White liar – Serizawa Tomo

couverture de White liar de Serizawa Tomo, édité par Hana

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382762493
Hana, 2025
ISBN: 9784824006028 (JP)
Overlap, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre; hard
Recommandation: beaucoup

« Tous les Taiga que je vois ont des visages bien différents de celui avec qui j’ai couché cette nuit-là. »

Serizawa Tomo sensei narre une romance entre un jeune acteur difficile à cerner et un coiffeur fuyant. Elle alterne la narration entre les deux héros. A travers Taiga, elle s’intéresse à la perte d’identité. En effet, l’acteur qui adapte facilement son comportement à ses interlocuteurs, risque de se perdre dans ses rôles. Kei, quant à lui, reste prisonnier de ses mauvaises expériences et fuit ses sentiments. Le passé des deux personnages principaux révélés au fur et à mesure maintient le suspense. Le coiffeur styliste Kasamatsu, l’acteur Ren et la mannequin Mizukawa Lilia jouent les confidents et apportent conseils au couple en formation. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs, le doute et la difficulté à exprimer ses sentiments. Elle s’amuse sur la compatibilité sexuelle des deux hommes pour analyser l’évolution de leurs sentiments. Par ailleurs, elle questionne sur le coming out au travail et l’acceptation de son partenaire tel qu’il est.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Ainsi, elle les estompe légèrement autour des personnages pour les mettre en relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, même graphiques, se font plutôt discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique met en avant le charme des personnages. Serizawa sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le coiffeur styliste Shiraishi Kei (28 ans), bisexuel, préfère les coups d’un soir, ayant du mal à accorder sa confiance après plusieurs échecs amoureux. Un soir, il doit s’occuper du jeune acteur prometteur Jinnouchi Taiga (22 ans) qui a tendance à trop entrer dans ses rôles. D’ailleurs, alors qu’il se montre d’abord taciturne, il change complètement de caractère suite à sa nouvelle coupe. Il invite alors Kei au restaurant, n’hésitant pas à draguer le coiffeur. Ce dernier, décomplexé par l’alcool, finit par se confier au jeune acteur. Et les deux hommes finissent donc au lit…

En conclusion

Ce one-shot se classe quinzième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Serizawa Tomo sensei part d’une romance simple pour proposer un scénario rondement mené avec des personnages touchants. En plus, son graphisme magnifique est un régal pour les yeux, entre le charme ravageur de Taiga et les adorables bouilles de Kei. Une belle lecture!

Le magicien de la forêt secrète 2 – Tsurusawa Tsutako

couverture Le Magicien de la foret secrète 2 de Tsurusawa Tsutako aux éditions Hana

TSURUSAWA Tsutako 蔓沢つた子
ISBN: 9782382764817
Hana, 2024
ISBN: 9784801981362 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 秘密の森の魔術師はのどかを願う 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je suis un second prince inutile pour mon pays. »

Tsurusawa Tsutako sensei propose de découvrir maintenant le point de vue de Fio. Grâce à sa rivalité avec Rousseau, elle développe un peu plus leurs personnalités, mettant en avant leur côté puéril. Par ailleurs, elle continue de dévoiler les spécificités de son univers, en particulier la place de la magie qui ajoute une note écologique. L’histoire prend la tournure narrative des romans de fantasy classique, avec une quête, une épreuve, des combats et l’évolution d’un apprenti. Ainsi, la romance passe au second plan. Le passé des personnages est révélé au fil des chapitres et des discussions. Le franc Chagall s’avère être un fin manipulateur tandis que le fougueux Fio laisse enfin paraître ses complexes. L’auteure interroge alors que l’utilisation des « armes humaines ». Elle aborde la différence d’âge, l’acceptation de la différence, les bienfaits d’un soutien.

Comme dans le tome précédent, la mangaka dessine des pages très chargées, avec une large palette de trames abondantes, des costumes soignés et des décors très détaillés. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Malgré tout, la mise en page est très dynamique. Le dragon Petit vient ajouter une touche mignonne. Tsurusawa sensei apporte une petite explication sur son univers dans des vignettes en fin de chapitre. De même, elle intègre les illustrations en début de chapitre à son récit. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, des onomatopées viennent parfois masquer les détails. Sous la jaquette, deux planches proposent des anecdotes amusantes.

