Treat me gently, please 7 – Nekota Yonezou

treat me gently please 7 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782375060858
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784799735183 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un amour homosexuel à l’épreuve d’un père surpris.

Nekota Yonezou sensei aborde un thème délicat: le rejet des parents de l’homosexualité de leur enfant. Elle le traite sans parti pris, montrant simplement les différentes réactions des protagonistes. Toutefois, elle pointe les paroles qui deviennent blessantes. Alors que le père de Maya s’entête à considérer la relation amoureuse de son fils comme une passade, il apprécie tout de même les changements positifs de son comportement. Il s’intéresse donc à Nemugasa qui a influencé Hideyuki. La cohabitation entre Shimakawa et Maya apporte quelques moments distrayants dans cette ambiance dramatique. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue de développer la relation entre Akira et Naoya. Elle s’attarde principalement sur les interrogations de ce dernier, en particulier la peur du regard extérieur et la pérennité d’une relation homosexuelle. L’histoire bonus en fin de tome apporte une touche humoristique et érotique sur le couple phare.

La mangaka a travaillé particulièrement les expressions des visages, faisant passer les émotions de ses personnages par l’image. De même, le père de Maya possède quelques traits communs avec son fils, renforçant leur lien de parenté. Le trait épuré s’affine encore plus. Il se simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient leurs sentiments. Les décors également soignés apparaissent sur les plans larges et rendent particulièrement bien les extérieurs. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches mais évite également de les détailler.

En résumé

De retour imprévu de l’étranger, le père de Maya Hideyuki trouve son fils et Nemugasa Takashi nus dans le lit. Il demande alors des explications. Maya ne cache rien de sa relation et tente de lui faire comprendre qu’elle est sérieuse. Son père le vire alors de la maison et bloque même sa carte bleue, refusant aussi de payer la suite de ses études. Il a également pris soin de prévenir la famille d’Akira pour que Hideyuki ne trouve aucune aide, espérant le faire changer d’avis. Mais Maya ne cède pas, cherchant un logement même temporaire en survivant avec le salaire de son petit boulot. Toutefois, Takanashi Akira arrive à convaincre Shimakawa Naoya de le loger…

En conclusion

Maya Hideyuki se classe à la seizième place du meilleur seme au Chill chill BL award 2018. D’ailleurs, je trouve la couverture représentant Naoya et Hideyuki en seme poseurs, magnifique. Par contre, je ne m’attendais pas à une telle réaction du père de Maya, mais au fur et à mesure que l’histoire avance et que l’on découvre sa vision du monde, j’apprécie clairement la tournure sérieuse et tellement d’actualité que prend l’histoire. J’admire le courage de Maya pour protéger son amour sincère. Un plaisir à lire!

Punch up 7 – Kano Shiuko

punch up 7 kano shiuko
KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN:9782820343789
Asuka, 2022
ISBN: 9784799750865 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Votre façon d’aimer ne me convient pas. »

Kano Shiuko sensei conclut l’arc sur le traumatisme de Maki et la relation malsaine entre Mibu et Shibuzawa. Elle intègre beaucoup de rebondissements provoquant des émotions intenses. Comme ce tome est assez dramatique, elle détend l’atmosphère avec les bonus en fin de chapitre. De même, le contraste entre la naïveté et la perversité de Shiraishi ajoute une touche comique. Le comportement obsessionnel de Yutaka d’abord inquiétant devient ensuite touchant quand il se répercute sur son entourage. Ainsi, Motoharu, accablé par son sentiment d’impuissance, surmonte laborieusement son traumatisme, entrainé par la force pourtant candide de Kôta. Comme dans le tome précédent, l’auteure analyse donc les changements de personnalité et de comportement de ses personnages, influencés par la jalousie, la culpabilité ou les regrets. Elle montre comment un rapport de force s’inverse peu à peu . Elle dépeint la volonté nécessaire pour agir et évoluer ainsi que pour assumer ses sentiments.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché et plutôt fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle s’attarde sur les détails et les regards, dessinant des visages très expressifs. Ainsi, la fatigue de Shibuzawa se ressent directement à travers le graphisme. Les personnages ont des muscles fins. Les décors apparaissent sur les plans larges. Quelques trames appuient les émotions. La mise en page est très dynamique. En arrière-plan, les chats apportent une note mignonne. A la fin du premier chapitre, Kano sensei présente ses personnages avec humour selon la version de Motoharu. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de larges bandelettes blanches. Toutefois, bien qu’elle ne dessine pas les contours, elle joue sur les trames pour les suggérer suffisamment. En début de chapitre, les protagonistes semblent poser dans des illustrations.

