Rendez-vous à Udagawachou – Hideyoshico

rendez vous a udagawachou hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775158
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783242 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandantion: un peu

Pourquoi un garçon populaire au lycée s’habillerait-il en fille?

Hideyoshico sensei invite les lecteurs à réfléchir sur la beauté et le travestissement. Elle développe la relation entre deux lycéens qui découvrent leur sexualité et se confrontent à leurs sentiments. Tandis que Yashiro s’initie dans le doute au plaisir du travestissement, ayant du mal à assumer cette partie de sa personnalité, Momose s’interroge sur ses sentiments, ayant eu le coup de foudre pour le lycéen habillé en femme. L’auteure oblige ses personnages à se questionner sur leur sexualité, sur l’homosexualité, mais également sur leur comportement en les plongeant dans des introspections. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Maladroit, grand et taciturne, Momose a du mal à communiquer et a tendance à imposer ses désirs. Grâce à Yashiro, il va apprendre à discuter et être plus doux. Car le travesti exprime clairement son non-consentement et la violence qu’il ressent quand on le force.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux et particulier. Ses personnages sont plutôt longilignes. Par ailleurs, elle travaille les tenues. De même, les décors sont plutôt soignés mais se contentent de situer l’action. En outre, les trames d’ambiance alternent avec les vides et les blancs, donnant un style assez dépouillé. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à ce style de traits simplifiés. Hideyoshico sensei glisse quelques touches graphiques humoristiques pour détendre l’atmosphère générale assez tendue du manga. Par exemple, une passante porte un chapeau à l’effigie de la célèbre série de robot Gundam. Elle donne également quelques anecdotes de création dans la postface sous la jaquette. Des photos de Shibuya séparent les chapitres. Et les illustrations en début de chapitre sont parfois intégrées à la narration.

En résumé

Dans le quartier de Shibuya, Momose Keigo croit reconnaître Yashiro Tomoya, un élève populaire de son lycée, habillé en fille. Plutôt introverti, il n’ose pas l’aborder mais s’interroge sur ses raisons. Après s’être informé sur le transgenre et l’homosexualité, il se pose alors de plus en plus de questions. Intrigué par le lycéen, il commence à l’observer en classe mais se fait remarquer. Et à force de l’observer, il commence à ressentir d’étranges sentiments. Alors, il se rend à nouveau dans le quartier pour en avoir le cœur net. Momose reconnaît immédiatement Yashiro malgré le maquillage et la perruque. Clairement subjugué par sa beauté, il lui propose alors de sortir ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure est classée troisième meilleure artiste et Momose Keigo sixième meilleur seme. Malgré le sujet intéressant, il manque un peu de profondeur pour pleinement apprécier ce récit. En effet, Keigo accepte vite Yashiro comme il est et ce dernier ne s’interroge pas plus sur ses propres sentiments réels, donnant l’impression de céder au harcèlement. Cependant, l’originalité du propos est rafraîchissant. Et j’aime quand le thème du travestissement est abordé simplement, sans se moquer!

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Bodysuit fetish – Yamasaki Uni

bodysuit fetish yamasaki uni

YAMASAKI Uni 山佐木うに
ISBN: 9782368775486
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801955554 (JP)
Takeshobo, 2016
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Derrière les combinaisons moulantes et les tripotages, une ravissante comédie romantique pleine de sentiments.

Yamasaki Uni sensei arrive, malgré le thème sulfureux du fétichisme, à narrer une comédie romantique débordant de sentiments et de positivisme. Alors que Kuroe, otaku de sentai, a une piètre opinion de lui-même, le talentueux Tôma assume pleinement son côté pervers et fétichiste. A partir d’un échange de bons procédés, la relation va évoluer en douceur, les deux garçons se découvrant au fur et à mesure. L’introduction des autres membres du club de cosplay, Kaneda Umi et Ayano Kyôichi, va permettre aux principaux intéressés de comprendre leurs sentiments profonds. L’auteure joue sur les contrastes entre ses personnages, et les écarts entre leurs ressentis et leurs sentiments. Elle met en scène un couple qui communique, cherche à se comprendre, attentif au plaisir de son partenaire. Elle arrive même à donner un aspect innocent au fétichisme pervers de Tôma. S’acceptant tels qu’ils sont, les deux étudiants s’inspirent mutuellement.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux dégageant pourtant de la douceur. Même si son style semble assez classique, elle soigne le traitement des vêtements. Le rendu des tissus est bien fait, en particulier sur les combinaisons moulantes. De plus, ces dernières mettent en valeur les personnages plutôt sveltes et légèrement musclés. Les expressions du visages sont également très travaillées. Yamasaki sensei alterne les décors et les trames d’ambiance. Elle conserve un certain réalisme dans le rendu des ombres et des couleurs. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques, surtout sensuelles, sont assez détaillées, mais des hachures censurent tout de même les organes génitaux en gros plan.

