Sweet room escape 2 – Owal

couverture sweet room escape 2 owal hana

Owal おわる
ISBN: 9782382764534
Hana, 2024
ISBN: 9784801976719 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il me répète sans arrêt qu’il m’aime, sans aborder les choses importantes… »

Owal sensei se recentre sur le développement de la relation entre Albrecht et Haruto, révélant quelques secrets. Ainsi, elle aborde la difficulté à transmettre ses sentiments, l’importance de la communication dans un couple, la construction d’une relation de confiance. Elle joue sur les quiproquos pour créer de la tension. De même, l’introduction du majordome Raymond renouvelle les effets comiques. Entre deux confidences sur l’oreiller, nos deux amoureux réalisent l’évolution de leurs sentiments ainsi que leurs changements. Leurs échanges s’équilibrent petit à petit. L’auteure s’intéresse entre autres à l’organisation difficile de la vie à deux quand les partenaires ont souvent des déplacements, aux sentiments tus qui peuvent créer le doute. Elle ajoute une note mignonne en transformant ces deux « pervers » en deux amoureux embarrassés facilement par des amours plus sincères.

La mangaka a un trait épuré proche du style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise beaucoup de trames. De même, les nombreuses trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue entre autres sur les sorties de cadre. Ainsi, Owal sensei met en avant la plastique de ses personnages, dont leur fine musculature. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de chapitre, elle donne une anecdote avec une petite illustration dans laquelle les personnages apparaissent en SD. Contrairement au tome précédent, les illustrations en début de chapitre partagent un thème du récit toute en présentant le quotidien des deux héros. Sous la jaquette, deux planches montrent l’imagination débordante et perverse d’Al et Haruto.

En résumé

Naitô Haruto accompagne Albrecht Zweig à Kumamoto pour l’aider à sélectionner les poteries qui décoreront son futur hôtel. Le soir, ils profitent d’une chambre luxueuse. Mais dans le bain, Haruto a du mal à cacher son excitation, d’autant plus qu’ils n’ont plus de moments intimes depuis que le majordome d’Al, Raymond, les interrompt sans cesse.

En conclusion

Owal sensei maîtrise parfaitement sa narration tout en faisant évoluer les effets comiques et en créant des effets de surprise. Elle continue d’offrir de magnifiques scènes épicées. Je me suis laissée happer par l’évolution tellement mignonne de ce couple un peu pervers mais adorables. En plus, les éditions Hana ont proposé cette duologie dans un beau coffret, bien que sobre, reprenant les couvertures des deux tomes, accompagné de trois magnifiques illustrations du couple. De quoi égayer sa bibliothèque. Un beau coup de cœur!

Je te love dans les plumes 2 – Yamamoto Kotetsuko

je te love dans les plumes 2 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782375063651
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784344845466 (JP)
Gentosha, 2019 (JP)
Titre original: とりたん 2
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« On n’embrasse pas les gens sans prévenir! »

Yamamoto Kotetsuko sensei conclut son récit en jonglant entre révélations et romance. Elle ajoute également quelques scènes d’action, bien que vite expédiées et prévisibles. Elle continue par ailleurs de mettre en avant les oiseaux. L’introduction du client Satoda Shingo permet aux deux amoureux de s’interroger sur leurs sentiments. Ainsi, une relation consensuelle se construit entre eux, grâce au partage de leurs secrets. D’ailleurs, Mitsuru semble bien mûr pour son âge comparé à Nozomi. L’auteure aborde entre autres la différence d’âge, l’acceptation parfois difficile d’un don, la construction de la confiance. Elle joue sur l’intuition des deux héros pour semer des indices à destination des lecteurs.

La mangaka a un trait épuré plutôt doux, dont la rondeur est renforcée par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle utilise les trames avec parcimonie, apportant juste un peu de couleurs mais transcrit graphiquement les ambiances. De même, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Yamamoto sensei ne montre pas les parties intimes grâce au jeu des angles de vue. Comme dans le tome précédent, elle présente Inusaki avec un oiseau différent dans les illustrations en début de chapitre. Elle donne même le nom de leurs espèces dans la postface. En début de tome, des fiches de personnages et un résumé permettent de se plonger directement dans le récit.

