Asa & Mitya 2 – Billy Balibally

asa and mitya 2 billy balibally

BILLY Balibally
ISBN: 9782368775868
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570273 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’amour mutuel d’Asa et Mitya arrivera-t-il à guérir leurs blessures profondes?

Après un tome sombre, Billy Balibally sensei donne une approche plus positive du tendre couple d’Asa et Mitya. Elle abandonne la narration de style contée et invite les lecteurs à observer l’évolution des personnages. Saitô et Mimori ont conscience de changer mutuellement. Face à Mikado, Dimitri décide de s’ouvrir plus et de se confier. Son partenaire, bien qu’apeuré, fait de même. Grâce à ce soutien mutuel, ils vont pouvoir affronter leurs problèmes et outrepasser leurs souffrances. Leur interdépendance devient salvatrice. L’auteure fait également évoluer leur entourage comme Yûsuke, l’oncle d’Asa. Elle s’intéresse aux sentiments des protagonistes qu’elle fait mûrir et grandir. L’introduction du demi-frère de Mitya, Alyosha, permet de découvrir le passé de l’adolescent. De même, elle introduit l’histoire de Mika, Eri et son frère jumeau Michiru dans un chapitre bonus, par le point de vue d’Eri.

La mangaka dessine des personnages longilignes mais tout de même musclé, en particulier Mitya. Elle se focalise sur les détails, les regards et les gestes. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Cependant, les fonds noirs accompagnent encore les moments dramatiques. En revanche, il y a plus de décors. Par ailleurs, Billy sensei utilise moins de trames sombres, éclaircissant ainsi ses pages. En plus, son trait fin renforce cet aspect. La mise en page dynamique s’appuie sur les ellipses, les vides et les emboîtements de vignettes. Le graphisme dégage une approche très esthétique, presque poétique, avec par exemple, le reflet de Dimitri en pleurs, enfant, sur le carrelage de l’aéroport. De même, les illustrations de début de chapitre sont directement intégrées au récit. Les scènes érotiques sensuelles évitent de montrer les parties intimes grâce aux cadrages.

En résumé

Mikado débarque au lycée et se présente à Mitya comme son premier homme. Il essaie de provoquer l’adolescent en le faisant douter mais Dimitri tient bon. Ses arguments finissent même par exaspérer le délinquant qui tente alors de le frapper. Mais Asahiko arrive juste à cet instant et prend le coup de poing en s’interposant. Son partenaire craque alors. Les deux bagarreurs se retrouvent donc à l’hôpital dans la même chambre. Quand Eri arrive, il découvre Mika et Asa en train de se chamailler…

En conclusion

L’auteure arrive à donner un ton agréable à son scénario, malgré les épreuves que subissent ses personnages. Le dénouement qui aboutit à une touche joyeuse soulage même le lecteur. Voir Asa et Mitya, qui se détestent eux-même, partager un amour inconditionnel l’un pour l’autre, leur permettant d’apprécier enfin la vie, est tellement émouvant. En revanche, je suis surprise par le nombre de jumeaux intervenant dans cette histoire: Yûsuke et Akihiko, le père d’Asahiko, Eri et Michiru, et les amis d’Asa, Ebihara Sakura et Botan. D’ailleurs, ils font tous l’objet d’un amour particulier. Si vous aimez plutôt voir des romances avec des personnages torturés, n’hésitez pas à lire cette série en deux tomes.

Asa & Mitya 1 – Billy Balibally

asa and mitya 1 billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782368775851
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861348754 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une relation fusionnelle entre deux lycéens profondément meurtris. Mais l’amour n’est pas forcément salvateur.

Billy Balibally sensei propose une romance sombre entre deux lycéens meurtris. Le couple étant formé dès le début, elle se focalise sur leurs sentiments, leurs inquiétudes et leurs souffrances. Elle s’intéresse donc à différentes formes de l’amour, à leurs dérives comme la dépendance ou la possessivité et leurs pouvoirs salvateurs. En effet, les héros ont subi divers traumatismes avec la perte d’êtres chers ou l’abandon. Plongés dans un désespoir ou une souffrance destructrice, ils éprouvent des difficultés à se comprendre. Par exemple, de part son expérience passé, Asa a peur de perdre son nouveau bonheur. Les quelques amis d’Asahiko viennent apporter une touche d’humour. En revanche, l’introduction de Mikado qui nourrissait une relation toxique avec Asa, précipite le récit dans le suspense. L’auteure joue sur les non-dits. Elle alterne la narration entre Mitya et Asa, comme s’ils racontaient leur propre histoire. Elle provoque ainsi l’empathie des lecteurs pour ses personnages.

