10 dance 1 – Inoue Satoh

10 dance 1 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368774496
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784065101315 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Deux champions de danses talentueux s’entraident pour participer au tournoi 10 dance.

Inoue Satoh sensei développe une comédie romantique ayant pour thème principale les danses de société. A la fois humoristique et pédagogique, ce récit détaille l’univers des danses de salon: la compétition, les méthodes d’apprentissage, les différences selon les types de danses… Le côté journalistique est également abordé. Les deux héros aux caractères opposés se chamaillent tout le temps, offrant des passages hilarants, surtout qu’ils ne mâchent pas leurs mots. Suzuki, avec son caractère libre, a du mal à se plier au conformisme des danses standards. Sugiki, trop sérieux, est rongé par l’esprit de compétition. Comme ces deux danseurs s’investissent dans des styles de danse en conflit avec leur personnalité, ils vont devoir évoluer. L’auteure, qui est précise dans le réalisme, prend son temps et s’intéresse particulièrement aux sentiments de ses protagonistes.

La mangaka possède un style graphique bien à elle: ses traits sont fins et plutôt réalistes. Ses personnages masculins sont virils, aux visages plutôt carrés et aux corps assez musclés. Elle n’hésite pas à exagérer les expressions pour les renforcer. De même, l’auteure préfère les hachures pour exprimer les ombres. Elle privilégie les trames de coloration ou d’ambiance. Les rares décors, travaillés, situent d’abord l’action. Ses cadrages sont dynamiques. Par exemple, les scènes de danse occupent une double page permettant de rendre parfaitement l’ampleur des mouvements. Les illustrations de début de chapitre reprennent une scène de danse et sont simplement magnifiques.

En résumé

Suzuki Shinya est le champion japonais de danses latino-américaines avec sa partenaire Tajima Aki. Sugiki Shinya, quant à lui, excelle en danses standards et a même été classé deuxième mondial, avec Yagami Fusako. Il propose à Suzuki de s’affronter dans un « 10 dance », un tournoi international de dix styles de danses. Bien que Sugiki n’aime pas la compétition, il finit par céder aux provocations de son rival. En effet, leurs écoles respectives se concurrencent depuis leur fondation, le père de Suzuki ne s’entendant pas avec la mère de Sugiki. Les deux danseurs décident de s’entraîner ensemble afin d’apprendre les danses qui leur font défaut. Alors que les filles sympathisent très vite, la rivalité entre les garçons entraînent des difficultés…

En conclusion

Inoue sensei est une mangaka BL qui aborde toujours des thèmes rares d’un point de vue réaliste. Son style, qui ne suit pas forcément les codes du BL, peut déplaire à certains lecteurs: elle s’intéresse principalement au développement des liens, souvent avec une pointe d’humour. La série 10 dance a changé d’éditeur en cours de parution: d’abord édité par Takeshobo, elle est actuellement pré-publiée par Kodansha dans un magazine généraliste. Le manga fait des émules parmi certains danseurs japonais qui organisent maintenant l’évènement Real 10 dance incluant des couples same-sex. A noter qu’il a tout de même obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014.

Caste heaven 1 – Ogawa Chise

caste heaven 1 ogawa chise

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782351809679
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799725436 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le monde ne se résume-t-il vraiment qu’à manipuler ou être manipulé?

Ogawa Chise sensei dépeint la noirceur humaine à travers sa série en s’intéressant à différents couples qui se forment suite à un jeu imposant une hiérarchie. La narration varie selon le point de vue d’un personnage: pour ce premier tome, Azusa, Kusakabe et Kuze. L’auteure décrit parfaitement comment les brimades se mettent en place dans l’indifférence, comment les victimes peuvent se briser ou se rebeller et comment des sentiments contradictoires prennent forme avec l’effet de groupe ou l’isolement. De même, elle travaille la psychologie de ses protagonistes, même si certains ont des profils un peu clichés. Ainsi, Azusa, issu d’un milieu modeste, se retrouve confronté au privilégié Karino. De plus, les caractères de Kusakabe et Kuze s’opposent totalement: l’ancienne cible connaît les brimades et l’isolement bien avant le jeu et le beau gosse tire parti de son charme pour obtenir ce qu’il veut.