En résumé

Troublé par le baiser de Kuroki Mitsuru, Inusaki Nozomi n’a pas fermé l’œil de la nuit. Mais au matin, il reçoit une nouvelle enquête. Son client, plutôt mal à l’aise, lui confie être gay, sans expérience. Il demande alors au détective de l’évaluer sur un rencard avant qu’il ne déclare ses sentiments. Mais quand Mitsuru voit sortir Inusaki de chez cet inconnu, il l’aborde par un prétexte fallacieux. Alors qu’ils déjeunent tous les deux dans un parc, des pigeons commencent à les entourer. Prenant son courage à deux mains, Nozomi interroge soudainement le lycéen sur ses actions de la veille.

En conclusion

Yamamoto Kotetsuko sensei offre une romance simple avec une note fantastique efficace sans pour autant être incroyable. Elle arrive à maintenir le suspense autour des pouvoirs, rendant le récit attrayant. Son style graphique un peu plus dépouillé que d’habitude reste pourtant toujours aussi expressif et mignon. Une petite lecture adorable, qui donne envie de découvrir les oiseaux!

Caligula’s love – Side Master – Michinoku Atami

caligula s love side master michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063842
Taifu comics, 2024
ISBN: ‎9784344851559 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, je deviens bizarre. »

Michinoku Atami sensei présente le point de vue du maître, basant la narration sur Dôyama. Elle effectue quelques retours dans le passé pour donner la version du lycéen sur sa première rencontre avec Naruse. Elle s’attarde particulièrement sur l’évolution des sentiments de l’étudiant qui s’inquiète de la perte de contrôle de ses émotions. En effet, habituellement impassible, Kiyotaka découvre la jalousie et la colère qui s’expriment à travers ses penchants, dépassant ainsi les limites du consentement. Il se remet en question et s’interroge sur sa relation. D’autres techniques SM douces sont par ailleurs présentées. Un tiers du tome est consacré à la relation entre Onoda Kyôhei et Mitsutaka, le gérant du club Basement. L’auteure s’intéresse alors à la difficulté à trouver un équilibre entre deux sadiques, l’exclusivité et la peur de l’ennui. Elle met également en avant la communication strictement nécessaire dans une relation SM.

La mangaka a un trait léché. Elle exagère très légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise des trames très variées, avec des dégradés. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Contrairement au tome précédent, Michinoku sensei censure les scènes érotiques en recouvrant les parties intimes par des hachures.

En résumé

Maintenant à l’université, Dôyama Kiyotaka continue de fréquenter son « chien » Naruse Makoto. Mais difficile de concilier son emploi du temps d’étudiant avec celui de l’enseignant même si cela leur donne l’occasion de créer de nouveaux jeux érotiques. Et quand Naruse lui annonce ne pouvoir le fréquenter pendant trois semaines car il doit former un nouveau stagiaire, Onoda Kyôhei (22 ans), Dôyama réalise au fil des jours que son « toutou » lui manque énormément. Leurs sentiments auraient-ils changés?

En conclusion

Michinoku Atami sensei continue de décortiquer les émotions dans des relations SM. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. Bien que ce soit un plaisir de découvrir l’évolution du couple mais également une autre relation avec le couple Onoda*Mitsutaka, je trouve que certains sujets sont malheureusement un peu trop survolés. Ce tome plaira donc surtout aux fans. J’ai tout de même apprécié ma lecture qui procure un agréable divertissement.

10 count 6 – Takarai Rihito

10 count 6 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782375061190
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666216 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Si tu m’embrasses et que ça te plaît… Tu voudras bien reconnaître que tu m’aimes? »

Takarai Rihito sensei conclut sa romance en dévoilant enfin le dixième point de la liste de Shirotani. En introduisant Ueda, elle permet au mysophobe de se confronter à son traumatisme. Elle joue sur les différents sentiments ressentis, les manipulations et les réactions tout en portant une attention aux détails pour créer de la tension et du suspense jusqu’à la fin. Il est alors amusant de voir le secrétaire et le psychologue sortir tous les deux de leurs zones de confort, poussés par leur amour, et avancer à leur rythme. Par contre, le temps qui passe devient légèrement plus confus sur la fin du récit. L’auteure dépeint avec aisance l’évolution de la relation du couple en révélant encore quelques secrets. Elle offre une fin un peu ouverte. Dans l’histoire bonus, elle montre ce que devient le couple.

La mangaka utilise une mise en page plus classique mais toujours dynamique. Elle établit un équilibre entre les décors et les cases sans fond. Les trames d’ambiance se font plus rares tandis que les autres trames sont variées. Comme dans le tome précédent, il y a beaucoup plus de gros plans, de détails. Par ailleurs, la découpe presque filmique ralentit certains passages. Takarai sensei transmet les sentiments des personnages à travers la sensualité des corps durant les scènes érotiques. Elle censure d’ailleurs l’essentiel avec plusieurs bandelettes blanches. Avec l’illustration de la postface, elle conclut un récit qui s’est développé image par image à chaque tome.

