Memento Scarlet – Kusabi Keri

memento scarlet kusabi keri

KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776926
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965812 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre meurtres et drogues, une enquête réunissant un détective obsédé et un ancien policier.

Ce one-shot de Kusabi Keri sensei propose de suivre deux enquêteurs au sein d’une cellule un peu spéciale sur les traces d’un trafiquant de drogue mêlé à de mystérieuses affaires de meurtres. L’histoire a un ton plutôt réaliste, avec un humour très discret, souvent graphique. L’auteure développe avec précision la psychologie de ses personnages, assez complexe: Tetsuo a touché le fond, obnubilé par son passé. La relation d’abord ambiguë entre les deux coéquipiers évolue rapidement, le côté sado-masochiste de Kairi devenant presque un élément salvateur. Les scènes érotiques ne sont pas forcément gratuites et s’intègrent bien à l’enquête. Par contre, les sentiments du couple prennent finalement l’aval sur le récit.

Les traits de la mangaka sont fins, légèrement simplifiés. Il se dégage beaucoup de sensualité des visages des personnages. La mise en page est dynamique. La maîtrise des angles de vue facilite la lecture. Kusabi sensei laisse quelques indices graphiques tout en maintenant le suspense. Elle utilise les trames pour colorer ou ombrer. Les décors sont très présents. Les souvenirs de Tetsuo, qui possède une excellente mémoire photographique, sont justement illustrés par des images en négatif. En milieu de tome, un organigramme représentant les protagonistes permet de se situer dans l’histoire. Par ailleurs, des fiches détaillées sont disponibles en bonus en fin de volume. Comme les scènes érotiques ne sont pas censurées, certains passages peuvent paraître un peu violents, mais cela correspond à l’ambiance.

En résumé

Le lieutenant Amane Kairi (30 ans) fait partie de l’élite de la police même s’il est plutôt violent. Enquêtant sur la drogue « maze », il n’hésite pas à utiliser des moyens peu conventionnels pour obtenir des aveux ou des renseignements. Un soir, dans un bar, il se rapproche d’un certain Kanô Tetsuo (28 ans) en lui proposant une drogue. Ils finissent alors à l’hôtel. En réalité, il cherche à recruter cet ancien policier qui a quitté son service deux ans auparavant, suite à une affaire traumatisante. Les voilà donc à devoir faire équipe au sein de la cellule spéciale du Bureau d’investigation, où d’anciens criminels officient, pour retrouver l’homme « à la capuche rouge »…

En conclusion

Malgré les 292 pages, j’ai dévoré ce tome d’une traite. J’aime beaucoup la relation qui se lie entre Tetsuo et Kairi, d’abord charnelle puis, peu à peu, complétée par des sentiments avec une approche vers la guérison. Pour moi, c’est un véritable coup de cœur! Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par les ébats plutôt violents et le côté bitch de Kairi.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Inside full bloom – Kuki Wakame

inside full boom kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782368776995
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964105 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« La mélancolique histoire d’amour de deux jeunes hommes profondément blessés qui, ensemble, vont apprendre à se reconstruire. »

Pour son premier manga, Kuki Wakame sensei offre un one-shot au ton poétique et dramatique. Elle met en parallèle le langage des fleurs avec les sentiments de ses personnages. Comme une fleur qui s’épanouit jour après jour, Kana et Keigo, profondément blessés, s’ouvre douloureusement l’un à l’autre. Leur relation d’abord conflictuelle contrecarre tout consentement. Malgré une compatibilité sexuelle, leur caractère s’oppose. Ainsi, l’auteure aborde deux approches différentes: Kana préfère le secret alors que Keigo affirme ouvertement son orientation sexuelle. Pourtant leurs traumatismes influent énormément sur leur relation amoureuse. Même si des sentiments se développent au fil des discussions, leurs ébats, souvent forcés et parfois gratuits, occultent tout romantisme, brouillant un peu l’appréciation de l’histoire. Le scénario pêche donc légèrement par manque d’expérience mais se tient parfaitement.

