Derail – Aiba Kyoko

derail aiba kyoko
AIBA Kyoko 相葉キョウコ
ISBN: 9782382760895
Hana, 2021
ISBN: 9784396785147 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’aimerais bien être la personne la plus importante à ses yeux. »

Aiba Kyoko sensei narre une romance entre deux amis d’enfance aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre Haruka et Hikaru, partageant leurs réflexions et leurs questionnements. Le taciturne Haru se montre manipulateur et de plus en plus câlin pour arriver à ses fins tandis que Hikaru réalise petit à petit ses sentiments. D’ailleurs, ce dernier prend du temps pour comprendre la différence entre amitié et amour. Cherchant à plaire à tout le monde, il s’interroge constamment sur son sentiment de monopolisation et sa possessivité qu’il n’exprime pourtant pas. Ainsi, l’auteure met en évidence le manque de communication au sein du couple. Elle suit le cheminement vers l’amour des deux héros. Hikaru s’avère être plutôt naïf sur les choses de l’amour. Son trop plein de gentillesse peut même devenir blessant.

La mangaka a un trait épuré avec des contours jouant sur les pleins et les déliés. Elle dessine des personnages finement musclés. Elle travaille particulièrement les yeux, très expressifs, rendant parfaitement l’intensité des regards. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent surtout l’action. Les pages dynamiques donnent une impression chargée car Aiba sensei abuse des gros plans. Elle s’attarde particulièrement sur la sensualité des corps et des gestes. De même, elle ne censure pas les scènes érotiques, qui apparaissent presque à chaque chapitre. Les illustrations en début de chapitre sont en corrélation avec le développement du récit.

En résumé

Miyake Haruka et Hikaru sont amis d’enfance et vivent en colocation. En réalité, Haru est amoureux de son ami mais se contente des petits moments privilégiés quand ils sont à deux. Mais un jour, Hikaru brise une règle de leur colocation: il emmène une fille chez eux pour réviser. Pour se venger, Miyake élabore un plan pour le faire succomber à son charme…

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. L’auteure révèle d’abord les sentiments des personnages avant de narrer leur développement. Ce choix scénaristique donne l’impression d’une suite programmée après un succès. A moins que cela ne soit voulu? Pour ma part, j’apprécie le déroulement de leur histoire, présenté par des monologues intérieurs. En effet, Aiba sensei s’attarde vraiment sur les quiproquos entre les deux amis, qui se méprennent sur les attentes de l’autre. En plus son graphisme est magnifique.

Apprivoise-moi – Shikimi Bibi

apprivoise moi shikimi bibi
SHIKIMI Bibi 志木見ビビ
ISBN: 9782382760918
Hana, 2021
ISBN: 9784396785130 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Titre original: 服従と甘噛み
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu crois vraiment que je vais rester avec un type qui me traite comme un chien, hein? »

Shikimi Bibi sensei offre une comédie romantique entre un vétérinaire pervers et un loup-garou tsundere. Comme elle inclut une scène érotique à chaque chapitre, son scénario reste léger et joue principalement sur le fan service pour les hommes affublés d’oreilles et de queue d’animaux. Les deux chiens, Angela et Kotetsu, apportent une touche mignonne et humoristique. Minato profite du comportement canin d’Iruma pour satisfaire ses désirs. Même s’il se rebelle, le loup-garou finit toujours pas céder. Ainsi, l’auteure joue beaucoup sur la confrontation inégale entre les deux héros. Elle alterne la narration entre Minato et Iruma. Même si les personnalités sont peu approfondies, le loup-garou s’interroge sur ses sentiments, sur le traitement différent du vétérinaire quand il est loup et humain.

La mangaka a un trait épuré, fin et plutôt rond et doux. Elle dessine des bouilles trop mignonnes et expressives à Iruma en loup. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, la mise en page est plutôt classique avec quelques pages ou cases dynamiques. Dans les scènes érotiques, Shikimi sensei censure les parties intimes par des trames et en esquissant à peine les contours. Sous la jaquette, il y a les toutous en SD trop adorables!

