Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro
NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Number call – Furuya Nagisa

number call furuya nagisa
FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382761137
Hana, 2022
ISBN: 9784758073561 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« A chaque fois que les gens voient mon prénom, ils décident eux-mêmes de comment le prononcer. »

Furuya Nagisa sensei offre une douce et pudique romance dont le thème principal tourne autour du nom. Elle décortique la construction d’une relation, à partir du développement d’une amitié jusqu’aux prémices de l’amour. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs premiers émois. On retrouve déjà son style narratif, par petites tranches de vie: ici, une année de terminale. Eito et Hachi découvrent rapidement d’autres points communs en plus de la signification similaire de leur surnom. Par ailleurs, au fil des chapitres, l’auteure développe un peu plus Yokoi et Kisshi, respectivement les amis de Tachibana et Tomoya. Elle les fait subtilement intervenir auprès des deux lycéens qui ont du mal à déterminer la nature de leurs sentiments. L’histoire bonus satisfait les lecteurs par une conclusion toute mignonne.

La mangaka a un trait épuré encore plus simplifié dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur les petits détails. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est plutôt aérée. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei prenant soin de décortiquer les sentiments.

En résumé

Tachibana Akito, en section littéraire, attire depuis son enfance les quolibets de ses amis car la lecture des caractères de son prénom peut aussi se prononcer « Eito », soit « eight » en anglais. D’ailleurs, son ami Yokoi se moque un peu de lui car il a obtenu 88 à trois contrôles. Par inadvertance, il laisse s’envoler la copie par la fenêtre. Mais un gentil garçon de la section scientifique la ramasse et la rend à Eito avec un grand sourire. Plus tard, Yokoi apprend à son ami que ce gentil garçon s’appelle Tomoya Hatta et qu’on le surnomme Hachi, signifiant également « 8 ». Tomoya est heureux de trouver un ami qui a un nom similaire au sien mais soudain, Tachibana n’ose pas lui révéler son vrai prénom…

En conclusion

Pour son premier manga, Furuya sensei mène déjà très bien son scénario. Elle offre une histoire emplie de douceur et de fraicheur. Elle arrive déjà à pointer les petits moments forts du quotidien de l’adolescence. Je suis d’ailleurs facilement touchée par les deux lycéens qui réalisent petit à petit leurs sentiments sans trop y croire, tout en cherchant à préserver le lien particulier qu’ils nouent. Si vous aimez l’auteure (Les deux lions, Blue summer), n’hésitez pas à vous précipiter sur ce one-shot.

Ce côté de toi que je ne connais pas – Fuji

ce cote de toi que je ne connais pas fuji
Fuji 藤
ISBN: 9782382761083
Hana, 2022
ISBN: 9784758022460 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si je te côtoie tous les jours, est-ce que ça veut dire que je te connais vraiment? »

Fuji sensei choisit pour son premier manga, le synopsis plutôt classique de l’amour entre amis d’enfance. Toutefois, elle y ajoute une petite nuance: les deux héros ne se connaissent pas parfaitement s’étant perdus de vue en grandissant. Ainsi, elle aborde avec finesse la différence des sentiments entre un homosexuel et un hétérosexuel qui tombe amoureux d’un homme, la peur du regard extérieur et la difficulté à faire confiance. L’histoire se développe par petites tranches de vie. Shô et Aoba communiquent difficilement et même lorsque leurs sentiments évoluent, un malaise persiste. En effet, tous deux gèrent mal leurs doutes et la jalousie. Par ailleurs, l’auteure introduit Watanabe, l’ami d’Aoba, et Iori, une connaissance de Shô, pour accélérer l’évolution des sentiments entre ses héros. D’ailleurs, elle centre principalement son récit sur le point de vue d’Aoba. Elle s’intéresse donc aux secrets entre amis.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a un style shôjo qui dégage une certaine douceur. Par ailleurs, elle a un traitement particulier des joues rougissantes, renforçant l’aspect mignon. Et repérerez-vous Shô avec des oreilles de wanko? Par contre, les flash-back sont directement intégrés au récit, les rendant parfois difficiles à repérer. Il faut donc faire attention aux détails pour les distinguer comme les vêtements, les décors. Les trames sont nombreuses et les décors plutôt présents. De même, la mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuji sensei censure les parties intimes par des caches blancs ou avec des phylactères bien placés. Sous la jaquette, elle offre un yonkoma et une illustration.

