Quand le destin retient son souffle – Takiba

quand le destin retient son souffle takiba

Takiba 滝端
ISBN: 9782382763896
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784758024297 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Une belle histoire d’amour dans le monde omégaverse entre deux hommes ayant changé de genre! »

Takiba sensei s’intéresse au changement de genre dans l’omegaverse. Elle décortique les différentes phases par lesquelles ses deux héros passent. Ainsi, elle aborde entre autres la discrimination qui persiste malgré des efforts pour y remédier, le jugement sur le second genre, la stérilité. Optimiste, Tsuneyoshi s’adapte vite à sa nouvelle condition. Il redécouvre même le plaisir de vivre grâce à ses collègues qui préfèrent le partage à la compétition. Par ailleurs, il apprécie l’aide de son solitaire voisin qui fait des efforts pour le conseiller. Au contraire, Asakawa vit mal sa transformation et jalouse d’abord la force d’esprit de son voisin. Les deux hommes apprennent peu à peu à se connaître mais doutent d’abord de leur attirance mutuelle à cause de leurs instincts dominants. L’auteure met en avant l’acceptation de ses forces et faiblesses pour évoluer, la communication nécessaire dans un couple ainsi que le soutien salvateur de l’entourage.

La mangaka a un trait légèrement épuré et marqué par une touche réaliste. Elle dessine des carrures plutôt musclées. Par ailleurs, elle utilise énormément de trames et de trames d’ambiance. Ainsi, la page semble presque noircie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Un fond noir ou des trames rayées indiquent les flash-back. Toutefois, un fond noir accompagne également les pensées négatives. La mise en page est très dynamique. Takiba sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle recouvre les ébats plus violents par des trames sombres, voilant légèrement les parties intimes ou supprime quelques contours.

En résumé

L’ambitieux alpha Tsuneyoshi rêve d’atteindre les hautes sphères de la société pharmaceutique dans laquelle il travaille. Il compte sur la présentation de ce jour pour monter dans la hiérarchie, travaillant sur le projet d’un nouveau suppresseur. Malgré la fièvre, il tient bon jusqu’à ce que ses phéromones incommodent soudain les autres participants alphas. En effet, son odeur rappelle celle d’un oméga en chaleur. Obligé de rentrer chez lui et trop faible pour ouvrir sa porte, il reçoit l’aide de son voisin Asakawa. Également alpha, ce dernier soulage son excitation avant de l’emmener chez un médecin. Bien que ce soit un phénomène rare, Tsuneyoshi a changé de second genre et est devenu un oméga. Or, Asakawa, qui semble comprendre son désarroi, a lui aussi subitement changé de genre récemment.

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Takiba sensei pousse son expression graphique dans les moindres détails, faisant même participer l’agencement des cases et les trames. Elle maîtrise parfaitement son scénario, mettant en confrontation un caractère optimiste face à un caractère pessimiste. Elle transcrit également avec finesse les sentiments de ses personnages. J’apprécie particulièrement l’évolution d’Asakawa et le changement rapide de Tsuneyoshi. Un énorme coup de cœur!

Vices 3 – Iimo

vices 3 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763797
Hana, 2023
ISBN: 9784801976184 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une relation si conflictuelle, basée sur des faux-semblants, n’a aucun avenir, après tout… »

Iimo sensei surprend les lecteurs en les plongeant dans le doute et le suspense, interrogeant l’amour « normal ». Elle enchaîne les retournements de situations, déballant au fur et à mesure les indices d’une grande manipulation. Elle développe un peu plus Sudô et Yasukawa. D’ailleurs, la jeune femme, qui refuse de devenir un simple outil pour la prospérité de sa famille, s’avère bien plus intrigante qu’elle ne paraît. Suite à la disparition de Kojima, Daimon se retrouve perdu, hésitant entre une vie débridée ou rangée. Il s’interroge constamment sur la normalité du bonheur, de l’amour, toujours tourmenté par ses actions ratées. Sa gentillesse en fait malheureusement une proie facile, mais il continue à prendre sur lui pour agir. Avec Yasukawa et Iwakura, l’auteure aborde avec légèreté la question de l’homoparentalité, l’acceptation de soi, le bonheur familial. Elle développe un peu plus le passé traumatisant de Yôhei qui fuit l’amour depuis.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, elle équilibre les trames. De même, les trames d’ambiance se font plus discrètes, renforçant les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Parfois, elle simplifie un peu les parties intimes. Elle dessine également des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre donne l’ambiance du récit.

