Principle – Sachimo

principle sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776803
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784832290679 (JP)
Houbunsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Dualité entre un stalker intellectuel et un travailleur manuel déluré.

Ce one-shot de Sachimo sensei offre une comédie romantique entre un homme déterminé aux critères élevés et un beau gosse déluré ayant plein de principes. Leurs comportements extrêmes, presque déviants, semblent au premier abord clichés mais l’auteure dévoile au fil des chapitres leurs motifs et leurs influences, approfondissant un peu leur psychologie. Elle alterne les narrateurs entre Yamashiro et Yashiro qui partagent leurs envies, pensées, questionnements sur leurs sentiments. De même, le charpentier Tsuji, qui paraît froid et blasé, a droit à un chapitre pour s’exprimer. Alors que Yamashiro s’est fixé des règles strictes, Yashiro se fie à ses impressions. L’humour est principalement basé sur la dualité entre les deux héros et comment Yamashiro sera amené à briser ses propres règles. Leur relation évolue vite mais avec leurs caractères têtus, elle reste tendue.

Le trait de la mangaka est fin. Les hommes sont grands, de carrures sveltes mais musclées. Les yeux sont fins mais restent expressifs. Sachimo sensei utilise des simplifications pour les passages humoristiques: par exemple, les joues rougissantes sont toutes rondes. Elle tire complètement profit des trames en les utilisant pour la colorisation, les ombres et les ambiances. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Ses cadrages sont dynamiques mais dégagent un certain formalisme. La censure des scènes érotiques est faite en occultant des traits mais les trames suggèrent parfaitement les détails, permettant de conserver une certaine sensualité.

En résumé

Le charpentier Yamashiro Kanta ne couche qu’avec des « magiciens », c’est-à-dire des hommes de plus de 30 ans encore puceaux prêt à tout pour se dépuceler. Pour se protéger de déconvenues, il s’impose plusieurs règles strictes à suivre. Mais un jour, il rencontre l’architecte d’élite Yashiro qui travaille avec son patron Seki. Alors qu’une aventure d’un soir s’est mal passée, il tombe sur l’intellectuel qui le suivait. Ce dernier se prétendant magicien, il accepte de coucher avec lui malgré ses doutes. Mais l’architecte n’a pas l’intention de respecter la règle d’un coup du soir…

En conclusion

De premier abord simple et léger, le scénario s’avère légèrement approfondi et met en scène deux hommes opposés fuyant l’amour. Il faut tout de même avouer que tout est prétexte à introduire une scène érotique et que le principal but de l’histoire est de voir tomber les principes de Yamashiro un à un. Ce one-shot a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Incitant porno – Jita

incitant porno jita

Jita 爺太
ISBN: 9782368776834
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691732 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Romance dans le cinéma pornographique.

Ce one-shot de Jita sensei a pour thème le milieu du cinéma pornographique. L’auteure détaille les moments de tournage, alliant scènes érotiques et avis des acteurs sur les répliques ou le scénario. Par ce thème, elle questionne donc la reconversion des acteurs, la place d’une relation amoureuse, les raisons poussant à faire ce métier, la vision extérieure du métier, les différences entre cinéma pornographique hétérosexuel et homosexuel. Elle donne un profil psychologique plutôt travaillé à ses personnages: malgré son métier, Takumi conserve une certaine droiture, même s’il est accro aux jeux d’argent. Kai, entré dans le milieu par nécessité, travaille pour une agence à la gestion douteuse mais ne sombre pas dans le mélodrame. La jeune recrue Arata et le travesti Maria apportent une touche humoristique. Par ailleurs, l’allusion au tournage d’un scénario BL fait indirectement un clin d’œil aux adaptations des homo-romances à l’attention du public féminin.

La mangaka soigne son graphisme: ses personnages sont musclés, les traits de leurs visages sont assez réalistes, leur pomme d’Adam est saillante. Même si les hommes ont des carrures masculines, le traitement de Maria joue sur l’ambiguïté. Les protagonistes apparaissent en super-deformed dans les moments comiques. Jita sensei travaille ses angles de vue. Les décors assez présents ne sont pas envahissants. De même, les trames appuient le côté réaliste des scènes: ombres, colorisation. Quelques trames d’ambiance se font discrètes. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Takumi (27 ans) est une star du porno en vogue. Se vantant d’être un pro pouvant assurer avec n’importe quel partenaire, son agent lui propose des contrats de plus en plus originaux. Après son dernier tournage avec un travesti, Maria, il est invité par ce dernier dans un bar gay où il rencontre Kai, qui semble connaître le secret de son début de carrière. Le lendemain, ils se retrouvent sur le tournage suivant: un plan à trois entre hommes. Kai s’avère être un mannequin et acteur porno gay. A sa surprise, Takumi se laisse emporter par le feu de l’action et découvre de nouvelles sensations…

