Comme neige au soleil – itz

comme neige au soleil itz

itz
ISBN: 9782368776759
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784879197313 (JP)
Sankohsha, 2016 (JP)
Titre original: 雪解けの恋
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Fondre d’amour comme la neige au soleil.

Pour son premier manga, itz sensei propose trois romances avec une approche assez réaliste, où ses personnages réfléchissent à leurs sentiments mais hésitent à les partager, redoutant les préjugés. Une certaine poésie enveloppe le titre principal qui se déroule sur une année scolaire. L’auteure développe la psychologie des protagonistes: alors que Sumito, fonceur, préfère se fier à son instinct même s’il se pose des questions, Someya garde ses distances, blessé par un premier amour qui avait cédé à la pression sociale. L’histoire bonus s’attarde sur leur différence de maturité dans une relation à distance. Deux histoires courtes complètent ce tome: « Lure note », sur le thème du parfum, s’intéresse à la relation entre deux collègues gays qui cachent leur orientation sexuelle. « Chapitre final » met en scène un amour réciproque non avoué et empli de regrets entre deux amis ayant finalement choisi la normalité.

La mangaka utilise un style graphique très shôjo, avec des traits fins simplifiés et des trames d’ambiance assez présentes. Le peu de décors donne l’impression de cases dépouillées. Ses cadrages sont plutôt classiques. Des plantes marquent les saisons en toute discrétion. Ainsi, il se dégage une certaine douceur générale. De même, les scènes érotiques évitent de montrer les détails et se concentrent surtout sur les préliminaires.

En résumé

Comme neige au soleil / Bonus: Takada Sumito surprend un homme en larmes dans un parc. A la rentrée, il découvre qu’il s’agit de son professeur de japonais moderne Someya Yoshiyuki (32 ans). Curieux, il profite d’un cours en extérieur pour l’aborder. Le lycéen, qui aime la lecture, s’attache rapidement à son enseignant. A la demande du professeur principal, Someya aide alors l’adolescent à choisir son orientation. Mais au fil des saisons, Sumito remarque qu’il éprouve des sentiments bien plus profonds envers son professeur…
Lure note: Après une soirée arrosée entre collègues, Yamashita, gay, ramène son collègue Seto complètement saoul chez lui. Mais ce dernier, influencé par le parfum du jeune homme, lui saute dessus…
Chapitre final: Au lycée, Asaya et Yû étaient proches mais chacun a préféré garder secret son amour pour l’autre. Douze ans après, ils se retrouvent mais constatent que leurs sentiments sont toujours aussi intenses…

En conclusion

Pour un premier manga, itz sensei maîtrise déjà son scénario et son graphisme doucereux colle parfaitement à cette histoire candide. Elle aborde l’homosexualité avec un regard plutôt réaliste mais malheureusement, n’arrive pas encore à approfondir son sujet. Par contre, la relation entre élève et professeur reste vertueuse jusqu’à la remise des diplômes. Son titre a obtenu la sixième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.

Goodbye, Red Beryl 1 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 1 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061329
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861349959 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Retrouver goût à la vie grâce à un vampire.

Michinoku Atami sensei commence son histoire par une courte introduction en 2017 avant de nous envoyer en 1968. En plus de la romance, elle s’intéresse à l’immortalité et interroge sur l’amour à travers les époques. Ce premier tome narre le contact entre les deux héros et introduit également un autre couple de vampires. Masakado, qui a transformé Tsuda, entretient une relation étrange avec Moronatsu; en effet, il considère les humains comme de la nourriture, mais en garde un auprès de lui. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et la psychologie de ses personnages. Les deux héros qui ont différemment souffert de la solitude se rapprochent malgré eux. Le court chapitre final « Avec beaucoup de sucre » présente le couple dans une historiette plus tendre et mignonne. En fin de volume, Michinoku sensei présente les personnages en donnant quelques anecdotes.

