Kuroneko – Le doute 1 – Sakyo Aya

kuroneko le doute 1 sakyo aya
SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782375060582
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784403664953 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: クロネコ彼氏のあふれ方 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Lorsque ton corps s’embrase, je sens ton parfum sur ta peau. »

Sakyo Aya sensei propose un nouvel arc des aventures des hommes félidés, se déroulant à la suite de Kuroneko – La tourmente. Elle s’intéresse ici au doute qui s’installe dans un couple déjà bien établi. Ainsi, elle introduit Angelo, un producteur libertin qui se montre trop tactile et familier envers Kagami. Comme l’acteur communique peu avec son petit ami, Shingo découvre la jalousie et n’arrive toujours pas à faire confiance au léopard. Sensible aux odeurs, il s’interroge de plus en plus sur leur relation. L’auteure installe donc d’abord son intrigue pour faire ensuite monter au fur et à mesure la tension dramatique. Elle concentre la narration sur le point de vue de Shingo. Elle fait intervenir l’entourage du chat noir pour le guider, Yûjin le prenant même comme référent pour les conseils de couple. Par ailleurs, l’histoire bonus révèle la suite du premier chapitre.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés, mis en valeur par les pages couleurs en début de tome. Par contre, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance, plutôt graphiques, renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sakyo sensei censure à peine les parties intimes grâce aux onomatopées. Elle reprend une vignette mignonne en fin de chapitre. Sous la jaquette, elle propose une petite histoire sur le fétichisme de Kagami pour les mamelles de chat, faisant suite à celle de Kuroneko – La passion 2. Par ailleurs, la couverture se classe à la neuvième place au Chill chill BL award 2016.

En résumé

Kagami Keiichi et Shingo se rendent dans un onsen de Hakone pour se détendre. Mais en fin de compte, ils passent la majeur partie de leur séjour à faire l’amour. En plus, dès qu’ils se promènent en ville, l’acteur attire tous les regards et certaines fans osent même les interpeller pour quelques photos. De retour chez eux, Kagami rend visite à son frère Yûjin pour lui faire une requête. A la maison, il câline déjà son petit ami qui l’accueille mais ils sont interrompus par un appel téléphonique…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2016. Kagami Keiichi est classé treizième meilleur seme mais neuvième meilleur personnage érotique tandis que Shingo se classe à la quatrième place des meilleurs personnages érotiques. Sakyo sensei a trouvé un certain équilibre entre scènes érotiques, malgré leur nombre, et développement du récit. Elle aborde donc des thèmes de plus en plus sérieux et maintient ainsi le lecteur en haleine. J’apprécie la surprise sur l’évolution de cette histoire. Et puis, c’est toujours aussi agréable pour les yeux!

Les étoiles au bout des doigts 2 – Nakaoka Naka

les etoiles au bout des doigts 2 nakaoka naka
NAKAOKA Naka 中陸なか
ISBN: 9782382128183
Akata, 2022
ISBN: 9784834264104 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Titre original: 月を目指す、星になる 下
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

L’amour et la passion sont-ils compatibles?

Nakaoka Naka sensei continue sa découverte de l’univers des concours de musique. Elle concentre encore la narration sur Misumi, qui reboucle ensuite au début du tome 1 pour révéler la suite du récit. Les personnages évoluent. Ainsi, Mme Ôseto culpabilise face à son impuissance de transmettre sa passion. Nari hésite encore pour son avenir, conscient de sa fragilité psychologique. Il va enfin retrouver l’origine de sa motivation. Minatobe, réalisant le talent de son petit ami, refuse de devenir un frein à sa carrière. Ainsi, l’auteure aborde les interrogations qui s’installent face à un génie talentueux et l’impression de distance qui en découle. A travers Hidano Eiki, elle montre comment la pression familiale ou la rivalité influent négativement ou positivement sur l’engagement des adolescents dans une passion. Elle rappelle également que la musique transmet avant tout des sentiments au-delà des prouesses techniques. Une romance lycéenne complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui dégage un aspect assez dur avec des lignes parfois tremblotantes. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses visages, assez particuliers, semblent plutôt plats. Les décors apparaissent sur les plans larges. La palette des trames est assez limitée. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page, classique, offre quelques vignettes dynamiques. Dans les scènes érotiques, Nakaoka sensei joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Si on met les couvertures des deux tomes côte à côte, une seule illustration apparaît.

