On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.

Ce que Dieu veut – Moegi Yuu

ce que dieu veut moegi yuu

MOEGI Yuu 萌木ゆう
ISBN: 9782368777367
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864368469 (JP)
Core magazine, 2015 (JP)
Titre original: 神さまの言うとおり。
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Hinata, élevé par le mystérieux Midori, est-il prêt à découvrir son identité?

Moegi Yuu sensei propose une comédie romantique entre un Yatagarasu et un étudiant. Elle alterne entre humour, action et tendresse tout en ne révélant les secrets de Midori qu’au fur et à mesure. Les joutes amusantes entre les deux héros rythment l’évolution de la relation. En effet, le dieu passe son temps à manipuler par le bout du nez Hinata. L’auteure aborde ainsi la peur de la solitude, la souffrance de perdre un être cher, le besoin d’être utile à l’autre. Elle développe des personnalités assez complexes. Par exemple, Midori cache ses véritables sentiments et préfère éloigner celui qu’il aime quitte à le blesser alors que le naïf Hinata réfléchit beaucoup avant de foncer. Un adorable dieu renard jouera les soutiens permettant de secouer un peu la relation du couple. Le prétexte des baisers et des échanges charnels pour récupérer de l’énergie rend le consentement un peu flou.

La mangaka a un trait fin délié et épuré. Elle les simplifie pour renforcer les expressions. Ses personnages adultes ont des visages ovales et long; surtout Midori qui est grand et élancé. En plus, son regard renforce son côté mystérieux. Les trames d’ambiance graphiques s’équilibrent avec les trames d’ombres et de coloration. Néanmoins, les cheveux sont traités par des aplats. D’ailleurs, Moegi sensei privilégie des stries à la plume pour marquer les ombres fortes. Elle propose également quelques angles de vue originaux, dynamisant la mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par de fines bandelettes blanches ou en occultant les contours. Il y a pourtant quelques coupes intérieures. L’esthétique des personnages est bien mise en avant, en particulier dans les illustrations de début de chapitre où le couple se fait des câlins. De même, il y a quelques croquis de recherche en fin de tome.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa grand-mère, Hinata vit avec Midori. Comme l’étudiant n’a pas respecté l’heure du couvre-feu pour aller lui acheter un cadeau, son tuteur surprotecteur le punit en l’effrayant avec des histoires de fantômes. Mais au matin, Hinata remarque que Midori n’a pas de reflet dans le miroir et ne projette pas d’ombre au sol. N’osant pas interroger l’homme mystérieux qu’il soupçonne d’être un spectre, il sèche l’université pour acheter de quoi l’exorciser. Cependant à son retour à la maison, il trouve les vêtements de Midori auprès d’un énorme corbeau se baignant dans une bassine. Serait-ce son tuteur ?

En conclusion

Quel plaisir de retrouver une œuvre de Moegi Yuu sensei! J’aime beaucoup son style narratif qui allie romance et humour. En plus, le corbeau ressemble à une adorable mascotte. Ce one-shot offre à la fois une histoire divertissante et légère avec un couple attachant.

L’amour tombé du ciel – Ueda Aki

l amour tombe du ciel ueda aki

UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782368777329
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866532271 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Titre original: 恋が落ちたら
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Trouver le grand amour grâce à un caleçon tombé du ciel…

Ueda Aki sensei propose de suivre une romance pleine de sensibilité entre deux hommes blessés. Elle s’intéresse à l’usure des séparations et du rejet de l’autre, à la peur de commencer une nouvelle relation et à la force des reproches dans une relation. Elle travaille beaucoup les caractères de ses personnages. Ainsi, la délicatesse de Hishimoto est contrebalancée par sa nonchalance et sa maladresse. De même, Ise aime prendre soin des autres mais a tendance à vouloir tout contrôler. L’auteure alterne la narration entre ses deux héros. Elle a une approche réaliste. Toutefois, elle apporte une petite touche amusante en démarrant et concluant son récit sur une histoire de caleçons. Les deux héros apprennent à se connaître en sortant ensemble, en se séduisant, en discutant mais ils se redécouvrent également. D’ailleurs, le couple s’entraide rapidement dans les tâches ménagères, permettant de vite développer une certaine complicité.