La mangaka utilise des traits très fins et simplifie les lignes des visages. De même, elle utilise des déformations ou des simplifications pour intensifier les expressions, donnant presque un effet cartoon. Ses hommes ont une carrure assez svelte et possède un côté un peu androgyne ou beauté froide qui sied parfaitement aux vampires. Afin de rester au plus près de la réalité pour les vêtements et les décors, elle explique s’être appuyé sur des documents et avoir observé les bâtiments de l’époque. Ses cadrages, parfois dynamiques, ressortent de l’ensemble classique, donnant ainsi plus d’impact à l’image. L’usage des trames est équilibré. Pour l’instant, la sensualité domine dans l’unique scène érotique du tome.

En résumé

Kobayashi Akihiko vient de perdre son nouvel emploi de serveur dans un bar à hôtesses. Orphelin depuis sa plus tendre enfance, se sentant seul et inutile, il pensait renoncer à la vie. Cependant, Tsuda Kazushige le sauve d’un accident mais se blesse gravement. Ce dernier survit pourtant à sa blessure car il est en réalité un vampire. Reconnaissant, Akihiko décide de prendre soin de son solitaire sauveur.

En conclusion

L’introduction laisse présager une triste conclusion, mais j’ai tout de même hâte de découvrir la suite. De plus, ce tome se termine en plein suspense!

Coyote 1 – Zariya Ranmaru

coyote 1 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368775844
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349492 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Un amour interdit entre deux hommes aux destins opposés. »

Zariya Ranmaru sensei nous plonge dans une romance interdite entre un humain et un loup-garou. Ce premier tome met en place les personnages et introduit le contexte. Le scénario dense développe diverses intrigues qui s’entrecroisent; en plus de l’histoire d’amour, une guerre entre gangs se profile. Pour l’instant, le tragique et la tendresse se côtoient avec douceur. Les secrets qui entourent Lili et Marlène se dévoilent lentement, maintenant ainsi le suspense avec brio. L’auteure prend son temps pour installer le récit, même si la relation entre les deux héros avance plutôt vite. Elle intègre bien les passages érotiques qui paraissent naturels. L’historiette de fin de volume narre avec humour un moment tendre du couple, tout en montrant un côté de la personnalité de Joshua.

Les pages couleurs en début de tome sont magnifiques avec des tons dominants: le bleu froid de la nuit accompagnant les loups s’oppose au chaleureux orange du bar fréquenté par les humains. Par la suite, la mangaka joue tout au long du volume sur les clairs-obscurs au moyen des trames. Son graphisme utilise des traits fins, réalistes avec le souci du détail. Cela se remarque particulièrement sur les décors et les scènes érotiques. Par exemple, pour éviter la censure, les cadrages ne montrent pas les organes sexuels en entier. De même, les angles recherchés permettent de mettre en valeur l’action très présente. Les personnages sont musclés, certains ont même une carrure imposante. Les proportions sont tout de même respectées et la beauté des corps est bien rendue.

En résumé

Lili, de son vrai nom Coyote, aime venir dans un bar pour écouter le pianiste Marlène (Garland Joshua). Cependant, il fuit toujours les avances de ce dernier; étant un loup-garou, il cache aux humains sa vraie nature. Depuis quelques temps, la ville est le théâtre d’étranges meurtres. Il semblerait que la mafia, dirigée par la famille Garland, soit en conflit avec les loups-garous. Un soir, alors que Lili accepte de partager un verre avec Marlène, ses crocs et ses griffes se mettent à ressortir sous un coup de fièvre. Coyote s’enfuit mais est vite rattrapé par le pianiste qui lui propose de le soulager, ayant constaté que le loup-garou est en rut…

En conclusion

Ce titre a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. D’ailleurs, cette histoire mêlant fantastique, romance et guerre de gangs nous fait oublier qu’il s’agit d’un BL. Il me rappelle Roméo et Juliette, mais revisité avec délicatesse! Entraînée par l’intrigue, j’ai hâte de lire le prochain tome, même si j’appréhende un peu la réaction de Coyote quand Marlène lui révèlera son nom.