En résumé

Au château, en pleins ébats avec le professeur Chagall, le second prince du royaume de Lakshuhara, Fio Ravinelle Lakshuhara, se remémore son passé. Dépourvu de magie et malgré tout l’amour de sa famille, il a préféré fuir les ragots de la noblesse. Alors quand le mage Basile l’a formé, il a trouvé du réconfort et de la magie auprès des roturiers des quartiers pauvres. Intrigué par l’histoire d’un mage retiré, il est alors parti à la recherche de Chagall et a eu le coup de foudre. Mais le couple est interrompu par Basile, venus les chercher suite à la convocation du roi.

En conclusion

Tsurusawa Tsutako sensei alterne avec dextérité les moments tendres, comiques, dramatiques et érotiques. Elle développe un récit typique de la fantasy, la romance complétant la narration épique. J’adore le dragon Petit et la relation qui se construit entre Chagall et Fio. Une lecture enchanteresse!

Le magicien de la forêt secrète 1 – Tsurusawa Tsutako

couverture de le magicien de la forêt secrète 1 de Tsurusawa Tsutako, éditions Hana

TSURUSAWA Tsutako 蔓沢つた子
ISBN: 9782382764800
Hana, 2024
ISBN: 9784801981355 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 秘密の森の魔術師はのどかを願う 上
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ma vertu et mon affection envers les humains étaient devenus superficielles. »

Tsurusawa Tsutako sensei installe rapidement son univers grâce à la narration de Chagall. Elle donne d’abord les éléments essentiels pour vite appréhender l’histoire puis dévoile au fil des pages les détails. Ainsi, elle maintient un certain suspense. Les personnages ont des caractères plutôt marqués. Par exemple, l’imposant Rousseau fait passer son plaisir personnel avant tout. Avec la cohabitation, Chagall et Fio se découvrent et comprennent facilement leur compatibilité magique et sexuelle. Ils développent donc rapidement une attirance mutuelle. Par ailleurs, l’auteure révèle le passé des héros au fur et à mesure. Elle alterne avec aisance les moments fantastiques, comiques, érotiques et dramatiques. A travers la relation de Chagall et Fio, elle aborde la différence d’âge, la dépendance, l’exclusivité.

La mangaka dessine des pages très chargées, avec beaucoup de trames et des hachures qui soulignent les rougissements et certains volumes. Elle utilise aussi de multiples trames d’ambiance, très graphiques. De même, elle soigne les décors et détaille les vêtements. Par ailleurs, les onomatopées travaillées dans leur forme participent au récit. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique guide pourtant le regard, facilitant la lecture malgré la profusion d’éléments. Tsurusawa sensei a un trait léché plutôt anguleux qu’elle simplifie et arrondit dans les passages humoristiques. Elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien du couple. Sous la jaquette, deux planches proposent une autre version de développement scénaristique.

En résumé

Le magicien Chagall Barkaresh (36 ans), ancien héros de la guerre entre les royaumes de Lakshuhara et Percento, vit paisiblement dans une forêt depuis le scellement de sa puissante magie. Parfois, il reçoit l’aide du chasseur et mercenaire Rousseau Agravilla pour réguler sa magie. Un jour, en allant puiser de l’eau à la rivière, il tombe à l’eau. Se retrouvant ainsi sans répulsif, il subit rapidement les assauts des monstres. Mais un beau jeune homme vient à son secours. En apprenant que Fio (19 ans) a fugué, Chagall l’invite alors chez lui et l’accepte même comme disciple.

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Tsurusawa Tsutako sensei a un magnifique graphisme avec un style caractéristique, foisonnant de détails. Et pourtant, elle maîtrise l’agencement de ses pages pour fluidifier la lecture. Pour ne pas déplaire, son scénario est équilibré, malgré quelques évènements intenses qui s’enchaînent. Néanmoins, le consentement avec Rousseau est gris et pourra gêner la sensibilité de certains lecteurs. Je suis complètement conquise par ce premier tome! J’adore la dynamique entre Fio et Chagall. Un petit coup de cœur!

