Nos jours heureux – Kihara Noriko

nos jours heureux kihara noriko
KIHARA Noriko きはら記子
ISBN: 9782382760970
Hana, 2022
ISBN: 9784845856916 (JP)
Leed, 2021 (JP)
Titre original: たんたんとタント
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Lui et moi, on n’est pas de la même famille, on n’est pas frères. Et on n’est plus des enfants. »

Kihara Noriko sensei narre une tranche de vie à la campagne avec deux lycéens nourrissant d’abord une relation fraternelle qui se transforme ensuite en amour. Ainsi, elle met en avant les activités des jeunes, les fêtes traditionnelles et les incidents climatiques qui rythment leur organisation. Elle alterne la narration entre Kôtarô et Shunpei. Entre chamailleries, disputes et complicité, la relation entre les deux lycéens évoluent petit à petit. L’auteure analyse donc la différence ténue entre forte amitié et amour. Elle dévoile au fur et à mesure la psychologie des deux héros. L’insouciant Kôtarô rayonne et se montre sans gêne tandis que le taciturne Shunpei a du mal à contenir sa jalousie. En éclaircissant leurs sentiments, ils développent une relation consensuelle à leur rythme et apprennent à affronter ensemble leurs soucis comme par exemple, les choix d’avenir, les allusions blessantes sous forme de moquerie.

La mangaka marque déjà son propre style avec un trait épuré, légèrement anguleux. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine à la main les décors qui sont très présents. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les autres trames sont équilibrées mais privilégient principalement les contrastes noir et blanc. Les flash-back se repèrent immédiatement avec leur fond noir. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant l’espace de la campagne. Dans les scènes érotiques, Kihara sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre. Elle transcrit le temps qui passe en quelques cases en faisant apparaître quelques produits saisonniers. Dans la postface, des croquis des personnages résument un peu leur quotidien.

En résumé

Ôyama Kôtarô et Asanuma Shunpei sont amis d’enfance. Comme ils sont voisins mais vivent à la campagne, Shunpei a l’habitude de rester le soir chez Kôtarô jusqu’à ce que ses parents passent le prendre en rentrant de leur travail en ville. Ayant une relation presque fusionnelle, les deux lycéens ont également pris l’habitude de se soulager mutuellement, cachés dans une cabane abandonnée près de l’arrêt de bus. Mais depuis quelques temps, Kôtarô s’interroge de plus en plus sur la nature profonde de leur relation…

En conclusion

Ce one-shot offre une histoire douce et délicate aussi tranquille que le quotidien des deux héros à la campagne. En plus, le graphisme de Kihara sensei a un charme agréable. Une lecture tendre et simple, idéale pour ceux qui apprécient les romances lycéennes.

Happy of the end – Ogeretsu Tanaka

happy of the end ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382761038
Hana, 2022
ISBN: 9784801973404 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Félicitations, t’es toujours en vie! »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une romance dramatique entre deux hommes désespérés. Elle révèle leur passé douloureux par de courts flash-back, conservant à chaque fois un peu de suspense. Ainsi, elle aborde différents thèmes comme l’homophobie, le rejet familial, le manque d’affection et la pédophilie. Suite à plusieurs rejets affectifs, Chihiro vivote en se vengeant du monde, cherchant désespérément un peu d’amour. Keito, quant à lui, se contente du peu de bonheur qu’on lui offre, même factice. Les deux hommes vont développer leurs sentiments durant leur cohabitation, reprenant petit à petit goût à la vie. Ainsi, l’auteure s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages et décortique leurs émotions. Elle dépeint un amour désespéré, bancal mais qui s’équilibre petit à petit. Elle s’intéresse également à l’influence des mots et des comportements humains.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle détaille les petits gestes, regards mais également les signes de négligence comme la barbe naissante, les tenues débraillées. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Il y a beaucoup de trames, renforçant le réalisme. De même, les décors sont plutôt présents et détaillés. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. Et les fonds noirs indiquent les flash-back. Le découpage et la mise en page sont très dynamiques. Ogeretsu sensei suggère les scènes violentes en ne les détaillant pas. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente ses personnages.

