Tout au bout du chemin – Jyanome

tout au bout du chemin jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382762851
Hana, 2022
ISBN: 9784863498587 (JP)
Akaneshinsha, 2021 (JP)
Titre original: みちみちなるままに
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Deux amis d’enfance, entre amour et haine.

Jyanome sensei mêle à la fois romance et drame psychologique où la séparation entre amour et haine se dilue. Elle met en scène une relation bancale polluée par le manque de communication et les comportements blessants. Par ailleurs, elle maintient le suspense en révélant, par flash-back, les circonstances de la séparation entre Minoru et Jô. Ainsi, le lecteur découvre les parties sombres des personnalités des deux héros. Les deux hommes n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments: Takeda est trop centré sur lui-même et sa passion tandis qu’Osanai fuit constamment son mal-être. L’auteure alterne avec brio les émotions extrêmes telles que la rancœur, la jalousie, l’admiration. Elle met en avant des héros qui ont du mal à avancer dans la vie, prisonnier de leurs rêves et d’une promesse faite à leur professeur, Togashi. Ainsi, elle aborde la trahison, la peur du jugement extérieur, la difficulté à assumer son homosexualité.

La mangaka a un trait reconnaissable, fin et anguleux. Elle détaille les décors. Elle joue également sur l’esthétique des planches, utilisant diverses techniques pour les rendre expressives. Par exemple, dans les souvenirs flous, un visage est raturé avec un nom. De même, les pensées violentes envahissent les cases. D’ailleurs, le fond noir indique en général les réflexions intérieures. Ainsi, les flash-back se retrouvent directement intégrés au récit mais des indices graphiques permettent de les repérer (uniforme, taille, effet de flou) Les trames d’ambiance participent également à la narration. En effet, Jyanome sensei privilégie les clairs-obscurs et les angles de vue pour dynamiser ses pages. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle dessine des illustrations poétiques en début de chapitre, rappelant les thèmes artistiques.

En résumé

Takeda Jô est amoureux de son ami Osanai Minoru. Comme il ne sait comment lui avouer ses sentiments, il lit beaucoup de shôjo mangas pour se renseigner mais en fin de compte, il finit par oublier son objectif. Désirant devenir mangaka, il se laisse happer par l’inspiration et finit par envoyer une de ses créations à un concours de magazine. Minoru, quant à lui, s’adonne à la peinture, rêvant de devenir peintre professionnel, mais souffre de plus en plus pendant ses réalisations. Prenant un jour son courage à deux mains, Jô lui demande alors de sortir avec lui, désirant le soutenir dans ces moments difficiles. Mais leur histoire se termine par une trahison…

En conclusion

Comme à son habitude, Jyanome sensei offre un style narratif original qui happe le lecteur dans le récit. Elle arrive à nous faire changer de point de vue sur les protagonistes en dévoilant leurs petits secrets. En plus, le graphisme est toujours aussi agréable avec de beaux déhanchés et des angles de vue mettant en avant la sensualité des personnages. Attention toutefois pour les personnes sensibles, certains rapports ne sont pas pleinement consentis. Un coup de cœur pour moi!

I’ll make you cry – Hiiragi Nozomu

i ll make you cry hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu
ISBN: 9782382762899
Hana, 2022
ISBN: 9784796414180 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

De gentils voyous au grand cœur qui s’aiment mais…

Hiiragi Nozomu sensei offre une comédie romantique entre deux amis d’enfance qui s’aiment mais attendent le premier pas de l’autre. Elle y ajoute de l’action, ses deux héros ayant un petit côté rebelle. Elle joue également sur leurs caractères opposés: bien que grand et fort, Kô est taciturne et plutôt ingénu, tandis que Maki est très sociable malgré son style de yankee. Ainsi, Kô attire les délinquants qui veulent le recruter mais ces derniers doivent souvent passer par Maki pour l’approcher. Malgré des sentiments partagés, les deux lycéens ont du mal à aborder ce sujet. Pourtant, ils communiquent très facilement pour tout le reste. Ainsi, l’auteure développe avec humour la peur de perdre une amitié suite à une déclaration d’amour mais également l’impuissance sexuelle. Elle montre l’évolution du couple pour surmonter leurs problèmes. Dans l’histoire bonus, elle met en avant l’évolution de leur relation.