Good morning sunshine – Taji Makoto

couverture de Good morning sunshine de Taji Makoto, éditions Taifu

TAJI Makoto たじまこと
ISBN: 9782375064856
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784801978843 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Et si on essayait l’amour sans drama? »

Taji Makoto sensei narre une tranche de vie romantique entre deux étudiants qui s’admirent d’abord puis tombent petit à petit amoureux. Ainsi, elle analyse en détail la construction et l’évolution d’une relation amoureuse, de l’amitié à la première fois, tout en présentant les réflexions de chacun des protagonistes ainsi que les regards extérieurs. Elle s’intéresse également aux études d’art, s’attardant sur les difficultés, les débouchés et l’ambiance. Yôhei, gay, a tendance à fuir ses sentiments, les déclamant pourtant à tout va. Subaru, quant à lui s’interroge sérieusement sur l’homosexualité et la différence entre couple et amis. Les deux étudiants respectent donc le rythme de l’autre pour se découvrir. D’ailleurs, l’auteure crée une relation consensuelle. Elle aborde la communication, le soutien mutuel dans les limites de ses possibilités, la gestion difficile entre vie privée, études et travail. Dans l’histoire bonus, elle révèle ce que devient le couple par la suite.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur qui dégage de la douceur. Elle joue sur les pleins et déliés et dessine de grands yeux expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie encore plus son trait. Malgré des trames variées, des hachures soulignent également les volumes et les fréquents rougissements. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. De même, les décors sont plutôt présents. La mise en page dynamique utilise beaucoup les sorties de cadre et les chevauchements. Taji sensei distingue les pensées et les paroles selon la forme des phylactères, mettant ainsi en avant les contradictions. Elle ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’évolution du couple dans leur quotidien. En fin de chapitre, il y a des anecdotes en une case. Sous la jaquette, deux planches donnent également une histoire amusante.

En résumé

Lors des journées portes ouvertes de l’université, Tosaka Subaru tombe sous le charme d’une toile de Yumoto Yôhei et se décide alors d’intégrer des études de design. Plus tard, il découvre que Yôhei est son voisin lorsqu’il s’installe dans son appartement. Néanmoins, l’étudiant en art est un grand dormeur et ne range pas beaucoup. En fin de compte, Subaru se retrouve à l’aider, le réveillant chaque jeudi et lui préparant le petit-déjeuner. Et comme Yumoto lui déclame souvent son amour pour le remercier, il lui répond toujours favorablement. Mais leurs sentiments sont-ils sincères?

En conclusion

Taji Makoto sensei détaille le développement naturel d’une relation amoureuse dans la bienveillance, la communication et la gentillesse. En plus, elle a un graphisme expressif tout doux qui colle parfaitement à l’ambiance générale du récit. J’aime beaucoup la dynamique entre Subaru et Yôhei. Une lecture réconfortante que je recommande aux fans de tranche de vie.

L’étonnant secret de Gokudera, mon patron! 3 – Arata Licca

couverture l etonnant secret de gokudera mon patron 3 arata licca hana

ARATA Licca あらた六花
ISBN: 9782382762646
Hana, 2024
ISBN: 9784864424561 (JP)
Tokyo mangasha, 2023 (JP)
Titre original: 鬼上司・獄寺さんは暴かれたい。3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tu pourrais éviter de porter des strings pendant qu’on est loin l’un de l’autre? »