La mangaka a un trait fin et épuré, assez anguleux. Elle a tendance à utiliser des touches et des lignes peu liées, donnant un aspect encore croquis pour les yeux ou la bouche. De même, elle se focalise sur certains détails comme les regards et tient compte du mouvement des cheveux. Elle maîtrise déjà son graphisme, beau et aéré, n’hésitant pas à simplifier et caricaturer les traits pour les passages humoristiques. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Ses décors permettent de situer les actions. Ses cadrages et quelques angles de vue recherchés dynamisent la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et plutôt détaillées. Sous la jaquette, il y a deux illustrations présentant Kana et ses amis.

En résumé

Saitô Kanaru est invité par ses amis Oshibu et Ono à un gôkon. Peu motivé, il accepte malgré tout, espérant passer une simple soirée à boire. Mais les étudiantes arrivent à deux accompagnées d’un garçon, Miura Keigo, qui remplace une fille qui s’est désistée. Au fil de la conversation, ce dernier annonce ouvertement qu’il est gay. Surpris et troublé, Kana se raffraîchit aux toilettes mais Keigo l’a suivi, ayant deviné que l’étudiant cachait son orientation sexuelle. Alors que Miura commence à lui faire des avances discrètes, Saitô boit plus que de raison et finit par perdre conscience. Il se réveille plus tard en plein ébats avec Keigo. Le lendemain, de retour chez lui, il s’effondre, ne pouvant contenir ses souvenirs traumatisants de l’époque du lycée.

en conclusion

Kana et Keigo pansent leurs blessures intérieures dans la douleur. Certains lecteurs pourront être gênés par les scènes non consenties. Personnellement, mes sentiments sont mitigés: j’ai apprécié cette vision de l’amour assez sombre, mais je trouve dommage que Keigo ne trouve de solutions qu’à travers la soumission sexuelle. D’autant plus que j’adore particulièrement le personnage de Kana. Placée 20ème au classement des nouveaux venus du Chill Chill BL award 2019, j’attends avec impatience de voir les prochaines œuvres de Kuki sensei.

Les âmes perdues – Yuki Ringo

les ames perdues yuki ringo

YUKI Ringo ゆき林檎
ISBN: 9782368776971
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686188 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 少年と神隠し
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Un amour non déclaré traversant les époques pour enfin se réaliser.

Dans ce one-shot, Yuki Ringo sensei, avec sa touche poétique habituelle, narre une romance nostalgique qui traverse le temps grâce à la réincarnation. Elle installe doucement son récit et dévoile les mystères entourant ses personnages au compte-gouttes, maintenant un suspense constant. Shûichirô est le narrateur principal. Bien qu’il évolue vite et que ses questionnements sur Ten se dissipent rapidement, ses sentiments se développent tout en douceur. Ainsi, leur relation paraît tendre, malgré quelques évènements difficiles et dramatiques. En parallèle, l’auteure traite, avec délicatesse et réserve, la tradition admise à l’époque des liens initiatiques, affectifs et souvent sexuels entre les moines et leur chigo, privilégiant les sentiments. Elle mène parfaitement son scénario en dosant les révélations, les tensions et les moments tendres.

Le trait fin et doux de la mangaka est plus proche du style shôjo. Ses visages sont ovales et ses yeux légèrement grands sont expressifs. Même si ses mises en page sont assez classiques, elles sont efficaces et mettent en valeur les actions et l’esthétique des personnages. Yuki sensei s’attarde sur les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. Justement, son travail des trames est plutôt précis dans, par exemple, l’ombre des vêtements ou les dégradés. Les scènes érotiques sont censurées par le cadrage qui évite de montrer les parties génitales. Pourtant elles dégagent une certaine sensualité. Cette retenue permet également d’endurer les scènes choquantes d’initiation du chigo par son moine. Sous la jaquette, des fiches présentent les deux personnages principaux.

