Hate my MIA! – Hitotori Penguin

hate my mia hitotori penguin
HITOTORI Penguin 人鳥ぺんぎん
ISBN: 9782382761380
Hana, 2022
ISBN: 9784865896596 (JP)
Fusion product, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une comédie romantique pleine de sensualité qui ne manquera pas de vous émoustiller! »

Hitotori Penguin sensei propose une comédie romantique avec des personnages aux caractères exubérants. Elle concentre la narration du point de vue de Maizawa sauf dans le chapitre bonus qui donne la version de Miya. Elle aborde avec humour la double identité, les dangers des réseaux sociaux, la construction d’une identité virtuelle. Ainsi, Kôji distingue clairement Miya de Mia et éprouve des sentiments différents, bien qu’il soit conscient qu’il s’agit de la même personne. Un jeu de séduction va s’installer entre les deux salarymen, mêlant manipulation, rapport de force et érotisme. Celui qui pense donc dominer la situation se retrouve souvent manipulé sans le savoir et ainsi de suite. En introduisant Miyuki Sakura, l’auteure dévoile le passé des deux héros et approfondit leur relation. Toutefois, avec les indices semés au fil des chapitres auparavant, la surprise s’estompe.

La mangaka a un trait plutôt anguleux adouci par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques en exagérant les expressions. De même, elle n’hésite pas à représenter les personnages en SD. L’imagination débordante de Kôji s’exprime en image. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les trames sont variées. D’autant plus que Mia possède une belle peau hâlée. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hitotori sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches qui ne cache pas grand chose. Elle intègre même des coupes intérieures et inclut presque une scène à chaque chapitre. En fin de chapitre, elle présente les personnages et donne une anecdote en une vignette. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuité de la couverture.

En résumé

Maizawa Kôji ne supporte pas son collègue Miya Akihito depuis que ce dernier lui a piqué sa petite amie au lycée. En plus, le playboy excelle au bureau, ce qui a le don de l’énerver. Toutefois, Maizawa connaît son secret: en effet, sous le pseudonyme de Mia, Miya s’expose dans des photos sexys sur les réseaux sociaux. Kôji le trouve tellement mignon qu’il se touche en les regardant et les commente sous le pseudonyme de Taro Imo. Mais un jour, Akihito découvre son identité…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place de la meilleure série érotique au Chill chill BL award 2022. Le graphisme est mignon. D’ailleurs, Mia a un magnifique corps finement musclé souvent mis en avant. Malgré l’effet de surprise tronquée, l’histoire fait sourire et même rire dans certains passages. Une aventure divertissante et très sexy.

Faker – Chiyozaki

faker chiyozaki
Chiyozaki 千代崎
ISBN: 9782382762875
Hana, 2022
ISBN: 9784813032809 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si vous m’aimez, je vous ferai mourir de plaisir. »

Chiyozaki sensei propose une comédie alliant romance et drame. Elle concentre d’abord la narration sur Segawa durant deux chapitres puis alterne ensuite avec le point de vue de Mikami. Elle installe donc un jeu de séduction entre les deux salarymen, dévoilant au fur et à mesure leur passé et leur psychologie complexe. Ainsi, Mikami qui a une forte confiance en lui, aime manipuler les gens pour obtenir ce qu’il désire mais se lasse rapidement une fois une proie conquise. Il fuit également les conflits. Segawa, quant à lui, s’attache désespérément à une relation qu’il sait déjà perdue. Le chantage et les attentions de Mikami vont l’obliger à réfléchir sur ses réels sentiments. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le jugement du physique, surtout quand il ne semble pas correspondre au caractère. Elle aborde également la fragilité de la confiance, l’adultère.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Elle varie beaucoup les trames, donnant un aspect réaliste. De même, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Toutefois, quelques trames d’ambiance viennent discrètement renforcer les émotions des personnages. Un chapitre entier présente le passé de Sagawa, Abe et Mikami, évitant ainsi le classique fond noir. Par ailleurs, Chiyozaki sensei alterne entre une mise en page classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches, sans pour autant détailler l’enchainement des actions.

