Momo & Manji 1 – Sakura Sawa

momo and manji 1 sakura sawa

SAKURA Sawa 紗久楽さわ
ISBN: 9782368776339
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784072 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La tendre, romantique et érotique histoire d’amour de Momo et Manji, à la fin de l’ère Edo.

Sakura Sawa sensei nous invite à suivre des tranches de vie de Momoki et Manji à Edo, chaque chapitre représentant un moment de leur vie. Elle s’est énormément documenté pour restituer un ton très réaliste à son récit. Ainsi, elle aborde en détails la vie que menaient les kagema, de leur initiation à leur retraite. Elle exprime avec justesse les sentiments contradictoires et les souffrances de cette initiation, qui se pratique très jeune, d’autant plus que le responsable est Samuru, le frère aîné de Momo. Par ailleurs, les dialogues des personnages secondaires apportent un témoignage sur les changements de l’époque, quelques explications sur les différentes activités ou techniques de cette période. De même, l’auteure partage en fin de tome quelques précisions qu’elle n’a pu détailler au fil du récit. En outre, en plus des notes de l’auteure, la traductrice offre également un excellent travail, complétant certaines explications.

La mangaka utilise des traits fins. Les visages de ces personnages reprennent les traits de ceux des estampes mais sont plus fins, sauf Momoki qui a encore un visage poupin. La couverture et l’illustration en couleurs rappellent la composition des shunga. Même les illustrations de début de chapitre jouent sur le style des estampes ou des images érotiques. Les trames servent principalement aux ombres et colorations. Certains fonds sont travaillés au pinceau. Quelques vignettes s’inspirent aussi de l’ukiyo-e. Les décors sont très présents, avec une touche réaliste. La mise en page est dynamique, avec des ellipses. Le cadre épais colle parfaitement au récit. Sakura sensei met en avant l’esthétique de certaines cases, avec un ton poétique général. Elle varie les angles de vue, portant attention sur les gestes et les regards. Ainsi, dans les scènes érotiques, elle ne dessine pas les parties intimes.

En résumé

Deuxième moitié de l’ère Bunsei (1818-1830). L’ancien kagema Momoki file le parfait amour avec le flûtiste Manji, qui l’a recueilli un jour de pluie. Inspiré par une estampe, Manji s’amuse à séduire son amant en mimant la scène. Mais Omomo aperçoit la fumée d’un incendie et coupe court à tout câlin, désirant se préparer à l’évacuation.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Le scénario a quelques faiblesses au début, mais le lecteur est vite happé par cette romance historique. D’ailleurs, les explications permettent réellement d’en apprendre beaucoup sur cette période. En outre, le travail graphique est réellement magnifique. En revanche, certaines scènes de l’initiation pourront choquer.

Shinjuku lucky hole 2 – Kumota Haruko

shinjuku lucky hole 2 kumota haruko

KUMOTA Haruko 雲田はるこ
ISBN: 9782368776919
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784396784638 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un nouveau clan de yakuza étend son influence à Shinjuku. Que va devenir la société Lucky hole?

Six ans après le premier tome, Kumota Haruko sensei reprend le cours de son récit. Elle s’intéresse au devenir de la société Lucky hole prise dans une lutte de clans de yakuza. A chaque chapitre, elle présente l’histoire d’un des personnages tout en suivant à la fois un fil conducteur en rapport avec la crise d’influence de la mafia. D’ailleurs les derniers chapitres comportent plus d’actions. Les personnages continuent d’évoluer: Saiki (28 ans) et Lenny (26 ans) s’ouvrent à d’autres activités, Sakuma et Hiyama partagent plus facilement leurs sentiments même s’ils se font beaucoup de cachoteries, Ryû (24 ans) garde son côté enfantin même s’il a mûri. Sur fond d’espionnage, l’auteure mélange à la fois suspense, tension, romance et scènes sexy. Elle donne quelques indices au compte-gouttes.

La mangaka utilise des traits fins et des déformations qui rendent les expressions facilement éloquentes. Elle travaille avec soin les visages vieillissants et les regards, renforcés par des gros plans. Une fiche personnages en début de tome permet de se remémorer les différents intervenants. La mise en page est discrètement dynamique. Il y a peu de décors, seulement quelques trames d’ambiance. Kumota sensei n’abuse pas des trames d’ombres et de couleurs, aérant ainsi ses pages. Les illustrations de début de chapitre reprennent encore les héros du récit. Il n’y a pas de réelle censure des scènes érotiques mais les cadrages et les angles de vue cachent les détails des parties trop intimes.