En résumé

Rejeté par sa famille, Kashiwagi Chihiro (23 ans) a perdu son logement quand son petit ami, Maeda Shun’ichi, s’est marié. Affamé et fauché, il ose même voler le sandwich d’un enfant dans un parc. Il se rend alors dans un bar en pensant escroquer un homme riche et sympathise rapidement avec le beau Keito. Mais à l’hôtel, sa cible l’agresse subitement puis le jette aux ordures. Toutefois, son agresseur le récupère plus tard car il recherche une carte noire que Chihiro aurait dérobée à une de ses victimes. Avec l’aide du chauffeur Kaji, il le ramène chez lui. Kashiwagi ayant jeté la carte, il le renvoie chez lui mais ce dernier lui avoue ne plus avoir de domicile.

En conclusion

Ogeretsu sensei nous plonge dans la noirceur humaine et la recherche du bonheur. Elle arrive à transmettre le désespoir des différents personnages et invite le lecteur à réfléchir sur la dureté de la vie, la déchéance qu’elle entraîne parfois ainsi que le droit à un peu de bonheur. Ce one-shot procure énormément d’émotions à la lecture et ne laisse donc pas indifférent. Mise à jour: Ce tome obtient la première place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022.

Zantei boyfriend – Takasaki Bosco

zantei boyfriend takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782368775653
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606984 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

S’ouvrir à l’amour en commençant par le plaisir.

Takasaki Bosco sensei offre une comédie romantique légère et sexy. Elle concentre la narration sur Akizuki. Alors que le professeur assistant complexe envers les beaux gosses, il a tendance à se renfermer et refuse d’admettre ses sentiments. Il évoluera grâce à Kitamura qui le soutient et l’aide. L’étudiant franc et direct a jeté son dévolu sur la seule personne qui ne s’intéresse pas à son physique. Ainsi, le couple va apprendre à s’apprécier et développer des sentiments. Toutefois l’auteure dépeint une relation où le consentement n’est pas clair du tout. Reiya force son partenaire et ne tient pas compte de ses protestations, même s’il finit par le regretter. De même, Akizuki a du mal à communiquer et exprimer ses sentiments qui se lisent pourtant facilement sur son visage. Son comportement ambigu avec son supérieur Hayama, qui est très tactile, déstabilise sa relation avec l’étudiant.

La mangaka a un trait fin, épuré et plutôt classique. Elle dessine des personnages sveltes mais finement musclés. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques les représentant parfois en SD. Par exemple, la tête boudeuse d’Akizuki est tellement chou. Les trames d’ambiance, parfois très graphiques, alternent avec les décors. Le choix des cadrages met en valeur la plastique des personnages. Toutefois, la mise en page reste tout de même très dynamique. Dans les scènes érotiques, Takasaki sensei censure les parties génitales par des hachures. Elle intègre une de ces scènes à chaque chapitre. Par ailleurs, dans les illustrations en début de chapitre, elle présente Kitamura dans des poses avantageuses ou le couple se faisant des câlins.

En résumé

Akizuki Sô, professeur assistant distrait, est souvent la cible de frotteurs dans le train. Mais un jour, Kitamura Reiya vient à son aide. Cet étudiant métisse qui travaille également dans le mannequinat tente de se rapprocher de lui alors qu’il fait tout pour l’éviter. Hayama, son professeur et supérieur hiérarchique, se montre également tactile avec lui et provoque l’étudiant venu rendre son devoir avant de s’éclipser. Mais alors qu’une pile de documents se renverse, Kitamura protège Akizuki. Charmé, il l’embrasse et lui propose de devenir son petit ami.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. L’humour dans ce one-shot repose principalement sur du comique de situation. Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par le consentement complètement flou. Même si le développement de la romance semble rocambolesque, je m’amuse à suivre les frictions entre les deux héros. Une lecture simple et agréable.