En résumé

Malgré son beau visage, Segawa Hiroki (28 ans), responsable adjoint de la section publicité n°2, se montre pourtant cassant envers les nouveaux. Ces derniers l’évitent donc au mieux, sauf Mikami Rui (24 ans) qui travaille dans la section publicité n°1. D’ailleurs, ce jeune talentueux arrivé il y a deux ans, n’hésite pas à partager sa vision différente du management avec lui. Alors Hiroki ne l’apprécie guère. En plus, il entretient une liaison secrète avec le chef de secteur publicité, Abe (38 ans), déjà marié. Même s’ils ne se fréquentent plus depuis six mois, il croient encore au partage de leurs sentiments. Mais lors d’une soirée trop arrosée, Segawa, complètement ivre, couche avec Mikami. Et le lendemain, tandis qu’il essaie de fuir en douce, son jeune collègue lui montre soudain une photo de lui et son amant et lui propose alors de sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot propose une histoire plutôt classique mais très intéressante malgré quelques problèmes de rythme. Malgré le prétexte du chantage, Chiyozaki sensei évite de montrer les relations non consenties jouant sur les limites. J’apprécie particulièrement le caractère espiègle de Mikami et celui effronté de Segawa. Je trouve que la dynamique entre eux correspond parfaitement. J’ai donc beaucoup aimé cette histoire.

Days of Mimura & Katagiri – London Pariko

days of mimura and katagiri london pariko
LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771525
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404730 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le poids du temps sur l’amour.

London Pariko sensei continue les aventures de Mimura & Katagiri. Elle présente avec humour les petits problèmes que rencontre encore le couple malgré une libido retrouvée. Ainsi, elle construit sa narration toujours sur un même format: les souvenirs du lycée puis les différences avec le quotidien actuel. Après 15 ans de vie commune, Katagiri et Mimura continuent de constater le poids des années sur leur amour et la peur de la séparation encore présente. Par contre, ils assument plus facilement leur homosexualité, gérant mieux la pression sociale, en particulier de leurs amis qui se marient ou qui ont des enfants. Enfin, l’auteure offre une anecdote en histoire bonus sur le couple tout en comparant avec humour la communication entre les couples selon les pays. Elle complète son tome par d’autres petites histoires mignonnes interrogeant sur la réciprocité des sentiments et le temps qui passe.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo tout en rondeur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle détaille également les différentes physionomie, permettant de réaliser par exemple les changements physiques de Katagiri et Mimura. Les trames d’ambiance très graphiques (pois, fleurs, dentelles, rayures) renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, London sensei censure à peine les parties intimes. Elle simplifie les traits en évitant les détails et joue sur les angles de vue.

En résumé

Pink sanctuary / Aujourd’hui est un jour faste / Johnny et Katagiri: Durant la première année de lycée, Mimura Ichirô complexait sur son corps frêle, en particulier sur son visage efféminé et ses tétons roses. Pourtant, il avait appris à les apprécier car ils faisaient le bonheur de Katagiri Tsukasa qui aimait particulièrement jouer avec cette zone érogène. Mais après 15 ans de vie commune, ce dernier ne les touche plus depuis longtemps. Mimura lui demande alors franchement pourquoi il ne les apprécie plus…
Les mêmes clés en poche: Ôtsuka et Sugita, amis de lycée, sont colocataires depuis qu’ils vont à l’université. Mais depuis que Sugita a ramené sa petite amie dans leur appartement, l’ambiance entre les deux hommes s’est dégradée…
M. Lièvre et M. Tortue: Senju déclare ses sentiments à Kagatani mais ce dernier lui répond le détester parce que tout lui réussit…
Indélébile: Kuramochi (37 ans), secrétaire d’un député, et le journaliste Kasai Kentarô sortaient ensemble durant leurs études. Et Kentarô continue encore à lui faire des avances.

En conclusion

Ce tome rate de près le classement parmi les trois meilleures autres œuvres qui réchauffent le cœur au classement du Chill chill BL award 2014. D’ailleurs, les lecteurs considèrent Katagiri et Mimura comme « un couple mature idéal ». Quel plaisir pour moi de retrouver ces derniers noyés dans leur train-train quotidien. J’ai donc été un petit peu déçue de ne découvrir que trois chapitres. Mais les autres histoires sont également intéressantes.

