The song of Yoru & Asa Ec – Harada

the song of yoru and asa ec harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777077
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964365 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Asaichi et Yoru filent enfin le parfait amour. Réussiront-ils à percer avec leur groupe?

Dans un commentaire, Harada sensei demande de prendre ce tome comme un rappel à un concert. Elle offre des histoires mieux construites que dans le premier tome. Ainsi, les évènements s’enchaînent plus naturellement. L’auteure décrit l’univers musical indépendant, l’apport des réseaux sociaux pour l’autopromotion mais également leurs risques. Elle questionne les doutes sur la carrière: le problème de la stabilité introduit par l’ancien bassiste Yûji, les différences d’ambition portées par le mâture Hirukawa et la pression familiale avec la petite amie de Kayoi. De même sous la jaquette, deux planches abordent avec humour les discussions du groupe sur les rappels et les changements de style des rockeurs vieillissants. Bien que Yoru et Asaichi partagent de plus en plus leurs sentiments, leurs caractères sont toujours aussi tordus. L’introduction de Hiyori montre les extrêmes de certaines fans hystériques dans une approche assez réaliste.

La mangaka utilise des traits fins et les simplifie dans les moments humoristiques. Elle illustre graphiquement l’imagination folle de Hiyori. Ses personnages ont des muscles fins et bien dessinés. Les décors bien répartis alternent avec quelques trames d’ambiance. Même si la mise en page semble assez classique, les angles de vue variés la rendent dynamique. De plus, le travail des contrastes jouent sur les trames et les aplats. Le découpage cinématographique donne une certaine sensualité aux scènes érotiques. Ces dernières ne sont pas censurées, mais parfois des phylactères cachent quelques détails. Malgré leur nombre, elles sont bien intégrées.

En résumé

Le rêve d’Asaichi d’un concert de son groupe au Budôkan tourne au cauchemar, le réveillant. Le chanteur surprend alors Yoru en train de le sucer et ne résiste pas à ses avances. Ils arrivent donc de justesse au studio. En effet, le groupe aspire à un peu plus de succès et s’entraine ardemment. Mais en rentrant le soir, le bassiste prévient son amant qu’il est harcelé par une fan depuis quelques jours. Asaichi lui donne alors le double des clés de son appartement, l’invitant à partager sa vie. Devant sa joie, il ne peut se retenir de l’embrasser devant la porte. Mais la fan en question les a vu!

En conclusion

En écrivant cette suite, Harada sensei démontre tout son talent pour à la fois écrire des histoires très sexe mais au scénario bien développé. L’équilibre permet au lecteur de se plonger plus facilement dans le récit et de s’attacher aux différents personnages. La série est classée 17ème au Chill Chill BL award 2019. Quel plaisir de retrouver ce duo particulier et de découvrir leur évolution. Une excellente lecture!

The song of Yoru & Asa – Harada

the song of yoru and asa harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775387
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953505 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre l’amour fou de Yoru pour Asaichi et les sentiments mitigés de ce dernier envers le bassiste, comment leur relation va évoluer?

Harada sensei nous invite à suivre une romance entre deux membres d’un même groupe de rock. Même si elle rend bien l’ambiance musicale, elle semble privilégier la description des liens qui se nouent entre musiciens, fans et spectateurs. Ses héros ont des personnalités complexes, même tordues: Yoru se comporte comme un stalker et accepte vraiment tout de celui qu’il aime. Asaichi a un caractère exécrable; complexé, imbu de lui-même, il est rongé par la jalousie et le dégoût. L’auteure développe une relation de domination totale, satisfaisant le désir de supériorité du chanteur. Elle enchaîne les relations agressives, ainsi qu’un viol par simple vengeance. Par ailleurs, elle survole totalement les sentiments de ses personnages, même si le ressenti est compréhensible graphiquement. Ainsi la fin semble précipitée, édulcorant le traumatisme subi.

Les traits fins de la mangaka sont légèrement épurés, avec des visages un peu dans le style shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour rendre ses expressions incisives. Par exemple, la tête penaude de Yoru est craquante et le dégoût d’Asaichi se lit sur son visage. La mise en page est dynamique. Harada sensei joue sur les clairs-obscurs et les contrastes avec des aplats noirs et des dégradés de trames, rendant nettement les effets d’ombre et lumière. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Elle aime faire des travellings allant du général au détail, avec un effet presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, il y a beaucoup de fluides corporels. Par ailleurs, des hachures blanches censurent les parties intimes.

