My little inferno 1 – Asada Nemui

my little inferno asada nemui

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782368777107
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784683 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le sombre destin de Hitoshi, pris en otage par un squatteur louche.

Asada Nemui sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un homme menaçant sans morale et un étudiant peureux mais droit. Ses deux héros sont amenés tous deux à évoluer peu à peu. Elle s’amuse donc à confronter leurs caractères opposés. Bien que Hitoshi ait un air ahuri, il manque seulement de confiance en lui. Même s’il semble malchanceux, il s’accroche et s’accommode peu à peu de Makun. Justement, le squatteur a toujours obtenu ce qu’il veut comme il veut. Surdoué intéressé par les défis, il s’est laissé mené au jeu par son ancien complice Nakamoto qui voyait en lui un moyen facile de s’enrichir. Le comportement du malfrat est paradoxal: il prend soin de sa victime tout en la harcelant sexuellement, sans toutefois la forcer. On le voit particulièrement dans l’histoire bonus, où Makun semble vraiment sous le charme de l’étudiant. L’auteure nous offre principalement une romance ambigüe.

La mangaka utilise des traits épais et anguleux qui donnent un certain cachet à son style. Ses personnages ont diverses corpulences et s’ancrent plutôt dans la réalité. Cependant, elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Cela sied surtout au regard blasé de Hitoshi. Asada sensei joue beaucoup sur les clairs-obscurs et les contrastes noir et blanc. Ses décors plutôt détaillés sont bien présents. La mise en page semble assez classique. Par contre, le découpage est parfois cinématographique. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails en jouant sur les angles de vue. Par ailleurs, l’agression sexuelle est bien représentée tel un acte cruel; même s’il n’y a pas de pénétration, l’auteure insiste sur le malaise de la victime.

En résumé

Arai Hitoshi (19 ans) n’a pas vraiment d’ami et a tendance à rester isolé. Harcelé au lycée, il a raté les examens des universités de Tokyo qu’il visait et a fini dans une faculté près de chez lui. Pour soutenir sa mère qui travaille dans un ryokan et est souvent absente, il a également un petit boulot dans un restaurant. Un soir, il entend un bruit dans le coffre d’une voiture garée dans la rue. Alors qu’il cherche de l’aide, un imposant homme en sort. Après lui avoir soutiré portefeuille et téléphone portable, Magami Mayumi (28 ans) s’installe chez l’étudiant. Bien que ce dernier tente de résister, Makun le menace et finit par l’agresser sexuellement. Commence alors une étrange cohabitation entre le pervers squatteur et sa victime terrorisée…

En conclusion

Depuis Loved circus, le trait de la mangaka a bien évolué. J’aime beaucoup son style graphique dans cette série. En donnant sa version du syndrome de Stockholm, elle invite les lecteurs à suivre les déboires de Hitoshi. Les personnages, même antipathiques, sont intéressants. J’ai donc hâte de voir comment va évoluer cette relation.
Mise à jour: La série a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Ikumen after +a – Kodaka Kazuma

ikumen after plus a kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375061794
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784799734477 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

La famille est le moteur de toute motivation.

Kodaka Kazuma sensei offre une suite à sa série Ikumen after. Mais ce tome peut également être lu comme un one-shot. La narration alterne entre les deux pères puis laisse la place au couple. Grâce à une opportunité professionnelle, l’auteure décrit comment le soutien et l’entraide permettent à Izumi de réaliser son rêve. Parallèlement, elle montre les deux facettes de la bienveillance qui peut être blessante ou salvatrice. En effet, alors qu’Asakura voit sa condition de veuf influencer le comportement de ses subalternes, Kentarô trouve du courage pour se lancer. Entre les petits drames causés par des personnes extérieures, les deux pères démontrent que la communication et la famille sont essentielles pour tout surmonter. De même, afin d’avancer dans leur relation intime, le salaryman ose prendre des initiatives en s’informant, bien que son amant le ménage. Le consentement est clair et partagé. Le ton général du récit reste très réaliste.