Toi? Tu m’aimes? 2 – Sato Tsubame

toi tu m aimes 2 sato tsubame
SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782382760673
Hana, 2021
ISBN: 9784813032700 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Titre original: 俺が好きなど嗤わせる 下
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les différentes raisons qui empêchent Kamiya de s’attacher…

Sato Tsubame sensei délaisse un peu la romance pour offrir une tranche réaliste du quotidien des deux banquiers. Elle met en avant la vie en entreprise entre congés maternité, travail exceptionnel le week-end en tenue décontractée, enquête interne, rumeurs, collaborations et tiraillements entre employés. Par ailleurs, elle aborde les différentes causes de la séparation dans un couple, s’intéressant au comportement masculin entre adultère, décharge sur les femmes, non considération. La relation entre les deux héros rencontre quelques difficultés. Comme Kaji respecte l’appréhension de Kamiya malgré leurs sentiments communs, il se plie à ses petits jeux de cache-cache amoureux. Mais l’intrigue entourant Taniguchi leur permet de se rapprocher. L’auteure aborde également la discrimination que rencontrent les couples homosexuels, le sentiment de culpabilité que ressent Kamiya qui a l’impression de décharger son devoir filial à sa sœur. Comparé au tome précédent, elle focalise la narration sur le point de vue de Kamiya.

La mangaka a un trait épuré et fin. Toutefois, elle dessine des contours plus épais. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page très dynamique accompagne le rythme de lecture. Sato sensei censure les scènes érotiques en jouant sur les cadrages. Elle ne montre donc pas les parties intimes et les ébats sont sommaires, transmettant juste les sentiments. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien du couple.

En résumé

Pendant une réunion, les employés remarquent la complicité entre leurs supérieurs Kamiya et Kaji qui échangent quelques mots à voix basse. Curieux, ils envoient Matsuda interroger Kaji, ayant trop peur de s’adresser directement à leur chef. Toutefois, le salaryman refuse de s’expliquer ayant trop honte d’avouer qu’il avait juste posé une question. Entre sa sœur qui annonce son divorce et sa collègue Nagano, de retour de congés maternité, qui n’a pas conscience que son mari drague ouvertement dans le service, Kamiya hésite de plus en plus à s’engager dans une relation suivie. Le soir, Kaji remarquant son trouble, tente de le réconforter et lui révèle enfin le motif ridicule de son divorce.

En conclusion

Comme à son habitude, Sato sensei reste dans la suggestion et le non-dit, laissant libre court à l’imagination du lecteur. Elle décrit simplement le quotidien des deux héros, s’attardant sur un visage, un petit geste, sans pour autant trop en dévoiler sur leur réflexion. La romance devient secondaire par rapport à leurs activités, évoluant presque naturellement. Les hésitations de Kamiya sont palpables et le happy end de cette histoire devient alors sublime. Ce style narratif ne plaît malheureusement pas à tout le monde mais j’espère découvrir encore d’autres œuvres de l’auteure. Un récit très réaliste et contemporain que j’apprécie énormément.

Toi? Tu m’aimes? 1 – Sato Tsubame

toi tu m aimes 1 sato tsubame
SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782382760666
Hana, 2021
ISBN: 9784813032694 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Titre original: 俺が好きなど嗤わせる 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Si tu m’aimes alors, on sort ensemble… C’est ça que je veux dire. »

Sato Tsubame sensei propose de suivre une romance adulte entre un salaryman homosexuel qui refuse de s’attacher et son collègue fraichement divorcé. Elle centre la narration sur Kaji. Ainsi, le salaryman, accro au travail, se révèle prévenant avec son personnel, incitant ses collègues comme Katô et Miyagawa à l’encourager dans ses choix. Kamiya, quant à lui, ne croit plus vraiment au grand Amour. Malgré leur attirance mutuelle, les deux salarymen ont une vision trop différente de la relation amoureuse. Par ailleurs, l’auteure aborde le changement de point de vue sur l’homosexualité selon les générations dans l’entreprise et le doute qui persiste dans une relation entre un homosexuel et un hétérosexuel. Elle pointe les remarques pouvant devenir blessantes pour un homosexuel. A travers Sugimoto, elle dénonce également la difficulté de se dépêtrer d’un harcèlement. Le chapitre bonus reboucle sur le début du tome, apportant des précisions bienvenues.

La mangaka a un trait fin et épuré qui dégage de la douceur. Elle dessine des personnages sveltes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les autres trames, équilibrées, utilisent parfois des tons diffus. La mise en page dynamique se rapproche de celle des shôjo avec des cases imbriquées, des ellipses et des formes de vignettes variées épousant l’action. Sato sensei censure discrètement les scènes érotiques en ne montrant aucune parties intimes. Elle joue pour cela sur les cadrages et les angles de vue. Elle préfère également se focaliser sur la sensualité des ébats entre les deux héros. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution de la relation du couple.