Les traits fins de la mangaka sont épurés. Ses personnages ont des carrures sveltes, des visages ovales avec de longs yeux tombants. Les expressions sont simplifiées dans les scènes humoristiques. Billy sensei joue sur les fonds noirs, les vides, les clairs-obscurs et les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance et varie ses angles de vue. Ainsi, la mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Par ailleurs, elle évite de montrer les scènes trop dures comme la drogue ou les relations violentes en les grisant avec des trames. Les scènes érotiques dégagent beaucoup de sensualité. D’ailleurs, les cadrages évitent de montrer les détails des parties intimes. En fin de tome, des yonkoma détendent l’atmosphère avec des anecdotes amusantes.

En résumé

Saitô Dimitri, alias Mitya, et Mimori Asahiko, surnommé Asa, ont une relation amoureuse fusionnelle et dépendante. Ils ont eu le coup de foudre en se croisant sur le toit du lycée. Ayant tous deux une mauvaise réputation parmi les autres élèves, ils préfèrent rester entre eux. Surnommé « l’étranger », le métisse russo-japonais d’un naturel taciturne vit seul depuis que sa mère l’a abandonné, ne connaissant pas son père. Quand un ami d’Asahiko tente de lui faire une blague en lui claquant le dos, Mitya s’interpose, prêt à en découdre. En effet, il n’arrive pas à contrôler sa colère, mêlée de possessivité. Heureusement, Asa arrive facilement à le calmer. Malgré son dévouement, Saitô s’inquiète parfois du sourire masochiste de son partenaire. Il a du mal à comprendre pourquoi ce dernier le considère comme un ange, alors qu’il est rejeté par les autres.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, l’auteure installe principalement le passé de ses personnages et leurs sentiments dans ce premier volume. Comme Mitya commence doucement à évoluer, j’ai hâte de découvrir sa confrontation avec Mika. Je n’ai qu’une seule envie: qu’ils trouvent enfin le bonheur dans un amour apaisé.

The capricious love is moderate – Nohagi Aki

the capricious love is moderate nohagi aki

NOHAGI Aki 野萩あき
ISBN: 9782368775288
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408288 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Des amours capricieux avec des manipulateurs tout aussi surprenants.

Nohagi Aki sensei propose un recueil mettant en scène trois manipulateurs capricieux à la recherche de l’amour. Le format court ne permet pas d’approfondir les histoires, tout de même développée sur deux chapitres. L’auteure aime brouiller les pistes: les seme ne sont pas forcément ceux à qui le lecteur s’attendait. Par exemple, la première histoire narre les déboires d’un prétentieux dragueur qui se fait prendre à son propre jeu. Le seme très dominant l’entraîne donc dans des relations peu consenties, presque punitives. « Intérêt » met en avant la manipulation d’un uke narcissique qui plonge son partenaire dans une relation tordue presque SM. Le dernier récit présente un amour réciproque entre deux lycéens homosexuels qui se cachent. Tandis que Mizoguchi, le narrateur, évite tout contact, Sawahara joue les hétéros. Leur rencontre va leur permettre de dépasser leur peur du rejet et la douleur des paroles blessantes.

La mangaka utilise des traits fins et épurés, dans un style graphique assez classique. Certains de ses personnages ont malheureusement tendance à se ressembler. La mise en page est par contre dynamique. Et Nohagi sensei équilibre très bien les trames d’ambiance et les décors. Même ses trames d’ombres et de coloration donnent un certain naturel à ses pages. En plus, ses angles de vue sont recherchés dans certaines vignettes. Les illustrations de début de chapitre introduisent l’ambiance du récit à venir. Les scènes érotiques sont censurées en évitant de dessiner tout simplement les parties intimes.

