Viens-là, mon amour – Michinoku Atami

viens la mon amour michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782368775691
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784865891287 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une romance réaliste entre deux étudiants voisins dont la première rencontre commence plutôt mal.

Pour son premier manga publié, Michinoku Atami sensei propose une romance réaliste entre deux étudiants. Alors que Nishino collectionne les filles, Suzuhara préfère cacher son orientation sexuelle, à part avec son ami Nakayama. Leur rencontre d’abord tendue commence par des méprises mais à force de se fréquenter et se découvrir, elle aboutira à une belle histoire d’amour. L’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses héros en partageant la narration entre eux. Elle conclut son récit sur une anecdote amusante en fin de tome dans un love hotel. Elle complète ce one-shot avec une aventure se déroulant sur un chapitre. Akio et Yûsuke s’interrogent sur l’amour, l’aspect physique et la position de dominant et dominé dans un couple gay. Avec principalement l’envie de faire plaisir à leur partenaire, ils offrent une ode au respect mutuel dans une couple.

La mangaka utilise des traits fins, avec un graphisme assez réalistes. Elle simplifie tout de même les expressions dans les scènes humoristiques. Elle joue beaucoup sur les vides, les blancs et des parties effacées. Ses personnages super-deformed sont mignons et donnent des anecdotes amusantes en fin de chapitre. Les angles de vue recherchés participent à la dynamique de la mise en page. Michinoku sensei équilibre les décors et les trames. Elle ne censure pas les scènes érotiques, détaillées avec parfois des coupes intérieures. Par contre, comme elle privilégie les sensations, les images dégagent une certaine sensualité. Sous la jaquette, une histoire bonus propose quelques images tendres avec Suzuhara qui tente d’économiser malgré la chaleur.

En résumé

Viens-là, mon amour / Une vie de luxe: Etudiant, Suzuhara loue un studio à bas prix aux murs malheureusement mal insonorisés. Même avec des écouteurs sur les oreilles, il entend encore les gémissements d’une fille chez le voisin. Excédé, il tape alors contre le mur pour la faire taire. Son voisin, Nishino, sonne presque immédiatement à sa porte. Comme la fille s’est enfuie, il commence à le draguer. En effet, il se méprend sur les regards insistants de Suzuhara, qui bavait en réalité sur son pack de bière. Les deux jeunes hommes vont à la même université et Suzuhara découvre que son voisin collectionne les conquêtes. Le jour où son ami Nakayama lui demande de lui prêter son appartement pour passer une nuit avec sa petite amie, il accepte. Mais il rentre trop tôt et se retrouve à la porte. Croisant son voisin qui le provoque à nouveau, il accepte de coucher avec lui. Nishino comprend alors que Suzuhara est gay et secrètement amoureux de son ami.
L’amour sans mode d’emploi: Le travesti Akio dégage encore plus de charme que certaines femmes. Mais il se fait souvent plaquer par ses partenaires au moment de passer à l’acte. Ainsi, il est donc encore vierge. Son ami gay, Yûsuke, a également du mal à garder une relation stable. Son dernier petit ami était un échangiste. Les deux amis, plutôt passifs, s’apprécient énormément. Comme Yûsuke accepte d’essayer de devenir dominant, subjugué par le charme d’Akio, ils décident de tenter l’expérience…

En conclusion

Ce titre a obtenu la dixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Pour une première publication, c’est une belle réussite: l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. Je suis complètement sous le charme de ce couple. Et j’adore également la courte histoire « L’amour sans mode d’emploi ». Une valeur sûre qui peut se relire indéfiniment et que je recommande.

The secret of me and my boss – Kashima Chiaki

the secret of me and my boss kashima chiaki

KASHIMA Chiaki 嘉島ちあき
ISBN: 9782368775615
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409179 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Leurs secrets respectifs éventés, un chantage s’installe entre le supérieur Anezaki et son subalterne Mikado.

