Mimura & Katagiri – London Pariko

mimura et katagiri london pariko

LONDON Pariko 倫敦巴里子
ISBN: 9782368771501
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877241940 (JP)
Kaiohsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Comment savoir quand l’amour est tari, a changé ou s’est renforcé?

Dans ce recueil, London Pariko sensei offre cinq histoires aux thèmes variés. Même si ses récits sont courts, elle maîtrise assez ses scénarios. Elle s’intéresse particulièrement aux liens d’une relation et à l’amour. La première histoire qui donne son titre au manga décrit la lassitude dans un couple. L’auteure partage les réflexions des deux héros qui ne sont plus sur la même longueur d’ondes. Alors que Mimura s’inquiète d’un amour tari, Katagiri apprécie la stabilité incrustée dans leur quotidien. Un chapitre bonus narre avec humour leur première fois. « Curtain call » met en avant la manipulation et entrecoupe avec soin le récit par des flash-back. La troisième histoire interroge principalement sur le moment où l’on sort avec quelqu’un. Les deux derniers chapitres mêlent fantastique et romance avec des chats pouvant prendre l’apparence humaine.

Le graphisme de la mangaka possède quelques touches shôjo. Son trait est rond et doux, mais possède une certaine fermeté dans son traitement. A cause de cette uniformité, il est difficile de donner un âge à ses personnages. Comme les récits sont développés sur un chapitre, London sensei utilise beaucoup les ellipses et les raccourcis. Les trames d’ambiance dominent alors que les décors servent uniquement à situer les scènes. Les cadrages sont assez dynamiques mais ils mettent surtout en avant la plastique des personnages ou les moment importants. Il y a peu de scènes érotiques qui sont, de plus, peu détaillées.

En résumé

Mimura & Katagiri / L’échappée du bonheur: Quatorze ans que Katagiri et Mimura sont ensemble. Alors qu’ils approchent la trentaine, un train train quotidien sans libido s’est installé entre eux. De plus, Katagiri ne s’inquiète même pas quand Mimura lui apprend qu’il participera à un gôkon avec ses collègues. L’amour s’est-il tari?
Curtain call: Alors que Tachibana Seizô devait se marier avec la fille de son supérieur, la future mariée ne s’est jamais présentée à l’église, s’étant enfuie avec son amant marié. Cependant, la famille de la jeune femme entretient le contact avec l’homme bafoué. Mais le jeune Shôhei, qui s’occupe particulièrement de Seizô, semble cacher un lourd secret…
Un chemin sans merci: Morita propose un jour à Shimazaki de coucher avec lui. Le froid et taciturne lycéen accepte. Mais en réalité, Morita est amoureux de ce dernier. Depuis, même s’ils se fréquentent, plus rien ne se passe entre eux. Sortent-ils vraiment ensemble?
Tu ne veux pas d’un chat?: Quand ils sont amoureux d’un humain, les chats à longue vie prennent l’apparence d’un humain aux yeux de tout le monde sauf l’être aimé qui ne voit qu’un chat qui miaule, jusqu’à ce qu’il accepte totalement ce possible amour dans son cœur. Mitsuru est amoureux de son senpai, mais ce dernier a déjà une petite amie. Le chat qu’il a recueilli reste constamment à ses côtés mais…
Tu n’aimes pas les chats?: La grand-mère de Kôta est décédée. Durant l’enterrement, un étrange jeune homme fait irruption. La vieille dame qui disait pouvoir parler aux plantes et aux animaux s’occupait particulièrement d’un chat. Kôta continue à venir chez sa grand-mère pour discuter avec l’inconnu…

En conclusion

L’histoire de Mimura et Katagiri traite d’un sujet intéressant mais bascule malheureusement vite dans la comédie. Les autres récits paraissent assez anecdotiques, surtout ceux avec les chats à longue vie. En effet, même si l’auteure maîtrise son univers, le format ne permet pas de le développer. Au final, on passe juste un agréable moment à la lecture de ce manga simple mais frais.

