My hero’s dream 1 – Aomiya Kara

my hero s dream 1 aomiya kara

AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062005
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784758073783 (JP)
Ichijinsha, 2015 (JP)
Titre original: おこさまスター 1
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« J’aimerais que tu n’affiches cette expression que devant moi. »

Aomiya Kara sensei offre une comédie romantique entre deux lycéens aux caractères opposés un peu extrêmes. Elle concentre la narration principalement sur Honda. Ce dernier aime être le centre d’attention et nourrit rapidement une jalousie possessive envers son nouvel ami. Toutefois, il ne comprend pas les différents sentiments mitigés qui l’assaillent. De même, la timidité de Kaidô et sa gêne envers les gens contrastent avec son projet professionnel et son investissement dans sa passion. D’ailleurs, le comportement immature de Honda va fragiliser cette amitié naissante. Ainsi, l’auteure gère parfaitement l’enchainement des évènements. Elle décrit avec soin les différents sentiments et leurs évolutions dès la naissance des premiers émois amoureux. Elle ajoute aussi un soutien à Honda avec ses deux amis Fujita et Kawasaki.

La mangaka a un trait très épuré, avec quelques lignes épaissies. Elle exagère les expressions et même parfois les réactions, conférant un côté à la fois mignon et humoristique. D’ailleurs, les personnages ont de grands yeux expressifs. Par exemple, Kaidô rougit tout le temps. Les trames d’ambiance graphiques renforcent l’impact de certaines cases. De même, les décors s’estompent pour mettre en avant les protagonistes. L’enchainement de certaines actions et le jeu des clairs-obscurs accentuent le dynamisme de la mise en page. Aomiya sensei suggère pour l’instant les scènes érotiques par quelques cases dans le chapitre bonus présentant les deux héros devenus étudiants. Elle conclut ses chapitres avec des yonkoma présentant l’avis de Kaidô sur les évènements. Elle ajoute également d’adorables personnage en SD ou des fiches personnages. Sous la jaquette, la postface, en deux planches, donne des explications sur la création du manga.

En résumé

Au lycée, des rumeurs effrayantes circulent sur Kaidô Ryô, lui affectant une réputation de délinquant violent. Alors quand Honda Kyôsuke, venu aider sa mère qui travaille dans un parc d’attraction, le croise en costume de ranger à une convention de super-héros, le lycéen est surpris. Il découvre donc que son camarade de classe joue les cascadeurs et n’est pas si dangereux. Il sympathise même avec lui et l’invite à manger après le spectacle, impressionné par sa passion. Mais le lendemain à l’école, Kaidô lui demande de ne pas lui adresser la parole…

En conclusion

Ce premier tome a obtenu la sixième place du meilleur manga doux au Chill Chill BL award 2016. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et s’attarde sur le développement de la relation. J’ai envie tout simplement d’encourager ce couple en devenir, qui découvre leurs sentiments, s’interroge, s’attire inexorablement malgré les maladresses. Et j’adore les « bouilles » de Kaidô! Même si le comportement de Honda donne envie de le corriger, comme Kaidô, vous lui pardonnez, non?

Dazzling lovers – Asai Sai

dazzling lovers asai sai

ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774861
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796409049 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Quand un nouvel amour naît grâce au réconfort.

Asai Sai sensei nous invite à partager les sentiments complexes de deux amis d’enfance prisonniers d’un triangle amoureux bancal. Elle se focalise sur l’évolution de leur relation, partageant les points de vue de Haruka et Akito. Malheureusement, elle n’approfondit pas vraiment son scénario, se contentant de rester dans une sensibilité romantique. Le revirement un peu rapide de Haru peut donc surprendre, surtout après avoir nourri un amour interdit platonique aussi longtemps. En plus, la psychologie des personnages est peu développée: le taciturne et patient Aki et Haruka qui cache ses sentiments derrière son sourire sauf pour son ami. L’auteure ajoute un peu se suspense en ne dévoilant pas immédiatement les évènements qui bouleversent leur vie. Elle complète son récit avec une aventure légèrement SM où le seme considère l’uke comme son maître, jouant sur les contrastes.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec de grands yeux et des visages plutôt ronds. Elle utilise également tous les codes de ce style: des trames d’ambiance très présentes, des vides, des ellipses et des sorties de cadre mettant en valeur la beauté des personnages. Même les décors semblent participer à l’esthétique de certaines pages. Ainsi la mise en page dégage parfois de la poésie et du romantisme presque dégoulinant. Asai sensei censure peu les scènes érotiques, avec l’absence de quelques traits mais le choix des cadrages permet d’en montrer peu. Même « Mon cher maître » évite de s’attarder sur les détails alors que la relation est SM.