Kashima Chiaki sensei propose une comédie romantique entre un employé qui cache son côté otaku et son supérieur gay. Leur relation assez conflictuelle débutant par un chantage va peu à peu évoluer vers une amitié sincère puis des sentiments amoureux grâce à l’introduction d’Agatsuma, l’ancien amant d’Anezaki. Justement, les deux héros, qui alternent la narration, s’interrogent sur l’homosexualité. En effet, l’auteure, en présentant à la fois la vision de Mikado puis d’Anezaki, s’intéresse à la difficulté d’assumer sa sexualité différente, de construire une relation stable, de la peur des regards extérieurs. Comme Mikado accepte simplement l’homosexualité de son supérieur, ce dernier trouve enfin un confident avec qui parler librement. Le côté sans gêne du chef de bureau qui collectionne les aventures d’un soir est en réalité un moyen d’oublier son traumatisme et sa peur de tomber amoureux. L’histoire bonus en fin de tome présente avec humour le recrutement de Mikado.

La mangaka utilise des traits simplifiés et épurés. Comme elle les répète parfois, donnant un peu d’épaisseur, son style graphique garde un aspect croquis. De même, ses simplifications sont encore plus prononcées pour renforcer les expression de panique, de choc. Kashima sensei joue donc principalement sur les codes graphiques comiques. Elle n’hésite pas à exagérer les mouvements pour transcrire la précipitation, la vitesse. Par exemple, quand Mikado se précipite chez lui pour arrêter Anezaki, le taxi semble décoller et ses pas exagérément longs augmentent la force du mouvement. Les trames sont variées. Même si les angles de vue semblent assez simples, leur efficacité accompagne la mise en page dynamique. Les scènes érotiques ne sont pas vraiment censurées. Par contre, elles jouent sur les détails simplifiés.

En résumé

Mikado Junichirô est un otaku, fan de Kishi Meyko du groupe d’idole KKB. Il vient même de passer une nuit blanche à regarder son dernier clip. Dans le métro, il croise par hasard son supérieur qu’il ne supporte pas. En effet, Anezaki Misaki le traite comme un esclave: en plus de se servir dans sa réserve personnelle de nourriture, il lui donne toujours des documents à scanner au dernier moment. Il passe également son temps à séduire les belles employées. Un soir, alors que l’équipe fête la réussite d’un projet, Anezaki défie Mikado dans un concours d’alcool. L’employé s’écroule vite. Pourtant, il doit raccompagner son supérieur complètement ivre. Comme ce dernier n’arrive même plus à indiquer son adresse et qu’il commence à pleuvoir, il finit par réserver une chambre dans un love hotel. Mais en pleine nuit, son chef lui saute dessus et ils finissent par coucher ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Il a même eu droit à une adaptation en drama CD. Même si le ton reste léger et humoristique, l’auteure aborde divers sujets sur la sexualité. Elle retranscrit assez bien le traumatisme d’Anezaki. Et la gentillesse de Mikado pour son supérieur rend ce couple attendrissant, même s’il démarre plutôt mal.

Asa & Mitya 2 – Billy Balibally

asa and mitya 2 billy balibally

BILLY Balibally
ISBN: 9782368775868
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570273 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

L’amour mutuel d’Asa et Mitya arrivera-t-il à guérir leurs blessures profondes?

Après un tome sombre, Billy Balibally sensei donne une approche plus positive du tendre couple d’Asa et Mitya. Elle abandonne la narration de style contée et invite les lecteurs à observer l’évolution des personnages. Saitô et Mimori ont conscience de changer mutuellement. Face à Mikado, Dimitri décide de s’ouvrir plus et de se confier. Son partenaire, bien qu’apeuré, fait de même. Grâce à ce soutien mutuel, ils vont pouvoir affronter leurs problèmes et outrepasser leurs souffrances. Leur interdépendance devient salvatrice. L’auteure fait également évoluer leur entourage comme Yûsuke, l’oncle d’Asa. Elle s’intéresse aux sentiments des protagonistes qu’elle fait mûrir et grandir. L’introduction du demi-frère de Mitya, Alyosha, permet de découvrir le passé de l’adolescent. De même, elle introduit l’histoire de Mika, Eri et son frère jumeau Michiru dans un chapitre bonus, par le point de vue d’Eri.

La mangaka dessine des personnages longilignes mais tout de même musclé, en particulier Mitya. Elle se focalise sur les détails, les regards et les gestes. Les trames d’ambiance se font plus discrètes. Cependant, les fonds noirs accompagnent encore les moments dramatiques. En revanche, il y a plus de décors. Par ailleurs, Billy sensei utilise moins de trames sombres, éclaircissant ainsi ses pages. En plus, son trait fin renforce cet aspect. La mise en page dynamique s’appuie sur les ellipses, les vides et les emboîtements de vignettes. Le graphisme dégage une approche très esthétique, presque poétique, avec par exemple, le reflet de Dimitri en pleurs, enfant, sur le carrelage de l’aéroport. De même, les illustrations de début de chapitre sont directement intégrées au récit. Les scènes érotiques sensuelles évitent de montrer les parties intimes grâce aux cadrages.