En conclusion

Les personnages sont attachants et tellement choux en SD. Mais ce qui me plaît le plus, c’est le traitement du sujet par l’auteure qui propose un scénario travaillé, logique avec une relation naturelle entre deux acteurs qui distinguent bien la vie privée et la vie professionnelle.

Because I dislike math – Rinteku

Couverture de Because I dislike math de Rinteku, éditions Boys'love IDP

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782368774755
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813030799 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Mathématique versus histoire.

Dans ce one-shot, Rinteku sensei offre une romance simple et mignonne entre deux caractères opposés qui s’attirent. En jouant sur la confrontation d’un esprit scientifique à un esprit littéraire et sur deux méthodes pédagogiques différentes, elle nous plonge dans le milieu scolaire du côté du professorat. De même, elle s’intéresse aux relations entre enseignants et élèves. Cependant, l’humour confère un ton léger au récit. L’auteure reste dans l’observation et n’approfondit pas les questionnements. Ainsi, bien que Shinoda soit le narrateur, il se contente de constater l’évolution de ses sentiments. La traductrice a ajouté quelques annotations bien pensées qui permettent de mieux comprendre certaines subtilités.

Le dessin de la mangaka est agréable: son trait fin épuré convient parfaitement à ses personnages longilignes. De plus, elle accentue les simplification des visages ovales pour renforcer leurs expressions. De même, elle n’hésite pas à les transformer en super-deformed. D’ailleurs, les deux héros apparaissant en SD à chaque fin de chapitre narrent une petite histoire humoristique. Rin sensei privilégie les contrastes noirs et blancs. Les trames servent principalement pour la colorisation ou l’ambiance. Les angles de vue sont recherchés et parfois originaux. Les illustrations de début de chapitre donnent le ton général du récit. Les scènes érotiques ne montrent que l’essentiel, jouant sur les cadrages et le choix des plans.

En résumé

Shinoda Chitose (24 ans) débute comme professeur d’histoire-géographie dans l’école préparatoire Tôsei. Il a toutefois tendance à sympathiser et à être trop familier avec ses élèves. Le professeur de mathématiques Nakatsu, tout en se montrant sévère, le met en garde des risques qu’il prend. Mais Chitose, confiant dans sa méthode d’apprentissage, persiste. Finalement, la jeune Yoshida lui demande un jour son numéro de téléphone portable. Nakatsu vient alors à la rescousse…

En conclusion

Cette petite tranche de vie scolaire avait un fort potentiel mais elle reste trop légère pour faire battre mon cœur. Cependant, le graphisme de la mangaka dégage un certain charme. Une auteure à surveiller à mon humble avis.

Petit bilan des lectures de 2019

Comme j’ai cumulé du retard dans ma pile à lire, mes avis de lecture concernent autant les nouveautés de 2019 que des livres publiés précédemment. Cependant, parmi tous ceux que j’ai recommandés absolument ou beaucoup, je vous propose une petite sélection de mes lectures préférées de l’année écoulée.

A lire absolument
  1. Twittering birds never fly de Yoneda Kou.
    La mangaka a une approche de l’univers des yakuza plutôt personnelle, même si elle transcrit parfaitement l’ambiance des films sur ce sujet.
  2. 10 dance 2 d’Inoue Satou.
    Cette série est idéale pour découvrir les danses de société. Par contre, l’homo-romance est secondaire.
  3. Coyote 1 de Zariya Ranmaru.
    Ce Roméo et Juliette revisité mêle le fantastique représenté par des loups-garous et l’univers mafieux.
  4. Liquor & cigarette de Zariya Ranmaru.
    Une amitié d’enfance qui évolue, avec l’alcool désinhibant en toile de fond. De plus, la mangaka offre des planches nimbée d’érotisme.
  5. Hearty de Yoshida Yuko.
    Ne vous fiez pas au trait doucereux de l’auteure, cette histoire nous plonge dans la manipulation et le mensonge.
A lire beaucoup
  1. Coup de foudre pour Cupidon de Suzumaru Minta.
    Sans jeu de mots, j’ai eu le coup de foudre pour cette douce romance adolescente qui m’a permis de découvrir la mangaka.
  2. Tokyo boy meets country de Takayoshi Yuri.
    Mon avis est peut-être influencé par ma lecture de l’étude d’Erick Laurent, Les Chrysanthèmes roses (édité par Les Belles lettres, 2011), mais j’aime beaucoup cette comédie qui plonge un parfait citadin à la campagne.
  3. Zhenniao de Monzen Yayohi.
    Le graphisme de l’auteure est magnifique et cette relation particulière humain x jingai poignante.
  4. Qualia under the snow de Kii Kanna.
    La description des liens entre les personnages est le point fort de la mangaka. Pour ceux qui aime les histoires contemplatives, poétiques et délicates.
  5. Pas cet amour-là d’itz.
    L’amour peut se développer lentement, tendrement, à force de découvrir et d’apprécier la personne avec qui on parle sans fard.

