Les fantaisies du roi – Owal

les fantaisies du roi owal

Owal おわる
ISBN: 9782368777312
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801968141 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: プッシーキングさまの悪癖
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

En proposant à Kadrii de sauver son restaurant par le sexe, Fati ne s’attendait pas à ce que son piège se retourne contre lui.

Dans ce one-shot, Owal sensei narre deux romances mêlant humour et sexe. Elle introduit son histoire principale par un chapitre présentant d’abord le couple secondaire. Elle arrive à développer la psychologie de ses personnages, dévoilant doucement certains traits de caractère. Ainsi, le noble débauché capricieux et tyrannique peut se montrer généreux et le prolétaire naïf s’avère moins crédule qu’il ne paraît. En effet, l’auteure introduit d’autres personnages secondaires pour secouer un peu les deux héros et provoquer l’évolution de leurs sentiments. Elle joue beaucoup sur la confrontation et les échanges entre Kadrii et Fati. Même si les protagonistes s’interrogent sur leurs sentiments et leur sexualité, elle n’approfondit pas leurs réflexions. D’ailleurs, l’humour prime sur tout le reste: l’intérêt est de voir comment un débauché finit par se ranger, touché par l’amour. Ou le plaisir intense?

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Néanmoins, elle n’hésite pas à le simplifier et l’arrondir dans les passages humoristiques. De même, elle transforme parfois ses personnages en super deformed. En plus, Kadrii et Fati sont plutôt musclés. Comme il y a quelques personnages à la peau basanée, les trames sont variées. Avec des protagonistes sortant des vignettes, et beaucoup d’emboîtement, la mise en page semble un peu surchargée mais reste très dynamique. En plus, Owal sensei soigne les décors, les plats et les vêtements. Les scènes érotiques très nombreuses ne sont pas du tout censurées. Les angles de vue et les gros plans mettent même en avant les détails des coïts. On s’éloigne un peu de l’érotisme pour de la représentation presque pornographique. Sous la jaquette, deux planches concluent la romance entre Sadegh et Rabbi.

En résumé

Une ville du Conseil de coopération du Golf. Fati Ar-Rahim, troisième fils d’un noble de la famille royale, se comporte comme un roi absolu et ne se prive pas pour satisfaire ses envies sexuelles insatiables entre deux négociations de contrats. Tandis que son serviteur Rabbi le critique ouvertement, son serviteur Sadegh, quant à lui, obéit aveuglément. Un soir, alors que le capricieux homme d’affaires a réclamé à boire en pleine nuit, ce dernier le trouve en plein ébats avec Rabbi et deux prostitués. D’abord surpris, il reçoit l’ordre de les filmer, le roi désirant punir l’insolence de son serviteur. Mais Sadegh est également sous le charme de son collègue…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la onzième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. Il est amusant de voir ce seme prétentieux devenir reversible, avec un côté o-jôsamauke pour son cuisinier inexpérimenté. Comme j’adore complètement les deux couples, j’apprécie de suivre leurs interactions. En revanche, le côté pornographique pourra gêner certains lecteurs, d’où ma recommandation modérée.

Official trip host Nyu boy – Shinou Ryo

nyu boy shinou ryo

SHINOU Ryo 紫能 了
ISBN: 9782368776544
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686065 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une histoire drôle et tendre de deux hommes peinant à trouver l’amour.

Pour son premier manga, Shinou Ryo sensei propose une comédie romantique avec deux héros en mal d’amour. Elle mélange à la fois comique de situation un peu grivois et romance tendre. Elle aborde aussi des questionnements plus sérieux comme la difficulté d’assumer son homosexualité, la douleur du regard désapprobateur, la prostitution et le besoin de reconnaissance et d’affection. Les deux hommes communiquent beaucoup et cherchent à comprendre les besoins et les sentiments de son partenaire. L’auteure développe particulièrement leurs personnalités. Par exemple, Kei n’est pas si heureux dans son métier, supportant mal le manque d’échange avec la clientèle. Naruse, quant à lui, n’assume pas son homosexualité et cherche le partenaire idéal. Indirectement, leur rencontre et leurs discussions vont leurs permettre de se soutenir mutuellement et de développer leurs sentiments. Le patron de Katagiri ajoute une touche loufoque positive au récit.

