Mariage heureux inattendu – Sakura Rico

mariage heureux inattendu sakura rico

SAKURA Rico 佐倉リコ
ISBN: 9782382761793
Hana, 2023
ISBN: 9784824001481 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Si on se mariait? »

Sakura Rico sensei s’intéresse au mariage blanc et à la naissance des sentiments amoureux pendant une cohabitation. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, le lecteur découvre rapidement que Honjô cache en réalité un caractère manipulateur. En effet, sa gentillesse dissimule des intentions plus personnelles. Malgré son âge, Yûki a un côté un peu trop naïf. Comme il apprécie le confort de la vie à deux, il va réfléchir sérieusement à ses sentiments. Les deux hommes se découvrent donc petit à petit. Ainsi, l’auteure aborde les différences entre amour, attachement et affection. Elle s’intéresse également à la notion de famille, dont celle que l’on construit avec un partenaire ou avec un animal de compagnie. Alors que la pression sociale est d’abord mise en avant, elle s’éloigne malheureusement du sujet pour basculer rapidement dans une simple romance.

La mangaka a un trait fin épuré de style shôjo. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle ajoute une touche mignonne avec la chatte Marimo. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les décors sont présents et détaillés. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakura sensei ne censure pas les parties intimes. Toutefois, elle dessine parfois des contours blancs pour atténuer les détails.

En résumé

Excellent vendeur, Yûki Ritsu (29 ans) préfère se consacrer à son travail qui le passionne. Mais il subit chaque jour la pression de ses collègues et de ses parents qui s’inquiètent de son célibat. En plus, il refuse toute tentative de drague. Un jour, il confie ses soucis à son collègue Honjô Haruma qui semble se trouver dans la même situation que lui. Ce dernier lui propose alors de se marier ensemble, souhaitant également mettre fin à cette pression sociale. Les deux hommes décident donc de cohabiter et établissent des règles afin de garder leur indépendance. Mais Yûki apprécie de goûter les plats faits maison de Honjô ainsi que ses petites attentions. Un soir, Haruma se propose même de le soulager en constatant son érection…

En conclusion

Sakura Rico sensei démarre sur une idée plutôt originale malheureusement, elle s’égare par la suite pour basculer vers une simple romance. D’ailleurs, elle avoue dans sa postface qu’elle devra écrire une suite, non prévue au départ, pour compléter son récit. En effet, le rythme se brise rapidement , de même que le suspense autour de Haruma. La relation en devient peu crédible. Le graphisme est toutefois mignon. Une lecture qui reste tout de même divertissante, simple et sans prétention.

J’ai adopté un loup – Itachineko

j ai adopte un loup itachineko

Itachineko いたちねこ
ISBN: 9782382761991
Hana, 2023
ISBN: 9784778134525 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’héberge un vrai chien. Rectification: un loup. »

Itachineko sensei propose une romance qui se développe à travers un voyage dans des mondes parallèles. Elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant ainsi de découvrir leur point de vue sur les mêmes évènements. De même, elle révèle les secrets de Taïchirô en diffusant au fur et à mesure des indices. En comparant les différences entre Miya de son monde avec celui de l’autre monde, Ino découvre autrement certaines facettes cachées de son colocataire. Malgré des caractères diamétralement opposés, les deux hommes se lient facilement d’amour ou d’amitié. D’ailleurs, Taïchirô semble facilement deviner les faibles expressions du visage d’Ino. L’auteure dédramatise la situation et la tension avec un humour plutôt discret. Elle maintient un certain suspense jusqu’à la fin. Elle s’amuse avec ces deux hommes désirés par tous mais qui ne connaissent pas leur charme.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle donne du relief avec des contours plus épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors un peu basique, s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page dynamique utilise les techniques des shôjo comme les sorties de cadre, les ellipses, les chevauchements de cases et les formes en fonction du contenu. En plus, Itachineko sensei varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Persuadé d’être trop banal et conscient que son abord froid provoque de fausses impressions, Inomata Yû (33 ans), célibataire, du service planification, ne cherche même pas l’amour. Lors d’une soirée entre collègues, Kiyoharu, fan d’Ino, le taquine en lui cherchant un ou une partenaire. A leur surprise, Torii Sakura (26 ans), employée de bureau, et Miya Taïchirô, chef du service comptabilité, candidatent. Ino choisit alors Taïchirô qui cherchait justement un hébergement. Leur cohabitation se passe très bien. D’ailleurs, Yû a l’impression d’avoir recueilli un gros chien, le jeune homme un peu pervers aimant le contact mais respectant les limites imposées par son colocataire. Un soir, en rentrant chez lui après une soirée groupée, il tombe sur un voyant et lui achète une pierre qui l’intrigue, l’utilisant comme porte-clé. Un jour, ses clés tombent dans une flaque qui soudain l’aspire.