En résumé

Lassé par sa relation malsaine avec Shibuzawa Yutaka, Mibu Yukiya démissionne. Il cherche alors un peu de réconfort auprès de Maki Motoharu mais ce dernier repousse ses avances. En effet, bien que souhaitant sauver son ancien amant, ce dernier a conscience d’agir plus par culpabilité que par amour. Réveillé, Ôki Kôta devine immédiatement que son petit ami a réussi à régler un de ses problèmes et préfère le câliner au lieu de l’interroger. Suite au départ de Mibu, l’ambiance est devenu électrique dans le cabinet de Shibuzawa. En plus, l’architecte qui confiait tout à son bras-droit se montre tellement acerbe avec ses autres employés qu’il les incite à également démissionner. Pendant ce temps, l’équipe de Shiraishi Kento accueille chaleureusement Mibu…

En conclusion

Beaucoup d’émotions contradictoires à la lecture de ce tome. Kano sensei arrive à provoquer de l’empathie pour ses personnages pourtant pervers, dérangés, égoïstes. Je me surprend même à rire du malheur de Shiraishi, le pauvre! J’adore le graphisme de la mangaka et son style narratif. Je suis donc complètement conquise par les aventures de ces couples particuliers.

Treat me gently, please 6 – Nekota Yonezou

treat me gently please 6 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782375060643
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784799730829 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je veux te garder rien que pour moi. »

Nekota Yonezou sensei relâche un peu la pression du tome précédent et nous offre des câlins à profusion. Elle s’intéresse avec humour à la communication dans un couple et au partage des sentiments. Elle met également en avant l’évolution de la relation entre Naoya et Akira, où le médecin apprend à calmer ses ardeurs pour ne pas voir fuir son cher amant. Le fan service avec un concours de miss, côtoie d’abord l’humour avant de nous plonger dans un drame. Ainsi, l’auteure adoucit une situation tendue en y ajoutant des quiproquos et de la tendresse. Elle dénonce le comportement des hommes sans principes qui forcent les relations, et provoque alors l’introspection bienvenue de Maya. Elle introduit encore de nouveaux personnages, dont Kutani Mitsuru qui apporte encore une personnalité agréable et bienveillante. L’histoire bonus est hilarante.

Le graphisme de la mangaka s’affine de plus en plus. Son trait épuré utilise maintenant des contours avec des pleins et des déliés. Il se simplifie dans les passages humoristiques. Malgré un aspect banal, ses personnages dégagent un charme certain. De même, les seme sont finement musclés. Akira conserve son visage inexpressif sauf quand il dort. Par ailleurs, les trames ne chargent pas les pages et accompagnent les ambiances, les décors, les émotions et les détails. La mise en page dynamique rythme la lecture. L’imagination débordante de Naoya se repère à la trame recouvrante grise. Malgré les nombreux passages érotiques, Nekota sensei évite les détails trop crus. Elle censure également les parties intimes par des bandelettes blanches.

En résumé

Nemugasa Takashi fait du shopping en rendez-vous amoureux avec Maya Hideyuki. Il découvre alors que son petit ami a posé comme mannequin, de dos pour une grande affiche. Désirant changer de style pour correspondre au charme de son amant, Takashi demande alors son aide. Bien que les changements soient minimes, il est surpris de détourner un peu les regards de Maya. Pourtant, ce dernier n’a d’yeux que pour lui et n’arrête pas de lui dire qu’il l’aime tel qu’il est habituellement. Le soir, Nemugasa, légèrement inquiet et possessif, n’arrête pas de croquer le dos de son petit ami durant leurs ébats, souhaitant marquer son territoire…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. En effet, Nekota sensei arrive à alterner humour, fan service et sérieux avec habileté, abordant la question des relations forcées et du viol dans une approche originale. En plus, quel plaisir de découvrir la suite de l’évolution de la relation intime entre Naoya et Akira de Treat me gently, please Akira story. J’espère également en apprendre plus sur la romance d’Okino, car j’adore Kutani!