En résumé

Bien décidé à ne pas se laisser mener par Kurose Riku, Shirotani Tadaomi tente de prendre la direction de leur sortie en amoureux. Mais quelle n’est pas sa surprise de croiser une connaissance, Ueda, alors que le psychologue a ramassé les clés tombées au sol de la jeune femme. Cette ancienne élève du père de Tadaomi s’incruste alors dans leur rendez-vous en proposant de les remercier autour d’un thé. Énervé par les minauderies de Ueda, Shirotani perd peu à peu son sang-froid et file au toilettes après avoir vidé le verre de Riku…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Kurose Riku se classe troisième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est quatrième meilleur uke. Takarai Rihito sensei mène rondement sa conclusion, arrivant encore à surprendre les lecteurs malgré les dernières révélations. Elle transmet avec finesse les sentiments de ses personnages. En 2019, la série devait faire l’objet d’une adaptation en série animée dont la diffusion était prévue en 2020, puis suite à plusieurs reports, en 2022, il a été annoncé que le projet devenait un film d’animation pour finalement être complètement annulé en janvier 2024. Dommage pour ce titre touchant qui propose un thème singulier, avec des personnages tellement attachants. Une lecture à la fois sexy et émouvante.

10 count 5 – Takarai Rihito

10 count 5 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809686
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403665141 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine de l’obsession de Kurose pour la mysophobie.

Takarai Rihito sensei s’attarde sur l’enfance de Kurose. Elle révèle donc l’origine de son caractère tordu mais aussi de son intérêt spécifique pour la mysophibie suite à sa rencontre avec son voisin Nishigaki, souffrant ce cette phobie. Le lecteur découvre alors la culpabilité que le psychologue traîne depuis l’enfance, chamboulant ainsi ses premières impressions. Shirotani, quant à lui accepte un peu mieux ses désirs mais également l’amour tordu de son partenaire. Ainsi, l’auteure alterne avec brio les flash-back et les passages érotiques, détaillant les sentiments de ses personnages. Comme les chapitres raccourcissent, elle les regroupe pour ne pas trop scinder les moments forts. Par ailleurs, elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus et présente également en images quelques anecdotes sur l’enregistrement du troisième drama CD de la série.

La mangaka travaille principalement sur les non-dits et met donc en avant les petits gestes de gênes et d’hésitation. D’ailleurs, l’intégration de flash-back et la focalisation sur les expressions du visage au fur et à mesure que le couple se lie donnent une tonalité très intimes. Par ailleurs, la mise en page est plus classique, avec tout de même quelques pages dynamiques. Les décors se font un peu plus présents. Par contre, les trames bien que variées, ont une dominante claire. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Comme dans le tome précédent, Takarai sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui cachent à peine les détails. Elle met principalement en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Enfin libérés de l’ascenseur et le typhon faisant rage, Kurose Riku tente d’alpaguer un taxi. Il décide de céder sa place à Shirotani Tadaomi mais ce dernier lui propose de le partager. Cependant, lorsque le psychologue descend, le secrétaire le suit bien décidé à enfin lui avouer tout ce qu’il a sur le cœur.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Kurose Riku se classe deuxième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est troisième meilleur uke. D’ailleurs, voir ce dernier prendre enfin des initiatives est un réel plaisir. Quel bonheur de ressentir à nouveau un peu mieux les sentiments des personnages et d’avoir enfin des relations plus consenties. Takarai Rihito sensei offre un retournement de situation émouvant et très bien mené. Son graphisme sensuel sublime les scènes érotiques. Une lecture à la fois prenante, sexy et tendre.