En résumé

Shiori convainc son frère de l’accompagner au concert de Yoru, en réalité pour qu’il porte toutes ses affaires. A sa surprise, Iori tombe sous le charme du chanteur aux traits androgynes. Il en vient même à fantasmer sur lui et devient, avec sa sœur, un fan assidu. Un an après la séparation de son groupe, Yoru est devenu bassiste dans un petit groupe de rock. En réalité, il y admire le chanteur Asaichi. Pourtant, ce dernier jalouse le succès du nouveau auprès des filles. En effet, le batteur Futsu et lui ont l’habitude de rencontrer intimement quelques fans féminines après leurs concerts. Ce soir-là, après le départ du guitariste Kayoi, Asaichi et Futsu sélectionnent le groupe d’amie de Shiori. La soirée alcoolisée dégénère ensuite en orgie. Yoru étant peu intéressé préfère se coucher. Mais dans le noir, Asaichi le confond avec une fille et couche avec lui.

En conclusion

L’auteure est connue pour ses manga sombres à l’ambiance parfois malsaine. Ici, elle fait passer l’amour après le désir de domination et de supériorité. Le soumis Yoru correspond donc bien au suffisant Asaichi. Malheureusement, la foison de scènes érotiques, parfois violentes, gâche un peu l’appréciation de cette romance. Sauf si l’on est adepte de ce genre. Ce titre était classé dixième meilleur manga au Chil Chil BL award 2016.

Punch up 5 – Kano Shiuko

punch up 5 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820340139
Asuka, 2020
ISBN: 9784799735152 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Alors que Kôta attend un peu plus de sérieux de son amant, Motoharu ne réfléchit qu’à assouvir ses fantasmes de plus en plus débridés.

Kano Shiuko sensei continue la suite de sa série avec l’architecte pervers et l’ouvrier bagarreur. Après un recueil de quelques chapitres distincts, elle reprend le cours de l’histoire en introduisant le passé de Maki. Les chapitres uniques mêlent à la fois humour et scènes sexy, mettant en avant les fantasmes de plus en plus extrêmes de Motoharu. Le crossover avec P.B.B. questionne sur l’amour avec les frivoles Maki et Shinobu qui se sont assagis. D’ailleurs, les uke se montrent pour une fois très entreprenant. Et les deux couples de chaque série semblent très solides. Ensuite, l’auteure met en scène Shibuzawa Yutaka et Mibu Yukiya, un couple adepte d’échangisme. En outre, elle présente une facette un peu sombre de l’architecte. Ses personnages ne se retiennent donc pas pour parler crûment.

La mangaka utilise des traits fins légèrement épurés. Bien qu’elle a une approche plutôt réaliste, elle simplifie les lignes dans les scènes humoristiques. L’expressivité des visages suffit à comprendre ce qu’il se passe. Par exemple, on distingue facilement la gêne ou l’envie de Kôta à ses joues rougissantes et son regard. Les carrures sont assez masculines. Les décors permettent principalement de situer les actions. Kano sensei apporte un travail soigné sur les ombres et les trames d’ambiance. Les angles de vue variés jouent sur les plongées, contre-plongées, pleines pages et renforcent la dynamique de la mise en page. Ainsi, les positions des scènes érotiques ont un côté très sensuel. Malheureusement, la censure marquée par de grands aplats blancs occultant les parties intimes, les gâchent un peu. En fin de chapitre, des yonkoma illustrent les commentaires avec humour.

En résumé

Un soir, Motoharu se montre plus séducteur et classe que d’habitude envers Kôta. Le lendemain, il s’excuse platement. En effet, il était ivre et ne se rappelant de rien, il a peur d’avoir dépassé les limites de sa perversion. Mais son amant calme immédiatement l’imagination de l’architecte, lui dévoilant qu’il s’est simplement assoupi. Légèrement déçu, Maki espère alors profiter du voyage d’affaires avec la compagnie Matsumoto pour retenter l’expérience, espérant que l’ouvrier baisse sa garde.

En conclusion

Ôki Kôta ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le cite parmi les meilleurs uke séduisant, appréciant son côté tsundere. Le fantôme gay accro au sexe est un thème récurrent de l’auteure dans certains de ses recueils. Même si ce tome semble un peu décousu au premier abord, je suis heureuse de retrouver ce couple charmant. D’autres épreuves se profilent. J’ai donc hâte de lire la suite!