En résumé

Divorcé depuis déjà six mois, Kaji noie son dépit dans l’alcool tout en se plaignant auprès de son collègue Kamiya. Mais quand il se réveille plus tard à l’hôtel, il trouve ce dernier en train de le chevaucher. Une fois satisfait, Kamiya s’excuse sommairement, prétextant avoir passé sa frustration sur lui suite à sa séparation avec son plan cul. Alors qu’il tente de s’éclipser rapidement, Kaji lui propose de sortir ensemble. Peu intéressé par une relation suivie, le salaryman refuse. Le lendemain au bureau, les deux hommes agissent comme si rien ne s’était passé. Pourtant, durant une réunion, Kaji vient au secours de Kamiya mis dans l’embarras par un autre collègue, Taniguchi. Mais en guise de remerciements, il demande à reconsidérer sa demande. Harcelé par son ex sex friend Sugimoto, Kamiya le frappe avant de fuir. Toutefois, Kaji l’attend à quelques mètres de là et prend alors soin de lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Certaines scènes pourraient choquer la sensibilité des lecteurs, suite au manque de consentement au début du récit. Ainsi, Sato sensei nous interroge sur la naissance du sentiment amoureux en nous promenant à travers les compréhensions différentes des deux héros. Comme dans Files, elle utilise beaucoup les non-dits et suggestions, ce qui convient mieux pour les formats longs. Par contre, ce style narratif ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je suis complètement happée par ce cache-cache amoureux adulte et contemporain. J’apprécie particulièrement Kamiya qui refuse d’admettre l’évidence. En plus, le graphisme est très agréable. Même si j’ai un coup de cœur énorme, je le recommande néanmoins un peu. Hâte de me plonger dans le second tome!

Fall in love with my new boss – Hakoishi Tammy

fall in love with my new boss hakoishi tammy
HAKOISHI Tammy 箱石タミィ
ISBN: 9782382762912
Hana, 2022
ISBN: 9784845855926 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Titre original: 幼なじみ上司にフォーリン・ラブ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Un nouvel employé retrouve son ami d’enfance devenu à présent son supérieur! »

Hakoishi Tammy sensei narre une douce romance entre un employé et son supérieur mais qui étaient également amis d’enfance. Elle base la narration du point de vue de Tôno. Elle aborde donc la difficulté à distinguer la relation amicale et les rapports hiérarchiques, à jongler entre le langage soutenu et familier. Sôta réalise petit à petit que son admiration cache des sentiments bien plus profonds. Au contraire, Mizusawa a besoin d’analyser concrètement ce qu’il ressent mais il peut devenir entreprenant. Ainsi, leurs sentiments évoluent en douceur. Les deux héros étant naturellement prévenants envers les autres, ils conservent donc une certaine réserve sur la compréhension de leur attirance. L’auteure installe une relation consensuelle, dans la discussion. Elle offre une tranche de vie au bureau, introduisant les divers tracas du quotidien professionnel.

La mangaka a un trait épuré anguleux qui semble simple au premier abord. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Son graphisme rappelle le style shôjo souvent présent dans les œuvres numériques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes, jouant plutôt sur les dégradés. Les flash-back s’intègrent directement au récit, utilisant un effet de trames à rayures sur les vignettes. Ainsi, cela permet de conserver le ton clair et lumineux des pages. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hakoishi sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle débute ses chapitres par une illustration pleine page en accord avec le ton général de ce qu’il se passe.

En résumé

Tôno Sôta intègre le département du développement des ventes dans une entreprise de construction. Son superviseur, Mizusawa Tetsushi, s’avère être son ami d’enfance. Mais ce dernier ayant trois ans de plus que lui, le nouvel employé ne l’avait pas vu depuis dix ans suite à son départ à l’université. Mizusawa se montre à la fois prévenant et stricte durant la formation, augmentant l’admiration que son subordonné nourrissait déjà à son égard dans sa jeunesse. Deux semaines plus tard, lors de sa fête d’accueil, le jeune salaryman remarque le mal-être de sa collègue Kondô mais ne sait comment réagir quand elle fond en larmes. Grâce à la bienveillance de leur supérieur, elle finit par avouer subir le harcèlement de certains clients. Tôno réalise alors que son admiration pour son ami couve peut-être d’autres sentiments…

En conclusion

J’ai un petit coup de cœur pour ce one-shot. J’apprécie beaucoup le graphisme. Et j’aime la spontanéité des personnages, rendant la dynamique entre eux très conviviale et agréable.