Rouge – Katsura Komachi

rouge katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368775592
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408646 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il a les lèvres pleines de sang… Comme s’il avait mis du rouge à lèvres. »

Dans ce recueil, Katsura Komachi sensei présente deux romances sur fond dramatique. « Rouge » plonge le lecteur dans un lycée où des délinquants rivalisent. Parmi eux, Kaga Aï a subi des violences sexuelles et est complètement dévoué à son sauveur Yamato. L’arrivée de Nagato va chambouler l’équilibre précaire du lycée et permettre de libérer Aï. La romance se développe un peu vite en deux chapitres. De plus, les protagonistes ont des caractères peu approfondis, assez basiques et clichés. La seconde histoire demeure plus dans les questionnements plutôt que les sentiments. Le thème est la difficulté pour un homosexuel d’assumer son couple face à la pression sociale et l’insécurité à fréquenter un hétérosexuel ou un bisexuel. Malheureusement, l’humour et les moments tendres prennent le dessus. L’arrivée d’un rival gay permet de compléter les réflexions. Ces récits sont plutôt traités avec légèreté malgré une certaine dureté et restent principalement touchants et mignons.

Les traits soignés et épurés de la mangaka sont fins et anguleux. Ses personnages ont de grands yeux , des corps sveltes, même maigres. Les cadrages sont plutôt classiques. Les décors permettent de situer immédiatement les scènes. Quelques trames illustrent l’ambiance. L’auteure privilégie les aplats noirs, en particulier pour les cheveux et les vêtements, et les contrastes. Le découpage des scènes érotiques se concentre sur les sentiments et les sensations des protagonistes et évite la censure.

En résumé

Rouge / Bonus: Nagato est violent et a été viré de son école pour avoir frappé un professeur. A peine transféré dans son nouveau lycée, ce fils de poissonniers se bat avec le chef menant les premières, Kanzaki. Il attire alors l’attention de Yamato qui dirige le clan des terminales en guerre contre les voyous de première. Ce fils de yakuza a installé sa réputation en sauvant Kaga Aï, un jeune élève de seconde, du joug de l’ancien terminal Yata qui l’utilisait comme jouet sexuel. Intrigué par le nouveau , Aï rend visite à Nagato qui le prend pour une fille. Vexé, il l’étale d’un coup de poing. Mais Nagato souhaite prendre sa revanche et colle de plus en plus le subalterne de Yamato. Il est d’autant plus déterminé depuis qu’il a entendu les terribles rumeurs concernant ce dernier. Un étrange lien se noue alors entre les deux lycéens.
L’amour attend son tour / L’amour arrive enfin: Haruna, gay, a rencontré Ryûta dans le bar de son amie Yumi. Ryû, même s’il est moine bouddhiste, profite pleinement des plaisirs de la vie. Souhaitant expérimenter une relation homosexuelle, il provoque Haruna qui accepte de devenir son sex friend. Un soir, le jeune gay surprend son amant dans le lit avec une femme. Il comprend alors qu’il est tombé amoureux!

En conclusion

Les deux récits sont touchants mais « Rouge » se démarque clairement du reste par son traitement. Le graphisme agréable dégage une certaine sensualité, mais parallèlement, il n’y a que des ikemen! Par contre, Nagato qui se retient et reste à l’écoute d’Aï est rafraichissant.

Sick – Kurahashi Tomo

sick kurahashi tomo

KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782368774717
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801952263 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Taquiner celui qu’on aime pour attirer son attention, puis son regard et enfin son amour.

Dans ce one-shot, Kurahashi Tomo sensei narre une comédie romantique entre un étudiant capricieux qui aime embêter un garçon plus âgé. Elle s’amuse à confronter deux caractères opposés, avec un seme antipathique qui finit par devenir gentil. Tout oppose les deux héros: leur classe sociale, leur situation familiale et leurs goûts. Alors que Sudô est très tactile, Kishi est réservé et ne supporte pas le contact. Le comportement un peu enfantin de Keito évolue au fur et à mesure; ses petites farces basculent pour ainsi dire en harcèlement sexuel. De plus, leur relation est assez ambigüe: le seme a une approche à la limite contraignante tandis que son partenaire a tendance à se laisser faire. Heureusement, l’évolution des protagonistes permet de développer les sentiments. La narration alterne entre le point de vue de Sudô et Kishi. Les personnages secondaires, en particulier la famille, apportent une touche humoristique.