En résumé

Dazzling lovers / L’éveil du printemps / Bonus: Tachibana Haruka a beaucoup de succès au lycée mais refuse de sortir avec une fille car il est secrètement amoureux de son père. Son ami d’enfance, Sakai Akito, dans la confidence, lui déconseille de se déclarer même si cet amour devient de plus en plus pesant. En réalité, Aki est amoureux de Haru et attend patiemment, se contentant d’être à ses côtés. Mais un soir, son ami débarque chez lui en larmes…
Mon cher maître: Miki Shirô traite Ihara comme son larbin. Cependant, ce dernier accepte de faire tous ses caprices sans broncher. Les autres membres du laboratoire se demande alors s’il n’est pas masochiste. Mais un soir, Miki surprend Ihara en train de regarder un film pornographique gay sado-masochiste…

En conclusion

L’auteure offre une romance simple, sans questionnements où le réconfort de l’autre permet de s’ouvrir doucement à l’amour. Cependant, je ressens une petite gêne à un passage lorsque le père, avec son visage ombré et dramatique, répond au nouveau petit frère de son fils: c’est comme si la mangaka sous-entendait qu’il avait peut-être des sentiments pour son fils et a préféré se remarier pour fuir. J’aurais aimé que « Mon cher maître » soit plus développé car je trouve amusant que leur relation maître-esclave s’inverse pendant leurs ébats. Une lecture pour passer un bon moment.

Je brûle pour toi – noji

je brule pour toi noji

noji
ISBN: 9782368777244
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895537 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Titre original: 焦がれて焦がして
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un amour à sens unique qui s’éveille avec de bons petits plats.

noji sensei offre une douce romance plutôt réaliste entre deux amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue. Après avoir développé l’amour à sens unique de Yûji et ses complexes, elle dévoile au fur et à mesure les sentiments du tsundere Sôichi. Son scénario, ancré dans la réalité, s’attarde principalement sur les questions que se pose un couple gay: peur du coming out, de la réaction de la famille et des amis, du regard extérieur, de la première expérience sexuelle et la cohabitation. Néanmoins, Tsunegawa trouve pour confident le jeune et ouvert Nekohara et Furuyama est soutenu par sa collègue lesbienne Sagi. L’auteure s’attarde principalement sur les sentiments de ses héros. En introduisant Kumagai, elle les met face au doute. En revanche, leurs ébats se font toujours dans le consentement. Elle complète son recueil par une romance entre un étudiant et un lycéen entreprenant, ayant une grande différence d’âge.

La mangaka a un trait délié, parfois très fin et anguleux. Bien qu’il soit réaliste, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle privilégie également des hachures pour rendre les ombres fortes. Son style conserve un aspect graphique peint ou à la plume, surtout au niveau des décors très présents et du travail des trames. La musculature de Yûji contraste avec la frêle grandeur de Sôichi. En revanche, noji sensei distingue discrètement les flash-back par des ellipses pouvant brouiller parfois la compréhension. Elle censure les scènes érotiques en cachant les parties intimes par des formes blanches. En fin de chapitre, elle présente des anecdotes amusantes en quelques cases.

En résumé

Je brûle pour toi: Furuyama Yûji croise par hasard dans un konbini son amis d’enfance, Tsunegawa Sôichi, qu’il n’a pas vu depuis longtemps. En réalité, il est amoureux de lui depuis le lycée et l’évitait pour l’oublier. Maintenant, il a quitté son métier de pêcheur pour prendre la direction du restau-bar Prèle. D’abord surpris, Sôichi renoue avec lui, incité par son collègue Nekohara qui connaît bien le restaurant. Trop débordé par le travail, il se contente de boire des jus de légumes en guise de repas. Quelques jours plus tard, quand Yûji le croise dans le parc encore plus amaigri et épuisé, il l’invite à déguster quelques plats. En voyant le salaryman pleurer en appréciant sa cuisine, il lui propose alors de le nourrir tous les jours…
Dans la forêt, ce jour-là: Otofuke Moegi trouve un homme affalé au sol dans la forêt. En réalité, Moritsue Takehito était en train d’étudier des champignons. La pluie arrivant, il demande alors au lycéen de lui donner l’adresse d’un hôtel. Ce dernier l’emmène donc chez ses grands-parents qui lui proposent le logis en échange d’un peu d’aide dans les champs.