En résumé

Dans l’école de design de Mishima cohabitent un département informatique et un département mode. Kuroe Yôji, en première année d’étude graphique, travaille sur le character design des personnages d’un jeu vidéo indépendant pour son club. Envoyé au département de mode demander au club de cosplay de confectionner les costumes qu’il a dessiné, il aborde le beau et solaire Kishida Tôma, en 2e année. Ce dernier accepte volontiers de concevoir les costumes gratuitement à la seule condition que Kuroe devienne son modèle. D’abord inquiet, Kaneda Umi s’incline devant la détermination de l’otaku. Mais le week-end, après que Kuroe ait enfilé une combinaison moulante, Tôma demande l’autorisation de le toucher, révélant être fétichiste des vêtements. D’abord légèrement apeuré, Kuroe cède au magnifique sourire du designer puis ressent de plus en plus de plaisir au gré des attouchements…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. J’adore l’histoire, car malgré un thème sulfureux, le couple reste dans le consentement. En plus, en fin de tome, l’histoire bonus fait allusion à un possible reverse, donnant envie d’une suite. J’aimerais tant découvrir qui fait battre le cœur de Kaneda.

Viens-là, mon amour – Michinoku Atami

viens la mon amour michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782368775691
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891287 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une romance réaliste entre deux étudiants voisins dont la première rencontre commence plutôt mal.

Pour son premier manga publié, Michinoku Atami sensei propose une romance réaliste entre deux étudiants. Alors que Nishino collectionne les filles, Suzuhara préfère cacher son orientation sexuelle, à part avec son ami Nakayama. Leur rencontre d’abord tendue commence par des méprises mais à force de se fréquenter et se découvrir, elle aboutira à une belle histoire d’amour. L’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses héros en partageant la narration entre eux. Elle conclut son récit sur une anecdote amusante en fin de tome dans un love hotel. Elle complète ce one-shot avec une aventure se déroulant sur un chapitre. Akio et Yûsuke s’interrogent sur l’amour, l’aspect physique et la position de dominant et dominé dans un couple gay. Avec principalement l’envie de faire plaisir à leur partenaire, ils offrent une ode au respect mutuel dans une couple.

La mangaka utilise des traits fins, avec un graphisme assez réalistes. Elle simplifie tout de même les expressions dans les scènes humoristiques. Elle joue beaucoup sur les vides, les blancs et des parties effacées. Ses personnages super-deformed sont mignons et donnent des anecdotes amusantes en fin de chapitre. Les angles de vue recherchés participent à la dynamique de la mise en page. Michinoku sensei équilibre les décors et les trames. Elle ne censure pas les scènes érotiques, détaillées avec parfois des coupes intérieures. Par contre, comme elle privilégie les sensations, les images dégagent une certaine sensualité. Sous la jaquette, une histoire bonus propose quelques images tendres avec Suzuhara qui tente d’économiser malgré la chaleur.

En résumé

Viens-là, mon amour / Une vie de luxe: Etudiant, Suzuhara loue un studio à bas prix aux murs malheureusement mal insonorisés. Même avec des écouteurs sur les oreilles, il entend encore les gémissements d’une fille chez le voisin. Excédé, il tape alors contre le mur pour la faire taire. Son voisin, Nishino, sonne presque immédiatement à sa porte. Comme la fille s’est enfuie, il commence à le draguer. En effet, il se méprend sur les regards insistants de Suzuhara, qui bavait en réalité sur son pack de bière. Les deux jeunes hommes vont à la même université et Suzuhara découvre que son voisin collectionne les conquêtes. Le jour où son ami Nakayama lui demande de lui prêter son appartement pour passer une nuit avec sa petite amie, il accepte. Mais il rentre trop tôt et se retrouve à la porte. Croisant son voisin qui le provoque à nouveau, il accepte de coucher avec lui. Nishino comprend alors que Suzuhara est gay et secrètement amoureux de son ami.
L’amour sans mode d’emploi: Le travesti Akio dégage encore plus de charme que certaines femmes. Mais il se fait souvent plaquer par ses partenaires au moment de passer à l’acte. Ainsi, il est donc encore vierge. Son ami gay, Yûsuke, a également du mal à garder une relation stable. Son dernier petit ami était un échangiste. Les deux amis, plutôt passifs, s’apprécient énormément. Comme Yûsuke accepte d’essayer de devenir dominant, subjugué par le charme d’Akio, ils décident de tenter l’expérience…

