Love stories 1 – Tagura Tohru

love stories 1 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782375060506
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784344834583 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une amitié sincère entre le beau gosse du lycée qui cache son homosexualité et un lycéen trop franc.

Tagura Tohru sensei propose un gakuenmono sensible. Elle aborde avec délicatesse et finesse le thème de l’homosexualité de manière réfléchie. Ainsi, elle partage beaucoup les réflexions de ses protagonistes. La narration alterne donc entre Hasegawa et Yamato. Ce premier tome installe principalement le contexte et présente la bande d’amis autour des deux héros. Grâce à ces différents personnages, l’auteure donne différentes vision de l’amitié, de l’amour et de la sexualité. Par exemple, Sakura Akito semble assumer son homosexualité, la perspicacité de Seki Kazutaka fait culpabiliser Yamato de garder son secret, Hasegawa ne semble pas sur la même longueur d’ondes que sa petite amie Nemoto Mayu. L’approche lente mais décortiquée du récit permet de s’attacher à tous les personnages à la personnalité complexe.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec des visages plutôt ronds, des touffes de cheveux, des corps sveltes et fins. Les filles ont de grands yeux expressifs. Les personnages ont tendance à se ressembler pour certains et il est même difficile de les distinguer parfois. Les protagonistes, esthétiques, dégagent une certaine douceur. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est très dynamique avec des ellipses et des vides. Il n’y a pour l’instant aucune scène érotique, le propos étant principalement des questionnements sur la sexualité. La couverture mêle photographie et dessin.

En résumé

Hasegawa Yuiji a remarqué que Yoshinaga Yamato observe souvent son ami Hongô Kyôsuke. Il le soupçonne d’être gay depuis qu’il a entendu une conversation avec Shibata Natsumi. Il préfère donc garder ses distances. Cependant, les examens approchant, Shibata propose de créer un groupe de révision avec Hasegawa pour les maths, Yamato en anglais, en échange de son aide en chimie. Intéressé par la jeune fille, Hongô s’incruste également. A force de discuter avec Yoshinaga, il finit par sympathiser. Curieux, il tente de s’informer sur les relations homosexuelles et réalise les difficultés auxquelles les homosexuels sont confrontés. Ainsi, sa vision qu’il portait sur le lycéen change peu à peu. Quand il surprend un petit geste innocent de Yamato envers Hongô endormi, puis la pâleur de ce dernier ne sachant quoi répondre, il décide de devenir son confident en gardant son secret.

En conclusion

Comme l’auteure prend tout son temps, elle développe avec soin son scénario et ses personnages. Elle a déjà prévu de réaliser son récit en trois tomes. J’apprécie sa capacité à aborder plusieurs questionnements à la fois, sans perdre le lecteur. Ne vous arrêtez pas à ce premier tome qui installe les liens entre les différents personnages, le meilleur est à suivre!

Blue morning 7 – Hidaka Shoko

blue morning 7 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775547
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606977 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Tomoyuki est enfin libre de réaliser ce qu’il désire, sans rien devoir à la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei consacre ce tome principalement à Katsuragi. Elle maintient le suspense en ne dévoilant que quelques brides des nombreuses révélations. D’ailleurs, elle développe surtout la psychologie de ses personnages. La relation entre le maître et son ancien domestique évolue, n’étant plus influencée par une quelconque hiérarchie. Pouvant parler d’égal à égal, Tomoyuki, d’abord perdu, s’émancipe et va ensuite s’ouvrir un peu plus aux autres. Ainsi, il découvre un nouvel intérêt personnel dans l’usine de textile. Son changement entraîne également ceux qui l’entourent à évoluer, en particulier ses frères. Parallèlement, en introduisant le courtier Nakajima, l’auteure présente les stratégies boursières de l’époque, mêlant l’influence des grèves et des médias. Par ailleurs, elle donne un aperçu du développement des chemins de fer.

La mangaka n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les expressions, ajoutant une touche d’humour à ce récit plutôt sérieux et réaliste. Afin d’équilibrer les pages contenant beaucoup de dialogues, elle joue sur les respirations grâce aux vides. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors sont bien intégrés. Par ailleurs, les angles de vue variés appuient la mise en page dynamique. Hidaka sensei censure les scènes érotiques en ne dessinant pas les détails des organes sexuels.

En résumé

Katsuragi a changé et commence à se plaindre ou partager ses inquiétudes. Après une nuit torride avec Akihito pour oublier son départ en Angleterre, il retrouve Amamiya dans la calèche qui le mène chez Ishizaki. L’intendant l’avertit alors de l’ire de Sôemon. Comme il a ignoré ses ordres de restructuration, le premier secrétaire croit deviner que sa gestion de l’usine de textile l’a contrarié. Il refuse également de connaître les projets de son amant, sachant pertinemment qu’il cherchera à l’arrêter. De son côté, Kuze désire tout recommencer à zéro. Il rend donc une visite impromptue à Katsuragi Takamasa. Pour cela, il s’adresse directement au cadet, Hiroyuki, conscient que son action risque encore de créer des tensions.

En conclusion

Comparé au volume précédent, ce tome permet à la série de monter à la seconde place au Chill Chill BL award 2017. Kuze Akihito est toujours classé troisième meilleur seme, Katsuragi Tomoyuki remonte à la seconde place du meilleur uke. A noter que l’auteure est une habituée du Chill Chill BL award, ses différentes séries étant souvent classées dans le top 20. En effet, elle arrive à casser puis reconstruire les convictions des lecteurs grâce à une bonne maîtrise du scénario. Toujours aussi passionnant, j’ai hâte de lire le dernier tome!