Fou comme le chapelier – Bonno Nuis

fou comme le chapelier bonno nuis

BONNO Nuis 凡乃ヌイス
ISBN: 9782382763278
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796414647 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Titre original: 三月の兎たち
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Si tu m’aimes, il faut que tu l’acceptes. »

Bonno Nuis sensei narre une romance malsaine mais assumée entre trois hommes qui privilégient leur plaisir personnel. Elle révèle au fur et à mesure la folie du couple à travers leur passé. Elle décortique alors la construction de ce triangle amoureux dans lequel le consentement n’a pas vraiment sa place et la relation à trois est imposée. Maya est très possessif et n’hésite pas à se montrer violent pour exprimer ses sentiments. Keigo, prenant plaisir à être désiré, accepte donc facilement les délires de son partenaire. Il se complaît d’ailleurs à briser les personnes trop pures et innocentes. Néanmoins, Igarashi, qui attribue une confiance sans faille à celui qu’il trouve gentil, le surprend par sa réaction inattendue. Ainsi l’auteure met en avant le jeu pervers de manipulations qui s’équilibre petit à petit entre les trois hommes. Elle aborde entre autres la manipulation psychologique, la trahison, le mensonge.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dessine des visages bien ovales aux formes longilignes pour les yeux, le nez et les lèvres. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Bonno sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de détailler les rapports plus glauques en jouant sur les cadrages et les ombres, restant dans la suggestion. Il y a une scène par chapitre. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent les personnages qui posent.

En résumé

Igarashi ne supporte pas l’injustice et s’implique souvent dans les affaires de parfaits inconnus. Un jour, alors qu’il interpelle un homme en train de voler une cannette de café, il est rapidement suspecté à cause de sa dégaine. Un jeune homme, Hatta Keigo, vient à sa rescousse. Pour le remercier, Igarashi l’invite au restaurant et les deux hommes sympathisent finalement très vite. Un soir, Keigo emmène son nouvel ami chez lui, mais son colocataire, Maya, encore présent, l’accueille violemment. Pourtant, il refuse qu’Igarashi appelle la police. Perturbé et plein de remord, le jeune homme avide de justice ne sait pas qu’en réalité, un piège est en train de se resserrer autour de lui.

En conclusion

Bonno Nuis sensei maîtrise plutôt bien son scénario même si la fin semble un peu précipitée. Elle ne romantise pas les relations non consenties, laissant le lecteur comprendre la violence et le malaise. Son graphisme est par ailleurs plaisant. Ce one-shot est réservé à un public très averti, mettant en scènes des viols mais aussi des relations avec un mineur. Malgré ce contexte, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Je trouve néanmoins que la conclusion arrive un peu trop tôt dans le déroulement des évènements. En plus, je préfère les threesome équilibrés et non imposés. Un titre à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui peut plaire aux fans de dark romance.

White night bitter porn – Nobana Saori

white night bitter porn nobana saori

NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382764190
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796415538 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Laisse-moi prendre mes responsabilités! »

Nobana Saori sensei offre une comédie romantique entre un pharmacien gay volage et un étudiant trop sérieux. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle mêle humour et tension en jouant avec leurs caractères opposés. Ainsi, Takumi a parfois un comportement à la limite du stalker, aimant observer Rui, mais surtout en le collant tout le temps. Le pharmacien, quant à lui, aime être solitaire et à tendance à se dénigrer, persuadé qu’il lassera un jour son partenaire. D’ailleurs, il réalise peu à peu le changement de ses sentiments, craquant pour les petites attentions de l’étudiant. Ainsi l’auteure aborde avec légèreté la peur de l’engagement et de la séparation, le manque de confiance en soi, le doute de la longévité d’une relation homosexuelle avec un ancien hétérosexuel. Elle introduit Asami, de Long night sweet porno, pour conseiller Rui.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère même les expressions. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent les émotions. Le graphisme dégage un style shôjo, surtout dans la mise en page très dynamique, mettant en avant la plastique des personnages et utilisant les chevauchements, les sorties de case. Les phylactères participent également à la narration. Par exemple, la bulle prend une forme de cœur pour une déclaration d’amour. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. En début de chapitre, elle offre une illustration des personnages dans leurs moments câlins.

En résumé

Le pharmacien Narushima Rui (24 ans) cumule les conquêtes d’un soir à la recherche de la « queue » qui le satisfera le plus. Toutefois, il préfère profiter pleinement de la vie et ne cherche pas de relation sérieuse. Un soir, dans son bar préféré, il remarque un client complètement ivre. Takanashi Takumi (21 ans) déprime après que ses amis se soient moqués de sa virginité. Mais il a du mal avec les filles et recherche avant tout le grand amour. L’étudiant baraqué étant physiquement à son goût, Narushima l’emmène dans un hôtel et ils finissent par passer une nuit de folie. Mais quelques jours plus tard, Takumi débarque dans l’officine, souhaitant prendre ses responsabilités. Persuadé d’être amoureux, il ne compte pas abandonner malgré le refus de Rui.

