Anti alpha – Okuda Waku

anti alpha okuda waku

OKUDA Waku 奥田枠
ISBN: 9782368777374
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666841 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un omega élevé comme un alpha se bat pour résister à son instinct.

Okuda Waku sensei modifie un peu les codes de l’omegaverse. Elle s’intéresse particulièrement au conflit intérieur qui assaille un omega élevé comme un alpha: la perte de ses repères, les sensations lors des chaleurs, son attirance, la confrontation entre raison et instinct. Ainsi Kamishiro, s’étant forgé un fort caractère, essaie de résister à ses pulsions. De même, bien qu’alpha super dominant, Sena semble plus prévenant que son oncle. La narration alterne entre Rei et Yûjin, permettant de découvrir leurs réflexions et sentiments. L’auteure montre comment un amour sincère permet d’aller à contre-courant des jugements génétiques ou même des normes décidées par une société. Même si elle donne une relation au consentement peu clair dans le couple, elle s’attarde sur l’évolution de leurs sentiments. Elle offre une histoire bonus en fin de tome, avec les personnages à 25 ans.

La mangaka a un trait épuré particulier, à la fois anguleux et souple. Elle dessine des personnages finement musclés, avec des corps longilignes, presque tous ikemen. Elle préfère utiliser les contrastes noir et blanc donnant une touche dure et dramatique à ses planches. D’ailleurs, les trames servent principalement à ombrer ou transcrire l’ambiance. De même, les décors situent surtout l’action. Ainsi, la mise en page reste dynamique. Okuda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même les détails, ses personnages accompagnant certains passages d’un langage assez cru.

En résumé

Afin d’éviter les problèmes de discrimination entre alpha, beta et omega, les écoles ont été séparées pour accueillir un seul genre. Dès le plus jeune âge, des tests ADN permettent aussi de déterminer le partenaire potentiellement compatible comme une âme sœur. Dans un lycée d’élite réservé aux alphas, Sena Yûjin se démarque des autres, considéré comme supérieur. Il en profite pour facilement coucher avec le médecin scolaire Tôjô, le seul omega présent dans l’établissement pour soulager la libido des lycéens. Kamishiro Rei se présente comme son rival. En effet, il est secrètement amoureux de son meilleur ami omega, Hanai Shion, malheureusement destiné à épouser Sena. Mais un jour, alors qu’il surprend Yûjin en pleins ébats avec Tôjô, il entre en chaleur. Il apprend alors par ses parents qu’il est en réalité un omega. Découvrant son secret, Rei lui propose donc de garder le silence à condition qu’ils couchent exclusivement ensemble…

En conclusion

Ce one-shot est cité dans les meilleurs séries au scénario captivant au Chill Chill BL award 2020. D’après les commentaires des lecteurs, ils apprécient surtout de voir un omega se rebeller contre les conventions établies ou résister à ses pulsions, dans cet amour destiné. Malgré le grand nombre de scènes érotiques, l’auteure propose une réflexion sur le comportement d’un omega face à un alpha, avec le risque de perte de contrôle de soi. J’apprécie le couple qui essaie de résister à ses pulsions et qui s’ouvre peu à peu à l’amour.

Sotsugyosei 2 – Nakamura Asumiko

sotsugyosei 2 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368774991
Boy’s live IDP, 2016
ISBN: 9784863491298 (JP)
Akaneshinsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

L’approche de la remise des diplômes sera-t-elle synonyme de séparation?

Nakamura Asumiko sensei continue à augmenter les tensions entre Sajô et Kusakabe, qui s’interrogent sur leur avenir: Hikaru s’est déjà informé sur les possibilités accessibles aux couples gays pour vivre en couple comme l’adoption pour le mariage, tandis que Rihito s’inquiète des jugements extérieurs. Ils prennent conscience que leurs projets d’avenir risquent de les éloigner mais n’arrivent pas à en discuter. Ainsi l’auteure montre les difficultés de futurs adultes à se projeter dans l’avenir, à gérer leurs sentiments et leurs désirs. En offrant une opportunité à Kusakabe, elle permet au couple d’expérimenter la relation à distance. Même si les personnages conservent un côté un peu naïf, elle les fait mûrir doucement. Son approche toujours pudique privilégie l’observation des sentiments et de l’innocence.

