Gentleman & sadistic – Hideyoshico

gentleman and sadistic hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775233
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606465 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Entre le salaryman banal et le beau stalker pervers, le chemin qui mène à l’amour ne sera pas de tout repos! »

Hideyoshico sensei oscille entre drame et comédie romantique, en développant une romance entre une victime de brimades et son ancien bourreau. Elle met en scène des personnalités complexes et opposées. Alors que Yoshino a conscience de son comportement déviant, il conserve un certain optimisme, obtenant toujours ce qu’il veut. Takase, quant à lui, est bourré de sentiments contradictoires, pessimiste et blasé par la vie. Tous deux vont ainsi développer une relation légèrement sado-masochiste et se compléter. Le rapport entre dominant et dominé se brouille dans des jeux sexuels provoqués et le consentement n’est donc plus clair. L’auteure s’attarde principalement sur l’évolution de la relation de ses personnages sans pour autant approfondir le changement de leurs sentiments. Néanmoins, elle expose succinctement leur passé pour placer le contexte. Toutefois, elle précipite la fin de son récit, laissant un peu le lecteur sur sa faim.

Le trait de la mangaka s’est légèrement arrondi. Les visages avec des yeux fins et une petite bouche dégagent un peu plus de douceur. De même, Hideyoshico sensei n’hésite pas à dessiner les jambes poilues. Elle représente également Yoshino en wanko. Elle exprime les changements de ses personnages grâce aux expressions du visage et des regards. En plus, les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit à suivre, utilisant quelques métaphores graphiques comme les ronces, le collier. Les décors permettent de situer les actions et alternent avec quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les blancs et les angles de vue. La postface sous la jaquette donne des anecdotes sur la création du manga. Les scènes érotiques sont à peine censurées, les parties génitales étant cachées par de petits points lumineux. Le détail des jeux érotiques contraste avec le regard froid de Takase.

En résumé

Depuis deux ans, Takase Hajime est suivi par un stalker. Un jour, ce dernier lui fait même manquer un rendez-vous galant après avoir renversé volontairement une boisson sur la tenue de la jeune femme. Mais, tandis qu’il rejoignait l’appartement de sa cible, il se fait surprendre. Le salaryman reconnaît alors immédiatement Ôji Yoshino, qui le harcelait avec sa bande au lycée. Soudain, le stalker, à genoux, lui déclare sa flamme!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore voir Yoshino en wanko. Les personnages sont attachants, cependant, il est dommage que la conclusion soit autant condensée dans un chapitre bonus. J’aurais tant aimé en découvrir plus. Mais le talent de l’auteure étant déjà bien installé, vous passerez un agréable moment en lisant cette comédie légèrement amère.

The wize wize beasts of the wizarding Wizdoms – Nagabe

the wize wize beasts of the wizarding wizdoms nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372874885
Komikku, 2020
ISBN: 9784863497313 (JP)
Akaneshinsha, 2018 (JP)
Titre original: ウイズダムズのけものたち
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Premiers émois amoureux à l’école de magie.

Nagabe sensei propose de suivre les premiers amours qui naissent dans l’école de magie Wizdoms. Il conserve les caractéristiques des animaux pour créer leurs caractères et spécificités, jouant sur les combinaisons entre ses personnages. Ainsi, chaque chapitre s’attarde sur un couple qui se forme. L’approche reste pudique et se concentre principalement sur les premiers émois. L’auteur présente différentes formes de l’amour: à sens unique, possessif, admiratif, secret, curieux, non assumé, chaleureux, attirant. De même, il confronte l’innocence de la jeunesse face à leurs émotions et les conflits intérieurs des adultes qui tiennent compte des regards extérieurs. Par exemple, la licorne Benjamin cache son homosexualité après avoir subi le rejet de sa communauté, le dragon Fermat ne comprend pas ses propres sentiments et l’amour pur et réciproque entre l’ours Mauchly et l’humain Charles déborde de tendresse. Des fiches techniques sur les animaux terminent chaque chapitre.

Le mangaka humanise avec finesse les différents animaux tout en conservant leurs caractéristiques propres, permettant de les reconnaître immédiatement. Son trait plutôt fin s’adapte au différentes morphologies des personnages, anguleux ou rond, se rapprochant assez de l’illustration. La mise en page plutôt classique privilégie la mise en avant des détails et des petits gestes. De même, les trames servent principalement à colorer ou ombrer. Nagabe sensei préfère jouer sur le contraste noir et blanc, utilisant des pointillés et des traits faits au pinceau ou à la plume pour donner du volume aux décors, aux pelages et plumages divers. Il n’y a aucune scène érotique, mais la sensualité de certains baisers et de certaines caresses se ressent tout de même. En fin de tome, des yonkoma présentent des anecdotes amusantes et mignonnes sur chaque couple.