En résumé

Après un baiser torride, Hiyama Kumi (38 ans) était partant pour passer une chaude nuit avec Sakuma (46 ans). Mais son amant le plante et préfère rentrer chez lui. Frustré, l’ancien acteur commence alors à se soulager seul sur le canapé quand le nouvel assistant, Chan, apporte le matériel pour le tournage de demain. Embauché depuis une semaine, ce dernier s’avère être en réalité un jeune mafieux qui fait du chantage, cherchant à prendre sous sa coupe la société Lucky hole. Kumi lui donne rendez-vous le lendemain soir, espérant régler l’affaire sans y mêler Sakuma. Mais au moment fatidique, son amant arrive légèrement éméché, réclamant un gros câlin…

En conclusion

Au Chill Chill BL award 2019, les lecteurs ont beaucoup cité ce tome dans les meilleures séries palpitantes, hors classement. Entre tournages chauds, trahisons, lutte de clans mafieux, cette suite mieux équilibrée est toujours aussi prenante. Quel bonheur de retrouver les membres de la société Lucky hole! Mon cœur palpite à chacune de leurs péripéties. Alors n’hésitez pas à vous jeter sur ce tome.

Shinjuku lucky hole 1 – Kumota Haruko

shinjuku lucky hole 1 kumota haruko

KUMOTA Haruko 雲田はるこ
ISBN: 9782368775141
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783211 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’univers du porno gay abordé de manière décomplexée où l’amour a une place particulière.

Kumota Haruko sensei présente, par tranche de vie, le quotidien de la société de production de films pornographiques gay Lucky hole. Chaque chapitre permet ainsi de découvrir un des membres de la société. Ses personnages ont une psychologie assez complexe. Kumi, qui était suicidaire, entretient un lien assez particulier avec l’ancien yakuza Sakuma, presque au bord de la dépendance affective. Les deux otaku, le monteur Saika et l’acteur Lenny, quant à eux, développent une romance contrariée apportant un peu de tendresse dans ce tome. Tous font clairement la distinction entre sentiments et sexe. D’ailleurs, l’auteure apporte une certaine sensibilité au traitement de ses protagonistes, les rendant tous attachants.

La mangaka a son propre style facilement reconnaissable, avec des traits épurés, simplifiés et expressifs. D’ailleurs, elle n’hésite pas à déformer les visages, rappelant le style graphique des manga comiques. Ses personnages prennent alors des mimiques amusantes, même pendant leurs ébats. Quelques poils et quelques rides apparaissent également. Kumota sensei utilise beaucoup les aplats, même pour ses trames représentant les ombres ou les couleurs. En outre, ses décors sont assez présents. La mise en page est plutôt dynamique. Les illustration de début de chapitre mettent en avant le héros du récit. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails des parties intimes en jouant sur les angles de vue, les cadrages ou en occultant les traits, ne laissant qu’une ombre tramée.

En résumé

Ancien acteur porno, Hiyama Kumi codirige maintenant la société Lucky hole, spécialisée dans les films pornographiques gay. Son collègue, un ancien yakuza qui s’occupe de rabattre des acteurs potentiels, lui a envoyé un jeune salaryman un peu désespéré et sans emploi. Comme Katagiri semble pur et innocent, Kumi lui passe une de ses vidéos pour le rassurer. Rapidement excités, ils finissent donc par coucher ensemble…

En conclusion

J’adore le style graphique de l’auteure et la manière de narrer ses histoires. Même si elle ne développe pas aussi bien l’univers du cinéma pornographique comparé à Jita sensei dans Incitant porno, elle dessine avec justesse les sentiments de ses personnages. En plus, il y a un couple reverse. Ce titre a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. Mais j’aimerais tant que sa série phare My lovely like a cat soit un jour traduite en français.