En résumé

Aoba vit en colocation avec son ancien voisin et ami d’enfance, Takase Shô. Mais il n’est pas très à l’aise car ils ne se fréquentaient plus en grandissant. Un jour, Shô rentre complètement trempé par la pluie et en larmes, mais il refuse de se confier à son aîné. Trouvant son colocataire beau, Aoba passe alors une journée, perdu dans ses pensées. Même s’il prend soin de lui, Takase reste froid et prostré pendant quelques temps. Un jour, surpris par la pluie en rentrant chez lui, Aoba va directement à la salle de bain pour se changer. Mais il y trouve Shô qui lui propose alors de partager la salle de bain avec lui…

En conclusion

Fuji sensei participe depuis 2013 à des œuvres collectives mais ce one-shot est son premier manga. Elle maîtrise déjà son graphisme. Par contre, l’enchaînement des évènements comportent encore quelques maladresses, coupant parfois l’effet de surprise. Toutefois, elle offre une histoire douce et réaliste. D’ailleurs, le thème au premier abord simple invite pourtant le lecteur à s’interroger sur le secret de l’orientation sexuelle entre amis. Une lecture agréable et mignonne et une auteure à suivre.

Clumsy love step – Yoriko

clumsy love step yoriko
Yoriko 依子
ISBN: 9782382760611
Hana, 2021
ISBN: 9784801971479 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai envie qu’il m’apprenne quel genre de plaisir il peut m’apporter. »

Yoriko sensei offre une comédie romantique entre un étudiant au cœur pur et innocent et un dragueur invétéré bisexuel. Elle rajoute des tensions en installant une sorte de triangle amoureux avec Nagi Miyazawa, un première année qui assume complètement son homosexualité. Malgré l’insistance de Yoshino qui abuse de la naïveté de Kotarô, elle installe des rapports plutôt consensuels. En effet, les deux étudiants ont clairement conscience de débuter par une relation de simple sex friend. N’étant pas sur la même longueur d’ondes, leurs sentiments naissent peu à peu mais pas au même rythme. Ainsi, Tsujimoto privilégie la relation amicale et fuit ses sentiments. D’ailleurs, l’auteure base principalement la narration du point de vue de l’innocent étudiant. Elle joue également sur le contraste entre sa pureté et sa libido débordante.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, dans un style plutôt shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les décors apparaissent sur les plans larges. De même, les trames d’ambiance rehaussent les émotions. Toutefois, les autres trames servent principalement à représenter les couleurs. Malgré une palette plutôt restreinte, leur utilisation est équilibrée. En revanche, des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, la mise en page plutôt basique offre tout de même quelques cases plus dynamiques. Yoriko sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Il y a également un croquis amusant, en conclusion de fin de chapitre.

En résumé

En deuxième année à l’université, Tsujimoto Kotarô apprécie sa petite vie tranquille de célibataire. Quand il voit arriver son amie Miyako, il devine immédiatement qu’elle va l’embarquer dans ses problèmes. En effet, l’étudiante, harcelée par un certain Yoshino Aoi, lui demande de se faire passer pour son petit ami. Alors qu’il croise par hasard Yoshino en train d’essayer de se débarrasser d’une ancienne conquête, ce dernier lui saute dessus comme s’ils avaient toujours été proches. Il l’invite alors à boire un verre pour faire plus ample connaissance. Ne sortant avec les filles que pour s’amuser, le tombeur accepte de laisser tomber Miyako mais demande en échange un rapprochement avec Kotarô. Puis, il l’emmène dans les toilettes pour faire plus ample connaissance et lui fait découvrir des plaisirs insoupçonnés à travers son corps.

En conclusion

Yoriko sensei narre une comédie légère et mignonne qui, malgré un dragueur insistant, arrive à mettre en place une relation qui se développe sainement. Les personnages sont craquants et le graphisme sexy ajoute du charme au récit. Un one-shot divertissant.