La mangaka possède un style graphique plutôt classique mais le traitement de ses visages simplifiés est assez reconnaissable. De même, ses uke sont typés: fins avec quelques traits efféminés. Les autres personnages ont des carrures variées. Sa mise en page est plutôt dynamique. L’équilibre entre les décors et les trames permet de jouer sur les clairs-obscurs et l’ambiance. La censure des scènes érotiques est discrète avec un jeu sur les angles de vue mais cela n’empêche pas de mettre une fine bandelette blanche. L’illustration de postface humoristique permet de détendre l’atmosphère plutôt lourde du récit.

En résumé

Dans ce lycée, le jeu des castes détermine la hiérarchie en classe. Organisé à l’improviste, chaque élève se doit de retrouver une carte cachée dans le lycée. La valeur de la carte confère un statut auquel ils doivent se conformer jusqu’à la prochaine partie. Celui qui ne respecte pas les règles devient automatiquement une cible, soit un souffre-douleur, désigné normalement par le Jocker. Azusa Yûya est un roi autoritaire qui manipule sans vergogne son courtisan Karino Kôhei. Il avait en réalité échangé sa carte de cible avec Kusakabe Atsumu. Lorsque le jeu est relancé, il pense profiter de l’affection de son sous-fifre pour conserver sa place. Cependant, il est poussé dans les escaliers avant d’être violé. Il réalise alors que Karino a décidé de se venger: devenu roi, le lycéen lui cède la carte de cible. Le cauchemar débute pour le roi déchu!

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Il dégage une certaine violence psychologique qui pourra déranger certains lecteurs. En effet, le viol sert avant tout à dominer et rabaisser. Ogawa sensei ne le remet pas en cause et Azusa semble de plus s’y habituer. Mais cela correspond au thème général. Par contre, j’adore le couple Kuze*Kusakabe.

La reconversion de Sakurada – Azuma Kaya

la reconversion de Sakurada azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782368776827
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965102 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Senpai, je vais façonner ton corps et ton cœur, pour que nous puissions vivre dans le même paradis. »

Azuma Kaya sensei offre une comédie romantique en tournant en dérision une initiation sado-masochiste. L’humour côtoie parfois la pédagogie en posant des questions sur les risques de certaines pratiques, sur le développement du sentiment amoureux dans une relation SM ou sur l’inexpérience. Ainsi, bien que Mibu soit sadique, il conserve une certaine pureté et innocence le rendant maladroit. Sakurada, par son côté obsédé, se laisse vite prendre à cette étrange éducation sexuelle. L’auteure travaille particulièrement les sentiments de ses protagonistes et n’oublie pas de montrer l’influence du travail d’équipe sur leur relation. Elle détaille également diverses pratiques comme le bondage, les jeux érotiques, les accessoires. La romance entre les deux héros s’approfondit grâce à l’introduction de nouveaux personnages qui influenceront le couple. Par ailleurs, Fujisaki Shinobu, un masochiste extrême de 38 ans, aura même droit à un chapitre en tant que personnage principal.

Le trait ferme et légèrement simplifié de la mangaka confère un côté légèrement réaliste à ses personnages. Ces derniers ont des carrures masculines, plutôt carrées avec des pectoraux saillants. Les angles de vue sont recherchés et permettent de mettre en valeur les actions ou les expressions. Les trames d’ambiance renforcent l’humour du récit. Les décors permettent de situer l’action. Les scènes érotiques ne sont pas censurées; il y a même des coupes intérieures détaillées. Sous la jaquette, Azuma sensei continue l’histoire de la dernière planche de son manga, mettant en scène les personnages originaux de la première version de ses croquis.

En résumé

Sakurada Hajime, un conseiller immobilier célibataire de 29 ans, se montre peu motivé au travail et laisse s’exprimer son côté obsédé en consultant régulièrement des sites pornographiques même au bureau. Alors qu’il se réveille ligoté à une chaise, il se remémore les évènements passés: son supérieur lui a confié la formation du talentueux Mibu Seiichirô, une jeune recrue de 28 ans issue du milieu de la construction, qui ne tarit pourtant pas d’éloges pour son formateur. Flatté, Sakurada l’a invité à boire dans un bar avant de s’effondrer. Mibu apparaît alors devant lui, en tenue SM, tout en l’insultant. En réalité, suite à des attouchements de son senpai au lycée, l’innocent disciple est devenu un pur sadique. Découvrant plus tard que Sakurada était obsédé par la gente féminine, Mibu a décidé d’initier ce dernier aux plaisirs de la perversion…