En résumé

Soigné à l’hôpital, Daimon Tôya promet à Kojima Yôhei de réaliser son rêve en le tuant dès que tout sera prêt, bien que cela le peine. Mais Iwakura l’entend. A la surprise de Daimon, ses collègues lui rendent souvent visite. Yasukawa Kuniaki lui apprend alors qu’il va encore être transféré vers une nouvelle section fraichement créée. Le soir de Noël, Kojima s’introduit dans la chambre d’hôpital pour passer une soirée très sexy avec son amant. Et en cadeau, il lui offre même une clé. Pourtant, quand Daimon sort enfin de l’hôpital, il est accueilli par Sudô qui partage ses inquiétudes face au changement de l’homme qu’elle aimait. Quand Daimon arrive chez Kojima, il trouve l’appartement complètement vide. Le concierge lui annonce alors que le locataire a disparu.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Iimo sensei offre une suite déroutante, qui déstabilise au départ le lecteur jusqu’à ce qu’il arrive au climax révélateur. La tension est palpable et l’impression de se faire balader paraît d’abord désagréable pour devenir en fin de compte euphorisant. En plus, le récit est beaucoup moins violent qu’avant. Une très belle surprise!

Secrètement amoureux de Hosoya – Ike Reibun

secretement amoureux de hosoya ike reibun

IKE Reibun 池玲文
3 chapitres, en cours
Coolmic, 2023
Pachika, 2023 (JP)
Titre original: 糸目の細谷先輩
Webcomic
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Mais avec ses yeux et son langage doux, comment peut-il ne pas vouloir être plus que de simple sex-friends? »

Ike Reibun sensei crée un univers futuriste débridé, surprenant mais bien pensé. Elle révèle au fur et à mesure les nouvelles technologies qui réglementent ce monde. En plus des avantages pour la santé et la sécurité, les implants révolutionnaires « safety nanobots » permettent également de signaler le consentement d’une personne et d’assommer celle qui agresse. Cela facilite d’ailleurs les relations sexuelles entre les personnes. Ainsi, dans ce monde plus « sécurisé », des sexroom en entreprise et des wagons réservés aux adultes dans les trains permettent aux couples de s’adonner à leur plaisir n’importe où. Bien que l’auteure débute par un schéma scénaristique classique: des amis de lycée devenus adultes dont un cache son amour pour l’autre, et qu’elle propose un développement axé uniquement sur l’érotisme, son imaginaire surprend tout de même.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle exagère à peine les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés. Les trames sont très variées. D’ailleurs, elles rendent bien la transparence des écrans projetables. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Dans les scènes érotiques, Ike sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Par contre, son univers permettant une liberté sexuelle sécurisée par les implants, elle représente divers couples en action, homosexuel ou hétérosexuel, mariés ou aventureux, discrets ou exhibitionnistes.

En résumé

Depuis le lycée, Kurihara Sô est fou amoureux de son senpai Hosoya Daijirô. Mais il n’ose pas se déclarer de peur de perdre leur amitié. Lors de l’implantation des safety nanobots doté d’une fonction anti-violence et qui permettent de détecter à la fois les maladies physiques et psychologiques, il a eu confirmation de son homosexualité. Devenu salarymen, les deux amis travaillent dans la même entreprise pour un promoteur immobilier et font souvent le chemin du retour ensemble le soir. En sortant de la sexroom, les Suzuyama ne peuvent s’empêcher de taquiner Sô, connaissant ses sentiments pour Daijirô, alors qu’ils quittaient l’entreprise. Le train étant bondé, les deux amis vont dans le wagon réservé aux adultes mais Hosoya est rapidement excité par les couples en pleine action qui l’entourent. Sô l’invite alors chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

A partir d’un scénario classique mais dans un univers loufoque laissant la part belle à l’érotisme, Ike Reibun sensei arrive pourtant à rendre crédible son univers. Comme à son habitude, elle construit des personnages avec un background intéressant, et nous charme par son trait sensuel. Je suis complètement conquise par cette intrigue et attend les chapitres suivants avec grande impatience.