Désormais, je vais essayer de lire plus souvent des titres récents afin de fournir un top annuel. En espérant que cette liste pourra vous être utile, je vous souhaite une bonne lecture!

10 dance 2 – Inoue Satoh

10 dance 2 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368774502
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784065101322 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Quand le désir de compétition se mêle à une ardeur amoureuse provoquée par l’érotisme de la danse…

Dans ce deuxième tome, Inoue Satoh sensei s’attarde principalement sur les changements des deux danseurs et l’évolution de leur relation. Entre amitié, rivalité, doute et admiration, Suzuki semble complètement perdu dans ses sentiments alors que Sugiki annonce sa bisexualité. L’auteure continue à détailler l’univers de la danse: les différences de contact entre les danses standards et latinos, les trucages des concours où l’influence des appuis joue sur la notation qui, de plus, est parfois subjective. De même, elle aborde les définitions différentes de la séduction dans la chorégraphie. Elle distille au compte-goutte des informations sur le passé des protagonistes. Des chapitres courts humoristiques détendent l’atmosphère un peu plus sérieuse que le volume précédent. Les filles partagent même leur point de vue sur leur partenaire dans « Shall we dance? ». Justement, dans ses commentaires, Inoue sensei explique s’être inspirée de titres de musiques souvent utilisées en compétition pour ses chapitres.

La mangaka retranscrit graphiquement les changements de ses personnages: le côté strict de Sugiki s’adoucit à certains moments et l’insouciance de Suzuki semble s’effacer dans ses expressions. De même, elle utilise un dessin stylisé lors des compétitions pour rendre l’effet virevoltant des danses. Elle introduit de nouveaux personnages d’âges différents mais dont il est facile de deviner immédiatement la tranche d’âge. Son jeu des cadrages facilite la lecture et rend parfaitement les mouvements. D’ailleurs, l’auteure esthétise avec délicatesse l’érotisme de certaines danses. Ses personnages revêtent différents styles vestimentaires ou coupes de cheveux renforçant le côté réaliste. Même s’il n’y a pas de scène érotique, le jeux des regards et les baisers de plus en plus fougueux transcrivent les sentiments des personnages.

En résumé

Sugiki reçoit un appel de son ami de fac, le compositeur Ernest, qui s’inquiète de ne pas le voir participer à certains concours d’Angleterre. En effet, le danseur ne veut pas laisser Suzuki qui stagne dans son apprentissage de la valse. Apprenant les origines du Latinos, le surnommé Arnie lui conseille de l’entraîner en musique et non par décompte. La magie opère immédiatement, Suzuki étant plus à l’aise quand il s’amuse. Les entraînements respectifs avancent bien malgré quelques tensions. Surtout que le latino aime taquiner le gentleman en le bécotant. Sugiki invite alors son rival à venir admirer sa prestation au championnat du monde.

En conclusion

Ce second tome récidive en obtenant la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. L’histoire s’accélère légèrement mais l’auteure ne délaisse pas pour autant ses explications sur le monde de la danse. Elle plonge aussi bien ses personnages que les lecteurs dans le doute: s’aiment-ils réellement? N’est-ce donc pas l’influence de la danse qui les échauffe? J’adore!

10 dance 1 – Inoue Satoh

10 dance 1 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368774496
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784065101315 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Deux champions de danses talentueux s’entraident pour participer au tournoi 10 dance.