En résumé

Il y a longtemps, le puissant sorcier Wizdoms a transmit le savoir nécessaire pour que certaines bêtes puissent prendre forme humaine. Ainsi, les thérianthropes, assoiffés de connaissance, construisirent des écoles. Cachée au milieu de la forêt, la prestigieuse école de magie Wizdoms forment donc les plus grands sorciers du monde. Mais entre les études et la vie en commun, certains d’entre eux découvrent également l’amour!

En conclusion

Comme à son habitude dans ses BL, l’auteur s’attarde surtout sur les sentiments et la relation. Ici, le format court des chapitres ne permet pas vraiment d’approfondir le lien entre les personnages. Et pourtant, le mangaka réussit à transmettre l’essentiel, la finesse des émotions et même à démontrer le naturel du sentiment amoureux. Le milieu de l’école magique permet de mieux accepter cet univers fantastique. Un titre à mettre entre toutes les mains!

Fluff for the flightless – hagi

fluff for the flightless hagi

hagi
ISBN: 9782375062043
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829686249 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 神様と飛べない使い
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Une aventure douce et tendre qui réchauffe le cœur au royaume des dieux.

hagi sensei nous entraîne dans un monde de fantaisie où les dieux polymorphes et leurs messagers ailés vivent en harmonie apparente. Avec Baku et Shin, singuliers par rapport à leurs congénères, elle questionne sur la différence et le rejet. Elle préfère maintenir le mystère et le suspense, dévoilant au fur et à mesure du récit l’étrange lien unissant ses deux héros, parsemant des indices. La romance apparaît donc juste en toile de fond. L’auteure décrit avec finesse et pudeur les différents sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer doucement. D’ailleurs, Shin change le plus et entraîne avec lui Baku mais également certains de ses amis comme Yatsude et les triplés. En outre, l’amour divin qu’elle représente est très ouvert. Les triplés apportent une pointe d’humour dans cet univers doucereux mais parfois dur.

La mangaka a un style plutôt shôjo, avec des traits fins épurés, de grands yeux expressifs. Son style convient parfaitement pour rendre le côté moelleux de Baku et la mansuétude des dieux. Les décors sont soignés même s’ils représentent principalement des paysages de montagne et quelques bâtiments. Aussi, certains angles de vue mettent en avant l’esthétique. Les ellipses, vides, emboitements de vignettes et cadrages accordés à son contenu dynamisent la mise en page. hagi sensei joue avec les détails des petits gestes ou des regards. Même s’il n’y a aucune scène érotique, elle fait allusions à la sexualité entre dieux et messagers. En fin de tome, elle présente quelques personnages. Sous la jaquette, elle narre une anecdote amusante et tendre entre Shin et Baku, concluant son récit.

En résumé

Shin est un messager des dieux en apprentissage. Mais comme ses ailes sont noires et atrophiées, il subit depuis l’enfance les railleries de ses semblables. En plus, il a tendance à laisser éclater sa rage. Néanmoins, la seigneurie qui dirige les 32 monts décide tout de même de lui assigner un dieu à servir. Le jeune messager devra donc s’occuper du dieu installé au mont 32, le plus éloigné. En effet, afin d’éviter la corruption, le travail de ces serviteurs consiste principalement à prendre soin de la toison de leur dieu; et plus le mont est éloigné de sa seigneurie, plus le risque de corruption est grand. Arrivé sur place, Shin trouve une grosse boule poilue. Ne recevant aucune réponse à ses questions, il commence à s’affairer. Mais au mont de sa seigneurie, Sanzashi apprend que les divinités des monts proches de celui de Shin ont disparu avec leurs messagers.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs l’apprécient pour son histoire douce et très émouvante. En effet, l’auteure nous plonge dans un univers tellement paisible avec deux héros si touchants qu’on ressort comme apaisé à la fin de notre lecture. En plus, le trait de la mangaka s’est encore plus adouci depuis son premier titre: Ne me quitte pas. Laissez-vous donc envouter par ce dieu duveteux et son adorable messager!