La mangaka a un trait anguleux parfois dédoublé pour donner de l’épaisseur. Elle rend parfaitement bien les différences graphiques des tranches d’âge. D’ailleurs, elle met bien en avant la plastique des deux héros. Certains angles de vue sont même recherchés. La mise en page est dynamique. Ueda sensei censure peu les scènes érotiques. Elle détaille bien les préliminaires et pense toujours à montrer qu’ils ont des relations protégées. Elle cache tout de même certains détails génitaux avec de fines bandelettes blanches ou en occultant quelques traits. Les illustrations de début de chapitre représentent des moments tendres ou des poses séduisantes des personnages. Ces derniers en SD qui apparaissent à la fin du chapitre 3 ou sur le revers de la jaquette sont tellement adorables.

En résumé

Un soir, Ise Yûki se dispute en pleine rue avec son petit ami qui finit par le quitter. Assis sous un arbre, il désespère alors de toujours se faire avoir par ce genre de mec qui ne fait rien à la maison mais lui reproche ensuite d’être comme une mère. Soudain, un caleçon fraichement lavé lui tombe sur la tête. Arrive Hishimoto Takafumi qui l’a fait tomber en voulant étendre son linge. Remarquant sa tristesse, il le réconforte. Les jours suivants, Ise constate que l’arbre se recouvre de plus en plus de caleçons. Croisant leur propriétaire, il lui offre donc son aide pour les récupérer. Mais en découvrant le capharnaüm de son appartement, il lui propose de faire le ménage. Hishimoto accepte volontiers de participer. Mais en attendant la fin de la lessive, il lui révèle alors être attiré par lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Avec une histoire douce, sensible, ancrée dans la réalité et des personnages très attachants, il ne pouvait que conquérir mon cœur! J’apprécie beaucoup le trait légèrement incisif de l’auteure et sa facilité à montrer le bonheur des petits moments du quotidien, comme une sieste sur le canapé, faire la vaisselle à deux… D’ailleurs, je retrouve le même développement en douceur des sentiments que dans A beautiful sunny day. Lisez donc ce titre! C’est tout simplement du bonheur!

Anti alpha – Okuda Waku

anti alpha okuda waku

OKUDA Waku 奥田枠
ISBN: 9782368777374
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666841 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un omega élevé comme un alpha se bat pour résister à son instinct.

Okuda Waku sensei modifie un peu les codes de l’omegaverse. Elle s’intéresse particulièrement au conflit intérieur qui assaille un omega élevé comme un alpha: la perte de ses repères, les sensations lors des chaleurs, son attirance, la confrontation entre raison et instinct. Ainsi Kamishiro, s’étant forgé un fort caractère, essaie de résister à ses pulsions. De même, bien qu’alpha super dominant, Sena semble plus prévenant que son oncle. La narration alterne entre Rei et Yûjin, permettant de découvrir leurs réflexions et sentiments. L’auteure montre comment un amour sincère permet d’aller à contre-courant des jugements génétiques ou même des normes décidées par une société. Même si elle donne une relation au consentement peu clair dans le couple, elle s’attarde sur l’évolution de leurs sentiments. Elle offre une histoire bonus en fin de tome, avec les personnages à 25 ans.

La mangaka a un trait épuré particulier, à la fois anguleux et souple. Elle dessine des personnages finement musclés, avec des corps longilignes, presque tous ikemen. Elle préfère utiliser les contrastes noir et blanc donnant une touche dure et dramatique à ses planches. D’ailleurs, les trames servent principalement à ombrer ou transcrire l’ambiance. De même, les décors situent surtout l’action. Ainsi, la mise en page reste dynamique. Okuda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même les détails, ses personnages accompagnant certains passages d’un langage assez cru.