Mariage heureux inattendu – Sakura Rico

mariage heureux inattendu sakura rico

SAKURA Rico 佐倉リコ
ISBN: 9782382761793
Hana, 2023
ISBN: 9784824001481 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Si on se mariait? »

Sakura Rico sensei s’intéresse au mariage blanc et à la naissance des sentiments amoureux pendant une cohabitation. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, le lecteur découvre rapidement que Honjô cache en réalité un caractère manipulateur. En effet, sa gentillesse dissimule des intentions plus personnelles. Malgré son âge, Yûki a un côté un peu trop naïf. Comme il apprécie le confort de la vie à deux, il va réfléchir sérieusement à ses sentiments. Les deux hommes se découvrent donc petit à petit. Ainsi, l’auteure aborde les différences entre amour, attachement et affection. Elle s’intéresse également à la notion de famille, dont celle que l’on construit avec un partenaire ou avec un animal de compagnie. Alors que la pression sociale est d’abord mise en avant, elle s’éloigne malheureusement du sujet pour basculer rapidement dans une simple romance.

La mangaka a un trait fin épuré de style shôjo. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle ajoute une touche mignonne avec la chatte Marimo. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les décors sont présents et détaillés. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakura sensei ne censure pas les parties intimes. Toutefois, elle dessine parfois des contours blancs pour atténuer les détails.

En résumé

Excellent vendeur, Yûki Ritsu (29 ans) préfère se consacrer à son travail qui le passionne. Mais il subit chaque jour la pression de ses collègues et de ses parents qui s’inquiètent de son célibat. En plus, il refuse toute tentative de drague. Un jour, il confie ses soucis à son collègue Honjô Haruma qui semble se trouver dans la même situation que lui. Ce dernier lui propose alors de se marier ensemble, souhaitant également mettre fin à cette pression sociale. Les deux hommes décident donc de cohabiter et établissent des règles afin de garder leur indépendance. Mais Yûki apprécie de goûter les plats faits maison de Honjô ainsi que ses petites attentions. Un soir, Haruma se propose même de le soulager en constatant son érection…

En conclusion

Sakura Rico sensei démarre sur une idée plutôt originale malheureusement, elle s’égare par la suite pour basculer vers une simple romance. D’ailleurs, elle avoue dans sa postface qu’elle devra écrire une suite, non prévue au départ, pour compléter son récit. En effet, le rythme se brise rapidement , de même que le suspense autour de Haruma. La relation en devient peu crédible. Le graphisme est toutefois mignon. Une lecture qui reste tout de même divertissante, simple et sans prétention.

J’ai adopté un loup – Itachineko

j ai adopte un loup itachineko

Itachineko いたちねこ
ISBN: 9782382761991
Hana, 2023
ISBN: 9784778134525 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’héberge un vrai chien. Rectification: un loup. »

Itachineko sensei propose une romance qui se développe à travers un voyage dans des mondes parallèles. Elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant ainsi de découvrir leur point de vue sur les mêmes évènements. De même, elle révèle les secrets de Taïchirô en diffusant au fur et à mesure des indices. En comparant les différences entre Miya de son monde avec celui de l’autre monde, Ino découvre autrement certaines facettes cachées de son colocataire. Malgré des caractères diamétralement opposés, les deux hommes se lient facilement d’amour ou d’amitié. D’ailleurs, Taïchirô semble facilement deviner les faibles expressions du visage d’Ino. L’auteure dédramatise la situation et la tension avec un humour plutôt discret. Elle maintient un certain suspense jusqu’à la fin. Elle s’amuse avec ces deux hommes désirés par tous mais qui ne connaissent pas leur charme.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle donne du relief avec des contours plus épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors un peu basique, s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page dynamique utilise les techniques des shôjo comme les sorties de cadre, les ellipses, les chevauchements de cases et les formes en fonction du contenu. En plus, Itachineko sensei varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Persuadé d’être trop banal et conscient que son abord froid provoque de fausses impressions, Inomata Yû (33 ans), célibataire, du service planification, ne cherche même pas l’amour. Lors d’une soirée entre collègues, Kiyoharu, fan d’Ino, le taquine en lui cherchant un ou une partenaire. A leur surprise, Torii Sakura (26 ans), employée de bureau, et Miya Taïchirô, chef du service comptabilité, candidatent. Ino choisit alors Taïchirô qui cherchait justement un hébergement. Leur cohabitation se passe très bien. D’ailleurs, Yû a l’impression d’avoir recueilli un gros chien, le jeune homme un peu pervers aimant le contact mais respectant les limites imposées par son colocataire. Un soir, en rentrant chez lui après une soirée groupée, il tombe sur un voyant et lui achète une pierre qui l’intrigue, l’utilisant comme porte-clé. Un jour, ses clés tombent dans une flaque qui soudain l’aspire.