La mangaka a un trait épuré anguleux très expressif dans son apparente simplicité. Elle exagère les expressions, donnant une touche d’humour graphique. Par exemple, Maki semble avoir des crocs de requin, lui conférant une note polissonne. Elle dessine des corps finement musclés. Par ailleurs, le chaton ajoute une petite touche mignonne avec des expressions presque réalistes. Les décors, plutôt détaillés, apparaissent sur les plans larges. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Hiiragi sensei arrive à adapter les scènes d’action dans son propre style de mise en page, tout en gardant la dynamique. En plus, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Kô et Maki sont amis d’enfance. Beau gosse taciturne, Kô nourrit un amour secret depuis la maternelle pour Maki, qui a depuis longtemps deviné ses sentiments. Ce dernier qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, se réconforte auprès de son ami. En réalité, il essaie de créer des moments propices à une déclaration d’amour, en vain. Un soir, en sortant d’un konbini, les deux lycéens remarquent un groupe de délinquants maltraiter un chaton. Maki attire leur attention avec ses cheveux colorés et sa banane. Tandis qu’il rattrape le malheureux animal lancé dans les airs, Kô utilise son parapluie pour corriger les voyous et décide d’adopter le minou. Son ami lui annonce alors qu’il ne pourra l’aider car il a l’intention de partir travailler à Tokyo après le lycée. Acculé, Kô lui confie enfin son secret, mais ce n’est pas du tout ce à quoi s’attendait Maki.

En conclusion

J’aime beaucoup la dynamique entre les deux personnages. J’ai même eu une agréable surprise avec les sœurs des deux héros, Miu et Yoshino. Un récit à la fois tendre et amusant qui pourtant aborde des thèmes sérieux, comme sait toujours le faire l’auteure!

Celui qui ne dit jamais non – Mitsuki Emi

celui qui ne dit jamais non mitsuki emi
MITSUKI Emi 三月えみ
ISBN: 9782382762905
Hana, 2022
ISBN: 9784801971752 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Un détective se doit de rester objectif. »

Mitsuki Emi sensei narre une tranche de vie à la fois sexy et pleine de suspense. Elle base la narration sur Nozomi. Elle alterne les flash-back pour semer les indices. Mais comme le détective partage ses réflexions, le lecteur peut parfois suivre une mauvaise piste. En fait, la simple enquête de départ s’avère beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît. L’auteure aborde ainsi avec subtilité le jeu des apparences, la vengeance ainsi que la violence de l’homophobie à travers Uehara. Elle présente deux approches différentes de l’observation avec d’une part, Kurose qui doute de tout et d’autre part, Shiraishi qui préfère faire confiance, et met en avant le dilemme d’un détective quand les sentiments se mêlent à son enquête. Elle dépeint également un amour tordu mais sincère qui a du mal à s’exprimer. L’histoire bonus présente le point de vue d’Aoyama Eita, le chef de l’agence d’investigation.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché, jouant sur les pleins et les déliés. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Au contraire, les décors, plutôt minimalistes, situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique avec des cadres bien définis mais cela sied parfaitement au genre. Mitsuki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, il y en a à chaque chapitre. Toutefois, certaines n’apportent pas grand-chose au développement du récit et sont heureusement courtes. Dans la postface, l’intervention des personnages apporte une touche humoristique.

En résumé

Le détective Kurose Nozomi, de l’agence d’investigation RJ, enquête actuellement sur le député Nakata (55 ans) à la demande de sa femme qui le soupçonne d’infidélité. Ce dernier se rend souvent dans l’hôtel Skyward et semble très intime avec le concierge, Shiraishi Ritsu (27 ans). En réalité, Shiraishi offre un service impeccable et même personnalisé auprès des clients. Le soupçonnant d’abord d’être l’amant du député, Kurose n’arrive pas à soutirer des informations auprès de Ritsu. Pourtant, ils ont sympathisé depuis déjà trois mois: lorsque Nozomi séjournait à l’hôtel, pleurant la mort de son hamster, il a été touché par la sollicitude de Ricchan. Le concierge l’assiste même dans ses missions en dehors de son service. En planque sur le parking de l’hôtel, Kurose réalise que son partenaire l’attire de plus en plus et il ne résiste pas à ses charmes.

