Le maître de maison est un alpha – Natsushita Fuyu

le maitre de maison est un alpha natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776414
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865894783 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire son couple petit à petit quand on est deux seme, d’autant plus qu’il faut rapidement donner un héritier?

Dans ce one-shot, Natsushita Fuyu sensei met en avant la vie conjugale d’un couple d’alpha. Cet omegaverse interroge principalement l’égalité au sein du couple, les difficultés à définir les rôles entre deux seme, et la pression familiale de donner un héritier. D’abord hétérosexuels, les deux hommes doivent gérer à la fois leurs sentiments et leurs préjugés des rôles genrés. Ils se questionnent sur la domination, la pénétration, la conception. L’auteure a une approche assez originale, ne mettant pas en avant l’appartenance aux groupes alpha ou omega. Elle disperse des indices au fur et à mesure pour les lecteurs. En outre, elle présente un couple qui communique, se respecte et accepte d’ouvrir leur esprit. Le langage est parfois cru. Les quiproquos et les réactions excessives des personnages apportent une touche humoristique. L’épilogue à la maternité laisse espérer une orientation vers le reverse.

Les traits de la mangaka sont plutôt réalistes: ses personnages ont des visages ovales, des corps masculins musclés. D’ailleurs, les deux époux ont presque la même carrure. Natsushita sensei exprime les chaleurs par la contraction des pupilles. De même, elle met directement en image l’imagination débordante de Kazumasa. Les trames d’ambiance sont bien intégrées, les décors détaillés. La mise en page dynamique joue avec des angles de vue variés. Justement, le découpage parfois cinématographique des scènes érotiques donne beaucoup de détails. De plus, il n’y a pas de censure, à part dans les coupes intérieures. Les illustrations de début de chapitre présentent les protagonistes dans un instant pris sur le vif. Sous la jaquette se trouve la solution du jeu de recherche du symbole du chat à trouver dans chaque chapitre; il faut une loupe pour en repérer certains!

En résumé

Les familles Isaka et Tachigami ont organisé un mariage arrangé entre leurs fils alpha. Bien qu’amoureux de son mari, Tachigami Kazumasa n’arrive pas à passer outre ses appréhensions sur les rapports sexués de même genre. Bien que sa mère lui mette la pression pour donner rapidement un héritier, Isaka Takaomi, salaryman dans l’entreprise familiale, reste toujours à l’écoute de son époux. Ces deux seme prennent leur temps. Cependant, vexé de ne pas exciter son partenaire, Kazumasa décide de consulter un psychiatre, Tokihito Kyôwa, spécialisé dans la sexologie des couples. Cependant, ses méthodes ne sont pas très orthodoxes!

En résumé

Ce manga a obtenu la 5e place au classement du manga profond au Chill chill BL award 2019. En effet, il est à la fois sexy, érotique et tendre. Même si les méthodes du psychiatre peuvent gêner, on s’attache vite à ce couple qui privilégie respect et partage.

Le chien innocent et le chat hypocrite – Niyama

le chien innocent et le chat hypocrite niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801955172 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Lorsque le masque de l’homme parfait finit par tomber à force de côtoyer l’innocence de la jeunesse…

Premier manga relié de Niyama sensei, ce one-shot s’intéresse à la naissance des sentiments durant une cohabitation, la différence d’âge et le sentiment de solitude, en particulier quand le rythme de travail du couple est décalé. Même si certaines coïncidences paraissent un peu exagérées, l’auteure développe la psychologie de ses personnages avec réalisme. Alors que Yagi fuit les problèmes, son comportement parfois enfantin le rend attachant. De même, le côté innocent de Tôru détonne avec son comportement légèrement sans gêne. Mettant en avant le contraste entre ce que pense et ce que dit Yagi, la narration donne principalement son point de vue. Cependant, un chapitre est consacré à l’avis d’Akasaka. Le couple partage ses sentiments avec consentement, même alcoolisé. D’ailleurs, il prend tout son temps.