Punch up 4 – Kano Shiuko

punch up 4 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820306166
Asuka, 2013
ISBN: 9784862639103 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un couple qui se redécouvre petit à petit et se reconstruit.

Kano Shiuko sensei nous plonge dans un tome fort en émotions, offrant une conclusion à son récit. Elle privilégie d’abord la redécouverte des sentiments de ses personnages, le partage et la communication, alternant entre moments tendres et dramatiques. Elle présente ensuite de nouvelles facettes de ses personnages, provoquant même un peu de compassion pour Yûya. Ainsi, la relation entre Maki et Ôki prend une forme plus familiale. Les diverses épreuves et l’entourage bienveillant font évoluer le comportement des deux héros: Motoharu est plus prévenant et Kôta s’exprime plus facilement. L’ouvrier charpentier devient même narrateur à la fin du récit. L’auteure rend parfaitement la dissociation entre le jeune homme de 15 ans et celui de 19 ans: en effet, elle joue sur les flash-back, mais également sur l’innocence adolescente. En fin de volume, elle ajoute des histoires bonus humoristiques sur les fantasmes de Motoharu et la vie quotidienne du couple.

Les traits de la mangaka deviennent plus doux. Elle offre une panoplie d’expressions des visages, avec un travail détaillé ou des simplifications. Par exemple, les mimiques de Motoharu quand il est obsédé sont craquantes. De même, l’innocence de Kôta, amnésique, se voit graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors cependant, ces derniers sont plus rares. La mise en page est à nouveau très dynamique, rythmant la lecture. Kano sensei joue sur les trames et l’absence de détails pour censurer les scènes érotiques. Elle présente, en fin de chapitre, les panneaux de vente qu’elle a composé pour l’installation dans les librairies. L’impression un peu sombre empêche d’apprécier pleinement les dégradés des trames. La version numérique disponible sur Izneo ne souffre pas de ce problème.

En résumé

Depuis son geste déplacé envers son amant amnésique redevenu adolescent, Maki redoute de succomber à ses pulsions et se plonge à fond dans son travail dormant même sur place. En discutant avec Wakui, Saiga et Fukazu, Ôki a l’impression que tout le monde attend qu’il retrouve la mémoire. Avec l’aide de Hisashi, Motoharu offre une console à Kôta. Devant la joie du garçon, il décide alors de prendre quelques jours de congés pour passer un peu de temps avec lui. A force de partager des moments et de discuter, le jeune homme s’ouvre peu à peu. Mais il commence à se laisser faire quand Maki fait des blagues indécentes, au point d’échanger un baiser…

En conclusion

En concluant l’aventure dramatique du tome précédent, l’auteure termine avec un couple plus solide et épanoui. Premièrement, j’apprécie que tous les personnages aient un profil travaillé. Même un personnage secondaire d’abord insupportable devient par la suite touchant, lorsque l’on découvre son histoire. Kano sensei a tout de même réussi à me faire apprécier le pervers Maki, alors que dans la réalité, je ne le supporterai pas! D’autre part, elle alterne avec justesse les moments érotiques et sérieux. Alors, n’hésitez pas à suivre cette belle romance. Ce titre a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2010. De plus, Motoharu a été classé deuxième meilleur seme, premier meilleur personnage pitoyable et Kôta deuxième meilleur uke et premier personnage brave.

Punch up 3 – Kano Shiuko

punch up 3 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304988
Asuka, 2012
ISBN: 9784862637314 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un grave accident remet en cause les liens entre Kôta et Motoharu. Vont-ils se retrouver?

Dans ce troisième tome, Kano Shiuko sensei remet complètement en question la relation de son couple phare suite à un évènement dramatique. Elle se focalise d’abord sur leurs sentiments et leurs sensations et questionne leur avenir. L’amnésie qui plonge Kôta dans son adolescence permet de confronter un garçon pur et innocent au pervers Motoharu qui se trouve perdu. Cependant, ils vont reconstruire d’autres liens, plus sains, qui confortera leur amour grâce à la communication. D’ailleurs, l’architecte doit surpasser ses habitudes: prendre soin de quelqu’un et s’organiser du temps libre. De même, Kiyoto, le frère transsexuel de Kôta, apporte un regard extérieur sur le couple. L’histoire bonus comble le manque de passages érotiques en s’amusant sur un fantasme de Maki sur la masturbation. En fin de chapitre, l’auteure présente les drama CD de la série.