En résumé

Jouer, mais pas trop / Après le jeu: Tanihana s’est lassé des femmes et souhaite essayer la sodomie avec un homme. Il insiste auprès de son ami et collègue Kinoshita pour qu’il lui présente un ami gay. Ce dernier lui propose de rencontrer Shimakawa qui travaille dans une boutique de costumes sur mesure. Ce dernier envoie balader le prétentieux fils de PDG. Mais cela ne fait que motiver encore plus le salaryman. Remarquant que le vendeur est amoureux de son patron marié, Tanihana le provoque mais la suite ne se déroule pas vraiment comme il l’avait calculé.
Intérêt / Je suis ton chien de Pavlov: Kishi est l’un des rares amis de Someya. En effet, ce dernier, narcissique, n’aime que lui-même. Après les cours, il a pris l’habitude de se soulager aux toilettes. Comme Kishi l’attend patiemment à l’extérieur, Someya lui propose un jour de se masturber ensemble. Kishi cache d’abord son trouble, mais il se demande de plus en plus ce qu’écoute son ami pendant sa petite affaire…
Ton parfum / Je ne peux pas vivre sans toi: Mizoguchi Yûsuke préfère rester tranquille et isolé. Il se contente d’apprécier les beaux garçons assis à côté de lui. Mais avec le dernier changement de places, le bruyant Sawahara Takuto se retrouve devant lui et entame à chaque fois la discussion. En outre, il met un parfum insupportable. Excédé, le lycéen lui fait la remarque. Découvrant que Yû apprécie son odeur naturelle, Taku réussit enfin à sympathiser avec lui.

En conclusion

« Ton parfum » est mon histoire préférée. Son ton plus réaliste et abouti et ses personnages attachants me touchent vraiment. De même, le couple de « Intérêt » suscite ma curiosité. L’auteure brouille parfaitement les pistes de dominant et dominé, avec la relation étrange qu’entretiennent Kishi et Someya. En effet, c’est le uke qui domine complètement son seme. Une lecture distrayante donc!

Depth of field 2 – Enjo

depth of field 2 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776087
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031628 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Se retrouver 3 ans plus tard, avec les mêmes sentiments restés en suspens. Est-ce le destin?

Enjo sensei reprend le cours de sa romance trois ans plus tard. Konno devient le narrateur principal. Ses personnages sont devenus plus mâtures. L’auteure a une plus grande maîtrise du déroulement de son scénario, et transcrit toujours aussi bien leurs sentiments et leurs émotions. Les deux amis prennent leur temps et communiquent. L’introduction d’Ume apporte une vision simple et saine de l’amour, sans référence au genre. En effet, Kon s’interroge sur l’écart ténu entre forte amitié et sentiment amoureux qu’il ressent pour Hayakawa. De même, les sentiments de Shûichi sont restés suspendus tels quels durant les trois ans où ils ne se fréquentaient plus. Il est agréable de voir le couple se renseigner et décider de leur position avant de passer à l’acte. Les deux histoires bonus en fin de tome montrent l’évolution du couple.

La mangaka arrive à conjuguer un trait réaliste et épuré. Elle porte attention aux détails, comme les mouvements de chevelure quand les personnages se déshabillent ou se réveillent par exemple. De même, elle travaille soigneusement les regards et les expressions. Pourtant, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les scènes humoristiques. L’esthétique des pages est toujours autant travaillée; certains passages transcrivant les sensations des protagonistes dégagent même une note poétique. Le découpage cinématographique rend les scènes érotiques très sensuelles, en particulier le détail des préliminaires. De fines bandelettes blanches censure tout de même les détails. La couverture utilise des couleurs complémentaires, avec une dominance de ton orange, répondant à celle du premier tome en bleu.