La mangaka possède un style graphique particulier: les visages ovales ont des traits simplifiés, les bustes musclés contrastent avec le reste du corps fin. Elle exagère beaucoup les expressions et simplifie à l’extrême ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, elle dessine des yeux exorbités ou des personnages d’une seule ligne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les trames d’ombres et de colorisation variées ne surchargent pourtant pas la page. Les angles de vue, originaux pour certains, contrastent avec la mise en page assez classique. Shinou sensei oscille entre images pornographiques et poétiques. Par exemple, le rendu du regard oppressant de la foule et des commentaires qui laisse peu à peu place aux lumières de la nuit apporte une forte émotion. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, très détaillées, usant même des gros plans et d’angles de vue originaux mettant en valeur les attributs masculins.

En résumé

L’escort boy Katagiri Kei a rendez-vous avec Ayukawa Miyuki pour un cours de plaisir sexuel. A sa grande surprise, c’est un jeune homme, Kôji Naruse, qui l’attend. Ce dernier insiste pour suivre tout de même le cours, demandant à être traité comme une femme. Hétérosexuel, l’hôte est d’abord embarrassé. Néanmoins, la prestation étant déjà payée, il lui propose alors un cours d’origine. Mais ce n’est pas vraiment ce qu’avait imaginé son client!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2019. L’auteure passe de jeux érotiques comiques à de la pure tendresse. Le contraste entre pornographie et douce romance est d’abord déstabilisant. Même s’il reste encore quelques maladresses scénaristiques, j’apprécie son style, son approche et son traitement graphique. A la relecture, je rigolais d’avance avant l’apparition des gags! J’espère donc découvrir d’autres de ses œuvres.

Midnight rain – CTK

mindnight rain ctk

CTK
ISBN: 9782375062036
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799742570 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une rencontre où l’amour viendra donner un peu de réconfort.

CTK sensei nous invite à suivre deux hommes qui galèrent dans leur vie quotidienne et dont la rencontre fortuite va leur apporter un peu de bonheur. Elle alterne la narration entre Ethan et Mike. La relation entre les deux hommes évolue plutôt vite. Tandis que Mike s’est habitué à la solitude et n’a plus confiance en l’autre, sa tête patibulaire et son caractère explosif l’entraînant facilement dans des conflits, Ethan se montre très généreux avec lui alors qu’il se prive totalement pour rembourser sa dette. L’auteure s’intéresse à divers thèmes comme la pauvreté, la solitude, la difficulté à faire confiance. Cependant, elle préfère mettre en avant l’évolution de leurs sentiments. D’ailleurs, elle maîtrise parfaitement le retournement avec d’abord une situation qui semble dramatique et négative, maintenant un certain suspense. Ainsi, en s’ouvrant peu à peu l’un à l’autre, le couple apprend à se soutenir mutuellement.

La mangaka utilise des traits anguleux, parfois épais et dédoublé. Malgré une touche réaliste, elle les simplifie tout de même dans les passages humoristiques, rappelant l’aspect BD. Elle dessine plutôt des visages marqués avec une barbe légère ou naissante. Les corps sont musclés. D’ailleurs, Ethan a le torse poilu. Les trames d’ambiance se font très discrètes. En outre, CTK sensei privilégie beaucoup les clairs-obscurs. Elle découpe parfois certaines scènes avec un style cinématographique. Ainsi, elle dynamise la mise en page en jouant sur les gros plans et les détails. Les scènes érotiques sont censurées, les organes sexuels étant cachés par des formes blanches ou tramées. Sous la jaquette se trouve le plan de l’appartement d’Ethan. Ce dernier pose un quiz amusant en rapport avec la couverture.