La mangaka utilise des traits fins légèrement simplifiés. Ses personnages ont une carrure masculine avec de grands yeux expressifs. Pour les passages humoristiques, Niyama sensei n’hésite pas à simplifier ses dessins à l’extrême. Ainsi, le côté naïf d’Akasaka ressort bien graphiquement. Par contre, Yagi porte parfois des oreilles de chat quand il pousse à fond l’hypocrisie. Il n’y a pas de distinction entre les chapitres, peu marqués. La mise en page, plutôt classique, joue sur les ellipses et quelques angles de vue recherchés pour dynamiser la lecture. L’alternance entre les trames d’ambiance et les décors paraît naturelle. Sous la jaquette, la postface et deux illustrations permettent de découvrir la création du scénario. Parfois, quelques trames ou blancs censurent légèrement les scènes érotiques, plutôt détaillées.

En résumé

Yagi Naohito (39 ans) est invité par son ami Tajima Seiji (39 ans) à un gôkon. Ne cherchant pas à draguer, le salaryman s’isole à une table pour manger. Asakasa Tôru (24 ans) l’aborde et demande à s’installer à sa table. Comme le jeune homme entame immédiatement la conversation et parle sans filtre, Yagi n’est pas à l’aise. En effet, il affiche toujours un sourire conciliant, jouant les hypocrites pour plaire à tout le monde. L’alcool aidant, les deux hommes se confient assez facilement, le quarantenaire étant persuadé de ne jamais revoir son interlocuteur collant. Mais ce dernier s’avère être un employé d’un de ses clients. Un soir, le salaryman recroise l’ouvrier loin de son quartier. Asakasa lui apprend qu’un incendie a détruit son appartement et qu’il a perdu son porte-feuille. Devant tant de malchance, Yagi propose au jeune homme de le loger temporairement malgré son appréhension.

En conclusion

Cette histoire mignonne précède My pretty policeman et met en avant la romance du couple d’amis de Seiji. Le contraste entre Yagi qui fuit les relations alors qu’il a peur d’être seul et Asakasa qui s’attache facilement aux gens me touche énormément. J’adore l’évolution tout en douceur et dans le partage de ce couple.
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.

A story of love – Hamada Kamome

a story of love hamada kamome

HAMADA Kamome 波真田かもめ
ISBN: 9782375061480
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799735169 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: たとえばこんな恋のはなし
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

L’amour se construit petit à petit, en partageant à deux ses joies, ses peines et ses désirs.

Ce one-shot de Hamada Kamome sensei est basé sur une histoire vraie. En décrivant la cohabitation entre un homosexuel et un hétérosexuel tombé amoureux de lui, l’auteure questionne la construction d’une relation et les sentiments. Elle offre donc une vision de l’amour simple et pure. D’abord platonique, la relation entre Akira et Masaru évolue doucement: les deux hommes apprennent à se connaître et se rapprochent petit à petit entre disputes, efforts et compromis. Le comportement de Masaru peut paraître ambigu et déconcertant: bien que fou amoureux et sérieux, il a un côté assez coincé et maladroit. Son manque de tact égaye un peu cette romance tendre et mignonne. En fin de tome, une interview de Yanagi Kento, qui a servi de modèle pour Akira, permet d’en découvrir un peu plus sur le couple. Il y a aussi la recette du hamburger maison.

La mangaka utilise des traits assez épais, superposés, donnant un aspect croquis. Son style est assez proche du shôjo. Les visages sont plutôt ronds, avec des traits simplifiés. L’équilibre entre les décors et les trames d’ambiance est maîtrisé. La mise en page reste assez classique. Les illustrations en début de chapitre mettent en scène le couple dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a le plan de l’appartement. Les scènes érotiques se concentrent sur les sentiments et ne montrent donc pas de détails. La couverture a obtenu la seizième place au Chill Chill BL award 2018.