En résumé

Afin d’éviter les problèmes de discrimination entre alpha, beta et omega, les écoles ont été séparées pour accueillir un seul genre. Dès le plus jeune âge, des tests ADN permettent aussi de déterminer le partenaire potentiellement compatible comme une âme sœur. Dans un lycée d’élite réservé aux alphas, Sena Yûjin se démarque des autres, considéré comme supérieur. Il en profite pour facilement coucher avec le médecin scolaire Tôjô, le seul omega présent dans l’établissement pour soulager la libido des lycéens. Kamishiro Rei se présente comme son rival. En effet, il est secrètement amoureux de son meilleur ami omega, Hanai Shion, malheureusement destiné à épouser Sena. Mais un jour, alors qu’il surprend Yûjin en pleins ébats avec Tôjô, il entre en chaleur. Il apprend alors par ses parents qu’il est en réalité un omega. Découvrant son secret, Rei lui propose donc de garder le silence à condition qu’ils couchent exclusivement ensemble…

En conclusion

Ce one-shot est cité dans les meilleurs séries au scénario captivant au Chill Chill BL award 2020. D’après les commentaires des lecteurs, ils apprécient surtout de voir un omega se rebeller contre les conventions établies ou résister à ses pulsions, dans cet amour destiné. Malgré le grand nombre de scènes érotiques, l’auteure propose une réflexion sur le comportement d’un omega face à un alpha, avec le risque de perte de contrôle de soi. J’apprécie le couple qui essaie de résister à ses pulsions et qui s’ouvre peu à peu à l’amour.

L’étoile de l’amour – Suzumaru Minta

l etoile de l amour suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368777527
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864423465 (JP)
Tokyomangasha, 2018 (JP)
Titre original: 落花流水のホシ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La tendresse humaine est le meilleur médicament contre la solitude, l’amour est encore mieux!

Suzumaru Minta sensei offre une douce romance entre un policier qui aime prendre soin des gens et un étudiant dépressif. Elle questionne sur la difficulté à surmonter le deuil, la solitude et la dépression. D’ailleurs, elle met particulièrement en avant la force de la tendresse humaine. Ainsi, les sentiments du couple naissent au fil des échanges, des petites attentions et des discussions. Plus qu’un soutien, Gôtarô veut réellement aider Akihito à s’en sortir en cherchant la cause de son mal-être. L’auteure sème divers évènements qui permettent de galvaniser les sentiments. Par ailleurs, elle détend un peu l’atmosphère avec Jun, l’oncle surprotecteur. Elle développe également les différentes qualités de ses personnages. Le couple prend donc son temps et le consentement dans leurs rapports met en avant leur différence d’âge et d’expérience.

La mangaka a un trait fin et épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les yeux deviennent alors de simples points ou de grands ronds, donnant une touche mignonne aux personnages. Pourtant, elle préfère travailler les expressions entières des visages. Les décors sont détaillés et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique, avec quelques angles de vue marquants. Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Ainsi, elle joue principalement sur les angles de vue pour ne pas trop montrer de détails, privilégiant le partage des sentiments. Sous la jaquette, elle donne des fiches personnages commentées par les héros dans une planche au verso. D’ailleurs, la postface se résume à une case. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Le policier Sumeragi Gôtarô (28 ans) vient d’être transféré sur une petite île. L’officier de patrouille en chef, Inoue Ryôko, souhaite qu’il enquête sur Kuze Akihito (19 ans), qui passe des nuits de débauche à coucher à tout va. Pour lui faciliter la tâche, il loge donc dans le grand manoir du jeune homme. Dès le premier soir, le policier intervient en faisant fuir un homme marié et père de famille, le surprenant en pleine action. Mais cela énerve Akihito. Cependant, Gô remarque que le jeune homme ne semblait pas apprécier ces ébats. En plus, au bout d’une semaine, ce dernier semble devenir absent. Le policier décide alors de mener l’enquête pour comprendre les raisons de ce comportement.