En conclusion

Pour son premier manga, Itachineko sensei surprend avec cette petite touche fantastique. Toutefois, son scénario rencontre quelques problèmes de rythme, le développement de certains passages non-essentiels prenant le dessus sur des passages marquants. J’ai malgré tout passé un excellent moment de lecture, avec des personnages attachants, suffisamment de suspense et un graphisme agréable. Une mangaka à surveiller!

Vices 2 – Iimo

vices 2 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763780
Hana, 2023
ISBN: 9784801972230 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« On ne tue pas les gens par amour! »

Iimo sensei continue d’explorer les vices et leurs origines possibles. Comme dans le tome précédent, elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé sombre et traumatisant de ses deux héros. Ainsi, elle incite le lecteur à s’interroger sur la normalité, le jugement extérieur, les limites dans les relations SM mais également l’influence d’une éducation pernicieuse dans un comportement déviant. En effet, Daimon et Kojima ont subi très jeune beaucoup de pression à cause des attentes de leurs parents. Leur sentiment de culpabilité suite à leur traumatisme trouble encore leur perception de l’amour. En introduisant Sokabe Kazufumi, l’auteure plonge le lecteur dans un déchaînement de sadisme tout en installant une tension extrême. Le contraste est d’autant plus puissant qu’elle aborde auparavant avec humour la question du coming out à la famille et aux collègues, avec le comportement incongru des personnages.

La mangaka a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, les déformant même jusqu’à prendre un style de gag manga. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant la simplicité apparente du trait. Toutefois, quelques trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les fortes émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. En début de chapitre, quelques illustrations introduisent l’ambiance du récit. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuation de celle de la couverture.

En résumé

Durant ses congés, Daimon Tôya rend visite à sa mère, à l’occasion du service commémoratif du décès de sa grand-mère. Mais toute le reste de la famille s’est invité pour le voir. Incommodé par les questions sur sa vie amoureuse, il s’éclipse discrètement et remarque un appel immédiatement interrompu de Kojima Yôhei. En effet, ce dernier se souvenant de leur dernière nuit de doux câlins, se masturbe actuellement dans les toilettes de l’entreprise et a soudain eu envie d’entendre la voix de son amant. Ne se doutant de rien, Daimon le rappelle aussitôt et finit alors par lui confier l’origine de son fantasme: transformer un humain en spécimen…

En conclusion

Iimo sensei jongle avec dextérité entre romance tendre, violence, drame et surtout humour. Son graphisme plutôt doux permet d’atténuer les scènes les plus brutales. J’ai donc pu lire jusqu’au bout ce tome, en cachant simplement quelques vignettes. Toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains! Je suis agréablement surprise par ce titre qui propose une réflexion sur la perversité. La dynamique du couple et son évolution sont entrainantes. Il y a encore deux autres tomes. J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Vices 1 – Iimo

vices 1 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763773
Hana, 2023
ISBN: 9784801972223 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une histoire de vices et de hantises, où tout peut devenir un jeu sexuel violent et imprévisible. »