Arata Licca sensei continue de développer la question d’une relation à distance, entre la gestion du doute, du manque, de l’abstinence. Elle analyse également les comportements problématiques qui polluent une relation amoureuse entre un hétérosexuel et un homosexuel, avec en particulier la projection du comportement féminin sur le passif. D’ailleurs, elle approfondit aussi la question de l’attirance pour le même sexe à travers les interrogations de Sawatari Fûma et Oyamada. Momota, qui est de bon conseil, permet d’aborder légèrement l’aromantisme. Comme dans le tome précédent, les quiproquos s’enchaînent entre chamailleries et réconciliations sur l’oreiller. Ainsi, l’auteure montre les efforts à fournir pour consolider la confiance du partenaire et l’importance de la communication. Elle joue sur la limite entre la gentillesse affectueuse et la transmission du sentiment amoureux. Elle construit une relation de plus en plus apaisée.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le déforme dans les passages humoristiques, dessinant les personnages en SD et Shôji en wanko. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. De même, un fond noir indique les rêves ou fantasmes. Les décors situent principalement l’action. La mise en page plutôt classique propose quelques planches à la composition plus dynamique. Dans les scènes érotiques, Arata sensei ne censure pas vraiment les parties intimes, se contentant de les recouvrir de hachures. Sous la jaquette, elle parle de la conception du manga dans sa postface. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre s’intègrent directement au récit.

En résumé

Comme Gokudera Kaede lui manque trop depuis sa mutation, Shôji Keita lui rend visite à Osaka. Le couple passe en fin de compte toute la journée à se câliner. Mais avant de partir, Shôji, inquiet, demande alors à Gokudera de ne pas porter d’adorables strings durant son absence…

En conclusion

Ce tome se classe huitième meilleure série au Chill chill BL award 2024. Arata Licca sensei ajoute de nouveaux protagonistes dont je rêve de lire un jour leurs romances. Ses personnages ont tous un charme particulier, les rendant attachants. Les scènes sexy avec de la belle lingerie sont toujours au rendez-vous. Un bonheur à lire!

L’étonnant secret de Gokudera, mon patron! 2 – Arata Licca

couverture l etonnant secret de gokudera mon patron 2 arata licca hana

ARATA Licca あらた六花
ISBN: 9782382762639
Hana, 2024
ISBN: 9784864424318 (JP)
Tokyo mangasha, 2022 (JP)
Titre original: 鬼上司・獄寺さんは暴かれたい。2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux te voir avec les poils qui ont poussé, Gokudera. »

Arata Licca sensei s’intéresse à l’évolution du couple principalement à travers les activités de leur travail. Comme dans le tome précédent, elle montre l’organisation que cela demande pour cacher sa relation et sa passion pour la lingerie sexy. Ainsi, elle enchaîne les quiproquos et les situations tendues cocasses. L’introduction de nouveaux personnages permet de développer de nouveaux sujets mais également d’avoir un regard extérieur sur le couple. Gokudera Amu qui surprotège son aîné, manipule avec facilité Shôji, provoquant beaucoup de surprises. Oyamada Jun, le collègue de nos deux tourtereaux, apporte quant à lui une note comique. L’auteure aborde entre autres les problèmes rencontrés par un hétérosexuel amoureux d’un homosexuel, en particulier les sentiments futiles comme la jalousie, la peur de l’infidélité. Suite à la mutation de Kaede, elle s’intéresse à la relation à distance ainsi que la gestion de nouvelles amitiés avec Sawatari Fûma et Kani Miyabi.

La mangaka a un trait épuré et fin qui dégage beaucoup de sensualité. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Ainsi, elle transforme souvent Shôji en wanko. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, parfois très graphiques, renforcent les moments comiques ou dramatiques. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page simplement dynamique, met bien en avant la sensualité des corps musclés et de la lingerie fine. D’ailleurs, dans les scènes érotiques, Arata sensei s’attarde sur les préliminaires, détaillant en particulier le jeu des sous-vêtements. Elle censure les parties intimes par de simples hachures. De même, elle dessine les coupes intérieures. Sous la jaquette se trouve la postface et une présentation des nouveaux personnages.