Treat me gently, please 5 – Nekota Yonezou

treat me gently please 5 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351809990
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799728420 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Jalousie dans le couple de Maya et Nemugasa.

Nekota Yonezou sensei privilégie l’histoire et le développement des sentiments du couple phare de sa série. Elle alterne la narration entre Maya et Nemugasa, partageant leurs réflexions intérieures. Ainsi, Maya, bien que toujours possessif, domine de moins en moins son partenaire. Quant à Nemugasa, il découvre la jalousie mais n’arrive pas à l’exprimer. Malgré un certain équilibre, les deux étudiants ont encore du mal à discuter aisément pour surmonter certains obstacles. D’ailleurs, l’auteure introduit Ruka, qui vient semer le trouble dans le couple. Elle met en évidence la mauvaise influence du manque de confiance en soi et en son partenaire dans cette relation. Elle reprend également l’incident avec Naoya, du spin-off avec Akira, en présentant cette fois le point de vue de Takashi. Okino, quant à lui, apporte une touche humoristique. Par ailleurs, les histoires bonus offrent humour et fan service, contrebalançant le ton plus sérieux du récit principal.

La mangaka adoucit son trait épuré. Elle fait également grandir ses personnages, allongeant le visage tout en exprimant leur maturité. Ainsi, Maya expose ses magnifiques muscles abdominaux. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. En revanche, Nekota sensei ne s’attarde pas sur les scènes érotiques. Pour ne pas frustrer les fans, elle compense le manque de câlins dans les histoires bonus en fin de tome sans pour autant montrer les parties intimes, jouant sur les angles de vue ou même sans les dessiner.

En résumé

Nemugasa Takashi a décidé de prendre un petit boulot et devient professeur sur les conseils de Maya Hideyuki. Il s’inscrit également au club universitaire de Takanashi Akira, malgré les protestations de son petit ami qui se méfie de Shimakawa Naoya. De son côté, Hideyuki rencontre Ruka à l’université, un jeune homme charismatique, qui lui ouvre de nouvelles perspectives d’activités. Takashi est éprouvé par leurs affinités. Le couple résistera-t-il?

En conclusion

Nekota sensei annonce dans son commentaire en préface être passée au dessin totalement numérique au bout de 15 ans de carrière. Pourtant, cela ne s’en ressent pas dans le graphisme. Il est agréable de voir évoluer et grandir les personnages. Ils en deviennent encore plus attachants. J’apprécie particulièrement le début du tome qui reprend la suite directe de Treat me gently, please Akira story, avant de remonter le temps pour conclure sur cet évènement. J’adore de plus en plus!

Treat me gently, please Akira story – Nekota Yonezou

treat me gently please akira story nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米藏
ISBN: 9782351809341
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799724668 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Trois ans de patience pour oublier son premier chagrin d’amour mais Akira ouvrira-t-il un jour son cœur à un autre?

Nekota Yonezou sensei s’intéresse au passé d’Akira, le cousin de Maya, prenant directement la suite de l’histoire de Jûta du tome 4. Elle narre également l’évolution de sa relation avec Naoya. La narration alterne entre les deux héros, mais un chapitre entier permet également de découvrir le point de vue de Sanada. Takanashi, prisonnier de ses regrets et de son premier amour, ne voit pas les efforts de Shimakawa pour s’adapter à ses moindres désirs. Mais ce dernier décide de le bousculer un peu, laissant de plus en plus exprimer sa jalousie et sa possessivité. L’auteure fait des allers-retours entre les flash-back du passé et le présent, tout en maintenant un certain suspense en ne révélant que quelques indices à chaque fois. Elle aborde particulièrement la problématique d’une relation entre professeur et élève.