Iimo sensei explore le sadomasochisme dans des relations plutôt malsaines entre dominant et « objet », présentant différents vices. Elle introduit une ribambelle de pervers, analysant et déterminant l’origine plausible de leur penchant particulier. Elle alterne la narration entre les deux héros. Daimon a peur de découvrir le monstre qui sommeille en lui. En effet, sous son masque de gentillesse, il peut se montrer à la fois violent et tendre, possessif et indifférent, attiré de plus en plus par Kojima. D’ailleurs, le commercial recherche une relation auto-destructrice, avec quelqu’un qui pourra lui donner la mort. Il apprécie de découvrir les faces cachées des personnes qu’il fréquente. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé de ses personnages, ainsi que leurs traumatismes. Elle aborde donc la sexualité débridée, la peur de l’inconnu et la difficulté à accepter la part sombre en soi. Elle s’attarde également sur les travers humains exploitant la gentillesse et la naïveté.

La mangaka a un trait épuré, presque simplifié, dans un style plutôt doux, contrastant avec le sujet. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant l’aspect un peu dépouillé. De même, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page alterne entre classique et dynamique, guidant le regard. Iimo sensei ne censure par les scènes érotiques. D’ailleurs, elle en dessine presque à chaque chapitre et n’hésite pas à réaliser des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle reprend le décor de la couverture, incluant quelques modification, après le départ des personnages.

En résumé

Daimon Tôya, qui se montre patient et gentil, préfère s’effacer face aux conflits. Malheureusement, il se fait harceler par le meilleur commercial, Kojima Yôhei, qui prend plaisir à le rabaisser. Mais il remarque que les expressions de son bourreau changent complètement dès qu’il ose montrer un peu d’agacement. Daimon suppose alors que Kojima agit comme un enfant capricieux qui embête la personne qu’il aime. D’ailleurs, ce dernier n’a pas hésité à l’aider quand il avait des heures supplémentaires à faire. Pourtant, il semble avoir une petite amie et continue à le provoquer. Excédé par ses moqueries, Daimon le viole. Et dans l’excitation, il éprouve même l’envie d’étrangler sa victime…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Iimo sensei utilise le ton plutôt humoristique pour développer son récit, créant un contraste intéressant. De même, son graphisme plutôt doux atténue légèrement la violence de certaines images. Pourtant, elle ne gomme pas la brutalité des relations non consenties. Justement, quelques passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie particulièrement le jeu qui s’installe entre les deux héros ainsi que l’approche de la perversité d’un point de vue réfléchi. Une excellente découverte!

Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…

Cut-over criteria – Omugi Koala

cut over criteria omugi koala

OMUGI Koala 大麦こあら
ISBN: 9782382763445
Hana, 2023
ISBN: 9784864425025 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le travail d’un ingénieur est de multiplier les tests. »

Omugi Koala sensei propose une romance mature et maitrisée pour un premier manga. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs réflexions intérieures. Ainsi, Seto voit sa vie comme un programme informatique, avec des bugs et des mises à jour, apportant une touche humoristique. De même, Isoyama Naoki ajoute quelques tensions avec ses taquineries. Jin parle sans filtre et se montre direct. Pourtant, il manque un peu de confiance en lui. Haruma, quant à lui, a beaucoup de préjugés sur la jeunesse et appréhende les changements. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, Hagiwara s’incrustant petit à petit. Ainsi, l’auteure développe une relation plutôt consensuelle malgré les insistances du jeune employé. Elle aborde la différence d’âge, d’expérience, le doute, la peur de l’engagement et les difficultés des relations au bureau.

La mangaka a un trait épuré tout en rondeur. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, l’arrondissant encore plus. D’ailleurs, elle dessine des bouilles à la fois mignonnes et hilarantes. Par exemple, Jin a une tête de chat trop chou. Les trames ont une dominante claire. Par contre, les trames d’ambiance sont assez graphiques. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les réflexions intérieures des personnages se distinguent par des phylactères carrés ou sans contour. Omugi sensei dessine une mise en page plutôt classique, avec quelques pages plus dynamiques, mais cela rappelle la rigueur de Seto. Elle ne censure pas les scènes érotiques et propose même des coupes intérieures. Toutefois son graphisme assez simple ne détaille pas les parties intimes. A la fin de certains chapitres, elle présente les personnages. Sous la couverture, la postface donne des anecdotes sur la création.