Le cri du désespoir 2 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 2 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761120
Hana, 2022
ISBN: 9784396785192 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Cette fausse relation est terminée. »

Shinou Ryo sensei continue directement les révélations laissées en suspens suite au tome précédent. Elle dénoue d’abord les secrets autour de la corruption dans l’entreprise pour ensuite s’attarder sur le changement des sentiments des deux héros. Elle développe également un peu plus Saeki. L’ancien chef de section est aussi égoïste qu’Akamine mais son côté sombre transparaît beaucoup moins. En plus, étant fuyant, il est difficile à saisir réellement. Utsumi et Akamine s’interrogent sur leurs réels sentiments, développant une relation de plus en plus saine. Ainsi, l’auteure aborde la trahison, le sentiment de solitude à cause de l’incompréhension, la douleur d’un amour à sens unique, la difficulté à se comprendre malgré des discussions, la fragilité de la confiance. Elle décortique également les sentiments contradictoires d’Utsumi lorsqu’il réalise son amour pour son ancien bourreau.

La mangaka a un trait anguleux et un travail très fin et précis des expressions du visage. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Les sauts dans le temps sont indiqués subtilement, à travers les dialogues. Les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure à peine les parties intimes. Elle y ajoute un effet de transparence gommant ainsi les détails. Par ailleurs, elle dessine des corps sensuels et des regards langoureux. En fin de tome, des fiches révèlent quelques secrets sur les deux héros.

En résumé

Utsumi Eito travaille en réalité pour le président directeur général et enquêtait secrètement sur le vrai traitre qu’il piège en diffusant une vidéo compromettante dans le service. Le PDG convoque donc le suspect mais il a en fin de compte l’intention de le faire définitivement disparaître. Le chef de section a d’abord du mal à croire à la trahison de son adjoint mais, refusant de dénoncer son complice, il préfère alors renoncer à la vie. Les sbires du PDG forcent Akamine Eito à ingurgiter une grande quantité d’alcool avant de l’abandonner dans une forêt dans un état comateux. Toutefois, nourrissant des regrets, Utsumi vient à sa rescousse. Quand le chef de section reprend ses esprits à l’hôpital, il trouve Utsumi qui a veillé sur lui. Troublé, il s’interroge donc de plus en plus sur les desseins de son subordonné.

En conclusion

Énorme coup de cœur pour ce récit qui mêle à la fois suspense et psychologie. Le viol n’est pas du tout romancé. Shinou sensei analyse d’ailleurs les changements et les sentiments ressentis par les personnages, rappelant que le traumatisme sera toujours présent. J’adore son style graphique et je trouve qu’elle a acquis une excellente maîtrise de narration. J’espère découvrir encore d’autres de ses œuvres.

Le cri du désespoir 1 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 1 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761113
Hana, 2022
ISBN:978-4396785185 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Arriverai-je un jour à oublier la douleur que tu m’as infligée ce jour-là?

Shinou Ryo sensei entraine les lecteurs dans une vengeance entre deux salarymen sur fond d’intrigues dans une entreprise corrompue et cible d’une fusion. Elle reconstitue au fur et à mesure les évènements du passé grâce à des flash-back. Ainsi, elle maintient un suspense intense en alternant bouleversement et révélation. Akamine, prisonnier de son passé, assume complètement son mauvais côté malgré quelques regrets. Utsumi quant à lui, encore traumatisé par son passé, semble instable. L’auteure décortique ainsi les différents sentiments qui se mêlent durant une vengeance. Elle aborde également les méthodes peu orthodoxes des entreprises pour mettre la pression sur les employés. En introduisant un ancien cadre, Saeki, elle relance complètement les suppositions élaborées par le lecteur. D’ailleurs, l’histoire bonus apporte des révélations qui annulent complètement les conjectures précédentes.