En résumé

Un soir de pluie, Mike, blessé, sonne à la porte d’Ethan avant de s’évanouir dans ses bras. Une semaine auparavant, ce dernier l’avait remarqué dans une bagarre de rue et avait engagé la conversation avec lui à la laverie automatique, lui demandant comment il éliminait les tâches de sang. Vivant pauvrement dans un appartement décrépit, Ethan consacre sa paie à principalement rembourser une dette depuis dix ans. Pourtant, il commence à ne plus supporter cette vie de privation…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2020. L’auteure nous livre une belle histoire d’amour sensible où le désespoir est balayé par la simple présence de l’autre. Le traitement graphique est de toute beauté. Il est difficile pour moi d’approfondir mon analyse sans spoiler, la mangaka livrant des œuvres contemplatives et émotionnelles. Laissez-vous donc séduire par un agréable moment de lecture avec des hommes dans la fleur de l’âge.

N’oublie pas notre promesse – London Pariko

n oublie pas notre promesse london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782375061916
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784199607332 (JP)
Tokuma shoten, 2017 (JP)
Titre original: 日常クライマックス
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Quinze ans de vie commune après une fugue en amoureux, et une demande de rupture?

London Pariko sensei nous invite à découvrir l’amour émoussé d’un couple de trentenaires. Elle s’intéresse à l’influence de la routine sur la vie de couple et les petits efforts pour entretenir le sentiment amoureux. Ainsi, elle présente le quotidien du couple, entrecoupé de flash-back, permettant de découvrir au fur et à mesure le passé des deux héros. La narration alterne entre Mikuriya et Kusaka. Le lecteur découvre au fur et à mesure l’évolution des caractères des personnages: Tsubasa reste toujours autant romantique dans sa tête depuis sa fugue en amoureux alors que Yû a développé un manque de confiance, influencé par les prétendantes successives intéressées par son petit ami. En effet, ce dernier ne cache pas sa relation. Par ailleurs, l’auteure aborde différents thèmes comme la panne sexuelle, la confiance dans le couple, les liens familiaux. Elle alterne les moments tendres, dramatiques et amusants avec brio.

La mangaka a un trait légèrement épuré, plutôt rond et doux. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques. Les yeux assez grands sont expressifs. Les décors soignés dominent quelques trames d’ambiance très graphiques. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Des formes blanches censurent les parties intimes dans les scènes érotiques. Sous la jaquette, London sensei donne quelques explications sur la réalisation de l’histoire en deux planches.

En résumé

A 17 ans, Mikuriya Tsubasa s’est enfui avec Kusaka Yû, alors que ses parents n’approuvaient pas leur relation et cherchaient à les séparer. Quinze ans plus tard, un matin, Kusaka lui annonce vouloir rompre. Pourtant, tout semblait aller bien entre eux, à part parfois quelques disputes. Déprimé, Tsubasa se rend à leur snack préféré, pour se lamenter auprès de la propriétaire Yoshimi. Mais il réalise alors qu’un certain train-train quotidien s’est installé. Pris par son travail, il ne fait plus vraiment attention à son petit ami. Cependant, Kusaka lui révèle que la cause est tout autre: en effet, le salaryman a oublié une de ses promesses. Or, leur relation est basée sur la franchise et les promesses qu’ils se font…

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2018, il apparaît dans les commentaires des lecteurs sur les meilleurs mangas accessibles. En effet, le scénario simple rend la lecture agréable. Mais j’apprécie énormément le traitement et le développement choisi par l’auteure qui dévoile peu à peu le contexte de la dispute. Un certain suspense se maintient jusqu’à la fin, rendant le quotidien calme de ce couple palpitant. Et puis, voir des trentenaires déjà en couple change un peu! A 32 ans, l’amour peut encore être pur!

One room angel – Harada

one room angel harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777183
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784751 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

La rencontre improbable entre un ange tombé du ciel et un homme désabusé par la vie.