En résumé

Octobre 1953 (28e année de l’ère Shôwa). Au décès de sa grand-mère adoptive, Morimiya Shûichirô (16 ans) quitte le village de fermiers où il a grandi. Ayant la capacité de percevoir les êtres surnaturels et les ondes négatives, il est obligé de fuir le sanctuaire où il s’était arrêté pour prier, entendant une voix menaçante. Mais il s’évanouit de fatigue. Il est alors recueilli par un étrange yamabushi, Ten, qui porte un masque et vit seul dans la forêt. Le moine lui propose le gîte et le couvert jusqu’à ce que la situation de l’adolescent se stabilise et accepte de lui montrer son visage. Shûichirô réalise alors que ce dernier ressemble beaucoup au moine qu’il voit toujours dans le même rêve…

En conclusion

Ce tome est plus épais que les manga habituels. Pourtant, je l’ai lu d’une seule traite tellement l’histoire est prenante. Impossible de s’arrêter en cours!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la neuvième place du manga profond au Chill Chill BL award 2020.

Files – Sato Tsubame

files sato tsubame

SATO Tsubame 里つばめ
ISBN: 9782375061800
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829685976 (JP)
Printan shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un détective taciturne poursuivi par une victime collatérale d’une enquête.

Dans ce one-shot, Sato Tsubame sensei préfère décrire le lien qui se noue entre ses héros plutôt que s’attarder sur leur romance. L’humour est discret, basé sur des situations cocasses et souvent menées par la malchance de Kikuchi. Au gré des enquêtes, le rapprochement entre le secret Yoshino et le curieux Kikuchi évolue selon des évènements déclencheurs. Par exemple, le chat joue le lien entre les différents personnages et mène les lecteurs sur quelques indices. Kikuchi s’interroge sur ses sentiments et est très ouvert. Sa complicité avec Minami Yûma (20 ans) apporte à la fois légèreté et réflexions. Ainsi, l’histoire semble avoir une approche plus LGBT que BL. Parallèlement, l’auteure ménage le suspense en installant l’intrigue tranquillement puis en diffusant les indices à petite dose.

Le trait de la mangaka est simple mais reste tout de même inspiré de la réalité. Des simplifications renforcent les expressions et les cases humoristiques. Il y a beaucoup de cases silencieuses. D’ailleurs, Sato sensei pose beaucoup d’indices graphiques mettant les lecteurs sur la piste du frère disparu et la responsable de la protection rapprochée qui travaille dans l’ombre. Il n’y a presque pas de décors. Les trames servent principalement à la colorisation, aux ombres et à la dramatisation. Cependant quelques trames d’ambiance originales renforcent les effets des vignettes, en particulier celle avec des chats, trop mignonne. La mise en page est assez classique. Comme le récit s’intéresse d’abord aux sentiments, il n’y aucune scène érotique.

En résumé

Kikuchi Takaya (28 ans) a perdu son emploi d’agent immobilier et son logement de fonction, suite à l’enquête du détective Yoshino Akihito (28 ans) qui a révélé sa liaison avec la femme de son patron. Il essaie alors de se faire embaucher chez le détective, mais ce dernier refuse. Cependant, le nouveau chômeur s’incruste dans une enquête sur la locataire d’une résidence de haut standing qui tournerait des films pornographiques dans son appartement. Un soir, un chat le guide vers la jeune femme évanouie dans le parking. Grâce à son contact avec la cible, il apporte des éléments supplémentaires à l’enquête…

En conclusion

A la première lecture, le récit laisse un arrière-goût d’inachevé mais en relisant le manga ou en portant attention aux détails, je trouve que le scénario est bien plus profond que je ne le pensais. J’ai donc beaucoup apprécié cette histoire. Par contre, une fois les indices découverts, l’effet de surprise et de suspense s’estompe. Alors, trouverez-vous la personne chargée de la protection à distance de Yoshino?

Life – Tokokura Miya

life tokokura miya

TOKOKURA Miya 常倉三矢
ISBN: 9782375061138
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784832290105 (JP)
Houbunsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une douce romance où les rêves sont mis à mal mais finissent toujours par apporter le bonheur.