En résumé

Seto Haruma (30 ans) a dû écourter ses vacances pour une réunion urgente. Mais quand il arrive au bureau, il découvre que son équipe ne l’a également pas prévenu d’un gros bug sur un programme. Alors qu’il prend les choses en main, il demande de l’aide à un nouvel employé, Hagiwara Jin (21 ans), mais se ravise aussitôt. Depuis, le jeune ingénieur en informatique n’arrête pas de l’observer. Un soir, alors que Seto refuse une invitation à un rendez-vous groupé, il lui demande brusquement son orientation sexuelle avant de lui déclarer sa flamme. Gêné, son supérieur l’éconduit mais le nouvel employé insiste. Les commerciaux ayant avancé la date de livraison, les deux hommes se retrouvent à travailler tard ensemble. Comme Jin habite loin, Haruma l’invite donc à dormi chez lui…

En conclusion

Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Omugi sensei maîtrise déjà bien son scénario et son graphisme qui possède une touche personnelle. J’avais repéré la mangaka sur les réseaux sociaux et était curieuse de découvrir ses œuvres, appréciant son graphisme. Je suis clairement satisfaite car j’ai un énorme coup de cœur pour ce premier titre. J’aime beaucoup les personnages, attachants, et même les personnages secondaires. Et je craque complètement pour le développement de la relation entre Jin et Haruma.

Diamétralement opposés, mais amoureux – Murasaki Hiro

diametralement opposes mais amoureux

MURASAKI Hiro 紫比呂
ISBN: 9782382763148
Hana, 2022
ISBN: 9784865547351 (JP)
Overlap, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Une relation tumultueuse entre un salaryman otaku et son brillant collègue taquin.

Murasaki Hiro sensei narre une romance entre deux salarymen aux caractères opposés et maladroits pour exprimer leurs sentiments. Elle joue d’ailleurs sur les clichés sur les otaku pour construire la personnalité de Nemoto. Ainsi, elle base d’abord la narration sur ce dernier puis continue avec Irino. D’ailleurs, le social salaryman essaie d’abord de changer son collègue difficile d’abord. Puis, il cherche ensuite à le comprendre en découvrant sa passion. Mais le couard Haru a tendance à fuir la réalité, même s’il réfléchit à ses nouveaux sentiments. Toutefois, l’auteure utilise tous les poncifs classiques du BL pour développer son histoire, comme par exemple un coup de froid, une confrontation à un rival. Par ailleurs, elle aborde la projection d’un sentiment amoureux pour un personnage virtuel, l’acceptation de soi et de l’autre tel qu’il est, la difficulté à faire confiance à autrui après avoir été la cible de moqueries.

La mangaka a un trait épuré, anguleux, plutôt classique. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les flash-back se repèrent grâce au contenu des vignettes. Par exemple, quand les protagonistes portent leur uniforme scolaire. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Murasaki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle présente les personnages en fin de tome dans des fiches reprenant les statistiques de jeux vidéo. Par ailleurs, une petite illustration reprend un élément du décor à la fin des chapitres.

En résumé

Le solitaire et négatif Nemoto Harunobu n’apprécie guère son collègue Irino Kôki qui se montre trop familier avec lui. Le lumineux et orgueilleux salaryman passe son temps à le harceler en se moquant de lui. Haru supporte vaillamment ces remarques grâce à sa passion secrète pour un jeu vidéo de simulation amoureuse dans lequel il retrouve chaque soir la belle mais virtuelle Momoka. Un jour, excédé par les railleries d’Irino, Nemoto lui annonce avoir une petite amie avec laquelle il envisage de se marier bientôt. Mais alors qu’il s’était endormi pendant ses heures supplémentaires, son collègue lui vole un baiser…

En conclusion

Murasaki sensei débute sa romance par une relation au consentement très gris. Cela pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Les personnages sont attachants et le graphisme agréable. Toutefois, j’aurai aimé en découvrir un peu plus sur le passé des protagonistes, présenté trop furtivement pour apprécier pleinement leurs personnalités actuelles. Une lecture divertissante, sans prise de tête.

