Hitorijime my hero 1 – Arii Memeco

hitorijime my hero 1 arii memeco

ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782368777695
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784758071789 (JP)
Ichijinsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’admiration d’un faible et impuissant lycéen pour son beau héros se transformera-t-elle en amour?

Arii Memeco sensei offre une comédie romantique entre un professeur atypique et un lycéen renfermé ayant une mauvaise opinion de lui-même. Elle met clairement en avant les 12 ans de différence entre les deux héros qui s’interrogent sur l’immoralité de leur relation. Néanmoins, elle exagère beaucoup les caractères des personnages. Ainsi, Setagawa est tellement gentil qu’il se fait facilement exploiter. Son manque de confiance en lui l’empêche d’accepter l’évidence de ses sentiments. Kôsuke ressemble plus à un délinquant qu’à un professeur, aimant manipuler les jeunes. Autour de Ken gravite tout un groupe d’amis qui apportent une touche d’humour. L’auteure développe peu la peur de Masahiro d’être homosexuel, la tournant en effet comique. Elle s’appuie beaucoup sur le couple formé par Hasekura et Kensuke, développé dans son autre manga Hitorijime boyfriend. Malheureusement, cela brouille un peu la compréhension de l’histoire.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le déforme dans les passages humoristiques, abusant du comique graphique. Par exemple, le personnage se décompose en dégoulinant ou la raison de Masahiro s’envole sur une fusée. Les trames d’ambiance et les décors sont équilibrés. La mise en page reste dynamique malgré quelques pages surchargées. Arii sensei évite de montrer les passages érotiques. Elle conclut ses chapitres par des croquis humoristiques. De même, elle présente ses croquis en fin de tome. Sous la jaquette, deux illustrations amusantes donnent des anecdotes hors contexte. Au contraire, l’illustration couleurs du frontispice met en avant le quotidien des deux héros.

En résumé

Avec son enfance difficile, Setagawa Masahiro ne croit pas aux héros. Il se contente donc de faire le larbin pour une bande de voyous menée par Tôru, préférant éviter de rentrer chez lui. Mais ces derniers sont battus par le légendaire « Kumagoroshi », un professeur de mathématiques qui corrige les délinquants. Dans un parc, il croise alors un ami de primaire, Ôshiba Kensuke, qui a trouvé un chaton abandonné. Il l’accompagne chez lui pour le conseiller, mais Ken redoute le retour de son frère aîné. En effet, Ôshiba Kôsuke s’avère être le redresseur de torts. Depuis, admiratif, Setagawa est devenu son disciple. Mais le professeur remarquant son regard envieux sur le couple formé par son petit frère et Hasekura Asaya, essaie de lui faire comprendre ses sentiments profonds.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. La série a également eu droit à une adaptation animée en 2017. Le côté passif de Setagawa peut énerver. Mais je suis rapidement tombée sous le charme de cette série. J’apprécie beaucoup l’ambiance entre les différents personnages. La romance n’est pas forcément le thème principal de ce titre mais plutôt l’évolution de Masahiro.

Same difference !! 2 – Hiiragi Nozomu

same difference 2 hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771082
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404204 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Céder une fois ne veut pas dire toujours!

Hiiragi Nozomu sensei offre une suite aux chamailleries des deux salarymen d’élite. Le combat pour la place de seme continue plus subtilement, comparé au premier tome. Les deux héros s’opposent sur presque tout, même le petit déjeuner et leur vision de l’amour. L’auteure développe un peu plus le caractère de ses personnages. Elle présente l’enfance de Tsuburaya, qui n’était pas si parfait, grâce à la rencontre avec sa mère. Ozaki s’avère un peu pervers, cherchant à réaliser ses fantasmes. Tsuburaya, quant à lui, découvre la jalousie. Un tiers du tome est complété par deux autres histoires. « Je suis sérieux » offre une romance légère entre deux amis d’enfance. L’autre récit avait à la base pour thème les fesses mais les facéties du héros tsundere prennent le dessus.

La mangaka a un trait plutôt fin et dépouillé. Elle dessine tout de même une musculature fine pour les deux beaux gosses. Elle renforce l’humour en exagérant les expressions. Ses SD plutôt en rondeurs sont adorables. Les trames sont très graphiques et dominent les décors qui situent principalement l’action. La mise en page dynamique accompagne les actions et les détails. Hiiragi sensei censure les scènes érotiques par des trames, l’absence de traits et les cadrages. En fin de volume, elle offre un yonkoma amusant sur la passion de Tsuburaya pour son patron.