En conclusion

Pour son premier manga, Itachineko sensei surprend avec cette petite touche fantastique. Toutefois, son scénario rencontre quelques problèmes de rythme, le développement de certains passages non-essentiels prenant le dessus sur des passages marquants. J’ai malgré tout passé un excellent moment de lecture, avec des personnages attachants, suffisamment de suspense et un graphisme agréable. Une mangaka à surveiller!

Vices 2 – Iimo

vices 2 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763780
Hana, 2023
ISBN: 9784801972230 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« On ne tue pas les gens par amour! »

Iimo sensei continue d’explorer les vices et leurs origines possibles. Comme dans le tome précédent, elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé sombre et traumatisant de ses deux héros. Ainsi, elle incite le lecteur à s’interroger sur la normalité, le jugement extérieur, les limites dans les relations SM mais également l’influence d’une éducation pernicieuse dans un comportement déviant. En effet, Daimon et Kojima ont subi très jeune beaucoup de pression à cause des attentes de leurs parents. Leur sentiment de culpabilité suite à leur traumatisme trouble encore leur perception de l’amour. En introduisant Sokabe Kazufumi, l’auteure plonge le lecteur dans un déchaînement de sadisme tout en installant une tension extrême. Le contraste est d’autant plus puissant qu’elle aborde auparavant avec humour la question du coming out à la famille et aux collègues, avec le comportement incongru des personnages.

La mangaka a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, les déformant même jusqu’à prendre un style de gag manga. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant la simplicité apparente du trait. Toutefois, quelques trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les fortes émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. En début de chapitre, quelques illustrations introduisent l’ambiance du récit. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuation de celle de la couverture.

En résumé

Durant ses congés, Daimon Tôya rend visite à sa mère, à l’occasion du service commémoratif du décès de sa grand-mère. Mais toute le reste de la famille s’est invité pour le voir. Incommodé par les questions sur sa vie amoureuse, il s’éclipse discrètement et remarque un appel immédiatement interrompu de Kojima Yôhei. En effet, ce dernier se souvenant de leur dernière nuit de doux câlins, se masturbe actuellement dans les toilettes de l’entreprise et a soudain eu envie d’entendre la voix de son amant. Ne se doutant de rien, Daimon le rappelle aussitôt et finit alors par lui confier l’origine de son fantasme: transformer un humain en spécimen…

En conclusion

Iimo sensei jongle avec dextérité entre romance tendre, violence, drame et surtout humour. Son graphisme plutôt doux permet d’atténuer les scènes les plus brutales. J’ai donc pu lire jusqu’au bout ce tome, en cachant simplement quelques vignettes. Toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains! Je suis agréablement surprise par ce titre qui propose une réflexion sur la perversité. La dynamique du couple et son évolution sont entrainantes. Il y a encore deux autres tomes. J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Vices 1 – Iimo

vices 1 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763773
Hana, 2023
ISBN: 9784801972223 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une histoire de vices et de hantises, où tout peut devenir un jeu sexuel violent et imprévisible. »