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2020. Pour un premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien son scénario et son style graphique dégage beaucoup de douceur. Ses personnages ont de la personnalité et je regrette presque que ce tome soit trop court pour en apprendre encore un peu plus sur eux. Même les seconds rôles ont de la consistance. J’ai donc hâte de découvrir d’autres de ses œuvres. Une lecture gourmande et tendre!

Le fil du destin – Yoshio Akira

le fil du destin yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN:9782368777343
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864369930 (JP)
Core magazine, 2017 (JP)
Titre original: 赤い糸の執行猶予
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le fil rouge du destin relie-t-il vraiment les personnes faites l’une pour l’autre?

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique douce et rafraichissante sur fond fantastique. Elle centre principalement la narration sur Keiji. A travers la question du destin, elle aborde divers sujets comme la difficulté à accepter sa sexualité ou ses sentiments, la peur de l’engagement, le refus d’être manipulé par un concept immatériel. Le ton reste constamment comique et les situations amusantes s’enchainent ou se répètent. Kei, têtu, manque de confiance en lui et croit fermement à l’influence du fil rouge du destin sur la vie. En introduisant Kamisawa, l’auteure donne une explication plausible à cette légende japonaise. En plus, elle présente Hiro comme un être pur et sensible, incitant le lecteur à prendre parti. D’ailleurs, le couple prend tout son temps, pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style plutôt classique, avec un trait épuré. Néanmoins, elle se distingue surtout dans le traitement des passages comiques, avec des traits très simplifiés, exagérant les expressions ou transformant les têtes en SD. Les mimiques et les bouilles sont craquantes. Par exemple, difficile, même pour le lecteur, de ne pas céder au visage dépité de Hiro. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. En outre, les décors situent principalement l’action. Malgré une mise en page plutôt classique, quelques planches se distinguent par leur dynamisme. Yoshio sensei s’attarde sur les détails des regards et des gestes tendres, transmettant parfaitement les différentes émotions. Les illustrations en début de chapitre donnent un petit aperçu sur le contenu à venir. Par ailleurs, il y a très peu de scènes érotiques mais elles ne sont pas censurées.

En résumé

Arako Keiji a la faculté de voir le fil rouge du destin qui relie deux personnes. Il n’apprécie pas trop son pouvoir depuis qu’il a remarqué, enfant, que le fil de ses parents n’était pas lié, entrainant par la suite leur divorce. A l’université, il est tombé amoureux de la pétillante Yui. Cependant il préfère taire ce sentiment, espérant que leurs fils se nouent. Un jour, voyant son fil enfin connecté, il le remonte mais découvre qu’il est attaché à un homme plus jeune que lui, Obata Hiroki. Kei décide alors de l’éviter au maximum d’autant plus que ce dernier s’inscrit à leur club étudiant. Mais le destin semble s’acharner à augmenter la fréquence de leurs rencontres et à favoriser leur rapprochement.

En conclusion

Fan de folklore japonais, je suis sous le charme complet de ce couple attendrissant. Et j’adore Karisawa qui, malgré son pouvoir de couper le fil du destin, préfère jouer les cupidons et les sauveurs. Un one-shot qui procure simplement du plaisir à sa lecture et qui donne envie d’encourager les protagonistes!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

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NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.

The story of never ending unhappiness – Ogawa Chise

the story of never ending unhappiness ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368774762
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407694 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Nourrissant un amour à sens unique depuis huit ans pour son ami, Udô trouvera-t-il enfin le bonheur?