En conclusion

Alors que le thème aurait pu être dérangeant, la mangaka arrive avec brio à nous faire sourire pendant toute la lecture. Il faut dire que ses personnages ont des caractères extrêmes et un peu idiots. La relation évolue très vite et est occultée par les scènes très érotiques. Ce manga ne plaira pas à tout le monde mais j’admire le travail graphique et scénaristique de l’auteure sur ce thème plutôt difficile.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la seconde place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 2 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 2 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776063
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031543 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si les résolutions commençaient par une coupe de cheveux?

Hayakawa Nojico sensei conclut son histoire avec des coupes de cheveux. Ce second volume débute sur un chapitre rétrospectif après la coupe courte d’Endô avant de reprendre la suite directe du tome précédent. Même si la narration est faite du point de vue de Tsuda, le développement de l’histoire se concentre sur l’émancipation d’Endô. L’auteure détaille la relation difficile entre Masaru et son frère Akira, qui a pour ainsi dire façonné le comportement de son cadet. Les deux héros se montrent possessif l’un envers l’autre mais ont des difficultés à l’exprimer. Même si le couple se questionne et trouve des réponses, Hayakawa sensei privilégie les non-dits. Elle laisse les lecteurs deviner le déroulement du récit en dispersant quelques indices. Le côté un peu mièvre de la relation contraste avec l’intensité des baisers. De même les deux lycéens contiennent leurs pulsions, rendant cette relation pudique et douce. Le caractère extrême de certains personnages gâche un peu le ton réaliste général. Le dernier chapitre, du point de vue d’Endô, offre une conclusion rebouclant sur le début de cette romance, avec une légère touche humoristique.

Malgré des traits simplifiés, les visages des personnages sont assez expressifs. La mangaka exagère parfois leurs traitements afin de faire passer au mieux les émotions par des rougissements, des déformations. Par exemple, les yeux deviennent de simples points ou traits. Les ellipses et les nombreux silences incitent à lire par l’image. Au lieu des sentiments, l’auteure semble plutôt dépeindre avec poésie le temps qui passe. Les contrastes noirs et blancs se font discrets. Les yonkoma dévoilent des anecdotes amusantes sur les protagonistes. Sous la jaquette, deux planches décrivent avec délicatesse un moment intime entre Endô et Tsuda attendant le train à la gare en se tenant discrètement par la main. Le découpage cinématographique de la scène renforce la douceur de leur relation.

En résumé

Suite à la déclaration de Chiba qu’il a éconduit, Tsuda Masaru prend soudain conscience du temps qui défile, des changements d’Endô et de ce que son frère Akira peut apporter pour l’avenir de son ami. Malgré tout, il ne peut se résoudre à le perdre. Tout en se confiant à Endô, il finit par laisser exploser ses sentiments en l’enlaçant. Comme le lycéen répond à son étreinte et fait également part de sa possessivité envers Tsuda, les deux garçons finissent par s’embrasser passionnément. De son côté, Chihiro console du mieux qu’elle peut Chiba.

En conclusion

Ce dernier tome est beaucoup mieux rythmé que le précédant. Même s’il n’y a pas d’aboutissement charnel à cette relation, la conclusion de cette romance colle parfaitement au style de la mangaka. Pourtant, j’ai l’impression que le thème de la coupe de cheveux a pris le dessus sur le reste… C’est assez amusant!

Le carnet d’expériences d’Endô-kun 1 – Hayakawa Nojico

le carnet d experiences d Endo kun 1 hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojico ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368776056
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031536 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

J’aime être avec lui, lui parler et aussi monopoliser son regard. Mais quel est ce sentiment?

Hayakawa Nojico sensei propose une suite au « Carnet de notes d’Endô-kun ». Elle développe l’année de terminale du petit groupe sur deux tomes. Dans ce premier volume, elle introduit de nouveaux personnages qui, par leur conseil ou leur rivalité, permettront à ses deux héros d’approfondir leurs réflexions. Alors que Tsuda cumule les petits boulots et préfère foncer droit après avoir pris une décision, Endô hésite. Comme le couple communique peu, le doute s’installe. De plus, les deux lycéens n’arrivent toujours pas à définir clairement leur sentiment réciproque. Il n’y a plus de narrateur unique: les personnages partagent tous leurs pensées. L’auteure se focalise principalement sur des détails, aborde les questionnements par des suggestions et des non-dits, laissant au lecteur le soin d’appréhender les situations. De ce fait, ces tranches de vie quotidienne semblent traîner un peu en longueur.