En conclusion

Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Pour une première publication, c’est une belle réussite: l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. Je suis complètement sous le charme de ce couple. Et j’adore également la courte histoire « L’amour sans mode d’emploi ». Une valeur sûre qui peut se relire indéfiniment et que je recommande.

Asa & Mitya 2 – Billy Balibally

asa and mitya 2 billy balibally

BILLY Balibally
ISBN: 9782368775868
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570273 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’amour mutuel d’Asa et Mitya arrivera-t-il à guérir leurs blessures profondes?

Après un tome sombre, Billy Balibally sensei donne une approche plus positive du tendre couple d’Asa et Mitya. Elle abandonne la narration de style contée et invite les lecteurs à observer l’évolution des personnages. Saitô et Mimori ont conscience de changer mutuellement. Face à Mikado, Dimitri décide de s’ouvrir plus et de se confier. Son partenaire, bien qu’apeuré, fait de même. Grâce à ce soutien mutuel, ils vont pouvoir affronter leurs problèmes et outrepasser leurs souffrances. Leur interdépendance devient salvatrice. L’auteure fait également évoluer leur entourage comme Yûsuke, l’oncle d’Asa. Elle s’intéresse aux sentiments des protagonistes qu’elle fait mûrir et grandir. L’introduction du demi-frère de Mitya, Alyosha, permet de découvrir le passé de l’adolescent. De même, elle introduit l’histoire de Mika, Eri et son frère jumeau Michiru dans un chapitre bonus, par le point de vue d’Eri.

La mangaka dessine des personnages longilignes mais tout de même musclé, en particulier Mitya. Elle se focalise sur les détails, les regards et les gestes. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Cependant, les fonds noirs accompagnent encore les moments dramatiques. En revanche, il y a plus de décors. Par ailleurs, Billy sensei utilise moins de trames sombres, éclaircissant ainsi ses pages. En plus, son trait fin renforce cet aspect. La mise en page dynamique s’appuie sur les ellipses, les vides et les emboîtements de vignettes. Le graphisme dégage une approche très esthétique, presque poétique, avec par exemple, le reflet de Dimitri en pleurs, enfant, sur le carrelage de l’aéroport. De même, les illustrations de début de chapitre sont directement intégrées au récit. Les scènes érotiques sensuelles évitent de montrer les parties intimes grâce aux cadrages.

En résumé

Mikado débarque au lycée et se présente à Mitya comme son premier homme. Il essaie de provoquer l’adolescent en le faisant douter mais Dimitri tient bon. Ses arguments finissent même par exaspérer le délinquant qui tente alors de le frapper. Mais Asahiko arrive juste à cet instant et prend le coup de poing en s’interposant. Son partenaire craque alors. Les deux bagarreurs se retrouvent donc à l’hôpital dans la même chambre. Quand Eri arrive, il découvre Mika et Asa en train de se chamailler…

En conclusion

L’auteure arrive à donner un ton agréable à son scénario, malgré les épreuves que subissent ses personnages. Le dénouement qui aboutit à une touche joyeuse soulage même le lecteur. Voir Asa et Mitya, qui se détestent eux-même, partager un amour inconditionnel l’un pour l’autre, leur permettant d’apprécier enfin la vie, est tellement émouvant. En revanche, je suis surprise par le nombre de jumeaux intervenant dans cette histoire: Yûsuke et Akihiko, le père d’Asahiko, Eri et Michiru, et les amis d’Asa, Ebihara Sakura et Botan. D’ailleurs, ils font tous l’objet d’un amour particulier. Si vous aimez plutôt voir des romances avec des personnages torturés, n’hésitez pas à lire cette série en deux tomes.