Le graphisme de la mangaka est doux. Son style assez classique utilise des traits fins et délicats. Pour rendre les visages expressifs, elle n’hésite pas à simplifier ses traits. Elle équilibre avec dextérité les trames et les décors. La dynamique des cadrages facilite la lecture. Pour les scènes érotiques, la censure occulte les parties génitales mais un certain érotisme se dégage des images. Chaque chapitre se conclut sur un croquis donnant une anecdote amusante.

En résumé

Sudô Keito est un bel étudiant riche, entouré d’amis et ayant du succès auprès des filles. Tout lui réussit et il prend la vie comme elle vient. Pourtant, il est obnubilé par Kishi Shôta, un étudiant boursier âgé de deux ans de plus que lui. Il n’arrête pas de l’embêter en espérant faire tomber son masque stoïque. Mais c’est pour une raison infantile qu’il s’acharne sur le calme Shôta: ce dernier lui rappelle son premier amour de primaire qui l’avait rejeté. Ses petites blagues ne l’atteignant pas, il le force alors à participer à un gôkon. Mais contrairement à ses attentes, voir son senpai dragué par une fille l’irrite. La jeune femme renverse un verre sur Kishi, mais à peine a-t-elle le temps de réagir que Sudô entraîne le jeune homme dans les toilettes. Là, il finit par l’embrasser…

En conclusion

On retrouve déjà les thèmes principaux de la mangaka comme la famille et les câlins dans cette deuxième œuvre. L’auteure exprime avec facilité les sentiments de ses personnages, les rendant attachants. Il est amusant de voir que malgré une commande de l’éditeur, elle a repris la main sur son scénario, transformant Sudô en un amant attendrissant et prévenant. J’aime beaucoup Kurahashi Tomo sensei, et même si ce manga propose une histoire plutôt simple et légère, je vous en recommande la lecture. Il a obtenu la seconde place du manga doux au Chill Chill BL award 2016.

The seesaw game of distorted love – Kashima Chiaki

the seesaw game of distorted love kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368775271
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407984 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Quand un policier donne de son corps pour tenter d’arrêter un voleur!

Dans ce one-shot, Kashima Chiaki sensei narre les mésaventures d’un inspecteur à la poursuite d’un voleur surdoué. Le scénario est simple; chaque chapitre consiste en un vol et une confrontation entre les deux héros. L’histoire est traitée sur le ton de l’humour. Comme le voleur Grey est spécialisé dans les déguisements, le lecteur n’attend qu’une chose: voir tomber l’inspecteur Sudô dans ses pièges. Car notre voleur est plus intéressé par une partie de jambe en l’air avec son policier préféré plutôt que son butin, qu’il abandonne sans regret. De plus, il néglige complètement le consentement de son partenaire. L’auteure cumule des situations loufoques et exagérées amusantes, au point d’oublier l’essentiel de l’intrigue. Finalement, la conclusion se précipite légèrement et laisse supposer l’identité de Grey et ses motivations, bouclée par un retournement de situation qui pourra frustrer certains.

Le graphisme épuré de la mangaka donne un côté mignon aux personnages. Cependant la simplification des traits, plutôt anguleux, rend parfois les expressions faciales impersonnelles. Les personnages sont presque tous sveltes. Les trames servent avant tout à coloriser les pages. Quelques effets transcrivent bien l’ambiance de certains passages. Les cadrages des scènes érotiques permettent de visualiser immédiatement l’action sans trop en montrer et en restant dans l’érotisme.

En résumé

L’inspecteur Sudô Reiichi essaie en vain d’arrêter le voleur Grey, même s’il récupère à chaque fois son butin. En réalité, il a conclu un marché avec ce dernier : coucher avec lui en échange des produits volés. Arrivera-t-il cependant à le mettre un jour sous les verrous?

En conclusion

Cette histoire humoristique sans prétention offre des scènes érotiques à chaque chapitre. Tout est prétexte pour que le uke dominant abuse du héros. Ce manga est avant tout divertissant.