La mangaka utilise encore plus d’ellipses. De plus, l’absence de trames d’ambiance et la rareté des décors renforcent l’effet de blancheur des pages. Les cadrages morcelés donnent un ton poétique au récit mais ce dernier semble parfois confus. La finesse du trait est agréable cependant le style épuré oblige l’auteure à caricaturer certaines expressions. Elle continue à donner quelques anecdotes en fin de chapitre. Sous la jaquette, deux yonkoma présentent un moment ordinaire des deux lycéens où Endô attend Tsuda à la gare. Il n’y a aucune scène dans ce tome; ce gakuenmono délaisse la romance au profit de la contemplation des moments quotidiens des personnages.

En résumé

Tsuda et Endô apprécient d’être ensemble. Aimant la musique, ils fréquentent le même disquaire, Sugiura, qui s’avère être un ami du frère aîné de Tsuda. Cela fait maintenant un an que les deux lycéens ont sympathisé; ils se retrouvent à nouveau dans la même classe en terminale. Mais ils doivent commencer à réfléchir à leur avenir. Cependant Tsuda n’a pas vraiment la tête à ça, préférant profiter des moments passés avec Endô…

En conclusion

Hayakawa sensei prend son temps pour peaufiner son récit. En effet, elle aborde avec délicatesse et douceur les choix difficiles auxquels sont confrontés des terminales, d’autant plus quand un fort sentiment les lient. Cependant, les tergiversations d’Aoyama, Endô et Tsuda paraissent parfois un peu trop dramatiques à mon goût. Par contre, j’adore Kanzaki qui fonce droit vers ses choix mais trouve tout de même le temps de jouer les cupidons en constatant l’inertie des deux principaux intéressés.

Le carnet de notes d’Endô-kun – Hayakawa Nojiko

le carnet de notes d Endo kun hayakawa nojico

HAYAKAWA Nojiko ハヤカワノジコ
ISBN: 9782368774670
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784813053293 (JP)
Taiyohtosho, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Et si l’amour commençait d’abord par l’attirance pour des détails, puis une coupe de cheveux!

Pour son premier manga, Hayakawa Nojiko sensei s’attarde sur l’attirance puis les premiers émois amoureux. Elle décrit l’évolution et la compréhension des sentiments. Cependant, elle reste dans la suggestion, le non-dit. Tsuda et Endô sont plutôt solitaires, indifférents à ce qui les entoure mais ont les mêmes goûts. Leur amitié va permettre d’élargir leur cercle d’amis mais également d’ouvrir leur cœur et leur esprit à autrui. Tsuda est le narrateur principal, sauf dans le chapitre 0 consacré à Endô. Justement, l’auteure s’amuse en y introduisant un décompte révélant énormément de choses à propose d’Endô tout en rebouclant avec le début du récit. Elle présente avec subtilité et de manière réaliste les émotions de ses personnages, même si l’intervention d’Aoyama Chihiro et Chiba n’est guère approfondie. Ses personnages évoluent lentement.

Le trait épuré et fin de la mangaka est mis en valeur par le traitement de ses mises en page. En effet, elle joue avec la dynamique des cadrages morcelés, des ellipses, des cases dépouillées. De même, elle privilégie les clairs-obscurs et les pages blanches. Il n’y a donc pas de trames d’ambiances et les décors se font rares. Un certaine poésie graphique émane de son style. En fin de chapitre, des yonkoma donnent des anecdotes sur les personnages. Sous la jaquette, quatre yonkoma mettent en scène les protagonistes pendant le nouvel an. Même s’il n’y a aucune scène érotique, les baisers sont traités avec délicatesse et transmettent leur intensité.