En résumé

Same difference!! / Final round: Tsuburaya a enfin cédé à Ozaki. Comme à chaque matin, ce dernier admire l’immeuble de son bureau par sa grande baie vitrée en prenant son café. Mais au réveil, Tsuburaya se montre distant. Et il reste également froid au bureau. En effet, Ozaki continue à charmer les femmes qu’il croise sur son passage. En plus, il accepte d’aller au golf avec le patron de Tsuburaya tout en se réjouissant de la présence d’une belle femme. Alors à la pause, le calme salaryman teste son amant en abordant avec sérieux le devenir de leur relation.
Je suis sérieux: Après trois ans d’absence, Jun rentre chez ses parents à la campagne pour le nouvel an. Parmi tous les invités, il retrouve Aki, son ami d’enfance, qui fait chaque an du baby-sitting. Mais alors que certaines mères essaient de caser leurs filles avec les deux garçons, Aki annonce qu’il est gay
It is unavoidable if it is you!: Endô ne s’intègre pas dans son équipe de travail et se montre plutôt grincheux. Izumi tente tout de même de briser la glace. Son collègue lui avoue donc subir presque chaque soir des attouchements d’un pervers dans le train. Inquiet, Izumi lui propose alors de le raccompagner.

En conclusion

Au départ, ce tome devait conclure la série, mais l’auteure a décidé de continuer pour notre plus grand plaisir. Comme le format s’allonge, elle prend donc son temps pour mieux développer les personnages et leurs sentiments. L’humour est toujours aussi présent. Je ne me lasse pas de leurs confrontations!

Yata Momo 3 – Harada

yata momo 3 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775790
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959217 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Momo arrivera-t-il à se réconcilier avec sa mère? Et à enfin trouver le bonheur?

Harada sensei conclut son récit avec une touche positive pour tous ses personnages. Dans la continuité du tome précédent, elle dévoile l’adolescence de Momota. Elle fait encore allusion à la prostitution des mineurs. Ainsi, elle dénonce la société de consommation et l’argent facile pour satisfaire des désirs matériels ou un manque d’affection. Momo, par son introspection, arrive enfin à mieux définir ses sentiments et ses besoins. L’auteure distingue parfaitement l’amour et le sexe dans les rapports de ses personnages. Par ailleurs, elle offre une image de la mère différente des clichés habituels, entre celle de Momo torturée par des sentiments paradoxaux et la femme de Suda oscillant entre masochisme et sadisme. Elle arrive encore à faire rire le lecteur avec des histoires bonus. De même, les personnages de The song of Yoru & Asa apparaissent, grâce à Tomoda Tomoki, également ami de Yata.

La mangaka donne des bouilles à ses personnages tellement expressives. Elle indique clairement les flash-back avec la transition de bandes noires et un fond noir. Par ailleurs, elle utilise les trames principalement pour ombrer ou colorer. Les angles de vue sont variés, dynamisant la mise en page. Des hachures blanches censurent les parties intimes. Cependant, Harada sensei détaille ses scènes érotiques avec des gros plans. Elle arrive à exprimer ainsi graphiquement l’avidité des amants. L’illustration couleur en début de tome reprend des tons plus rouges et chatoyants que le premier, presque brûlants. Sous la jaquette, la couverture de la nouvelle œuvre de Kuriyama Kukuri, alias Kurita, laisse entendre qu’il a publié une romance inspirée par ses deux voisins, embarrassés.

En résumé

En se remémorant la bague que recherche sa mère, les souvenirs amers de Momota remontent à la surface. Adolescent, il trouvait facile de se faire de l’argent en vendant son corps. Sur un coup de tête, il avait acheté une bague de peu de valeur à sa mère mais comme elle ne l’avait jamais portée, le fossé entre eux s’était agrandi. Perdu dans ses pensées, ses pas l’emmènent devant chez Yata. Désirant se faire câliner, Momo propose alors à son petit ami de coucher avec lui une seule fois. Mais ce dernier l’épuise jusqu’au petit matin. C’est alors que Momo se souvient avoir oublié sa bague chez… Suda!