Et demain, ce sera quoi! 1 – Yamamoto Kotetsuko

et demain ce sera quoi 1 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368775318
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031116 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommantation: beaucoup

Kirara est amoureux de son ami d’enfance Ken, mais ce dernier éprouve du dégoût envers les homosexuels…

Dans ce premier tome, Yamamoto Kotetsuko sensei pose d’abord le contexte de sa comédie romantique. L’histoire avance assez vite jusqu’au lycée. Le côté un peu idiot de Kirara l’entraîne dans des situations amusantes, parfois exagérées. De même, quelques personnages secondaires comme le poulet King et le délinquant Omaeda ajoutent des instants encore plus comiques. Ainsi, tout en abordant avec humour les premiers émois, l’auteure s’intéresse aux dégâts de l’homosexualité non assumée, à l’homophobie, aux relations familiales conflictuelles, au paraître chez les jeunes et à la surprotection maternelle. Elle développe des personnages à la personnalité assez complexes. Par exemple, Ken semble plus gentil qu’il ne s’en donne l’air. Miyagawa Tarô s’efface auprès des deux fils de son amant, Masakazu, connaissant leurs sentiments. La relation entre Kirara et ses voisins évolue doucement.

La mangaka utilise des traits plutôt épurés. Elle dessine les cils supérieurs avec plusieurs traits, leur donnant une épaisseur caractéristique à son style. Le travail sur le regard est très soigné. En revanche, les visages ronds dégagent une certaine douceur. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Même si les bagarres ne s’éternisent pas, les angles de vue rendent bien les actions. Un yonkoma complète un chapitre en donnant une anecdote amusante.

En résumé

A 9 ans, Mayuzumi Kirara a gagné un concours de beauté. En effet, depuis sa naissance et bien qu’il soit un garçon, sa mère adore l’habiller de vêtements très mignons. Mais le garçonnet rêve d’être un garçon viril. Après avoir découpé toutes ses fanfreluches, il sort en slip pour aller à l’école et percute leur nouveau voisin: Tosayamada Masakazu élève seul ses deux fils Kyôichi et Ken. En admiration devant ces bagarreurs surnommés « les chiens enragés », Kirara se met alors à les suivre. Au collège, le frêle Kirara impressionne ses comparses en tenant tête à Ken et sympathise vite avec Yamaguchi Susumu. Des élèves de troisième voulant faire la peau à Kyôichi, l’abordent mais finissent par le menacer devant son air efféminé mais rebelle. Ken arrive à temps pour le sauver mais Kirara remarque que son cœur s’emballe…

En conclusion

Classé 26ème meilleur manga au Chill Chill BL award 2017, cette adorable comédie romantique entre un idiot et un faux voyou nous prend par les sentiments. Yamamoto sensei arrive à donner de la légèreté à ses récits, à nous toucher et nous faire rire sur une situation un peu complexe. Je n’ai qu’une seule envie: voir si Kirara pourra être heureux en amour!

A boring man – Yamamoto Kotetsuko

a boring man yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368771396
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784877244897 (JP)
Kaiohsha, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Trois tendres romances avec des uke blessés et de jeunes seme compréhensifs.

Yamamoto Kotetsuko sensei offre un recueil de trois romances touchantes avec des uke blessés. Elle développe suffisamment la psychologie de ses personnages malgré le format court. Comme les seme sont attentifs à l’être aimé, les relations se font tout en douceur. Les personnages sont donc attachants. Le premier récit donne son titre au manga. L’auteure se focalise principalement sur l’évolution de la relation entre les deux collègues, l’un deux ayant perdu confiance en lui suite à la remarque d’un ex. Elle donne un aperçu de l’avenir du couple dans l’histoire bonus. « Sweet room » joue sur l’esprit de contradiction du héros pour apporter une touche humoristique. Le dernier récit occupe la moitié du tome. Cette romance met principalement en œuvre le pouvoir de l’amour pour surmonter un traumatisme. La douceur et la patience du seme sont bien rendues.

Les traits épurés de la mangaka donnent une certaine douceur à son graphisme. De plus, ils sont très expressifs. Les visages sont plutôt ronds, avec de grands yeux. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, Yamamoto sensei utilise les trames avec parcimonie, ne chargeant pas ses pages. Les angles de vue variés dynamisent la mise en page. Les scènes érotiques sont pudiques et portent attention aux sensations des personnages. Cela leur confère donc une agréable tendresse.