La mangaka a un trait épuré. Elle adoucit les mentons moins longs de ces personnages. Elle s’attarde particulièrement sur les expressions d’Akira qui affiche pourtant une regard vide et ne montre pas vraiment ses sentiments. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées. De même les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. D’ailleurs certaines vignettes dégagent beaucoup de poésie avec des métaphores graphiques. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei ne détaille pas les parties intimes et joue sur les angles de vue pour éviter de les montrer.

En résumé

Depuis déjà trois ans, Takanashi Akira tente d’oublier son chagrin d’amour dans les bras du tombeur Shimakawa Naoya. Mais en apprenant la relation entre son petit frère et son premier amour, le professeur Sanada, les douloureux souvenirs se rappellent à lui. Naoya, son sex-friend, arrivera-t-il à conquérir son cœur?

En conclusion

Même si ce spin-off se suffit à lui-même, il est appréciable de lire la série principale pour mieux recadrer les évènements dans le temps. Grâce à cela, les lecteurs comprendront mieux le caractère effacé d’Akira. J’admire la prouesse de Nekota sensei qui arrive à donner discrètement des émotions au visage plutôt inexpressif d’Akira. Certaines de ses bouilles deviennent même attachantes. C’est l’un de mes couples préférés de la série!

Treat me gently, please 4 – Nekota Yonezou

treat me gently please 4 nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351808474
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784799713969 (JP)
Libre, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Nouvelle vie étudiante à la fac. »

Nekota Yonezou sensei continue la romance de Nemugasa et Maya, s’intéressant à leur organisation entre cours à l’université, petit boulot et rendez-vous amoureux. A travers Okino, elle aborde la construction d’une nouvelle amitié, l’incompréhension des signes d’une séparation et le besoin d’un confident ayant la même orientation sexuelle. D’ailleurs, le jeune étudiant de Kyoto semble aussi naïf que mignon. Les deux héros, quant à eux, ont mûri: Maya fait des efforts pour contenir sa jalousie et Nemugasa, plus épanoui, exprime facilement ses désirs. Un tiers du tome est consacré à une histoire spéciale sur Takanashi Jûta. L’auteure installe un jeu de manipulations entre le lycéen et le professeur Sanada, aboutissant sur une relation forcée. Toutefois, elle joue sur les limites, l’enseignant ne se laissant pas faire aussi facilement. Le sale caractère de Jûta le rend encore plus antipathique que dans le tome précédent.

La mangaka a un trait épuré mais léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. D’une part, elle renforce le côté mignon d’Okino en le représentant en wanko. D’autre part, elle dessine des visages toujours ovales mais moins longs, apportant un certain équilibre plus réaliste. En plus, les personnages ont grandi physiquement. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Mais elle privilégie plutôt de les cacher par des angles de vue ou des phylactères. Elle répond au fan service dans l’histoire bonus, mettant en avant la musculature de Maya. A noter que la première page est en couleur.

En résumé

Bien que Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi étudient chacun dans des universités différentes, ils se retrouvent dès qu’ils ont du temps libre. Maya a même pris un petit boulot de serveur dans un café où se rend parfois son petit ami pour déjeuner. Mais Nemugasa commence à ressentir un peu de gêne face à leur différence de style vestimentaire, son petit ami ayant beaucoup de succès. Il demande alors à ses parents l’autorisation de travailler en parallèle de ses études. A la fac, il rencontre Akira avec son ami en médecine, Shimakawa Naoya. Comme il se sent un peu esseulé, ce dernier lui propose donc de s’inscrire à leur club. Mais en cours, Okino Shôtarô, un étudiant venant de Kyoto, l’aborde et lui demande de but en blanc s’il n’est pas gay

En conclusion

Maintenant que les personnages ont grandi, leur relation prend une tournure plus posée et consensuelle, même si Maya a parfois des fantasmes un peu trop inspirés de ses lectures érotiques. Comme son partenaire ne se laisse plus faire, l’équilibre entre eux devient agréable à suivre. Dans sa postface, Nekota sensei explique à ses lecteurs ses décisions sur le développement de l’histoire, essayant de les satisfaire au mieux, sans pour autant dénaturer l’essence de son récit ni son projet initial. Un couple attachant qui nous fait passer de bons moments de lecture.