Asa & Mitya 1 – Billy Balibally

asa and mitya 1 billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782368775851
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861348754 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une relation fusionnelle entre deux lycéens profondément meurtris. Mais l’amour n’est pas forcément salvateur.

Billy Balibally sensei propose une romance sombre entre deux lycéens meurtris. Le couple étant formé dès le début, elle se focalise sur leurs sentiments, leurs inquiétudes et leurs souffrances. Elle s’intéresse donc à différentes formes de l’amour, à leurs dérives comme la dépendance ou la possessivité et leurs pouvoirs salvateurs. En effet, les héros ont subi divers traumatismes avec la perte d’êtres chers ou l’abandon. Plongés dans un désespoir ou une souffrance destructrice, ils éprouvent des difficultés à se comprendre. Par exemple, de part son expérience passé, Asa a peur de perdre son nouveau bonheur. Les quelques amis d’Asahiko viennent apporter une touche d’humour. En revanche, l’introduction de Mikado qui nourrissait une relation toxique avec Asa, précipite le récit dans le suspense. L’auteure joue sur les non-dits. Elle alterne la narration entre Mitya et Asa, comme s’ils racontaient leur propre histoire. Elle provoque ainsi l’empathie des lecteurs pour ses personnages.

Les traits fins de la mangaka sont épurés. Ses personnages ont des carrures sveltes, des visages ovales avec de longs yeux tombants. Les expressions sont simplifiées dans les scènes humoristiques. Billy sensei joue sur les fonds noirs, les vides, les clairs-obscurs et les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance et varie ses angles de vue. Ainsi, la mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Par ailleurs, elle évite de montrer les scènes trop dures comme la drogue ou les relations violentes en les grisant avec des trames. Les scènes érotiques dégagent beaucoup de sensualité. D’ailleurs, les cadrages évitent de montrer les détails des parties intimes. En fin de tome, des yonkoma détendent l’atmosphère avec des anecdotes amusantes.

En résumé

Saitô Dimitri, alias Mitya, et Mimori Asahiko, surnommé Asa, ont une relation amoureuse fusionnelle et dépendante. Ils ont eu le coup de foudre en se croisant sur le toit du lycée. Ayant tous deux une mauvaise réputation parmi les autres élèves, ils préfèrent rester entre eux. Surnommé « l’étranger », le métisse russo-japonais d’un naturel taciturne vit seul depuis que sa mère l’a abandonné, ne connaissant pas son père. Quand un ami d’Asahiko tente de lui faire une blague en lui claquant le dos, Mitya s’interpose, prêt à en découdre. En effet, il n’arrive pas à contrôler sa colère, mêlée de possessivité. Heureusement, Asa arrive facilement à le calmer. Malgré son dévouement, Saitô s’inquiète parfois du sourire masochiste de son partenaire. Il a du mal à comprendre pourquoi ce dernier le considère comme un ange, alors qu’il est rejeté par les autres.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, l’auteure installe principalement le passé de ses personnages et leurs sentiments dans ce premier volume. Comme Mitya commence doucement à évoluer, j’ai hâte de découvrir sa confrontation avec Mika. Je n’ai qu’une seule envie: qu’ils trouvent enfin le bonheur dans un amour apaisé.

The capricious love is moderate – Nohagi Aki

the capricious love is moderate nohagi aki

NOHAGI Aki 野萩あき
ISBN: 9782368775288
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408288 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Des amours capricieux avec des manipulateurs tout aussi surprenants.

Nohagi Aki sensei propose un recueil mettant en scène trois manipulateurs capricieux à la recherche de l’amour. Le format court ne permet pas d’approfondir les histoires, tout de même développée sur deux chapitres. L’auteure aime brouiller les pistes: les seme ne sont pas forcément ceux à qui le lecteur s’attendait. Par exemple, la première histoire narre les déboires d’un prétentieux dragueur qui se fait prendre à son propre jeu. Le seme très dominant l’entraîne donc dans des relations peu consenties, presque punitives. « Intérêt » met en avant la manipulation d’un uke narcissique qui plonge son partenaire dans une relation tordue presque SM. Le dernier récit présente un amour réciproque entre deux lycéens homosexuels qui se cachent. Tandis que Mizoguchi, le narrateur, évite tout contact, Sawahara joue les hétéros. Leur rencontre va leur permettre de dépasser leur peur du rejet et la douleur des paroles blessantes.