En conclusion

Les retournements de situation s’enchainent, surprenant sans cesse le lecteur. Il m’est difficile de développer la richesse de ce titre au risque de gâcher le suspense. Sachez juste qu’il y a une enquête dans une enquête et que c’est un réel plaisir de découvrir ce moment. Mise à jour: Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022.

The black cat fall in love – Fujikawa Ruri

the black cat fall in love fujikawa ruri
FUJIKAWA Ruri 藤河るり
ISBN: 9782368771938
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404211 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Titre original: 黒猫はしっぽで甘える
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A force de le voir, je suis tombé amoureux de lui… »

Fujikawa Ruri sensei offre une comédie romantique légère entre un adulte et un adolescent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Même si elle aborde le questionnement de la différence d’âge et de l’immoralité de la relation, elle les développe peu. Toutefois, Sakaguchi culpabilise tout de même un peu de faire du détournement de mineur. Les sentiments du couple se renforcent en surmontant divers petits obstacles et drames du quotidien. L’auteure allie avec justesse romance et humour. Elle travaille néanmoins la psychologie de ses personnages. L’introverti Kazuya s’affirme petit à petit aux côtés de son amant et s’impatiente de devenir adulte. Même si l’écrivain taquine un peu son petit ami, il observe ses changements et respecte son épanouissement sexuel, s’adaptant à ses remarques. Ainsi, le couple se développe dans le consentement. « Alcool love call » narre avec humour les goûts de Sakaguchi en humanisant les alcools qui se concurrencent.

La mangaka a un style graphique plutôt classique qui rappelle celui du shôjo. Elle dessine donc beaucoup de beaux gosses. Le regard paniqué avec des yeux simplifiés ovales donne un côté tout mignon. De même, les uke rougissent facilement. Les trames d’ambiance appuient les émotions des personnages. Les décors situent principalement les actions. La mise en page est dynamique. Fujikawa sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou l’absence de détails. Elle met en avant le charme de ses personnages dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Un jour de pluie, Sakaguchi trouve son jeune voisin, Kazuya, avec un chaton dans les bras, hésitant à rentrer chez lui. L’écrivain l’invite alors à se réchauffer chez lui. Le taciturne lycéen lui explique que sa mère est allergique aux chats. Sakaguchi lui propose donc de s’en occuper mais depuis, l’étudiant vient le voir tous les jours. Pour le remercier, ce dernier lui cuisine un jour un plat mais devant sa maladresse, l’écrivain devine que c’est sa première fois. Tandis qu’il lui montre comment couper les tomates, l’adolescent lui déclare soudain sa flamme. D’abord surpris, Sakaguchi réalise qu’il l’attire également et lui demande de ne plus venir. Pourtant, Kazuya lui avoue qu’il l’aime au point de coucher avec lui…

En conclusion

Ce one-shot nous plonge dans un amour sincère et mignon. Le parallèle entre le comportement de Kazuya et celui d’un chat est amusant. Une histoire simple et agréable à lire!

Nights before night – Natsume Kazki

nights before night natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368776605
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423373 (JP)
Tokyo mangasha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Hanté par les fantômes du passé, Haru arrivera-t-il à trouver enfin le bonheur?

Natsume Kazki sensei développe l’histoire de Haru dans ce spin-off de Mods. Elle révèle au fur et à mesure son passé, ainsi que celui de Yukitaka, à travers des flash-back très bien insérés. Elle s’attarde un peu plus sur les sentiments et la psychologie de ses personnages. Yukitaka se comporte comme un gamin capricieux mais Haru ne le ménage pas. A force de se côtoyer, ils vont apprendre à s’apprécier. Les quelques apparitions de Shiro permettent de découvrir ce qu’il devient. L’ami d’enfance de Haru, Aki (33 ans), apporte un peu de « normalité » dans cet univers sombre. En effet, l’auteure aborde les liens entre les personnages, les guerres des clans, le chantage subi par les membres souhaitant quitter la pègre. Elle s’intéresse également à l’insomnie et au sentiment de culpabilité. Elle donne deux images différentes de Shigure: froide du point de vue des Ichijô, gentille pour Haru et Shiro.