Treat me gently, please plus+ – Nekota Yonezou

treat me gently please plus plus nekota yonezou
NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351809716
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799726372 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les petits secrets d’amour de Maya et Nemugasa.

Nekota Yonezou sensei offre un recueil regroupant ses dôjinshi. Chaque situation est un prétexte pour voir le petit couple s’envoyer en l’air. La majorité des récits se situent entre les tomes 1 à 3, quand les deux lycéens commencent à découvrir leurs sentiments réciproques. Ainsi, l’humour se mêle à l’érotisme. Il y a même une touche fantastique avec une histoire hilarante de changement de corps. L’obsédé Maya essaie de contrôler au mieux ses pulsions tandis que Nemugasa se dévergonde petit à petit. D’ailleurs, Takashi mène de plus en plus son petit ami par le bout du nez. L’auteure mélange différents procédés narratifs. En plus des chapitres, des yonkoma proposent des histoires comiques sur l’origine des idées perverses de Maya.

La mangaka a un trait épuré. Elle dessine des mentons longs et pointus. Ce tome regroupant ses travaux entre 2009 et 2013 permet ainsi de découvrir l’évolution de son style. Les décors situent principalement l’action. Par contre, les trames d’ambiance participent complètement à la narration, transcrivant les émotions et marquant les changements d’humeur. En effet, elles sont complètement différentes quand Maya et Nemugasa ne sont pas sur la même longueur d’ondes puis se transforment jusqu’à atteindre une unité lorsqu’ils deviennent enfin complices. La mise en page dynamique rythme la lecture. Nekota sensei s’attarde un peu plus sur les scènes érotiques. Elle censure les parties intimes par des caches blancs ou des bandelettes blanches.

En résumé

Alors que Maya Hideyuki est allé en vacances en famille en Australie pendant trois semaines, Nemugasa Takashi est tout guilleret à l’idée de pouvoir réviser tranquillement avec Akira. Mais il se rend compte peu à peu au fil des jours que les câlins de son petit ami lui manquent plus qu’il ne pensait…

En conclusion

Chaque chapitre peut se lire indépendamment mais il est préférable de connaître l’histoire principale pour mieux comprendre les références des gags. C’est un plaisir de voir Nemugasa réussir de mieux en mieux à contrôler ce Don Juan de Maya. De même, les nombreuses scènes consenties permettent d’apprécier leurs échanges. Pour les fans de la série!

Boy meets Maria – PEYO

boy meets maria peyo
PEYO
ISBN: 9782375063255
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784829686133 (JP)
Printemps, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il te plaît, soit l’héroïne de ma vie. »

PEYO sensei propose une romance à la fois dramatique et débordante de tendresse. Elle dépeint avec précision les émotions de l’adolescence ainsi que l’évolution des deux héros vers l’âge adulte. Par ailleurs, elle aborde un thème plutôt rare dans le BL: la non-binarité. En effet, Arima ressent une dysphorie de genre suite à plusieurs traumatismes. Il est instable et a donc tendance à s’isoler. Sous son air confiant, Taiga cache également des souvenirs blessants. Il reste superficiel dans ses relations. Les deux adolescents vont alors apprendre à se connaître, à s’apprécier mutuellement. L’auteure maintient le suspense au fil des chapitres en révélant petit à petit le passé des personnages qui s’entremêle. Elle aborde l’amitié et l’amour, la construction de l’identité sexuelle. Elle joue sur l’excès de positivisme de Taiga pour ajouter des touches d’humour. L’histoire bonus en fin de tome s’amuse de la maladresse innocente du couple.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle utilise des métaphores graphiques, dessinant quelques planches poétiques où l’imagination se mêle au réel. Les décors, soignés, apparaissent dans les plans larges. Par ailleurs, les trames sont nombreuses et variées. En revanche, les trames d’ambiance sont très discrètes et plutôt rares. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de case, des angles de vue originaux, le découpage précis de certains passages. D’ailleurs, PEYO sensei a son propre style, qui apporte une touche rafraichissante. Elle évite de détailler les scènes érotiques, ne montrant pas les parties intimes.