En résumé

Les étoiles au bout des doigts / Ces étoiles invisibles au-dessus de nos têtes: Pour préparer le prochain concours de piano, Misumi Nari s’entraine dur avec sa tante, jouant parfois plus de dix heures. Mme Ôseto lui propose alors de rencontrer un professeur de musique d’une université de Tokyo qui vient exceptionnellement dans la région. Mais le rendez-vous tombe un dimanche. Minatobe accepte sans problème de changer leur projet en amoureux, désirant le soutenir au mieux. Lors du rendez-vous, Hidano Kyôsuke ne mâche pas ses mots et avertit Nari que continuer la musique à un haut niveau demande un total sacrifice pour rivaliser avec les génies. Déprimé, le lycéen se réconforte alors dans les bras de son petit ami…
Eurêka!: Au lieu de passer les rattrapages durant les vacances d’été, Hashimoto Ken doit ranger la bibliothèque. Kamori Mitsuru vient l’aider. Peu à l’aise face aux beaux gosses, Hashimoto sympathise pourtant facilement avec le lycéen qui est en réalité timide. Il l’incite alors à aider son meilleur ami Ôtsuki Jun qui cherchait désespéramment un mannequin pour présenter ses créations durant la journée culturelle du lycée…

En conclusion

Nakaoka sensei partage encore avec sensibilité les sentiments de ses personnages. Elle arrive pourtant à surprendre le lecteur sur le final. Par ailleurs, elle développe suffisamment les personnages secondaires pour étayer ses explications du monde musical. Une romance douce et mignonne, légèrement teintée de mélancolie qui se lit avec plaisir.

Les étoiles au bout des doigts 1 – Nakaoka Naka

les etoiles au bout des doigts 1 nakaoka naka
NAKAOKA Naka 中陸なか
ISBN: 9782382128176
Akata, 2022
ISBN: 9784834264098 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Titre original: 月を目指す、星になる 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Un talent en suspens qui retrouve sa passion grâce à l’amour.

Nakaoka Naka sensei propose une tendre romance emplie de sensibilité entre deux lycéens ayant peu de points communs. Elle base sa narration sur Misumi qui raconte son histoire. Elle aborde l’univers oppressant et concurrentiel de la musique, la pression difficile à gérer pour les adolescents et les complexes qui en découlent. Ainsi, Nari n’arrive plus à participer à des concours de piano suite à une mauvaise expérience au collège. Même s’il souffre de sa passion, il retrouve alors petit à petit sa motivation grâce à l’entrain de Minatobe. Malgré son air insouciant, ce dernier a déjà fait ses choix d’avenir. L’auteure décrypte les différents sentiments et réactions des adolescents face à une passion, du sacrifice au rejet. A travers Ôseto Kano et sa mère, elle s’intéresse au désir de transmission de la musique et la formation d’un talent. Elle développe une relation consensuelle et douce.

La mangaka a un trait très épuré, fin et anguleux qui conserve un aspect crayonné et hésitant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle porte attention aux détails, en particulier des mouvements des mains et les rougissements. Son style graphique utilise ainsi les codes du shôjo. Les trames sont équilibrées et les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, Nakaoka sensei est avare en dialogue et préfère découper les actions et suggérer les émotions de ses personnages graphiquement. De même, elle arrête les scènes érotiques au préliminaires.