Harada sensei offre une œuvre surnaturelle empreinte de réalisme. Comme un puzzle, elle dévoile pièce par pièce le passé de Kôki et de l’ange. D’ailleurs, elle soigne particulièrement le background de ses personnages. Kôki, qui n’a aucune estime de lui, évolue grâce à l’ange. Malgré les remords de son passé, il montre pourtant de la bonne volonté. La physionomie adolescente et le caractère impertinent de l’ange contrastent avec ses attributs angéliques. L’auteure entraîne les lecteurs dans une histoire mystérieuse tout en abordant différents thèmes comme la délinquance, les yakuza, les difficultés de certaines classes sociales et le harcèlement scolaire. Elle interroge sur l’honnêteté, le profit, les efforts vains, le jugement extérieur, les souffrances d’un bouc-émissaire. Elle dépeint avec finesse l’évolution sentimentale et psychologique de ses personnages, maintenant un suspense jusqu’à la dernière page.

La mangaka a un trait épuré qui conserve tout de même une touche réaliste. Les traits assez anguleux des personnages contrastent avec ceux de l’ange plus doux et ronds. De même, la tête effrayante de Kôki contrebalance sa gestuelle douce. Harada sensei porte attention aux détails et arrive à intégrer des émotions dans les gestuelles. Dans les scènes d’actions, elle met en avant les mouvements clés. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique appuie l’esthétique poétique de certaines pages. D’ailleurs, le superbe épilogue utilise parfaitement les techniques graphiques pour dégager une douceur amère. En revanche, il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

A 30 ans, Kôki travaille dans un konbini et vit dans un petit studio au confort minimum, en se privant de loisirs. Il pense donc vivre une vie merdique. Un jour, deux délinquants viennent acheter des cigarettes mais refusent évidemment de valider leur âge. Le vendeur les emmène alors discuter à l’arrière de la boutique à la demande de son patron. Malgré ses excuses, une bagarre éclate et Kôki se fait poignarder. Un ange apparaît devant lui alors qu’il s’évanouit. Après un mois d’hospitalisation, il apprend qu’il a été viré. A sa surprise, il retrouve l’ange dans son appartement. Ce dernier, amnésique, n’arrive pas à voler, ses ailes perdant leurs plumes avec les pensées négatives des gens. Kôki accepte donc de l’héberger pour une nuit pensant rêver mais l’ange est toujours là au petit matin. Une étrange cohabitation commence alors avec cet être surnaturel au visage adolescent.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020 et mérite grandement cette place. Plus qu’un BL, il nous plonge dans une aventure fantastique où les sentiments négatifs et ceux positifs se côtoient constamment. Le lecteur passe par diverses émotions tout en accompagnant les personnages. Les sentiments des deux héros évoluent doucement vers un amour pur. L’auteure arrive à mêler fantastique et problèmes sociétaux avec tellement de justesse! D’ailleurs, selon votre caractère, la fin vous paraîtra triste ou heureuse. Pour moi, c’est une fin merveilleuse et remplie de bonheur. Et vous? Ce manga ne peut que plaire. Lisez-le!

Rendez-vous à Udagawachou – Hideyoshico

rendez vous a udagawachou hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775158
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783242 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandantion: un peu

Pourquoi un garçon populaire au lycée s’habillerait-il en fille?