Les traits de la mangaka s’adoucissent légèrement. Elle simplifie les traits dans les passages humoristiques. Ses décors et ses trames sont toujours aussi détaillés. Certaines vignettes sont tellement expressives qu’il n’y a pas besoin de dialogue pour comprendre ce qui se passe. Les illustrations de début de chapitre rappellent les photographies d’un album. Pour les scènes érotiques peu censurées, Kodaka sensei joue sur les cadrages et les angles de vue, cachant les parties intimes. Certaines scènes dégagent beaucoup de sensualité comme les baisers ou lorsque Asakura se lèche les lèvres.

En résumé

Cela fait trois semaines qu’Izumi Kentarô et son fils habitent chez les Asakura. Pourtant, même si les deux pères filent le parfait amour, leur relation intime n’avance pas. N’ayant pas confiance en lui à cause de son manque d’expérience, Asakura se laisse facilement porter. Cependant, Kentarô refuse de le brusquer et se contente de petits câlins. Un nouvel employé, Higuchi, arrive dans le service d’Asakura et fait immédiatement son coming out afin d’éviter les malentendus. Alors que le salaryman sympathise vite avec le nouveau, trouvant un confident, le personnel féminin met en garde ce dernier. De son côté, Kentarô reçoit une invitation d’Okonogi Hikaru pour une répétition de sa nouvelle pièce de théâtre et attire le regard d’un metteur en scène…

En conclusion

La conclusion de cette série nous invite à rester positif dans la vie et à reconsidérer ce qui nous entoure: le sentiment familiale que l’on crée, la communication, oser demander de l’aide, accepter le soutien des autres, l’amour, ne pas avoir peur de se lancer. Suivre ce jeune couple de pères célibataires donne du baume au cœur. Comme à son habitude, la mangaka va bien au-delà d’une simple romance et s’intéresse aux différents liens qui se nouent au fil de la vie. En outre, l’homoparentalité apparaît toute naturelle dans cette cellule familiale. J’adore!

Ikumen after 2 – Kodaka Kazuma

ikumen after 2 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060087
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799714690 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Vivre sous le même toit que l’homme qu’on aime: entre bonheur et torture.

Kodaka Kazuma sensei accélère son récit et met principalement en avant la difficulté à avouer ses sentiments pour ne pas briser une belle amitié. Suite à un évènement dramatique, les deux amis vont cohabiter, entrainant une rapide évolution de leurs sentiments. L’auteure s’attarde un peu plus sur le passé d’Izumi et aborde la prise de conscience des regards extérieurs qui domine les sentiments. Elle met également en avant les jugements hâtifs que peut porter la belle-famille ou son aide, les quiproquos qu’entrainent secrets et non-dits. De même, elle interroge sur la vision de la paternité par rapport à la pornographie, d’autant plus quand elle est homosexuelle. Par exemple, l’idée qu’un père de famille ne peut être acteur porno ou qu’un père regardant des films pornographiques homosexuels est catégorisé de pervers. L’humour est plus présent et la déclaration se fait dans le rapprochement et le partage du bonheur.

La mangaka détaille les décors. Elle travaille particulièrement les expressions mais aussi les mouvements et les actions. Elle communique donc beaucoup par le dessin. Les trames d’ambiance appuient le récit. Il se dégage un style réaliste général, cependant elle n’hésite pas à simplifier les traits dans les scènes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre alternent entre les parents, les enfants ou les deux réunis.

En résumé

Trois jours ont passé depuis l’échange de leur baiser mais Asakura et Izumi font comme si rien ne s’était passé. Le salaryman ayant composé un album photos pour chacun des enfants, il propose à Kentarô de classer également ses photographies en apprenant qu’il ne fait que les stocker sur son PC. Au travail, Izumi croise Yamagishi, un réalisateur de films avec qui il avait travaillé. Ce dernier lui demande alors de reprendre au moins un tournage, sa starlette du moment, Okonogi Hikaru, le réclamant. En effet, l’acteur porno est un grand fan. Pour le convaincre, il lui promet de lui envoyer une vidéo. Un soir, en classant les photos de son ami, Asakura tombe sur le film érotique. Tandis que Kentarô s’explique, le naïf père tente de le rassurer. Mais le soir venu, se rappelant de leur baiser, il ne peut contenir son désir…

En conclusion

Après un premier tome concentré sur Asakura, Kodaka sensei s’intéresse à Izumi. Derrière son grand sourire, on découvre toutes les difficultés qu’il a rencontré par le passé et la torture pour un gay de rester sous le même toit que l’homme qu’il aime. Mais voir ce couple se former dans la tendresse et la douceur est tellement touchant. Une ode aux câlins!