En résumé

Mikado débarque au lycée et se présente à Mitya comme son premier homme. Il essaie de provoquer l’adolescent en le faisant douter mais Dimitri tient bon. Ses arguments finissent même par exaspérer le délinquant qui tente alors de le frapper. Mais Asahiko arrive juste à cet instant et prend le coup de poing en s’interposant. Son partenaire craque alors. Les deux bagarreurs se retrouvent donc à l’hôpital dans la même chambre. Quand Eri arrive, il découvre Mika et Asa en train de se chamailler…

En conclusion

L’auteure arrive à donner un ton agréable à son scénario, malgré les épreuves que subissent ses personnages. Le dénouement qui aboutit à une touche joyeuse soulage même le lecteur. Voir Asa et Mitya, qui se détestent eux-même, partager un amour inconditionnel l’un pour l’autre, leur permettant d’apprécier enfin la vie, est tellement émouvant. En revanche, je suis surprise par le nombre de jumeaux intervenant dans cette histoire: Yûsuke et Akihiko, le père d’Asahiko, Eri et Michiru, et les amis d’Asa, Ebihara Sakura et Botan. D’ailleurs, ils font tous l’objet d’un amour particulier. Si vous aimez plutôt voir des romances avec des personnages torturés, n’hésitez pas à lire cette série en deux tomes.

Asa & Mitya 1 – Billy Balibally

asa and mitya 1 billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782368775851
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861348754 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Une relation fusionnelle entre deux lycéens profondément meurtris. Mais l’amour n’est pas forcément salvateur.

Billy Balibally sensei propose une romance sombre entre deux lycéens meurtris. Le couple étant formé dès le début, elle se focalise sur leurs sentiments, leurs inquiétudes et leurs souffrances. Elle s’intéresse donc à différentes formes de l’amour, à leurs dérives comme la dépendance ou la possessivité et leurs pouvoirs salvateurs. En effet, les héros ont subi divers traumatismes avec la perte d’êtres chers ou l’abandon. Plongés dans un désespoir ou une souffrance destructrice, ils éprouvent des difficultés à se comprendre. Par exemple, de part son expérience passé, Asa a peur de perdre son nouveau bonheur. Les quelques amis d’Asahiko viennent apporter une touche d’humour. En revanche, l’introduction de Mikado qui nourrissait une relation toxique avec Asa, précipite le récit dans le suspense. L’auteure joue sur les non-dits. Elle alterne la narration entre Mitya et Asa, comme s’ils racontaient leur propre histoire. Elle provoque ainsi l’empathie des lecteurs pour ses personnages.

Les traits fins de la mangaka sont épurés. Ses personnages ont des carrures sveltes, des visages ovales avec de longs yeux tombants. Les expressions sont simplifiées dans les scènes humoristiques. Billy sensei joue sur les fonds noirs, les vides, les clairs-obscurs et les détails. Elle alterne les décors et les trames d’ambiance et varie ses angles de vue. Ainsi, la mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Par ailleurs, elle évite de montrer les scènes trop dures comme la drogue ou les relations violentes en les grisant avec des trames. Les scènes érotiques dégagent beaucoup de sensualité. D’ailleurs, les cadrages évitent de montrer les détails des parties intimes. En fin de tome, des yonkoma détendent l’atmosphère avec des anecdotes amusantes.

En résumé

Saitô Dimitri, alias Mitya, et Mimori Asahiko, surnommé Asa, ont une relation amoureuse fusionnelle et dépendante. Ils ont eu le coup de foudre en se croisant sur le toit du lycée. Ayant tous deux une mauvaise réputation parmi les autres élèves, ils préfèrent rester entre eux. Surnommé « l’étranger », le métisse russo-japonais d’un naturel taciturne vit seul depuis que sa mère l’a abandonné, ne connaissant pas son père. Quand un ami d’Asahiko tente de lui faire une blague en lui claquant le dos, Mitya s’interpose, prêt à en découdre. En effet, il n’arrive pas à contrôler sa colère, mêlée de possessivité. Heureusement, Asa arrive facilement à le calmer. Malgré son dévouement, Saitô s’inquiète parfois du sourire masochiste de son partenaire. Il a du mal à comprendre pourquoi ce dernier le considère comme un ange, alors qu’il est rejeté par les autres.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, l’auteure installe principalement le passé de ses personnages et leurs sentiments dans ce premier volume. Comme Mitya commence doucement à évoluer, j’ai hâte de découvrir sa confrontation avec Mika. Je n’ai qu’une seule envie: qu’ils trouvent enfin le bonheur dans un amour apaisé.