En conclusion

Une romance simple mais belle et touchante. J’adore le traitement des sujets et des relations par l’auteure. Elle arrive à me surprendre en faisant découvrir le vrai caractère d’Akihito qui ressort petit à petit alors qu’il commence à surmonter sa dépression. Son côté fonceur confronté à la patience de Gô est tellement amusant. Bref, ce one-shot confirme mon coup de cœur pour cette mangaka, même si Golden sparkle reste mon titre préféré pour l’instant.

Gentleman & sadistic – Hideyoshico

gentleman and sadistic hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775233
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606465 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Entre le salaryman banal et le beau stalker pervers, le chemin qui mène à l’amour ne sera pas de tout repos! »

Hideyoshico sensei oscille entre drame et comédie romantique, en développant une romance entre une victime de brimades et son ancien bourreau. Elle met en scène des personnalités complexes et opposées. Alors que Yoshino a conscience de son comportement déviant, il conserve un certain optimisme, obtenant toujours ce qu’il veut. Takase, quant à lui, est bourré de sentiments contradictoires, pessimiste et blasé par la vie. Tous deux vont ainsi développer une relation légèrement sado-masochiste et se compléter. Le rapport entre dominant et dominé se brouille dans des jeux sexuels provoqués et le consentement n’est donc plus clair. L’auteure s’attarde principalement sur l’évolution de la relation de ses personnages sans pour autant approfondir le changement de leurs sentiments. Néanmoins, elle expose succinctement leur passé pour placer le contexte. Toutefois, elle précipite la fin de son récit, laissant un peu le lecteur sur sa faim.

Le trait de la mangaka s’est légèrement arrondi. Les visages avec des yeux fins et une petite bouche dégagent un peu plus de douceur. De même, Hideyoshico sensei n’hésite pas à dessiner les jambes poilues. Elle représente également Yoshino en wanko. Elle exprime les changements de ses personnages grâce aux expressions du visage et des regards. En plus, les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit à suivre, utilisant quelques métaphores graphiques comme les ronces, le collier. Les décors permettent de situer les actions et alternent avec quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les blancs et les angles de vue. La postface sous la jaquette donne des anecdotes sur la création du manga. Les scènes érotiques sont à peine censurées, les parties génitales étant cachées par de petits points lumineux. Le détail des jeux érotiques contraste avec le regard froid de Takase.

En résumé

Depuis deux ans, Takase Hajime est suivi par un stalker. Un jour, ce dernier lui fait même manquer un rendez-vous galant après avoir renversé volontairement une boisson sur la tenue de la jeune femme. Mais, tandis qu’il rejoignait l’appartement de sa cible, il se fait surprendre. Le salaryman reconnaît alors immédiatement Ôji Yoshino, qui le harcelait avec sa bande au lycée. Soudain, le stalker, à genoux, lui déclare sa flamme!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore voir Yoshino en wanko. Les personnages sont attachants, cependant, il est dommage que la conclusion soit autant condensée dans un chapitre bonus. J’aurais tant aimé en découvrir plus. Mais le talent de l’auteure étant déjà bien installé, vous passerez un agréable moment en lisant cette comédie légèrement amère.

The wize wize beasts of the wizarding Wizdoms – Nagabe

the wize wize beasts of the wizarding wizdoms nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372874885
Komikku, 2020
ISBN: 9784863497313 (JP)
Akaneshinsha, 2018 (JP)
Titre original: ウイズダムズのけものたち
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Premiers émois amoureux à l’école de magie.