A sleeping man and a loving man – Zariya Ranmaru

a sleeping man and a loving man zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782375061336
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799726099 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Peut-on développer un sentiment amoureux à partir d’une relation purement physique?

Dans ce recueil, Zariya Ranmaru sensei présente des histoires courtes laissant peu de place au développement des psychologies et des sentiments. Néanmoins, ses personnages sont attachants. Le thème principal pose la question de l’amour naissant après des relations purement physiques mais également la possibilité, pour un hétérosexuel, de se définir en tant que gay ou bisexuel lorsqu’il apprécie de coucher avec un homme. La première histoire se développe sur plusieurs chapitres et donne le titre du manga. Elle aborde d’abord le point de vue de Jude puis celui de Royce. Le couple partage beaucoup ses questionnements. Leur relation ambiguë joue sur l’amnésie et le consentement coupable. Le récit bonus donne une touche humoristique sur les amants amoureux mais encore gênés. Les histoires suivantes mettent un peu plus en avant quelques jeux érotiques.

La mangaka utilise des traits fins, réalistes. Ses hommes sont plutôt masculins et possèdent des visages très expressifs. Les uke rougissent facilement. Les décors se font rares. Les cadrages jouent sur des angles originaux mettant en avant l’esthétique des personnages et facilitant la lecture. Les scènes érotiques sont très détaillées; malheureusement, la censure des organes sexuels, laissant de grands blancs, gâchent un peu leur appréciation.

En résumé

A sleeping man and a loving man / epilogue: Royce et Jude sont collègues depuis 4 ans et colocataires depuis 2 ans. Mais depuis deux semaines, Royce souffre d’une maladie qui stimule ses pulsions sexuelles durant son sommeil. N’importe qui peut y passer; or, le malade n’a aucun souvenir à son réveil. A force de céder aux avances nocturnes de son patron, Jude se met à espérer l’amour…
Sweet diner: Aoi éprouve des difficultés pour se nourrir. Le cuisinier Kirino l’initie, à sa manière, aux plaisirs gustatifs et sexuels.
Run from the night: Suite à un traumatisme dans un accident, Haru ne supporte pas la nuit. Il couche donc chaque soir avec Yugo. Mais ce dernier devient de plus en plus câlin. Le considérant comme un simple sex friend, Haru rejette finalement cet amour.
Sun and secrets: Kaito, employé d’hôtel, a eu une aventure torride avec Cody, un client. Un an après, ce dernier réapparaît pour le séduire à nouveau alors qu’il l’avait quitté abruptement, prétextant rejoindre son épouse et son enfant.
A waiting flower: Le propriétaire Kizuki aime prendre de force le religieux Kazuha…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. Alors que les personnages sont attachants, le format court frustre un peu l’appréciation de l’histoire. Cela donne envie de voir la suite! Zariya sensei a déjà pré-publié un chapitre pour l’aventure de Jude et Royce. Espérons qu’il y en aura d’autres!

Une lumière dans la pénombre – Hayakawa Nojico

une lumiere dans la penombre hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368775738
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421225 (JP)
Tokyo mangasha, 2013 (JP)
Titre original: くらやみにストロボ
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand l’amitié se transforme en amour.

Dans ce one-shot, Hayakawa Nojico sensei s’intéresse à la transformation d’une amitié en amour. La narration se fait du point de vu d’Arata, qui a été légèrement traumatisé au collège en voyant un senpai gay se faire martyriser. Il est donc constamment écartelé entre ses sentiments et ses appréhensions. De plus, Shôtarô est direct. L’auteure dépeint en détails les questionnements de son héros, les différents sentiments qui l’habitent ainsi que les réactions de leurs amis en découvrant leur relation homosexuelle. Un chapitre spécial permet justement d’approfondir la vision de Tôru Sawamiya qui tolère une relation tendue avec Kôichi Hase, alors que ce dernier tente de la faire évoluer.