The capricious love is moderate – Nohagi Aki

the capricious love is moderate nohagi aki

NOHAGI Aki 野萩あき
ISBN: 9782368775288
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408288 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Des amours capricieux avec des manipulateurs tout aussi surprenants.

Nohagi Aki sensei propose un recueil mettant en scène trois manipulateurs capricieux à la recherche de l’amour. Le format court ne permet pas d’approfondir les histoires, tout de même développée sur deux chapitres. L’auteure aime brouiller les pistes: les seme ne sont pas forcément ceux à qui le lecteur s’attendait. Par exemple, la première histoire narre les déboires d’un prétentieux dragueur qui se fait prendre à son propre jeu. Le seme très dominant l’entraîne donc dans des relations peu consenties, presque punitives. « Intérêt » met en avant la manipulation d’un uke narcissique qui plonge son partenaire dans une relation tordue presque SM. Le dernier récit présente un amour réciproque entre deux lycéens homosexuels qui se cachent. Tandis que Mizoguchi, le narrateur, évite tout contact, Sawahara joue les hétéros. Leur rencontre va leur permettre de dépasser leur peur du rejet et la douleur des paroles blessantes.

La mangaka utilise des traits fins et épurés, dans un style graphique assez classique. Certains de ses personnages ont malheureusement tendance à se ressembler. La mise en page est par contre dynamique. Et Nohagi sensei équilibre très bien les trames d’ambiance et les décors. Même ses trames d’ombres et de coloration donnent un certain naturel à ses pages. En plus, ses angles de vue sont recherchés dans certaines vignettes. Les illustrations de début de chapitre introduisent l’ambiance du récit à venir. Les scènes érotiques sont censurées en évitant de dessiner tout simplement les parties intimes.

En résumé

Jouer, mais pas trop / Après le jeu: Tanihana s’est lassé des femmes et souhaite essayer la sodomie avec un homme. Il insiste auprès de son ami et collègue Kinoshita pour qu’il lui présente un ami gay. Ce dernier lui propose de rencontrer Shimakawa qui travaille dans une boutique de costumes sur mesure. Ce dernier envoie balader le prétentieux fils de PDG. Mais cela ne fait que motiver encore plus le salaryman. Remarquant que le vendeur est amoureux de son patron marié, Tanihana le provoque mais la suite ne se déroule pas vraiment comme il l’avait calculé.
Intérêt / Je suis ton chien de Pavlov: Kishi est l’un des rares amis de Someya. En effet, ce dernier, narcissique, n’aime que lui-même. Après les cours, il a pris l’habitude de se soulager aux toilettes. Comme Kishi l’attend patiemment à l’extérieur, Someya lui propose un jour de se masturber ensemble. Kishi cache d’abord son trouble, mais il se demande de plus en plus ce qu’écoute son ami pendant sa petite affaire…
Ton parfum / Je ne peux pas vivre sans toi: Mizoguchi Yûsuke préfère rester tranquille et isolé. Il se contente d’apprécier les beaux garçons assis à côté de lui. Mais avec le dernier changement de places, le bruyant Sawahara Takuto se retrouve devant lui et entame à chaque fois la discussion. En outre, il met un parfum insupportable. Excédé, le lycéen lui fait la remarque. Découvrant que Yû apprécie son odeur naturelle, Taku réussit enfin à sympathiser avec lui.

En conclusion

« Ton parfum » est mon histoire préférée. Son ton plus réaliste et abouti et ses personnages attachants me touchent vraiment. De même, le couple de « Intérêt » suscite ma curiosité. L’auteure brouille parfaitement les pistes de dominant et dominé, avec la relation étrange qu’entretiennent Kishi et Someya. En effet, c’est le uke qui domine complètement son seme. Une lecture distrayante donc!