Outsider communication – Tsuno Natsume

outsider communication tsuno natsume
TSUNO Natsume ツノナツメ
ISBN: 9782382762844
Hana, 2022
ISBN: 9784845855797 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Qui aime bien châtie bien.

Tsuno Natsume sensei offre une romance classique entre un élève modèle et un rebelle. Toutefois, elle porte une attention particulière à la communication et à l’évolution des sentiments des deux lycéens. Elle dévoile au fur et à mesure la personnalité complexe des deux héros. Ainsi, Seki est beaucoup plus gentil qu’il ne paraît, n’arrivant pas à dire non quand on lui demande de l’aide. Iwashiro, quant à lui, a un caractère très ouvert sauf sur le respect des règles. D’ailleurs, il s’accommode facilement de la pression parentale et reste constant dans ses rapports, étant très franc. Ils apprennent à se connaître au fur et à mesure. Bien que leur échange débute d’abord par du chantage, ils discutent et partagent facilement ce qui leur plaît ou non. L’auteure met en avant l’entraide ainsi que les tâtonnements du couple pour communiquer sereinement. Elle dépeint avec finesse la naissance et l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait anguleux. Elle dessine des yeux effilés très expressifs dans leur forme. Les décors plutôt simplifiés, ne surchargent pas la page. Les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les autres trames sont équilibrées. La mise en page, simplement dynamique, joue beaucoup sur les angles de vue variés. Tsuno sensei censure les scènes érotiques en recouvrant intégralement les parties intimes d’un cache blanc. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution du couple au fil du récit.

En résumé

Seki Ryôji, avec ses amis Matsuda et Suzuki, fuient le CPE Hayashi qui tente de les obliger à faire leur tour de ménage laissé aux filles de la classe. Dans sa précipitation, Seki bouscule par mégarde Iwashiro Yuzuru. Ce dernier trouve alors une revue porno parmi ses affaires éparpillées. En fait, Seki l’avait apportée pour ses amis. Retournant sur ses pas, il tombe sur l’élève modèle qui l’attendait pour lui rappeler les règles du lycée. Un soir, lors d’une livraison, il croise par hasard Iwashiro qui était en cours du soir. Comme le rebelle n’a pas demandé d’autorisation exceptionnelle de travail au lycée, Yuzuru s’en charge à sa place. Mais Ryôji, vexé, fait tomber sans le vouloir l’élève modèle dans l’escalier lors d’une dispute. Ce dernier ayant une cheville foulée, demande alors au rebelle de l’aider…

En conclusion

Un thème classique du BL abordé avec sensibilité. Une lecture agréable et des personnages attachants. Pour ma part, j’aime beaucoup le style graphique de l’auteure.

Ne pleure plus, Hibari – Minazuki Akira

ne pleure plus hibari
MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382762950
Hana, 2022
ISBN: 9784813032588 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Une romance délicate entre un tuteur et un pupille.

Minazuki Akira sensei propose une romance entre un orphelin mineur et son tuteur tout en décortiquant les questions morales que cela implique. Elle aborde également le deuil, la culpabilité, le sentiment de responsabilité. La narration qui commence d’abord avec Kiyosumi, alterne ensuite avec Hibari pour enfin converger. Les deux protagonistes, conscient de leur situation particulière, refoulent d’abord leurs sentiments amoureux, cherchant à tout prix à préserver une ambiance familiale. Ainsi, l’auteure partage toutes leurs réflexions, en particulier la difficulté à distinguer amour familial et sentiment amoureux. De même, elle met en avant l’influence de l’autorité parentale sur un mineur. D’ailleurs, Sumi souhaite que Hiba arrive à s’en libérer. La relation entre le photographe et l’adolescent s’équilibre donc après quelques épreuves.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, avec un style shôjo qui dégage beaucoup de douceur. Les trames sont abondantes et variées. De même, les trames d’ambiance se font discrètes, se fondant dans la case. En plus, les décors, soignés, ajoute une touche réaliste par leur présence. Les fonds noirs permettent de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les détails. D’ailleurs, Minazuki sensei a tendance à décomposer les mouvements. Elle censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, les angles de vue choisis évitent de montrer les détails des parties intimes. Les illustrations en début de chapitre jouent beaucoup sur les contrastes blanc et noir.