En résumé

A boring man/ A troubled man: Hashimoto (26 ans) s’est fait plaqué par son petit ami qui le trouvait trop ennuyeux et banal. Il noie alors son chagrin dans l’alcool. En se rendant dans la salle de bain commune de la résidence, il croise son voisin de chambre et collègue Karasuma (23 ans). Devant la beauté et l’intelligence du jeune salaryman prometteur, il se sent encore plus minable. Alors que Karasuma le rejoint dans la salle de bain, Hashimoto s’endort dans la grande baignoire. Heureusement, son jeune collègue le sauve de la noyade. Mais quand son senpai reprend ses esprits, il lui fait alors une déclaration d’amour.
Sweet room: Kotobuki Kazumi (2e année) cherche un nouveau colocataire. Bien qu’il soit mignon physiquement, son côté économe à l’extrême le rend presque tyrannique. Intéressé par l’annonce, Fujiya Ryôsuke (1e année) demande alors à visiter l’appartement le soir même et décide de faire une semaine d’essai. Mais Kazumi a le coup de foudre pour son nouveau résidant. Redoutant que ce dernier découvre ses sentiments, il décide de se montrer encore plus exigeant pour le faire partir…
Serre fort ma main / Toujours main dans la main: Chaque matin, Kitanaka Atsushi (20 ans) est réveillé par le même cauchemar. Alors qu’il travaillait sur le continent dans une entreprise, il est revenu au bout de deux ans aider ses parents dans leur restaurant. Croisant son ami d’enfance, Kinjô Satoru (16 ans), il lui propose de faire le trajet à vélo ensemble. Mais depuis son retour, le lycéen se montre assez froid avec lui. Le soir, Atsushi lui demande alors des explications. Satoru avoue être tombé amoureux. Les deux amis commencent donc à sortir ensemble. Cependant, lors de leur premier baiser, assaillis par de douloureux souvenirs, Atsushi le repousse, tremblant.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à me toucher avec ces couples tellement attendrissants. Ces romances vous feront passer un agréable moment.

The song of Yoru & Asa Ec – Harada

the song of yoru and asa ec harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777077
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801964365 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Asaichi et Yoru filent enfin le parfait amour. Réussiront-ils à percer avec leur groupe?

Dans un commentaire, Harada sensei demande de prendre ce tome comme un rappel à un concert. Elle offre des histoires mieux construites que dans le premier tome. Ainsi, les évènements s’enchaînent plus naturellement. L’auteure décrit l’univers musical indépendant, l’apport des réseaux sociaux pour l’autopromotion mais également leurs risques. Elle questionne les doutes sur la carrière: le problème de la stabilité introduit par l’ancien bassiste Yûji, les différences d’ambition portées par le mâture Hirukawa et la pression familiale avec la petite amie de Kayoi. De même sous la jaquette, deux planches abordent avec humour les discussions du groupe sur les rappels et les changements de style des rockeurs vieillissants. Bien que Yoru et Asaichi partagent de plus en plus leurs sentiments, leurs caractères sont toujours aussi tordus. L’introduction de Hiyori montre les extrêmes de certaines fans hystériques dans une approche assez réaliste.

La mangaka utilise des traits fins et les simplifie dans les moments humoristiques. Elle illustre graphiquement l’imagination folle de Hiyori. Ses personnages ont des muscles fins et bien dessinés. Les décors bien répartis alternent avec quelques trames d’ambiance. Même si la mise en page semble assez classique, les angles de vue variés la rendent dynamique. De plus, le travail des contrastes jouent sur les trames et les aplats. Le découpage cinématographique donne une certaine sensualité aux scènes érotiques. Ces dernières ne sont pas censurées, mais parfois des phylactères cachent quelques détails. Malgré leur nombre, elles sont bien intégrées.

En résumé

Le rêve d’Asaichi d’un concert de son groupe au Budôkan tourne au cauchemar, le réveillant. Le chanteur surprend alors Yoru en train de le sucer et ne résiste pas à ses avances. Ils arrivent donc de justesse au studio. En effet, le groupe aspire à un peu plus de succès et s’entraine ardemment. Mais en rentrant le soir, le bassiste prévient son amant qu’il est harcelé par une fan depuis quelques jours. Asaichi lui donne alors le double des clés de son appartement, l’invitant à partager sa vie. Devant sa joie, il ne peut se retenir de l’embrasser devant la porte. Mais la fan en question les a vu!