En résumé

De retour d’une visite à domicile, le vétérinaire Minato Keisuke a recueilli un loup blessé. Mais quand il vient vérifier son état de santé, il trouve dans la cage un jeune homme avec des oreilles et une queue de loup. Iruma est en réalité un loup-garou qui a perdu son travail et son foyer. Le vétérinaire le voyant excité à cause de la chienne en chaleur de la clinique, le soulage alors. Choqué par le comportement pervers de Minato et ne supportant pas d’être traité comme un chien, le loup-garou fuit. Mais il passe tout de même à la clinique pour continuer ses soins. Même s’il se rebelle, il finit toujours par obéir au vétérinaire. Un soir, Iruma trouve un chiot abandonné devant la clinique. Comme il souhaite l’adopter, le vétérinaire lui propose alors de travailler pour lui et de le loger dans son appartement…

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Malgré un beau graphisme qui charme l’œil, le contenu reste léger. Par contre, certains lecteurs pourront être choqué par le comportement du vétérinaire qui se passe de consentement. Mon cœur étant faible face aux toutous, je craque donc pour cette série malgré ses maladresses. Un titre divertissant.

Androgynous – Ashihara Akira

androgynous ashihara akira
ASHIHARA Akira
ISBN: 9782382762776
Hana, 2021
ISBN: 9784396785123 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Au fin fond de la jungle, il existe une mystérieuse prêtresse « androgyne » dont le charme fascine. »

Ashihara Akira sensei propose un thème intéressant, l’hermaphrodisme, malheureusement sous un format smut qui ne permet pas de développer le sujet. Pourtant, elle aborde le rejet, la solitude et l’acceptation de soi. Par ailleurs, certaines actions s’enchaînent maladroitement. Jack, même s’il tente de se racheter une conduite, a un côté énervant, avec son caractère égoïste et irrespectueux des cultures des autres. Aura, dont l’âge n’est pas précisé, dégage une pureté encore enfantine dans ses manières. L’auteure dévoile au fur et à mesure les réelles conditions de vie de la prêtresse de la forêt. Ensuite, elle développe le préquel de l’univers qu’elle a créé, y ajoutant une touche fantastique. Dans cette partie mieux équilibrée, elle reprend les mêmes thèmes avec des personnages plus attachants.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais avec un style propre. Elle dessine de magnifiques corps musclés. Ses personnages androgynes allient à la fois une fine musculature et des corps cambrés. Les décors détaillés et très présents alternent avec quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique met en avant la plastique des personnages. Ashihara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de trop détailler les parties génitales d’Aura. Par ailleurs, elle n’hésite pas à intégrer des coupes intérieures, des gros plans.

En résumé

Le botaniste Jack R. Smith recherche des plantes inconnues dans la jungle depuis une semaine mais peine à en trouver. Un village d’autochtones l’a gentiment accueilli. Bien que l’ancien lui ait interdit de souiller leurs terres sacrées, il s’aventure vers le lac interdit. Soudain, il rencontre un magnifique adolescent qui lui saute dessus. Après une seule nuit torride avec lui, Jack n’arrive pas à l’oublier. Mais dans le village, personne ne semble connaître le jeune inconnu. Le botaniste repart alors à sa recherche mais quand il trouve le jeune homme dans une grotte en pleine prière, ce dernier ne le reconnaît pas…

En conclusion

Attention, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. En plus de l’âge d’Aura, les rapports ne sont pas consentis au départ. Le scénario qui a beaucoup de capacité se noie malheureusement dans les scènes érotiques. C’est dommage, surtout avec le magnifique graphisme de l’auteure. Je préfère largement l’histoire de Naturae et Ester, qui contient plus de sentiments et permet de découvrir pleinement les capacités d’Ashihara sensei.

Proposition idéale – Tsurukame Mayo

proposition ideale tsurukame mayo
TSURUKAME Mayo 鶴亀まよ
ISBN: 9782382760604
Hana, 2021
ISBN: 9784796413831 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu m’as oublié, hein? Tu m’avais pourtant promis de m’épouser. »

Tsurukame Mayo sensei reprend le thème classique de la romance entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle y ajoute une touche originale en s’intéressant au surmenage, au harcèlement au travail et à la perte de confiance en soi. Elle concentre la narration sur Hirokuni qui réfléchit beaucoup et analyse ses moindres émotions. La colocation entre les deux amis leur permet ainsi de redécouvrir les qualités et les défauts de chacun. Kaï respecte le rythme de Hiro et se montre prévenant malgré un caractère parfois impertinent. D’ailleurs, l’auteure le rend très attachant en révélant son passé difficile et son caractère un peu résigné. Elle met également en avant l’influence du moindre soutien sur la motivation, à travers le chef de projet Kaneko ou le restaurateur Kenji. La relation s’établit sur des discussions et l’acceptation des sentiments. Le chapitre bonus permet de voir ce que sont devenus les personnages.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Certes, son style paraît assez commun mais dégage tout de même un charme agréable. L’utilisation des trames est équilibrée. De même, quelques trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back s’entremêlent au présent mais restent facile à deviner. La mise en page est efficace. Tsurukame sensei évite de montrer les parties intimes dans les scènes érotiques. Par ailleurs, elle intègre bien le rendu de la durée en développant principalement une certaine complicité.