En résumé

Se sentant responsable du décès de son ami et assistant Misago dans un accident de moto, le photographe Kiyosumi recueille son petit frère Hibari. Mais le jeune orphelin devenu adolescent, garde une certaine réserve envers son tuteur. Un soir, il trouve Sumi endormi sur le canapé et en profite pour lui voler un baiser. Conscient des sentiments que Hiba nourrit à son égard, le photographe feint de les ignorer, voulant avant tout lui offrir une famille.

En conclusion

Enfin une romance entre un tuteur et un pupille qui aborde les questions de l’influence de l’autorité parentale! Le trait de l’auteure depuis Smoky nectar a embelli pour mon plus grand plaisir. L’évolution des personnages peut paraître un peu précipitée mais beaucoup de temps s’écoule en réalité, même si cela est peu perceptible. Une lecture plaisante!

Tout au bout du chemin – Jyanome

tout au bout du chemin jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382762851
Hana, 2022
ISBN: 9784863498587 (JP)
Akaneshinsha, 2021 (JP)
Titre original: みちみちなるままに
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Deux amis d’enfance, entre amour et haine.

Jyanome sensei mêle à la fois romance et drame psychologique où la séparation entre amour et haine se dilue. Elle met en scène une relation bancale polluée par le manque de communication et les comportements blessants. Par ailleurs, elle maintient le suspense en révélant, par flash-back, les circonstances de la séparation entre Minoru et Jô. Ainsi, le lecteur découvre les parties sombres des personnalités des deux héros. Les deux hommes n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments: Takeda est trop centré sur lui-même et sa passion tandis qu’Osanai fuit constamment son mal-être. L’auteure alterne avec brio les émotions extrêmes telles que la rancœur, la jalousie, l’admiration. Elle met en avant des héros qui ont du mal à avancer dans la vie, prisonnier de leurs rêves et d’une promesse faite à leur professeur, Togashi. Ainsi, elle aborde la trahison, la peur du jugement extérieur, la difficulté à assumer son homosexualité.

La mangaka a un trait reconnaissable, fin et anguleux. Elle détaille les décors. Elle joue également sur l’esthétique des planches, utilisant diverses techniques pour les rendre expressives. Par exemple, dans les souvenirs flous, un visage est raturé avec un nom. De même, les pensées violentes envahissent les cases. D’ailleurs, le fond noir indique en général les réflexions intérieures. Ainsi, les flash-back se retrouvent directement intégrés au récit mais des indices graphiques permettent de les repérer (uniforme, taille, effet de flou) Les trames d’ambiance participent également à la narration. En effet, Jyanome sensei privilégie les clairs-obscurs et les angles de vue pour dynamiser ses pages. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle dessine des illustrations poétiques en début de chapitre, rappelant les thèmes artistiques.

En résumé

Takeda Jô est amoureux de son ami Osanai Minoru. Comme il ne sait comment lui avouer ses sentiments, il lit beaucoup de shôjo mangas pour se renseigner mais en fin de compte, il finit par oublier son objectif. Désirant devenir mangaka, il se laisse happer par l’inspiration et finit par envoyer une de ses créations à un concours de magazine. Minoru, quant à lui, s’adonne à la peinture, rêvant de devenir peintre professionnel, mais souffre de plus en plus pendant ses réalisations. Prenant un jour son courage à deux mains, Jô lui demande alors de sortir avec lui, désirant le soutenir dans ces moments difficiles. Mais leur histoire se termine par une trahison…

En conclusion

Comme à son habitude, Jyanome sensei offre un style narratif original qui happe le lecteur dans le récit. Elle arrive à nous faire changer de point de vue sur les protagonistes en dévoilant leurs petits secrets. En plus, le graphisme est toujours aussi agréable avec de beaux déhanchés et des angles de vue mettant en avant la sensualité des personnages. Attention toutefois pour les personnes sensibles, certains rapports ne sont pas pleinement consentis. Un coup de cœur pour moi!