Dans ce one-shot, Tokokura Miya sensei suit un couple de rêveurs de leur rencontre jusqu’à la mort. Elle aborde quelques étapes de leur vie, avec leurs joies et leurs problèmes: par exemple, les doutes professionnels ou sentimentaux, la séparation, les retrouvailles, les maladies. Ainsi, les titres des chapitres reprennent l’âge des personnages. Un écart se creuse petit à petit entre Nishi et Itô, malgré eux, alors qu’Akira mûrit et perd son côté rêveur. De plus, l’acceptation de leur sexualité ne se fait pas au même rythme. La narration alterne donc entre les protagonistes. L’auteure décrit avec pudeur et poésie leurs pensées et sentiments. Elle joue sur la métaphore de la ligne au bord de la route qui accompagne la destinée de ce couple. Les moments de joie sont concentrés dans le dernier chapitre, contrebalançant la fin mélancolique.

La mangaka a une approche graphique très poétique. D’ailleurs, elle retranscrit en images le monde imaginaire des héros. La ligne sur la route semble parfois prendre vie. Les cadrages sont dynamiques. Ainsi, Tokokura sensei privilégie les cases ou planches silencieuses, narrant son histoire avec le dessin. Le jeu des clairs-obscurs appuie l’action. De même, les décors et les trames d’ambiance se font discrètes. Son style assez classique met en valeur son trait doux et expressif. De plus, les déformations et les simplifications renforcent l’expressivité des visages. Les scènes érotiques mettent en avant les sentiments. La censure joue sur l’absence de traits mais ne gâche en rien l’esthétique.

En résumé

En marchant sur les lignes bordant les routes, Nishi Yûki (17 ans) s’imagine traverser une mer de requins. Itô Akira (17 ans), quant à lui, est en suspension au-dessus de pics de glace. Un jour, ces deux rêveurs se croisent sur la même ligne et doivent négocier pour pouvoir continuer leur route. Alors qu’une agréable routine s’installe entre eux dans l’attente de chaque rencontre, une certaine complicité se développe. Cependant, Itô est de plus en plus troublé par d’étranges sentiments envers son ami et finit par l’embrasser. Ayant rompu leur jeu, il fuit Nishi qui l’attend en vain. Mais ce dernier décide de le rejoindre au lycée…

En conclusion

Ce manga est un vrai coup de cœur. J’adore la joie de vivre de Nishi, m’étant particulièrement attachée à lui. Grâce à l’admirable traitement scénaristique de l’auteure, je passe par diverses émotions, du sourire aux larmes, accompagnant les sentiments des héros. Je recommande donc vivement ce BL. Il mérite pleinement sa première place de meilleur manga au Chill chill BL award 2018.

Loopy peeps! – RUNa

loopy peeps runa

RUNa るんぁ
ISBN: 9782368776629
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801962873 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour dans les soirées étudiantes libertines.

Ce one-shot de RUNa sensei est une romance légère entre deux couples d’amis qui tombent amoureux, sur fond de soirées étudiantes alcoolisées et libertines. L’auteure propose une histoire assez classique, avec des ikemen aux caractères plutôt clichés: un pervers à lunettes, un gay naïf mais obsédé, un tombeur dominateur, un uke obstiné. Le côté aguicheur mais maladroit de Chiharu et Fuyuha fait tout leur charme. Certaines situations jouent sur le fan service mais quelques intrigues permettent de dynamiser un peu le récit. Par contre, il est dommage que celle avec le président du club de Fuyuha ne soit pas plus développée. La narration se fait du point de vue des uke. La relation entre Nanatsu et Fuyuha occupe la première moitié du volume. L’aventure de Saneaki et Chiharu puis des deux couples se partagent l’autre moitié du tome.