Vous ne le regretterez pas! – Santaro

vous ne le regretterez pas santaro
Santaro さん太ろ
ISBN: 9782382763179
Hana, 2022
ISBN: 9784758022118 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Titre original: ぜったい、後悔させませんから!
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Accepter ses sentiments en faisant face aux préjugés et à la pression sociale.

Santaro sensei narre une douce romance entre un ingénieur système expert dans son domaine et une jeune recrue admirative de son travail. Bien qu’Okazaki supporte les rumeurs sur son homosexualité, il refuse qu’elles affectent ses amis. Il garde donc une certaine distance et se montre souvent froid. Mais avec le solaire et très social Umemoto, il va s’ouvrir peu à peu. La jeune recrue franche et directe ne cache pas ses sentiments et se montre persévérante malgré les rejets. Ainsi, l’auteure construit une relation dynamique qui évolue grâce à la discussion. Elle s’intéresse aux préjugés sur l’homosexualité en entreprise, à la pression sociale qui en découle ainsi que la peur d’entraver l’avenir du partenaire. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure le passé de Hiroyuki, blessé suite à une mauvaise première expérience. Depuis, l’ingénieur système refuse de tomber amoureux mais se laisse entrainer par l’optimisme de son subordonné.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle a un style shôjo assez commun mais non dénué de charme. Ainsi, ses personnages sveltes ont de grands yeux expressifs et rougissent facilement. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique utilise beaucoup les superpositions ou sorties de case. En plus, Santaro sensei détaille les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Elle offre un yonkoma à la fin.

En résumé

L’ingénieur système Okazaki Hiroyuki subit les rumeurs quotidiennement depuis qu’un employé a découvert qu’il est homosexuel. En plus, son collègue Itô est en congé maladie et il se retrouve donc isolé. Un nouvel employé du service commercial, Umemoto, est alors muté dans son service. Comme il admire Okazaki, il n’arrête pas de le couvrir d’éloges. De peur que les rumeurs ne l’atteignent, l’ingénieur système conserve une certaine distance. Mais ce n’est pas du goût de son nouveau subordonné qui souhaite se rapprocher de lui…

En conclusion

Santaro sensei offre une romance simple mais contemporaine, avec une dynamique touchante. Malgré un style graphique qui ne se démarque pas, elle arrive à transmettre les sentiments des protagonistes avec quelques gestes ou expressions. Ainsi, ses personnages sont attachants. Une lecture mignonne, positive et agréable qui permet de passer un bon moment!

The secret of me and my boss 2 – La suite – Kashima Chiaki

the secret of me and my boss 2 kashima chiaki
KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782382762974
Hana, 2022
ISBN: 9784796414371 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Moi, je sais que ça va se terminer un jour, alors je le remarque, mon bonheur. »

Kashima Chiaki sensei propose de découvrir la suite des aventures de Mikado et son supérieur. Contrairement au tome précédent, elle présente quelques tranches de vie du couple et révèle un peu plus le passé des deux salarymen. Elle alterne la narration entre eux, permettant de découvrir leurs interrogations. Ainsi, Anezaki, conscient de son amour sincère, redoute le jugement extérieur sur l’homosexualité. Grâce à Mikado qui parle franchement et cherche des mots rassurants, il prend petit à petit confiance. Les deux hommes continuent donc à se découvrir tout en faisant des efforts communs pour consolider leur relation. L’auteure s’intéresse aux doutes qui polluent leur confiance mutuelle. Elle montre aussi la nécessité de surmonter ces incertitudes pour avancer, les biens-faits de la communication dans un couple, le besoin d’intimité et de partage. Elle révèle ce que devient le couple dans l’histoire bonus, ajoutant une note positive et tendre à sa conclusion.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, aux contours épais et marqué. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle porte particulièrement attention aux détails. Ainsi, les regards et les petits gestes suffisent à exprimer ce que pense le personnage ou ce qu’il se passe. Son style conserve une fausse touche non achevée et pourtant très expressive. Les trames sont équilibrées. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique joue tout de même sur les ellipses, l’absence de cadre et des changements d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Kashima sensei censure les parties intimes par un cache blanc. D’ailleurs, elle privilégie les sensations et la complicité du couple. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans l’histoire.