I’ll make you cry – Hiiragi Nozomu

i ll make you cry hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu
ISBN: 9782382762899
Hana, 2022
ISBN: 9784796414180 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

De gentils voyous au grand cœur qui s’aiment mais…

Hiiragi Nozomu sensei offre une comédie romantique entre deux amis d’enfance qui s’aiment mais attendent le premier pas de l’autre. Elle y ajoute de l’action, ses deux héros ayant un petit côté rebelle. Elle joue également sur leurs caractères opposés: bien que grand et fort, Kô est taciturne et plutôt ingénu, tandis que Maki est très sociable malgré son style de yankee. Ainsi, Kô attire les délinquants qui veulent le recruter mais ces derniers doivent souvent passer par Maki pour l’approcher. Malgré des sentiments partagés, les deux lycéens ont du mal à aborder ce sujet. Pourtant, ils communiquent très facilement pour tout le reste. Ainsi, l’auteure développe avec humour la peur de perdre une amitié suite à une déclaration d’amour mais également l’impuissance sexuelle. Elle montre l’évolution du couple pour surmonter leurs problèmes. Dans l’histoire bonus, elle met en avant l’évolution de leur relation.

La mangaka a un trait épuré anguleux très expressif dans son apparente simplicité. Elle exagère les expressions, donnant une touche d’humour graphique. Par exemple, Maki semble avoir des crocs de requin, lui conférant une note polissonne. Elle dessine des corps finement musclés. Par ailleurs, le chaton ajoute une petite touche mignonne avec des expressions presque réalistes. Les décors, plutôt détaillés, apparaissent sur les plans larges. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Hiiragi sensei arrive à adapter les scènes d’action dans son propre style de mise en page, tout en gardant la dynamique. En plus, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Kô et Maki sont amis d’enfance. Beau gosse taciturne, Kô nourrit un amour secret depuis la maternelle pour Maki, qui a depuis longtemps deviné ses sentiments. Ce dernier qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, se réconforte auprès de son ami. En réalité, il essaie de créer des moments propices à une déclaration d’amour, en vain. Un soir, en sortant d’un konbini, les deux lycéens remarquent un groupe de délinquants maltraiter un chaton. Maki attire leur attention avec ses cheveux colorés et sa banane. Tandis qu’il rattrape le malheureux animal lancé dans les airs, Kô utilise son parapluie pour corriger les voyous et décide d’adopter le minou. Son ami lui annonce alors qu’il ne pourra l’aider car il a l’intention de partir travailler à Tokyo après le lycée. Acculé, Kô lui confie enfin son secret, mais ce n’est pas du tout ce à quoi s’attendait Maki.

En conclusion

J’aime beaucoup la dynamique entre les deux personnages. J’ai même eu une agréable surprise avec les sœurs des deux héros, Miu et Yoshino. Un récit à la fois tendre et amusant qui pourtant aborde des thèmes sérieux, comme sait toujours le faire l’auteure!

Celui qui ne dit jamais non – Mitsuki Emi

celui qui ne dit jamais non mitsuki emi
MITSUKI Emi 三月えみ
ISBN: 9782382762905
Hana, 2022
ISBN: 9784801971752 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Un détective se doit de rester objectif. »

Mitsuki Emi sensei narre une tranche de vie à la fois sexy et pleine de suspense. Elle base la narration sur Nozomi. Elle alterne les flash-back pour semer les indices. Mais comme le détective partage ses réflexions, le lecteur peut parfois suivre une mauvaise piste. En fait, la simple enquête de départ s’avère beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît. L’auteure aborde ainsi avec subtilité le jeu des apparences, la vengeance ainsi que la violence de l’homophobie à travers Uehara. Elle présente deux approches différentes de l’observation avec d’une part, Kurose qui doute de tout et d’autre part, Shiraishi qui préfère faire confiance, et met en avant le dilemme d’un détective quand les sentiments se mêlent à son enquête. Elle dépeint également un amour tordu mais sincère qui a du mal à s’exprimer. L’histoire bonus présente le point de vue d’Aoyama Eita, le chef de l’agence d’investigation.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché, jouant sur les pleins et les déliés. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Au contraire, les décors, plutôt minimalistes, situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique avec des cadres bien définis mais cela sied parfaitement au genre. Mitsuki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, il y en a à chaque chapitre. Toutefois, certaines n’apportent pas grand-chose au développement du récit et sont heureusement courtes. Dans la postface, l’intervention des personnages apporte une touche humoristique.