Malgré un trait dépouillé, la mangaka arrive à rendre expressif des regards sans pupilles. Elle dessine des corps longilignes avec des visages ronds. Elle soigne les décors et varie un peu plus ses trames. Ainsi, les planches semblent moins blanches comparé au tome 1. Un croquis parfois amusant conclut chaque chapitre. Par ailleurs, les scènes érotiques évitent de montrer les parties intimes grâce aux cadrages et au choix des angles de vue. Néanmoins, Nakamura sensei dépeint avec justesse la sensualité et la douceur de leur premier rapport.

En résumé

Sajô Rihito commence à être épuisé entre les visites à l’hôpital pour sa mère, les révisions et l’entretien de la maison. Ayant séché son cours du soir, il invite alors Kusakabe Hikaru à venir chez lui. Ce dernier lui a préparé un bento avec l’aide de sa mère et lui propose de l’accompagner le soir pour manger. Par ces petites attentions, Sajô réalise que son petit ami l’aide à garder le moral. Kusakabe voulant offrir un CD à la mère de Sajô lui demande de le lui transmettre. Devant la bonne humeur de son fils, elle devine alors qu’il fréquente quelqu’un. Rihito lui avoue donc sortir avec un garçon et lui présente Kusakabe. Même si le père de Sajô est présent pour l’opération, ayant réussi à se libérer, le lycéen retrouve réconfort auprès de son petit ami laissant enfin couler ses larmes…

En conclusion

Ce tome a été classé deuxième meilleur manga au Chill Chill BL award 2009. Kusakabe Hikaru occupe la première place du meilleur seme et Sajô Rihito la première place du meilleur uke. Et l’auteure est classée première meilleure mangaka. Elle survole certains sujets qu’il aurait été intéressant de développer, s’attardant principalement sur leur relation. Pourtant, je suis contente de suivre leurs aventures et de découvrir leurs décisions pour l’avenir. Une romance agréable à suivre, tendre et mignonne.

Sotsugyosei 1 – Nakamura Asumiko

sotsugyosei 1 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368774984
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863491281 (JP)
Akaneshinsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Avec l’approche de la remise des diplômes, Kusakabe et Sajô doivent réfléchir à leur avenir.

Nakamura Asumiko sensei continue les aventures du couple de lycéens de Doukyusei. Elle dévoile également la blessure profonde de Hara infligée par sa brève expérience avec le professeur de chimie Arisaka. Elle continue à développer pudiquement l’évolution des sentiments de ses personnages, semant des indices graphiques pour que les lecteurs devinent par eux-mêmes les changements. Les deux héros commencent à s’interroger sur l’avenir, la remise des diplômes approchant. D’ailleurs, Kusakabe affiche ouvertement sa relation, ayant mis son ami Tani au courant, tandis que Sajô a peur des jugements extérieurs. Ainsi, l’auteure approfondit la psychologie des protagonistes. Elle aborde divers sujets par des tranches de vie: la jalousie, l’anxiété, l’impuissance, la peur du regard extérieur, l’attirance sexuelle de plus en plus intense. Le comportement ambigu de Hara vient secouer un peu le couple qui avance lentement.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé. Elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle porte une attention particulière aux détails, les petits gestes et les regards transcrivant les sentiments de ses personnages. Les trames servent principalement à colorer, donnant un aspect blanc aux pages. De même, Nakamura sensei utilise beaucoup les vides, en fond ou en ellipses. La mise en page reste pourtant dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques mais les baisers sont de plus en plus torrides. Les chapitres se terminent sur un croquis parfois amusant. En outre, un yonkoma déstructuré en début de tome donne une anecdote amusante sur le couple phare.