Ikumen after 1 – Kodaka Kazuma

ikumen after 1 kodaka kazuma

KODAKA Kazuma こだか和麻
ISBN: 9782375060049
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784799710531 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Le quotidien de deux pères célibataires qui se lient d’amitié.

Kodaka Kazuma sensei nous propose de suivre l’évolution de l’amitié entre deux pères célibataires: Asakura, un veuf hétérosexuel et Izumi, un bisexuel divorcé. Entre les petits drames du quotidien, elle partage les divers échanges entre ces parents comme la cuisine, les techniques éducatives et l’entraide. Son approche conserve un ton réaliste. En outre, ses héros venant d’un milieu social différent, l’auteure s’interroge également sur le veuvage, la séduction entre gay et hétérosexuel et la philosophie de vie. De plus, le caractère opposé des deux hommes pimente un peu cette douce tranche de vie. Chaque chapitre permet de voir petit à petit les changements des sentiments entre les deux parents. La naïveté du salaryman lui donne un côté mignon. Se focalisant plutôt sur les sentiments, même le baiser volé de Kentarô semble tout doux.

Le graphisme typique de la mangaka garde quelques traces du style shônen: des traits fermes, des visages ovales plutôt réalistes, des enfants aux grands yeux. Comme à son habitude, elle soigne les expressions, utilisant de légères exagérations ou simplifications. Les décors sont détaillés. Les trames d’ambiance illustrent le récit. De même, Kodaka sensei apporte un travail précis sur les trames de couleurs et d’ombre. Le jeu des angles de vue et des cadrages dynamisent la mise en page. Les illustration de début de chapitre, attendrissantes, présentent les deux pères et leurs enfants. En fin de tome, deux planches mettent en parallèle, avec humour, une matinée typique chez Asakura et Izumi.

En résumé

Depuis le décès de sa femme, Asakura (30 ans) élève seul son fils. Cependant, il a beaucoup de mal à concilier travail et éducation. D’autant plus que Hiromi ne sourit plus et continue à faire pipi au lit. En allant à la maternelle, il rencontre Izumi Kentarô (26 ans), qui élève également seul son fils Motoki. Ce dernier a sympathisé avec le jeune Hiromi. Le salaryman, bien que surmené, saute même les repas pour pouvoir s’avancer dans son travail. Mais en récupérant son fils le soir, il s’effondre, épuisé. Après que l’instituteur Hikari lui ait prodigué les premiers soins, Kentarô lui donne quelques conseils. Les deux hommes se lient alors d’amitié.

En conclusion

Il n’y a rien de rocambolesques dans cette histoire, juste la vie de tous les jours entre deux parents qui s’apprécient. Cette série dégage plein d’amour et de sentiments positifs. Les enfants sont tellement mignons qu’il est impossible de ne pas craquer. Laissez-vous donc séduire par cette tendre romance débordant d’amour!

Crazy fruits – akabeko

crazy fruits akabeko

akabeko
ISBN: 9782368777084
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784416 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Une plongée dans l’univers de la prostitution où l’amour a peu de place.

Dans ce recueil, akabeko sensei s’intéresse au milieu de la prostitution en suivant deux couples en devenir. Elle donne un aperçu cru, sans filtres des clubs d’hôtes et dépeint les brimades entre hôtes, les traumatismes, les viols et le manque de sécurité de ces métiers de la nuit. Ses personnages ont des personnalités assez complexes, même si le format court ne permet pas de les approfondir. L’amour se découvre par le sexe, sans forcément de sentiments. L’auteure maîtrise suffisamment son scénario afin de transmettre l’essentiel pour comprendre les contextes. Le second récit, qui occupe l’autre moitié du tome, propose une romance plus douce questionnant la différence d’âge.