En résumé

Le détective Kurose Nozomi, de l’agence d’investigation RJ, enquête actuellement sur le député Nakata (55 ans) à la demande de sa femme qui le soupçonne d’infidélité. Ce dernier se rend souvent dans l’hôtel Skyward et semble très intime avec le concierge, Shiraishi Ritsu (27 ans). En réalité, Shiraishi offre un service impeccable et même personnalisé auprès des clients. Le soupçonnant d’abord d’être l’amant du député, Kurose n’arrive pas à soutirer des informations auprès de Ritsu. Pourtant, ils ont sympathisé depuis déjà trois mois: lorsque Nozomi séjournait à l’hôtel, pleurant la mort de son hamster, il a été touché par la sollicitude de Ricchan. Le concierge l’assiste même dans ses missions en dehors de son service. En planque sur le parking de l’hôtel, Kurose réalise que son partenaire l’attire de plus en plus et il ne résiste pas à ses charmes.

En conclusion

Les retournements de situation s’enchainent, surprenant sans cesse le lecteur. Il m’est difficile de développer la richesse de ce titre au risque de gâcher le suspense. Sachez juste qu’il y a une enquête dans une enquête et que c’est un réel plaisir de découvrir ce moment. Mise à jour: Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022.

The black cat fall in love – Fujikawa Ruri

the black cat fall in love fujikawa ruri
FUJIKAWA Ruri 藤河るり
ISBN: 9782368771938
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404211 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Titre original: 黒猫はしっぽで甘える
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A force de le voir, je suis tombé amoureux de lui… »

Fujikawa Ruri sensei offre une comédie romantique légère entre un adulte et un adolescent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Même si elle aborde le questionnement de la différence d’âge et de l’immoralité de la relation, elle les développe peu. Toutefois, Sakaguchi culpabilise tout de même un peu de faire du détournement de mineur. Les sentiments du couple se renforcent en surmontant divers petits obstacles et drames du quotidien. L’auteure allie avec justesse romance et humour. Elle travaille néanmoins la psychologie de ses personnages. L’introverti Kazuya s’affirme petit à petit aux côtés de son amant et s’impatiente de devenir adulte. Même si l’écrivain taquine un peu son petit ami, il observe ses changements et respecte son épanouissement sexuel, s’adaptant à ses remarques. Ainsi, le couple se développe dans le consentement. « Alcool love call » narre avec humour les goûts de Sakaguchi en humanisant les alcools qui se concurrencent.

La mangaka a un style graphique plutôt classique qui rappelle celui du shôjo. Elle dessine donc beaucoup de beaux gosses. Le regard paniqué avec des yeux simplifiés ovales donne un côté tout mignon. De même, les uke rougissent facilement. Les trames d’ambiance appuient les émotions des personnages. Les décors situent principalement les actions. La mise en page est dynamique. Fujikawa sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou l’absence de détails. Elle met en avant le charme de ses personnages dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Un jour de pluie, Sakaguchi trouve son jeune voisin, Kazuya, avec un chaton dans les bras, hésitant à rentrer chez lui. L’écrivain l’invite alors à se réchauffer chez lui. Le taciturne lycéen lui explique que sa mère est allergique aux chats. Sakaguchi lui propose donc de s’en occuper mais depuis, l’étudiant vient le voir tous les jours. Pour le remercier, ce dernier lui cuisine un jour un plat mais devant sa maladresse, l’écrivain devine que c’est sa première fois. Tandis qu’il lui montre comment couper les tomates, l’adolescent lui déclare soudain sa flamme. D’abord surpris, Sakaguchi réalise qu’il l’attire également et lui demande de ne plus venir. Pourtant, Kazuya lui avoue qu’il l’aime au point de coucher avec lui…

En conclusion

Ce one-shot nous plonge dans un amour sincère et mignon. Le parallèle entre le comportement de Kazuya et celui d’un chat est amusant. Une histoire simple et agréable à lire!