Liquor & cigarette – Zariya Ranmaru

liquor and cigarette zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375061718
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784344842281 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Deux amis d’enfance qui ont conscience d’être plus que des amis mais…

Dans ce one-shot, Zariya Ranmaru sensei offre une tendre romance entre deux amis d’enfance. L’approche entre les deux partenaires se fait tout en douceur, avec Camilo qui reste à l’écoute des angoisses de Teo et qui ne profite pas vraiment de l’ivresse de son ami. Le récit est assez réaliste. L’auteure décortique en détail le sentiment amoureux dans une relation homosexuelle, son évolution et ses inconvénients. Elle n’hésite pas à intégrer les amis du couple pour augmenter les exemples divers, avec la relation amicale et de confiance entre Diego et Marino, ou l’ouverture d’esprit d’Elando. La narration est faite du point de vue de Teo qui partage ses questionnements, s’informe et expérimente, doucement guidé par Camilo. Leur relation se développe avec confiance puis respect.

La mangaka dessine des hommes virils. Malgré son trait fin, elle conserve un style réaliste. Cependant, elle simplifie ses traits pour les scènes humoristiques. Elle porte un soin particulier aux expressions des visages. Les trames d’ambiance sont discrètes. Le découpage est cinématographique, intégrant beaucoup de cases silencieuses. Par exemple, on ressent bien la gêne de Teo face aux regards extérieurs quand il tient la main de Camilo dans la rue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais les organes génitaux restent couverts ou cachés.

En résumé

Teo a repris le commerce d’alcool de ses parents. En face, son ami d’enfance Camilo tient une boutique de tabac. Camilo, bisexuel et beau garçon, assume ouvertement sa sexualité et a beaucoup de succès auprès des filles. Il partage un secret avec Teo: ce dernier ne tient pas l’alcool à sa grande honte. Tous deux ont conscience d’être plus que des amis. Un jour, Camilo déclare même ses sentiments à son ami. Provoqué par son concurrent et ami Diego, Teo s’inscrit au tournoi de dégustation à l’aveugle du festival des vendanges. Il décide alors de s’entraîner, soutenu par Camilo qui lui réclame une récompense en échange…

En conclusion

Une histoire tendre et sensuelle, sans prétention, mais qui permet de passer un agréable moment. Et puis un couple qui communique et s’interroge ensemble est tellement délectable. Cela fait du bien!
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019.

Golden sparkle – Suzumaru Minta

golden sparkle suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776773
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784834264241 (JP)
Homesha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Une romance pure et sincère entre deux lycéens tourmentés.

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei s’amuse à mettre en scène un garçon au cœur pur peu dégourdi en amour avec un adolescent blessé qui a peur du regard des autres suite à de mauvaises expériences. Elle alterne les points de vue narratifs entre Uehara et Akida tout en partageant leurs questionnements. Même si Gaku semble profiter de la situation, il se montre pédagogique. Ainsi, ce couple se découvre, communique et s’interroge en toute tendresse. D’abord curieux, leurs sentiments s’éveillent et évoluent. L’approche est assez réaliste. Le contraste entre les caractères d’Akida et Uehara est bien équilibré, rendant les protagonistes attachants. L’auteure apporte un soin particulier en dépeignant leur passé et en s’attardant sur leurs sentiments. Le chapitre final se déroule un mois plus tard et permet de voir comment le couple évolue.

La mangaka n’hésite pas à simplifier les expressions du visage, leur donnant un côté mignon. Elle utilise les trames d’ambiance avec parcimonie. De même, les décors ne sont pas envahissants. Son découpage est presque filmique : les scènes érotiques détaillent assez bien les mouvements. La censure se résume à des bandelettes blanches qui ne gâchent en rien les images. L’auteure s’attarde sur les réactions et les physionomies, offrant une large palette d’expressions différentes.