La mangaka a un trait sensuel, légèrement anguleux. Les visages sont plutôt carrés, avec des yeux allongés et tombants. Elle traite les cheveux par des aplats noirs ou blancs. Il y a peu de décors et quelques trames d’ambiance. akabeko sensei ne censure par les scènes érotiques, détaillant même les différentes actions préliminaires.

En résumé

Crazy fruits / Crazy fruits – Spin off / Bonus track: Grâce à sa beauté, Ringo est le call-boy n°1 du club gay Fruits. Fier, il n’hésite pas à refuser un client trop insistant. Bien que le garde du corps Okura lui propose de le raccompagner, il préfère rentrer seul mais tombe sur le client éconduit qui l’attaque au cutter et le défigure. Ayant perdu tous ses clients, le jeune homme est remercié. Mais le banal Okura continue à prendre soin de lui. De son côté, le patron du club se rappelle sa rencontre avec Léo, un hôte hétérosexuel qu’il avait initié de force au plaisir anal, alors que ce dernier était brimé par ses collègues. Il le retrouve par hasard dans un bar…
La maison où tu es: Depuis le départ de sa femme, Banzai (40 ans) se laisse plutôt aller. Travaillant à domicile, le programmeur néglige complètement l’entretien de son appartement. Son ami lui recommande alors une agence de service d’entretien à domicile. Quand il voit le jeune Chiaki Minami se présenter, le quarantenaire doute d’abord de ses compétences. Mais devant son efficacité, il finit par être touché par l’entrain de l’homme de ménage…

En conclusion

Crazy fruits a obtenu la première place dans la catégorie BL profond au Chill chill BL awards 2019. Malgré l’impasse sur les sentiments, j’apprécie beaucoup ce titre. Comme Kano Shiuko sensei, l’auteure aborde les métiers du sexe sans pour autant embellir son approche. Les histoires sont avant tout sexy. Un titre qui donne envie de découvrir les autres œuvres de l’auteure.

L’oiseau de Shangri-la 1 – Zariya Ranmaru

l oiseau de shangri-la zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784829686171 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Le parcours d’un hétérosexuel engagé dans une maison close uniquement d’hommes.

Zariya Ranmaru sensei partage le quotidien de la maison close Shangri-la en suivant la formation d’Apollon. Elle donne l’image d’un bordel paradisiaque où le patron ne cherche pas à s’enrichir. Pourtant, en dehors de cette belle cage dorée, la vision de la prostitution reste négative. Pour l’instant, ce premier tome installe les personnages et le contexte. Entre tendresse et sensualité, l’auteure s’amuse à confronter Fee, un prostitué venant de la rue, à Apollon, son étalon hétérosexuel et consciencieux. En effet, les deux hommes nouent une relation plutôt particulière, l’oiseau cherchant à faire réagir son placide apprenti. De plus, la droiture de ce dernier tranche avec cet univers de débauche. Les deux hommes semblent avoir un passé assez sombre et traumatisant, révélé au compte-gouttes.

La mangaka offre un graphisme très réaliste, aussi bien au niveau des personnages que des décors, détaillés. Elle se focalise également sur quelques détails. Le travail des ombres est très précis. Il y a beaucoup de beaux hommes de différentes statures et styles. Par exemple, Fee a la peau basané et tatouée et Apollon porte parfaitement son nom, transpirant la sensualité. La mise en page est dynamique, avec des plongées, des contre-plongées, des illustrations pleine page, mettant en avant l’esthétique. Certaines pages silencieuses invitent même à la contemplation, permettant de respirer (ou se rincer l’œil). Les trames d’ambiance sont discrètes. Des motifs de tatouage ethnique séparent les chapitres. Vu le thème, les scènes érotiques sont très présentes. Zariya sensei joue sur les angles de vue et les trames pour cacher ce qui est nécessaire. D’ailleurs, les cœurs flottants occultant les entrejambes donnent une touche humoristique.