En conclusion

En écrivant cette suite, Harada sensei démontre tout son talent pour à la fois écrire des histoires très sexe mais au scénario bien développé. L’équilibre permet au lecteur de se plonger plus facilement dans le récit et de s’attacher aux différents personnages. La série est classée 17ème au Chill Chill BL award 2019. Quel plaisir de retrouver ce duo particulier et de découvrir leur évolution. Une excellente lecture!

The song of Yoru & Asa – Harada

the song of yoru and asa harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368775387
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953505 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre l’amour fou de Yoru pour Asaichi et les sentiments mitigés de ce dernier envers le bassiste, comment leur relation va évoluer?

Harada sensei nous invite à suivre une romance entre deux membres d’un même groupe de rock. Même si elle rend bien l’ambiance musicale, elle semble privilégier la description des liens qui se nouent entre musiciens, fans et spectateurs. Ses héros ont des personnalités complexes, même tordues: Yoru se comporte comme un stalker et accepte vraiment tout de celui qu’il aime. Asaichi a un caractère exécrable; complexé, imbu de lui-même, il est rongé par la jalousie et le dégoût. L’auteure développe une relation de domination totale, satisfaisant le désir de supériorité du chanteur. Elle enchaîne les relations agressives, ainsi qu’un viol par simple vengeance. Par ailleurs, elle survole totalement les sentiments de ses personnages, même si le ressenti est compréhensible graphiquement. Ainsi la fin semble précipitée, édulcorant le traumatisme subi.

Les traits fins de la mangaka sont légèrement épurés, avec des visages un peu dans le style shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour rendre ses expressions incisives. Par exemple, la tête penaude de Yoru est craquante et le dégoût d’Asaichi se lit sur son visage. La mise en page est dynamique. Harada sensei joue sur les clairs-obscurs et les contrastes avec des aplats noirs et des dégradés de trames, rendant nettement les effets d’ombre et lumière. Elle utilise les décors principalement pour situer les actions. Elle aime faire des travellings allant du général au détail, avec un effet presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, il y a beaucoup de fluides corporels. Par ailleurs, des hachures blanches censurent les parties intimes.

En résumé

Shiori convainc son frère de l’accompagner au concert de Yoru, en réalité pour qu’il porte toutes ses affaires. A sa surprise, Iori tombe sous le charme du chanteur aux traits androgynes. Il en vient même à fantasmer sur lui et devient, avec sa sœur, un fan assidu. Un an après la séparation de son groupe, Yoru est devenu bassiste dans un petit groupe de rock. En réalité, il y admire le chanteur Asaichi. Pourtant, ce dernier jalouse le succès du nouveau auprès des filles. En effet, le batteur Futsu et lui ont l’habitude de rencontrer intimement quelques fans féminines après leurs concerts. Ce soir-là, après le départ du guitariste Kayoi, Asaichi et Futsu sélectionnent le groupe d’amie de Shiori. La soirée alcoolisée dégénère ensuite en orgie. Yoru étant peu intéressé préfère se coucher. Mais dans le noir, Asaichi le confond avec une fille et couche avec lui.

En conclusion

L’auteure est connue pour ses manga sombres à l’ambiance parfois malsaine. Ici, elle fait passer l’amour après le désir de domination et de supériorité. Le soumis Yoru correspond donc bien au suffisant Asaichi. Malheureusement, la foison de scènes érotiques, parfois violentes, gâche un peu l’appréciation de cette romance. Sauf si l’on est adepte de ce genre. Ce titre était classé dixième meilleur manga au Chil Chil BL award 2016.

Punch up 5 – Kano Shiuko

punch up 5 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820340139
Asuka, 2020
ISBN: 9784799735152 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Alors que Kôta attend un peu plus de sérieux de son amant, Motoharu ne réfléchit qu’à assouvir ses fantasmes de plus en plus débridés.