En résumé

Sajô s’interroge sur ses sentiments pour Kusakabe. Malgré son amour, il n’arrive pas à contrôler ses différentes émotions provoquées par la jalousie qu’il ressent face aux filles qui abordent son petit ami. Au cours de musique, M. Hara abuse un peu de son autorité pour passer plus de temps avec Sajô. Partagé entre l’envie de protéger le lycéen et de le soutenir, il l’invite à dîner pour discuter un peu, remarquant ses difficultés de concentration. Mais en voyant Kusakabe dehors avec une fille, Sajô quitte précipitamment le café en larmes. Son professeur l’emmène alors dans une chambre d’hôtel. Cependant, il prévient également Kusakabe et le provoque. Quand le lycéen arrive précipitamment, il les laisse discuter tranquillement: Kusakabe souhaite continuer la musique malgré la séparation de son groupe et avait donc rendez-vous avec une recruteuse. Enfin rassuré, Sajô file à ses cours du soir alors que l’ambiance devenait romantique.

En conclusion

Le format tranche de vie incitant à l’observation peut donner l’impression que le rythme est un peu lent. Mais il est agréable de voir les deux héros grandir et mûrir alors que leurs sentiments semblent s’intensifier de plus en plus. J’aime beaucoup Hara qui a parfois un comportement de gamin alors qu’il est adulte. L’auteure invite les lecteurs à ressentir simplement les émotions de l’adolescence et la naissance de l’amour en accompagnant Kusakabe et Sajô dans leurs aventures amoureuses.

Doukyusei – Nakamura Asumiko

doukyusei nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368774977
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784871829687 (JP)
Akaneshinsha, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tomber amoureux, lentement, sûrement! »

Nakamura Asumiko sensei propose de suivre les premiers émois amoureux de deux lycéens aux caractères opposés. Elle installe un triangle amoureux avec le professeur de musique homosexuel Hara Manabu. Elle s’intéresse principalement à l’évolution des sentiments des personnages, offrant une douce romance « innocente, spontanée et maladroite ». Néanmoins, quelques passages humoristiques viennent « exploser » l’ambiance romantique. Ses personnages ont des faiblesses attendrissantes: l’enjoué Kusakabe est du genre à s’effacer pour le bonheur de l’être aimé et l’impassible Sajô ne gère pas son stress. Ainsi, le couple avance lentement, à son rythme. Même si il communique peu, leur amour naît et grandit petit à petit, à force de se fréquenter. L’auteure joue sur les non-dits, s’attardant sur les moments où les sentiments bougent sans les énoncer. D’ailleurs, elle reste très pudique dans son traitement offrant des tranches de vie selon les saisons.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé. Son style particulier se reconnait immédiatement dans le traitement des yeux avec des pupilles peu visibles, des visages ronds sur des corps longilignes. Elle arrive à donner de la sensualité aux moindres gestes. Elle exagère certaines expressions ou mouvements en déformant ses traits pour renforcer l’action. Quelques trames donnent un peu de volume. De même, les décors sont peu envahissants bien que présents. Néanmoins, les vides semblent dominer, renforcés par le jeu des contrastes noir et blanc. La mise en page reste pourtant dynamique. Nakamura sensei se contente de baisers dans ce tome, préservant l’innocence maladroite des deux héros. En début de tome, un yonkoma déstructuré donne une anecdote amusante sur le couple. De même, des croquis complètent avec humour la fin des chapitres.

En résumé

Leur classe participant à un festival de chant, Kusakabe Hikaru remarque que Sajô Rihito ne chante pas pendant l’entraînement. En allant récupérer sa boite à bento oubliée en classe, il trouve l’élève modèle en train de s’entrainer seul. Devant ses difficultés, il lui propose alors de l’aider. En effet, Kusakabe joue dans un groupe et arrive facilement à adapter ses explications pour son nouvel ami. Mais, remarquant le regard intense de Sajô pour leur professeur Hara Manabu, il se sent légèrement contrarié. N’en pouvant plus, il demande alors à son ami s’il en est amoureux. Mais devant sa surprise, il lui vole un baiser avant de fuir…

En conclusion

Classée troisième meilleur manga au Chill Chill BL award de 2008, la série a obtenu un grand succès auprès du public japonais et a même eu droit à une adaptation en film d’animation en 2016. En effet, la dynamique du couple est très intéressante, même si un côté naïf entoure les deux lycéens. J’adore le petit quiz sur la série Gundam, plein d’humour. Si vous aimez les romances légères, n’hésitez pas à vous plonger dans ce chef-d’œuvre.