En résumé

L’étudiant Misumi Nari rentre chez lui et, en entendant une fillette chanter, se souvient de sa rencontre avec Minatobe au lycée. Alors qu’il était épuisé mentalement à force de s’entraîner au piano, le lycéen lui avait demandé de lui apprendre à jouer au piano pour accompagner sa petite soeur, Nanaka, sur une chanson pour son anniversaire dans deux semaines. Minatobe n’y connaissait rien mais se donnait à fond pour réussir. Pour les explications, il comparait son ressenti au base-ball qu’il avait pratiqué auparavant…

En conclusion

Nakaoka sensei présente des tranches de vie, mais cela donne plutôt l’impression d’une narration discontinue. En effet, la romance prend tout son temps mais les sentiments se déclarent un peu trop brusquement. Toutefois, l’ambiance douce et mignonne du récit est agréable. Une bonne lecture.

The night beyond the tricornered window 2 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 2 yamashita tomoko
YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063163
Taifu comics, 2022
ISBN: ‎ 978-4799724873 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Les vagues restes d’une malédiction ainsi que le nom d’une mystérieuse personne soufflé par sa victime. »

Yamashita Tomoko sensei introduit enfin la mystérieuse Hiura. D’une part, elle met en avant la possessivité croissante de Rihito qui a tendance à forcer les choses. Ainsi, un rapport dominant et soumis s’installe entre Hiyakawa et Mikado. D’ailleurs, le libraire commence à s’interroger sur sa relation avec l’exorciste, d’autant plus qu’il reste attentif aux regards extérieurs. Il réalise également que les méthodes de Mukae sont beaucoup plus douces et prend par ailleurs un peu plus d’assurance en multipliant les expériences avec d’autres. L’esprit rationnel de Hanzawa apporte une touche à la fois amusante et apaisante. D’autre part, l’auteure aborde la question des relations avec les parents à travers ses personnages. Erika semble vivre sous contrainte, ignorée par sa mère, Rihito n’a plus de parents et Mikado, qui vit avec sa mère, remarque que les souvenirs de son père sont étrangement confus.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie les physionomies des personnages, permettant de les identifier facilement. Par ailleurs, les représentations graphiques des malédictions sont suffisamment effrayantes et efficaces. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames, utilisées avec parcimonie, jouent surtout sur les contrastes d’ambiance. La mise en page dynamique s’adapte au récit de suspense. Ainsi, Yamashita sensei s’attarde sur les détails et les ombres en arrière-plan. Comme la romance avance très doucement, elle compense le manque de scènes érotiques en jouant sur les positions clichées des BL pendant les séances d’exorcisme. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome. La page couleur en frontispice offre une magnifique illustration en crayonné au style contemporain. Les effets de vernis sur la couverture sont toujours efficaces et collent parfaitement à l’ambiance du manga.

En résumé

En enquêtant sur la malédiction d’une lycéenne, Hiyakawa Rihito et Mikado Kôsuke (24 ans) croisent Hiura Erika. La jeune fille arrive alors à manipuler spirituellement Mikado, permettant ainsi de mettre fin à leur enquête. Vexé que son partenaire ne laisse des étrangers trop facilement pénétrer son âme, l’exorciseur rédige un contrat qui, en réalité, l’attache à lui spirituellement. S’étant évanoui, Mikado ne se souvient de rien à son réveil. Il reçoit alors un message inquiet du voyant Mukae Keita (29 ans)…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga original au Chill chill BL award 2016. Le suspense domine sur la romance mais c’est justement ce qui fait tout le charme de cette série. J’aime beaucoup le graphisme et le style narratif de Yamashita sensei. Je suis donc totalement conquise par cette enquête. En plus, ce titre est accessible aux non-lecteurs de BL intéressés par les histoires paranormales.