En résumé

Suite à un traumatisme d’enfance, Uehara Himari n’est pas à l’aise avec les filles. Alors, il s’est inscrit dans un lycée non-mixte pour garçons. Dans sa classe, il sympathise très vite avec son voisin de table, Akida Gaku. Ce dernier était considéré comme un tombeur au collège. Tout irait pour le mieux si Himari ne tâchait pas son caleçon chaque nuit. L’adolescent, dont le père est souvent en déplacement à l’étranger, est perturbé par ces pollutions nocturnes dont il ignore l’origine. Au hasard d’une conversation, Gaku lui apporte des explications et lui propose même de lui montrer comment régler son problème…

En conclusions

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. L’approche tendre et presque pédagogique sur la masturbation innove le genre gakuenmono. De plus, le dessin doux de la mangaka rend la lecture encore plus agréable. Un petit bijou de bonheur!

Orpheus of midnight – Billy Balibally

orpheus of midnight billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375061435
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799731697 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne peux pas dormir, j’ai peur de rêver. »

Dans ce one-shot, Billy Balibally sensei propose de suivre la guérison de l’insomniaque Fujimine Kazushi grâce à une cohabitation un peu spéciale. Sous forme de tranches de vie, elle présente l’évolution du cauchemar, retissant le lien avec le passé puis les connexions entre le fils et le père. L’auteure se focalise principalement sur la psychologie de ses personnages, exprimant bien leurs sensations. De ce fait, elle ne développe pas trop la relation romantique, ni les questionnements que se posent les protagonistes. De plus, la dépendance entre Fujimine et Wakuba brouille légèrement la compréhension de leurs sentiments. Au cours de l’histoire, Billy sensei introduit d’autres personnages également touchés par l’évènement qui a bouleversé la vie des Fujimine.

La mangaka possède un style graphique assez classique des BL contemporains mais son traitement des yeux est assez particulier. Son trait est doux et fin. Elle utilise des déformations, des simplifications ou des exagérations pour rendre les passages humoristiques ou renforcer l’expressivité avec de grands yeux brillants tous mignons. Les visages sont ovales, les carrures de certains personnages bien masculines. Les trames d’ambiance renforcent l’atmosphère. Les cadrages dynamiques accompagnent le mouvement de lecture. Les cauchemars se détachent de l’ensemble, jouant sur les clairs-obscurs. Les illustrations de début de chapitre rappellent les œuvres d’art nouveau, mêlant loup et mouton en symbolique. Les scènes érotiques restent plutôt sobres. Le chapitre bonus mêle à la fois des yonkoma et des planches. La couverture a obtenu la première place, méritée, au classement du Chill Chill BL award 2017.

En résumé

Fujimine Kazushi est insomniaque: suite à un stress post-traumatique lié à son enfance, il a peur de dormir car le même cauchemar hante ses nuits. Après avoir cumulé quelques nuits blanches au bureau, il tente de combattre la fatigue en prenant un café. Mais en entendant la voix douce et grave de Wakuba, du services des ventes, il s’effondre en succombant au sommeil. A l’infirmerie, à moitié endormi, il demande à son sauveur de continuer à parler car sa voix l’apaise. Surpris, Wakuba décide de rester avec lui pour la nuit. En voyant Kazushi rafraîchi après une bonne nuit de sommeil, il propose alors de dormir chaque soir avec lui…

En conclusion

J’aurais bien aimé voir une romance entre le thérapeute Kota Harumi et son ami Fujimine Kazuomi. Même si le thème de départ était intéressant, je trouve que Billy sensei perd par la suite le fil de son récit en se focalisant trop sur le jeu des cauchemars et des ténèbres. Alors que l’histoire avait un ton réaliste, une touche un peu fantastique s’ajoute au tout, tombant dans le côté mignon. C’est dommage!

Zhenniao – Monzen Yayohi

zhenniao monzen yayohi

MONZEN Yayohi 文善やよひ
ISBN: 9782368775455
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685754 (JP)
Printemps shuppan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une créature à la beauté toxique qui ne souhaite qu’être aimée.