De l’autre côté du miroir – Hisamatsu Eight et Yukibayashi

de l autre cote du miroir hisamatsu eight yukibayashi

HISAMATSU Eight 久松エイト
Yukibayashi 雪林
ISBN: 9782368777275
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866692159 (JP)
J Publishing, 2019(JP)
Titre original: 彼方此方で逢いましょう
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La rencontre magique entre un prodige de l’ikebana et un futur roi.

Hisamatsu Eight sensei offre une romance avec une touche fantastique. Elle met en parallèle deux hommes subissant la pression due à l’héritage d’une famille illustre et à l’attente de l’entourage. Tous deux s’interrogent sur l’honnêteté des compliments qu’on leur porte. Malgré un talent reconnu, Sara manque de confiance en lui car son style s’éloigne de celui de son père. Shâra, quant à lui, regrette qu’on l’empêche d’approcher son peuple et que l’on décide de ses goûts. Tous deux apprécient les fleurs, s’exprimant à travers elles. L’auteure questionne sur la normalité, la supériorité et la solitude ressenties par un devoir filial lourd. Malheureusement, elle n’approfondit pas son sujet pour laisser place à la romance, introduisant un quiproquos pour augmenter la tension finale. En fin de tome, elle donne deux récits permettant de découvrir d’abord l’origine du miroir puis la conciliation du couple pour harmoniser vie privée et travail.

Yukibayashi sensei a un trait classique et anguleux. Pourtant, elle dessine des visages légèrement ronds avec des cheveux en aplats noirs. Quelques reflets suggèrent les mèches et donnent du volume. Ce travail est complètement différent sur les illustrations couleurs. Les trames d’ambiance accompagnent les sensations des personnages. Par ailleurs, le découpage des cases joue sur l’effet des deux univers à travers le miroir ou change les ambiances. Ainsi certaines pages dégagent un peu de poésie, mettant en valeur l’esthétique et le dynamisme. Par exemple, la beauté des fleurs est bien rendu. En revanche, les scènes érotiques peu nombreuses, sont censurées par de fines bandelettes blanches et évitent de montre les détails. En fin de chapitre, la mangaka présente des compositions d’ikebana. Elle met en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Dans un royaume inconnu, le prince Shâra s’ennuie et éconduit les différents messagers lui apportant des cadeaux en n’osant croiser son regard. Au Japon, Senba Sara supporte de moins en moins les compliments des personnes qui l’entourent. Issu d’une illustre famille de professeurs d’ikebana, il trouve pourtant ses réalisations insipides. Un jour, il découvre qu’il peut passer à travers le miroir de sa chambre. Il arrive alors dans le palais de Shâra. Croyant rêver, il s’amuse en tentant tout ce qui est possible. Mais en revenant dans sa chambre, il remarque qu’il n’est pas seul…

En conclusion

L’histoire qui était tout d’abord contemplative se précipite vers la fin pour finir un peu abruptement. Dommage, car il y avait un fort potentiel pour approfondir divers thèmes comme les différences culturelles ou la réaction des familles. On passe tout de même un agréable moment avec ce couple touchant tout en découvrant l’ikebana.

Le libertin et le piège de l’amour – Kyugo

le libertin et le piege de l amour kyugo

Kyugo 九號
ISBN:9782368777220
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199608124 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Titre original: 放蕩息子と恋の穴
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un dragueur invétéré qui retrouve son premier amour.

Kyugo sensei narre les aventures d’un dragueur invétéré citadin qui accepte de vivre à la campagne pour y retrouver son premier amour. Contrairement au titre sulfureux, elle offre en réalité une comédie romantique plutôt réaliste pleine de tendresse. Elle s’intéresse aux difficultés d’être gay à la campagne, avec la solitude, les rumeurs, les railleries et la peur du rejet. Traumatisé suite à un incident à l’université, Minori cache constamment sa souffrance derrière son sourire et préfère fuir. Sôsuke, plutôt immature au début va analyser ses sentiments, s’interroger et montrer en fin de compte de la patience. En introduisant Makoto, le petit frère Kamise, l’auteure va permettre à ses personnages d’évoluer. Elle diffuse la tension entre le couple au fil des chapitres pour terminer sur un final intense.