La mangaka arrondit légèrement le visage de Kôta. Elle se focalise sur les détails ou les regards. Les dégradés et trames d’ambiance accompagnent principalement les situations dramatiques ou légères. De même, la mise en page semble un peu plus sobre. Il y a moins de scènes érotiques. Mais la censure se fait par des points lumineux qui ne cachent presque rien.

En résumé

Maki Motoharu profite d’une réunion près du chantier d’Ôki Kôta pour rentrer en train avec lui. En effet, il va s’occuper de l’aménagement intérieur du futur restaurant de Fukazu Yûya et n’est donc pas rassuré. Depuis quelques temps, l’ouvrier s’inquiète du comportement de son amant: plus sérieux que d’habitude, ce dernier ne dit plus d’obscénités. Quand l’architecte lui demande des vidéos érotiques avant son départ en mission pour trois jours, il est d’abord rassuré. Mais il a la surprise de découvrir le lendemain que son petit ami tente de lui imposer des congés pour l’accompagner. En froid, le trentenaire part sans se réconcilier avec Kôta. En trouvant Yûya devant leur bâtiment le lendemain soir, le charpentier comprend alors les inquiétudes de son amant. Il fonce donc retrouver ce dernier. Mais la réaction étrange de Motoharu le trouble. Perdu dans ses pensées, le lendemain, Kôta fait une chute d’un échafaudage…

En conclusion

Kano sensei évite le mélodrame en alternant avec finesse les moments durs et les moments bienveillants entre ces deux amoureux. En confrontant la perversité habituelle de Motoharu à la jeunesse temporaire de Kôta, elle renforce le côté gênant des situations. C’est tellement amusant de voir le seme galérer un peu.

Punch up 2 – Kano Shiuko

punch up 2 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304612
Asuka, 2012
ISBN: 9784862635389 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Quand le passé entraîne des doutes difficiles à surpasser.

Kano Shiuko sensei propose des tranches de la vie de Kôta et Motoharu, en couple depuis six mois. Tandis qu’une certaine routine s’est installée, les deux amants commencent à douter de leurs sentiments tout en se découvrant. Cette inquiétude latente entraîne donc des changements de comportement. En effet, Ôki se montre plus entreprenant et Motoharu en profite pour imposer ses désirs déviants. L’auteure met clairement en avant le manque de confiance, les difficultés de communication au sein du couple, l’influence du passé de chacun mais également les changements qui s’opèrent peu à peu pour atteindre un certain équilibre. Ainsi, les compromis se font à deux. L’architecte participe un peu plus au foyer. L’ouvrier partage ses sentiments et s’ouvre également un peu plus aux autres. Un chapitre spécial conclut ce tome en présentant le passé de Kôta avec son premier petit ami Fukazu Yûya.

La mangaka a adouci les traits des visages. Elle simplifie les expressions dans les scènes humoristiques. Ses hommes ont des muscles fins harmonieux. Elle joue beaucoup sur les dégradés de gris avec les trames. Ainsi, les décors donnent une touche réaliste car ils sont très présents et permettent de se situer immédiatement. La mise en page guide le regard et impose le rythme de lecture. Afin d’éviter la censure, Kano sensei joue sur les cadrages ou les angles de vue dans les scènes érotiques. Ces dernières sont détaillées avec parfois une coupe intérieure. En fin de chapitre, des fiches personnages, une fiche métier et des yonkoma ajoutent une touche amusante. Par exemple, le fantasme de Maki sur les cotons-tiges est hilarant.

En résumé

Après leur shopping, Ôki Kôta retrouve Maki Motoharu dans un café en train de baver sur un magazine. Alors qu’il a acheté des produits pour la maison, l’architecte a préféré lui prendre des vêtements, lui réclamant un défilé. Cependant, à leur retour dans leur foyer, le jeune homme reçoit l’appel d’un ami de collège. Le lendemain, Maki trouve Saiga Katsutoshi, assez agressif, devant son bureau. Inquiet par les différences sociales et d’âge du couple, l’ami de Kôta est venu s’assurer des sentiments de l’architecte. Mais sa première impression est mauvaise, le trentenaire faisant mine de le draguer. Le soir, vexé par les cachoteries de son amant, le couple se dispute. Quand Saiga revient à la charge, Maki se confie alors sincèrement, ne sachant comment exprimer son amour à force de s’être fait larguer…

En conclusion

Maki Motoharu se classe troisième meilleur seme pitoyable au Chill chill BL award 2009. Je m’amuse à voir Kôta acculer son petit ami, ayant cerné ses goûts masculins. Et comme Motoharu ne se comporte pas de la même manière avec lui qu’avec ses autres conquêtes, le couple en devient touchant. L’auteure dépeint avec finesse la sensibilité de la formation d’un couple entre doutes et difficultés de communication et de compréhension. J’ai donc hâte de voir jusqu’où elle va nous mener!