La mangaka utilise un trait fin épuré. L’agencement des cases laisse souvent des blancs et les décors se font rares. Ces ellipses confèrent un style dépouillé à ses pages. Elle n’hésite pas à utiliser des déformations. Les visages sont facilement rougissants. Ses trames servent uniquement à ombrer ou colorer. Elle use des passages sans dialogue, détaillant les petits gestes. Son image est très expressive. Des saynètes en quatre cases terminent les chapitres avec humour. De même, sous la jaquette, Sakaki et Miyamoto sont soumis à un interrogatoire humoristique. L’illustration de la couverture, jouant sur l’aquarelle et l’harmonie des couleurs, donne une touche poétique.

En résumé

De parents photographes et étant membre du club de photographie, Sakaki Arata revend aux filles les photographies des beaux garçons du lycée qu’il s’amuse à prendre. Son voisin et ami d’enfance, Miyamoto Shôtarô, joue au basketball et a la côte auprès des lycéennes. Cependant, il refuse toujours de sortir avec elles. Le photographe amateur qui a pris l’habitude de l’espionner lors des déclaration, est un jour surpris en entendant le sportif répondre qu’il est amoureux de quelqu’un. Qui cela peut-il bien être, alors qu’ils sont toujours ensemble?

En conclusion

Ce gakuenmono pudique allie poésie graphique et réflexions adolescentes sur l’homosexualité. Une très bonne approche, même si le traitement principal est léger et reste dans la relation mignonne.

Coup de foudre pour Cupidon – Suzumaru Minta

coup de foudre pour cupidon suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368776513
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423120 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Que se passe-t-il quand Cupidon est touché par un coup de foudre?

Dans ce one-shot, Suzumaru Minta sensei offre deux amitiés naissantes qui se transforment vite en amour. Pour son premier manga, elle insuffle suffisamment de psychologie à ses protagonistes et maîtrise déjà bien son scénario même si le récit se déroule assez vite. Les relations dégagent de la douceur. La narration suit le point de vue de Shingo et d’Ao, en écho à leur attachement et au déroulement scénaristique; le jeune couple s’interroge sur ses sentiments, sur sa première fois. « Fétichisme à l’heure du bain » paraît moins abouti mais la relation entre Taira et Ryônosuke propose une approche divertissante sur l’émoi que peut ressentir un homosexuel face à des provocations innocentes et inconscientes. Les personnages, attendrissants, ont des caractères originaux et les amis exercent une bonne influence sur leurs décisions, sans être intrusifs. Le chapitre final met en avant la forte amitié des amis d’Ao.

Le trait de la mangaka est fin, doux et simplifié, en particulier dans les moments humoristiques. Son style graphique rappelle celui des shôjo, avec des visages ronds et des déformations donnant un aspect mignon aux bouilles larmoyantes, surprises ou tristes. Les trames d’ambiance sont discrètes. La présence des décors est équilibrée. Les cadrages sont dynamiques, avec des angles recherchés. Les chapitres se terminent sur des yonkoma offrant une anecdote amusante. Les scènes érotiques allient à la fois sensualité et humour. La censure se fait par le cadrage et l’absence de détails. Sous la jaquette, une illustration des personnages donne quelques informations et un comic strip narre la création de l’histoire.