En résumé

Surexploité par le patron de son entreprise de développement d’applications numériques, Itari Hirokuni cumule les heures supplémentaires, travaillant même le dimanche. Un samedi soir, il s’effondre dans la rue mais est pris en charge par Fukaya Kaï, un ami d’enfance qui venait justement à sa rencontre. Bien qu’il ne l’ait pas vu depuis 10 ans, ce dernier lui demande de l’héberger temporairement, ayant récemment perdu son emploi. D’ailleurs, la mère de Hiro, inquiète pour son fils, lui a même confié le double des clés. Enfant, Kaï avait promis à Itari de se fiancer avec lui. Et maintenant, il lui avoue être gay et lui promet de ne pas le séduire pour l’instant. D’abord hésitant, le salaryman cède rapidement aux bons petits plats que lui prépare son ami qui s’amuse à prendre soin de lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place au classement du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. J’apprécie énormément la chaleur humaine qui se dégage de ce titre, comme des personnages. Cela donne envie de leur faire des câlins, de les encourager. La romance s’installe doucement, presque naturellement. Pour ma part, c’est un coup de cœur qui m’invite à suivre l’auteure.

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.

I hate – Natsume Kazki

I hate natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775714
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422178 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des retrouvailles entre des amis qui se sont perdus de vue.

Natsume Kazki sensei suit deux couples d’amis qui s’étaient perdus de vue et se retrouvent après quelques années. Pour un premier manga, elle maîtrise déjà son scénario et son graphisme. Elle s’intéresse à la nostalgie, aux sentiments suspendus, à la définition de l’amour. Les deux récits se basent au départ sur une même intrigue, avec un des partenaires amoureux depuis le début et l’autre qui n’arrive pas à cerner ou admettre ses sentiments. De même, la narration alterne entre les personnages. Toutefois, l’auteure diversifie les caractères des personnages et s’attarde sur leurs sensibilités pour offrir des relations différentes. Elle met en avant des collègues taquins et protecteurs qui permettent aux héros d’avancer et de réfléchir à leurs sentiments. Ainsi, Aoe a peur du changement et Hirose a du mal à assumer son homosexualité. En fin de tome, elle regroupe les deux couples d’amis pour ajouter des anecdotes amusantes.

La mangaka a un trait reconnaissable, épuré, anguleux, fin mais avec une touche presque brute et acérée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue sur les contrastes blanc et noir. Malgré une utilisation des trames équilibrée, les pages paraissent plutôt claires, presque dépouillées. Les décors sont pourtant présents. Par ailleurs, les cadres sont épais mais cela colle au style car les pages semblent parfois chargées. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques, avec des caches blancs sur les détails des parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une postface développant la création de ses récits.

En résumé

I hate / I love: A 27 ans, Hirose Nozomi est encore puceau. Il n’a même jamais embrassé une fille. Pourtant au lycée, il appréciait les baisers de son kiss friend Kiriya Kaoru. Mais un jour, son ami se montrant trop entreprenant, il a pris peur. Traumatisé, il a donc fui à Tokyo dès son diplôme obtenu et travaille maintenant dans un magasin d’ameublement. Devant s’occuper de la décoration d’un bar à hôtes, il retrouve par hasard Kiriya qui est devenu escort boy. Même s’il n’a pas envie de renouer avec lui, il ne l’a pourtant pas oublié depuis ces dix années…
No where, now here: Itsuki Aoe (27 ans) et Hinomoto Akaya (27 ans) sont amis d’enfance. Un peu asocial, Aoe est fonctionnaire dans sa région natale. Akaya, quant à lui, est devenu designer à Tokyo et commence à avoir du succès. Mais quand il revient dans sa région après cinq ans d’absence, Aoe n’hésite pas à prendre des congés pour passer du temps avec son ami. Alors que tout change autour de lui, le jeune homme a l’impression de stagner. Et il panique quand son ami l’embrasse bien que ce dernier ait toujours clamé son amour pour lui.
Love is here…? / About them: Dans le magasin de Hirose, Kiriya demande les goûts de son petit ami sur les oreillers, lui proposant au passage de s’installer ensemble. Ils croisent alors leurs amis du lycée Aoe et Akaya, également venus acheter une nouvelle literie…

En conclusion

Ce one-shot se classe huitième meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2016. Je trouve très intéressant de partir d’un même plot pour proposer deux développements différents. Les personnages sont en plus attachants, leurs réactions réalistes. J’adore particulièrement le trait de l’auteure.