La mangaka utilise des traits fins et épurés, dans un style graphique assez classique. Certains de ses personnages ont malheureusement tendance à se ressembler. La mise en page est par contre dynamique. Et Nohagi sensei équilibre très bien les trames d’ambiance et les décors. Même ses trames d’ombres et de coloration donnent un certain naturel à ses pages. En plus, ses angles de vue sont recherchés dans certaines vignettes. Les illustrations de début de chapitre introduisent l’ambiance du récit à venir. Les scènes érotiques sont censurées en évitant de dessiner tout simplement les parties intimes.

En résumé

Jouer, mais pas trop / Après le jeu: Tanihana s’est lassé des femmes et souhaite essayer la sodomie avec un homme. Il insiste auprès de son ami et collègue Kinoshita pour qu’il lui présente un ami gay. Ce dernier lui propose de rencontrer Shimakawa qui travaille dans une boutique de costumes sur mesure. Ce dernier envoie balader le prétentieux fils de PDG. Mais cela ne fait que motiver encore plus le salaryman. Remarquant que le vendeur est amoureux de son patron marié, Tanihana le provoque mais la suite ne se déroule pas vraiment comme il l’avait calculé.
Intérêt / Je suis ton chien de Pavlov: Kishi est l’un des rares amis de Someya. En effet, ce dernier, narcissique, n’aime que lui-même. Après les cours, il a pris l’habitude de se soulager aux toilettes. Comme Kishi l’attend patiemment à l’extérieur, Someya lui propose un jour de se masturber ensemble. Kishi cache d’abord son trouble, mais il se demande de plus en plus ce qu’écoute son ami pendant sa petite affaire…
Ton parfum / Je ne peux pas vivre sans toi: Mizoguchi Yûsuke préfère rester tranquille et isolé. Il se contente d’apprécier les beaux garçons assis à côté de lui. Mais avec le dernier changement de places, le bruyant Sawahara Takuto se retrouve devant lui et entame à chaque fois la discussion. En outre, il met un parfum insupportable. Excédé, le lycéen lui fait la remarque. Découvrant que Yû apprécie son odeur naturelle, Taku réussit enfin à sympathiser avec lui.

En conclusion

« Ton parfum » est mon histoire préférée. Son ton plus réaliste et abouti et ses personnages attachants me touchent vraiment. De même, le couple de « Intérêt » suscite ma curiosité. L’auteure brouille parfaitement les pistes de dominant et dominé, avec la relation étrange qu’entretiennent Kishi et Someya. En effet, c’est le uke qui domine complètement son seme. Une lecture distrayante donc!

Depth of field 2 – Enjo

depth of field 2 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776087
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031628 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Se retrouver 3 ans plus tard, avec les mêmes sentiments restés en suspens. Est-ce le destin?

Enjo sensei reprend le cours de sa romance trois ans plus tard. Konno devient le narrateur principal. Ses personnages sont devenus plus mâtures. L’auteure a une plus grande maîtrise du déroulement de son scénario, et transcrit toujours aussi bien leurs sentiments et leurs émotions. Les deux amis prennent leur temps et communiquent. L’introduction d’Ume apporte une vision simple et saine de l’amour, sans référence au genre. En effet, Kon s’interroge sur l’écart ténu entre forte amitié et sentiment amoureux qu’il ressent pour Hayakawa. De même, les sentiments de Shûichi sont restés suspendus tels quels durant les trois ans où ils ne se fréquentaient plus. Il est agréable de voir le couple se renseigner et décider de leur position avant de passer à l’acte. Les deux histoires bonus en fin de tome montrent l’évolution du couple.

La mangaka arrive à conjuguer un trait réaliste et épuré. Elle porte attention aux détails, comme les mouvements de chevelure quand les personnages se déshabillent ou se réveillent par exemple. De même, elle travaille soigneusement les regards et les expressions. Pourtant, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les scènes humoristiques. L’esthétique des pages est toujours autant travaillée; certains passages transcrivant les sensations des protagonistes dégagent même une note poétique. Le découpage cinématographique rend les scènes érotiques très sensuelles, en particulier le détail des préliminaires. De fines bandelettes blanches censure tout de même les détails. La couverture utilise des couleurs complémentaires, avec une dominance de ton orange, répondant à celle du premier tome en bleu.