La mangaka possède un style shôjo, aux traits assez fins. Même si ses personnages sont grands et sveltes, elle travaille suffisamment les pectoraux pour qu’ils conservent une certaine masculinité. Dans les moments humoristiques, elle simplifie les traits: par exemple, les yeux deviennent de simples carrés quand les protagonistes sont surpris ou ils deviennent SD. Ses cadrages sont dynamiques. L’alternance entre les décors et les trames d’ambiance est équilibrée. Sous la jaquette, RUNa sensei a dessiné deux planches amusantes mettant en scène la passion des bananes de Fuyuha provoquant les fantasmes de Nanatsu. Il y a beaucoup de scènes érotiques, dégageant de la sensualité malgré l’auto-censure qui simplifie les organes génitaux.

En résumé

Lors de soirées étudiantes organisées par leur club, Udagawa Fuyuha aime s’amuser et se donner en spectacle avec son ami et sex friend Sakuragaoka Chiharu. Le président de leur club les met en garde contre le club concurrent dirigé par l’étudiant d’élite Sasazuka Nanatsu, à la réputation sulfureuse, et son ami Tomigaya Saneaki. Lors d’une soirée trop arrosée, Fuyuha emmène Chiharu se reposer dans une salle VIP. Cependant, en revenant des toilettes, il se retrouve par inadvertance dans la backroom, à cause du manque de lumière. Croyant d’abord être avec son ami, Fuyuha entame une fellation. Bien que réalisant son erreur, il se laisse emporter par le plaisir en couchant avec cet inconnu. Jusqu’à ce qu’il découvre tout à coup que son partenaire n’est autre que Nanatsu, réputé pour avoir couché avec plus de mille personnes!

En conclusion

Bien que l’histoire est légère, les personnages sont assez attachants. J’adore particulièrement le couple Saneaki*Chiharu, où le seme aime faire mariner son uke obsédé. En japonais, les personnages possèdent chacun dans leur prénom un caractère de saison: Fuyuha 冬羽 avec le kanji hiver, Nanatsu 七夏 avec celui de l’ été, Chiharu 千春 celui du printemps et Saneaki 実秋 celui de l’automne. Je trouve que cela colle parfaitement à leur caractère.

Principle – Sachimo

principle sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776803
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832290679 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Dualité entre un stalker intellectuel et un travailleur manuel déluré.

Ce one-shot de Sachimo sensei offre une comédie romantique entre un homme déterminé aux critères élevés et un beau gosse déluré ayant plein de principes. Leurs comportements extrêmes, presque déviants, semblent au premier abord clichés mais l’auteure dévoile au fil des chapitres leurs motifs et leurs influences, approfondissant un peu leur psychologie. Elle alterne les narrateurs entre Yamashiro et Yashiro qui partagent leurs envies, pensées, questionnements sur leurs sentiments. De même, le charpentier Tsuji, qui paraît froid et blasé, a droit à un chapitre pour s’exprimer. Alors que Yamashiro s’est fixé des règles strictes, Yashiro se fie à ses impressions. L’humour est principalement basé sur la dualité entre les deux héros et comment Yamashiro sera amené à briser ses propres règles. Leur relation évolue vite mais avec leurs caractères têtus, elle reste tendue.

Le trait de la mangaka est fin. Les hommes sont grands, de carrures sveltes mais musclées. Les yeux sont fins mais restent expressifs. Sachimo sensei utilise des simplifications pour les passages humoristiques: par exemple, les joues rougissantes sont toutes rondes. Elle tire complètement profit des trames en les utilisant pour la colorisation, les ombres et les ambiances. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Ses cadrages sont dynamiques mais dégagent un certain formalisme. La censure des scènes érotiques est faite en occultant des traits mais les trames suggèrent parfaitement les détails, permettant de conserver une certaine sensualité.