Nagabe sensei propose de suivre les premiers amours qui naissent dans l’école de magie Wizdoms. Il conserve les caractéristiques des animaux pour créer leurs caractères et spécificités, jouant sur les combinaisons entre ses personnages. Ainsi, chaque chapitre s’attarde sur un couple qui se forme. L’approche reste pudique et se concentre principalement sur les premiers émois. L’auteur présente différentes formes de l’amour: à sens unique, possessif, admiratif, secret, curieux, non assumé, chaleureux, attirant. De même, il confronte l’innocence de la jeunesse face à leurs émotions et les conflits intérieurs des adultes qui tiennent compte des regards extérieurs. Par exemple, la licorne Benjamin cache son homosexualité après avoir subi le rejet de sa communauté, le dragon Fermat ne comprend pas ses propres sentiments et l’amour pur et réciproque entre l’ours Mauchly et l’humain Charles déborde de tendresse. Des fiches techniques sur les animaux terminent chaque chapitre.

Le mangaka humanise avec finesse les différents animaux tout en conservant leurs caractéristiques propres, permettant de les reconnaître immédiatement. Son trait plutôt fin s’adapte au différentes morphologies des personnages, anguleux ou rond, se rapprochant assez de l’illustration. La mise en page plutôt classique privilégie la mise en avant des détails et des petits gestes. De même, les trames servent principalement à colorer ou ombrer. Nagabe sensei préfère jouer sur le contraste noir et blanc, utilisant des pointillés et des traits faits au pinceau ou à la plume pour donner du volume aux décors, aux pelages et plumages divers. Il n’y a aucune scène érotique, mais la sensualité de certains baisers et de certaines caresses se ressent tout de même. En fin de tome, des yonkoma présentent des anecdotes amusantes et mignonnes sur chaque couple.

En résumé

Il y a longtemps, le puissant sorcier Wizdoms a transmit le savoir nécessaire pour que certaines bêtes puissent prendre forme humaine. Ainsi, les thérianthropes, assoiffés de connaissance, construisirent des écoles. Cachée au milieu de la forêt, la prestigieuse école de magie Wizdoms forment donc les plus grands sorciers du monde. Mais entre les études et la vie en commun, certains d’entre eux découvrent également l’amour!

En conclusion

Comme à son habitude dans ses BL, l’auteur s’attarde surtout sur les sentiments et la relation. Ici, le format court des chapitres ne permet pas vraiment d’approfondir le lien entre les personnages. Et pourtant, le mangaka réussit à transmettre l’essentiel, la finesse des émotions et même à démontrer le naturel du sentiment amoureux. Le milieu de l’école magique permet de mieux accepter cet univers fantastique. Un titre à mettre entre toutes les mains!

Fluff for the flightless – hagi

fluff for the flightless hagi

hagi
ISBN: 9782375062043
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829686249 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 神様と飛べない使い
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Une aventure douce et tendre qui réchauffe le cœur au royaume des dieux.

hagi sensei nous entraîne dans un monde de fantaisie où les dieux polymorphes et leurs messagers ailés vivent en harmonie apparente. Avec Baku et Shin, singuliers par rapport à leurs congénères, elle questionne sur la différence et le rejet. Elle préfère maintenir le mystère et le suspense, dévoilant au fur et à mesure du récit l’étrange lien unissant ses deux héros, parsemant des indices. La romance apparaît donc juste en toile de fond. L’auteure décrit avec finesse et pudeur les différents sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer doucement. D’ailleurs, Shin change le plus et entraîne avec lui Baku mais également certains de ses amis comme Yatsude et les triplés. En outre, l’amour divin qu’elle représente est très ouvert. Les triplés apportent une pointe d’humour dans cet univers doucereux mais parfois dur.