En résumé

Au lycée, Takamori Akira récolte les cannettes pour se faire un peu d’argent et offrir un CD au garçon qu’il aime secrètement. Mais ce dernier, gêné, refuse. Pour combler sa peine, le lycéen prépare énormément de bons plats pour les assistantes et sa mère mangaka. Devant ce festin, l’une d’elle l’incite à poster ses recettes sur Internet. Le jeune homme lance alors son blog, s’affichant comme un garçon aimant les garçons et passionné de cuisine. Mais un jour, il reçoit un commentaire blessant lui demandant si son homosexualité influence son don pour la cuisine. Bien que rude au premier abord, le blogueur sympathise avec Nanjô. Enfin à l’université, Akira reçoit, un soir, un appel de Nanjô Masaru qui a débarqué à Tokyo. Puis quelques semaines plus tard, ce dernier s’installe chez l’étudiant tout en lui annonçant qu’il l’aime…

En conclusion

Une très belle histoire d’amour construite par la discussion, les compromis et de petits gestes tendres. Il est touchant de voir Masaru briser ses propres barrières, coincé malgré ses forts sentiments. Comme un témoignage sur la vie à deux, on a envie d’appliquer leurs conseils pour entretenir la flamme. Une lecture pour tous les couples, qu’ils soient gay ou non!

Memento Scarlet – Kusabi Keri

memento scarlet kusabi keri

KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776926
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965812 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre meurtres et drogues, une enquête réunissant un détective obsédé et un ancien policier.

Ce one-shot de Kusabi Keri sensei propose de suivre deux enquêteurs au sein d’une cellule un peu spéciale sur les traces d’un trafiquant de drogue mêlé à de mystérieuses affaires de meurtres. L’histoire a un ton plutôt réaliste, avec un humour très discret, souvent graphique. L’auteure développe avec précision la psychologie de ses personnages, assez complexe: Tetsuo a touché le fond, obnubilé par son passé. La relation d’abord ambiguë entre les deux coéquipiers évolue rapidement, le côté sado-masochiste de Kairi devenant presque un élément salvateur. Les scènes érotiques ne sont pas forcément gratuites et s’intègrent bien à l’enquête. Par contre, les sentiments du couple prennent finalement l’aval sur le récit.

Les traits de la mangaka sont fins, légèrement simplifiés. Il se dégage beaucoup de sensualité des visages des personnages. La mise en page est dynamique. La maîtrise des angles de vue facilite la lecture. Kusabi sensei laisse quelques indices graphiques tout en maintenant le suspense. Elle utilise les trames pour colorer ou ombrer. Les décors sont très présents. Les souvenirs de Tetsuo, qui possède une excellente mémoire photographique, sont justement illustrés par des images en négatif. En milieu de tome, un organigramme représentant les protagonistes permet de se situer dans l’histoire. Par ailleurs, des fiches détaillées sont disponibles en bonus en fin de volume. Comme les scènes érotiques ne sont pas censurées, certains passages peuvent paraître un peu violents, mais cela correspond à l’ambiance.

En résumé

Le lieutenant Amane Kairi (30 ans) fait partie de l’élite de la police même s’il est plutôt violent. Enquêtant sur la drogue « maze », il n’hésite pas à utiliser des moyens peu conventionnels pour obtenir des aveux ou des renseignements. Un soir, dans un bar, il se rapproche d’un certain Kanô Tetsuo (28 ans) en lui proposant une drogue. Ils finissent alors à l’hôtel. En réalité, il cherche à recruter cet ancien policier qui a quitté son service deux ans auparavant, suite à une affaire traumatisante. Les voilà donc à devoir faire équipe au sein de la cellule spéciale du Bureau d’investigation, où d’anciens criminels officient, pour retrouver l’homme « à la capuche rouge »…

En conclusion

Malgré les 292 pages, j’ai dévoré ce tome d’une traite. J’aime beaucoup la relation qui se lie entre Tetsuo et Kairi, d’abord charnelle puis, peu à peu, complétée par des sentiments avec une approche vers la guérison. Pour moi, c’est un véritable coup de cœur! Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par les ébats plutôt violents et le côté bitch de Kairi.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.