Inoue Satoh sensei développe une comédie romantique ayant pour thème principale les danses de société. A la fois humoristique et pédagogique, ce récit détaille l’univers des danses de salon: la compétition, les méthodes d’apprentissage, les différences selon les types de danses… Le côté journalistique est également abordé. Les deux héros aux caractères opposés se chamaillent tout le temps, offrant des passages hilarants, surtout qu’ils ne mâchent pas leurs mots. Suzuki, avec son caractère libre, a du mal à se plier au conformisme des danses standards. Sugiki, trop sérieux, est rongé par l’esprit de compétition. Comme ces deux danseurs s’investissent dans des styles de danse en conflit avec leur personnalité, ils vont devoir évoluer. L’auteure, qui est précise dans le réalisme, prend son temps et s’intéresse particulièrement aux sentiments de ses protagonistes.

La mangaka possède un style graphique bien à elle: ses traits sont fins et plutôt réalistes. Ses personnages masculins sont virils, aux visages plutôt carrés et aux corps assez musclés. Elle n’hésite pas à exagérer les expressions pour les renforcer. De même, l’auteure préfère les hachures pour exprimer les ombres. Elle privilégie les trames de coloration ou d’ambiance. Les rares décors, travaillés, situent d’abord l’action. Ses cadrages sont dynamiques. Par exemple, les scènes de danse occupent une double page permettant de rendre parfaitement l’ampleur des mouvements. Les illustrations de début de chapitre reprennent une scène de danse et sont simplement magnifiques.

En résumé

Suzuki Shinya est le champion japonais de danses latino-américaines avec sa partenaire Tajima Aki. Sugiki Shinya, quant à lui, excelle en danses standards et a même été classé deuxième mondial, avec Yagami Fusako. Il propose à Suzuki de s’affronter dans un « 10 dance », un tournoi international de dix styles de danses. Bien que Sugiki n’aime pas la compétition, il finit par céder aux provocations de son rival. En effet, leurs écoles respectives se concurrencent depuis leur fondation, le père de Suzuki ne s’entendant pas avec la mère de Sugiki. Les deux danseurs décident de s’entraîner ensemble afin d’apprendre les danses qui leur font défaut. Alors que les filles sympathisent très vite, la rivalité entre les garçons entraînent des difficultés…

En conclusion

Inoue sensei est une mangaka BL qui aborde toujours des thèmes rares d’un point de vue réaliste. Son style, qui ne suit pas forcément les codes du BL, peut déplaire à certains lecteurs: elle s’intéresse principalement au développement des liens, souvent avec une pointe d’humour. La série 10 dance a changé d’éditeur en cours de parution: d’abord édité par Takeshobo, elle est actuellement pré-publiée par Kodansha dans un magazine généraliste. Le manga fait des émules parmi certains danseurs japonais qui organisent maintenant l’évènement Real 10 dance incluant des couples same-sex. A noter qu’il a tout de même obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Caste heaven 1 – Ogawa Chise

caste heaven 1 ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782351809679
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799725436 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le monde ne se résume-t-il vraiment qu’à manipuler ou être manipulé?

Ogawa Chise sensei dépeint la noirceur humaine à travers sa série en s’intéressant à différents couples qui se forment suite à un jeu imposant une hiérarchie. La narration varie selon le point de vue d’un personnage: pour ce premier tome, Azusa, Kusakabe et Kuze. L’auteure décrit parfaitement comment les brimades se mettent en place dans l’indifférence, comment les victimes peuvent se briser ou se rebeller et comment des sentiments contradictoires prennent forme avec l’effet de groupe ou l’isolement. De même, elle travaille la psychologie de ses protagonistes, même si certains ont des profils un peu clichés. Ainsi, Azusa, issu d’un milieu modeste, se retrouve confronté au privilégié Karino. De plus, les caractères de Kusakabe et Kuze s’opposent totalement: l’ancienne cible connaît les brimades et l’isolement bien avant le jeu et le beau gosse tire parti de son charme pour obtenir ce qu’il veut.

La mangaka possède un style graphique plutôt classique mais le traitement de ses visages simplifiés est assez reconnaissable. De même, ses uke sont typés: fins avec quelques traits efféminés. Les autres personnages ont des carrures variées. Sa mise en page est plutôt dynamique. L’équilibre entre les décors et les trames permet de jouer sur les clairs-obscurs et l’ambiance. La censure des scènes érotiques est discrète avec un jeu sur les angles de vue mais cela n’empêche pas de mettre une fine bandelette blanche. L’illustration de postface humoristique permet de détendre l’atmosphère plutôt lourde du récit.