En résumé

Un coup de foudre pour Cupidon / VIVA! à la plage… / Attaque à la maison! / Les vacances continuent / Avant les vacances d’été – meilleurs amis: A la demande des filles, Shingo Nagata (16 ans) enquête sur les beaux garçons du lycée, en échange de nourriture. Il se retrouve donc à jouer indirectement les entremetteurs. Mais alors qu’on lui demande de s’informer sur l’origine de la cicatrice au front d’Ao Totoki (17 ans), le cupidon se trouve confronté à son premier échec. En effet, le lycéen n’est pas d’abord facile. Mais cela motive encore plus Shingo à devenir son ami, surtout depuis qu’il a découvert par hasard que son senpai a peur de l’orage.
Fétichisme à l’heure du bain: Taira Mikami (19 ans) aide volontiers sa famille qui gère un sento. Passionné par les muscles, il peut alors se rincer l’œil et même tripoter les clients consentants. Ryûnosuke Shinoda (21 ans), croyant que le jeune homme est agressé, vient à sa rescousse. Une nouvelle amitié naît…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Une histoire mignonne et touchante, où l’évolution des sentiments se passe tout en douceur. Il est agréable d’accompagner ce petit couple attendrissant. Cependant, le récit peut paraître un peu trop léger pour certains lecteurs exigeants.

Allégeance sous les cerisiers – Fukiya Furo

allegeance sous les cerisiers fukiya furo

FUKIYA Furo 吹屋フロ
ISBN: 9782368776841
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864570961 (JP)
Julian, 2014 (JP)
Titre original: 桜花咎の契
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les aventures de Minamoto no Yoshitsune et Benkei d’un point de vue BL.

Dans ce one-shot, Fukiya Furo sensei nous emmène au XIIe siècle, en plein conflit entre les Taira et les Minamoto. Dans sa postface, elle dit s’être inspirée du Dit des Heike (平家物語 Heike monogatari) et des pièces de . Ainsi, en suivant la mise en place du shogunat de Kamakura, l’histoire se concentre sur certains passages historiques forts de la guerre de Genpei (1180-1185), tout en incluant une part fantastique du récit comme la formation de Yoshitsune par des tengu. L’auteure décrit également la vie dans les temples où certains moines entretenaient des relations charnelles avec leurs disciples. Elle propose quatre couples principalement influencés par leurs relations légendaires entre grands guerriers et vassaux. L’héroïsme et le folklore sont mis en avant. Le chapitre bonus s’intéresse à Taira no Tsunemasa.

Le graphisme de la mangaka est assez anguleux mais charmant. Elle fournit un travail soigné sur les décors et les costumes d’époque; de même, elle détaille les petits gestes et les regards. L’action est bien rendue. Les trames servent principalement à la colorisation et à l’ombrage. Les cadrages sont dynamiques même si le découpage restent plutôt classique. Les scènes érotiques sont vite expédiées.

En résumé

L’île aux démons: Ariou se rend sur l’île où son maître, le moine Shunken, a été exilé, banni par les Taira. Mais ce dernier, touché par la folie, oscille entre violence et tendresse…
Minamoto no Yoshitsune et le tengu de Kurama / Yoshitsune et Yoritomo / Yoshitsune prend la mer: Lors d’un hanami, le tengu de Kurama enlève le jeune Ushiwakamaru qui n’hésite pas à lui répondre. Ce jeune Minamoto, destiné à devenir moine, rêve de se venger des Taira qui ont tué ses parents. Le yôkai lui confie alors l’épée légendaire de Bishamonten. Quelques années plus tard, celui qui deviendra Minamoto Kurou Yoshitsune défait le moine guerrier Musashibo Benkei qui collectionne les armes. Ce dernier devint alors son fidèle vassal et l’accompagne dans le soutien de la révolte du prince Minamoto no Yoritomo.
Le son mélodieux de Seizan: Taira no Tsunemasa, en formation auprès du moine Gyoukei, adore jouer de son biwa Seizan…

En conclusion

On se laisse facilement prendre par le récit, particulièrement si l’on apprécie cette époque. Les relations homosexuelles sont anecdotiques et ne gênent pas l’histoire. Par contre, la fresque historique étant résumée à certains passages, elle peut paraître décousue pour les non-initiés. J’adore particulièrement la version de l’auteure du tengu.