En conclusion

Grâce à ce tome, la série est classée cinquième au Chill Chill BL award 2018. Yata obtient la place du neuvième meilleur seme et Momo celle du dixième meilleur uke. L’auteure crée encore des surprises jusqu’au bout pour nous faire rire. Elle présente avec finesse l’insouciance comme une arme pour affronter les difficultés de la vie. J’adore la femme de Suda qui n’hésite pas à brocarder son mari, qui le mérite grandement: un vrai modèle du pardon mais après pénitence. Le bonheur pour tous paraît invraisemblable mais cela fait beaucoup de bien après toutes les misères que les personnages ont traversé, non?

Yata Momo 2 – Harada

yata momo 2 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775783
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959200 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

La confrontation entre Momo et sa mère va le pousser dans ses derniers retranchements.

Après un tome plutôt léger, Harada sensei plonge le lecteur dans le drame en révélant le passé de Momota. Elle introduit un nouveau personnage, Kurita, qui apporte un regard extérieur sur le couple. Entre tension et craquage, Momo change doucement mais sûrement. Yata ayant remarqué l’ambivalence du caractère de son petit ami, attend patiemment qu’il se confie enfin à lui. La confrontation entre la mère et le fils est assez violente psychologiquement, pourtant l’auteure maintient le suspense jusqu’au bout en en montrant peu. De même, elle aborde la prostitution, les conséquences d’un viol et la pédophilie crûment, justifiant ainsi le manque d’affection et les mécanismes de protection de Momo. Par ailleurs, elle donne le point de vue des différents protagonistes. Le lecteur obtient donc une vision globale de la situation. De même le chapitre sur Suda permet de cerner ses sentiments.

La mangaka porte son attention sur les détails. Elle utilise quelques angles de vue originaux mettant en avant l’érotisme ou la réaction de ses personnages, avec des regards malicieux, provocateurs ou des petits gestes. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est assez dynamique. Des croquis amusants terminent les chapitres, sauf celui le plus dramatique. Il y a un clin d’œil à son autre œuvre, avec Kurita qui met en rayon le manga The song of Yoru & Asa. Harada sensei offre un schéma des liens entre les personnages en début de tome, ainsi qu’un yonkoma amusant avec le sans-abri O-chan. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures blanches mais dessine quelques coupes intérieures. Sous la couverture, les héros commentent l’œuvre de Kurita.

En résumé

Yata et Momo sont très bruyants durant leurs ébats charnels. Comme les murs sont fins, le voisin Kurita entend tout et n’arrive pas à travailler sur son livre. L’écrivain amateur décide donc de leur faire la remarque. D’abord apeuré, il est surpris par la familiarité de Momo. Plus tard, il reçoit même un gâteau de la part de Yata pour s’excuser. D’ailleurs, il sympathise vite avec ce dernier, fan de fantaisie. En les voyant discuter avec passion, Momo ressent de la jalousie et préfère les laisser. De retour chez lui, Yata trouve une femme devant sa porte : la mère de Momo a eu son adresse grâce à Suda.

En conclusion

La scène dans laquelle Momota lâche tout ce qu’il gardait au fond de lui est poignante. Impossible de rester indifférent à sa peine! J’apprécie beaucoup Kurita et Yata qui soutiennent Momo et le sortent avec douceur et douleur de sa sombre enfance. Le trait de Harada sensei arrive à transcrire les émotions de ses personnages et provoque beaucoup l’attachement du lecteur pour ses protagonistes.

Yata Momo 1 – Harada

yata momo 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368774656
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784812487600 (JP)
Takeshobo, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Sortir du fond du trou grâce à une âme charitable.

Harada sensei mêle à la fois douceur et violence, humour et drame dans cette comédie érotique narrant la romance entre le gentil Yata et l’insolent Momo. Elle aborde divers sujets comme l’addiction, la prostitution, l’abus de pouvoir. Elle joue beaucoup sur les contrastes. Par exemple, Yata aime prendre soin des gens mais s’avère être brutal durant les ébats charnels. Momo paraît d’abord antipathique à coucher avec n’importe qui. Par ailleurs, l’auteure révèle peu à peu son passé. Elle joue sur la différence entre compassion et amour. Avec le pervers Suda, elle met en avant un amour qui s’exprime dans l’humiliation, profitant des faiblesses de Momo. Au contraire, les attentions non intéressées de Yata vont permettre à Momota de changer. L’amour se développe entre les deux personnages qui s’acceptent tel qu’ils sont. Le dernier chapitre reboucle sur le premier, donnant l’impression d’un énorme flash-back.