Pas touche au petit chat! – Ogawa Chise

pas touche au petit chat ogawa chise
OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368775509
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031314 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Titre original: おいたが過ぎるわ子猫ちゃん
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand le chaton inoffensif n’hésite pas à griffer le loup prédateur, quitte à lui faire (vraiment) mal! »

Ogawa Chise sensei offre une comédie romantique amusante avec un naïf lycéen maladroit et un capricieux trentenaire pervers. Elle joue beaucoup sur le comique de situation et de répétition sur le thème de « l’approche séductrice à ses risques et périls ». La narration donne d’abord le point de vue de Kyûta avant de laisser le mot de la fin à Etsurô. Les personnages ont tout de même une personnalité travaillée: Etsurô représente le dragueur lourd typique, mais fuit en réalité la souffrance de la solitude. De même, Kyûta s’avère moins naïf qu’il n’y paraît et réfléchit sérieusement à ses sentiments. Par la suite, l’auteure introduit l’entourage du lycéen, aussi bien à l’école que sa famille, pour faire évoluer ses sentiments et lui faire prendre conscience de la différence d’âge. Elle ajoute un chapitre abordant avec humour les difficultés à se déclarer auprès des parents quand la pression du mariage les inquiète.

La mangaka a un trait épuré avec un style reconnaissable, qu’elle simplifie pour les passages humoristiques. Elle détaille les décors, rendant le désordre de la vieille maison, le parquet grinçant, l’ancienneté de l’architecture du quartier. Elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Les trames d’ambiance sont donc très rares. La mise en page est dynamique et accompagne parfaitement les chutes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre présentent une scène du quotidien. Ogawa sensei ose même dessiner Etsurô aux toilettes! Elle censure à peine les scènes érotiques en traçant avec des traits discontinus et légers, les parties génitales. En plus, elle joue beaucoup sur les angles de vue pour cacher l’essentiel. Ainsi, certaines scènes dégagent de la sensualité.

En résumé

Komori Kyûta s’occupe régulièrement de son cousin au deuxième degré, Kasai Etsurô (35 ans), un calligraphe célibataire qui vit seul dans une ancienne maison depuis le décès de ses parents. Ce dernier, capricieux et coureur de jupons, passe son temps à taquiner le jeune homme avec des blagues salaces. Mais un jour, il lui évite de se faire renverser par un scooter dans la ruelle et finit avec le bras cassé. Se sentant responsable, Kyûta demande ce qu’il peut faire pour se faire pardonner. Alors Etsurô lui demande de s’occuper des tâches ménagères. Pourtant un soir, il embrasse le jeune homme pendant son sommeil. Kyûta, intrigué, interroge ensuite son cousin, enfin guéri, sur ses intentions. Le calligraphe commence donc à l’embrasser mais quand il cherche à aller plus loin, Kyûta se défend et lui casse une côte…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Après l’atmosphère plutôt pesante de ses séries comme par exemple Caste heaven ou même Le cœur de la méprise, l’auteure s’attaque à un tout autre registre: l’humour. Et elle arrive à maîtriser ce style tout en conservant ses particularités: des personnages plus profonds qu’ils ne paraissent, des sentiments parfois exacerbés, des relations d’abord tendues. La perversité d’Etsurô devient comique parce qu’il se laisse en fait mener par le bout du nez par Kyûta. Le couple devient alors attachant. Je me suis bien amusée en découvrant leurs aventures!

I hate you, Sensei – Hinako

i hate you sensei hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782368775431
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031208 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Impossible de tomber amoureux de son rival en amour!

Hinako sensei narre une romance légère mais assez réaliste entre un professeur et son élève. Même si le thème semble classique, elle arrive à donner suffisamment de caractère à ses deux héros pour maintenir un peu le suspense. En effet, Ikuta a clairement conscience qu’il manque de confiance en lui et refuse d’admettre ses sentiments naissants et son attirance. Le professeur Shizu s’amuse des réactions d’Aoi dont les émotions se lisent sur le visage. De même, l’ami d’Ikuto, Tachibana Kyotaro, ajoute une touche humoristique à cette relation compliquée. L’auteure joue sur les tensions et les sentiments contradictoires. Par ailleurs, elle aborde avec humour le problème de la relation entre professeur et élève même consentie. Ainsi, Shizu tient compte des limites et Ikuta réfléchit au développement de leur relation. Le contraste entre Aoi perdu dans ses sentiments et l’imperturbable professeur ajoute une certaine tension.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames d’ambiance très graphiques comme des étoiles, des pois, des cœurs… La mise en page est dynamique. En plus, Hinako sensei ne censure pas les scènes érotiques. On remarque tout de même les traces de bandelettes blanches striés qui ne cachent rien dans certaines vignettes.