The night beyond the tricornered window 1 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 1 yamashita tomoko
YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063156
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799714362 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« L’exorcisme… C’est toujours aussi érotique? »

Yamashita Tomoko sensei narre une lente romance mêlant enquête et paranormal. Elle installe d’abord les personnages principaux et secondaires puis développe une intrigue principale introduisant une mystérieuse Hiura Erika. Elle maintient constamment le suspense et alterne les ambiances horrifiques et les moments comiques. Ainsi, les contradictions de Mikado apportent vraiment une touche humoristique: il est constamment dans le déni bien qu’il assiste à des phénomènes paranormaux. De même, il a peur des revenants mais accepte de travailler avec Rihito. L’exorciste, quant à lui, a parfois des réactions imprévues et surprenantes. Il s’impose auprès de son nouveau partenaire qui lui cède pourtant très facilement. L’auteure aborde ainsi le côté sombre des humains, entre les meurtres, les malédictions. De même, elle explore les différents métiers liés au paranormal comme l’exorcisme, la voyance, la commande de malédiction. Par ailleurs, elle s’amuse des clichés des BL dans les moments de partage d’âmes.

La mangaka a un trait très épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ainsi, on remarque leurs superpositions dans les contours. Les personnages sont sveltes. Les trames représentent principalement les couleurs, les contre-jours et les ambiances. De même, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page alterne entre format classique et celui dynamique. Yamashita sensei n’intègre pas encore de scènes érotiques, prenant tout son temps pour développer la relation. Toutefois, elle joue sur l’érotisme des possessions de l’âme. Elle présente déjà les personnages au début du tome. La couverture offre un superbe effet granulé et un aspect moiré grâce à du vernis.

En résumé

Mikado Kôsuke travaille dans une librairie. Mais il possède un don particulier qu’il garde secret: il peut voir les revenants. D’ailleurs, il les distingue clairement quand il enlève ses lunettes. Un jour, Hiyakawa Rihito, qui se dit être exorciseur, l’aborde dans la librairie. Venu éliminer un fantôme qui fait baisser la clientèle, il utilise le don du libraire en pénétrant son âme. A sa surprise, Mikado ressent un plaisir proche des sensations sexuelles durant son action puis s’évanouit. Hiyakawa, persuadé que leur rencontre était prédestinée, lui demande alors de travailler avec lui…

En conclusion

J’ai découvert la série d’abord par son adaptation animée, diffusée sur Crunchyroll. Je suis donc complètement sous le charme du manga qui m’a procuré quelques frissons à sa lecture. Yamashita sensei s’intéresse d’abord aux liens qui se créent avec les aventures que rencontrent les deux héros, prenant donc son temps sur la romance. Mais le récit reste haletant, ponctué que quelques scènes fan service suffisantes pour attiser la curiosité des lecteurs. Encore un coup de cœur!

Daisy jealousy – Ogeretsu Tanaka

daisy jealousy ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375063309
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799748589 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Il est maladroit, c’est crado chez lui et il est insensible, mais ça fait plus de cinq ans qu’il n’aime que moi. »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une relation complexe et ponctuée de hauts et de bas entre deux otaku à la fois rivaux et amis. Elle présente la dureté du milieu du dessin numérique qui ne jure que sur la qualité et la rapidité, avec les places restreintes, les abus de certaines entreprises, l’exploitation de compétences en dehors de ses fonctions principales. Elle base la narration principalement sur Misaki. Ce dernier se retrouve prisonnier de ses sentiments contradictoires, entre admiration et jalousie du talent de Kaname, développant un complexe d’infériorité. Ainsi, il s’interroge et culpabilise constamment sur son comportement. Kaname, quant à lui, exprime maladroitement ses sentiments. L’auteure aborde le problème du travail en équipe quand on est en froid, les difficultés à gérer ses sentiments, les pertes d’objectifs quand la pression de fait sentir. Elle met en avant la fatigue psychologique d’une passion débordante non aboutie.

La mangaka débute son récit avec de magnifiques pages couleurs. Elle a un trait légèrement épuré, fin et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle illustre graphiquement les humeurs de Misaki. Par exemple, le verre qui se remplit en même temps que sa jalousie augmente, est très explicite. De même, les trames d’ambiance transcrivent les émotions. Par ailleurs, les trames très variées rendent les couleurs et les ombres. Les décors sont soignés. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Ogeretsu sensei censure les parties intimes par de larges bandes blanches. Elle offre une fiche de vocabulaire en fin de tome très pratique pour ceux qui ne connaissent pas le milieu du dessin numérique. J’apprécie la barre de sentiments en couleur irisée, en haut sur la couverture, du plus bel effet.