Hideyoshico sensei invite les lecteurs à réfléchir sur la beauté et le travestissement. Elle développe la relation entre deux lycéens qui découvrent leur sexualité et se confrontent à leurs sentiments. Tandis que Yashiro s’initie dans le doute au plaisir du travestissement, ayant du mal à assumer cette partie de sa personnalité, Momose s’interroge sur ses sentiments, ayant eu le coup de foudre pour le lycéen habillé en femme. L’auteure oblige ses personnages à se questionner sur leur sexualité, sur l’homosexualité, mais également sur leur comportement en les plongeant dans des introspections. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Maladroit, grand et taciturne, Momose a du mal à communiquer et a tendance à imposer ses désirs. Grâce à Yashiro, il va apprendre à discuter et être plus doux. Car le travesti exprime clairement son non-consentement et la violence qu’il ressent quand on le force.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux et particulier. Ses personnages sont plutôt longilignes. Par ailleurs, elle travaille les tenues. De même, les décors sont plutôt soignés mais se contentent de situer l’action. En outre, les trames d’ambiance alternent avec les vides et les blancs, donnant un style assez dépouillé. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à ce style de traits simplifiés. Hideyoshico sensei glisse quelques touches graphiques humoristiques pour détendre l’atmosphère générale assez tendue du manga. Par exemple, une passante porte un chapeau à l’effigie de la célèbre série de robot Gundam. Elle donne également quelques anecdotes de création dans la postface sous la jaquette. Des photos de Shibuya séparent les chapitres. Et les illustrations en début de chapitre sont parfois intégrées à la narration.

En résumé

Dans le quartier de Shibuya, Momose Keigo croit reconnaître Yashiro Tomoya, un élève populaire de son lycée, habillé en fille. Plutôt introverti, il n’ose pas l’aborder mais s’interroge sur ses raisons. Après s’être informé sur le transgenre et l’homosexualité, il se pose alors de plus en plus de questions. Intrigué par le lycéen, il commence à l’observer en classe mais se fait remarquer. Et à force de l’observer, il commence à ressentir d’étranges sentiments. Alors, il se rend à nouveau dans le quartier pour en avoir le cœur net. Momose reconnaît immédiatement Yashiro malgré le maquillage et la perruque. Clairement subjugué par sa beauté, il lui propose alors de sortir ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure est classée troisième meilleure artiste et Momose Keigo sixième meilleur seme. Malgré le sujet intéressant, il manque un peu de profondeur pour pleinement apprécier ce récit. En effet, Keigo accepte vite Yashiro comme il est et ce dernier ne s’interroge pas plus sur ses propres sentiments réels, donnant l’impression de céder au harcèlement. Cependant, l’originalité du propos est rafraîchissant. Et j’aime quand le thème du travestissement est abordé simplement, sans se moquer!

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Bodysuit fetish – Yamasaki Uni

bodysuit fetish yamasaki uni

YAMASAKI Uni 山佐木うに
ISBN: 9782368775486
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801955554 (JP)
Takeshobo, 2016
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Derrière les combinaisons moulantes et les tripotages, une ravissante comédie romantique pleine de sentiments.

Yamasaki Uni sensei arrive, malgré le thème sulfureux du fétichisme, à narrer une comédie romantique débordant de sentiments et de positivisme. Alors que Kuroe, otaku de sentai, a une piètre opinion de lui-même, le talentueux Tôma assume pleinement son côté pervers et fétichiste. A partir d’un échange de bons procédés, la relation va évoluer en douceur, les deux garçons se découvrant au fur et à mesure. L’introduction des autres membres du club de cosplay, Kaneda Umi et Ayano Kyôichi, va permettre aux principaux intéressés de comprendre leurs sentiments profonds. L’auteure joue sur les contrastes entre ses personnages, et les écarts entre leurs ressentis et leurs sentiments. Elle met en scène un couple qui communique, cherche à se comprendre, attentif au plaisir de son partenaire. Elle arrive même à donner un aspect innocent au fétichisme pervers de Tôma. S’acceptant tels qu’ils sont, les deux étudiants s’inspirent mutuellement.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux dégageant pourtant de la douceur. Même si son style semble assez classique, elle soigne le traitement des vêtements. Le rendu des tissus est bien fait, en particulier sur les combinaisons moulantes. De plus, ces dernières mettent en valeur les personnages plutôt sveltes et légèrement musclés. Les expressions du visages sont également très travaillées. Yamasaki sensei alterne les décors et les trames d’ambiance. Elle conserve un certain réalisme dans le rendu des ombres et des couleurs. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques, surtout sensuelles, sont assez détaillées, mais des hachures censurent tout de même les organes génitaux en gros plan.