En résumé

Trois ans plus tard, Konno Ryôhei étudie la photographie à l’université et se forme en parallèle dans le studio de son père, sous la direction de Tada. Au fil d’une discussion sur ses amours, Kon se remémore alors sa relation avec Hayakawa Shûichirô. Même si son ami n’est jamais revenu sur le toit du lycée après sa déclaration, il a fait des efforts pour reprendre la musique. A une soirée avec Ume, artiste coiffeur et maquilleur, et Tada, Kon boit plus que de raison. Tada le retrouve saoul et entouré de filles. Il l’invite donc à dormir chez lui. Le matin, il lui propose alors un bon entraînement: faire des photos pour un groupe indie. Arrivé à la salle de concert, Ryôhei découvre que parmi les trois membres du groupe, le guitariste n’est autre que Hayakawa. Minowa, le bassiste et leader, les invite le soir même chez Shû pour faire connaissance…

En conclusion

Les illustrations couleurs en début de volume subliment le dessin d’Enjo sensei. Le ton réaliste du récit et l’esthétique des pages me donnent envie de voir comment va évoluer l’auteure. Je préfère le second tome au premier, même si ils sont indissociables, surtout parce que leur relation est plus saine. Si vous aimez les drames qui finissent bien, n’hésitez pas à vous plonger dans ce récit!

Depth of field 1 – Enjo

depth of field 1 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776070
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031611 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Shûichirô a abandonné ses rêves pour comprendre un ami cher. Son contact avec le franc Konno va-t-il lui redonner goût à sa passion?

Enjo sensei narre la romance entre un passionné de photographie qui profite pleinement de son passe-temps et un passionné de musique qui a tout abandonné suite à un traumatisme. Elle prend son temps pour approfondir la psychologie de ses personnages. Le narrateur principal, Hayakawa Shûichirô, est tiraillé entre divers sentiments qu’il éprouve au contact de Konno Ryôhei. D’ailleurs, n’arrivant pas à contrôler ses émotions, il tentera de les imposer violemment à son nouvel ami. L’auteure plonge vite le lecteur dans le passé de Shû, décrivant l’isolement qu’entraîne son don pour la musique et les différences sociales. De même, elle met en avant le comportement des gens envieux : le côté sombre de Yamashita se dévoile au fur et à mesure. Malgré son agression, Kon cherche à comprendre son ami perturbé. Ce comportement peut paraître un peu irréaliste, mais amorce parfaitement la suite du récit.

La mangaka utilise des traits fins assez réalistes. Elle transcrit parfaitement le sourire hypocrite de Shûichirô et le regard profond de Konno. Elle détaille également les décors. Le regard vide de Shû quand il perd pied contraste avec la douceur qu’il dégage face à la musique. Les trames d’ambiance ajoutent parfois une touche poétique ou humoristique. De même, Enjo sensei n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les moments amusants. Elle s’attache aux détails et son approche très esthétique se révèle dans ses vignettes. Ainsi, elle varie les angles de vues, les trames et transcrit graphiquement les émotions. Le découpage presque cinématographique dynamise la mise en page. Les scènes érotiques jouent sur les cadrages pour éviter la censure et ne montrent pas entièrement les parties intimes. La couverture attire le regard par sa composition simple et esthétique, illustrant le titre.

En résumé

Se rendant souvent sur le toit du lycée pour sécher les cours ou tuer le temps, Hayakawa Shûichirô a sympathisé avec Konno Ryôhei. Ce dernier est réputé d’un abord difficile, mais en réalité, ce passionné de photographie est tout simplement direct et franc. A force de voir son ami s’épanouir dans son passe-temps, Shû est partagé entre admiration et jalousie. En effet, il a décidé d’abandonner sa passion pour la musique. Alors il cumule les aventures avec les filles, et même les femmes plus mûres de l’école, afin d’oublier sa passion. Mais tandis qu’il se consolait auprès de la docteure de l’école, il est surpris par Kon qui cherchait un coin pour dormir. Son ami s’éclipse discrètement, mais Hayakawa se met alors à imaginer son ami à la place de sa partenaire actuelle…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Il fait partie d’un diptyque, s’appréciant pleinement en lisant les deux volumes à la suite. Même s’il y a quelques faiblesses scénaristiques sur le développement de la romance, l’esthétique prenant beaucoup de place, ce manga est prenant.

Souteigai love serendipity – meco

souteigai love serendipity meco

meco
ISBN: 9782368775400
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953727 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke idiots à la sexualité débordante mais qui ont du mal à comprendre leurs sentiments.