La mangaka a un beau trait épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Elle utilise peu de trames d’ambiance. Les cheveux sont traités en aplat, avec des mèches rebelles donnant du volume. L’équilibre des trames et la présence des décors donnent un ton réaliste. De même, la mise en page est dynamique sans être surchargée. Harada sensei censure les parties intimes par de fines hachures blanches. Même si les scènes érotiques sont détaillées, il s’en dégage tout de même beaucoup d’érotisme. Et il y en a à chaque chapitre! En fin de chapitre, un dessin présente un personnage en donnant des statistiques comme un jeu vidéo. L’illustration couleur de début de tome a un trait doux et des tons chaleureux, contrastant avec l’ambiance plutôt sombre du récit. Sous la jaquette, le dessin répond à celui de la couverture avec humour. Deux yonkoma permettent également d’en savoir plus sur Suda.

En résumé

Yata prend soin de Momota qui a tendance à se laisser vivre. Quand il arrive à son appartement, il y trouve les poubelles entassées car Momo n’arrive pas à se lever le matin pour les descendre. Ce dernier se jette immédiatement sur lui et entame une fellation pour lui demander en échange de l’argent, ce qui vexe son bienfaiteur. Le soir, Yata se plaint à un ami et demande conseil autour d’un verre. Mais en rentrant, il voit une femme fuir Momo en train de remonter son pantalon. Hors de lui, il le prend alors assez brutalement dans une ruelle…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Yata est neuvième meilleur seme et Momota onzième meilleur uke. La tension entre comique et glauque pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, j’apprécie le travail de l’auteure qui met souvent en scène des anti-héros et qui aborde des sujets plutôt difficiles. Elle arrive parfaitement à doser les moments drôles qui détendent l’atmosphère lourde de certains contextes.

10 dance 4 – Inoue Satoh

10 dance 4 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777336
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065114667 (JP)
Kodansha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Après un baiser dans le feu de l’action, les deux danseurs se perdent dans leurs sentiments.

Inoue Satoh sensei s’intéresse un peu plus à l’évolution de la relation entre Suzuki et Sugiki. Les deux hommes réalisent peu à peu leur attirance mutuelle mais leur passion de la danse les freine. Justement, le danseur de danse latine va énormément changer, suite à sa rencontre avec les champions mondiaux de danse latine, Alberto et Dolores Bemer. Grâce à ce couple, l’auteure développe les différences entre les formations, l’esprit de compétition, l’investissement physique et psychologique que demande la préparation. En parallèle, elle montre les difficultés à concilier vie privée et entrainement intensif, l’importance de la connexion entre partenaires de danse, l’influence du guidage et le lien entre les différents types de danses. Elle dévoile également l’enfance et l’adolescence de Suzuki, abordant légèrement la culture cubaine et les contraintes sociales et politiques de ce pays. L’histoire bonus hilarante met en scène les danseurs découvrant les bas résille.

Comme dans le tome précédent, la mangaka travaille avec soin les détails comme les changements et les petits gestes. Ainsi, elle rend parfaitement les conversations du regard entre les personnages. De même, elle joue sur les différentes expressions de Fusako, ajoutant même un chapitre où la danseuse doit s’entraîner. Les mouvements de danse sont toujours bien découpés. Le ressenti des personnages et les connexions s’expriment même de manière figurée. D’ailleurs, les trames d’ambiance arrivent aussi à transcrire les conflits intérieurs, contrastant avec les images. Inoue sensei fait apparaître des grenouilles autour de Sugiki pour transcrire les questionnements : l’humour graphique devient donc discret. Sous la jaquette, elle offre une histoire délirante avec Félix, l’ami d’enfance de Suzuki.

En résumé

Suzuki Shinya a du mal à réaliser qu’il a embrassé Sugiki Shinya. Cela le perturbe au point de perdre sa concentration à l’entrainement. En plus, Sugiki ayant l’habitude de fréquenter des homosexuels depuis l’enfance, est persuadé que son ami est gay. Les deux hommes redoutent de se voir au cours suivant. Yagami Fusako commence à trouver leur comportement louche. Mais face à un Sugiki nonchalant, Suzuki ressent à la fois de la peine et une certaine frustration. A la pause, Sugiki apprend alors par Aki que Shinya n’a aucune attirance pour les hommes. Alors pourquoi ce baiser fougueux ?