En résumé

Apollon, hétérosexuel en instance de divorce, est embauché comme étalon à Shangri-la, une maison close élitiste. Privilégiant le bonheur de ses prostitués qu’il appelle ses « oiseaux », le riche patron de ce bordel sélectionne ses clients. Afin de préparer ces travailleurs du sexe, les boute-en-train s’occupent de les exciter ou les dorloter avant et après chaque client. Ainsi, le nouvel employé est confié à Fee, l’un des prostitué, pour sa formation. Cet hétérosexuel parviendra-t-il à s’adapter à ses nouvelles fonctions?

En conclusion

Cette vision idyllique de la prostitution dérange et plait à la fois. En outre, la forme de la maison close entourée du jardin me rappelle les cages à oiseaux tropicaux. L’auteure nous offre un manga très esthétique, avec des pages contemplatives, sur un thème plutôt difficile. Après avoir fondu devant les muscles et la tendresse d’Apollon, j’ai hâte de découvrir comment va évoluer cette romance.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020.

Un démon au paradis 1 – Aga Naomi et Oyoshikawa Kyôko

un demon au paradis 1 oyoshikawa kyoko aga naomi

AGA Naomi 阿賀直己
OYOSHIKAWA Kyôko お吉川京子
ISBN: 9782375061855
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784801964440 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Titre original: 鬼と天国 上
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Lorsqu’un pervers manipulateur domine son jouet idéal en lui ouvrant la porte d’autres plaisirs.

Aga Naomi sensei propose une romance basée sur la manipulation psychologique, entre un pervers et un masochiste. Tengoku utilise son statut d’infirmier pour pratiquer des attouchements en toute impunité sous couvert de traitement thérapeutique. Aoki, quant à lui, a développé un traumatisme suite à l’éducation stricte de sa mère qui mêlait punitions corporelles et récompenses. Ainsi, le pervers infirmier s’amuse de l’innocence de ses victimes, aimant les voir s’ouvrir à des plaisirs plutôt déviants comme le soft SM, l’exhibition. Les relations sont donc charnelles et sans consentement. Le côté fuyant et passif du professeur qui n’a aucune estime de soi en fait un jouet idéal. Par contre, l’étrange lien entre les deux hommes évolue doucement au fil du récit. L’histoire bonus laisse pourtant croire à un peu de tendresse du sadique. Le jeu de mot sur le nom de l’infirmier est bien trouvé, tengoku (天国) signifiant paradis en japonais.

Le style d’Oyoshikawa Kyôko sensei est assez réaliste malgré ses traits simples, répétés, donnant de l’épaisseur. Par exemple, la fatigue marque graphiquement le visage d’Aoki. Ce trait de croquis contraste avec la finesse du traitement des décors. Les personnages se détachent donc clairement des fonds. En outre, les trames d’ambiance soutiennent l’expression des vignettes. La mise en page joue sur les découpages pour dynamiser le récit, avec des blancs, des cases vides, des ellipses et des détails. Même les angles de vue varient. En fin de tome, des fiches présentent les personnages secondaires. De même, sous la jaquette, Aoki est mis en avant. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais la mangaka joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails.

En résumé

Aoki Atsurô est un professeur désabusé qui fuit le contact avec les autres. Traumatisé par l’éducation très stricte de sa mère quand il était enfant, il n’a pas réellement choisi son métier. Suite aux nombreuses absences de son élève Kasai qui passe du temps à l’infirmerie, le professeur coordinateur Horio Katsumi lui demande de régler le problème. Ayant entendu des rumeurs circulant parmi les élèves sur l’infirmerie, Aoki prend sur lui pour interroger l’infirmier scolaire Tengoku Manabu. Mal à l’aise avec le praticien qui l’accule de questions, il perd ses moyens quand il réalise que ce dernier l’embrasse de force…

En conclusion

La situation un peu floue sur la relation entre Tengoku et Sakai pourra déranger. Mais la scénariste mène très bien son récit. Il est difficile d’avoir de l’empathie pour le pervers infirmier et on a envie de secouer Aoki. Le trait expressif de la mangaka colle parfaitement à l’ambiance. D’abord mitigée, je me suis laissée prendre par l’histoire. Je me demande vraiment comment la relation entre les deux hommes va évoluer. Avec ce titre, l’auteure a obtenu la première place dans la catégorie meilleure nouvelle venue au Chill chill BL award 2019

Coyote 2 – Zariya Ranmaru

coyote 2 zariya ranmaru

ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368776742
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866571638 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour pourra-t-il triompher des secrets et des conflits familiaux?