Les âmes perdues – Yuki Ringo

les ames perdues yuki ringo

YUKI Ringo ゆき林檎
ISBN: 9782368776971
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686188 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 少年と神隠し
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Un amour non déclaré traversant les époques pour enfin se réaliser.

Dans ce one-shot, Yuki Ringo sensei, avec sa touche poétique habituelle, narre une romance nostalgique qui traverse le temps grâce à la réincarnation. Elle installe doucement son récit et dévoile les mystères entourant ses personnages au compte-gouttes, maintenant un suspense constant. Shûichirô est le narrateur principal. Bien qu’il évolue vite et que ses questionnements sur Ten se dissipent rapidement, ses sentiments se développent tout en douceur. Ainsi, leur relation paraît tendre, malgré quelques évènements difficiles et dramatiques. En parallèle, l’auteure traite, avec délicatesse et réserve, la tradition admise à l’époque des liens initiatiques, affectifs et souvent sexuels entre les moines et leur chigo, privilégiant les sentiments. Elle mène parfaitement son scénario en dosant les révélations, les tensions et les moments tendres.

Le trait fin et doux de la mangaka est plus proche du style shôjo. Ses visages sont ovales et ses yeux légèrement grands sont expressifs. Même si ses mises en page sont assez classiques, elles sont efficaces et mettent en valeur les actions et l’esthétique des personnages. Yuki sensei s’attarde sur les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. Justement, son travail des trames est plutôt précis dans, par exemple, l’ombre des vêtements ou les dégradés. Les scènes érotiques sont censurées par le cadrage qui évite de montrer les parties génitales. Pourtant elles dégagent une certaine sensualité. Cette retenue permet également d’endurer les scènes choquantes d’initiation du chigo par son moine. Sous la jaquette, des fiches présentent les deux personnages principaux.

En résumé

Octobre 1953 (28e année de l’ère Shôwa). Au décès de sa grand-mère adoptive, Morimiya Shûichirô (16 ans) quitte le village de fermiers où il a grandi. Ayant la capacité de percevoir les êtres surnaturels et les ondes négatives, il est obligé de fuir le sanctuaire où il s’était arrêté pour prier, entendant une voix menaçante. Mais il s’évanouit de fatigue. Il est alors recueilli par un étrange yamabushi, Ten, qui porte un masque et vit seul dans la forêt. Le moine lui propose le gîte et le couvert jusqu’à ce que la situation de l’adolescent se stabilise et accepte de lui montrer son visage. Shûichirô réalise alors que ce dernier ressemble beaucoup au moine qu’il voit toujours dans le même rêve…

En conclusion

Ce tome est plus épais que les manga habituels. Pourtant, je l’ai lu d’une seule traite tellement l’histoire est prenante. Impossible de s’arrêter en cours!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la neuvième place du manga profond au Chill Chill BL award 2020.

Files – Sato Tsubame

files sato tsubame

SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782375061800
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829685976 (JP)
Printan shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un détective taciturne poursuivi par une victime collatérale d’une enquête.

Dans ce one-shot, Sato Tsubame sensei préfère décrire le lien qui se noue entre ses héros plutôt que s’attarder sur leur romance. L’humour est discret, basé sur des situations cocasses et souvent menées par la malchance de Kikuchi. Au gré des enquêtes, le rapprochement entre le secret Yoshino et le curieux Kikuchi évolue selon des évènements déclencheurs. Par exemple, le chat joue le lien entre les différents personnages et mène les lecteurs sur quelques indices. Kikuchi s’interroge sur ses sentiments et est très ouvert. Sa complicité avec Minami Yûma (20 ans) apporte à la fois légèreté et réflexions. Ainsi, l’histoire semble avoir une approche plus LGBT que BL. Parallèlement, l’auteure ménage le suspense en installant l’intrigue tranquillement puis en diffusant les indices à petite dose.