En résumé

Dans ce lycée, le jeu des castes détermine la hiérarchie en classe. Organisé à l’improviste, chaque élève se doit de retrouver une carte cachée dans le lycée. La valeur de la carte confère un statut auquel ils doivent se conformer jusqu’à la prochaine partie. Celui qui ne respecte pas les règles devient automatiquement une cible, soit un souffre-douleur, désigné normalement par le Jocker. Azusa Yûya est un roi autoritaire qui manipule sans vergogne son courtisan Karino Kôhei. Il avait en réalité échangé sa carte de cible avec Kusakabe Atsumu. Lorsque le jeu est relancé, il pense profiter de l’affection de son sous-fifre pour conserver sa place. Cependant, il est poussé dans les escaliers avant d’être violé. Il réalise alors que Karino a décidé de se venger: devenu roi, le lycéen lui cède la carte de cible. Le cauchemar débute pour le roi déchu!

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Il dégage une certaine violence psychologique qui pourra déranger certains lecteurs. En effet, le viol sert avant tout à dominer et rabaisser. Ogawa sensei ne le remet pas en cause et Azusa semble de plus s’y habituer. Mais cela correspond au thème général. Par contre, j’adore le couple Kuze*Kusakabe.

La reconversion de Sakurada – Azuma Kaya

la reconversion de Sakurada azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782368776827
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965102 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Senpai, je vais façonner ton corps et ton cœur, pour que nous puissions vivre dans le même paradis. »

Azuma Kaya sensei offre une comédie romantique en tournant en dérision une initiation sado-masochiste. L’humour côtoie parfois la pédagogie en posant des questions sur les risques de certaines pratiques, sur le développement du sentiment amoureux dans une relation SM ou sur l’inexpérience. Ainsi, bien que Mibu soit sadique, il conserve une certaine pureté et innocence le rendant maladroit. Sakurada, par son côté obsédé, se laisse vite prendre à cette étrange éducation sexuelle. L’auteure travaille particulièrement les sentiments de ses protagonistes et n’oublie pas de montrer l’influence du travail d’équipe sur leur relation. Elle détaille également diverses pratiques comme le bondage, les jeux érotiques, les accessoires. La romance entre les deux héros s’approfondit grâce à l’introduction de nouveaux personnages qui influenceront le couple. Par ailleurs, Fujisaki Shinobu, un masochiste extrême de 38 ans, aura même droit à un chapitre en tant que personnage principal.

Le trait ferme et légèrement simplifié de la mangaka confère un côté légèrement réaliste à ses personnages. Ces derniers ont des carrures masculines, plutôt carrées avec des pectoraux saillants. Les angles de vue sont recherchés et permettent de mettre en valeur les actions ou les expressions. Les trames d’ambiance renforcent l’humour du récit. Les décors permettent de situer l’action. Les scènes érotiques ne sont pas censurées; il y a même des coupes intérieures détaillées. Sous la jaquette, Azuma sensei continue l’histoire de la dernière planche de son manga, mettant en scène les personnages originaux de la première version de ses croquis.

En résumé

Sakurada Hajime, un conseiller immobilier célibataire de 29 ans, se montre peu motivé au travail et laisse s’exprimer son côté obsédé en consultant régulièrement des sites pornographiques même au bureau. Alors qu’il se réveille ligoté à une chaise, il se remémore les évènements passés: son supérieur lui a confié la formation du talentueux Mibu Seiichirô, une jeune recrue de 28 ans issue du milieu de la construction, qui ne tarit pourtant pas d’éloges pour son formateur. Flatté, Sakurada l’a invité à boire dans un bar avant de s’effondrer. Mibu apparaît alors devant lui, en tenue SM, tout en l’insultant. En réalité, suite à des attouchements de son senpai au lycée, l’innocent disciple est devenu un pur sadique. Découvrant plus tard que Sakurada était obsédé par la gente féminine, Mibu a décidé d’initier ce dernier aux plaisirs de la perversion…

En conclusion

Alors que le thème aurait pu être dérangeant, la mangaka arrive avec brio à nous faire sourire pendant toute la lecture. Il faut dire que ses personnages ont des caractères extrêmes et un peu idiots. La relation évolue très vite et est occultée par les scènes très érotiques. Ce manga ne plaira pas à tout le monde mais j’admire le travail graphique et scénaristique de l’auteure sur ce thème plutôt difficile.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la seconde place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.