En conclusion

A part la présence d’Asami, rien ne laisse penser que ce tome soit un spin-off de Long night sweet porno. D’ailleurs, nul besoin de lire ce dernier pour apprécier pleinement ce titre amusant et mignon. Nobana Saori sensei a un style graphique agréable. En plus, elle maîtrise plutôt bien la dynamique entre ses personnages. Une lecture simple et divertissante.

Old fashion cupcake with cappuccino – Sagan Sagan

old fashion cupcake with cappuccino sagan sagan

SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382122792
Akata, 2023
ISBN: 9784813032823 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si je me laisse aller, je risque d’être emporté par une passion qui n’est plus de mon âge… »

Sagan Sagan sensei continue d’explorer les freins que se crée Nozue à cause de son âge mais également de sa hantise du jugement extérieur. Elle base sa narration principalement du point de vue du quarantenaire, partageant ses sentiments contradictoires. En effet, sa relation lui apporte une nouvelle jeunesse mais ses difficultés à concilier vie privée et travail le ramènent rapidement à la réalité. Togawa accepte mal ce retournement bien qu’il ait conscience des risques. L’impact de leurs décisions unilatérales entrainent des disputes. Ainsi, l’auteure aborde la cohabitation et l’engagement sur le long terme, le poids de la différence d’âge dans un couple. Elle montre différentes réactions des collègues, qui apportent à leurs manières leurs conseils. Comme dans le tome précédent, elle met en avant l’appréhension face aux changements et le travail sur soi pour avancer en dehors des images idéales fixées par la société.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle détaille avec réalisme les décors, les faisant même participer à la narration en diffusant quelques indices ou une ambiance. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, un fond gris clair indique sobrement les flash-back. Ainsi, la douceur présente dans les tons pastels des premières pages se propage malgré tout à travers tout le tome par des contrastes noirs et blancs réalistes et peu marqués. Par ailleurs, Sagan sensei décompose les mouvements et s’attarde sur les détails des petits gestes. Elle change également souvent les angles de vue, dynamisant un agencement de cases pourtant classique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, deux planches offrent une histoire toute mignonne à lire à la fin.

En résumé

Togawa Minoru découche souvent chez son petit ami Nozue Sanae. Il apprécie d’être réveillé par ce dernier et profite ainsi de chaque instant pour le câliner. Comme cela fait trois jours de suite qu’il vient, il emprunte une cravate à son supérieur mais ce dernier la lui offre. Nozue se laisse également emballer par sa passion et lui prépare même un bento. Il remarque d’ailleurs que Togawa laisse de plus en plus d’affaires chez lui. Mais au bureau, Kakitani remarque le changement d’humeur de Nozue et reconnaît sa cravate sur Togawa. Réalisant son imprudence, le quarantenaire installe soudain une certaine distance avec son subordonné.

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Togawa Minoru se classe quatorzième meilleur seme tandis que Nozue Sanae est huitième meilleur uke. Sagan Sagan sensei approfondit son récit avec cette fois-ci une tranche de vie du couple qui affronte un moment critique dans leur relation. Elle offre toujours un merveilleux travail graphique très personnel, basé sur la suggestion. Quel bonheur de découvrir la suite de ce récit aussi criant de réalisme et adulte. En plus, l’action se situant pendant les fêtes de fin d’année, je trouve que sa lecture se marie parfaitement à la saison. Une pépite de douceur!

Méthode pour dresser un mauvais garçon – Dayoo

methode pour dresser un mauvais garcon dayoo

Dayoo ダヨオ
ISBN: 9782382764169
Hana, 2023
ISBN: 9784396785260 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne tomberai pas dans les bras d’un type aussi exécrable… »

Dayoo sensei propose de découvrir les aventures d’Utsugi avec Harima, faisant suite à Lonely playground 2. Toutefois, elle divulgue suffisamment d’informations pour permettre aux nouveaux lecteurs d’apprécier le récit sans consulter le titre d’origine. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure les secrets autour des personnages, maintenant le suspense jusqu’à la fin. Harima oscille constamment entre imposition de ses désirs, provocation et prévenance. Allant toujours à l’encontre des attentes de l’arrogant et trop fier PDG qui refuse d’admettre ses nouveaux sentiments, il le manipule facilement, espérant son amour exclusif. Les chamailleries entre les deux hommes apportent donc une constante tension. Par ailleurs, le chien Charles ajoute une touche comique. L’auteure s’intéresse à l’homophobie, le rejet des parents, la peur du jugement extérieur et d’assumer son homosexualité.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dédouble parfois les contours et dessine des hachures pour les rougissements. Les yeux longilignes ont une forme marquée, tombante, les rendant très expressifs. Par ailleurs, les personnages ont des corps plutôt musclés. Les trames équilibrées soulignent surtout les couleurs tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. Dayoo sensei représente directement en image les rêves et l’imagination de ses personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure légèrement les parties intimes en estompant légèrement les contours. Elle présente succinctement les protagonistes en début de tome. En début de chapitre, les illustrations montrent les héros qui posent.

