’il a recueilli reste constamment à ses côtés mais…
Tu n’aimes pas les chats?: La grand-mère de Kôta est décédée. Durant l’enterrement, un étrange jeune homme fait irruption. La vieille dame qui disait pouvoir parler aux plantes et aux animaux s’occupait particulièrement d’un chat. Kôta continue à venir chez sa grand-mère pour discuter avec l’inconnu…

En conclusion

L’histoire de Mimura et Katagiri traite d’un sujet intéressant mais bascule malheureusement vite dans la comédie. Les autres récits paraissent assez anecdotiques, surtout ceux avec les chats à longue vie. En effet, même si l’auteure maîtrise son univers, le format ne permet pas de le développer. Au final, on passe juste un agréable moment à la lecture de ce manga simple mais frais.

Orpheus of midnight – Billy Balibally

orpheus of midnight billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375061435
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799731697 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne peux pas dormir, j’ai peur de rêver. »

Dans ce one-shot, Billy Balibally sensei propose de suivre la guérison de l’insomniaque Fujimine Kazushi grâce à une cohabitation un peu spéciale. Sous forme de tranches de vie, elle présente l’évolution du cauchemar, retissant le lien avec le passé puis les connexions entre le fils et le père. L’auteure se focalise principalement sur la psychologie de ses personnages, exprimant bien leurs sensations. De ce fait, elle ne développe pas trop la relation romantique, ni les questionnements que se posent les protagonistes. De plus, la dépendance entre Fujimine et Wakuba brouille légèrement la compréhension de leurs sentiments. Au cours de l’histoire, Billy sensei introduit d’autres personnages également touchés par l’évènement qui a bouleversé la vie des Fujimine.

La mangaka possède un style graphique assez classique des BL contemporains mais son traitement des yeux est assez particulier. Son trait est doux et fin. Elle utilise des déformations, des simplifications ou des exagérations pour rendre les passages humoristiques ou renforcer l’expressivité avec de grands yeux brillants tous mignons. Les visages sont ovales, les carrures de certains personnages bien masculines. Les trames d’ambiance renforcent l’atmosphère. Les cadrages dynamiques accompagnent le mouvement de lecture. Les cauchemars se détachent de l’ensemble, jouant sur les clairs-obscurs. Les illustrations de début de chapitre rappellent les œuvres d’art nouveau, mêlant loup et mouton en symbolique. Les scènes érotiques restent plutôt sobres. Le chapitre bonus mêle à la fois des yonkoma et des planches. La couverture a obtenu la première place, méritée, au classement du Chill Chill BL award 2017.

En résumé

Fujimine Kazushi est insomniaque: suite à un stress post-traumatique lié à son enfance, il a peur de dormir car le même cauchemar hante ses nuits. Après avoir cumulé quelques nuits blanches au bureau, il tente de combattre la fatigue en prenant un café. Mais en entendant la voix douce et grave de Wakuba, du services des ventes, il s’effondre en succombant au sommeil. A l’infirmerie, à moitié endormi, il demande à son sauveur de continuer à parler car sa voix l’apaise. Surpris, Wakuba décide de rester avec lui pour la nuit. En voyant Kazushi rafraîchi après une bonne nuit de sommeil, il propose alors de dormir chaque soir avec lui…

En conclusion

J’aurais bien aimé voir une romance entre le thérapeute Kota Harumi et son ami Fujimine Kazuomi. Même si le thème de départ était intéressant, je trouve que Billy sensei perd par la suite le fil de son récit en se focalisant trop sur le jeu des cauchemars et des ténèbres. Alors que l’histoire avait un ton réaliste, une touche un peu fantastique s’ajoute au tout, tombant dans le côté mignon. C’est dommage!

Pas cet amour-là – itz

pas cet amour la itz

itz
ISBN: 9782368776766
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784879197818 (JP)
Sankohsha, 2017 (JP)
Titre original: ぼくらが恋を失う理由
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Refuser un amour voué à l’échec en choisissant son propre happy end.

Dans ce spin-off de Comme neige au soleil, itz sensei développe une approche différente et mature de la romance homosexuelle et s’intéresse aux choix difficiles face à un amour impossible. Elle s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages souffrant d’un amour malheureux. Elle dépeint avec finesse le poids du secret et la peur des changements. De même, le rapprochement entre Ôshiro et Satoru semble tout à fait naturel. Le trentenaire conserve sa part de mystère jusqu’en fin de tome, malgré son côté expansif. Par ailleurs, la différence entre les réflexions d’un homosexuel qui semble s’assumer et un hétérosexuel qui doute de son attirance pour les hommes est bien menée. L’auteure n’hésite pas à se moquer gentiment de son premier manga au scénario romantique, où la relation paraissaient plus naïve et convenue. L’épilogue se déroule cinq ans plus tard confortant la fin ouverte.

Le style shôjo de la mangaka confère des traits épurés et fins. Bien que ses personnages possèdent une carrure masculine, ils ont tendance à se ressembler au niveau des visages. Les trames illustrent les sentiments des protagonistes ou appuient le jeu d’ombre et de lumière. L’auteure n’hésite pas à utiliser des ellipses et des cases vides pour aérer la lecture. Elle s’attarde beaucoup sur les regards et les petits gestes, abusant des cadrages serrés. Comme ses deux héros sont peu romantiques mais très bavards, les scènes érotiques sont peu développées et basées sur des instants importants. Par conséquent, leur première fois difficile en devient tendre et plaisante.

En résumé

Sakai Ôshiro refuse d’accepter l’amour qu’il éprouve pour Koba, son ami d’enfance. Il a décidé d’enfouir ses sentiments définitivement et a fui pour ses études à Tokyo. Mais à chaque fois qu’il revoit son ami, sa détermination s’ébranle et il a l’impression d’être pris dans un recommencement sans fin. Un soir, dans un bar, Inamura Satoru l’aborde. Ce trentenaire gay cherche à se rapprocher de lui et lui offre son soutien. Alors que Koba est muté dans un restaurant à Tokyo et passe la nuit chez son ami, Ôshiro rejoint Satoru et se confie facilement à lui…

En conclusion

Cette histoire dramatique mais qui finit bien, est agréable à lire. La mangaka a su faire évoluer ses personnages avec finesse et réalisme dans une relation mature. Par ailleurs, il est possible de lire ce manga indépendamment de l’œuvre d’origine. Ce récit me donne envie de découvrir d’autres œuvres de l’auteure. Alors je le recommande chaudement!
Mise à jour: Le titre a obtenu la vingtième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.