My hero’s dream 1 – Aomiya Kara

my hero s dream 1 aomiya kara

AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062005
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784758073783 (JP)
Ichijinsha, 2015 (JP)
Titre original: おこさまスター 1
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« J’aimerais que tu n’affiches cette expression que devant moi. »

Aomiya Kara sensei offre une comédie romantique entre deux lycéens aux caractères opposés un peu extrêmes. Elle concentre la narration principalement sur Honda. Ce dernier aime être le centre d’attention et nourrit rapidement une jalousie possessive envers son nouvel ami. Toutefois, il ne comprend pas les différents sentiments mitigés qui l’assaillent. De même, la timidité de Kaidô et sa gêne envers les gens contrastent avec son projet professionnel et son investissement dans sa passion. D’ailleurs, le comportement immature de Honda va fragiliser cette amitié naissante. Ainsi, l’auteure gère parfaitement l’enchainement des évènements. Elle décrit avec soin les différents sentiments et leurs évolutions dès la naissance des premiers émois amoureux. Elle ajoute aussi un soutien à Honda avec ses deux amis Fujita et Kawasaki.

La mangaka a un trait très épuré, avec quelques lignes épaissies. Elle exagère les expressions et même parfois les réactions, conférant un côté à la fois mignon et humoristique. D’ailleurs, les personnages ont de grands yeux expressifs. Par exemple, Kaidô rougit tout le temps. Les trames d’ambiance graphiques renforcent l’impact de certaines cases. De même, les décors s’estompent pour mettre en avant les protagonistes. L’enchainement de certaines actions et le jeu des clairs-obscurs accentuent le dynamisme de la mise en page. Aomiya sensei suggère pour l’instant les scènes érotiques par quelques cases dans le chapitre bonus présentant les deux héros devenus étudiants. Elle conclut ses chapitres avec des yonkoma présentant l’avis de Kaidô sur les évènements. Elle ajoute également d’adorables personnage en SD ou des fiches personnages. Sous la jaquette, la postface, en deux planches, donne des explications sur la création du manga.

En résumé

Au lycée, des rumeurs effrayantes circulent sur Kaidô Ryô, lui affectant une réputation de délinquant violent. Alors quand Honda Kyôsuke, venu aider sa mère qui travaille dans un parc d’attraction, le croise en costume de ranger à une convention de super-héros, le lycéen est surpris. Il découvre donc que son camarade de classe joue les cascadeurs et n’est pas si dangereux. Il sympathise même avec lui et l’invite à manger après le spectacle, impressionné par sa passion. Mais le lendemain à l’école, Kaidô lui demande de ne pas lui adresser la parole…

En conclusion

Ce premier tome a obtenu la sixième place du meilleur manga doux au Chill Chill BL award 2016. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et s’attarde sur le développement de la relation. J’ai envie tout simplement d’encourager ce couple en devenir, qui découvre leurs sentiments, s’interroge, s’attire inexorablement malgré les maladresses. Et j’adore les « bouilles » de Kaidô! Même si le comportement de Honda donne envie de le corriger, comme Kaidô, vous lui pardonnez, non?

Dazzling lovers – Asai Sai

dazzling lovers asai sai

ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774861
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796409049 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Quand un nouvel amour naît grâce au réconfort.