Ma raison de vivre – Kasai Uka

ma raison de vivre kasai uka

KASAI Uka カサイウカ
ISBN: 9782368776896
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784775527863 (JP)
Oakla, 2018 (JP)
Titre original: 例えば雨が降ったなら
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

A la recherche de son premier amour adolescent à 45 ans.

Dans ce one-shot, Kasai Uka sensei présente les retrouvailles entre deux quarantenaires qui avaient partagé un amour platonique au lycée. Plongé dans une situation critique, le naïf Kuga se raccroche à la vie en cherchant à se racheter d’une faute commise lorsqu’il était lycéen. Mais en côtoyant Mitsuru, il découvrira la face cachée de son premier amour que les années et les épreuves ont marqué. Alors que l’auteure joue sur les non-dits et s’applique à décrire avec pudeur les sentiments des personnages, elle reste dans une approche légèrement nostalgique. Cependant, en ne s’attardant pas sur les détails du passé et en restant dans l’univers descriptif de la vie quotidienne du club de strip-tease, on ressent un sentiment d’inachevé en terminant la lecture de ce tome. Sous la jaquette, l’auteure promet dans sa postface, de développer un peu plus le passé et le futur du couple.

Le style graphique de la mangaka est plutôt réaliste, avec des carrures viriles et des visages burinés anguleux qui marque bien l’âge. Mitsuru, ancien ikemen, conserve un certain charme. Les trames d’ambiance se font discrètes, Kasai sensei privilégiant les décors et les contrastes noir et blanc. Elle s’attarde également sur les gestes du quotidien. Ses cadrages, au service de la lecture, conservent un découpage plutôt classique. La pluie, très présente, fait écho au titre japonais « Par exemple, si la pluie était tombée ». Les illustrations en début de chapitre suivent l’évolution des sentiments des deux héros. Il y a peu de scènes érotiques, résumées à quelques cases. Une illustration amusante complète la postface sous la jaquette. La couverture a obtenu la dix-septième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Kuga Tatsuhiko (45 ans) a tout perdu: son associé s’est enfui avec l’argent de l’entreprise et sa femme l’a quitté. Ruiné, il hésite à mettre fin à ses jours en sautant du toit d’un immeuble. La faim le ramène à la raison et en cherchant un souvenir heureux, il se rappelle de son premier amour: Handa Mitsuru. Il demande alors à son ami détective Harisawa de le retrouver. Deux semaines plus tard, il retrouve Kijima Mitsuru dans un club de strip-tease

En conclusion

Alors que le titre japonais insère de la poésie, le choix du titre français colle parfaitement à l’histoire. En effet, les deux héros blessés par la vie vont trouver une raison de vivre dans cet amour nimbé de regrets. Cependant, Kuga semble bien pur pour un homme d’âge mûr! Dommage que la conclusion soit si ouverte.

Twittering birds never fly 1 – Yoneda Kou

twittering birds never fly 1 yoneda kou

Yoneda Kou ヨネダコウ
ISBN: 9782351807682
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784813030133 (JP)
Taiyohtosho, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Un yakuza débauché qui ne désire pas être aimé par celui qu’il aime. Le masochisme jusqu’au bout!

Yoneda Kou sensei présente une histoire d’amour dans le milieu de la mafia japonaise, avec un yakuza masochiste et son garde du corps impuissant. Le ton est réaliste. L’auteure maîtrise parfaitement son scénario et la relation amoureuse semble n’être qu’un détail. Elle se concentre surtout sur le psyché de ses personnages. La narration est faite du point de vue de Yashiro. Le passé est révélé au compte goutte: pour Dômeki, l’arrivée de sa sœur permet d’introduire l’essentiel alors que l’enfance de Yashiro occupe un chapitre à part entière. Ce premier tome met surtout en place les protagonistes.