Takaga fukuen – Mita Homuro

takaga fukuen mita homuro

MITA Homuro 見多ほむろ
ISBN: 9782368775646
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606816 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des sentiments intenses suspendus dans le temps peuvent-ils ressurgir des années plus tard?

Mita Homuro sensei propose un recueil de deux histoires sur des amours intenses suspendus dans le temps. Malgré le format court, elle maîtrise son scénario, réaliste. Le ton dramatique oblige l’humour à se faire discret. Les relations peuvent sembler un peu rapide, d’autant plus que le consentement n’est pas tout à fait clair, mais les personnages font vite la mise au point. Le premier récit donne son titre au manga et narre un amour adolescent qui subsiste pendant plus de vingt ans. Les retrouvailles sont houleuses car leur séparation ne s’est pas faite naturellement. Le manque de communication à l’époque continue à polluer leur relation. Ces hommes mûrs vont devoir se débattre pour mettre les choses à plat. Le second récit, un peu plus dur, traite une affaire de viol ayant provoqué un comportement extrême chez Chigira. A travers l’enquête, l’auteure maintient le suspense jusqu’à la fin.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle n’hésite pas à rendre les rides de la quarantaine et les carrures assez masculines des anciens sportifs. Elle dissémine également beaucoup de détails graphiques à travers ses pages permettant de comprendre les non-dits. Les décors sont assez présents. En outre, quelques trames d’ambiance restent discrètes pour ne pas gâcher le côté réaliste. Mita sensei varie les trames et joue sur les ombres. Elle accentue le côté dramatique grâce aux fonds. De même, la mise en page dynamique joue sur les ellipses, les vignettes de dialogues et les emboîtements. Les scènes érotiques plutôt détaillées utilisent quelques points de lumière et l’absence de traits pour censurer les détails intimes.

En résumé

Takaga fukuen / Juste de la jalousie: Takehara Kasutaka est manager d’une boutique dans un grand magasin. Un matin, il perd sa chaussure emportée dans la foule sortant du métro. Mais un bel inconnu la récupère et la lui lance. Trop abîmée par les piétinements pour la porter au travail, le boutiquier se rend dans une boutique de son étage pour acheter une nouvelle paire de chaussures. Il y retrouve par hasard le bel inconnu fraîchement embauché. Mais Amemiya s’avère être une de ses connaissances du lycée, Amano Takashi. Ils avaient même une relation assez intime à l’époque. Alors que Takehara ressasse le passé, ses sentiments encore conservés intacts pendant vingt ans, Amemiya lui annonce, à la fin d’une soirée entre collègues, qu’il a oublié leur relation représentant le pire de ses souvenirs…
Une erreur idiote: Chigira Misato a arrêté l’athlétisme après avoir été violé dans son club quand il était lycéen. Maintenant à l’université, il reçoit chaque jour des messages d’amour d’un stalker. Cependant, bien que traumatisé par son agression, il recherche inconsciemment le même plaisir. Fantasmant sur son ami Aida depuis le lycée, il cache désespérément ses sentiments. Invité à un gôkon par son ami, il se saoule et est ramené par un inconnu qui cède à ses avances. Mais il s’agit d’un policier qui connait ses antécédents. Alors que d’autres viols se perpétuent dans d’autres clubs d’athlétisme, ce dernier veut savoir pourquoi Chigara a retiré sa plainte après avoir fait un faux témoignage à l’époque…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la cinquième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. Il est agréable de voir des hommes mûrs affronter leurs sentiments et leur passé pour construire une relation forte, sans ambages. De même, l’histoire de Chigira est vraiment intéressante, entre fantasmes et erreurs d’interprétations de sentiments, même si le comportement du policier peut laisser à désirer. Ces deux histoires d’amour qui n’étaient pas si roses par le passé méritent leur happy end.

Depth of field 2 – Enjo

depth of field 2 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776087
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031628 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Se retrouver 3 ans plus tard, avec les mêmes sentiments restés en suspens. Est-ce le destin?