En résumé

Alors que Gokudera Kaede rentrait d’un voyage d’affaires, il trouve Shôji Keita au pied de son immeuble en train de l’attendre. Pourtant son subordonné le salue tendrement avant de partir. Gokudera le retient et l’invite alors chez lui. Le couple s’enlaçait ardemment quand soudain, Kaede arrête son petit ami…

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2023. Arata Licca sensei alterne avec brio humour, scènes sexy et petits drames du quotidien. Elle crée une dynamique entraînante avec ses deux héros mais également avec les personnages secondaires. En plus son graphisme sensuel est un délice pour les yeux. Une lecture toujours aussi tendue et mignonne!

Happy sugar share house – Momojiri Hibari

happy sugar share house momojiri hibari

MOMOJIRI Hibari 桃尻ひばり
ISBN: 9782382764923
Hana, 2024
ISBN: 9784575380866 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux être un homme populaire qui ne souffre pas, même s’il se fait larguer. »

Momojiri Hibari sensei narre une comédie romantique entre le séduisant mannequin Michael et le complexé salaryman Makoto. Elle met en avant l’ambiance chaleureuse de la colocation, l’entraide mais également les petits problèmes d’intimité. Les colocataires ont des caractères plutôt tranchés, en particulier Sakamoto Rinnosuke (21 ans), qui ajoute en plus quelques quiproquos. Au prétexte d’une formation, les deux héros vont apprendre à se connaître. Ainsi, le mannequin a tendance à faire passer le bonheur des autres en priorité, sa gentillesse portant alors à confusion, tandis que le salaryman, manquant de confiance en lui, se laisse porter. L’auteure construit d’abord une relation purement charnelle puis l’équilibre grâce aux sentiments. Par ailleurs, elle dénonce indirectement les préjugés basés sur des critères de beauté, l’influence des réseaux sociaux qui exacerbent les moqueries sur le malheur des autres. L’histoire bonus apporte une note à la fois mignonne et sexy.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées et équilibrées. Les trames d’ambiance très graphiques participent à la narration. Ainsi, Michael scintille constamment. Les décors soignés apportent une touche réaliste. Par ailleurs, la mise en page très dynamique met souvent en valeur la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, Momojiri sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme flou diffuse.

En résumé

Nakamura Makoto (33 ans) éclate en sanglots dans la rue car sa petite amie l’a quitté pour un de ses jeunes subordonnés. Le mannequin Mitsuteru Aoi (25 ans), surnommé Michael, à la beauté éblouissante, le ramène alors à sa colocation après qu’il se soit effondré dans ses bras. Le lendemain matin, Makoto se retrouve à déjeuner à la table des autres colocataires. Charmé par l’ambiance amicale, il accepte volontiers de rester quelques jours ici durant les vacances. Le soir, au cours d’un barbecue organisé par les autres colocataires, le salaryman charmé par Michael, lui demande alors des conseils de séduction. Mais ce dernier l’embrasse!

En conclusion

Momojiri Hibari sensei construit bien un amour maladroit, abordant ainsi différents sujets malheureusement pour certains juste survolés. En effet, le format one-shot l’oblige à enchaîner parfois abruptement certains évènements. De même, quelques rebondissements tombent à plat. Toutefois, le graphisme tout mignon rend la lecture très agréable. Et surtout, l’humour colle bien à l’ambiance du récit. Une lecture onctueuse comme de la crème, transmettant de belles émotions. A ne pas rater si vous aimez les récits de colocation!

L’étonnant secret de Gokudera, mon patron 1 – Arata Licca

l etonnant secret de gokudera mon patron 1 arata licca

ARATA Licca あらた六花
ISBN: 9782382762622
Hana, 2024
ISBN: 9784864424035 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Titre original: 鬼上司・獄寺さんは暴かれたい。
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Un salaryman de la trentaine qui aime les sous-vêtements féminins…? »

Arata Licca sensei narre une comédie romantique très sexy entre un subordonné un peu esclave et son supérieur tyrannique passionné de lingerie fine. Elle base principalement l’humour sur les quiproquos et les inversions hiérarchiques. Ainsi, la narration donne d’abord le point de vue de Shôji avant d’intégrer ensuite celui de Gokudera. La relation d’abord charnelle et au consentement gris à cause de l’ivresse, se transforme au fur et à mesure que les sentiments croissent, surpassant la honte et les remords. D’ailleurs, le couple réalise rapidement sa compatibilité sexuelle et travaille à mieux se connaître à travers leurs petits jeux sexuels tous mignons. Leurs amis apportent un peu de soutien. L’auteure aborde, sans trop l’approfondir, la différence d’âge, le regard extérieur, la communication nécessaire à l’harmonie d’un couple et l’acceptation des penchants « pervers » de l’être aimé. Elle crée de la tension entre jalousie et difficulté à garder un secret.