La mangaka a un trait anguleux avec un style marqué. Elle travaille particulièrement les expressions du visage, proposant une riche palette d’émotions. En plus, elle dessine des corps musclés. En revanche, depuis Nyu boy, les visages se sont arrondis. Les trames variées sont équilibrées. Les décors soignés apportent une touche réaliste, apparaissant sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir toutefois, ceux qui représentent des souvenirs furtifs sont traités autrement: intégrés directement au récit, ils se distinguent par des transitions au fond noir ou des trames sombres recouvrant en totalité les vignettes. La mise en page dynamique utilise toutes les techniques confondues. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure les parties intimes en effaçant les détails par transparence ou avec des points blancs.

En résumé

Utsumi Eito rejoint le service d’Akamine Eito en tant qu’adjoint, alors que des rumeurs de fusion avec une grande entreprise circulent. Akamine n’apprécie pas la familiarité du nouveau qui semble le connaître. Le soir, au pot d’accueil d’Utsumi, il abuse un peu trop de l’alcool. Le nouvel employé en profite alors pour le ramener chez lui. Malgré quelques indices, le chef de service ne se rappelle toujours pas de leur première rencontre. Exaspéré, Utsumi finit par le violer, désireux de se venger, car six ans auparavant, Akamine avait abusé de lui dans une ruelle après l’avoir saoulé. Le lendemain, l’ambiance entre les deux hommes est électrique mais ils sont convoqués chez le directeur. Ce dernier leur demande alors d’enquêter sur la disparition d’un employé, Watanabe Yûichi, soupçonné d’avoir divulgué des informations à la concurrence…

En conclusion

Shinou sensei crée souvent des personnages à l’air innocent qui peuvent être de vraies ordures. D’ailleurs elle maîtrise parfaitement les expressions de ses personnages, glissant discrètement des regards sournois, des rictus nerveux entre deux phrases de dialogue. Ce récit se lit donc en observant attentivement les vignettes. Attention, pour les personnes sensibles, il y a des scènes de viol. D’ailleurs nos deux héros assument totalement leurs actes. Je suis totalement conquise par cette histoire. J’aime beaucoup le graphisme et les personnages cabossés par la vie et leurs défauts.

L’écrivain au cœur flétri – Yan

l ecrivain au coeur fletri yan
Yan やん
ISBN: 9782382760734
Hana, 2021
ISBN: 9784815501488 (JP)
Sankosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La question de l’homosexualité dans des relations adultes.

Yan sensei propose un recueil de romances adultes et mignonnes. Elle développe toujours des relations consensuelles. De même, elle aborde divers sujets d’actualités. La première histoire développée sur trois chapitres et un chapitre bonus donne son titre au manga. Bien que Kiriya soit un écrivain reconnu, il est peu sûr de lui et éprouve des difficultés à s’exprimer. Ses sentiments naissent peu à peu grâce à la patience de Toraï. Dans « Gateau à la fraise », l’auteure aborde la peur du regard extérieur sur l’homosexualité au bureau. Elle offre un scénario plus léger dans « Les huitièmes noces ». Par contre, dans le dernier chapitre, elle s’intéresse aux difficultés de l’adoption pour un couple gay malgré une législation en leur faveur. Les deux histoires bonus apportent une note très érotique.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages dans un style qui lui est propre et efficace. Elle détaille les décors, présents et réalistes. De même, les trames sont équilibrées. Par contre, quelques trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page reste assez classique avec tout de même quelques cases dynamiques. D’ailleurs, Yan sensei met en valeur les corps musclés de ses personnages. A noter qu’elle porte attention aux détails comme les taches de rousseur de Kayle ou en exagérant le côté mignon de la chatte, dans le chapitre « Promesse à Brighton ». Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Toutefois, il y a une scène par chapitre.