Enjo sensei reprend le cours de sa romance trois ans plus tard. Konno devient le narrateur principal. Ses personnages sont devenus plus mâtures. L’auteure a une plus grande maîtrise du déroulement de son scénario, et transcrit toujours aussi bien leurs sentiments et leurs émotions. Les deux amis prennent leur temps et communiquent. L’introduction d’Ume apporte une vision simple et saine de l’amour, sans référence au genre. En effet, Kon s’interroge sur l’écart ténu entre forte amitié et sentiment amoureux qu’il ressent pour Hayakawa. De même, les sentiments de Shûichi sont restés suspendus tels quels durant les trois ans où ils ne se fréquentaient plus. Il est agréable de voir le couple se renseigner et décider de leur position avant de passer à l’acte. Les deux histoires bonus en fin de tome montrent l’évolution du couple.

La mangaka arrive à conjuguer un trait réaliste et épuré. Elle porte attention aux détails, comme les mouvements de chevelure quand les personnages se déshabillent ou se réveillent par exemple. De même, elle travaille soigneusement les regards et les expressions. Pourtant, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les scènes humoristiques. L’esthétique des pages est toujours autant travaillée; certains passages transcrivant les sensations des protagonistes dégagent même une note poétique. Le découpage cinématographique rend les scènes érotiques très sensuelles, en particulier le détail des préliminaires. De fines bandelettes blanches censure tout de même les détails. La couverture utilise des couleurs complémentaires, avec une dominance de ton orange, répondant à celle du premier tome en bleu.

En résumé

Trois ans plus tard, Konno Ryôhei étudie la photographie à l’université et se forme en parallèle dans le studio de son père, sous la direction de Tada. Au fil d’une discussion sur ses amours, Kon se remémore alors sa relation avec Hayakawa Shûichirô. Même si son ami n’est jamais revenu sur le toit du lycée après sa déclaration, il a fait des efforts pour reprendre la musique. A une soirée avec Ume, artiste coiffeur et maquilleur, et Tada, Kon boit plus que de raison. Tada le retrouve saoul et entouré de filles. Il l’invite donc à dormir chez lui. Le matin, il lui propose alors un bon entraînement: faire des photos pour un groupe indie. Arrivé à la salle de concert, Ryôhei découvre que parmi les trois membres du groupe, le guitariste n’est autre que Hayakawa. Minowa, le bassiste et leader, les invite le soir même chez Shû pour faire connaissance…

En conclusion

Les illustrations couleurs en début de volume subliment le dessin d’Enjo sensei. Le ton réaliste du récit et l’esthétique des pages me donnent envie de voir comment va évoluer l’auteure. Je préfère le second tome au premier, même si ils sont indissociables, surtout parce que leur relation est plus saine. Si vous aimez les drames qui finissent bien, n’hésitez pas à vous plonger dans ce récit!

Depth of field 1 – Enjo

depth of field 1 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776070
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031611 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Shûichirô a abandonné ses rêves pour comprendre un ami cher. Son contact avec le franc Konno va-t-il lui redonner goût à sa passion?

Enjo sensei narre la romance entre un passionné de photographie qui profite pleinement de son passe-temps et un passionné de musique qui a tout abandonné suite à un traumatisme. Elle prend son temps pour approfondir la psychologie de ses personnages. Le narrateur principal, Hayakawa Shûichirô, est tiraillé entre divers sentiments qu’il éprouve au contact de Konno Ryôhei. D’ailleurs, n’arrivant pas à contrôler ses émotions, il tentera de les imposer violemment à son nouvel ami. L’auteure plonge vite le lecteur dans le passé de Shû, décrivant l’isolement qu’entraîne son don pour la musique et les différences sociales. De même, elle met en avant le comportement des gens envieux : le côté sombre de Yamashita se dévoile au fur et à mesure. Malgré son agression, Kon cherche à comprendre son ami perturbé. Ce comportement peut paraître un peu irréaliste, mais amorce parfaitement la suite du récit.

La mangaka utilise des traits fins assez réalistes. Elle transcrit parfaitement le sourire hypocrite de Shûichirô et le regard profond de Konno. Elle détaille également les décors. Le regard vide de Shû quand il perd pied contraste avec la douceur qu’il dégage face à la musique. Les trames d’ambiance ajoutent parfois une touche poétique ou humoristique. De même, Enjo sensei n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les moments amusants. Elle s’attache aux détails et son approche très esthétique se révèle dans ses vignettes. Ainsi, elle varie les angles de vues, les trames et transcrit graphiquement les émotions. Le découpage presque cinématographique dynamise la mise en page. Les scènes érotiques jouent sur les cadrages pour éviter la censure et ne montrent pas entièrement les parties intimes. La couverture attire le regard par sa composition simple et esthétique, illustrant le titre.