Red hood – Haji

red hood haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776353
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685938 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un chaperon rouge et un homme-loup contre une sorcière dévoreuse de petites filles.

Haji sensei revisite le conte Le petit chaperon rouge, offrant une aventure riche en actions dans un univers de fantaisie. Dès l’introduction, elle présente sa version du conte, installant immédiatement le contexte. Elle introduit beaucoup de personnages, nommant certains loups en leur conférant un caractère tranché. Ainsi, le loup foufou Léo apporte une touche humoristique. De même, le contraste entre la bonne fée Skullfinna et la démone Belzedra permet de détendre l’atmosphère. L’auteure joue également sur le comique de situation avec la différence de taille de Fen en homme-loup et Golda. Elle prend son temps pour développer l’histoire. Elle révèle peu à peu le passé des protagonistes. Les sentiments se développent entre les deux combattants, non sans mal. En effet, suite à un traumatisme, Goldericks ne sait pas aimer mais le découvre grâce à Fenrirwolf.

La mangaka a un trait épuré plutôt ferme. Elle met en avant les corps musculeux ou pulpeux avec des vêtements moulants. D’ailleurs, elle n’hésite pas à exagérer les positions. Par contre, les oreilles sont sans relief. Les protagonistes ont des styles graphiques très variés. Haji sensei simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Néanmoins, elle pense à respecter les attitudes des loups. Elle indique les flash-back par des fonds noirs et ajoute quelques trames d’ambiance pour renforcer les émotions. La mise en page est dynamique. Toutefois, des cadrages trop étroits et des pages chargées rendent certains combats difficile à suivre. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. En fin de tome et sous la jaquette, une présentation des personnages permet de découvrir les secrets de création. Et Golda reprend la même pose que la couverture mais en plus dénudé.

En résumé

Le pourfendeur de sorcières Goldiroks, surnommé Golda, a été engagé par un villageois pour retrouver sa petite sœur perdue dans la forêt. En chemin, ils sont attaqués par une meute de loups menée par Fenrirwolf, alias Fen, un homme-loup. En effet, ce dernier cherche à se venger de la sorcière qui a tué sa famille; or les goules de la sorcière portent habituellement un capuchon rouge comme Golda. Après un violent combat, ils arrivent enfin à discuter mais le mage embrasse soudain le loup pour prendre un peu de sa capacité de régénération. Effectivement, il a le pouvoir de voler la capacité d’un partenaire en absorbant certains fluides. Golda propose alors à Fen de le rejoindre pour éliminer ensemble leur ennemie commune.

En conclusion

Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. L’épaisseur de ce tome aurait pu permettre le développement de l’histoire. Pourtant, l’action alterne avec l’humour, dominant le récit. La violence de certaines scènes, avec des membres coupés, et la relation presque zoophile peuvent déranger certains lecteurs. Je regrette que les sentiments soient peu abordés, mais je trouve l’innocence de Fen vraiment adorable.

Flaver – Sachimo

flaver sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775776
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031499 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Entre enquêtes, magouilles et érotisme, une relation tendue entre deux seme amoraux.

Sachimo sensei offre une romance entre deux seme privilégiés par la vie mais au comportement abject depuis l’adolescence. En effet, ils prennent plaisir à manipuler les gens et, malgré une certaine droiture, sont prêt aux pires vilenies pour passer du bon temps. Comme Shimojô se qualifie de gay dominant sadique, il n’a jamais cédé à son attirance pour Kuze, privilégiant leur rivalité. Leur relation est donc encore tendue et tous deux essaient toujours de rabaisser l’autre. Ce jeu leur permet donc de tromper leur ennui. Pourtant, Kuze semble rechercher une certaine égalité. La majorité de la narration se base sur le point de vue de Shimojô sauf dans un chapitre. L’auteure révèle petit à petit le passé entre les deux hommes ainsi que l’évolution de leur relation. Elle interroge sur l’ambivalence entre la haine et l’amour. Elle installe doucement les sentiments dans le jeu de magouilles des deux protagonistes.