Nights before night – Natsume Kazki

nights before night natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368776605
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423373 (JP)
Tokyo mangasha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Hanté par les fantômes du passé, Haru arrivera-t-il à trouver enfin le bonheur?

Natsume Kazki sensei développe l’histoire de Haru dans ce spin-off de Mods. Elle révèle au fur et à mesure son passé, ainsi que celui de Yukitaka, à travers des flash-back très bien insérés. Elle s’attarde un peu plus sur les sentiments et la psychologie de ses personnages. Yukitaka se comporte comme un gamin capricieux mais Haru ne le ménage pas. A force de se côtoyer, ils vont apprendre à s’apprécier. Les quelques apparitions de Shiro permettent de découvrir ce qu’il devient. L’ami d’enfance de Haru, Aki (33 ans), apporte un peu de « normalité » dans cet univers sombre. En effet, l’auteure aborde les liens entre les personnages, les guerres des clans, le chantage subi par les membres souhaitant quitter la pègre. Elle s’intéresse également à l’insomnie et au sentiment de culpabilité. Elle donne deux images différentes de Shigure: froide du point de vue des Ichijô, gentille pour Haru et Shiro.

La mangaka a un trait fin, épuré, anguleux presque parfois aiguisé. Elle dessine des nez longs et pointus. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Yukitaka affiche une tête très amusante dans ces moments. Il y a également beaucoup de personnes tatouées, et cela sublime même les muscles de Yuki. Les trames sont équilibrées. Les décors, présents, ancrent le récit dans la réalité. La mise en page est dynamique. Natsume sensei ne censure pas les scènes érotiques mais se focalise surtout sur l’intensité des sentiments et des sensations de ses personnages. Sous la jaquette, elle présente en détail les personnages.

En résumé

L’ancien yakuza Haru (33 ans) gère le club de gigolos Rain. Un jour, il trouve la porte de son bureau fracturée. A l’intérieur, Ichijô Yukitaka (26 ans) et son homme de main Tsukimori l’attendent. Sur les recommandations du chef du clan Yagami, Tsukimori lui demande de cacher le fils légitime du clan Ichijô car ce dernier a créé des problèmes en se bagarrant avec des jeunes membres de l’organisation Shidô. Guère enchanté, Haru comprend qu’on ne lui laisse pas le choix alors qu’il espérait arrêter son club et quitter définitivement ce milieu. En plus, le vaurien colérique, arrogant et égoïste ressemble beaucoup physiquement à son demi-frère ainé. Or, Haru était amoureux d’Ichijô Shigure mais depuis son décès, il est devenu insomniaque. La cohabitation forcée avec le jeune bagarreur au corps musclé recouvert de cicatrices s’annonce donc difficile.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Ichijô Yukitaka se classe neuvième meilleur seme et Haru troisième meilleur uke. Pour son troisième tome relié, l’auteure prend tout son temps pour développer un récit plutôt réaliste, offrant un tome volumineux mais complet. Elle donne suffisamment d’indices pour appréhender la psychologie des personnages. Comparé à Mods, Haru et Shigure prennent beaucoup de profondeur et deviennent très attachants. Natsume sensei joue encore sur les métaphores. En japonais, le prénom de Haru (春) s’écrit avec le kanji de printemps, d’où l’image poétique quand il dort sous les fleurs de cerisiers appréciée par Shigure. De même, le prénom de Yukitaka (雪鷹) s’écrit avec les idéogrammes de neige et de faucon, et son tatouage représente justement un faucon.