En résumé

Se rendant souvent sur le toit du lycée pour sécher les cours ou tuer le temps, Hayakawa Shûichirô a sympathisé avec Konno Ryôhei. Ce dernier est réputé d’un abord difficile, mais en réalité, ce passionné de photographie est tout simplement direct et franc. A force de voir son ami s’épanouir dans son passe-temps, Shû est partagé entre admiration et jalousie. En effet, il a décidé d’abandonner sa passion pour la musique. Alors il cumule les aventures avec les filles, et même les femmes plus mûres de l’école, afin d’oublier sa passion. Mais tandis qu’il se consolait auprès de la docteure de l’école, il est surpris par Kon qui cherchait un coin pour dormir. Son ami s’éclipse discrètement, mais Hayakawa se met alors à imaginer son ami à la place de sa partenaire actuelle…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Il fait partie d’un diptyque, s’appréciant pleinement en lisant les deux volumes à la suite. Même s’il y a quelques faiblesses scénaristiques sur le développement de la romance, l’esthétique prenant beaucoup de place, ce manga est prenant.

Souteigai love serendipity – meco

souteigai love serendipity meco

meco
ISBN: 9782368775400
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784801953727 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke idiots à la sexualité débordante mais qui ont du mal à comprendre leurs sentiments.

Dans ce recueil, meco sensei offre des comédie romantiques légères remplie d’humour. « Routine XXX » s’intéresse à un couple proche de la trentaine qui se redécouvre après une période de creux. La seconde histoire donne son titre au manga et reprend les personnages secondaires du récit précédent. Elle met en avant deux idiots qui s’apprécient mais refusent de l’admettre. Malgré leur alcoolisation, Karasuma et Shimizu concluent une relation consentie mais expérimentale. L’auteure aborde ensuite avec légèreté les problèmes d’impuissance. Dans la dernière histoire, elle confronte un dévergondé habitué aux sex friends avec un jeune homme idéaliste, fervent du sexe après un mariage d’amour. Elle travaille un peu plus leurs personnalités, en particulier le traumatisme de Kashii qui a eu du mal à accepter sa sexualité et qui s’accroche désespérément à son premier amour qui l’a accepté tel qu’il est. De même, elle développe les sentiments de Mimori.

La mangaka a un style shôjo avec des traits fins. Ses visages plutôt ronds ont des nez pointus. Les personnages ne font pas vraiment leur âge. De même, ils rougissent beaucoup. Les seme ont tous des cheveux courts. meco sensei utilise beaucoup la simplification des traits et l’exagération des expressions. Par exemple, dans les scènes humoristiques, elle simplifie tellement les traits que ses personnages ressemblent presque à des super deformed. Elle alterne les décors et les trames de fond. Mais dans l’ensemble, elle utilise peu de trames, donnant un aspect plutôt blanc aux pages. Elle ne dessine presque pas d’ombres, privilégiant les aplats. Ainsi, son style conserve un côté dessiné mais mignon. En fin de chapitre, les personnages simplifiés donnent d’adorables anecdotes. Dans les scènes érotiques, la censure est discrète, avec l’absence de détails. Mais il y a tout de même des coupes intérieures.

En résumé

Routine XXX: Shima Fujio et Takanashi Hikaru sortent ensemble depuis 7 ans et vivent ensemble depuis 3 ans. Mais dernièrement, une certaine routine s’est installée entre eux. Comme il n’y a plus de passion, leurs ébats deviennent presque machinaux. Ayant confié son souci à ses collègues de bureau, Hikaru décide d’expérimenter les quelques conseils que lui donne Karasuma pour pimenter sa vie sexuelle. Pourtant Shimizu tente de le raisonner en vain.
Amour inattendu – serendipity: Karasuma invite Shimizu à une soirée entre collègues mais c’était en réalité une soirée de rencontres arrangées. Malheureusement, l’employé encore puceau ne supporte pas l’alcool mais surtout, a peur des filles trop entreprenantes. Se rappelant de son ami Hikaru, il décide de se faire passer pour un gay. La fille collante étant peu convaincue, il embrasse alors son collègue. Refusant d’abandonner, les filles suivent les deux hommes jusque dans la rue. Alors Shimizu emmène Karasuma dans un love hotel. Eméché, le pervers tombeur de filles remarque qu’il n’a jamais testé de relation avec un homme. L’ivresse aidant, ils finissent donc par coucher ensemble.
Cher Senpai: Mimori (21 ans) a toujours mené une vie saine et sobre. Mais un matin, il se réveille au côté de son senpai Kashii. Malgré sa gueule de bois, ce dernier lui apprend qu’ils ont couché ensemble la veille alors qu’ils étaient ivres. Mimori décide alors de prendre ses responsabilités et demande de sortir avec lui. En effet, le jeune homme voulait préserver sa chasteté jusqu’au mariage. Devant un tel sérieux, Kashii le traite alors comme son esclave.