En résumé

Trois ans plus tard, Konno Ryôhei étudie la photographie à l’université et se forme en parallèle dans le studio de son père, sous la direction de Tada. Au fil d’une discussion sur ses amours, Kon se remémore alors sa relation avec Hayakawa Shûichirô. Même si son ami n’est jamais revenu sur le toit du lycée après sa déclaration, il a fait des efforts pour reprendre la musique. A une soirée avec Ume, artiste coiffeur et maquilleur, et Tada, Kon boit plus que de raison. Tada le retrouve saoul et entouré de filles. Il l’invite donc à dormir chez lui. Le matin, il lui propose alors un bon entraînement: faire des photos pour un groupe indie. Arrivé à la salle de concert, Ryôhei découvre que parmi les trois membres du groupe, le guitariste n’est autre que Hayakawa. Minowa, le bassiste et leader, les invite le soir même chez Shû pour faire connaissance…

En conclusion

Les illustrations couleurs en début de volume subliment le dessin d’Enjo sensei. Le ton réaliste du récit et l’esthétique des pages me donnent envie de voir comment va évoluer l’auteure. Je préfère le second tome au premier, même si ils sont indissociables, surtout parce que leur relation est plus saine. Si vous aimez les drames qui finissent bien, n’hésitez pas à vous plonger dans ce récit!

Depth of field 1 – Enjo

depth of field 1 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776070
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031611 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Shûichirô a abandonné ses rêves pour comprendre un ami cher. Son contact avec le franc Konno va-t-il lui redonner goût à sa passion?

Enjo sensei narre la romance entre un passionné de photographie qui profite pleinement de son passe-temps et un passionné de musique qui a tout abandonné suite à un traumatisme. Elle prend son temps pour approfondir la psychologie de ses personnages. Le narrateur principal, Hayakawa Shûichirô, est tiraillé entre divers sentiments qu’il éprouve au contact de Konno Ryôhei. D’ailleurs, n’arrivant pas à contrôler ses émotions, il tentera de les imposer violemment à son nouvel ami. L’auteure plonge vite le lecteur dans le passé de Shû, décrivant l’isolement qu’entraîne son don pour la musique et les différences sociales. De même, elle met en avant le comportement des gens envieux : le côté sombre de Yamashita se dévoile au fur et à mesure. Malgré son agression, Kon cherche à comprendre son ami perturbé. Ce comportement peut paraître un peu irréaliste, mais amorce parfaitement la suite du récit.

La mangaka utilise des traits fins assez réalistes. Elle transcrit parfaitement le sourire hypocrite de Shûichirô et le regard profond de Konno. Elle détaille également les décors. Le regard vide de Shû quand il perd pied contraste avec la douceur qu’il dégage face à la musique. Les trames d’ambiance ajoutent parfois une touche poétique ou humoristique. De même, Enjo sensei n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les moments amusants. Elle s’attache aux détails et son approche très esthétique se révèle dans ses vignettes. Ainsi, elle varie les angles de vues, les trames et transcrit graphiquement les émotions. Le découpage presque cinématographique dynamise la mise en page. Les scènes érotiques jouent sur les cadrages pour éviter la censure et ne montrent pas entièrement les parties intimes. La couverture attire le regard par sa composition simple et esthétique, illustrant le titre.

En résumé

Se rendant souvent sur le toit du lycée pour sécher les cours ou tuer le temps, Hayakawa Shûichirô a sympathisé avec Konno Ryôhei. Ce dernier est réputé d’un abord difficile, mais en réalité, ce passionné de photographie est tout simplement direct et franc. A force de voir son ami s’épanouir dans son passe-temps, Shû est partagé entre admiration et jalousie. En effet, il a décidé d’abandonner sa passion pour la musique. Alors il cumule les aventures avec les filles, et même les femmes plus mûres de l’école, afin d’oublier sa passion. Mais tandis qu’il se consolait auprès de la docteure de l’école, il est surpris par Kon qui cherchait un coin pour dormir. Son ami s’éclipse discrètement, mais Hayakawa se met alors à imaginer son ami à la place de sa partenaire actuelle…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Il fait partie d’un diptyque, s’appréciant pleinement en lisant les deux volumes à la suite. Même s’il y a quelques faiblesses scénaristiques sur le développement de la romance, l’esthétique prenant beaucoup de place, ce manga est prenant.