La mangaka utilise un découpage cinématographique. L’équilibre des décors et la maîtrise des trames de coloration et d’ombre permettent d’ancrer facilement les scènes dans le temps et l’espace. Les traits fins sont assez réalistes: les hommes ont différentes carrures. Tous les genres sont représentés, tous les âges. Certains yakuza ont vraiment une tête antipathique ou patibulaire. La censure se fait par abstraction de détails. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène les personnages avec un oiseau.

En résumé

Don’t say gold: Yashiro cherche à recruter Kuga (22 ans), un jeune chien fou qui est en train de massacrer ses hommes. Il le laisse chez son ami d’enfance et médecin Kageyama (36 ans). Mais l’homme fétichiste des cicatrices et brûlures est peu à peu attiré par le jeune homme.
Twittering birds never fly: Yashiro est le boss du clan Shinsai. Ce yakuza masochiste dépravé, embauche comme garde du corps Dômeki Chikara (25 ans), un homme taciturne impuissant.
A la dérive,sans couler, sans un cri: Au lycée, Yashiro cache ses bleus sous des manches longues même en été. Mais dans sa classe, Kageyama n’arrête pas de lui offrir des sparadraps. Une amitié se développe entre les deux lycéens solitaires: Yashiro satisfaisant sa libido masochiste avec des hommes peu recommandables et Kageyama, fétichiste des cicatrices…

En conclusion

Pour l’instant, la mise en place de l’histoire permet surtout de repérer les différents liens entre les personnages, spécifiquement la relation ambigüe entre Yashiro et Kageyama. Ce tome a obtenu la première place bien méritée du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Loveism – Amagi Reno

loveism amagi reno

AMAGI Reno 天城れの
ISBN: 9782368771778
Boy’s love, 2015
ISBN: 9784796405171 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Titre original: 片想イズム
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La douleur d’un amour à sens unique confrontée au bonheur de la cohabitation.

Amagi Reno sensei offre un one-shot où le développement de l’histoire d’amour prime sur l’humour habituel. A part certaines situations rocambolesques, comme par exemple Kento qui finit à la rue, trop endetté pour rembourser son prêt étudiant et aider ses parents devenus chômeurs, le scénario respecte sur le fond un certain réalisme. La narration est faite du point de vue d’Amano. Jouant sur un triangle amoureux entre quatre personnes, l’auteur interroge sur la vie en couple et l’amour à sens unique. Même ses personnages secondaires dégagent de la prestance et sont attachants. Alors que le seme au caractère passif est soumis au capricieux architecte, l’intervention du couple de Kawaguri Shinichirô et Senju Akitoshi permettra à leur relation d’évoluer.

Le graphisme de la mangaka est moins anguleux qu’à son habitude. Les traits qui se sont assouplis donnent une certaine douceur aux physiques des personnages. Pour les passages humoristiques, les personnages se transforment en adorables SD. L’équilibre entre les trames d’ambiance et les décors permettent d’aérer les planches. La mise en page est au service de l’histoire et les cadrages augmentent la fluidité de la lecture. La censure semble presque absente car Amagi sensei joue tout simplement sur les cadrages et la suppression de quelques lignes ou l’utilisation d’un tramage assez sombre uni. Les illustrations de début de chapitre présentent le quotidien du couple.

En résumé

Depuis le lycée, Amano Kento est amoureux de son senpai Momo Ryôsuke, mais ce dernier se refuse à une relation suivie et couche avec n’importe qui. Quelques années plus tard, affamé et sans logis, l’étudiant endetté est recueilli par le bel architecte à condition de devenir son serviteur…

En conclusion

Amano avec les joues toujours rougissantes est tellement mignon! Bien que le manga commence sur une scène torride, le scénario délaisse vite l’érotisme pour se concentrer sur la vie à deux. Et à la fin de la lecture, nous retiendrons cette phrase qui conclut parfaitement : « ça divise la tristesse, et ça multiplie le bonheur » !