En résumé

Misaki a toujours rêvé d’intégrer la société de jeux vidéo Gold games en tant que graphiste. Il travaille dur dans une école spécialisée, venant même le week-end en dehors des cours. Mais dans la classe, il y a Kaname, un élève asocial, qui le surclasse. Les deux garçons qui s’investissent à fond dans leur travail se rapprochent pourtant suite à un incident survenu à Kaname. En effet, son devoir presque abouti a été effacé. Misaki l’a donc aidé, lui permettant de passer en deuxième année avec lui. Mais d’abord admiratif du talent de son ami, il le jalouse de plus en plus et finit par se disputer avec lui alors que Kaname cherchait seulement à l’aider. Pourtant, à la remise des diplômes, ce dernier l’embrasse…

En conclusion

Ce one-shot obtient la cinquième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Ogeretsu sensei offre une relation réaliste, adulte et tendre. Elle décrypte parfaitement les états d’âme de ses personnages. L’amour unique et fidèle de Kaname est touchant. Comme d’habitude, je craque complètement pour le récit de cette auteure. J’apprécie les personnages tellement humains, leurs sentiments contradictoires que l’on a l’impression d’effleurer et les palpitations que procurent leurs aventures. Un coup de cœur!

Hidamari ga kikoeru 5 Limit 3 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 5 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782382760390
Hana, 2022
ISBN: 9784829686331 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Est-ce que l’engagement pour une cause est forcément un sacrifice?

Fumino Yuki sensei continue d’analyser les différents sentiments de ses personnages. A travers les activités de sensibilisation de l’entreprise Sign, elle montre les différentes réactions des personnes valides face à la mise en situation de handicap. Ainsi, comme dans le tome précédent, elle aborde la condescendance qui existe parfois inconsciemment chez les valides. Entre apitoiement, imposition d’un jugement de niveau de bonheur et surenchérissement des flatteries, ces derniers deviennent alors blessants. Par ailleurs, grâce à son entourage, Kôhei prend conscience de sa jalousie et de son sentiment d’impuissance. Tout en proposant quelques réponses aux questions levées jusqu’à présent, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir désormais sur leur comportement. Elle révèle également les motivations de Chiba et Sagawa et laisse deviner celles de Sai en dévoilant un peu son passé.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin, dégageant de la rondeur et de la douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les angles de vue variés renforcent la dynamique de la mise en page. Fumino sensei développe sa conclusion sur 340 pages, soit un tome très épais. Sous la jaquette, elle offre des petites anecdotes sur le dernier chapitre, à lire donc de préférence à la fin.

En résumé

Depuis que Sugihara Kôhei a pris ses distances avec lui, Sagawa Taiki, déconcerté, reste plongé dans ses réflexions, ne mangeant presque plus. Ayant cassé son téléphone portable, son chef, Chiba Yûichi, l’emmène en acheter un pendant la pause déjeuner. Tendô en profite alors pour les accompagner. D’abord inquiets pour leur jeune recrue quand ce dernier refuse une invitation à manger, ils croisent par hasard leur supérieur Sai accompagné d’Ôkami Maya. Tendô s’arrange alors pour laisser les deux jeunes ensemble. Après son achat, Taichi confie naturellement ses soucis à Maya qui essaie ensuite de lui faire comprendre ses qualités, l’incitant donc à parler franchement avec Kôhei…

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Fumino sensei décrypte parfaitement les problèmes que rencontrent les personnes malentendantes dans la société actuelle et met en avant l’effort individuelle à faire, en plus du travail déjà existant de certaines entreprises, organisations, associations. Elle fait avancer doucement sa romance mais cela la rend encore plus réaliste et poignante. J’ai bien sûr pleuré!