En résumé

Ikuta Aoi essaie de déclarer ses sentiments à Satô, une des filles les plus populaires du lycée. Mais il manque de tact en critiquant son maquillage. La jeune fille s’énerve provoquant le fou rire du professeur Shizu qui a surpris leur conversation. En montrant au lycéen comment faire une approche plus subtile, l’enseignant obtient une déclaration d’amour de la lycéenne. Jaloux de sa popularité et de son charme, Ikuto déclare détester son professeur, le considérant comme un rival en amour. Pour l’éviter, il décide de dormir pendant son cours. Toutefois, Shizu le convoque, mais l’encourage à se déclarer simplement. Après sa déclaration, et bien que rejeté, Aoi réalise alors que le professeur l’a bien conseillé. Pourtant la punition ne se termine pas là car l’enseignant décide de prendre le lycéen comme larbin pour qu’il se fasse pardonner son insolence.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la vingt-cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Le dessin est beau et agréable et le rythme des évènements est bien mené. Toutefois, les premiers rapports entre le professeur et son élève pourront déranger certains, le consentement n’étant pas clairement établi au départ. Heureusement, cela s’améliore avec le développement de leurs sentiments. Les réactions des personnages sont amusantes et le couple devient vite attachant. Une histoire divertissante qui plaira facilement.

You know what I want! – Hinako

you know what i want hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782368775639
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606915 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Deux cavaleurs à l’incompatibilité caractérielle touchés par l’amour.

Hinako sensei met en scène une relation bancale qui va s’équilibrer petit à petit, avec des personnages aux caractères opposés. Pourtant, elle développe par la suite leur psychologie, révélant de légers traumas. En effet, le froid et sévère Tsuzuki cache un côté sombre. Jaloux, il a tendance à monopoliser l’être aimé et préfère donc ne pas s’attacher. L’enthousiaste et démonstratif Fujigaya ne cache pas son homosexualité. Sa vision naïve de l’amour, pouvant naître d’un coup d’un soir, attire surtout des partenaires profiteurs. En plus, il s’emballe très facilement. Heureusement, son ami Mitsu veille sur lui et n’hésite pas à intervenir. L’auteure s’amuse ainsi à confronter ce couple à l’incompatibilité caractérielle mais pas sexuelle. Elle développe doucement leurs sentiments mutuels, décrivant les efforts pour s’adapter à l’autre. La narration se concentre sur Shô. La postface se trouve sous la jaquette.

La mangaka a un trait fin épuré qui conserve une petite touche réaliste. Néanmoins, elle représente Fujigaya avec les canines qui dépassent quand il ouvre la bouche, accentuant son côté effronté. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Hinako sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais parfois, le jeu des trames, des angles de vue et mêmes les onomatopées cache l’essentiel. Les illustrations en début de chapitre suivent le développement de la relation des héros. En bonus, l’histoire de la couverture continue au verso.

En résumé

Fujigaya Shôdô, un étudiant en troisième année de littérature qui affiche clairement son homosexualité, drague tous les mecs intellectuels de troisième année de l’université. Il repère Tsuzuki Hirotaka, à la beauté froide, qui est complètement son genre. Il lui propose donc directement de coucher ensemble. Tsuzuki refuse net. Mais le soir dans le quartier gay, il remarque Fujigaya en compagnie d’un autre homme, confirmant les rumeurs sur sa frivolité. Pourtant, Shô persévère. Il va même interrompre un plan drague de Hirotaka quand il le trouve dans un bar gay un soir. Il le traine alors dans un love hotel. Excédé par ce comportement sans gêne et égoïste, ce dernier décide donc de lui donner ce qu’il veut, espérant lui prouver leur incompatibilité. Tsuzuki se lâche et dévoile alors son côté un peu sadique…

En conclusion

Ce couple de cavaleurs va s’assagir en se découvrant mutuellement. J’aime beaucoup la dynamique entre les deux héros qui ne sont jamais sur la même longueur d’onde, même s’ils communiquent. Fujigaya en amoureux transi devient hilarant car il accepte facilement les défauts de son partenaire. Mais même s’il fait des efforts pour le combler, il ne tient jamais trop longtemps, sa personnalité reprenant le dessus. J’apprécie également le contexte plutôt réaliste des personnages. Le graphisme de l’auteure est beau, l’histoire rondement menée. Une comédie parfaite pour passer un moment divertissant et sexy.