En résumé

Depuis tout petit, Hirosawa Taiga (15 ans) rêve de devenir un super héros qui protège les femmes. Maintenant au lycée, il souhaite intégrer le club de théâtre, poursuivant son rêve en devenant le plus grand acteur du Japon. Mais sa trop grande confiance en lui inquiète ses deux amis: Fukumaru qui le connaît depuis le collège et Tetsu, rencontré récemment. En plus, ils se retrouvent souvent mêlés aux délires de leur ami. Durant une représentation du club de théâtre, Taiga a le coup de foudre pour la belle danseuse Maria. Il l’attend déjà à la fin du spectacle pour lui déclarer sa flamme. Bien que surpris par sa voix masculine, il persévère et refuse de croire le président du club de théâtre qui lui révèle pourtant que Maria est en réalité un garçon qui s’appelle Arima Yû…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Malgré le traitement réservé de PEYO sensei pour ménager les lecteurs, il comporte quelques scènes pouvant choquer les plus sensibles (viol sur mineur). Ce petit bijou, intense en émotions, est à la fois doux et violent, navigant entre humour et drame. De même, le graphisme très expressif permet de comprendre immédiatement les émotions des personnages. J’ai été ébranlée par cette romance prenante et passionnante. Un énorme coup de cœur à découvrir!

Sweet pool 2 – Kurumazaki Mayu et Nitro+CHiRAL

sweet pool 2 kurumazaki mayu
KURUMAZAKI Mayu 車折まゆ
Nitro+CHiRAL
ISBN: 9784799710852 (JP)
Libre, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Yôji a de plus en plus envie de connaître Tetsuo…

Kurumazaki Mayu sensei fait doucement évoluer la relation entre Shironuma et Sakiyama. De même, elle montre une facette peu reluisante de Makoto qui perd le contrôle avec la jalousie. Les deux héros apprennent à se connaître petit à petit, poussés discrètement par le professeur Kamiya. Yôji s’interroge sur les changements dans son corps. Tandis que Tetsuo, taciturne, s’ouvre à son camarade. D’ailleurs, comme il n’a pas l’habitude d’exprimer ses sentiments, il a tendance à se montrer brusque. Il passe donc outre au consentement. L’auteure joue beaucoup sur le suspense. D’ailleurs, elle place des indices au fil des chapitres sans pour autant donner des explications claires pour l’instant. De même, elle révèle le passé des héros par des flash-back parfois silencieux ou rapides, laissant le lecteur deviner la situation. Les histoires bonus s’intéressent à l’enfance de Zen’ya et Kitani.

La mangaka a un trait anguleux marqué. Elle dessine de grands nez proéminents. Elle utilise beaucoup de trames sombres, renforçant le côté inquiétant du récit. De même, les cadrages resserrés augmentent l’impression d’oppression. Ainsi, le lecteur ressent presque les sensations des personnages. Les décors situent l’action. La mise en page rythme la lecture avec beaucoup de cases vides, d’ellipses. Dans les scènes érotiques, Kurumazaki sensei cache les parties intimes par des caches blancs. Comme dans le tome précédent, elle offre une belle illustration noir et blanc en début de chapitre.

En résumé

Okinaga Zen’ya demande à Kitani de lui ramener Shironuma Tetsuo mais il échoue, le lycéen s’étant vaillamment défendu. Le lendemain au lycée, Sakiyama Yôji donne rendez-vous à Shironuma sur le toit pour discuter. En effet, son camarade n’a plus aucune trace de coup. L’intéressé n’a évidemment aucune explication à donner. Ressentant une douleur au plus profond de son corps à chaque contact avec lui, Yôji ne veut plus le fréquenter. D’ailleurs, il se réfugie ensuite aux toilettes car de nouvelles boules de chair sortent de son corps. Mita Makoto, inquiet pour son ami, ne supporte plus son silence. A cause de ses crises de plus en plus fréquentes, Zen’ya décide de révéler ce qu’il sait à Sakiyama. Mais alors qu’il l’agressait, Tetsuo vient à son secours. Bien que Yôji refuse de céder au parfum de son sauveur, son corps le trahit. Et les deux lycéens finissent donc par s’unir…

En conclusion

Les protagonistes ont tous un passé aussi sombre que l’histoire qui se révèle peu à peu. Malheureusement, l’auteure a pris une pause et au bout de 9 ans, Libre a annoncé l’abandon de la série. Il est tout de même possible de jouer au jeu (version censurée) sur Steam. La licence a encore du succès puisqu’une adaptation au théâtre est sortie en mars 2022. J’aime beaucoup le manga qui, même s’il avance doucement dans le récit, ménage ma sensibilité sur les scènes violentes.