La mangaka a un trait fin, épuré, anguleux presque parfois aiguisé. Elle dessine des nez longs et pointus. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Yukitaka affiche une tête très amusante dans ces moments. Il y a également beaucoup de personnes tatouées, et cela sublime même les muscles de Yuki. Les trames sont équilibrées. Les décors, présents, ancrent le récit dans la réalité. La mise en page est dynamique. Natsume sensei ne censure pas les scènes érotiques mais se focalise surtout sur l’intensité des sentiments et des sensations de ses personnages. Sous la jaquette, elle présente en détail les personnages.

En résumé

L’ancien yakuza Haru (33 ans) gère le club de gigolos Rain. Un jour, il trouve la porte de son bureau fracturée. A l’intérieur, Ichijô Yukitaka (26 ans) et son homme de main Tsukimori l’attendent. Sur les recommandations du chef du clan Yagami, Tsukimori lui demande de cacher le fils légitime du clan Ichijô car ce dernier a créé des problèmes en se bagarrant avec des jeunes membres de l’organisation Shidô. Guère enchanté, Haru comprend qu’on ne lui laisse pas le choix alors qu’il espérait arrêter son club et quitter définitivement ce milieu. En plus, le vaurien colérique, arrogant et égoïste ressemble beaucoup physiquement à son demi-frère ainé. Or, Haru était amoureux d’Ichijô Shigure mais depuis son décès, il est devenu insomniaque. La cohabitation forcée avec le jeune bagarreur au corps musclé recouvert de cicatrices s’annonce donc difficile.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Ichijô Yukitaka se classe neuvième meilleur seme et Haru troisième meilleur uke. Pour son troisième tome relié, l’auteure prend tout son temps pour développer un récit plutôt réaliste, offrant un tome volumineux mais complet. Elle donne suffisamment d’indices pour appréhender la psychologie des personnages. Comparé à Mods, Haru et Shigure prennent beaucoup de profondeur et deviennent très attachants. Natsume sensei joue encore sur les métaphores. En japonais, le prénom de Haru (春) s’écrit avec le kanji de printemps, d’où l’image poétique quand il dort sous les fleurs de cerisiers appréciée par Shigure. De même, le prénom de Yukitaka (雪鷹) s’écrit avec les idéogrammes de neige et de faucon, et son tatouage représente justement un faucon.

Mods – Natsume Kazki

mods natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775707
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864422642 (JP)
Tokyo mangasha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

L’amour peut être douloureux quand il s’accompagne d’espoir.

Natsume Kazki sensei développe une romance dans un univers très sombre. Elle distille des éléments du passé dans des flash-back plus long, équilibrant avec finesse les sauts dans le temps. Elle dépeint le côté funeste de la prostitution tenue par les yakuzas profitant des victimes d’incestes ou de pédophilie. Suite aux traumatismes subis depuis l’enfance, Shiro a peur d’aimer et même d’espérer s’en sortir. Nobutora s’interroge d’abord sur son attirance pour le prostitué alors qu’il est hétérosexuel, puis cherche à comprendre son comportement extrême. L’auteure s’attarde particulièrement sur les changements de ses héros, la douleur qui se développe en parallèle des sentiments. Elle apporte un peu de chaleur humaine avec le fantasque Shigure. Elle joue sur les contrastes et les métaphores, apportant une touche particulière à son récit.

La mangaka donne une touche brute à son trait épuré et anguleux. Elle esquisse ou simplifie les décors pourtant bien présents. Tora est finement musclé. Le jeu des trames installe des contrastes. D’ailleurs, les lumières et les éléments climatiques renforcent aussi les ambiances. Par exemple, la pluie apporte une touche poétique dramatique. L’agencement des cases, des vides et des angles de vue rend dynamique la mise en page. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques. Elle estompe quelques détails des parties intimes et dessine même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle présente les personnages avec sa postface.