Ogawa Chitose sensei développe l’histoire d’amour douloureuse d’Udô Takayuki, le frère ainé de Ryûta, héros dans Le cœur de la méprise. Dans sa postface, elle précise que les évènements se passent un an plus tard. Elle s’attèle principalement à décrire les sentiments et l’état d’esprit de Takayuki, avec ses hauts et ses bas. L’étudiant est donc le narrateur principal. En outre, le contraste entre son paraître plein d’assurance et son réel caractère pessimiste en fait un personnage à la fois attendrissant et antipathique. Néanmoins, l’auteure a peu développé la personnalité de Kiyotake, qui passe pour un simple sportif probe. En introduisant le chapitre « Le cœur de la méprise », elle relie les différents évènements dans lesquels apparaissent Miki et Ryûta tout en concluant leur histoire. En fin de tome, un récit bonus présente l’enregistrement du drama CD.

La mangaka utilise un trait épuré plutôt simplifié et reconnaissable immédiatement. Elle exagère les expressions donnant une touche humoristique discrète. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance. La variation des angles de vue dynamise la mise en page. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails grâce aux cadrages. Et il y a toujours quelque chose pour obstruer la vue.

En résumé

The story of never ending unhappiness / Le début du bonheur: Udô Takayuki participe à un gôkon et y croise Kiyotake, un ami du collège qu’il n’a pas vu depuis huit ans. En réalité, il était amoureux de ce rival au basket-ball et, par dépit, lui avait piqué sa petite amie. Suite à leur dispute, Udô a préféré l’éviter allant même jusqu’à changer de lycée. Il constate alors que l’honnête Kiyotake apprécie toujours autant les filles petites aux longs cheveux, sympathisant très vite avec Natsumi. Mais de dernier ayant trop bu, Udô propose de le déposer en voiture. Son ami s’endort et l’étudiant profite alors de son inconscience pour coucher avec lui. Il espère ainsi en finir avec cet amour douloureux qui perdure. A son réveil, Kiyotake ne semble pas avoir de souvenir…
The heart of miscalculation – Le cœur de la méprise: Bien qu’en terminale, Miki Toshihiro profite avec insouciance des instants passés avec son petit ami Udô Ryûta. Mais sa mère, qui les a surpris, le sermonne, la période de révision pour les concours de l’université ayant débuté. Elle lui reproche donc de ne pas réfléchir à son avenir et lui interdit de fréquenter Ryûta. Même Udô Takayuki met en doute la pérennité de sa relation…

En conclusion

Ce manga a obtenu la onzième place au Chill Chill BL award 2016. Udô est classé douzième meilleur uke. Normalement, ce spin-off de Le cœur de la méprise concluait la série qui a débuté avec The world revolves around you. Mais Ogawa sensei a dessiné par la suite des petites historiettes publiées en 2018 dans un recueil, Love story of misfortune and miscalculations, regroupant également quelques dôjinshi aux éditions Libre. Il est intéressant de voir le manque de confiance d’Udô lui gâcher sa relation amoureuse, n’arrivant pas à croire à la concrétisation de son amour. Même si ce couple n’est pas mon préféré, j’ai apprécié leur romance. Je ne peux donc que leur souhaiter du bonheur!

Rendez-vous à Udagawachou – Hideyoshico

rendez vous a udagawachou hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775158
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783242 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandantion: un peu

Pourquoi un garçon populaire au lycée s’habillerait-il en fille?

Hideyoshico sensei invite les lecteurs à réfléchir sur la beauté et le travestissement. Elle développe la relation entre deux lycéens qui découvrent leur sexualité et se confrontent à leurs sentiments. Tandis que Yashiro s’initie dans le doute au plaisir du travestissement, ayant du mal à assumer cette partie de sa personnalité, Momose s’interroge sur ses sentiments, ayant eu le coup de foudre pour le lycéen habillé en femme. L’auteure oblige ses personnages à se questionner sur leur sexualité, sur l’homosexualité, mais également sur leur comportement en les plongeant dans des introspections. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Maladroit, grand et taciturne, Momose a du mal à communiquer et a tendance à imposer ses désirs. Grâce à Yashiro, il va apprendre à discuter et être plus doux. Car le travesti exprime clairement son non-consentement et la violence qu’il ressent quand on le force.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux et particulier. Ses personnages sont plutôt longilignes. Par ailleurs, elle travaille les tenues. De même, les décors sont plutôt soignés mais se contentent de situer l’action. En outre, les trames d’ambiance alternent avec les vides et les blancs, donnant un style assez dépouillé. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à ce style de traits simplifiés. Hideyoshico sensei glisse quelques touches graphiques humoristiques pour détendre l’atmosphère générale assez tendue du manga. Par exemple, une passante porte un chapeau à l’effigie de la célèbre série de robot Gundam. Elle donne également quelques anecdotes de création dans la postface sous la jaquette. Des photos de Shibuya séparent les chapitres. Et les illustrations en début de chapitre sont parfois intégrées à la narration.