La mangaka a un style plutôt shôjo, avec des traits fins épurés, de grands yeux expressifs. Son style convient parfaitement pour rendre le côté moelleux de Baku et la mansuétude des dieux. Les décors sont soignés même s’ils représentent principalement des paysages de montagne et quelques bâtiments. Aussi, certains angles de vue mettent en avant l’esthétique. Les ellipses, vides, emboitements de vignettes et cadrages accordés à son contenu dynamisent la mise en page. hagi sensei joue avec les détails des petits gestes ou des regards. Même s’il n’y a aucune scène érotique, elle fait allusions à la sexualité entre dieux et messagers. En fin de tome, elle présente quelques personnages. Sous la jaquette, elle narre une anecdote amusante et tendre entre Shin et Baku, concluant son récit.

En résumé

Shin est un messager des dieux en apprentissage. Mais comme ses ailes sont noires et atrophiées, il subit depuis l’enfance les railleries de ses semblables. En plus, il a tendance à laisser éclater sa rage. Néanmoins, la seigneurie qui dirige les 32 monts décide tout de même de lui assigner un dieu à servir. Le jeune messager devra donc s’occuper du dieu installé au mont 32, le plus éloigné. En effet, afin d’éviter la corruption, le travail de ces serviteurs consiste principalement à prendre soin de la toison de leur dieu; et plus le mont est éloigné de sa seigneurie, plus le risque de corruption est grand. Arrivé sur place, Shin trouve une grosse boule poilue. Ne recevant aucune réponse à ses questions, il commence à s’affairer. Mais au mont de sa seigneurie, Sanzashi apprend que les divinités des monts proches de celui de Shin ont disparu avec leurs messagers.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs l’apprécient pour son histoire douce et très émouvante. En effet, l’auteure nous plonge dans un univers tellement paisible avec deux héros si touchants qu’on ressort comme apaisé à la fin de notre lecture. En plus, le trait de la mangaka s’est encore plus adouci depuis son premier titre: Ne me quitte pas. Laissez-vous donc envouter par ce dieu duveteux et son adorable messager!

De l’autre côté du miroir – Hisamatsu Eight et Yukibayashi

de l autre cote du miroir hisamatsu eight yukibayashi

HISAMATSU Eight 久松エイト
Yukibayashi 雪林
ISBN: 9782368777275
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866692159 (JP)
J Publishing, 2019(JP)
Titre original: 彼方此方で逢いましょう
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La rencontre magique entre un prodige de l’ikebana et un futur roi.

Hisamatsu Eight sensei offre une romance avec une touche fantastique. Elle met en parallèle deux hommes subissant la pression due à l’héritage d’une famille illustre et à l’attente de l’entourage. Tous deux s’interrogent sur l’honnêteté des compliments qu’on leur porte. Malgré un talent reconnu, Sara manque de confiance en lui car son style s’éloigne de celui de son père. Shâra, quant à lui, regrette qu’on l’empêche d’approcher son peuple et que l’on décide de ses goûts. Tous deux apprécient les fleurs, s’exprimant à travers elles. L’auteure questionne sur la normalité, la supériorité et la solitude ressenties par un devoir filial lourd. Malheureusement, elle n’approfondit pas son sujet pour laisser place à la romance, introduisant un quiproquos pour augmenter la tension finale. En fin de tome, elle donne deux récits permettant de découvrir d’abord l’origine du miroir puis la conciliation du couple pour harmoniser vie privée et travail.

Yukibayashi sensei a un trait classique et anguleux. Pourtant, elle dessine des visages légèrement ronds avec des cheveux en aplats noirs. Quelques reflets suggèrent les mèches et donnent du volume. Ce travail est complètement différent sur les illustrations couleurs. Les trames d’ambiance accompagnent les sensations des personnages. Par ailleurs, le découpage des cases joue sur l’effet des deux univers à travers le miroir ou change les ambiances. Ainsi certaines pages dégagent un peu de poésie, mettant en valeur l’esthétique et le dynamisme. Par exemple, la beauté des fleurs est bien rendu. En revanche, les scènes érotiques peu nombreuses, sont censurées par de fines bandelettes blanches et évitent de montre les détails. En fin de chapitre, la mangaka présente des compositions d’ikebana. Elle met en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Dans un royaume inconnu, le prince Shâra s’ennuie et éconduit les différents messagers lui apportant des cadeaux en n’osant croiser son regard. Au Japon, Senba Sara supporte de moins en moins les compliments des personnes qui l’entourent. Issu d’une illustre famille de professeurs d’ikebana, il trouve pourtant ses réalisations insipides. Un jour, il découvre qu’il peut passer à travers le miroir de sa chambre. Il arrive alors dans le palais de Shâra. Croyant rêver, il s’amuse en tentant tout ce qui est possible. Mais en revenant dans sa chambre, il remarque qu’il n’est pas seul…