La mangaka a un trait épuré plutôt anguleux avec un contour légèrement plus épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à transformer les personnages en SD. D’ailleurs, elle dessine souvent Shôji en wanko. De même, la chienne Mitarashi apporte une touche mignonne. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Arata sensei censure les parties intimes en les recouvrant de hachures, malgré quelques coupes intérieures. Elle offre presque une scène par chapitre, détaillant principalement les préliminaires. Sous la jaquette, elle présente les personnages et dévoile quelques secrets de création dans la postface.

En résumé

Depuis que le tyrannique Gokudera Kaede (29 ans) a pris la gestion de la section, Shôji Keita (24 ans) cumule les heures supplémentaires et travaille même les week-ends. Un samedi, après avoir terminé une révision de planning demandée par son supérieur, il aperçoit ce dernier sortir d’une boutique de lingerie féminine et rêve de le révéler à ses collègues. Pourtant, en semaine, Gokudera se montre plus prévenant avec lui en le voyant épuisé. Pour le motiver, il lui promet alors de lui envoyer le lien du compte de sa mignonne chienne. Mais quand Shôji consulte le site, il tombe sur le compte secret d’un homme qui aime porter des sous-vêtements féminins. Il croit d’ailleurs reconnaître son patron…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Pour un premier manga, Arata Licca sensei maîtrise plutôt bien son scénario, même si le but principal est de nous amuser avec des moments cocasses et de la belle lingerie. Elle offre en plus de magnifiques planches sensuelles malgré un peu de censure. J’adore voir la chienne Mii « contrôler » le consentement, montrant les crocs dès que Shôji se précipite trop! La bascule « hiérarchique » qui oscille constamment dans le couple rend la relation très dynamique et amusante. Une lecture affriolante et distrayante. Vivement la suite!

Réaction chimique – Hitomi

reaction chimique hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762653
Hana, 2024
ISBN: 9784801976689 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: キミイロメルト
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« L’amour n’est qu’une réaction chimique, il faut arrêter de croire que c’est magique. »

hitomi sensei offre une romance au ton léger entre deux hommes aux caractères complètement opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle propose de suivre leurs analyses et leurs réflexions sur l’amour. En effet, la vision de l’attirance sexuelle purement scientifique et rationnelle d’Aranami se confronte constamment à celle plus sentimentale et romantique de Hôjô. Certaines de leurs répliques créent d’ailleurs un effet comique, brisant l’ambiance. Pourtant, les deux hommes font des efforts pour se comprendre, échangeant constamment. Leur passé se révèle au fil des discussions. L’auteure aborde donc le jugement sur l’apparence biaisé par les conventions sociétales, l’acceptation de l’autre avec ses qualités et ses défauts, la construction d’une relation solide autour d’une première émotion. Elle utilise les personnages secondaires pour étoffer son propos. Dans l’histoire bonus, elle montre le devenir du couple.

La mangaka a un trait léché et anguleux qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, utilisant une large palette apportant une note réaliste. D’ailleurs, les ombres détaillées usent des dégradés et des différences de tons. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Un fond gris marque les flash-back. La mise en page est très dynamique. hitomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des corps bien musclés, pour notre plus grand plaisir. Au dos de la jaquette, les personnages apparaissent en de trop chou semi SD.