Kano Shiuko sensei continue la suite de sa série avec l’architecte pervers et l’ouvrier bagarreur. Après un recueil de quelques chapitres distincts, elle reprend le cours de l’histoire en introduisant le passé de Maki. Les chapitres uniques mêlent à la fois humour et scènes sexy, mettant en avant les fantasmes de plus en plus extrêmes de Motoharu. Le crossover avec P.B.B. questionne sur l’amour avec les frivoles Maki et Shinobu qui se sont assagis. D’ailleurs, les uke se montrent pour une fois très entreprenant. Et les deux couples de chaque série semblent très solides. Ensuite, l’auteure met en scène Shibuzawa Yutaka et Mibu Yukiya, un couple adepte d’échangisme. En outre, elle présente une facette un peu sombre de l’architecte. Ses personnages ne se retiennent donc pas pour parler crûment.

La mangaka utilise des traits fins légèrement épurés. Bien qu’elle a une approche plutôt réaliste, elle simplifie les lignes dans les scènes humoristiques. L’expressivité des visages suffit à comprendre ce qu’il se passe. Par exemple, on distingue facilement la gêne ou l’envie de Kôta à ses joues rougissantes et son regard. Les carrures sont assez masculines. Les décors permettent principalement de situer les actions. Kano sensei apporte un travail soigné sur les ombres et les trames d’ambiance. Les angles de vue variés jouent sur les plongées, contre-plongées, pleines pages et renforcent la dynamique de la mise en page. Ainsi, les positions des scènes érotiques ont un côté très sensuel. Malheureusement, la censure marquée par de grands aplats blancs occultant les parties intimes, les gâchent un peu. En fin de chapitre, des yonkoma illustrent les commentaires avec humour.

En résumé

Un soir, Motoharu se montre plus séducteur et classe que d’habitude envers Kôta. Le lendemain, il s’excuse platement. En effet, il était ivre et ne se rappelant de rien, il a peur d’avoir dépassé les limites de sa perversion. Mais son amant calme immédiatement l’imagination de l’architecte, lui dévoilant qu’il s’est simplement assoupi. Légèrement déçu, Maki espère alors profiter du voyage d’affaires avec la compagnie Matsumoto pour retenter l’expérience, espérant que l’ouvrier baisse sa garde.

En conclusion

Ôki Kôta ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le cite parmi les meilleurs uke séduisant, appréciant son côté tsundere. Le fantôme gay accro au sexe est un thème récurrent de l’auteure dans certains de ses recueils. Même si ce tome semble un peu décousu au premier abord, je suis heureuse de retrouver ce couple charmant. D’autres épreuves se profilent. J’ai donc hâte de lire la suite!

Punch up 4 – Kano Shiuko

punch up 4 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820306166
Asuka, 2013
ISBN: 9784862639103 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un couple qui se redécouvre petit à petit et se reconstruit.

Kano Shiuko sensei nous plonge dans un tome fort en émotions, offrant une conclusion à son récit. Elle privilégie d’abord la redécouverte des sentiments de ses personnages, le partage et la communication, alternant entre moments tendres et dramatiques. Elle présente ensuite de nouvelles facettes de ses personnages, provoquant même un peu de compassion pour Yûya. Ainsi, la relation entre Maki et Ôki prend une forme plus familiale. Les diverses épreuves et l’entourage bienveillant font évoluer le comportement des deux héros: Motoharu est plus prévenant et Kôta s’exprime plus facilement. L’ouvrier charpentier devient même narrateur à la fin du récit. L’auteure rend parfaitement la dissociation entre le jeune homme de 15 ans et celui de 19 ans: en effet, elle joue sur les flash-back, mais également sur l’innocence adolescente. En fin de volume, elle ajoute des histoires bonus humoristiques sur les fantasmes de Motoharu et la vie quotidienne du couple.

Les traits de la mangaka deviennent plus doux. Elle offre une panoplie d’expressions des visages, avec un travail détaillé ou des simplifications. Par exemple, les mimiques de Motoharu quand il est obsédé sont craquantes. De même, l’innocence de Kôta, amnésique, se voit graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors cependant, ces derniers sont plus rares. La mise en page est à nouveau très dynamique, rythmant la lecture. Kano sensei joue sur les trames et l’absence de détails pour censurer les scènes érotiques. Elle présente, en fin de chapitre, les panneaux de vente qu’elle a composé pour l’installation dans les librairies. L’impression un peu sombre empêche d’apprécier pleinement les dégradés des trames. La version numérique disponible sur Izneo ne souffre pas de ce problème.