En résumé

Tsuda se retrouve assis derrière le taciturne et réservé Endô. Alors que ce dernier lui passe des polycopiés, le grand lycéen reçoit une page blanche. Est-ce volontaire? Bien qu’Endô l’ignore, Tsuda n’arrête pas de le solliciter, de plus en plus intrigué par des petits détails comme ses grains de beauté, sa touffe de cheveux mal coiffée qui cache la beauté de ses yeux, la finesse de son cou… Une de leur connaissance commune, Kanzaki, rêve de couper les cheveux d’Endô. Remarquant le petit manège entre les deux voisins de table, il se rapproche d’eux. A force de se faire caresser les cheveux par Tsuda, Endô finit par accepter de les couper à une condition: que Tsuda s’en occupe lui-même!

En conclusion

Dans ce premier manga, le style poétique et subtil de Hayakawa Nojiko est déjà bien visible. Cependant, elle approfondit peu son récit. Ce gakuenmono reste donc assez classique.

Les deux lions – Furuya Nagisa

les deux lions furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782368776865
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843974 (JP)
Gentosha, 2019
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Le « Lion enragé » est certes très fort mais il est tout autant gentil.

Dans ce one-shot, Furuya Nagisa sensei s’intéresse aux ravages des rumeurs et à l’amitié. Influencé par son grand-père, Leo est fort et gentil mais son côté taciturne le rend d’un abord difficile. De part son caractère simple, Junpei préfère se fier à son instinct. L’auteure décrit avec précision les mécanismes de leur amitié naissante à l’université et son évolution. Elle pose un scénario simple mais rondement mené. Narrateur, Shishido partage ses questionnements. L’entourage des deux héros joue un rôle assez important dans le développement des sentiments, orientant leurs réflexions. De même, les petits évènements qui parcourent leur vie étudiante sont assez réalistes.

Le graphisme de la mangaka est simple et classique. Ses traits sont épurés mais l’auteure propose une grande variété de visages et de carrures. Les hommes ne sont pas des ikemen et dégagent une certaine banalité malgré un peu de charme. Leurs expressions sont très bien rendues. L’équilibre entre les trames et les décors rendent discret le jeu des clairs-obscurs. Les ellipses et les cadrages dynamiques sont principalement au service de la lecture. Les détails évitent de surcharger les cases silencieuses. Il n’y a aucune scène érotique, le propos de l’histoire se basant sur la naissance de l’amour.

En résumé

A l’université, le sociable Shishido Junpei sympathise avec tout le monde. Pendant qu’il discutait assis sur un banc, il remarque qu’un étudiant a oublié sa bouteille d’eau. Il l’interpelle mais Onizuka Leo la lui donne. Intrigué, Shishido a la vague impression de l’avoir déjà rencontré. Plus tard, il le croise au distributeur de boissons et lui propose de lui offrir une bouteille d’eau. Mais, l’étudiant a l’air mécontent. En fait, Leo vient du même lycée que Junpei. Surnommé « le Lion enragé », des rumeurs circulaient sur lui…

En conclusion

Même si l’histoire narre une simple amitié qui évolue en amour, Furuya sensei offre des personnages attachants et touchants. Tout le monde peut lire ce one-shot proposant une tranche de vie d’étudiants se liant d’amitié puis s’interrogeant sur leur attachement de plus en plus fort. Malheureusement, je trouve que le récit s’arrête trop tôt!

Never complex – Aoi Levin

never complex aoi levin

AOI Levin あおいれびん
ISBN: 9782368771617
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402811 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour demande parfois beaucoup de patience.

Dans ce recueil, Aoi Levin sensei présente quatre romances plutôt légères ayant pour thème l’amour patient. La première histoire donne son titre au manga et est développée sur plusieurs chapitres. Même si les personnages s’interrogent sur les conséquences d’une relation homosexuelle (regard extérieur, enfant, première fois), l’auteure n’approfondit pas le sujet et reste focalisée sur le complexe d’infériorité de Maki envers Hiro. De plus, Maki narre constamment ses états d’âme. Les deux pages bonus anecdotiques transmettent le changement de pensée de l’uke. Aoi sensei introduit assez mal ses flash-back rendant parfois le scénario confus. C’est particulièrement visible sur « Summer vacation » qui propose un triangle amoureux prévisible. « Over drive » sombre dans l’érotisme alors que la relation professeur*élève aurait pu poser des questionnements intéressants. La dernière histoire est toute mignonne avec le seme qui laisse exploser sa passion après s’être retenu pendant longtemps en attendant la majorité de son amant.