Dans ce second tome, Zariya Ranmaru sensei dévoile le passé de Joshua et Coyote et introduit une partie du plan des loups-garous. L’histoire prend donc une tournure un peu plus dramatique, la romance passant au second plan. Par ailleurs, l’auteure introduit quelques personnages secondaires qui semblent avoir également une psychologie assez développée. De même, elle approfondit les personnalités de Marlène et Lili, se focalisant sur leurs combats intérieurs, leurs sentiments et leurs liens. Le contraste entre le chef des loups-garous, Kiefer, et celui de la mafia, Simon F. Garland, est subtilement mis en avant.

Les traits fins de la mangaka sont plutôt réalistes. Les trames d’ambiance sont discrètes et les décors détaillés. La mise en page alterne entre classique et dynamique, et même très travaillée pour certains passages clés. Il n’y a pas de censure directe pour les scènes érotiques. Par exemple, Zariya sensei joue sur les angles de vue pour cacher l’essentiel et utilise même le préservatif pour éviter les détails. D’ailleurs, cela augmente l’aspect érotique de ces passages peu nombreux.

En résumé

Ayant remarqué sa photo dans les affaires de Lili, Marlène laisse exploser ses inquiétudes et devient assez brusque durant leurs ébats. Comprenant que les loups-garous se préparent à agir, le pianiste souhaite révéler son identité à son amant mais n’y arrive pas. Coyote devant partir à la fin de ses chaleurs, Joshua demande à Allen Brown de l’observer pour essayer de découvrir son lieu de résidence. De retour au repaire, le loup-garou et ses acolytes, Schneider et Agassi, reçoivent de nouvelles instructions de Kiefer. Ils doivent surveiller leur cible durant un mois afin de frapper tous en même temps. Par contre, il manque encore des données à propos de Joshua Garland. Justement, Mimi est sur sa piste. Quelle n’est pas sa surprise de le trouver près de leur refuge, avec quelques effluves restantes de Coyote…

En conclusion

Alors que le premier tome installait la relation de notre couple, les nombreuses révélations rendent la détresse de Joshua et de Coyote touchante. J’admire le travail de l’auteure qui maîtrise également le format sériel. Le suspense dans lequel elle nous laisse à la fin de ce volume est insoutenable! La série est classée troisième au Chill Chill BL award 2019.

Goodbye, Red Beryl 2 – Michinoku Atami

goodbye red beryl 2 michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375061862
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784866571331 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Briser un mur de solitude pour partager ensemble ses joies, ses peines et son amour.

Dans ce second tome, Michinoku Atami sensei développe la relation qui se noue entre Kazushige et Akihiko. Elle s’attarde principalement à la construction des liens par la découverte, l’ouverture à autrui et le partage des sentiments. De même, elle approfondit la psychologie de ses héros. Ayant connu la souffrance du deuil et du regard inquisiteur des autres, Kazushige a peur de nouer des relations humaines. Akihiko brise peu à peu ce mur défensif en imposant sa présence. L’auteure s’applique à donner une approche la plus réaliste possible, même sur le premier ébat du couple: elle se focalise par exemple, sur des détails comme le type de lubrifiant de l’époque, les réactions d’un puceau ou de quelqu’un qui s’est retenu. Parallèlement, elle dévoile un peu plus les objectifs de Masakado, même si cela reste encore vague, permettant de conserver le suspense jusqu’en fin de tome.

Les traits fins et épurés de la mangaka dégagent à la fois un côté acéré et de la douceur, augmentant l’aspect mystérieux de certains visages. Les traits simplifiés donnent un effet super-deformed dans les scènes humoristiques. Cela rend d’ailleurs Akihiko très mignon. Michinoku sensei se focalise sur les détails des petits gestes et des regards. Elle utilise peu de trames d’ambiance, privilégiant le travail des nuances de gris. Même si les décors sont peu présents, ils sont très détaillés. La censure des scènes érotiques, assez nombreuses, se fait par de fines bandelettes blanches, cachant peu les détails. La sensualité des positions est mise en avant grâce à des angles de vue recherchés.