En résumé

Hôjô Haruma (25 ans), qui travaille dans une entreprise de transports de biens, récupère un manuscrit chez un célèbre écrivain, Aranami Akihito (31 ans). L’ancien scientifique qui ne croit pas en l’amour, persuadé qu’il s’agit simplement d’une réaction chimique, a par ailleurs la réputation d’être froid et insensible. Pourtant, il l’accueille en peignoir, sans gêne. Quand un homme à moitié nu le rejoint de la chambre, Hôjô, d’abord troublé par la beauté de son client, fantasme par la suite sur Aranami. Mais lorsqu’il se présente un autre jour pour une nouvelle livraison, il sympathise timidement avec l’écrivain en l’aidant à changer la sonnerie de son smartphone. Et si les rumeurs étaient fausses?

En conclusion

Dès la préface, hitomi sensei prévient que son scénario ne sera pas profond. Pourtant, je trouve qu’elle y insuffle beaucoup de questionnements intéressants et analyse à la perfection l’évolution des sentiments des deux héros. En plus, son trait sexy est un plaisir pour les yeux. Je trouve le couple tellement chou avec leur relation dynamique et entraînante. Les habitués de la mangaka pourront peut-être être un peu déstabilisés ou déçus. Pour ma part, je craque complètement pour cette adorable confrontation de points de vue. Une lecture sexy et amusante!

Après la pluie, Maru – Kuki Wakame

apres la pluie maru kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782382764916
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801976306 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La rencontre inattendue de deux âmes solitaires qui vont devoir affronter leur passé! »

Kuki Wakame sensei narre la construction d’une relation solide entre deux hommes solitaires, prisonniers de leur passé. Elle alterne la narration entre ses deux héros, révélant leurs secrets au fur et à mesure. Ainsi, elle aborde entre autres la peur de la solitude, le manque de communication, la distinction entre pitié et affection. En effet, Kotarô, rongé par la culpabilité, a l’impression de manipuler celui qui l’attire tandis que Haruki s’adapte aux désirs de son partenaire de peur d’être abandonné. Grâce à leur cohabitation, ils vont redécouvrir la douceur de la chaleur humaine, compensant ainsi leur manque affectif, puis évoluer petit à petit. Avec Kaede et Taichi, l’auteure montre l’importance de certaines rencontres dans une vie. Par ailleurs, elle interroge sur la famille, l’amitié et l’amour. Elle met en avant les petits bonheurs quotidiens d’un foyer chaleureux et construit une relation respectueuse entre Yamamoto et Marui.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui conserve un aspect croqué, avec un contour discontinu et dédoublé plus épais. Elle le simplifie, parfois à l’extrême, dans les passages humoristiques. Ainsi, elle transforme Maru en un adorable wanko, avec un trait plus arrondi. De même, les hachures envahissent les visages à chaque rougissement. Pourtant, les trames utilisent une palette restreinte, avec des ombres fortes marquées. De même, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique joue sur l’absence de cadre et des angles de vue variés. Kuki sensei s’attarde néanmoins sur les détails des mouvements et des réactions. Elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de tome, elle présente ses croquis de recherche.

En résumé

Un soir, sous une pluie battante, Yamamoto Kotarô (26 ans) trouve un homme complètement ivre dans un parc. Inquiet, il l’emmène alors chez lui. Mais l’ivrogne, le confondant avec un autre, lui fait des avances. Kota, gay, ne résiste pas à la beauté de Marui Haruki (32 ans) et couche donc avec lui. Le lendemain matin, Maru se confond d’abord en excuses avant de fondre en larmes en dégustant le délicieux petit-déjeuner préparé par Kotarô. Ce dernier lui propose alors de vivre avec lui en attendant.

En conclusion

Ce one-shot assez épais permet d’approfondir l’histoire correctement. Ainsi, Kuki Wakame sensei offre un récit empreint de sensibilité, analysant avec finesse les émotions et l’évolution de ses deux héros. Elle maintient un certain suspense tout en détendant l’atmosphère par des petits moments comiques dans le quotidien. Par exemple, la réaction de Maru devant les brocolis est craquante! D’ailleurs, j’adore quand il se transforme en wanko. J’apprécie également le style graphique en général, avec cette touche un peu simple mais forte en expressivité. Un coup de cœur!