Punch up 1 – Kano Shiuko

punch up 1 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820303363
Asuka, 2012
ISBN: 9784862630810 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Une romance explosive entre un architecte immature et un ouvrier charpentier au sang chaud.

Kano Shiuko sensei met en scène un couple détonant où la différence d’âge apporte divers questionnements. Malgré ses 19 ans, Kôta a déjà un corps musclé par le travail même s’il est encore imberbe. Motoharu, malgré ses 31 ans, a un comportement parfois immature et des goûts de pervers. Bien que le couple file le parfait amour sur le plan sexuel, les deux hommes ne sont pas encore sûrs de leurs sentiments: la jalousie et le doute entravent la communication au sein du couple. D’autant plus que le frivole architecte continue à admirer les hommes à son goût. De plus, il a tendance à traiter Ôki comme une poupée, se montrant égoïste et parfois brutal. Justement, l’auteure se concentre principalement sur l’évolution des sentiments des personnages, les accompagnant avec des confidents, Hishiya Shinobu et Wakui Hisashi, ou les mettant à l’épreuve en introduisant d’anciennes conquêtes. En bonus, elle narre une aventure sexy avec les protagonistes de P.B.B..

Le style graphique particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Les visages sont ovales avec des mentons longs et pointus et des yeux effilés. Les personnages ont des carrures masculines. Kano sensei exagère certaines expressions, donnant une touche humoristique. Par exemple, le visage déformé par les larmes de Motoharu est hilarant. Les décors détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les angles de vue sont recherchés. De même, la mise en page dynamique joue sur les emboîtements et des vignettes de formes variées. Les illustrations de début de chapitre mettent en scène le couple. Des yonkoma en fin de chapitre ou de tome apportent des anecdotes humoristiques sur la perversité de Motoharu. Le travail des trames permet d’éviter la censure lors des scènes érotiques, assez nombreuses.

En résumé

Sur un chantier, le brillant architecte Maki Motoharu tente de s’interposer dans une bagarre entre un électricien et un ouvrier charpentier mais se prend un coup. Remarquant son chat disparu depuis une semaine dans les bras de Hishiya Shinobu, il apprend que l’animal a été recueilli par le charpentier au sang chaud qui l’a frappé. Ôki Kôta a même perdu son logement à cause du félin. Bon prince, l’architecte lui propose alors de l’héberger temporairement. Mais leur cohabitation reste houleuse. En effet, le frivole Motoharu néglige plutôt l’entretien de son appartement. Kôta, au contraire, refuse de dépendre de quelqu’un et se retrouve donc à s’occuper des tâches ménagères. Les surprenant en train de faire les courses, le petit copain de Kôta fait un scandale l’obligeant à le suivre. Motoharu réalise alors que le jeune ouvrier lui manque plus qu’il ne croyait. Alors quand Katayuki lui propose de lui rendre Kôta contre une somme d’argent, il n’hésite pas!

En conclusion

J’adore Kano Shiuko sensei! Son style graphique ne plaira pas à tout le monde, mais il est très expressif. Elle joue beaucoup sur les nuances de gris, malheureusement l’édition française sombre un peu trop les pages, perdant les subtils dégradés. Cette auteure s’intéresse beaucoup à des milieux sociaux peu représentés dans les BL et n’hésite pas à se renseigner sur le terrain. De plus, elle allie à la fois côté sexy et sentiments. Par ailleurs, les personnages de ses différentes séries s’entrecroisent. Je ne peux donc que vous recommander cette romance explosive qui vous fera rire et pleurer et vous fera réfléchir sur le couple et la vie à deux.

The Teijo academy 1 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 1 natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776933
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895568 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

En suivant son ex dans l’académie Teijo, Harutaka ne pensait pas tomber dans un environnement aussi élitiste.