En résumé

Lors des 50 ans des agences Utsugi immobilier, le PDG Utsugi Masatsugu se présente en public avec son ex-femme, déclenchant immédiatement des rumeurs. En effet, il a dû divorcer quand elle a découvert sa liaison avec un jeune homme, Yukifumi, qui a également réussi à se libérer de son emprise. Parmi le personnel, il remarque soudain Ichirô Harima (26 ans), l’agent d’entretien de son entreprise avec qui il a actuellement une aventure et qui l’oblige depuis à prendre la place de passif. Ce dernier l’entraîne alors rapidement dans les toilettes et commence à l’exciter. Mais l’arrogant Utsugi refuse d’admettre le plaisir intense qu’il ressent uniquement à son contact. Il essaie de se soustraire à son emprise en lui confiant la clé d’une chambre d’hôtel mais file discrètement chez lui. Toutefois, le suspicieux Harima le suit et décide alors de le punir.

En conclusion

Ce spin-off se classe à la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Dayoo sensei propose une romance un peu plus classique mais maîtrise toujours aussi bien l’enchainement des évènements. Elle surprend complètement le lecteur avec le final un peu rocambolesque mais tellement plaisant. En plus son graphisme bien que toujours anguleux semble toutefois s’adoucir. J’apprécie la dualité du comportement de Harima, tantôt violent, tantôt tendre. Je suis toujours sous le charme!

Lottery – Iragi Nanori

lottery iragi nanori

IRAGI Nanori いらぎなのり
ISBN: 9782382763841
Hana, 2023
ISBN: 9784799753699 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu n’en fais pas un peu trop, Shôgo? »

Iragi Nanori sensei construit une douce romance entre un étudiant chanceux et un employé de supérette persuadé d’être malchanceux. Elle aborde ainsi l’influence des préjugés, le jugement sur l’apparence, la pression sociale. Elle alterne la narration entre les deux héros. Promis à un brillant avenir quand il était jeune, le trop fier Shôgo devient de plus en plus envieux de ce qu’il n’a pas. En plus sa mère le compare constamment à sa sœur, lui mettant la pression pour qu’il exerce un « bon » métier et qu’il se marie. Pourtant, au contact de Nagisa, il va apprendre à voir le monde plus positivement. L’auteure démontre que la chance et la malchance dépend de l’état d’esprit de chacun. Elle s’intéresse à l’écart entre rêve d’enfant et réalité d’adulte, aux difficiles relations entre collègues, à l’approche de la vie selon les différences d’âge. Elle développe une relation consensuelle, dans la discussion.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Malgré une certaine simplicité, son graphisme reste expressif. Ses personnages ont différentes carrures. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique propose toutefois quelques agencements plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Iragi sensei censure les parties intimes par un cache blanc uniforme. Elle montre l’évolution du couple à travers les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle dessine sa postface, faisant même intervenir les personnages.

En résumé

Nishiura Shôgo travaille dans une supérette mais en ce moment, il cumule les heures supplémentaires à cause du manque de personnel. En plus, sa mère lui demande sans cesse de changer de travail, comme s’il avait raté sa vie. Il se sent donc de plus en plus aigri, d’autant plus que les clients le considèrent à peine quand il s’adresse à eux. Et depuis quelques temps, il jalouse même Tendô Nagisa, un bel étudiant aisé et surtout très chanceux. Ce dernier gagne souvent le café gratuit de la loterie de la supérette. Mais un jour, il demande à Shôgo s’il le reconnaît.

En conclusion

Iragi Nanori sensei décortique avec finesse les sentiments de ses personnages. Elle maîtrise également le format one-shot, s’attardant sur l’essentiel. Elle arrive aussi à nous transmettre un message positif, tout en mettant en avant un métier de proximité souvent déprécié. Après J’en croque pour toi!, j’apprécie encore plus son style narratif et son graphisme simplement tendre. Un petit coup de cœur pour une lecture empreinte de tendresse.