En conclusion

Même si l’auteure aborde quelques thèmes intéressants, elle le traite avec légèreté et humour. La lecture de ce recueil est plaisant. Je me suis bien amusée des aventures de ces couples un peu idiots. J’apprécie particulièrement « Cher Senpai » qui est plus travaillée et un peu plus réaliste.

Tadaima, okaeri 4 Une petite pause – Ichikawa Ichi

tadaima okaeri 4 une petite pause ichikawa ichi

ICHIKAWA Ichi いちかわ壱
ISBN: 9782368776940
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895582 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Matsuo Tomohiro et Hirai Yûki prennent enfin conscience de leurs sentiments.

Comme le titre l’indique, Ichikawa Ichi sensei invite les lecteurs à faire une petite pause en partageant quelques anecdotes sur Hikari et en développant la romance entre Matsuo et Yûki. Elle met donc en avant les personnages secondaires. Entre divers évènements et fêtes et la rencontre avec Ran, le chien de Mme Iwata, le petit garçon apprend à affronter ses peurs et grandit entouré de la bienveillance de tous. L’auteure a une approche plus réaliste des réactions enfantines. Elle consacre l’autre moitié du tome à l’évolution des sentiments du couple secondaire, s’intéressant aux difficultés de différence d’âge (12 ans), de compréhension et de partage des sentiments. Même si elle s’éloigne du terme principal de l’omegaverse, elle confronte l’innocence de Yûki qui a vécu sans connaître les discriminations aux maladresses de Tomohiro, qui tient compte des regards extérieurs. Justement, ils forment déjà un couple pour ceux qui l’entourent.

La mangaka apporte un soin particulier aux expressions des visages, couvrant une large palette de sentiments. De plus, elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les renforcer. Elle utilise aussi beaucoup de trames d’ambiance. Les décors permettent de situer principalement l’action. La mise en page dynamique joue sur des angles de vue variés. Par ailleurs, Ichikawa sensei intègre les commentaires de Hinata ou ses propres remarques aux vignettes, apportant une touche humoristique. Sur la jaquette, elle a représenté les héros de ce tome, avec le couple secondaire et Hikari, dans des tons pastels et doux. En dessous, deux planches continuent avec humour le chapitre de la journée familiale en entreprise, avec un Hiromu galvanisé par les compliments sur son époux. Il n’y a pas de scène érotiques, l’attention étant portée sur les sentiments, mais en compensation, de tendres câlins et des baisers apportent un peu de douceur.

En résumé

Chaque matin finit en crise de larmes au départ de Hiromu. En effet, depuis qu’il a vu une émission à la télévision, Hikari veut aller au travail avec son père. Justement, l’entreprise de construction de Fujiyoshi organise un Family day où les proches sont invités à visiter les locaux avec quelques activités pour les enfants. Tout excité, Hikari charme le personnel. Même si les murmures sur son passage le troublent, Masaki surmonte sans problème ses appréhensions, ne ressentant aucune animosité. Sa beauté et sa douceur surprennent les employés, tout autant ébahis par le visage gâteux de leur patron. Yûki accompagne également la famille, inscrit comme un proche de Matsuo. Cependant, le salaryman n’arrivant pas à expliquer leur relation, il s’attire les foudres inconscientes de l’étudiant…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatorzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. Une place de moins que l’année précédente et pourtant, il s’agit du couple secondaire dont le lien avance très lentement. Pour ma part, je suis comblée de voir mon couple préféré, alpha et beta, évoluer tranquillement dans la discussion et le partage. J’ai donc hâte d’en découvrir plus. Par ailleurs, la relation entre les jumeaux Matsuo et Mochizuki Aoto prend une tournure intéressante, même si peu développée.