Le trait de la mangaka est simple mais reste tout de même inspiré de la réalité. Des simplifications renforcent les expressions et les cases humoristiques. Il y a beaucoup de cases silencieuses. D’ailleurs, Sato sensei pose beaucoup d’indices graphiques mettant les lecteurs sur la piste du frère disparu et la responsable de la protection rapprochée qui travaille dans l’ombre. Il n’y a presque pas de décors. Les trames servent principalement à la colorisation, aux ombres et à la dramatisation. Cependant quelques trames d’ambiance originales renforcent les effets des vignettes, en particulier celle avec des chats, trop mignonne. La mise en page est assez classique. Comme le récit s’intéresse d’abord aux sentiments, il n’y aucune scène érotique.

En résumé

Kikuchi Takaya (28 ans) a perdu son emploi d’agent immobilier et son logement de fonction, suite à l’enquête du détective Yoshino Akihito (28 ans) qui a révélé sa liaison avec la femme de son patron. Il essaie alors de se faire embaucher chez le détective, mais ce dernier refuse. Cependant, le nouveau chômeur s’incruste dans une enquête sur la locataire d’une résidence de haut standing qui tournerait des films pornographiques dans son appartement. Un soir, un chat le guide vers la jeune femme évanouie dans le parking. Grâce à son contact avec la cible, il apporte des éléments supplémentaires à l’enquête…

En conclusion

A la première lecture, le récit laisse un arrière-goût d’inachevé mais en relisant le manga ou en portant attention aux détails, je trouve que le scénario est bien plus profond que je ne le pensais. J’ai donc beaucoup apprécié cette histoire. Par contre, une fois les indices découverts, l’effet de surprise et de suspense s’estompe. Alors, trouverez-vous la personne chargée de la protection à distance de Yoshino?

Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.

Loopy peeps! – RUNa

loopy peeps runa

RUNa るんぁ
ISBN: 9782368776629
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801962873 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour dans les soirées étudiantes libertines.

Ce one-shot de RUNa sensei est une romance légère entre deux couples d’amis qui tombent amoureux, sur fond de soirées étudiantes alcoolisées et libertines. L’auteure propose une histoire assez classique, avec des ikemen aux caractères plutôt clichés: un pervers à lunettes, un gay naïf mais obsédé, un tombeur dominateur, un uke obstiné. Le côté aguicheur mais maladroit de Chiharu et Fuyuha fait tout leur charme. Certaines situations jouent sur le fan service mais quelques intrigues permettent de dynamiser un peu le récit. Par contre, il est dommage que celle avec le président du club de Fuyuha ne soit pas plus développée. La narration se fait du point de vue des uke. La relation entre Nanatsu et Fuyuha occupe la première moitié du volume. L’aventure de Saneaki et Chiharu puis des deux couples se partagent l’autre moitié du tome.

La mangaka possède un style shôjo, aux traits assez fins. Même si ses personnages sont grands et sveltes, elle travaille suffisamment les pectoraux pour qu’ils conservent une certaine masculinité. Dans les moments humoristiques, elle simplifie les traits: par exemple, les yeux deviennent de simples carrés quand les protagonistes sont surpris ou ils deviennent SD. Ses cadrages sont dynamiques. L’alternance entre les décors et les trames d’ambiance est équilibrée. Sous la jaquette, RUNa sensei a dessiné deux planches amusantes mettant en scène la passion des bananes de Fuyuha provoquant les fantasmes de Nanatsu. Il y a beaucoup de scènes érotiques, dégageant de la sensualité malgré l’auto-censure qui simplifie les organes génitaux.