En résumé

Anezaki Misaki et Mikado Junichirô sortent ensemble depuis plus d’un mois. Mais pour l’instant, ils ont surtout passé leur week-end à faire l’amour. Mikado a envie de faire plus d’activités en extérieur comme un vrai couple. Néanmoins, Anezaki n’apprécie pas cette idée, redoutant toujours les regards extérieurs désapprobateurs envers l’homosexualité. En plus, il a peur pour l’avenir de son histoire d’amour, ressentant beaucoup trop de bonheur. Toutefois, durant les vacances de la Golden week, Mikado invite son petit ami pour un voyage de deux jours dans un onsen. Seulement l’auberge se trouve à plus d’une heure de marche, elle-même complètement isolée de tout…

En conclusion

Kashima sensei continue de nous amuser avec les chamailleries de Mikado et Anezaki tout en abordant des sujets intéressants auxquels se confronte un couple homosexuel. J’apprécie énormément cette suite. C’est un plaisir de voir l’évolution du couple!

Tokyo – quatre saisons 2 – Haru

tokyo quatre saisons 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761212
Hana, 2022
ISBN: 9784813032984 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je te prenais pour un type innocent mais en fait, tu es une vraie bête… »

Haru sensei continue directement la romance de Yagami débutée dans le tome précédent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle maintient un certain suspense sur l’identité de Matsubara puis révèle au fur et à mesure ses desseins. En effet, Hiromichi est prisonnier de son statut social et de ses obligations familiales mais va tenter sa chance pour changer son destin tout tracé et réaliser l’amour d’un coup de foudre. Ryûnosuke, quant à lui, refuse de s’attacher et a du mal à accepter ses sentiments. Sa tendance à parler sans filtre apporte une touche humoristique. Les sentiments des deux hommes explosent avec les révélations. L’auteure aborde les arrangements possibles entre couples homosexuels pour répondre à la pression familiale. Dans le chapitre « Printemps », elle s’intéresse à la question du mariage et de son image plus pratique que romantique, en rebouclant sur le couple de Takizawa Kazuma et Ishihara Ren.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à transformer les têtes en SD tout chou. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. De même, les trames très variées apportent une touche réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance très rares appuient plutôt les passages comiques. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Ainsi, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Yagami Ryûnosuke couche tous les vendredis avec un homme qu’il a rencontré dans un bar gay. Il ne lui a jamais demandé son nom, ni son métier. Comme il l’apprécie vraiment, il ne fréquente d’ailleurs personne d’autre. Il refuse donc de rencontrer l’employé de Sany que sa patronne cherchait à lui présenter, d’autant plus que lui et son équipe travaillent actuellement sur le concours publicitaire organisé par cette entreprise. L’ayant raté l’année dernière suite à un incident, ils comptent bien réussir cette année. Comme Yagami supporte mal la chaleur de l’été et encore moins la climatisation qui lui provoque des migraines, il fait subitement un malaise. De repos chez lui, il reçoit la visite de son sex friend le soir. Ce dernier décide alors de s’occuper de lui. Refusant d’avoir d’autres aventures malgré les conseils de son amant actuel, il lui révèle enfin son nom: Matsubara Hiromichi.

En conclusion

Dans ce tome, nous retrouvons ce qui a fait le charme de Tokyo en avril, avec l’analyse des sentiments des personnages ainsi que les confrontations avec leur entourage. Haru sensei offre une belle surprise dans l’histoire bonus. J’ai adoré la romance de Yagami que je trouve très mature et réaliste.