Tokyo – quatre saisons 2 – Haru

tokyo quatre saisons 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761212
Hana, 2022
ISBN: 9784813032984 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je te prenais pour un type innocent mais en fait, tu es une vraie bête… »

Haru sensei continue directement la romance de Yagami débutée dans le tome précédent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle maintient un certain suspense sur l’identité de Matsubara puis révèle au fur et à mesure ses desseins. En effet, Hiromichi est prisonnier de son statut social et de ses obligations familiales mais va tenter sa chance pour changer son destin tout tracé et réaliser l’amour d’un coup de foudre. Ryûnosuke, quant à lui, refuse de s’attacher et a du mal à accepter ses sentiments. Sa tendance à parler sans filtre apporte une touche humoristique. Les sentiments des deux hommes explosent avec les révélations. L’auteure aborde les arrangements possibles entre couples homosexuels pour répondre à la pression familiale. Dans le chapitre « Printemps », elle s’intéresse à la question du mariage et de son image plus pratique que romantique, en rebouclant sur le couple de Takizawa Kazuma et Ishihara Ren.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à transformer les têtes en SD tout chou. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. De même, les trames très variées apportent une touche réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance très rares appuient plutôt les passages comiques. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Ainsi, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Yagami Ryûnosuke couche tous les vendredis avec un homme qu’il a rencontré dans un bar gay. Il ne lui a jamais demandé son nom, ni son métier. Comme il l’apprécie vraiment, il ne fréquente d’ailleurs personne d’autre. Il refuse donc de rencontrer l’employé de Sany que sa patronne cherchait à lui présenter, d’autant plus que lui et son équipe travaillent actuellement sur le concours publicitaire organisé par cette entreprise. L’ayant raté l’année dernière suite à un incident, ils comptent bien réussir cette année. Comme Yagami supporte mal la chaleur de l’été et encore moins la climatisation qui lui provoque des migraines, il fait subitement un malaise. De repos chez lui, il reçoit la visite de son sex friend le soir. Ce dernier décide alors de s’occuper de lui. Refusant d’avoir d’autres aventures malgré les conseils de son amant actuel, il lui révèle enfin son nom: Matsubara Hiromichi.

En conclusion

Dans ce tome, nous retrouvons ce qui a fait le charme de Tokyo en avril, avec l’analyse des sentiments des personnages ainsi que les confrontations avec leur entourage. Haru sensei offre une belle surprise dans l’histoire bonus. J’ai adoré la romance de Yagami que je trouve très mature et réaliste.

Tokyo – quatre saisons 1 – Haru

tokyo quatre saisons 1 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761205
Hana, 2022
ISBN: 9784813032977 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je vais te dévorer en entier de la tête aux pieds. »

Haru sensei propose un spin-off de Tokyo en avril, narrant les romances de différents couples en les suivant selon les saisons. Elle s’intéresse d’abord au frère de Ren qui tombe entre les griffes d’un stalker. Elle aborde donc la manipulation psychologique et les relations contraintes. Ainsi, Jingûji impose son amour obsessionnel à son partenaire, prenant plaisir à détruire sa fierté. Saotome, complexé et affaibli moralement, cède donc petit à petit et s’attache même à son bourreau, malgré son esprit de rivalité. La narration alterne entre les deux héros. Les flash-back révèlent au fur et à mesure les circonstances ayant amené à cette situation. L’auteure fait évoluer la relation. Toutefois elle laisse en suspens la conclusion, se contentant de disséminer des indices à travers les paroles et les expressions, laissant l’imagination du lecteur. L’histoire bonus ajoute également d’autres indices. Par ailleurs, le chapitre de l’été introduit l’histoire de Yagami.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle détaille les petits gestes, les regards, invitant les lecteurs à construire leur propre interprétation. Par exemple, Jingûji affiche constamment un sourire narquois en phase avec son caractère tordu. Les corps sont sveltes. Celui de Yuito est d’ailleurs mis en valeur avec tous ses tatouages. Les décors précis et soignés permettent même de reconnaître certains quartiers de Tokyo. De même les trames très variées et les trames d’ambiance très discrètes renforcent l’aspect réaliste du récit. Les flash-back se repèrent immédiatement grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou noires. De même, elle les détaille peu sur les plans larges.