La mangaka utilise des traits fins et n’hésite pas à les déformer et les simplifier pour renforcer les expressions. Les corps musclés dégagent beaucoup de virilité. On peut justement les admirer dans les illustrations de début de chapitre. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions, mais Kyugo sensei préfère soigner ses décors très présents et réalistes. De même, elle fluidifie la lecture grâce à une mise en page très dynamique et maîtrisée. Par ailleurs, elle intègre directement au récit les fantasmes de ses protagonistes, offrant ainsi quelques scènes érotiques supplémentaires. Ces dernières sont censurées par des formes blanches sur les parties intimes. La postface, toute en images, donne des précisions sur personnages secondaires.

En résumé

A force de draguer à tout va depuis leur installation à Tokyo, Takamiya Sôsuke s’est attiré les foudres de sa mère. Comme elle doit à nouveau travailler à l’étranger, elle lui propose de l’envoyer chez sa tante, Kamise Taeko, à la campagne dans le département de Hiroshima. Elle espère surtout qu’il réfléchira un peu à son comportement. A sa surprise, il accepte volontiers, pressé en réalité de retrouver Minori, son premier amour. A la gare, son cousin vient le chercher. Alors qu’il fantasme déjà sur sa cousine devenue professeure, il s’étonne de ne pas la trouver à la maison. Mais Minori s’avère être le jeune homme venu le chercher!

En conclusion

Même si l’histoire aurait pu être plus approfondie malgré le nombre de pages supplémentaires et les sujets abordés, l’auteure pense tout de même à mettre l’essentiel, donnant de la consistance à son récit. Et puis le graphisme est tellement agréable. J’adore la réaction de Sôsuke face à la babouk! J’aime également beaucoup l’oncle et la tante qui ont l’air très ouvert. Une lecture simplement agréable et amusante.

Le fil du destin – Yoshio Akira

le fil du destin yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN:9782368777343
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864369930 (JP)
Core magazine, 2017 (JP)
Titre original: 赤い糸の執行猶予
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le fil rouge du destin relie-t-il vraiment les personnes faites l’une pour l’autre?

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique douce et rafraichissante sur fond fantastique. Elle centre principalement la narration sur Keiji. A travers la question du destin, elle aborde divers sujets comme la difficulté à accepter sa sexualité ou ses sentiments, la peur de l’engagement, le refus d’être manipulé par un concept immatériel. Le ton reste constamment comique et les situations amusantes s’enchainent ou se répètent. Kei, têtu, manque de confiance en lui et croit fermement à l’influence du fil rouge du destin sur la vie. En introduisant Kamisawa, l’auteure donne une explication plausible à cette légende japonaise. En plus, elle présente Hiro comme un être pur et sensible, incitant le lecteur à prendre parti. D’ailleurs, le couple prend tout son temps, pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style plutôt classique, avec un trait épuré. Néanmoins, elle se distingue surtout dans le traitement des passages comiques, avec des traits très simplifiés, exagérant les expressions ou transformant les têtes en SD. Les mimiques et les bouilles sont craquantes. Par exemple, difficile, même pour le lecteur, de ne pas céder au visage dépité de Hiro. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. En outre, les décors situent principalement l’action. Malgré une mise en page plutôt classique, quelques planches se distinguent par leur dynamisme. Yoshio sensei s’attarde sur les détails des regards et des gestes tendres, transmettant parfaitement les différentes émotions. Les illustrations en début de chapitre donnent un petit aperçu sur le contenu à venir. Par ailleurs, il y a très peu de scènes érotiques mais elles ne sont pas censurées.

En résumé

Arako Keiji a la faculté de voir le fil rouge du destin qui relie deux personnes. Il n’apprécie pas trop son pouvoir depuis qu’il a remarqué, enfant, que le fil de ses parents n’était pas lié, entrainant par la suite leur divorce. A l’université, il est tombé amoureux de la pétillante Yui. Cependant il préfère taire ce sentiment, espérant que leurs fils se nouent. Un jour, voyant son fil enfin connecté, il le remonte mais découvre qu’il est attaché à un homme plus jeune que lui, Obata Hiroki. Kei décide alors de l’éviter au maximum d’autant plus que ce dernier s’inscrit à leur club étudiant. Mais le destin semble s’acharner à augmenter la fréquence de leurs rencontres et à favoriser leur rapprochement.

En conclusion

Fan de folklore japonais, je suis sous le charme complet de ce couple attendrissant. Et j’adore Karisawa qui, malgré son pouvoir de couper le fil du destin, préfère jouer les cupidons et les sauveurs. Un one-shot qui procure simplement du plaisir à sa lecture et qui donne envie d’encourager les protagonistes!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

passions refrenees nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.