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. La romance s’accélère mais la compétition approche. Ce couple qui se tourne autour est tellement craquant. Le comportement contradictoire de Suzuki, avec son machisme confronté à ses sentiments, est hilarant. Vive la danse !

Gentleman & sadistic – Hideyoshico

gentleman and sadistic hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775233
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606465 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Entre le salaryman banal et le beau stalker pervers, le chemin qui mène à l’amour ne sera pas de tout repos! »

Hideyoshico sensei oscille entre drame et comédie romantique, en développant une romance entre une victime de brimades et son ancien bourreau. Elle met en scène des personnalités complexes et opposées. Alors que Yoshino a conscience de son comportement déviant, il conserve un certain optimisme, obtenant toujours ce qu’il veut. Takase, quant à lui, est bourré de sentiments contradictoires, pessimiste et blasé par la vie. Tous deux vont ainsi développer une relation légèrement sado-masochiste et se compléter. Le rapport entre dominant et dominé se brouille dans des jeux sexuels provoqués et le consentement n’est donc plus clair. L’auteure s’attarde principalement sur l’évolution de la relation de ses personnages sans pour autant approfondir le changement de leurs sentiments. Néanmoins, elle expose succinctement leur passé pour placer le contexte. Toutefois, elle précipite la fin de son récit, laissant un peu le lecteur sur sa faim.

Le trait de la mangaka s’est légèrement arrondi. Les visages avec des yeux fins et une petite bouche dégagent un peu plus de douceur. De même, Hideyoshico sensei n’hésite pas à dessiner les jambes poilues. Elle représente également Yoshino en wanko. Elle exprime les changements de ses personnages grâce aux expressions du visage et des regards. En plus, les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit à suivre, utilisant quelques métaphores graphiques comme les ronces, le collier. Les décors permettent de situer les actions et alternent avec quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les blancs et les angles de vue. La postface sous la jaquette donne des anecdotes sur la création du manga. Les scènes érotiques sont à peine censurées, les parties génitales étant cachées par de petits points lumineux. Le détail des jeux érotiques contraste avec le regard froid de Takase.

En résumé

Depuis deux ans, Takase Hajime est suivi par un stalker. Un jour, ce dernier lui fait même manquer un rendez-vous galant après avoir renversé volontairement une boisson sur la tenue de la jeune femme. Mais, tandis qu’il rejoignait l’appartement de sa cible, il se fait surprendre. Le salaryman reconnaît alors immédiatement Ôji Yoshino, qui le harcelait avec sa bande au lycée. Soudain, le stalker, à genoux, lui déclare sa flamme!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore voir Yoshino en wanko. Les personnages sont attachants, cependant, il est dommage que la conclusion soit autant condensée dans un chapitre bonus. J’aurais tant aimé en découvrir plus. Mais le talent de l’auteure étant déjà bien installé, vous passerez un agréable moment en lisant cette comédie légèrement amère.

Happy shitty life 1 – Harada

happy shitty life 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777282
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801967960 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La vie de merde de deux uke unis par un fantasme commun.

Harada sensei offre une comédie hilarante entre deux uke un peu idiots. Elle enchaîne les situations burlesques avec les délires de ses personnages au premier abord antipathiques: Kasuya transpire la vanité tandis que Kuzuya se laisse complètement vivre. Elle joue beaucoup sur les contrastes, jusque dans les jeux de mots; son récit pourrait avoir pour thème la dépravation, le déchet et la merde au sens figuré. En effet, bien que ses deux héros s’affirment hétérosexuel, ils n’ont qu’un seul but commun: satisfaire leur fantasme de se faire prendre par une femme sadique. Pourtant, ce couple yuripple trouve toujours un compromis pour se satisfaire mutuellement, développant une certaine complicité. Cependant, l’auteure occulte toute possibilité de sentiments amoureux. En introduisant Leo, elle ajoute même un sentiment contradictoire en faisant rire sur des situations dérangeantes comme le non-consentement et le viol. Par ailleurs, elle rappelle les difficultés d’être gay à la campagne.