En résumé

Depuis son geste déplacé envers son amant amnésique redevenu adolescent, Maki redoute de succomber à ses pulsions et se plonge à fond dans son travail dormant même sur place. En discutant avec Wakui, Saiga et Fukazu, Ôki a l’impression que tout le monde attend qu’il retrouve la mémoire. Avec l’aide de Hisashi, Motoharu offre une console à Kôta. Devant la joie du garçon, il décide alors de prendre quelques jours de congés pour passer un peu de temps avec lui. A force de partager des moments et de discuter, le jeune homme s’ouvre peu à peu. Mais il commence à se laisser faire quand Maki fait des blagues indécentes, au point d’échanger un baiser…

En conclusion

En concluant l’aventure dramatique du tome précédent, l’auteure termine avec un couple plus solide et épanoui. Premièrement, j’apprécie que tous les personnages aient un profil travaillé. Même un personnage secondaire d’abord insupportable devient par la suite touchant, lorsque l’on découvre son histoire. Kano sensei a tout de même réussi à me faire apprécier le pervers Maki, alors que dans la réalité, je ne le supporterai pas! D’autre part, elle alterne avec justesse les moments érotiques et sérieux. Alors, n’hésitez pas à suivre cette belle romance. Ce titre a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2010. De plus, Motoharu a été classé deuxième meilleur seme, premier meilleur personnage pitoyable et Kôta deuxième meilleur uke et premier personnage brave.

Punch up 3 – Kano Shiuko

punch up 3 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820304988
Asuka, 2012
ISBN: 9784862637314 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un grave accident remet en cause les liens entre Kôta et Motoharu. Vont-ils se retrouver?

Dans ce troisième tome, Kano Shiuko sensei remet complètement en question la relation de son couple phare suite à un évènement dramatique. Elle se focalise d’abord sur leurs sentiments et leurs sensations et questionne leur avenir. L’amnésie qui plonge Kôta dans son adolescence permet de confronter un garçon pur et innocent au pervers Motoharu qui se trouve perdu. Cependant, ils vont reconstruire d’autres liens, plus sains, qui confortera leur amour grâce à la communication. D’ailleurs, l’architecte doit surpasser ses habitudes: prendre soin de quelqu’un et s’organiser du temps libre. De même, Kiyoto, le frère transsexuel de Kôta, apporte un regard extérieur sur le couple. L’histoire bonus comble le manque de passages érotiques en s’amusant sur un fantasme de Maki sur la masturbation. En fin de chapitre, l’auteure présente les drama CD de la série.

La mangaka arrondit légèrement le visage de Kôta. Elle se focalise sur les détails ou les regards. Les dégradés et trames d’ambiance accompagnent principalement les situations dramatiques ou légères. De même, la mise en page semble un peu plus sobre. Il y a moins de scènes érotiques. Mais la censure se fait par des points lumineux qui ne cachent presque rien.

En résumé

Maki Motoharu profite d’une réunion près du chantier d’Ôki Kôta pour rentrer en train avec lui. En effet, il va s’occuper de l’aménagement intérieur du futur restaurant de Fukazu Yûya et n’est donc pas rassuré. Depuis quelques temps, l’ouvrier s’inquiète du comportement de son amant: plus sérieux que d’habitude, ce dernier ne dit plus d’obscénités. Quand l’architecte lui demande des vidéos érotiques avant son départ en mission pour trois jours, il est d’abord rassuré. Mais il a la surprise de découvrir le lendemain que son petit ami tente de lui imposer des congés pour l’accompagner. En froid, le trentenaire part sans se réconcilier avec Kôta. En trouvant Yûya devant leur bâtiment le lendemain soir, le charpentier comprend alors les inquiétudes de son amant. Il fonce donc retrouver ce dernier. Mais la réaction étrange de Motoharu le trouble. Perdu dans ses pensées, le lendemain, Kôta fait une chute d’un échafaudage…

En conclusion

Kano sensei évite le mélodrame en alternant avec finesse les moments durs et les moments bienveillants entre ces deux amoureux. En confrontant la perversité habituelle de Motoharu à la jeunesse temporaire de Kôta, elle renforce le côté gênant des situations. C’est tellement amusant de voir le seme galérer un peu.