En conclusion

L’histoire qui était tout d’abord contemplative se précipite vers la fin pour finir un peu abruptement. Dommage, car il y avait un fort potentiel pour approfondir divers thèmes comme les différences culturelles ou la réaction des familles. On passe tout de même un agréable moment avec ce couple touchant tout en découvrant l’ikebana.

Le libertin et le piège de l’amour – Kyugo

le libertin et le piege de l amour kyugo

Kyugo 九號
ISBN:9782368777220
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199608124 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Titre original: 放蕩息子と恋の穴
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un dragueur invétéré qui retrouve son premier amour.

Kyugo sensei narre les aventures d’un dragueur invétéré citadin qui accepte de vivre à la campagne pour y retrouver son premier amour. Contrairement au titre sulfureux, elle offre en réalité une comédie romantique plutôt réaliste pleine de tendresse. Elle s’intéresse aux difficultés d’être gay à la campagne, avec la solitude, les rumeurs, les railleries et la peur du rejet. Traumatisé suite à un incident à l’université, Minori cache constamment sa souffrance derrière son sourire et préfère fuir. Sôsuke, plutôt immature au début va analyser ses sentiments, s’interroger et montrer en fin de compte de la patience. En introduisant Makoto, le petit frère Kamise, l’auteure va permettre à ses personnages d’évoluer. Elle diffuse la tension entre le couple au fil des chapitres pour terminer sur un final intense.

La mangaka utilise des traits fins et n’hésite pas à les déformer et les simplifier pour renforcer les expressions. Les corps musclés dégagent beaucoup de virilité. On peut justement les admirer dans les illustrations de début de chapitre. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions, mais Kyugo sensei préfère soigner ses décors très présents et réalistes. De même, elle fluidifie la lecture grâce à une mise en page très dynamique et maîtrisée. Par ailleurs, elle intègre directement au récit les fantasmes de ses protagonistes, offrant ainsi quelques scènes érotiques supplémentaires. Ces dernières sont censurées par des formes blanches sur les parties intimes. La postface, toute en images, donne des précisions sur personnages secondaires.

En résumé

A force de draguer à tout va depuis leur installation à Tokyo, Takamiya Sôsuke s’est attiré les foudres de sa mère. Comme elle doit à nouveau travailler à l’étranger, elle lui propose de l’envoyer chez sa tante, Kamise Taeko, à la campagne dans le département de Hiroshima. Elle espère surtout qu’il réfléchira un peu à son comportement. A sa surprise, il accepte volontiers, pressé en réalité de retrouver Minori, son premier amour. A la gare, son cousin vient le chercher. Alors qu’il fantasme déjà sur sa cousine devenue professeure, il s’étonne de ne pas la trouver à la maison. Mais Minori s’avère être le jeune homme venu le chercher!

En conclusion

Même si l’histoire aurait pu être plus approfondie malgré le nombre de pages supplémentaires et les sujets abordés, l’auteure pense tout de même à mettre l’essentiel, donnant de la consistance à son récit. Et puis le graphisme est tellement agréable. J’adore la réaction de Sôsuke face à la babouk! J’aime également beaucoup l’oncle et la tante qui ont l’air très ouvert. Une lecture simplement agréable et amusante.