Dans ce one-shot, Monzen Yayohi sensei s’inspire du zhen (鴆), un oiseau légendaire chinois très coloré. Comme il se nourrit de serpents venimeux, il possèderait un poison très puissant. L’auteure installe son histoire dans une ville indéterminée de la Chine ancienne et personnifie l’animal. Elle développe principalement l’évolution de la relation, d’abord paradoxale, entre l’ancien éleveur et le zhen caractériel. Elle s’intéresse parallèlement à l’apparence, aux valeurs de la beauté ainsi qu’aux conditions de vie des animaux considérés comme des objets. Son scénario est bien mené. A cause des risques du poison, ces deux cœurs brisés ont peur de se toucher. D’ailleurs, le chapitre bonus conclut sur leur premier coït. Une histoire avec des fleurs et un insecte personnifiés complète ce tome, mettant en avant l’arisème dragon.

La mangaka respecte le style architectural de la Chine ancienne et intègre beaucoup de décors. Elle soigne particulièrement les costumes. Son graphisme aux traits fins est plutôt anguleux. L’oiseau semi-humain est esthétique et original. Les visages expressifs transmettent facilement les sentiments des personnages. Les trames et les motifs rendent les nuances des couleurs du plumage. Les cadrages sont assez dynamiques, cependant il y a peu d’actions. Les scènes érotiques sont détaillées; par contre, la profusion des motifs, entre plumes et vêtements, brouille leur appréciation. En fin de chapitre, l’auteure présente des dessins de quelques plantes toxiques. Les illustrations en début de chapitre et sous la jaquette mettent en exergue l’ambiance du récit et la richesse de sa plume.

En résumé

Zhenniao / Bonus: Dans un lointain pays, il existe un oiseau semi-humain, le zhen. Il se repait de nourriture toxique lui conférant un plumage multicolore de toute beauté. Malgré sa dangerosité, certains propriétaires n’hésitent pas à exhiber ces oiseaux comme de simples objets pour afficher leur pouvoir. Le zhen Cai Hong est soupçonné d’avoir tué son éleveur, Ran. Pourtant, il a été vendu au grand maréchal Huang. Fei, le frère de Ran, a abandonné l’élevage depuis quelques années pour devenir militaire. Cependant, il se retrouve à s’occuper du rebelle oiseau dont le plumage demande des soins particuliers…
Devenir la plus belle des fleurs: Un insecte butineur, prenant son travail à cœur, avait été déçu par une fleur stérile qui disait l’aimer. Mais l’année suivante, elle est devenue la plus belle des fleurs…

En conclusion

Cette romance fantastique au graphisme poétique est entrainante. De plus, l’évolution de la relation entre les personnages est intéressante, pleine de contradictions. Une autre histoire de la mangaka, Zhen Hiyoku no tori (鴆 比翼の鳥), se passe dans le même univers et narre la relation entre un zhen blanc non venimeux et un zhen multicolore toxique. Dommage qu’elle ne soit pas traduite! Ce one-shot a obtenu la troisième place du manga original au Chill Chill BL award 2016.

Dans un coin de ciel nocturne – Hayakawa Nojico

dans un coin de ciel nocturne hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico
ISBN: 9782368774533
Boy’s love IDP, 2015
ISBN : 9784813030270 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Quand des sentiments enfouis au plus profond de soi depuis onze ans refont surface…

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse aux retrouvailles, onze ans plus tard, entre deux amis épris l’un par l’autre lorsqu’ils étaient lycéens. Ses personnages ont des caractères assez extrêmes, renforçant leur sentimentalisme: Hoshino a enfoui ses sensations troubles au point de les oublier. De plus, sa naïveté lui donne un côté peu crédible en tant que professeur des écoles. Le scénario avance lentement au gré des atermoiements et des hésitations des protagonistes, jusqu’à l’acceptation de leur amour. L’auteure joue beaucoup sur les non-dits et les flash-back. Elle n’approfondit pas les diverses problématiques pourtant présentes comme la monoparentalité, les difficultés de l’adoption, le regard de la société, la relation homosexuelle compliquée entre un professeur et un parent d’élève… Même les secrets entourant la mère de Shôta ne sont pas expliqués. Par contre, les enfants apportent une petite touche humoristique bien venue.