Iimo sensei explore le sadomasochisme dans des relations plutôt malsaines entre dominant et « objet », présentant différents vices. Elle introduit une ribambelle de pervers, analysant et déterminant l’origine plausible de leur penchant particulier. Elle alterne la narration entre les deux héros. Daimon a peur de découvrir le monstre qui sommeille en lui. En effet, sous son masque de gentillesse, il peut se montrer à la fois violent et tendre, possessif et indifférent, attiré de plus en plus par Kojima. D’ailleurs, le commercial recherche une relation auto-destructrice, avec quelqu’un qui pourra lui donner la mort. Il apprécie de découvrir les faces cachées des personnes qu’il fréquente. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé de ses personnages, ainsi que leurs traumatismes. Elle aborde donc la sexualité débridée, la peur de l’inconnu et la difficulté à accepter la part sombre en soi. Elle s’attarde également sur les travers humains exploitant la gentillesse et la naïveté.

La mangaka a un trait épuré, presque simplifié, dans un style plutôt doux, contrastant avec le sujet. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant l’aspect un peu dépouillé. De même, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page alterne entre classique et dynamique, guidant le regard. Iimo sensei ne censure par les scènes érotiques. D’ailleurs, elle en dessine presque à chaque chapitre et n’hésite pas à réaliser des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle reprend le décor de la couverture, incluant quelques modification, après le départ des personnages.

En résumé

Daimon Tôya, qui se montre patient et gentil, préfère s’effacer face aux conflits. Malheureusement, il se fait harceler par le meilleur commercial, Kojima Yôhei, qui prend plaisir à le rabaisser. Mais il remarque que les expressions de son bourreau changent complètement dès qu’il ose montrer un peu d’agacement. Daimon suppose alors que Kojima agit comme un enfant capricieux qui embête la personne qu’il aime. D’ailleurs, ce dernier n’a pas hésité à l’aider quand il avait des heures supplémentaires à faire. Pourtant, il semble avoir une petite amie et continue à le provoquer. Excédé par ses moqueries, Daimon le viole. Et dans l’excitation, il éprouve même l’envie d’étrangler sa victime…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Iimo sensei utilise le ton plutôt humoristique pour développer son récit, créant un contraste intéressant. De même, son graphisme plutôt doux atténue légèrement la violence de certaines images. Pourtant, elle ne gomme pas la brutalité des relations non consenties. Justement, quelques passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie particulièrement le jeu qui s’installe entre les deux héros ainsi que l’approche de la perversité d’un point de vue réfléchi. Une excellente découverte!

Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…

Cut-over criteria – Omugi Koala

cut over criteria omugi koala

OMUGI Koala 大麦こあら
ISBN: 9782382763445
Hana, 2023
ISBN: 9784864425025 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le travail d’un ingénieur est de multiplier les tests. »

Omugi Koala sensei propose une romance mature et maitrisée pour un premier manga. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs réflexions intérieures. Ainsi, Seto voit sa vie comme un programme informatique, avec des bugs et des mises à jour, apportant une touche humoristique. De même, Isoyama Naoki ajoute quelques tensions avec ses taquineries. Jin parle sans filtre et se montre direct. Pourtant, il manque un peu de confiance en lui. Haruma, quant à lui, a beaucoup de préjugés sur la jeunesse et appréhende les changements. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, Hagiwara s’incrustant petit à petit. Ainsi, l’auteure développe une relation plutôt consensuelle malgré les insistances du jeune employé. Elle aborde la différence d’âge, d’expérience, le doute, la peur de l’engagement et les difficultés des relations au bureau.

La mangaka a un trait épuré tout en rondeur. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, l’arrondissant encore plus. D’ailleurs, elle dessine des bouilles à la fois mignonnes et hilarantes. Par exemple, Jin a une tête de chat trop chou. Les trames ont une dominante claire. Par contre, les trames d’ambiance sont assez graphiques. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les réflexions intérieures des personnages se distinguent par des phylactères carrés ou sans contour. Omugi sensei dessine une mise en page plutôt classique, avec quelques pages plus dynamiques, mais cela rappelle la rigueur de Seto. Elle ne censure pas les scènes érotiques et propose même des coupes intérieures. Toutefois son graphisme assez simple ne détaille pas les parties intimes. A la fin de certains chapitres, elle présente les personnages. Sous la couverture, la postface donne des anecdotes sur la création.