Asai Sai sensei nous invite à partager les sentiments complexes de deux amis d’enfance prisonniers d’un triangle amoureux bancal. Elle se focalise sur l’évolution de leur relation, partageant les points de vue de Haruka et Akito. Malheureusement, elle n’approfondit pas vraiment son scénario, se contentant de rester dans une sensibilité romantique. Le revirement un peu rapide de Haru peut donc surprendre, surtout après avoir nourri un amour interdit platonique aussi longtemps. En plus, la psychologie des personnages est peu développée: le taciturne et patient Aki et Haruka qui cache ses sentiments derrière son sourire sauf pour son ami. L’auteure ajoute un peu se suspense en ne dévoilant pas immédiatement les évènements qui bouleversent leur vie. Elle complète son récit avec une aventure légèrement SM où le seme considère l’uke comme son maître, jouant sur les contrastes.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec de grands yeux et des visages plutôt ronds. Elle utilise également tous les codes de ce style: des trames d’ambiance très présentes, des vides, des ellipses et des sorties de cadre mettant en valeur la beauté des personnages. Même les décors semblent participer à l’esthétique de certaines pages. Ainsi la mise en page dégage parfois de la poésie et du romantisme presque dégoulinant. Asai sensei censure peu les scènes érotiques, avec l’absence de quelques traits mais le choix des cadrages permet d’en montrer peu. Même « Mon cher maître » évite de s’attarder sur les détails alors que la relation est SM.

En résumé

Dazzling lovers / L’éveil du printemps / Bonus: Tachibana Haruka a beaucoup de succès au lycée mais refuse de sortir avec une fille car il est secrètement amoureux de son père. Son ami d’enfance, Sakai Akito, dans la confidence, lui déconseille de se déclarer même si cet amour devient de plus en plus pesant. En réalité, Aki est amoureux de Haru et attend patiemment, se contentant d’être à ses côtés. Mais un soir, son ami débarque chez lui en larmes…
Mon cher maître: Miki Shirô traite Ihara comme son larbin. Cependant, ce dernier accepte de faire tous ses caprices sans broncher. Les autres membres du laboratoire se demande alors s’il n’est pas masochiste. Mais un soir, Miki surprend Ihara en train de regarder un film pornographique gay sado-masochiste…

En conclusion

L’auteure offre une romance simple, sans questionnements où le réconfort de l’autre permet de s’ouvrir doucement à l’amour. Cependant, je ressens une petite gêne à un passage lorsque le père, avec son visage ombré et dramatique, répond au nouveau petit frère de son fils: c’est comme si la mangaka sous-entendait qu’il avait peut-être des sentiments pour son fils et a préféré se remarier pour fuir. J’aurais aimé que « Mon cher maître » soit plus développé car je trouve amusant que leur relation maître-esclave s’inverse pendant leurs ébats. Une lecture pour passer un bon moment.

Je brûle pour toi – noji

je brule pour toi noji

noji
ISBN: 9782368777244
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895537 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Titre original: 焦がれて焦がして
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un amour à sens unique qui s’éveille avec de bons petits plats.

noji sensei offre une douce romance plutôt réaliste entre deux amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue. Après avoir développé l’amour à sens unique de Yûji et ses complexes, elle dévoile au fur et à mesure les sentiments du tsundere Sôichi. Son scénario, ancré dans la réalité, s’attarde principalement sur les questions que se pose un couple gay: peur du coming out, de la réaction de la famille et des amis, du regard extérieur, de la première expérience sexuelle et la cohabitation. Néanmoins, Tsunegawa trouve pour confident le jeune et ouvert Nekohara et Furuyama est soutenu par sa collègue lesbienne Sagi. L’auteure s’attarde principalement sur les sentiments de ses héros. En introduisant Kumagai, elle les met face au doute. En revanche, leurs ébats se font toujours dans le consentement. Elle complète son recueil par une romance entre un étudiant et un lycéen entreprenant, ayant une grande différence d’âge.

La mangaka a un trait délié, parfois très fin et anguleux. Bien qu’il soit réaliste, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle privilégie également des hachures pour rendre les ombres fortes. Son style conserve un aspect graphique peint ou à la plume, surtout au niveau des décors très présents et du travail des trames. La musculature de Yûji contraste avec la frêle grandeur de Sôichi. En revanche, noji sensei distingue discrètement les flash-back par des ellipses pouvant brouiller parfois la compréhension. Elle censure les scènes érotiques en cachant les parties intimes par des formes blanches. En fin de chapitre, elle présente des anecdotes amusantes en quelques cases.