La mangaka a un style shôjo très épuré, avec des traits fins simplifiés. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations pour renforcer les expressions ou les effets comiques. Par exemple, Hoshino devient mécanique face au cumul des surprises. De même, elle travaille particulièrement les expressions des visages, en priorité les regards. Les trames d’ambiance sont bien intégrées. L’auteure joue avec les contrastes et les ellipses, grâce à des cadrages déstructurés, des cases vides et des métaphores graphiques s’incrustant en arrière-plan. Le peu de décors renforce cet effet de vide. Les scènes érotiques sont justes suggérées. En fin de chapitre, des yonkoma donnent quelques anecdotes. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire deux ans après. Les illustrations en couleurs sont poétiques avec leur fond étoilé et des couleurs diffuses.

En résumé

Par hasard, Hoshino (28 ans) retrouve Sudô Akihiro, son senpai qu’il admirait au lycée. A sa grande surprise, ce doux rêveur qui souhaitait devenir pilote de ligne s’avère être le père de Shôta, un de ses élèves à problèmes. Alors qu’il était convoqué suite à une bagarre provoquée par son fils, Sudô s’effondre de sommeil dans les bras du professeur…

En conclusion

Ce titre a obtenu la seizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. Bien que l’histoire effleure plusieurs questions, l’auteure reste dans une approche purement romantique, se focalisant finalement sur les sentiments. Certes, c’est beau et poétique. Mais même si les personnages sont attachants, je reste sur ma faim.

Pas cet amour-là – itz

pas cet amour la itz

itz
ISBN: 9782368776766
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784879197818 (JP)
Sankohsha, 2017 (JP)
Titre original: ぼくらが恋を失う理由
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Refuser un amour voué à l’échec en choisissant son propre happy end.

Dans ce spin-off de Comme neige au soleil, itz sensei développe une approche différente et mature de la romance homosexuelle et s’intéresse aux choix difficiles face à un amour impossible. Elle s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages souffrant d’un amour malheureux. Elle dépeint avec finesse le poids du secret et la peur des changements. De même, le rapprochement entre Ôshiro et Satoru semble tout à fait naturel. Le trentenaire conserve sa part de mystère jusqu’en fin de tome, malgré son côté expansif. Par ailleurs, la différence entre les réflexions d’un homosexuel qui semble s’assumer et un hétérosexuel qui doute de son attirance pour les hommes est bien menée. L’auteure n’hésite pas à se moquer gentiment de son premier manga au scénario romantique, où la relation paraissaient plus naïve et convenue. L’épilogue se déroule cinq ans plus tard confortant la fin ouverte.

Le style shôjo de la mangaka confère des traits épurés et fins. Bien que ses personnages possèdent une carrure masculine, ils ont tendance à se ressembler au niveau des visages. Les trames illustrent les sentiments des protagonistes ou appuient le jeu d’ombre et de lumière. L’auteure n’hésite pas à utiliser des ellipses et des cases vides pour aérer la lecture. Elle s’attarde beaucoup sur les regards et les petits gestes, abusant des cadrages serrés. Comme ses deux héros sont peu romantiques mais très bavards, les scènes érotiques sont peu développées et basées sur des instants importants. Par conséquent, leur première fois difficile en devient tendre et plaisante.

En résumé

Sakai Ôshiro refuse d’accepter l’amour qu’il éprouve pour Koba, son ami d’enfance. Il a décidé d’enfouir ses sentiments définitivement et a fui pour ses études à Tokyo. Mais à chaque fois qu’il revoit son ami, sa détermination s’ébranle et il a l’impression d’être pris dans un recommencement sans fin. Un soir, dans un bar, Inamura Satoru l’aborde. Ce trentenaire gay cherche à se rapprocher de lui et lui offre son soutien. Alors que Koba est muté dans un restaurant à Tokyo et passe la nuit chez son ami, Ôshiro rejoint Satoru et se confie facilement à lui…

En conclusion

Cette histoire dramatique mais qui finit bien, est agréable à lire. La mangaka a su faire évoluer ses personnages avec finesse et réalisme dans une relation mature. Par ailleurs, il est possible de lire ce manga indépendamment de l’œuvre d’origine. Ce récit me donne envie de découvrir d’autres œuvres de l’auteure. Alors je le recommande chaudement!
Mise à jour: Le titre a obtenu la vingtième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018.