Dans ce recueil, meco sensei offre des comédie romantiques légères remplie d’humour. « Routine XXX » s’intéresse à un couple proche de la trentaine qui se redécouvre après une période de creux. La seconde histoire donne son titre au manga et reprend les personnages secondaires du récit précédent. Elle met en avant deux idiots qui s’apprécient mais refusent de l’admettre. Malgré leur alcoolisation, Karasuma et Shimizu concluent une relation consentie mais expérimentale. L’auteure aborde ensuite avec légèreté les problèmes d’impuissance. Dans la dernière histoire, elle confronte un dévergondé habitué aux sex friends avec un jeune homme idéaliste, fervent du sexe après un mariage d’amour. Elle travaille un peu plus leurs personnalités, en particulier le traumatisme de Kashii qui a eu du mal à accepter sa sexualité et qui s’accroche désespérément à son premier amour qui l’a accepté tel qu’il est. De même, elle développe les sentiments de Mimori.

La mangaka a un style shôjo avec des traits fins. Ses visages plutôt ronds ont des nez pointus. Les personnages ne font pas vraiment leur âge. De même, ils rougissent beaucoup. Les seme ont tous des cheveux courts. meco sensei utilise beaucoup la simplification des traits et l’exagération des expressions. Par exemple, dans les scènes humoristiques, elle simplifie tellement les traits que ses personnages ressemblent presque à des super deformed. Elle alterne les décors et les trames de fond. Mais dans l’ensemble, elle utilise peu de trames, donnant un aspect plutôt blanc aux pages. Elle ne dessine presque pas d’ombres, privilégiant les aplats. Ainsi, son style conserve un côté dessiné mais mignon. En fin de chapitre, les personnages simplifiés donnent d’adorables anecdotes. Dans les scènes érotiques, la censure est discrète, avec l’absence de détails. Mais il y a tout de même des coupes intérieures.

En résumé

Routine XXX: Shima Fujio et Takanashi Hikaru sortent ensemble depuis 7 ans et vivent ensemble depuis 3 ans. Mais dernièrement, une certaine routine s’est installée entre eux. Comme il n’y a plus de passion, leurs ébats deviennent presque machinaux. Ayant confié son souci à ses collègues de bureau, Hikaru décide d’expérimenter les quelques conseils que lui donne Karasuma pour pimenter sa vie sexuelle. Pourtant Shimizu tente de le raisonner en vain.
Amour inattendu – serendipity: Karasuma invite Shimizu à une soirée entre collègues mais c’était en réalité une soirée de rencontres arrangées. Malheureusement, l’employé encore puceau ne supporte pas l’alcool mais surtout, a peur des filles trop entreprenantes. Se rappelant de son ami Hikaru, il décide de se faire passer pour un gay. La fille collante étant peu convaincue, il embrasse alors son collègue. Refusant d’abandonner, les filles suivent les deux hommes jusque dans la rue. Alors Shimizu emmène Karasuma dans un love hotel. Eméché, le pervers tombeur de filles remarque qu’il n’a jamais testé de relation avec un homme. L’ivresse aidant, ils finissent donc par coucher ensemble.
Cher Senpai: Mimori (21 ans) a toujours mené une vie saine et sobre. Mais un matin, il se réveille au côté de son senpai Kashii. Malgré sa gueule de bois, ce dernier lui apprend qu’ils ont couché ensemble la veille alors qu’ils étaient ivres. Mimori décide alors de prendre ses responsabilités et demande de sortir avec lui. En effet, le jeune homme voulait préserver sa chasteté jusqu’au mariage. Devant un tel sérieux, Kashii le traite alors comme son esclave.

En conclusion

Même si l’auteure aborde quelques thèmes intéressants, elle le traite avec légèreté et humour. La lecture de ce recueil est plaisant. Je me suis bien amusée des aventures de ces couples un peu idiots. J’apprécie particulièrement « Cher Senpai » qui est plus travaillée et un peu plus réaliste.