Natsushita Fuyu sensei installe d’abord le contexte et les personnages de son gakuenmono. Bien que ce soit un omegaverse, elle ne précise pas forcément l’appartenance de ses héros. Malgré l’égalité prônée par l’académie, des préjugés persistent. L’omega Harutaka va venir bousculer les traditions, réclamant plus d’intégrité. En effet, derrière l’excellence, l’école semble cacher une partie sombre, en particulier dans la manière de nouer un réseau ou d’accéder à un certain statut. La promotion canapé n’est donc plus l’apanage des omega. En fin de chapitre, l’auteure donne des fiches explicatives sur le fonctionnement de l’école. Ce tome se concentre sur l’effervescence du bal et l’influence hiérarchique remontant jusqu’au anciens membres. En fin de volume, l’histoire de Tsuji est narrée ainsi que la suite des aventures de Le maître de maison est un alpha, avec la grand-mère Isaka qui souhaite inscrire son petit-fils à l’académie.

Le graphisme de la mangaka est plutôt réaliste. Les étudiants ont des carrures variées. Par contre, Natsushita sensei n’hésite pas à exagérer les expressions de Harutaka. De même, elle met en image l’imagination de l’omega et représente sa conscience par trois personnalités intérieures qui débattent entre elles. Les décors sont précis et les trames d’ambiances discrètes. La mise en page semble assez classique pourtant les angles de vue sont très variés. Sous la jaquette, un plan présente l’académie. Les scènes érotiques sont courtes et censurées par de fines bandelettes blanches qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Bien que l’académie Teijo accueille la future élite du Japon, elle est ouverte à tous: alpha, beta et omega. Les dirigeants des quatre clubs scolaires, surnommés les quatre légendaires ou 4L, y règnent en maître. Alors que le représentant de l’éthique Hasunomiya ne cherche qu’à assouvir sa libido, Aoki, responsable du savoir, refuse ses privilèges. Souhaitant suivre les traces de son père politicien, l’alpha Einan Nachi quitte son petit ami omega afin d’intégrer cette école. Cependant, Ichijô Harutaka décide de le suivre pour le soutenir. Le jour de la rentrée, il surprend Tsubaki et Kakuya, respectivement les responsables du club de sport et d’art, exclure un élève alpha qui aurait discriminé les omega sur les réseaux sociaux. Alors que son colocataire, Tsuji Akihiko, ne rêve que de devenir un favori, n’hésitant pas à coucher pour y arriver, Harutaka préfère vivre pleinement sa vie étudiante avec son ami omega Mitomi.

En conclusion

Les mimiques de Harutaka sont hilarantes. Alors que la couverture laisse espérer un triangle amoureux (ou même un threesome), le manga nous oriente dans une toute autre direction. Mais c’est très intéressant de découvrir tous l’univers construit par l’auteure. Et le suspense nous invite à nous jeter sur la suite.

Le maître de maison est un alpha – Natsushita Fuyu

le maitre de maison est un alpha natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782368776414
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865894783 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire son couple petit à petit quand on est deux seme, d’autant plus qu’il faut rapidement donner un héritier?

Dans ce one-shot, Natsushita Fuyu sensei met en avant la vie conjugale d’un couple d’alpha. Cet omegaverse interroge principalement l’égalité au sein du couple, les difficultés à définir les rôles entre deux seme, et la pression familiale de donner un héritier. D’abord hétérosexuels, les deux hommes doivent gérer à la fois leurs sentiments et leurs préjugés des rôles genrés. Ils se questionnent sur la domination, la pénétration, la conception. L’auteure a une approche assez originale, ne mettant pas en avant l’appartenance aux groupes alpha ou omega. Elle disperse des indices au fur et à mesure pour les lecteurs. En outre, elle présente un couple qui communique, se respecte et accepte d’ouvrir leur esprit. Le langage est parfois cru. Les quiproquos et les réactions excessives des personnages apportent une touche humoristique. L’épilogue à la maternité laisse espérer une orientation vers le reverse.

Les traits de la mangaka sont plutôt réalistes: ses personnages ont des visages ovales, des corps masculins musclés. D’ailleurs, les deux époux ont presque la même carrure. Natsushita sensei exprime les chaleurs par la contraction des pupilles. De même, elle met directement en image l’imagination débordante de Kazumasa. Les trames d’ambiance sont bien intégrées, les décors détaillés. La mise en page dynamique joue avec des angles de vue variés. Justement, le découpage parfois cinématographique des scènes érotiques donne beaucoup de détails. De plus, il n’y a pas de censure, à part dans les coupes intérieures. Les illustrations de début de chapitre présentent les protagonistes dans un instant pris sur le vif. Sous la jaquette se trouve la solution du jeu de recherche du symbole du chat à trouver dans chaque chapitre; il faut une loupe pour en repérer certains!