Les fantaisies du roi – Owal

les fantaisies du roi owal

Owal おわる
ISBN: 9782368777312
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801968141 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: プッシーキングさまの悪癖
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

En proposant à Kadrii de sauver son restaurant par le sexe, Fati ne s’attendait pas à ce que son piège se retourne contre lui.

Dans ce one-shot, Owal sensei narre deux romances mêlant humour et sexe. Elle introduit son histoire principale par un chapitre présentant d’abord le couple secondaire. Elle arrive à développer la psychologie de ses personnages, dévoilant doucement certains traits de caractère. Ainsi, le noble débauché capricieux et tyrannique peut se montrer généreux et le prolétaire naïf s’avère moins crédule qu’il ne paraît. En effet, l’auteure introduit d’autres personnages secondaires pour secouer un peu les deux héros et provoquer l’évolution de leurs sentiments. Elle joue beaucoup sur la confrontation et les échanges entre Kadrii et Fati. Même si les protagonistes s’interrogent sur leurs sentiments et leur sexualité, elle n’approfondit pas leurs réflexions. D’ailleurs, l’humour prime sur tout le reste: l’intérêt est de voir comment un débauché finit par se ranger, touché par l’amour. Ou le plaisir intense?

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Néanmoins, elle n’hésite pas à le simplifier et l’arrondir dans les passages humoristiques. De même, elle transforme parfois ses personnages en super deformed. En plus, Kadrii et Fati sont plutôt musclés. Comme il y a quelques personnages à la peau basanée, les trames sont variées. Avec des protagonistes sortant des vignettes, et beaucoup d’emboîtement, la mise en page semble un peu surchargée mais reste très dynamique. En plus, Owal sensei soigne les décors, les plats et les vêtements. Les scènes érotiques très nombreuses ne sont pas du tout censurées. Les angles de vue et les gros plans mettent même en avant les détails des coïts. On s’éloigne un peu de l’érotisme pour de la représentation presque pornographique. Sous la jaquette, deux planches concluent la romance entre Sadegh et Rabbi.

En résumé

Une ville du Conseil de coopération du Golf. Fati Ar-Rahim, troisième fils d’un noble de la famille royale, se comporte comme un roi absolu et ne se prive pas pour satisfaire ses envies sexuelles insatiables entre deux négociations de contrats. Tandis que son serviteur Rabbi le critique ouvertement, son serviteur Sadegh, quant à lui, obéit aveuglément. Un soir, alors que le capricieux homme d’affaires a réclamé à boire en pleine nuit, ce dernier le trouve en plein ébats avec Rabbi et deux prostitués. D’abord surpris, il reçoit l’ordre de les filmer, le roi désirant punir l’insolence de son serviteur. Mais Sadegh est également sous le charme de son collègue…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la onzième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. Il est amusant de voir ce seme prétentieux devenir reversible, avec un côté o-jôsamauke pour son cuisinier inexpérimenté. Comme j’adore complètement les deux couples, j’apprécie de suivre leurs interactions. En revanche, le côté pornographique pourra gêner certains lecteurs, d’où ma recommandation modérée.

Official trip host Nyu boy – Shinou Ryo

nyu boy shinou ryo

SHINOU Ryo 紫能 了
ISBN: 9782368776544
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686065 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une histoire drôle et tendre de deux hommes peinant à trouver l’amour.

Pour son premier manga, Shinou Ryo sensei propose une comédie romantique avec deux héros en mal d’amour. Elle mélange à la fois comique de situation un peu grivois et romance tendre. Elle aborde aussi des questionnements plus sérieux comme la difficulté d’assumer son homosexualité, la douleur du regard désapprobateur, la prostitution et le besoin de reconnaissance et d’affection. Les deux hommes communiquent beaucoup et cherchent à comprendre les besoins et les sentiments de son partenaire. L’auteure développe particulièrement leurs personnalités. Par exemple, Kei n’est pas si heureux dans son métier, supportant mal le manque d’échange avec la clientèle. Naruse, quant à lui, n’assume pas son homosexualité et cherche le partenaire idéal. Indirectement, leur rencontre et leurs discussions vont leurs permettre de se soutenir mutuellement et de développer leurs sentiments. Le patron de Katagiri ajoute une touche loufoque positive au récit.