En résumé

Afin d’éponger la dette contractée par sa sœur qui s’est fait arnaquer, Nakata Nobutora (23 ans) accepte de travailler comme chauffeur pour Rain, un établissement de prostitution masculine. Mais contrairement à l’annonce, il se retrouve à s’occuper également de Shiro (25 ans). En plus, Haru (32 ans), le patron ancien yakuza, n’hésite pas à modifier ses consignes. Alors que Tora n’a pas encore commencé à travailler, Shiro lui fait déjà des avances, bradant même ses tarifs pour l’amadouer. Le chauffeur n’est d’ailleurs pas au bout de ses peines car le prostitué n’ayant aucune limite, se retrouve souvent agressé par ses clients. D’ailleurs un soir, alors que le délai de la prestation était passé, Nakata trouve Shiro blessé dans la chambre. Pendant qu’il le soigne et l’interroge, une réponse du prostitué à une de ses questions retient toute son attention.

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Tanaka Nobutora est classé quinzième meilleur seme et Shiro neuvième meilleur uke. Pour son deuxième manga, l’auteure offre une narration jouant sur les contrastes. Par exemple, Shiro (homonyme de blanc en japonais) porte des couleurs claires mais a une personnalité aussi sombre que son enfance. Au contraire, Nobutora, habillé de couleurs sombres et aux cheveux noirs, semble immaculé par sa gentillesse. Ensuite, avec la chanson présente en introduction et en conclusion Memory of dear sky, Natsume sensei ajoute une touche poétique. Elle met encore en avant un homonyme de ciel en japonais avec le vrai prénom de Shiro. Attention, certaines scènes pourront choquer les âmes sensibles. Je suis complètement conquise par ce récit sombre mais qui apporte un petit peu d’espoir.

Mignon et incompréhensible – Owal

mignon et incomprehensible owal
Owal おわる
ISBN: 9782368770758
Hana, 2021
ISBN: 9784801964662 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 理解不能クソキューティ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Il est instable et incompréhensible, mais son corps est si sexy, totalement mon type! »

Owal sensei offre une romance sexy entre un professeur gay avare et son étudiant effronté. Elle commence d’abord son récit comme une simple comédie romantique mais intègre ensuite des thèmes de plus en plus sérieux. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, la prostitution et le sacrifice de soi pour réaliser ses rêves. Malgré son air sévère, Nakahara est très gentil. Il ne s’attache plus à ses partenaires suite à une mauvaise expérience. Au contraire, Hirose cache sa situation critique derrière son enthousiasme. Même s’il se montre insouciant, il a clairement conscience des risques de son petit boulot et de sa dépendance envers Kiryû. L’auteure développe les sentiments entre les deux héros, faisant évoluer petit à petit leur relation. Elle alterne la narration entre Tatsuya et Tsumugi. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur le sugar daddy Kiryû au comportement à la fois généreux mais abusif.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des bouilles adorables toutes rondes. De même, elle met en avant la plastique de ses personnages, jouant sur le fan service, en particulier avec la musculature de Tatsuya et les mignonnes expressions de Tsumugi. L’équilibre les trames offre une bonne balance entre les clairs-obscurs. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Owal sensei utilise des angles de vue parfois osés et originaux et n’hésite pas à déstructurer sa mise en page pour renforcer la dynamique. Elle ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Parfois, un halo vient légèrement atténuer les détails. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, deux dessins présentent une tranche de vie du couple sous forme d’une publication sur les réseaux sociaux.

En résumé

Le designer graphique Nakahara Tatsuya (26 ans) donne des cours à temps partiel dans une université spécialisée dans la mode. Dans son cours, il éprouve quelques difficultés avec le jeune Hirose Tsumugi. Le déluré et bruyant étudiant arrive à chaque fois de justesse en cours à cause de son petit boulot qui se termine tard la nuit. Mais un jour, il l’attend en fin de journée pour lui demander des explications sur le logiciel de graphisme présenté en cours. Bien que n’aimant pas travailler gratuitement, l’enseignant accepte de le former. Mais à la fin du cours, Tsumugi lui saute dessus pour le remercier en nature…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais est cité parmi les meilleurs mangas qui fendent le cœur sans arrêt. J’adore les uke entreprenants, je craque donc complètement pour ce récit, d’autant plus en découvrant les circonstances de Hirose. En revanche, il y a beaucoup de scènes sans consentement, pouvant gêner certains lecteurs. Ce titre ne plaira pas à tout le monde. Mais pour ma part, je trouve le couple attachant et la dynamique entre les personnages intéressante.