Souteigai love serendipity – meco

souteigai love serendipity meco

meco
ISBN: 9782368775400
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953727 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke idiots à la sexualité débordante mais qui ont du mal à comprendre leurs sentiments.

Dans ce recueil, meco sensei offre des comédie romantiques légères remplie d’humour. « Routine XXX » s’intéresse à un couple proche de la trentaine qui se redécouvre après une période de creux. La seconde histoire donne son titre au manga et reprend les personnages secondaires du récit précédent. Elle met en avant deux idiots qui s’apprécient mais refusent de l’admettre. Malgré leur alcoolisation, Karasuma et Shimizu concluent une relation consentie mais expérimentale. L’auteure aborde ensuite avec légèreté les problèmes d’impuissance. Dans la dernière histoire, elle confronte un dévergondé habitué aux sex friends avec un jeune homme idéaliste, fervent du sexe après un mariage d’amour. Elle travaille un peu plus leurs personnalités, en particulier le traumatisme de Kashii qui a eu du mal à accepter sa sexualité et qui s’accroche désespérément à son premier amour qui l’a accepté tel qu’il est. De même, elle développe les sentiments de Mimori.

La mangaka a un style shôjo avec des traits fins. Ses visages plutôt ronds ont des nez pointus. Les personnages ne font pas vraiment leur âge. De même, ils rougissent beaucoup. Les seme ont tous des cheveux courts. meco sensei utilise beaucoup la simplification des traits et l’exagération des expressions. Par exemple, dans les scènes humoristiques, elle simplifie tellement les traits que ses personnages ressemblent presque à des super deformed. Elle alterne les décors et les trames de fond. Mais dans l’ensemble, elle utilise peu de trames, donnant un aspect plutôt blanc aux pages. Elle ne dessine presque pas d’ombres, privilégiant les aplats. Ainsi, son style conserve un côté dessiné mais mignon. En fin de chapitre, les personnages simplifiés donnent d’adorables anecdotes. Dans les scènes érotiques, la censure est discrète, avec l’absence de détails. Mais il y a tout de même des coupes intérieures.

En résumé

Routine XXX: Shima Fujio et Takanashi Hikaru sortent ensemble depuis 7 ans et vivent ensemble depuis 3 ans. Mais dernièrement, une certaine routine s’est installée entre eux. Comme il n’y a plus de passion, leurs ébats deviennent presque machinaux. Ayant confié son souci à ses collègues de bureau, Hikaru décide d’expérimenter les quelques conseils que lui donne Karasuma pour pimenter sa vie sexuelle. Pourtant Shimizu tente de le raisonner en vain.
Amour inattendu – serendipity: Karasuma invite Shimizu à une soirée entre collègues mais c’était en réalité une soirée de rencontres arrangées. Malheureusement, l’employé encore puceau ne supporte pas l’alcool mais surtout, a peur des filles trop entreprenantes. Se rappelant de son ami Hikaru, il décide de se faire passer pour un gay. La fille collante étant peu convaincue, il embrasse alors son collègue. Refusant d’abandonner, les filles suivent les deux hommes jusque dans la rue. Alors Shimizu emmène Karasuma dans un love hotel. Eméché, le pervers tombeur de filles remarque qu’il n’a jamais testé de relation avec un homme. L’ivresse aidant, ils finissent donc par coucher ensemble.
Cher Senpai: Mimori (21 ans) a toujours mené une vie saine et sobre. Mais un matin, il se réveille au côté de son senpai Kashii. Malgré sa gueule de bois, ce dernier lui apprend qu’ils ont couché ensemble la veille alors qu’ils étaient ivres. Mimori décide alors de prendre ses responsabilités et demande de sortir avec lui. En effet, le jeune homme voulait préserver sa chasteté jusqu’au mariage. Devant un tel sérieux, Kashii le traite alors comme son esclave.

En conclusion

Même si l’auteure aborde quelques thèmes intéressants, elle le traite avec légèreté et humour. La lecture de ce recueil est plaisant. Je me suis bien amusée des aventures de ces couples un peu idiots. J’apprécie particulièrement « Cher Senpai » qui est plus travaillée et un peu plus réaliste.