La mangaka possède un style graphique particulier: les visages ovales ont des traits simplifiés, les bustes musclés contrastent avec le reste du corps fin. Elle exagère beaucoup les expressions et simplifie à l’extrême ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, elle dessine des yeux exorbités ou des personnages d’une seule ligne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les trames d’ombres et de colorisation variées ne surchargent pourtant pas la page. Les angles de vue, originaux pour certains, contrastent avec la mise en page assez classique. Shinou sensei oscille entre images pornographiques et poétiques. Par exemple, le rendu du regard oppressant de la foule et des commentaires qui laisse peu à peu place aux lumières de la nuit apporte une forte émotion. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, très détaillées, usant même des gros plans et d’angles de vue originaux mettant en valeur les attributs masculins.

En résumé

L’escort boy Katagiri Kei a rendez-vous avec Ayukawa Miyuki pour un cours de plaisir sexuel. A sa grande surprise, c’est un jeune homme, Kôji Naruse, qui l’attend. Ce dernier insiste pour suivre tout de même le cours, demandant à être traité comme une femme. Hétérosexuel, l’hôte est d’abord embarrassé. Néanmoins, la prestation étant déjà payée, il lui propose alors un cours d’origine. Mais ce n’est pas vraiment ce qu’avait imaginé son client!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2019. L’auteure passe de jeux érotiques comiques à de la pure tendresse. Le contraste entre pornographie et douce romance est d’abord déstabilisant. Même s’il reste encore quelques maladresses scénaristiques, j’apprécie son style, son approche et son traitement graphique. A la relecture, je rigolais d’avance avant l’apparition des gags! J’espère donc découvrir d’autres de ses œuvres.

Midnight rain – CTK

mindnight rain ctk

CTK
ISBN: 9782375062036
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799742570 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une rencontre où l’amour viendra donner un peu de réconfort.

CTK sensei nous invite à suivre deux hommes qui galèrent dans leur vie quotidienne et dont la rencontre fortuite va leur apporter un peu de bonheur. Elle alterne la narration entre Ethan et Mike. La relation entre les deux hommes évolue plutôt vite. Tandis que Mike s’est habitué à la solitude et n’a plus confiance en l’autre, sa tête patibulaire et son caractère explosif l’entraînant facilement dans des conflits, Ethan se montre très généreux avec lui alors qu’il se prive totalement pour rembourser sa dette. L’auteure s’intéresse à divers thèmes comme la pauvreté, la solitude, la difficulté à faire confiance. Cependant, elle préfère mettre en avant l’évolution de leurs sentiments. D’ailleurs, elle maîtrise parfaitement le retournement avec d’abord une situation qui semble dramatique et négative, maintenant un certain suspense. Ainsi, en s’ouvrant peu à peu l’un à l’autre, le couple apprend à se soutenir mutuellement.

La mangaka utilise des traits anguleux, parfois épais et dédoublé. Malgré une touche réaliste, elle les simplifie tout de même dans les passages humoristiques, rappelant l’aspect BD. Elle dessine plutôt des visages marqués avec une barbe légère ou naissante. Les corps sont musclés. D’ailleurs, Ethan a le torse poilu. Les trames d’ambiance se font très discrètes. En outre, CTK sensei privilégie beaucoup les clairs-obscurs. Elle découpe parfois certaines scènes avec un style cinématographique. Ainsi, elle dynamise la mise en page en jouant sur les gros plans et les détails. Les scènes érotiques sont censurées, les organes sexuels étant cachés par des formes blanches ou tramées. Sous la jaquette se trouve le plan de l’appartement d’Ethan. Ce dernier pose un quiz amusant en rapport avec la couverture.

En résumé

Un soir de pluie, Mike, blessé, sonne à la porte d’Ethan avant de s’évanouir dans ses bras. Une semaine auparavant, ce dernier l’avait remarqué dans une bagarre de rue et avait engagé la conversation avec lui à la laverie automatique, lui demandant comment il éliminait les tâches de sang. Vivant pauvrement dans un appartement décrépit, Ethan consacre sa paie à principalement rembourser une dette depuis dix ans. Pourtant, il commence à ne plus supporter cette vie de privation…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2020. L’auteure nous livre une belle histoire d’amour sensible où le désespoir est balayé par la simple présence de l’autre. Le traitement graphique est de toute beauté. Il est difficile pour moi d’approfondir mon analyse sans spoiler, la mangaka livrant des œuvres contemplatives et émotionnelles. Laissez-vous donc séduire par un agréable moment de lecture avec des hommes dans la fleur de l’âge.