Wolf pack – Billy Balibally

wolf pack billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760994
Hana, 2022
ISBN: 9784866572475 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je ferais tout pour toi. Alors ne l’oublie pas… Partenaire. »

Billy Balibally sensei revisite les légendes nordiques pour nous offrir une romance fantastique avec des hommes-loups. Elle alterne la vie normale de l’animal comme la chasse, la protection de la meute et du territoire, l’éducation des petits, avec des discussions sur des sujets humains comme la paix, la place de l’amour. Garmr et Hati se chamaillent souvent pour le poste d’alpha. De même, les louveteaux apportent des touches d’humour par leurs bêtises. Les deux loups alphas faisant passer la meute avant eux, s’interrogent sur leurs sentiments naissants et leur sensibilité humaine. A travers Ghir, l’auteure introduit l’histoire de Fenrir et de ses descendants. Elle dénonce également quelques points de tension avec les humains. Dans sa postface, elle confie ses inspirations.

Malgré un trait fin, la mangaka dessine des personnages virils sous leur forme humaine. Elle détaille les mouvements des oreilles et de la queue, s’inspirant du langage corporel des loups. Par ailleurs, elle n’oublie pas d’ajouter les cicatrices pour les reconnaître. Par contre, les louveteaux avec uniquement un visage humain sont à la fois mignon et amusant graphiquement. Les décors ancrent le récit dans un univers réaliste. Les trames variées et équilibrées jouent beaucoup sur les contrastes noir et blanc. De même, la mise en page met en valeur les scènes d’action. D’ailleurs, Billy sensei utilise à merveille les emboitements de cases, les grandes vignettes et les doubles-pages. Dans les scènes érotiques, pudiques, elle s’arrête aux préliminaires. En début de tome, elle présente un arbre généalogique, une carte et des explications sur la hiérarchie entre les loups. La couverture a obtenu la vingtième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Loin dans la montagne vivent les descendants de Fenrir, mi-hommes mi-loups. Le loup alpha du peuple de la vallée, Garmr, a ramené un cerf pour fêter un pacte avec la meute du lac qui leur permettra de partager un point d’eau. Il devait au départ épouser la femelle alpha Sköll. Mais suite au récent décès de la louve dans un accident, son frère jumeau Hati propose alors de la remplacer. Les deux mâles ne pouvant donner une descendance, Garmr espère que les bêtas pourront accomplir ce devoir pour renforcer les liens de la nouvelle famille. En effet, il a bien l’intention de prendre Hati comme partenaire…

En conclusion

On se laisse facilement happer par cette histoire fantastique concise mais entrainante. Les personnages attachants gardent toutefois une certaine animalité. En plus les paysages neigeux nous transportent directement dans cet univers. Un coup de cœur qui nous laisse un tout petit peu sur notre faim de loup!

Le garçon de la terre des lions – Hakase

le garcon de la terre des lions hakase
Hakase 博士
ISBN: 9782382760963
Hana, 2022
ISBN: 9784758021784 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On pleure seulement quand on est sûrs de ne plus jamais revoir l’autre… »

Hakase sensei offre une comédie romantique centrée sur l’échange culturel et la découverte de l’amour durant le séjour d’un étudiant étranger. Elle présente quelques particularités de la culture maasaï ainsi que certaines traditions à travers la curiosité de Makoto. Les deux lycéens, ouverts d’esprit, discutent facilement et nouent rapidement une relation franche. Luca se montre tactile et câlin tandis que Mako est sensible aux odeurs. En plus des différences culturelles, l’auteure aborde succinctement les différents évènements qui touchent un étudiant étranger comme l’intégration en classe, la solitude quand on est malade, le mal du pays. Elle met surtout en avant les petits malaises, les quiproquos et la nécessité d’en discuter rapidement. De même, la relation amoureuse entre Makoto et Luca s’accompagne de la découverte du corps de l’autre et de relations charnelles consensuelles.

La mangaka a un trait épuré. Toutefois elle rend avec réalisme la musculature de Luca qui contraste avec le corps frêle de Makoto. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, renforçant l’aspect mignon du Japonais. De même, le lapin Taro vient renforcer ce côté mignon. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques alternent avec les décors. Pour les ombres fortes, des hachures ou des aplats noirs permettent de ne pas surcharger les pages qui utilisent déjà des trames variées. Parfois des métaphores graphiques retranscrivent avec humour l’imagination de Makoto. La mise en page dynamique joue beaucoup sur différents angles de vue. D’ailleurs, Hakase sensei a tendance à décortiquer les scènes érotiques, s’attardant sur certaines réactions. Elle ne censure donc pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. Elle offre une histoire encore plus sexy et sensuelle dans le livret bonus.