En résumé

Je brûle pour toi: Furuyama Yûji croise par hasard dans un konbini son amis d’enfance, Tsunegawa Sôichi, qu’il n’a pas vu depuis longtemps. En réalité, il est amoureux de lui depuis le lycée et l’évitait pour l’oublier. Maintenant, il a quitté son métier de pêcheur pour prendre la direction du restau-bar Prèle. D’abord surpris, Sôichi renoue avec lui, incité par son collègue Nekohara qui connaît bien le restaurant. Trop débordé par le travail, il se contente de boire des jus de légumes en guise de repas. Quelques jours plus tard, quand Yûji le croise dans le parc encore plus amaigri et épuisé, il l’invite à déguster quelques plats. En voyant le salaryman pleurer en appréciant sa cuisine, il lui propose alors de le nourrir tous les jours…
Dans la forêt, ce jour-là: Otofuke Moegi trouve un homme affalé au sol dans la forêt. En réalité, Moritsue Takehito était en train d’étudier des champignons. La pluie arrivant, il demande alors au lycéen de lui donner l’adresse d’un hôtel. Ce dernier l’emmène donc chez ses grands-parents qui lui proposent le logis en échange d’un peu d’aide dans les champs.

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2020. Pour un premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien son scénario et son style graphique dégage beaucoup de douceur. Ses personnages ont de la personnalité et je regrette presque que ce tome soit trop court pour en apprendre encore un peu plus sur eux. Même les seconds rôles ont de la consistance. J’ai donc hâte de découvrir d’autres de ses œuvres. Une lecture gourmande et tendre!

Le fil du destin – Yoshio Akira

le fil du destin yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN:9782368777343
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864369930 (JP)
Core magazine, 2017 (JP)
Titre original: 赤い糸の執行猶予
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le fil rouge du destin relie-t-il vraiment les personnes faites l’une pour l’autre?

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique douce et rafraichissante sur fond fantastique. Elle centre principalement la narration sur Keiji. A travers la question du destin, elle aborde divers sujets comme la difficulté à accepter sa sexualité ou ses sentiments, la peur de l’engagement, le refus d’être manipulé par un concept immatériel. Le ton reste constamment comique et les situations amusantes s’enchainent ou se répètent. Kei, têtu, manque de confiance en lui et croit fermement à l’influence du fil rouge du destin sur la vie. En introduisant Kamisawa, l’auteure donne une explication plausible à cette légende japonaise. En plus, elle présente Hiro comme un être pur et sensible, incitant le lecteur à prendre parti. D’ailleurs, le couple prend tout son temps, pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style plutôt classique, avec un trait épuré. Néanmoins, elle se distingue surtout dans le traitement des passages comiques, avec des traits très simplifiés, exagérant les expressions ou transformant les têtes en SD. Les mimiques et les bouilles sont craquantes. Par exemple, difficile, même pour le lecteur, de ne pas céder au visage dépité de Hiro. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. En outre, les décors situent principalement l’action. Malgré une mise en page plutôt classique, quelques planches se distinguent par leur dynamisme. Yoshio sensei s’attarde sur les détails des regards et des gestes tendres, transmettant parfaitement les différentes émotions. Les illustrations en début de chapitre donnent un petit aperçu sur le contenu à venir. Par ailleurs, il y a très peu de scènes érotiques mais elles ne sont pas censurées.

En résumé

Arako Keiji a la faculté de voir le fil rouge du destin qui relie deux personnes. Il n’apprécie pas trop son pouvoir depuis qu’il a remarqué, enfant, que le fil de ses parents n’était pas lié, entrainant par la suite leur divorce. A l’université, il est tombé amoureux de la pétillante Yui. Cependant il préfère taire ce sentiment, espérant que leurs fils se nouent. Un jour, voyant son fil enfin connecté, il le remonte mais découvre qu’il est attaché à un homme plus jeune que lui, Obata Hiroki. Kei décide alors de l’éviter au maximum d’autant plus que ce dernier s’inscrit à leur club étudiant. Mais le destin semble s’acharner à augmenter la fréquence de leurs rencontres et à favoriser leur rapprochement.