La mangaka a un trait épuré fin et anguleux. Elle dessine des hommes grands finement musclés. Elle alterne constamment entre souvenirs et présents. Toutefois, elle change le code graphique habituel en présentant le présent sur fond noir. De même, les trames de ces passages sont plus sombres. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Sachimo sensei sème des indices et des petits détails, guidant les lecteurs vers les révélations. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En plus, elle offre à chaque chapitre des passages torrides plutôt développés.

En résumé

Shimojô a toujours eu des facilités dans la vie au point de la trouver insipide. Pour tromper son ennui, il aime mépriser les gens et les faire chanter. Bien qu’issu d’une bonne famille, il est alors devenu yakuza. Un soir, en rentrant du travail, il croise un homme agressé par des voyous et le ramène chez lui. Malgré la tenue négligée, il reconnaît rapidement le seul rival qu’il a eu: Kuze. Ce fils de maire l’avait alors battu aux élections du conseil des élèves au lycée. Mais maintenant, il ressemble plus à un « dépravé » prêt à tout pour un peu d’argent. En effet, Kuze le remercie même en nature. Shimojô, refusant d’être passif, propose alors à son ancien rival de devenir son chien…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seconde place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. En effet, le style narratif est vraiment intéressant et permet de maintenir un certain suspense. La joute entre les deux héros les rend moins antipathiques malgré leur sale caractère. Je trouve dommage de ne pas voir en images Kuze en uke, surtout en lisant les remarques de son partenaire. J’apprécie beaucoup leur relation conflictuelle qui pourtant déborde petit à petit de sentiments plus profonds. Une lecture très agréable.

Rends-moi beau! – Sachimo

rends moi beau sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776681
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067239 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Et si l’amour rendait beau?

Sachimo sensei s’intéresse à la différence d’âge dans cette romance entre un agent d’entretien et un lycéen. Elle explique leur isolement en dévoilant leur passé. Ainsi, Sugimura, gay, se méfie des gens suite à une tromperie qui l’a pénalement condamné. Dai, quant à lui, a pris l’habitude d’être seul depuis l’enfance. Les deux héros cachent leur beauté pour passer inaperçu. L’auteure donne d’abord le point de vue de Hara qui découvre le sentiment amoureux, puis s’attarde sur Manabu. Ainsi, elle met en avant l’évolution de ces deux cœurs solitaires. Elle aborde également la pression et le jugement du regard extérieur, l’isolement qui poursuit ancien condamné, la beauté intérieure qui ne s’apprécie qu’en découvrant la personnalité de quelqu’un. Le lycéen conserve un côté innocent qui le rend attendrissant. Malgré les doutes sur l’avenir et le manque de confiance, le couple réfléchit calmement à leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle épaissit parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait à l’extrême. Par exemple, comme Dai rougit facilement, il a souvent de grandes hachures qui lui recouvrent la moitié du visage. Par contre, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors sont aussi souvent réduits à l’essentiel. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei alterne entre censure des parties intimes en ne les dessinant pas ou au contraire, des organes sexuels assez détaillés.

En résumé

Hara Dai aime la solitude et pour avoir la paix, il décide de jouer les délinquants en entrant au lycée. Par ailleurs, il a trouvé un coin tranquille dans le jardin du lycée où il aime passer du temps sous un arbre. Mais un jour, il y trouve Sugimura Manabu (39 ans), un agent d’entretien de l’établissement aussi solitaire et taciturne que lui. L’ouvrier tolère sa présence à condition qu’il ne lui parle pas. Mais à jouer les terreurs, Dai s’attire les foudres d’un gang du lycée. Alors que les voyous essayaient de l’humilier, le bas-ventre du lycéen finit par réagir. Sugimura, qui a surpris la scène, trouve alors des paroles réconfortantes. Intrigué par l’agent technique, Hara essaie de sympathiser avec lui mais les collègues de Manabu l’avertissent que ce dernier a un casier judiciaire. Pourtant, le lycéen refuse de le juger sans explication. Plus tard, le chef des voyous l’agresse sexuellement…

En conclusion

Une histoire mignonne avec pourtant un background plutôt lourd. La relation entre Dai et Sugimura paraît pure et innocente. En effet, l’adulte a bien conscience de leur situation mais leurs sentiments l’emportent. La beauté intérieure et extérieure apparait ici comme influencée par l’amour. J’aime beaucoup ce récit même si il peut paraître sans saveur et peu approfondi. Je trouve que l’auteure a tout de même réussi à insuffler assez de matière pour un one-shot.

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino
Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.