En résumé

Lors de soirées étudiantes organisées par leur club, Udagawa Fuyuha aime s’amuser et se donner en spectacle avec son ami et sex friend Sakuragaoka Chiharu. Le président de leur club les met en garde contre le club concurrent dirigé par l’étudiant d’élite Sasazuka Nanatsu, à la réputation sulfureuse, et son ami Tomigaya Saneaki. Lors d’une soirée trop arrosée, Fuyuha emmène Chiharu se reposer dans une salle VIP. Cependant, en revenant des toilettes, il se retrouve par inadvertance dans la backroom, à cause du manque de lumière. Croyant d’abord être avec son ami, Fuyuha entame une fellation. Bien que réalisant son erreur, il se laisse emporter par le plaisir en couchant avec cet inconnu. Jusqu’à ce qu’il découvre tout à coup que son partenaire n’est autre que Nanatsu, réputé pour avoir couché avec plus de mille personnes!

En conclusion

Bien que l’histoire est légère, les personnages sont assez attachants. J’adore particulièrement le couple Saneaki*Chiharu, où le seme aime faire mariner son uke obsédé. En japonais, les personnages possèdent chacun dans leur prénom un caractère de saison: Fuyuha 冬羽 avec le kanji hiver, Nanatsu 七夏 avec celui de l’ été, Chiharu 千春 celui du printemps et Saneaki 実秋 celui de l’automne. Je trouve que cela colle parfaitement à leur caractère.

Principle – Sachimo

principle sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776803
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832290679 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Dualité entre un stalker intellectuel et un travailleur manuel déluré.

Ce one-shot de Sachimo sensei offre une comédie romantique entre un homme déterminé aux critères élevés et un beau gosse déluré ayant plein de principes. Leurs comportements extrêmes, presque déviants, semblent au premier abord clichés mais l’auteure dévoile au fil des chapitres leurs motifs et leurs influences, approfondissant un peu leur psychologie. Elle alterne les narrateurs entre Yamashiro et Yashiro qui partagent leurs envies, pensées, questionnements sur leurs sentiments. De même, le charpentier Tsuji, qui paraît froid et blasé, a droit à un chapitre pour s’exprimer. Alors que Yamashiro s’est fixé des règles strictes, Yashiro se fie à ses impressions. L’humour est principalement basé sur la dualité entre les deux héros et comment Yamashiro sera amené à briser ses propres règles. Leur relation évolue vite mais avec leurs caractères têtus, elle reste tendue.

Le trait de la mangaka est fin. Les hommes sont grands, de carrures sveltes mais musclées. Les yeux sont fins mais restent expressifs. Sachimo sensei utilise des simplifications pour les passages humoristiques: par exemple, les joues rougissantes sont toutes rondes. Elle tire complètement profit des trames en les utilisant pour la colorisation, les ombres et les ambiances. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Ses cadrages sont dynamiques mais dégagent un certain formalisme. La censure des scènes érotiques est faite en occultant des traits mais les trames suggèrent parfaitement les détails, permettant de conserver une certaine sensualité.

En résumé

Le charpentier Yamashiro Kanta ne couche qu’avec des « magiciens », c’est-à-dire des hommes de plus de 30 ans encore puceaux prêt à tout pour se dépuceler. Pour se protéger de déconvenues, il s’impose plusieurs règles strictes à suivre. Mais un jour, il rencontre l’architecte d’élite Yashiro qui travaille avec son patron Seki. Alors qu’une aventure d’un soir s’est mal passée, il tombe sur l’intellectuel qui le suivait. Ce dernier se prétendant magicien, il accepte de coucher avec lui malgré ses doutes. Mais l’architecte n’a pas l’intention de respecter la règle d’un coup du soir…

En conclusion

De premier abord simple et léger, le scénario s’avère légèrement approfondi et met en scène deux hommes opposés fuyant l’amour. Il faut tout de même avouer que tout est prétexte à introduire une scène érotique et que le principal but de l’histoire est de voir tomber les principes de Yamashiro un à un. Ce one-shot a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.