En conclusion

Fan de folklore japonais, je suis sous le charme complet de ce couple attendrissant. Et j’adore Karisawa qui, malgré son pouvoir de couper le fil du destin, préfère jouer les cupidons et les sauveurs. Un one-shot qui procure simplement du plaisir à sa lecture et qui donne envie d’encourager les protagonistes!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

passions refrenees nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.

The story of never ending unhappiness – Ogawa Chise

the story of never ending unhappiness ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368774762
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407694 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Nourrissant un amour à sens unique depuis huit ans pour son ami, Udô trouvera-t-il enfin le bonheur?

Ogawa Chitose sensei développe l’histoire d’amour douloureuse d’Udô Takayuki, le frère ainé de Ryûta, héros dans Le cœur de la méprise. Dans sa postface, elle précise que les évènements se passent un an plus tard. Elle s’attèle principalement à décrire les sentiments et l’état d’esprit de Takayuki, avec ses hauts et ses bas. L’étudiant est donc le narrateur principal. En outre, le contraste entre son paraître plein d’assurance et son réel caractère pessimiste en fait un personnage à la fois attendrissant et antipathique. Néanmoins, l’auteure a peu développé la personnalité de Kiyotake, qui passe pour un simple sportif probe. En introduisant le chapitre « Le cœur de la méprise », elle relie les différents évènements dans lesquels apparaissent Miki et Ryûta tout en concluant leur histoire. En fin de tome, un récit bonus présente l’enregistrement du drama CD.

La mangaka utilise un trait épuré plutôt simplifié et reconnaissable immédiatement. Elle exagère les expressions donnant une touche humoristique discrète. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. La variation des angles de vue dynamise la mise en page. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails grâce aux cadrages. Et il y a toujours quelque chose pour obstruer la vue.

En résumé

The story of never ending unhappiness / Le début du bonheur: Udô Takayuki participe à un gôkon et y croise Kiyotake, un ami du collège qu’il n’a pas vu depuis huit ans. En réalité, il était amoureux de ce rival au basket-ball et, par dépit, lui avait piqué sa petite amie. Suite à leur dispute, Udô a préféré l’éviter allant même jusqu’à changer de lycée. Il constate alors que l’honnête Kiyotake apprécie toujours autant les filles petites aux longs cheveux, sympathisant très vite avec Natsumi. Mais de dernier ayant trop bu, Udô propose de le déposer en voiture. Son ami s’endort et l’étudiant profite alors de son inconscience pour coucher avec lui. Il espère ainsi en finir avec cet amour douloureux qui perdure. A son réveil, Kiyotake ne semble pas avoir de souvenir…
The heart of miscalculation – Le cœur de la méprise: Bien qu’en terminale, Miki Toshihiro profite avec insouciance des instants passés avec son petit ami Udô Ryûta. Mais sa mère, qui les a surpris, le sermonne, la période de révision pour les concours de l’université ayant débuté. Elle lui reproche donc de ne pas réfléchir à son avenir et lui interdit de fréquenter Ryûta. Même Udô Takayuki met en doute la pérennité de sa relation…

En conclusion

Ce manga a obtenu la onzième place au Chill Chill BL award 2016. Udô est classé douzième meilleur uke. Normalement, ce spin-off de Le cœur de la méprise concluait la série qui a débuté avec The world revolves around you. Mais Ogawa sensei a dessiné par la suite des petites historiettes publiées en 2018 dans un recueil, Love story of misfortune and miscalculations, regroupant également quelques dôjinshi aux éditions Libre. Il est intéressant de voir le manque de confiance d’Udô lui gâcher sa relation amoureuse, n’arrivant pas à croire à la concrétisation de son amour. Même si ce couple n’est pas mon préféré, j’ai apprécié leur romance. Je ne peux donc que leur souhaiter du bonheur!