La sérénade du corbeau – Sakuhiro

la serenade du corbeau sakuhiro
Sakuhiro 朔ヒロ
ISBN: 9782381760765
Hana, 2021
ISBN: 9784575380699 (JP)
Futabasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Vous m’avez acheté pour la nuit, alors touchez-moi comme bon vous semble… »

Sakuhiro sensei narre une romance fantastique entre un humain au cœur brisé et un yôkai prostitué. Elle révèle au fur et à mesure le passé tumultueux des deux héros. Échaudé par une arnaque, Akito ne croit plus trop en l’amour. Suiren, quant à lui cache une énorme tristesse derrière son sourire. Les sentiments se développent peu à peu entre eux. L’auteure s’intéresse un peu à l’envers de la prostitution. Elle aborde surtout le sentiment de désespoir et de culpabilité ainsi que le sacrifice de soi. En effet, l’humain et le yôkai ont tendance à payer de leur personne pour les autres. Tout en avançant à leur rythme, ils redécouvrent le partage du sentiment amoureux et se motivent réciproquement pour reprendre goût à la vie.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, proche du style shôjo. Elle s’inspire principalement des yôkai du folklore japonais. Elle rend bien la somptuosité des vêtements et de l’architecture. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance et s’estompent autour des personnages pour les mettre en avant. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de vignettes, des sorties de cadres des personnages ainsi qu’une variété d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Sakuhiro sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. D’ailleurs, elle ne les détaille pas. Sous la jaquette, elle explique les liens entre les personnages, inspirés du yin et du yang.

En résumé

Alors qu’il prenait une pause dans un parc, Kanazawa Akito vient en aide à un enfant qui se fait maltraiter. En réalité, il s’agit d’un yôkai, Tofu-kozo. Pour le remercier, ce dernier lui offre trois plaquettes en bois. En entrant dans le buisson comme indiqué, Akito se retrouve ainsi devant la maison close Kasumi, spécialisée dans les yôkai. Comprenant qu’il a reçu des tickets, il tente alors de s’éclipser. Mais le tengu Suiren, harcelé par son client qui a pourtant terminé son temps, lui tombe dessus. Akito vient à son secours et utilise alors une tablette. Mais bien qu’il ait réservé le beau yôkai pour la nuit, il préfère discuter avec lui…

En conclusion

Ce one-shot est un véritable coup de cœur. Ce récit aborde un sujet plutôt rare: jusqu’où irait-on par amour? En plus des personnages attendrissants, le graphisme est agréable et la magie opère facilement.

Kiss my broken heart – Amaki Io

kiss my broken heart amaki io
AMAKI Io あまきいお
ISBN: 9782382760291
Hana, 2021
ISBN: 9784865546934 (JP)
Overlap, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Notre perception du monde change lorsqu’on est amoureux, c’est étrange non? »

Amaki Io sensei décortique les sentiments de deux hommes blessés en amour qui se reconstruisent petit à petit dans une nouvelle relation. Elle s’attarde particulièrement sur la souffrance, la difficulté à refaire confiance et la peur de réitérer des erreurs. Elle alterne également la narration entre les deux héros pour exposer clairement leur état d’esprit. Ainsi, Seiichi réalise au fur et à mesure que son attirance se transforme en attachement. Beau parleur, il a tendance à s’adapter à son interlocuteur quand il drague. Au contraire, hanté par son premier amour fantasmé, Nao prend conscience que sa première relation amoureuse était toxique. Il s’interroge donc de plus en plus sur l’amour entre hommes. Le secrétaire Tsutsumi et le dentiste Kanamori apportent leurs soutiens indirectement aux deux hommes. L’auteure prend son temps pour développer sa romance. Elle dépeint parfaitement les changements qui touchent petit à petit ses personnages.

La mangaka a un trait anguleux, épuré et plutôt classique. Elle dédouble parfois les contours. De même, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. D’ailleurs, l’utilisation des trames en général est équilibrée. La mise en page est plutôt dynamique. Amaki sensei ne censure pas les scènes érotiques, plutôt nombreuses. Toutefois, elle ne détaille pas trop les parties intimes, même si elle dessine quelques coupes intérieures. Elle présente quelques croquis des deux héros sous la jaquette.