Sweet pool 1 – Kurumazaki Mayu et Nitro+CHiRAL

sweet pool 1 kurumazaki mayu
KURUMAZAKI Mayu 車折まゆ
Nitro+CHiRAL
ISBN: 9784862638694 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre hallucinations et attirance, Yôji semble perdre la raison…

Kurumazaki Mayu sensei offre une adaptation manga du jeu vidéo sur PC Sweet pool développé par Nitro+CHiRAL, dans lequel elle s’occupe du character design. Elle mêle à la fois suspense, surnaturel et horreur. Elle installe d’abord le contexte, révélant petit à petit les situations familiales complexes des personnages ainsi que leurs personnalités plutôt tordues. Yôji, qui vit seul depuis le mariage de sa sœur, s’avère être un « hôte femelle », soit le sujet expérimental d’une organisation secrète qui manipule son destin. De même, Tetsuo semble faire partie du projet malgré lui. D’ailleurs, les deux lycéens sont manifestement attirés l’un par l’autre. L’auteure base la narration sur Sakiyama, partageant ses troubles d’identité, ses peurs et ses sensations. Dans un chapitre bonus, elle met en avant Makoto, qui cache en réalité un attachement obsessionnel derrière son air enjoué.

Le graphisme de la mangaka sied bien à l’histoire: des traits légèrement épurés, plutôt réalistes. Elle maîtrise également les jeux de trames et les noirs pour créer des planches sombres et rendre l’ambiance dramatique. Toutefois, elle joue sur les cadrages pour réduire la violence de certaines scènes. L’arrière-plan semble parfois se fondre avec le dessin. La mise en page est très dynamique. Néanmoins, l’enchainement des cases paraît parfois brusque mais transcrit avec finesse les troubles de Yôji. Kurumazaki sensei censure les scènes érotiques par des bandelettes blanches. Elle sépare les chapitres par une illustration. En début de tome, un poster à déplier en couleurs regroupe deux illustrations: celle du recto, réalisée par Onitsuka Seiji, illustrateur du light novel, a un trait plus seinen et mêle à la fois érotisme et gore. Au contraire, celle de Kurumazaki Mayu au verso offre une tranche de vie scolaire avec un trait doux.

En résumé

Sakiyama Yôji, à la santé fragile, reprend les cours au lycée après une longue absence. Il a toujours eu du mal à s’intégrer dans sa classe mais son ami Mita Makoto l’accueille joyeusement. En revanche, Shironuma Tetsuo, un élève plutôt froid, l’intrigue. En effet, il dégage un étrange parfum qui affole ses sens. D’ailleurs, les deux lycéens sont de corvée de ménage ensemble. Par contre, Makoto le prévient de se méfier d’Okinaga Zen’ya, fils de yakuza, qui a un comportement instable et étrange. A la fin de la journée, Yôji fait un malaise mais un homme le soutient. A peine conscient, il croit alors reconnaître le parfum de Tetsuo. N’osant l’interroger le lendemain, les deux garçons continuent à discuter uniquement pendant leurs tâches ménagères. Mais un soir dans son bain, Sakiyama croit voir ses bras recouvert de sang et ressent une forte excitation…

En conclusion

Le manga se suffit à lui-même, le lecteur n’étant pas obligé de jouer au jeu pour comprendre le déroulement du récit. D’ailleurs, le scénario promet d’être aussi palpitant et glauque que l’original. Les passages érotiques sont bien intégrés et semblent naturels, suivant les hallucinations de Yôji. Ma couardise m’empêche d’avancer rapidement sur le jeu mais il est disponible (en version censurée) sur Steam en anglais. J’ai hâte de connaître la suite!