Et demain, ce sera quoi! 1 – Yamamoto Kotetsuko

et demain ce sera quoi 1 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368775318
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031116 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommantation: beaucoup

Kirara est amoureux de son ami d’enfance Ken, mais ce dernier éprouve du dégoût envers les homosexuels…

Dans ce premier tome, Yamamoto Kotetsuko sensei pose d’abord le contexte de sa comédie romantique. L’histoire avance assez vite jusqu’au lycée. Le côté un peu idiot de Kirara l’entraîne dans des situations amusantes, parfois exagérées. De même, quelques personnages secondaires comme le poulet King et le délinquant Omaeda ajoutent des instants encore plus comiques. Ainsi, tout en abordant avec humour les premiers émois, l’auteure s’intéresse aux dégâts de l’homosexualité non assumée, à l’homophobie, aux relations familiales conflictuelles, au paraître chez les jeunes et à la surprotection maternelle. Elle développe des personnages à la personnalité assez complexes. Par exemple, Ken semble plus gentil qu’il ne s’en donne l’air. Miyagawa Tarô s’efface auprès des deux fils de son amant, Masakazu, connaissant leurs sentiments. La relation entre Kirara et ses voisins évolue doucement.

La mangaka utilise des traits plutôt épurés. Elle dessine les cils supérieurs avec plusieurs traits, leur donnant une épaisseur caractéristique à son style. Le travail sur le regard est très soigné. En revanche, les visages ronds dégagent une certaine douceur. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Même si les bagarres ne s’éternisent pas, les angles de vue rendent bien les actions. Un yonkoma complète un chapitre en donnant une anecdote amusante.

En résumé

A 9 ans, Mayuzumi Kirara a gagné un concours de beauté. En effet, depuis sa naissance et bien qu’il soit un garçon, sa mère adore l’habiller de vêtements très mignons. Mais le garçonnet rêve d’être un garçon viril. Après avoir découpé toutes ses fanfreluches, il sort en slip pour aller à l’école et percute leur nouveau voisin: Tosayamada Masakazu élève seul ses deux fils Kyôichi et Ken. En admiration devant ces bagarreurs surnommés « les chiens enragés », Kirara se met alors à les suivre. Au collège, le frêle Kirara impressionne ses comparses en tenant tête à Ken et sympathise vite avec Yamaguchi Susumu. Des élèves de troisième voulant faire la peau à Kyôichi, l’abordent mais finissent par le menacer devant son air efféminé mais rebelle. Ken arrive à temps pour le sauver mais Kirara remarque que son cœur s’emballe…

En conclusion

Classé 26ème meilleur manga au Chill Chill BL award 2017, cette adorable comédie romantique entre un idiot et un faux voyou nous prend par les sentiments. Yamamoto sensei arrive à donner de la légèreté à ses récits, à nous toucher et nous faire rire sur une situation un peu complexe. Je n’ai qu’une seule envie: voir si Kirara pourra être heureux en amour!

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.

The Teijo academy 1 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 1 natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776933
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895568 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

En suivant son ex dans l’académie Teijo, Harutaka ne pensait pas tomber dans un environnement aussi élitiste.

Natsushita Fuyu sensei installe d’abord le contexte et les personnages de son gakuenmono. Bien que ce soit un omegaverse, elle ne précise pas forcément l’appartenance de ses héros. Malgré l’égalité prônée par l’académie, des préjugés persistent. L’omega Harutaka va venir bousculer les traditions, réclamant plus d’intégrité. En effet, derrière l’excellence, l’école semble cacher une partie sombre, en particulier dans la manière de nouer un réseau ou d’accéder à un certain statut. La promotion canapé n’est donc plus l’apanage des omega. En fin de chapitre, l’auteure donne des fiches explicatives sur le fonctionnement de l’école. Ce tome se concentre sur l’effervescence du bal et l’influence hiérarchique remontant jusqu’au anciens membres. En fin de volume, l’histoire de Tsuji est narrée ainsi que la suite des aventures de Le maître de maison est un alpha, avec la grand-mère Isaka qui souhaite inscrire son petit-fils à l’académie.