La mangaka a un trait un peu anguleux qui semble légèrement acéré. Elle les simplifie en exagérant les différentes expressions, déjà hilarantes graphiquement. Par exemple, la tête dégoûtée ou envieuse de Kasuya reste inoubliable. De même, ses regards sont toujours aussi intenses. Les trames d’ambiance alternent avec les décors, plutôt soignés. La patte habituelle de Harada sensei se retrouve aussi dans le traitement des contrastes noir et blanc. Ainsi, elle utilise discrètement les trames mais travaille en revanche avec précision les ombres. Elle varie les angles de vue, portant toujours attention à des petits détails. Les scènes érotiques ne sont pas du tout censurées, avec parfois des gros plans. Dès le début, des fiches personnages et un diagramme expliquent les différents liens entre les protagonistes. Sous la jaquette, une illustration de Kuzuya le met en valeur avec classe.

En résumé

Suite à un scandale sexuel dans son entreprise, Kasuya Kyôtarô est muté à la campagne. Seulement une semaine qu’il est là et il ne supporte déjà plus son voisin chômeur, Kuzuya Yoshiyuki (30 ans), qui passe son temps à essayer de monter un gode sur un ventilateur. Un soir, alors que Kasuya désespère de se refaire vite avec des supérieurs passant beaucoup plus de temps à chasser les insectes, son patron Tagami l’invite à boire au bar de la belle Sakura. Mais il découvre que tout le village est au courant des détails de sa rétrogradation: une photo de lui en extase alors que la fille du patron le sodomise avec un strap-on. Alors qu’il fond en larmes, il est encouragé par l’assemblée, en particulier Kuzuya qui fantasme également sur la pénétration anale par une femme sadique. Complètement ivres, les deux voisins finissent par coucher ensemble!

En conclusion

Ce tome a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. L’auteure arrive à nous faire rire de tout avec subtilité. Pour vous prouver son génie, je pourrai introduire ainsi « vulgairement » l’histoire: Kasuya, qui ne se prend pas pour de la merde, s’est mis dans la merde jusqu’au cou et a rencontré à la campagne Kuzuya qui mène une vie de merde depuis l’enfance. Je m’amuse de leurs joutes pour définir qui sera uke ou seme et de leur obsession. Et je me mets à espérer un peu de sentiments entre eux. Vivement la suite!

Les fantaisies du roi – Owal

les fantaisies du roi owal

Owal おわる
ISBN: 9782368777312
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801968141 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: プッシーキングさまの悪癖
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

En proposant à Kadrii de sauver son restaurant par le sexe, Fati ne s’attendait pas à ce que son piège se retourne contre lui.

Dans ce one-shot, Owal sensei narre deux romances mêlant humour et sexe. Elle introduit son histoire principale par un chapitre présentant d’abord le couple secondaire. Elle arrive à développer la psychologie de ses personnages, dévoilant doucement certains traits de caractère. Ainsi, le noble débauché capricieux et tyrannique peut se montrer généreux et le prolétaire naïf s’avère moins crédule qu’il ne paraît. En effet, l’auteure introduit d’autres personnages secondaires pour secouer un peu les deux héros et provoquer l’évolution de leurs sentiments. Elle joue beaucoup sur la confrontation et les échanges entre Kadrii et Fati. Même si les protagonistes s’interrogent sur leurs sentiments et leur sexualité, elle n’approfondit pas leurs réflexions. D’ailleurs, l’humour prime sur tout le reste: l’intérêt est de voir comment un débauché finit par se ranger, touché par l’amour. Ou le plaisir intense?

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Néanmoins, elle n’hésite pas à le simplifier et l’arrondir dans les passages humoristiques. De même, elle transforme parfois ses personnages en super deformed. En plus, Kadrii et Fati sont plutôt musclés. Comme il y a quelques personnages à la peau basanée, les trames sont variées. Avec des protagonistes sortant des vignettes, et beaucoup d’emboîtement, la mise en page semble un peu surchargée mais reste très dynamique. En plus, Owal sensei soigne les décors, les plats et les vêtements. Les scènes érotiques très nombreuses ne sont pas du tout censurées. Les angles de vue et les gros plans mettent même en avant les détails des coïts. On s’éloigne un peu de l’érotisme pour de la représentation presque pornographique. Sous la jaquette, deux planches concluent la romance entre Sadegh et Rabbi.