Le graphisme de la mangaka est particulier: les visages sont petits mais anguleux, avec des cheveux touffus et méchés. Le traitement des yeux consiste en des traits épais striés, leur donnant un côté un peu vide et inexpressif. Hiro se transforme en wanko. Les décors permettent juste de se situer. L’auteure utilise beaucoup de trames d’ambiance et des angles de vue recherchés mettant en avant la plastique de ses personnages. Elle n’hésite pas à superposer les cases ou à sortir des cadrages. Les scènes érotiques, intenses, semblent un peu brouillon avec des gros plans, des trames et l’absence de traits qui censurent les parties génitales.

En résumé

Never complex / Ce qui doit être là: Maki et Hiro ont grandi ensemble à l’orphelinat. Malgré son QI élevé, Hiro se contente de suivre fidèlement tous les ordres de Maki. Il est simplement heureux d’être à ses côtés et de l’aimer. Mais son ami, qui complexe vis à vis de lui, travaille dur pour réussir. Justement, il obtient un poste en Angleterre…
Over drive: Takizawa Midori est devenu professeur d’arts plastiques en renonçant à ses rêves par amour pour le jeune Tomoki. Mais maintenant, ils sont dans le même lycée…
Summer vacation: Chaque été, Mizuki se rend au centre de vacances Yamaneko et y retrouve ses amis Kazuma et Kôta. Mais l’année dernière, juste avant qu’il ne prenne le train, Kazuma lui a fait une déclaration d’amour. Que va-t-il répondre?
Honey rodeo boys: Ramsey est l’un des meilleurs cow-boys de la ville. Il sort avec Malloy depuis un petit moment cependant le couple n’a jamais dépassé le stade du baiser. Mais aujourd’hui, Malloy fête son anniversaire et devient enfin majeur.

En conclusion

Malgré des histoires à fort potentiel, avec un graphisme plutôt mignon, la mangaka n’approfondit malheureusement pas les questionnements posés et se contente de conclure sur des relations érotiques intenses. De plus, son traitement des flashback et des cadrages ralentissent la lecture et son appréciation.

L’agneau innocent & le loup effronté – Mito Hitomi

l agneau innocent et le loup effronte mito hitomi

MITO Hitomi 水渡ひとみ
ISBN: 9782368771365
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796402040 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Titre original: 童貞ヒツジとあばずれ狼
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

Aimer, c’est aussi prendre soin de l’autre.

Ce recueil de Mito Hitomi sensei présente trois comédies romantiques avec des personnages contrastés. L’auteure s’intéresse à l’évolution de l’amour. Ses couples, qui ont une certaine différence d’âge, sont attachants. Les deux premiers chapitres, donnant le titre au manga, développent avec humour deux manières d’aimer différentes, avec Kira qui ramène tout au sexe et Tanaka qui est quant à lui romantique. Le seme innocent se laisse submerger par un uke entreprenant. L’histoire bonus permet de découvrir les collègues protecteurs de Kira. Le second récit se déroule également sur deux chapitres, développant d’abord le point de vue de Nagisa puis celui de Sakurano. Même si leur amour est réciproque, le jeune seme est confronté aux tracas de l’amour avec un homme mûr divorcé. « A mes côtés » offre surtout une romance où l’amour vient sauver un cœur brisé.

Le graphisme de la mangaka est plutôt simple et classique avec des traits légèrement anguleux. Le marquage de l’âge est bien rendu. Par exemple, Mitsuhide a quelques rides et les adultes ont des yeux plus fins que les enfants. Mito sensei utilise peu de décors et de trames d’ambiance. Ses cadrages sont dynamiques avec des ellipses, des cases vides. Les scènes érotiques sont courtes et se concentrent sur l’essentiel. En fin de tome, un dessin bonus ajoute une anecdote amusante sur Tanaka et Kira en lien avec le dernier chapitre.