Le graphisme de la mangaka est plutôt réaliste. Les étudiants ont des carrures variées. Par contre, Natsushita sensei n’hésite pas à exagérer les expressions de Harutaka. De même, elle met en image l’imagination de l’omega et représente sa conscience par trois personnalités intérieures qui débattent entre elles. Les décors sont précis et les trames d’ambiances discrètes. La mise en page semble assez classique pourtant les angles de vue sont très variés. Sous la jaquette, un plan présente l’académie. Les scènes érotiques sont courtes et censurées par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Bien que l’académie Teijo accueille la future élite du Japon, elle est ouverte à tous: alpha, beta et omega. Les dirigeants des quatre clubs scolaires, surnommés les quatre légendaires ou 4L, y règnent en maître. Alors que le représentant de l’éthique Hasunomiya ne cherche qu’à assouvir sa libido, Aoki, responsable du savoir, refuse ses privilèges. Souhaitant suivre les traces de son père politicien, l’alpha Einan Nachi quitte son petit ami omega afin d’intégrer cette école. Cependant, Ichijô Harutaka décide de le suivre pour le soutenir. Le jour de la rentrée, il surprend Tsubaki et Kakuya, respectivement les responsables du club de sport et d’art, exclure un élève alpha qui aurait discriminé les omega sur les réseaux sociaux. Alors que son colocataire, Tsuji Akihiko, ne rêve que de devenir un favori, n’hésitant pas à coucher pour y arriver, Harutaka préfère vivre pleinement sa vie étudiante avec son ami omega Mitomi.

En conclusion

Les mimiques de Harutaka sont hilarantes. Alors que la couverture laisse espérer un triangle amoureux (ou même un threesome), le manga nous oriente dans une toute autre direction. Mais c’est très intéressant de découvrir tous l’univers construit par l’auteure. Et le suspense nous invite à nous jeter sur la suite.

Smells like green spirit : side B – Nagai Saburo

smells like green spririt side b nagai saburo

NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782368776438
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784893938060 (JP)
Fusion product, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Des adolescents qui peinent à trouver leur voie, coincés entre ce qu’ils aimeraient être et les attentes de leur famille.

Dans ce second tome, Nagai Saburo sensei prend un ton plus dramatique. Elle aborde le thème de la pédophilie, de la tentative de viol et des traumatismes qui en découlent, ainsi que les conséquences des rumeurs suite à des quiproquos. Par ailleurs, elle décrit le changement des relations suite à un évènement traumatisant, la souffrance du rejet, le problème d’acceptation de soi ou de l’autre. Elle détaille également les réactions différentes des trois mères, entre acceptation, interrogation et refus total. L’auteure reste pudique sur la relation et les sentiments. La narration donne le point de vue de Mishima qui personnalise légèrement la conclusion des chapitres en partageant ses réflexions. La fin permet de découvrir ce que les trois héros sont devenus plus tard en prenant des chemins différents. En bonus, une anecdote sur Yanagida et le père américain de Tarô détend l’atmosphère lourde.

La mangaka apporte un travail particulier sur les regards. L’expressivité est poussée et permet de comprendre immédiatement le ressenti des personnages. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Le jeu des clairs-obscurs est privilégié avec le fond noir qui appuie la narration, les ellipses ou les souvenirs. La dynamique de la mise en page est avant tout au service du récit et sert également la lecture. Ainsi, Nagai sensei s’attarde principalement sur les détails des gestes. Les illustrations de début de chapitre sont très expressives, en rapport avec l’humeur du récit.

En résumé

Alors que Mishima Futoshi rentrait à pieds, son pneu de vélo étant crevé, il est accosté par le professeur Yanagida en voiture qui lui propose de l’aider. Sentant le danger, Kirino Makoto et Yumeno Tarô partent à sa recherche. Arrivés dans une usine désaffectée, le professeur lâche toute sa frustration sur le lycéen terrorisé puis l’agresse. Les deux autres garçons arrivent juste à temps pour empêcher l’irréparable. Fou de rage, Yumeno se jette sur le professeur pendant que Kirino libère leur ami. Mais alors que Tarô voulait avertir l’école, Mishima l’arrête. Yanagida disparaît alors sans laisser de traces…

En conclusion

Je trouve la métaphore de la boîte de pandore bien trouvée. L’auteure donne une vision assez réaliste de l’homosexualité adolescente. Ce manga est très loin de l’homo-romance et donne plutôt une perception sociale de l’homosexualité en milieu rural. A lire, même si on n’est pas fan de BL!
Mise à jour: Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.