En résumé

Dans sa voiture, Kurusu Seiichi (32 ans) annonce à son secrétaire et chauffeur Tsutsumi, qu’il va remplacer son père, président d’une grande entreprise, pendant quelques jours. En effet, ce dernier s’est cassé une jambe au golf. Remarquant une pâtisserie populaire, le jeune cadre gourmand s’y arrête et croise un jeune homme dont la beauté l’interpelle. En rentrant le soir, il le rencontre à nouveau: Seto Nao (26 ans), en larmes, le percute par mégarde et renverse alors son café. Curieux, le cadre l’invite chez lui pour discuter et nettoyer ses affaires. Seto lui explique alors qu’il pleurait à cause d’un chagrin d’amour et que Kurusu lui rappelle son ancien amant. Le cadre essaie de séduire le jeune homme et ils finissent par passer une nuit intense. Mais le lendemain, Nao a disparu, ne laissant qu’un porte-clés oublié…

En conclusion

Ce one-shot a un rythme assez lent mais très descriptif. L’auteure cherche réellement à analyser les différents sentiments de ses personnages, leur évolution ainsi que la transformation d’une relation d’abord physique en amour profond. De la tendresse, des émotions, et un petit soupir en quittant ce couple à la fin de sa lecture.

Au plus profond de toi – Yoshio Akira

au plus profond de toi yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382760482
Hana, 2021
ISBN: 9784866570488 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Titre original: 奥まで触れてもいいですか
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le toucher au plus profond de son être. »

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique entrainante entre un salaryman désinvolte très communicatif et son subordonné sérieux et pudique. Elle alterne la narration entre Yûki et Natsumi. Au fil des chapitres, elle gratte le vernis idyllique qu’elle a construit au départ pour révéler les blessures psychologiques de ses deux héros. Le jeu de provocation de Masumi et la franchise d’Isshin créent une dynamique permettant l’approfondissement de leurs sentiments. Les amoureux s’influencent donc mutuellement, évoluant peu à peu en consolidant leur relation. En parallèle, l’auteure aborde les travers du monde de l’entreprise au Japon, comme le harcèlement des nouveaux employés, la primauté de l’apparence sur les compétences, l’attachement à la réputation. De même, elle met en scène un uke entreprenant et taquin qui s’accorde malgré tout au rythme de son seme taciturne et pudique.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux mais qui s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des têtes SD avec de grands yeux ovales et verticaux, trop adorables, propre à son style graphique. De même, quand Natsume rougit, les hachures dépassent carrément de son visage, renforçant sa gêne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page au premier abord classique, se révèle dynamique grâce aux angles de vue qui varient. Ainsi, le lecteur peut se concentrer sur la romance et l’humour. Dans les scènes érotiques, Yoshio sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Toutefois, elle privilégie les échanges du couple. Elle montre l’évolution de leur relation à travers les illustrations en début de chapitre. De préférence, lisez son message sous la jaquette à la fin de votre lecture.

En résumé

Alors qu’il aidait Natsume Isshin (22 ans), son subordonné qui avait fait tomber des documents, Yûki Masumi (24 ans) se demande si le jeune homme a peut-être des sentiments pour lui en le voyant tout rougissant. Le trouvant craquant, il n’hésite donc pas à le questionner directement. Pensant qu’il se méprend à cause de son manque d’expérience en amour, il l’emmène le soir dans un bar à hôtesses. Mais Natsume le prend mal et quitte précipitamment les lieux en trainant son supérieur avec lui. Au fil de leur discussion, réalisant que son employé a clairement cerné sa vraie personnalité, Yûki lui propose alors de sortir avec lui. Mais au bout de deux semaines, le jeune salaryman trop innocent, n’a toujours rien tenté. En le taquinant, Masumi se rend compte qu’il craque encore plus pour lui…

En conclusion

Ne vous fiez pas au titre trompeur quand on a « trop » d’imagination. Cette histoire est beaucoup plus douce et mignonne qu’elle ne laisserait penser. J’adore la spontanéité des deux héros, la dynamique de leurs échanges et l’équilibre qui s’installe petit à petit dans leur relation. Ce one-shot est un énorme coup de cœur pour moi! Je ne me lasse pas de le relire.