En résumé

Bien que gravement blessé, Kazushige refuse de boire le sang qu’Akihiko lui propose et le jette dehors. Réfugié dans un parc, le jeune homme ne comprend pas la réaction du vampire. Il est soudain interrompu dans ses réflexions par Moronatsu qui lui apprend qu’il n’est qu’à moitié vampire. Malgré ses craintes, Akihiko décide d’interroger directement Kazushige. Ce dernier lui confie alors sa peur de le transformer en monstre. Touché, le jeune homme finit par lui déclarer ses sentiments puis l’embrasse…

En conclusion

Ce couple attendrissant se construisant par la discussion et le partage des sentiments, il est donc agréable de voir leur amour s’épanouir. Ce tome est magnifique! D’ailleurs, le trait délicat de l’auteure sied parfaitement à l’ambiance. Vivement la suite!

Le chien innocent et le chat hypocrite – Niyama

le chien innocent et le chat hypocrite niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782368777152
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801955172 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Lorsque le masque de l’homme parfait finit par tomber à force de côtoyer l’innocence de la jeunesse…

Premier manga relié de Niyama sensei, ce one-shot s’intéresse à la naissance des sentiments durant une cohabitation, la différence d’âge et le sentiment de solitude, en particulier quand le rythme de travail du couple est décalé. Même si certaines coïncidences paraissent un peu exagérées, l’auteure développe la psychologie de ses personnages avec réalisme. Alors que Yagi fuit les problèmes, son comportement parfois enfantin le rend attachant. De même, le côté innocent de Tôru détonne avec son comportement légèrement sans gêne. Mettant en avant le contraste entre ce que pense et ce que dit Yagi, la narration donne principalement son point de vue. Cependant, un chapitre est consacré à l’avis d’Akasaka. Le couple partage ses sentiments avec consentement, même alcoolisé. D’ailleurs, il prend tout son temps.

La mangaka utilise des traits fins légèrement simplifiés. Ses personnages ont une carrure masculine avec de grands yeux expressifs. Pour les passages humoristiques, Niyama sensei n’hésite pas à simplifier ses dessins à l’extrême. Ainsi, le côté naïf d’Akasaka ressort bien graphiquement. Par contre, Yagi porte parfois des oreilles de chat quand il pousse à fond l’hypocrisie. Il n’y a pas de distinction entre les chapitres, peu marqués. La mise en page, plutôt classique, joue sur les ellipses et quelques angles de vue recherchés pour dynamiser la lecture. L’alternance entre les trames d’ambiance et les décors paraît naturelle. Sous la jaquette, la postface et deux illustrations permettent de découvrir la création du scénario. Parfois, quelques trames ou blancs censurent légèrement les scènes érotiques, plutôt détaillées.

En résumé

Yagi Naohito (39 ans) est invité par son ami Tajima Seiji (39 ans) à un gôkon. Ne cherchant pas à draguer, le salaryman s’isole à une table pour manger. Asakasa Tôru (24 ans) l’aborde et demande à s’installer à sa table. Comme le jeune homme entame immédiatement la conversation et parle sans filtre, Yagi n’est pas à l’aise. En effet, il affiche toujours un sourire conciliant, jouant les hypocrites pour plaire à tout le monde. L’alcool aidant, les deux hommes se confient assez facilement, le quarantenaire étant persuadé de ne jamais revoir son interlocuteur collant. Mais ce dernier s’avère être un employé d’un de ses clients. Un soir, le salaryman recroise l’ouvrier loin de son quartier. Asakasa lui apprend qu’un incendie a détruit son appartement et qu’il a perdu son porte-feuille. Devant tant de malchance, Yagi propose au jeune homme de le loger temporairement malgré son appréhension.

En conclusion

Cette histoire mignonne précède My pretty policeman et met en avant la romance du couple d’amis de Seiji. Le contraste entre Yagi qui fuit les relations alors qu’il a peur d’être seul et Asakasa qui s’attache facilement aux gens me touche énormément. J’adore l’évolution tout en douceur et dans le partage de ce couple.
Mise à jour: Ce one-shot a obtenu la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017.