En résumé

Dans le quartier de Shibuya, Momose Keigo croit reconnaître Yashiro Tomoya, un élève populaire de son lycée, habillé en fille. Plutôt introverti, il n’ose pas l’aborder mais s’interroge sur ses raisons. Après s’être informé sur le transgenre et l’homosexualité, il se pose alors de plus en plus de questions. Intrigué par le lycéen, il commence à l’observer en classe mais se fait remarquer. Et à force de l’observer, il commence à ressentir d’étranges sentiments. Alors, il se rend à nouveau dans le quartier pour en avoir le cœur net. Momose reconnaît immédiatement Yashiro malgré le maquillage et la perruque. Clairement subjugué par sa beauté, il lui propose alors de sortir ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure est classée troisième meilleure artiste et Momose Keigo sixième meilleur seme. Malgré le sujet intéressant, il manque un peu de profondeur pour pleinement apprécier ce récit. En effet, Keigo accepte vite Yashiro comme il est et ce dernier ne s’interroge pas plus sur ses propres sentiments réels, donnant l’impression de céder au harcèlement. Cependant, l’originalité du propos est rafraîchissant. Et j’aime quand le thème du travestissement est abordé simplement, sans se moquer!

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Bodysuit fetish – Yamasaki Uni

bodysuit fetish yamasaki uni

YAMASAKI Uni 山佐木うに
ISBN: 9782368775486
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801955554 (JP)
Takeshobo, 2016
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Derrière les combinaisons moulantes et les tripotages, une ravissante comédie romantique pleine de sentiments.

Yamasaki Uni sensei arrive, malgré le thème sulfureux du fétichisme, à narrer une comédie romantique débordant de sentiments et de positivisme. Alors que Kuroe, otaku de sentai, a une piètre opinion de lui-même, le talentueux Tôma assume pleinement son côté pervers et fétichiste. A partir d’un échange de bons procédés, la relation va évoluer en douceur, les deux garçons se découvrant au fur et à mesure. L’introduction des autres membres du club de cosplay, Kaneda Umi et Ayano Kyôichi, va permettre aux principaux intéressés de comprendre leurs sentiments profonds. L’auteure joue sur les contrastes entre ses personnages, et les écarts entre leurs ressentis et leurs sentiments. Elle met en scène un couple qui communique, cherche à se comprendre, attentif au plaisir de son partenaire. Elle arrive même à donner un aspect innocent au fétichisme pervers de Tôma. S’acceptant tels qu’ils sont, les deux étudiants s’inspirent mutuellement.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux dégageant pourtant de la douceur. Même si son style semble assez classique, elle soigne le traitement des vêtements. Le rendu des tissus est bien fait, en particulier sur les combinaisons moulantes. De plus, ces dernières mettent en valeur les personnages plutôt sveltes et légèrement musclés. Les expressions du visages sont également très travaillées. Yamasaki sensei alterne les décors et les trames d’ambiance. Elle conserve un certain réalisme dans le rendu des ombres et des couleurs. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques, surtout sensuelles, sont assez détaillées, mais des hachures censurent tout de même les organes génitaux en gros plan.