En résumé

Une ville du Conseil de coopération du Golf. Fati Ar-Rahim, troisième fils d’un noble de la famille royale, se comporte comme un roi absolu et ne se prive pas pour satisfaire ses envies sexuelles insatiables entre deux négociations de contrats. Tandis que son serviteur Rabbi le critique ouvertement, son serviteur Sadegh, quant à lui, obéit aveuglément. Un soir, alors que le capricieux homme d’affaires a réclamé à boire en pleine nuit, ce dernier le trouve en plein ébats avec Rabbi et deux prostitués. D’abord surpris, il reçoit l’ordre de les filmer, le roi désirant punir l’insolence de son serviteur. Mais Sadegh est également sous le charme de son collègue…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la onzième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. Il est amusant de voir ce seme prétentieux devenir reversible, avec un côté o-jôsamauke pour son cuisinier inexpérimenté. Comme j’adore complètement les deux couples, j’apprécie de suivre leurs interactions. En revanche, le côté pornographique pourra gêner certains lecteurs, d’où ma recommandation modérée.

10 dance 3 – Inoue Satoh

10 dance 3 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777299
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065101476 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Sugiki est bien décidé à faire reconnaître le talent de Suzuki.

Inoue Satoh sensei fait évoluer doucement les sentiments entre ses personnages. A travers le regard d’autres danseurs, comme Nino et Norman Owen, ou les médias représentés par Urashima et Mukai, elle décrit les petits changements de leur relation et la perception de ces deux talents. Comparé au tome précédent, les deux héros se disputent moins, apprenant à se connaître. Ainsi, leur incompréhension du sentiment amoureux quand ils sont concernés contraste avec le jeu de séduction qu’ils pratiquent lors des danses, l’excitation portant à confusion. Par ailleurs, l’auteure dévoile un peu leur enfance et leur vision de la danse. Elle donne des explications sur les compétitions internationales de danses et comment Sugiki gagne sa vie. Elle joue aussi sur l’ambivalence de Suzuki, perçu par certains comme un surdoué ou au contraire, par d’autres, comme quelqu’un de vulgaire ne respectant pas les règles.

Malgré un trait légèrement épuré, la mangaka conserve un graphisme plutôt réaliste. Elle rend particulièrement bien les différents muscles, ainsi que leurs mouvements. Le style, le dessin et la mise en page sont surtout au service de la narration. Même les détails en arrière-plan sont mobiles comme par exemple les servals ou les spectateurs. Inoue sensei maîtrise la répartition des trames; de même, elle utilise toujours les trames d’ambiance dans un contexte précis, avec parcimonie. Elle joue sur les angles de vue, en plongée et contre-plongée, augmentant la magnificence des danses ou en mettant en parallèle certaines scènes. Les pas et les mouvements sont décomposées avec finesse. Suzuki cumule les poses lascives. Sous la jaquette, les personnages se plaignent à l’auteure des poses à prendre pour réaliser couverture et illustrations.

En résumé

Au matin, Sugiki Shinya et Suzuki Shinya sont réveillés par des passants dans le parc. En effet, ils se sont endormis dans la neige après avoir dansé toute la nuit. Sugiki regrette que son partenaire soit un homme, alors qu’il a enfin trouvé quelqu’un aussi endurant que lui, qui accepte de s’entraîner sans relâche. A l’entrainement le soir même, Suzuki et Tajima Aki éprouvent encore quelques difficultés avec le temps de la valse. Quant à Sugiki et Yagami Fusako, ils n’arrivent pas à être sensuel durant les danses latines. Suzuki leur suggère donc de jouer la comédie. Mais Sugiki, trop direct avec les femmes en général, ne dégage aucun charme. En échangeant le rôle féminin chacun leur tour, les deux hommes tentent de développer leur jeu de séduction en dansant sur de la rumba. Et soudain, Sugiki se laisse complètement prendre par son rôle à la surprise de son partenaire.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. L’auteure arrive à transcrire l’influence réciproque entre ses deux héros aussi bien dans leur comportement que graphiquement. Elle exprime parfaitement la tension entre eux. Le lecteur se laisse donc facilement happer par leurs joutes. Je ne me lasse pas de leurs aventures!