En résumé

Seto Haruma (30 ans) a dû écourter ses vacances pour une réunion urgente. Mais quand il arrive au bureau, il découvre que son équipe ne l’a également pas prévenu d’un gros bug sur un programme. Alors qu’il prend les choses en main, il demande de l’aide à un nouvel employé, Hagiwara Jin (21 ans), mais se ravise aussitôt. Depuis, le jeune ingénieur en informatique n’arrête pas de l’observer. Un soir, alors que Seto refuse une invitation à un rendez-vous groupé, il lui demande brusquement son orientation sexuelle avant de lui déclarer sa flamme. Gêné, son supérieur l’éconduit mais le nouvel employé insiste. Les commerciaux ayant avancé la date de livraison, les deux hommes se retrouvent à travailler tard ensemble. Comme Jin habite loin, Haruma l’invite donc à dormi chez lui…

En conclusion

Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Omugi sensei maîtrise déjà bien son scénario et son graphisme qui possède une touche personnelle. J’avais repéré la mangaka sur les réseaux sociaux et était curieuse de découvrir ses œuvres, appréciant son graphisme. Je suis clairement satisfaite car j’ai un énorme coup de cœur pour ce premier titre. J’aime beaucoup les personnages, attachants, et même les personnages secondaires. Et je craque complètement pour le développement de la relation entre Jin et Haruma.

Diamétralement opposés, mais amoureux – Murasaki Hiro

diametralement opposes mais amoureux

MURASAKI Hiro 紫比呂
ISBN: 9782382763148
Hana, 2022
ISBN: 9784865547351 (JP)
Overlap, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Une relation tumultueuse entre un salaryman otaku et son brillant collègue taquin.

Murasaki Hiro sensei narre une romance entre deux salarymen aux caractères opposés et maladroits pour exprimer leurs sentiments. Elle joue d’ailleurs sur les clichés sur les otaku pour construire la personnalité de Nemoto. Ainsi, elle base d’abord la narration sur ce dernier puis continue avec Irino. D’ailleurs, le social salaryman essaie d’abord de changer son collègue difficile d’abord. Puis, il cherche ensuite à le comprendre en découvrant sa passion. Mais le couard Haru a tendance à fuir la réalité, même s’il réfléchit à ses nouveaux sentiments. Toutefois, l’auteure utilise tous les poncifs classiques du BL pour développer son histoire, comme par exemple un coup de froid, une confrontation à un rival. Par ailleurs, elle aborde la projection d’un sentiment amoureux pour un personnage virtuel, l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, la difficulté à faire confiance à autrui après avoir été la cible de moqueries.

La mangaka a un trait épuré, anguleux, plutôt classique. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les flash-back se repèrent grâce au contenu des vignettes. Par exemple, quand les protagonistes portent leur uniforme scolaire. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Murasaki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle présente les personnages en fin de tome dans des fiches reprenant les statistiques de jeux vidéo. Par ailleurs, une petite illustration reprend un élément du décor à la fin des chapitres.

En résumé

Le solitaire et négatif Nemoto Harunobu n’apprécie guère son collègue Irino Kôki qui se montre trop familier avec lui. Le lumineux et orgueilleux salaryman passe son temps à le harceler en se moquant de lui. Haru supporte vaillamment ces remarques grâce à sa passion secrète pour un jeu vidéo de simulation amoureuse dans lequel il retrouve chaque soir la belle mais virtuelle Momoka. Un jour, excédé par les railleries d’Irino, Nemoto lui annonce avoir une petite amie avec laquelle il envisage de se marier bientôt. Mais alors qu’il s’était endormi pendant ses heures supplémentaires, son collègue lui vole un baiser…

En conclusion

Murasaki sensei débute sa romance par une relation au consentement très gris. Cela pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Les personnages sont attachants et le graphisme agréable. Toutefois, j’aurai aimé en découvrir un peu plus sur le passé des protagonistes, présenté trop furtivement pour apprécier pleinement leurs personnalités actuelles. Une lecture divertissante, sans prise de tête.