En résumé

Dans l’école de design de Mishima cohabitent un département informatique et un département mode. Kuroe Yôji, en première année d’étude graphique, travaille sur le character design des personnages d’un jeu vidéo indépendant pour son club. Envoyé au département de mode demander au club de cosplay de confectionner les costumes qu’il a dessiné, il aborde le beau et solaire Kishida Tôma, en 2e année. Ce dernier accepte volontiers de concevoir les costumes gratuitement à la seule condition que Kuroe devienne son modèle. D’abord inquiet, Kaneda Umi s’incline devant la détermination de l’otaku. Mais le week-end, après que Kuroe ait enfilé une combinaison moulante, Tôma demande l’autorisation de le toucher, révélant être fétichiste des vêtements. D’abord légèrement apeuré, Kuroe cède au magnifique sourire du designer puis ressent de plus en plus de plaisir au gré des attouchements…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. J’adore l’histoire, car malgré un thème sulfureux, le couple reste dans le consentement. En plus, en fin de tome, l’histoire bonus fait allusion à un possible reverse, donnant envie d’une suite. J’aimerais tant découvrir qui fait battre le cœur de Kaneda.

Void – Zariya Ranmaru

void zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375060704
Taifu comics, 2017
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Enfermé dans ses souvenirs et ses sentiments depuis sept ans, Maki va-t-il trouver la rédemption avec l’innocent Arata?

Zariya Ranmaru sensei nous plonge dans une romance torride et poétique où la vengeance et la rédemption se font dans la souffrance. Elle dévoile au compte-gouttes le passé de Maki et Ren, révélant des psychologies meurtries. Alors que Maki impose égoïstement ses hésitations et ses souffrances à Arata, l’humanoïde se montre encore plus humain et compréhensif. Tous deux ont parfaitement conscience de leur comportement déviant: les jeux pervers renforcent ainsi leur lien de domination et de soumission totale. Cependant, l’introduction de Yoshiaki, le frère de Maki, va précipiter leur relation vers un dénouement plus sain. Par ailleurs, la symbolique de l’oiseau, très présente graphiquement, se répercute également dans la narration. Arata est soumis à l’attachement comme les oiseaux à son réveil, il apprécie de les voir libre et le parallèle entre leur bonheur enfin construit et l’oiseau ayant trouvé refuge dans l’abri qu’il a fabriqué avec Maki est percutant.

La mangaka a un trait fin et réaliste: ses hommes ont une carrure masculine et musclée. Elle apporte un soin aux regards et aux gestes, suggérant principalement les émotions par le dessin. Elle détaille les décors mais utilise les trames d’ambiance avec discrétion. La mise en page dynamique joue sur les emboîtements, les vides et les suppressions de cadre. Zariya sensei transcrit graphiquement la superposition de l’image de Ren sur Arata. De même, elle crée toute une symbolique autour de l’oiseau, dont la présence joue un rôle narratif. Par exemple, chaque chapitre débute avec une cage ouverte où un oiseau passe, faisant un parallèle avec les sentiments des personnages. Il n’y a aucune censure dans les scènes érotiques. La transparence des personnages permet même d’apprécier tous les détails. En plus, il y en a presque à chaque chapitre, plus ou moins développées.