En résumé

Les familles Isaka et Tachigami ont organisé un mariage arrangé entre leurs fils alpha. Bien qu’amoureux de son mari, Tachigami Kazumasa n’arrive pas à passer outre ses appréhensions sur les rapports sexués de même genre. Bien que sa mère lui mette la pression pour donner rapidement un héritier, Isaka Takaomi, salaryman dans l’entreprise familiale, reste toujours à l’écoute de son époux. Ces deux seme prennent leur temps. Cependant, vexé de ne pas exciter son partenaire, Kazumasa décide de consulter un psychiatre, Tokihito Kyôwa, spécialisé dans la sexologie des couples. Cependant, ses méthodes ne sont pas très orthodoxes!

En résumé

Ce manga a obtenu la 5e place au classement du manga profond au Chill chill BL award 2019. En effet, il est à la fois sexy, érotique et tendre. Même si les méthodes du psychiatre peuvent gêner, on s’attache vite à ce couple qui privilégie respect et partage.

My little inferno 2 – Asada Nemui

my little inferno 2 asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777114
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784690 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une personne droite et pure peut-elle tomber amoureuse d’un criminel?

Asada Nemui sensei continue à nous surprendre avec l’étrange cohabitation entre Makun et Hitoshi. Tout en nous sensibilisant sur les risques du stockage des données personnelles, elle présente quelques techniques de piratage informatique. Alors que Mayumi prend le piratage comme un jeu, Nakamoto Tatsumi le monopolise. Ainsi, leur relation toxique voit leurs ambitions diverger peu à peu. En effet, Makun prend peu à peu conscience des effets néfastes de ses actions. Admirant l’innocence de Hitoshi et confronté à ses principes, le hacker a finalement trouvé un divertissement plus jouissif, cherchant à abattre ses murs de protection un à un. Leur relation évolue, sans romantisme, mais avec respect des remarques et négociations. Cela donne un ton humoristique bien venu après toute la tension du volume précédent. Dans sa postface en fin de tome, l’auteure offre une surprise dans les profils personnages sur Arai Mai.

La carrure de Mayumi, bien musclé, contraste avec la frêle stature de Hitoshi. La mangaka travaille particulièrement le regard de l’étudiant, généralement fuyant, mais qui s’agrandit lorsqu’il est déterminé et devient alors si expressif. Elle privilégie les aplats, même pour les trames. La mise en page est plutôt classique avec quelques pages dynamiques mais cela colle parfaitement au style graphique d’Asada sensei. Les couvertures jouent sur la nuance de deux couleurs dominantes complémentaires, comme peinte au pinceau. Les illustration de début de chapitre introduisent le ton du récit à venir. Les scènes érotiques donnent peu à voir, respectant le côté pudique de Hitoshi. Cela permet d’imaginer la frustration dans laquelle se trouve le seme qui devra se surpasser pour faire tomber les murs de protection de son amant peu à peu.

En résumé

Hitoshi a reçu un appel de l’hôpital: sa mère a fait un malaise. Accompagné de Makun, il se rend immédiatement à son chevet mais la retrouve chez elle. Fatiguée, elle confie alors à son fils qu’elle reçoit depuis une semaine des appels et des lettres à propos de remboursements. Son fils la rassure en concluant qu’il s’agit d’une attaque. Mais Mayumi, suspicieux, découvre que les données de Mai Arai ont été volées et ont servi à contracter une dette de 30 millions de yens. Sur le chemin du retour, Hitoshi s’effondre en apprenant la somme colossale et les difficultés à prouver l’innocence de sa mère. Son colocataire, ayant déjà une idée de qui pourrait être derrière cette action, décide de prendre les choses en mains…

En conclusion

J’ai du mal à croire en la rédemption du hacker mais il est tellement amusant de le voir céder aux demandes de Hitoshi. Je suis finalement conquise par la fin et l’évolution de ce couple original et touchant. Ne vous arrêtez pas aux premières scènes du tome 1, l’auteure a su exploiter et approfondir ses personnages et donne un ton particulier à cette romance.