En résumé

L’écrivain au cœur flétri / Notre jardin se pare des couleurs de l’hiver: L’écrivain de science-fiction pour enfants Kiriya Kôsuke (46 ans) manque actuellement d’inspiration. Son éditeur Tanaka lui présente un jardinier, Toraï Sotetsu, qui apprécie ses œuvres depuis l’enfance. Mais asocial et gay, Kiriya a du mal à rester naturel avec ce dernier, même s’il est charmé par sa musculature. Pourtant, Toraï ne se vexe jamais quand il se montre brusque et froid. Un soir, alors que le jardinier finissait de travailler sous la pluie, l’écrivain l’invite à se reposer chez lui…
Gâteau à la fraise / Bienvenue, mon chéri!: Ookuni et Masumida sortaient ensemble mais se sont séparés quand Ookuni a intégré la même entreprise que son petit ami. Pourtant, leurs sentiments sont encore bien présents…
Les huitièmes noces: Le milliardaire Kalkadan va bientôt marier la dernière de ses sept filles. Au marché, il vient en aide à un marchand itinérant, Bauma, qui se disputait avec un client persuadé d’être arnaqué. Ce dernier lui recommande de se méfier des voleurs de dot…
Promesse à Brighton: Kayle et Jayden, un couple gay marié depuis quatre ans, souhaitent adopter un enfant mais essuient un refus. Kayle a du mal à digérer cette décision…

En conclusion

Yan sensei possède un style graphique qui change un peu de l’ordinaire, rappelant le mouvement actuel de certaines mangaka dessinant des muscles proéminents. Elle offre des histoires simples et mignonnes, sans prétention au premier abord. Mais hormis « Les huitièmes noces » qui dénotent un peu du ton général, elle aborde des questions d’actualités ancrée dans la réalité. Une lecture idéale pour passer un agréable moment.

Tadoru yubi – Takasaki Bosco

tadoru yubi takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782368774724
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953048 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Difficile de transmettre ses sentiments dans un couple.

Takasaki Bosco sensei nous plonge dans une romance érotique entre un super seme et un uke timide. Elle s’intéresse au manque de communication dans un couple. En effet, bien que leur relation commence charnellement, les sentiments entre Takase et Hanamura naissent rapidement mais ils n’arrivent pas à les transmettre. Naoya manque de confiance en lui et a tendance à croire les rumeurs. Bien que timide, il est fougueux durant l’amour. Au contraire, Shûji se montre froid et brusque mais devient attentionné durant les ébats. Ainsi, l’auteure joue sur le contraste des caractères. En introduisant Aihara Ryô, elle permet au couple de réfléchir à leurs sentiments. Entre quiproquos et jalousie, le manque de communication fragilise leur relation. Elle complète son tome par une romance entre des amis d’enfance dont l’amour est freiné par la différence d’âge et la difficulté à transmettre ses sentiments.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin et assez classique. Elle dessine des personnages sveltes. Elle simplifie légèrement ses traits dans les expressions fortes, conservant un côté mignon. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est très dynamique. Takasaki sensei censure peu ses scènes érotiques mais le choix des cadrages et des angles de vue évite de montrer trop de détails. Elle cache les parties intimes par des hachures ou en occultant les contours. A la fin de certains chapitres, elle présente des vignettes des personnages en SD adorables. On retrouve également les deux héros en SD sous la jaquette. Comme indiqué dans sa postface, son trait évolue entre le chapitre 2 et 3, ayant fait un an de pause. En effet, les mentons sont légèrement plus longs.

En résumé

Tadoru yubi / Premier jour avec mon petit ami: Hanamura Naoya travaille comme assistant designer dans une entreprise de fabrication mais se fait exploiter par son supérieur, Sai. Amoureux de ce dernier, il est donc choqué en apprenant son futur mariage. Alors qu’il pleurait en dessinant dans le coin fumeur, un homme arrogant le remarque et le console. Il s’agit du célèbre designer Takase Shûji, un indépendant qui va collaborer avec eux sur un projet. Comprenant immédiatement le talent de Naoya, il n’hésite pas alors à le séduire, l’invitant à travailler chez lui. Les deux hommes finissent donc par coucher ensemble. Mais quelques temps après, Takase trouve Hanamura devant sa maison. Ce dernier a démissionné et souhaite rester avec lui…
Laisse-moi rester à tes côtés: L’étudiant Yashiro Sei et l’acteur de nô Kitami Kazuto sont colocataires. Ils se connaissent depuis l’enfance mais s’étaient perdu de vue quand Sei a abandonné les cours de théâtre. Pourtant, l’étudiant aimerait réduire cette distance installée entre eux…

En conclusion

L’auteure arrive à mettre une scène érotique à chaque chapitre. Le scénario est simple mais divertissant. Je trouve agréable de voir les personnages évoluer ensemble. En plus, ils assument clairement leur relation purement charnelle au départ. De même, j’aime beaucoup Katô, la collègue de Hanamura, qui joue un peu les protectrices et encourage le jeune designer.