En résumé

Dans l’école de design de Mishima cohabitent un département informatique et un département mode. Kuroe Yôji, en première année d’étude graphique, travaille sur le character design des personnages d’un jeu vidéo indépendant pour son club. Envoyé au département de mode demander au club de cosplay de confectionner les costumes qu’il a dessiné, il aborde le beau et solaire Kishida Tôma, en 2e année. Ce dernier accepte volontiers de concevoir les costumes gratuitement à la seule condition que Kuroe devienne son modèle. D’abord inquiet, Kaneda Umi s’incline devant la détermination de l’otaku. Mais le week-end, après que Kuroe ait enfilé une combinaison moulante, Tôma demande l’autorisation de le toucher, révélant être fétichiste des vêtements. D’abord légèrement apeuré, Kuroe cède au magnifique sourire du designer puis ressent de plus en plus de plaisir au gré des attouchements…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. J’adore l’histoire, car malgré un thème sulfureux, le couple reste dans le consentement. En plus, en fin de tome, l’histoire bonus fait allusion à un possible reverse, donnant envie d’une suite. J’aimerais tant découvrir qui fait battre le cœur de Kaneda.

Viens-là, mon amour – Michinoku Atami

viens la mon amour michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782368775691
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891287 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une romance réaliste entre deux étudiants voisins dont la première rencontre commence plutôt mal.

Pour son premier manga publié, Michinoku Atami sensei propose une romance réaliste entre deux étudiants. Alors que Nishino collectionne les filles, Suzuhara préfère cacher son orientation sexuelle, à part avec son ami Nakayama. Leur rencontre d’abord tendue commence par des méprises mais à force de se fréquenter et se découvrir, elle aboutira à une belle histoire d’amour. L’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses héros en partageant la narration entre eux. Elle conclut son récit sur une anecdote amusante en fin de tome dans un love hotel. Elle complète ce one-shot avec une aventure se déroulant sur un chapitre. Akio et Yûsuke s’interrogent sur l’amour, l’aspect physique et la position de dominant et dominé dans un couple gay. Avec principalement l’envie de faire plaisir à leur partenaire, ils offrent une ode au respect mutuel dans une couple.

La mangaka utilise des traits fins, avec un graphisme assez réalistes. Elle simplifie tout de même les expressions dans les scènes humoristiques. Elle joue beaucoup sur les vides, les blancs et des parties effacées. Ses personnages super-deformed sont mignons et donnent des anecdotes amusantes en fin de chapitre. Les angles de vue recherchés participent à la dynamique de la mise en page. Michinoku sensei équilibre les décors et les trames. Elle ne censure pas les scènes érotiques, détaillées avec parfois des coupes intérieures. Par contre, comme elle privilégie les sensations, les images dégagent une certaine sensualité. Sous la jaquette, une histoire bonus propose quelques images tendres avec Suzuhara qui tente d’économiser malgré la chaleur.

En résumé

Viens-là, mon amour / Une vie de luxe: Etudiant, Suzuhara loue un studio à bas prix aux murs malheureusement mal insonorisés. Même avec des écouteurs sur les oreilles, il entend encore les gémissements d’une fille chez le voisin. Excédé, il tape alors contre le mur pour la faire taire. Son voisin, Nishino, sonne presque immédiatement à sa porte. Comme la fille s’est enfuie, il commence à le draguer. En effet, il se méprend sur les regards insistants de Suzuhara, qui bavait en réalité sur son pack de bière. Les deux jeunes hommes vont à la même université et Suzuhara découvre que son voisin collectionne les conquêtes. Le jour où son ami Nakayama lui demande de lui prêter son appartement pour passer une nuit avec sa petite amie, il accepte. Mais il rentre trop tôt et se retrouve à la porte. Croisant son voisin qui le provoque à nouveau, il accepte de coucher avec lui. Nishino comprend alors que Suzuhara est gay et secrètement amoureux de son ami.
L’amour sans mode d’emploi: Le travesti Akio dégage encore plus de charme que certaines femmes. Mais il se fait souvent plaquer par ses partenaires au moment de passer à l’acte. Ainsi, il est donc encore vierge. Son ami gay, Yûsuke, a également du mal à garder une relation stable. Son dernier petit ami était un échangiste. Les deux amis, plutôt passifs, s’apprécient énormément. Comme Yûsuke accepte d’essayer de devenir dominant, subjugué par le charme d’Akio, ils décident de tenter l’expérience…

En conclusion

Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Pour une première publication, c’est une belle réussite: l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. Je suis complètement sous le charme de ce couple. Et j’adore également la courte histoire « L’amour sans mode d’emploi ». Une valeur sûre qui peut se relire indéfiniment et que je recommande.