En résumé

Le charpentier Yamashiro Kanta ne couche qu’avec des « magiciens », c’est-à-dire des hommes de plus de 30 ans encore puceaux prêt à tout pour se dépuceler. Pour se protéger de déconvenues, il s’impose plusieurs règles strictes à suivre. Mais un jour, il rencontre l’architecte d’élite Yashiro qui travaille avec son patron Seki. Alors qu’une aventure d’un soir s’est mal passée, il tombe sur l’intellectuel qui le suivait. Ce dernier se prétendant magicien, il accepte de coucher avec lui malgré ses doutes. Mais l’architecte n’a pas l’intention de respecter la règle d’un coup du soir…

En conclusion

De premier abord simple et léger, le scénario s’avère légèrement approfondi et met en scène deux hommes opposés fuyant l’amour. Il faut tout de même avouer que tout est prétexte à introduire une scène érotique et que le principal but de l’histoire est de voir tomber les principes de Yamashiro un à un. Ce one-shot a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Incitant porno – Jita

incitant porno jita

Jita 爺太
ISBN: 9782368776834
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691732 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Romance dans le cinéma pornographique.

Ce one-shot de Jita sensei a pour thème le milieu du cinéma pornographique. L’auteure détaille les moments de tournage, alliant scènes érotiques et avis des acteurs sur les répliques ou le scénario. Par ce thème, elle questionne donc la reconversion des acteurs, la place d’une relation amoureuse, les raisons poussant à faire ce métier, la vision extérieure du métier, les différences entre cinéma pornographique hétérosexuel et homosexuel. Elle donne un profil psychologique plutôt travaillé à ses personnages: malgré son métier, Takumi conserve une certaine droiture, même s’il est accro aux jeux d’argent. Kai, entré dans le milieu par nécessité, travaille pour une agence à la gestion douteuse mais ne sombre pas dans le mélodrame. La jeune recrue Arata et le travesti Maria apportent une touche humoristique. Par ailleurs, l’allusion au tournage d’un scénario BL fait indirectement un clin d’œil aux adaptations des homo-romances à l’attention du public féminin.

La mangaka soigne son graphisme: ses personnages sont musclés, les traits de leurs visages sont assez réalistes, leur pomme d’Adam est saillante. Même si les hommes ont des carrures masculines, le traitement de Maria joue sur l’ambiguïté. Les protagonistes apparaissent en super-deformed dans les moments comiques. Jita sensei travaille ses angles de vue. Les décors assez présents ne sont pas envahissants. De même, les trames appuient le côté réaliste des scènes: ombres, colorisation. Quelques trames d’ambiance se font discrètes. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Takumi (27 ans) est une star du porno en vogue. Se vantant d’être un pro pouvant assurer avec n’importe quel partenaire, son agent lui propose des contrats de plus en plus originaux. Après son dernier tournage avec un travesti, Maria, il est invité par ce dernier dans un bar gay où il rencontre Kai, qui semble connaître le secret de son début de carrière. Le lendemain, ils se retrouvent sur le tournage suivant: un plan à trois entre hommes. Kai s’avère être un mannequin et acteur porno gay. A sa surprise, Takumi se laisse emporter par le feu de l’action et découvre de nouvelles sensations…

En conclusion

Les personnages sont attachants et tellement choux en SD. Mais ce qui me plaît le plus, c’est le traitement du sujet par l’auteure qui propose un scénario travaillé, logique avec une relation naturelle entre deux acteurs qui distinguent bien la vie privée et la vie professionnelle.

Because I dislike math – Rinteku

Couverture de Because I dislike math de Rinteku, éditions Boys'love IDP

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782368774755
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030799 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Mathématique versus histoire.

Dans ce one-shot, Rinteku sensei offre une romance simple et mignonne entre deux caractères opposés qui s’attirent. En jouant sur la confrontation d’un esprit scientifique à un esprit littéraire et sur deux méthodes pédagogiques différentes, elle nous plonge dans le milieu scolaire du côté du professorat. De même, elle s’intéresse aux relations entre enseignants et élèves. Cependant, l’humour confère un ton léger au récit. L’auteure reste dans l’observation et n’approfondit pas les questionnements. Ainsi, bien que Shinoda soit le narrateur, il se contente de constater l’évolution de ses sentiments. La traductrice a ajouté quelques annotations bien pensées qui permettent de mieux comprendre certaines subtilités.