En résumé

Le chef de la division de protection des humanoïdes Rowen affecte de force un amant de compagnie à son ami et ancien collègue Maki. L’humanoïde illégal, Mizumori Arata, a été créé à partir des souvenirs et du physique d’une de ses connaissances, Amamiya Ren. Le rejetant au début, Maki finit par céder à Ren dont l’attachement, influencé par l’imprint, rappelle celui des canetons. Cependant, la présence de l’humanoïde fait remonter des souvenirs douloureux. Devant l’insistance d’Arata, prêt à accepter tout ce qu’on lui dictera pour pouvoir rester auprès de Maki, ce dernier finit par imposer une relation sexuelle perverse à son amant de compagnie.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, la touche poétique apportée par le symbole de l’oiseau libre une fois adulte transcrit à la fois l’amour et les sentiments enfin libérés du passé des personnages. En revanche, je ne sais pas si le manque de consentement au début est voulu pour rappeler le statut de poupée sexuelle d’Arata. Cependant, j’aurais aimé plus de scènes tendres et torrides comme celle de l’épilogue. Cela ne m’empêche pas d’être complètement conquise par cette romance profonde.

The secret of me and my boss – Kashima Chiaki

the secret of me and my boss kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368775615
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409179 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Leurs secrets respectifs éventés, un chantage s’installe entre le supérieur Anezaki et son subalterne Mikado.

Kashima Chiaki sensei propose une comédie romantique entre un employé qui cache son côté otaku et son supérieur gay. Leur relation assez conflictuelle débutant par un chantage va peu à peu évoluer vers une amitié sincère puis des sentiments amoureux grâce à l’introduction d’Agatsuma, l’ancien amant d’Anezaki. Justement, les deux héros, qui alternent la narration, s’interrogent sur l’homosexualité. En effet, l’auteure, en présentant à la fois la vision de Mikado puis d’Anezaki, s’intéresse à la difficulté d’assumer sa sexualité différente, de construire une relation stable, de la peur des regards extérieurs. Comme Mikado accepte simplement l’homosexualité de son supérieur, ce dernier trouve enfin un confident avec qui parler librement. Le côté sans gêne du chef de bureau qui collectionne les aventures d’un soir est en réalité un moyen d’oublier son traumatisme et sa peur de tomber amoureux. L’histoire bonus en fin de tome présente avec humour le recrutement de Mikado.

La mangaka utilise des traits simplifiés et épurés. Comme elle les répète parfois, donnant un peu d’épaisseur, son style graphique garde un aspect croquis. De même, ses simplifications sont encore plus prononcées pour renforcer les expression de panique, de choc. Kashima sensei joue donc principalement sur les codes graphiques comiques. Elle n’hésite pas à exagérer les mouvements pour transcrire la précipitation, la vitesse. Par exemple, quand Mikado se précipite chez lui pour arrêter Anezaki, le taxi semble décoller et ses pas exagérément longs augmentent la force du mouvement. Les trames sont variées. Même si les angles de vue semblent assez simples, leur efficacité accompagne la mise en page dynamique. Les scènes érotiques ne sont pas vraiment censurées. Par contre, elles jouent sur les détails simplifiés.

En résumé

Mikado Junichirô est un otaku, fan de Kishi Meyko du groupe d’idole KKB. Il vient même de passer une nuit blanche à regarder son dernier clip. Dans le métro, il croise par hasard son supérieur qu’il ne supporte pas. En effet, Anezaki Misaki le traite comme un esclave: en plus de se servir dans sa réserve personnelle de nourriture, il lui donne toujours des documents à scanner au dernier moment. Il passe également son temps à séduire les belles employées. Un soir, alors que l’équipe fête la réussite d’un projet, Anezaki défie Mikado dans un concours d’alcool. L’employé s’écroule vite. Pourtant, il doit raccompagner son supérieur complètement ivre. Comme ce dernier n’arrive même plus à indiquer son adresse et qu’il commence à pleuvoir, il finit par réserver une chambre dans un love hotel. Mais en pleine nuit, son chef lui saute dessus et ils finissent par coucher ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Il a même eu droit à une adaptation en drama CD. Même si le ton reste léger et humoristique, l’auteure aborde divers sujets sur la sexualité. Elle retranscrit assez bien le traumatisme d’Anezaki. Et la gentillesse de Mikado pour son supérieur rend ce couple attendrissant, même s’il démarre plutôt mal.