En résumé

Saotome Kyôhei a raté ses examens d’entrée dans l’université qu’il visait. Ses notes continuant à baisser malgré les cours de soutien, il ne supporte plus la pression familiale. Sur le quai, exténué, il s’apprête à se suicider en sautant mais il est stoppé par Jingûji Yuito. Ce dernier a d’ailleurs eu les meilleures notes dans la section universitaire que visait Saotome. Il lui propose alors de l’aider à réviser en échange d’un remboursement en nature…

En conclusion

L’éditeur avertit en début de tome les lecteurs sur le « contenu susceptible de froisser la sensibilité de certaines personnes ». En effet, Haru sensei aborde un registre surprenant, plutôt dramatique et psychologique. J’apprécie beaucoup l’impression malaisante qui s’installe à la lecture mais qui retient tout de même en haleine. Par contre, certains lecteurs risquent de ne pas apprécier.

La concession d’un oméga brisé – Enuoka Yochi

la concession d un omega brise enuoka yochi
ENUOKA Yochi エヌオカヨチ
ISBN: 9782382761397
Hana, 2022
ISBN: 9784865548181 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Titre original: キスは番にひざまずく
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments que ressent Iori sont-ils le fait de l’amour, du destin ou bien de ses pulsions? »

Enuoka Yochi sensei propose une romance omegaverse questionnant sur la place des sentiments dans un lien entre âmes sœurs. Elle confronte l’instinct et l’influence des phéromones à l’amour qui se construit en parallèle de la confiance. Elle base principalement la narration du point de vue de Tachibana mais donne parfois celui de Mitsugi. Le lecteur accompagne Iori dans sa découverte du passé dramatique de Léo ainsi que de sa condition particulière. D’ailleurs, l’alpha, naïf mais persévérant, s’impose petit à petit tout en se remettant en question. L’oméga, quant à lui, refuse de se soumettre au destin suite à son traumatisme d’enfance. L’auteure apporte des touches humoristiques avec les enfants malicieux et mignons de l’orphelinat. De même, elle met en avant le soutien des amis entourant les deux héros. D’ailleurs, elle transcrit avec finesse la souffrance de Kakegawa Chitose, impuissant face au désespoir de son ami cher.

La mangaka a un trait fin, anguleux et légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à représenter les personnages en SD. Par contre, elle travaille beaucoup les détails: les cheveux sont méchés et les yeux très expressifs. De même, les protagonistes, bien que sveltes, sont finement musclés. Ainsi, même les amis des héros offrent une galerie de beaux et mignons garçons. Les décors s’estompent autour des personnages. Les trames sont variées et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue. Par ailleurs, Enuoka sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

En croisant l’oméga Mitsugi Léo durant la pause déjeuner, l’alpha Tachibana Iori croit reconnaître en lui son âme sœur. Mais l’oméga le rejette violemment. Les amis de Iori l’avertissent alors que ce dernier, surnommé le « bouffeur d’alphas », fait payer ses faveurs sexuelles chaque soir après les cours. Ne pouvant y croire, Iori se rend dans la salle de classe des rendez-vous. Mais excité par les phéromones de Léo, il perd à la fois ses mots et le contrôle puis finit par coucher avec lui. L’oméga continue pourtant à le rejeter par la suite. Toutefois, l’alpha a décidé de toujours aimer son âme sœur…

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Le tome épais permet de bien développer la romance et les liens entre les personnages. D’ailleurs, j’apprécie particulièrement la candeur agréable de Iori et ses interactions avec les enfants. Et puis, pour une fois, c’est un alpha qui n’est pas issu de la haute société. Une très belle histoire d’amour entraînante bien que classique.