En résumé

Aona Makoto attrape un bourdon égaré dans la classe puis le libère dehors. Comme il apprécie les animaux, il a du mal à comprendre la réaction excessive de ses camarades. De retour chez lui, sa mère, s’étant inscrite à un programme de famille d’accueil, lui annonce qu’un étudiant maasaï logera chez eux. Afin d’éviter un trop grand choc culturel, Mako entreprend des recherches au préalable. Mais il est surpris de voir un jeune homme moderne et sociable qui a appris le japonais. Luca prenant d’abord Makoto pour une fille, se rapproche facilement de lui. Mais même après les explications du Japonais, le Maasaï ne peut réfréner ses sentiments naissants…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Malgré le rythme un peu particulier du titre, les scènes érotiques prenant beaucoup de place, le récit reste instructif et nous fait agréablement voyager. A réserver tout de même à un public averti! En plus, les personnages sont attachants et leur histoire d’amour touchante. Un petit coup de cœur.

Light of my life – Minami Fûko et Takiba

light of my life minami fuko takiba
MINAMI Fûko 水壬楓子
Takiba 滝端
ISBN: 9782382761021
Hana, 2022
ISBN: 9784758022255 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Dans ce cas, je préfère que tu me guides… »

Minami Fûko sensei narre une romance entre deux amis d’enfance. Toutefois, elle arrive à transformer un scénario au premier abord classique en un récit psychologique, s’intéressant au traumatisme et aux remords. Elle révèle au compte-goutte le passé expliquant l’origine du trouble entre Minagi et Shûhei, maintenant un certain suspense. Malgré la différence de classe sociale entre les deux amis, leur relation d’abord équilibrée et franche va se dégrader suite à des incompréhensions et des non-dits. Avec son côté innocent, Kuzé s’exprime maladroitement. Aki, quant à lui, ne juge que sur des présupposés. Sasara, qui les temporise, apporte une touche reposante dans les moments de tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au renoncement des rêves, à l’incompréhension à cause du manque de communication, à la différence ténue entre admiration et amour. Malgré la relation ambiguë entre les deux héros, elle installe une relation consensuelle.

Takiba sensei a un trait légèrement épuré et fin. Elle dessine des corps virils et finement musclés. Elle renforce le réalisme du récit avec des décors qui apparaissent dès que le plan s’élargit. De même, les trames sont variées. Et les trames d’ambiance introduisent certaines émotions. Les flash-back nombreux se repèrent immédiatement à leur fond noir. En plus, la mise en page très dynamique rythme la lecture avec des passages contemplatifs ou des ralentissements sur des détails. La mangaka ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle transcrit parfaitement la sensualité ou la violence des ébats. Sous la jaquette se trouvent une illustration ainsi que le postface des deux auteures.

En résumé

Au lycée, Kuzé Minagi rêvait de devenir un génie de la médecine. Il voulait étudier en Europe avec son ami Sasara qui serait devenu mannequin et Akimaru Shûhei, footballeur professionnel. Mais quelques années plus tard, Aki, qui aide son grand-père dans son salon de coiffure, découvre que Minagi a délaissé ses études pour devenir hôte. Ce dernier a même réussi à devenir numéro un et vient souvent se faire coiffer dans le salon du grand-père d’Akimaru. Après avoir tenté de le raisonner, Shûhei a fini par accepter d’initier son ami encore innocent aux plaisirs sexuels. Mais pensant que Kuzé gâche son talent, une distance s’installe entre les deux hommes. Peu de temps après le décès de son grand-père, Aki décide de reprendre la boutique. Mais il reçoit la visite de Sasara, accompagné de Minagi qui hésite à lui demander alors le gîte pour quelques temps…

En conclusion

Le graphisme de Takiba sensei est magnifique et expressif. En plus, le scénario de Minami Fûko sensei retient le lecteur en haleine, rendant presque palpable les sentiments des personnages. Cette lecture m’a procuré diverses émotions, me donnant presque envie d’entrer dans le manga pour secouer un peu les personnages. J’adore particulièrement Minagi qui, malgré des idées parfois saugrenues, fonce tout de même jusqu’au bout pour les réaliser. Shûhei semble le seul capable de le recadrer. J’ai un réel coup de cœur pour ce one-shot!