Le dessin de la mangaka est agréable: son trait fin épuré convient parfaitement à ses personnages longilignes. De plus, elle accentue les simplification des visages ovales pour renforcer leurs expressions. De même, elle n’hésite pas à les transformer en super-deformed. D’ailleurs, les deux héros apparaissant en SD à chaque fin de chapitre narrent une petite histoire humoristique. Rin sensei privilégie les contrastes noirs et blancs. Les trames servent principalement pour la colorisation ou l’ambiance. Les angles de vue sont recherchés et parfois originaux. Les illustrations de début de chapitre donnent le ton général du récit. Les scènes érotiques ne montrent que l’essentiel, jouant sur les cadrages et le choix des plans.

En résumé

Shinoda Chitose (24 ans) débute comme professeur d’histoire-géographie dans l’école préparatoire Tôsei. Il a toutefois tendance à sympathiser et à être trop familier avec ses élèves. Le professeur de mathématiques Nakatsu, tout en se montrant sévère, le met en garde des risques qu’il prend. Mais Chitose, confiant dans sa méthode d’apprentissage, persiste. Finalement, la jeune Yoshida lui demande un jour son numéro de téléphone portable. Nakatsu vient alors à la rescousse…

En conclusion

Cette petite tranche de vie scolaire avait un fort potentiel mais elle reste trop légère pour faire battre mon cœur. Cependant, le graphisme de la mangaka dégage un certain charme. Une auteure à surveiller à mon humble avis.

Les deux lions – Furuya Nagisa

les deux lions furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782368776865
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843974 (JP)
Gentosha, 2019
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le « Lion enragé » est certes très fort mais il est tout autant gentil.

Dans ce one-shot, Furuya Nagisa sensei s’intéresse aux ravages des rumeurs et à l’amitié. Influencé par son grand-père, Leo est fort et gentil mais son côté taciturne le rend d’un abord difficile. De part son caractère simple, Junpei préfère se fier à son instinct. L’auteure décrit avec précision les mécanismes de leur amitié naissante à l’université et son évolution. Elle pose un scénario simple mais rondement mené. Narrateur, Shishido partage ses questionnements. L’entourage des deux héros joue un rôle assez important dans le développement des sentiments, orientant leurs réflexions. De même, les petits évènements qui parcourent leur vie étudiante sont assez réalistes.

Le graphisme de la mangaka est simple et classique. Ses traits sont épurés mais l’auteure propose une grande variété de visages et de carrures. Les hommes ne sont pas des ikemen et dégagent une certaine banalité malgré un peu de charme. Leurs expressions sont très bien rendues. L’équilibre entre les trames et les décors rendent discret le jeu des clairs-obscurs. Les ellipses et les cadrages dynamiques sont principalement au service de la lecture. Les détails évitent de surcharger les cases silencieuses. Il n’y a aucune scène érotique, le propos de l’histoire se basant sur la naissance de l’amour.

En résumé

A l’université, le sociable Shishido Junpei sympathise avec tout le monde. Pendant qu’il discutait assis sur un banc, il remarque qu’un étudiant a oublié sa bouteille d’eau. Il l’interpelle mais Onizuka Leo la lui donne. Intrigué, Shishido a la vague impression de l’avoir déjà rencontré. Plus tard, il le croise au distributeur de boissons et lui propose de lui offrir une bouteille d’eau. Mais, l’étudiant a l’air mécontent. En fait, Leo vient du même lycée que Junpei. Surnommé « le Lion enragé », des rumeurs circulaient sur lui…

En conclusion

Même si l’histoire narre une simple amitié qui évolue en amour, Furuya sensei offre des personnages attachants et touchants. Tout le monde peut lire ce one-shot proposant une tranche de vie d’étudiants se liant d’amitié puis s’interrogeant sur leur attachement de plus en plus fort. Malheureusement, je trouve que le récit s’arrête trop tôt!