En résumé

L’agneau chaste et le loup affamé / L’agneau innocent et le loup patient / Le jour de congé de l’agneau et du loup: Kira vient en aide à Tanaka dans un parc et demande en remerciement un paiement en nature. Cependant, le pure salaryman reçoit son premier baiser et sa première expérience sexuelle. Conquis, Kira attend chaque jour Tanaka qui, en fin de compte, aime bien prendre soin du jeune homme.
Noyé par l’amour / Noyé dans les sentiments: L’acteur Sakurano Taiki est amoureux de son professeur depuis le lycée. Divorcé, Nagisa Mitsuhide fréquente le jeune homme depuis qu’il est diplômé. Mais il a reçu des photos pour un omiai
A mes côtés: Sasamoto Katsumi a du mal à se remettre de la mort de son chien Riki, qu’il avait recueilli sous la pluie dix ans plus tôt. Deux mois plus tard, alors qu’il pleut, il trouve un jeune homme sans domicile. Rikiya a fui la maison depuis que sa mère s’est trouvée un nouveau petit ami. Troublé par les coïncidences de sa rencontre entre Rikiya et Riki, Katsumi accepte d’héberger le fugueur.

En conclusion

La mangaka propose trois histoires qu’elle n’approfondit malheureusement pas assez pour être inoubliables. De plus, le contraste des caractères des personnages apporte la touche humoristique principale, prêtant plutôt à sourire.

La bande des obstinés – Hiiragi Nozomu

la bande des obstines hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368771099
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877248550 (JP)
Kaiohsha, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

L’amour se développe parfois dans des situations improbables…

Dans ce recueil, Hiiragi Nozomu sensei propose cinq histoires aux styles variés, avec, pour certaines, un contexte recherché même si leur traitement reste superficiel. Elle maîtrise la narration pour un format court en intégrant l’essentiel. La première histoire donne son titre au manga et introduit un triangle amoureux dans une situation hilarante, avec deux obstinés et un beau gosse une peu benêt. L’histoire bonus permet de voir l’évolution du couple. « Pourquoi je t’aime » questionne sur le sentiment amoureux. Le troisième récit est plus sérieux avec deux protagonistes blessés et traite du suicide et de la culpabilité suite à un décès. « Un mouton » a un ton plus léger sur le paraître et la chaleur des sentiments. La dernière histoire préserve le suspense jusqu’au bout sur les liens qui unissent un médecin et un patient.

La mangaka utilise un graphisme simple, avec un petit côté mignon qui sied parfaitement au genre humoristique de son récit. Ses personnages SD sont adorables. Les visages sont expressifs et variés; les âges sont bien marqués. Les décors sont rares, laissant la place à quelques trames d’ambiance. Le cadrage dynamique et les angles de vue variés accompagnent les raccourcis et les actions. Deux yonkoma en fin de tome concluent la romance de Nobunaga. Les histoires se concentrant sur l’évolution des sentiments, le lecteur se contentera de baisers.

En résumé

Obstinate fellows! / Obstinate after: Depuis qu’Aoyama Musashi a interrompu une de ses bagarres et s’occupe de lui, Sakamoto Yuu est tombé amoureux de son unique ami. Alors qu’il se masturbait dans les toilettes en pensant à son amour, il est surpris par Nobunaga, un ami d’Aoyama, qui en profite pour le faire chanter et en fait son esclave.
Pourquoi je t’aime: Komaki a le coup de foudre pour Todoroki, président du club d’arts plastiques. Mais des rumeurs circulent sur ce dernier: il serait le fils d’un yakuza. Pour ce motif, le lycéen est isolé. Cependant, cela n’arrête pas le naïf Komaki qui s’interroge sérieusement sur ses sentiments.
Plus & moins: Itsuki s’est cassé le doigt. A l’hôpital, il est bousculé par le déplaisant Nachi qui a un bras en écharpe et porte toujours des lunettes de soleil. Piqué d’intérêt, l’étudiant le croise à nouveau dans un café et tente de sympathiser.
Un mouton: Okachimachi Yuri joue les élèves modèles car il aime avoir tout le monde à ses pieds. Mais suite à une erreur de décalage de réponses, il se retrouve au rattrapage. Il tombe de sommeil après trois jours intenses de révisions. C’est à ce moment qu’il est surpris par Tamura Shinobu qui lui déclare son amour!
Reviens-moi: Comme il manque des chambres à l’hôpital, le psychiatre Tamaki accepte d’accueillir chez lui un allemand amnésique, Tot. Mais la présence de l’affectueux patient fait remonter de douloureux souvenirs…

En conclusion

A cause du format court, la mangaka n’approfondit pas ses histoires qui proposent pourtant des contextes intéressants. C’est dommage! La lecture est tout de même agréable.