Blue morning 6 – Hidaka Shoko

blue morning 6 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775219
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606472 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki se résigne à suivre Akihito, n’étant plus sûr de rien à part ses sentiments amoureux pour lui.

Hidaka Shoko sensei continue à semer des indices au fil des chapitres, renouvelant son récit. Elle met en avant la vision moderne d’Akihito et son influence sur Tomoyuki. Indirectement, elle dénonce le rôle de la femme à l’époque, complètement soumise et considérée comme un simple ventre à produire un héritier mâle. Pourtant, Kuze et Katsuragi porte un regard tout autre, appréciant les femmes s’affirmant et les traitant d’égal à égal. En parallèle, l’auteure montre le développement du prêt-à-porter, l’influence américaine dans la conception et la production et quelques différents types de management. Justement, le premier secrétaire apporte également une vision moderne de la gestion. Tandis que la relation entre Akihito et son ancien intendant évolue, leur amour se renforce. La fin de ce tome plonge le lecteur dans un suspense insoutenable.

La mangaka soigne particulièrement les expressions et les postures de ses personnages. Elle simplifie les traits pour certaines scènes humoristiques. Par exemple, les petites têtes ou les moues des personnages sont toutes mignonnes. Hidaka sensei utilise un peu plus de trames d’ambiance. Elle rend avec précision le faste des résidences ou le calme de la campagne, dessinant les décors sur toute la longueur des vignettes. De même, elle différencie le style occidental et le style japonais jusque dans les petits objets du quotidien et les plantes des jardins. La mise en page est toujours aussi dynamique. Les scènes érotiques, assez détaillées, dégagent de la sensualité et jouent sur les cadrages pour éviter la censure.

En résumé

La soirée des Moriyama se conclut sur de grands chamboulements: Kuze Naotsugu ayant refusé de prendre la succession, Akihito se fait alors passer pour souffrant, aidé par les médias. Ne comprenant plus la stratégie de son maître, Tomoyuki se résigne à le laisser faire. Ishizaki Sôemon lui confie alors la direction d’une usine textile endettée avec pour consigne d’augmenter les profits. Il lui donne également un permis de circulation des chemins de fer pour Kuze qui lui permettra de désenclaver ses terres. Mais le premier secrétaire devine les réels desseins de l’entrepreneur qui cherche à s’accaparer de la famille Kuze. Caché dans un hôtel à Tsukiji, Akihito aime découvrir la vie simple du peuple en se promenant incognito, portant des vêtements négligés. En parallèle, il prépare son nouveau plan aidé d’Amemiya, de Katsuragi Takayuki devenu responsable des finances de la famille Kuze et Moriyama Kayoko, divorcée et installée en France.

En conclusion

Ce sixième tome a obtenu la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Kuze Akihito monte à la troisième place du meilleur seme mais Katsuragi Tomoyuki descend à la sixième place du meilleur uke. Il est amusant de voir les deux amants s’aimer enfin sans contrainte mais fuir le moindre conflit entre eux. La résignation de Katsuragi est presque inquiétante. De plus, l’auteure relance les questionnements sur les origines de Tomoyuki avec les Kuze. J’ai tellement envie de le soutenir!

Blue morning 5 – Hidaka Shoko

blue morning 5 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774601
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605772 (JP)
Tokuma shoten, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki et Akihito ont chacun un plan pour sauver la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei offre un tome intense en rebondissements, révélant au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et Akihito. En parallèle, elle présente les mondanités de l’époque avec les réceptions pour se faire voir, la présence des journalistes et les petits jeux des scandales. Elle donne également un aperçu des tensions entre samurai et nobles dûes au système d’abolition des castes. En effet, l’anoblissement de certains au gré des réseaux ou pots de vin ont surtout créé des inégalités. Certains personnages secondaires, se ralliant à la défense du couple, prennent de l’importance, influant encore sur le jeune Akihito. Par exemple, l’auteure met en avant la marquise Moriyama Kayoko, fille de commerçant, à l’esprit moderne qui ne se laisse pas enfermer par son mariage clairement économique. Par ailleurs, elle dévoile tout le travail effectué en amont par Katsuragi depuis des années par de nombreux flash-back.

La mangaka s’attarde particulièrement sur les détails, les petits gestes et les regards. Ce tome étant très dense en dialogues et réflexions intérieures des protagonistes, elle facilite la lecture en aérant ses pages et en jouant sur les gros plans et les vides. D’ailleurs, la mise en page reste très dynamique grâce à la variété des angles de vue et les ellipses. De même, l’équilibre entre les décors et les trames participe à l’ambiance. La plupart des illustrations de début de chapitre met en scène le couple en train de flirter et compense la quasi absence de scènes érotiques.

En résumé

Katsuragi Tomoyuki réfléchit de plus en plus à ses erreurs et ses sentiments envers Kuze Akihito. Comme il couchait facilement pour obtenir ce qu’il voulait, il croyait fermement à une passade de son maître. Mais face à ses déclarations passionnantes, il a fini par lui avouer ses sentiments. N’ayant aucune preuve de son lien filial avec Kuze Naoya, il pense donc confier la direction de la famille Kuze et le potentiel titre de comte au demi-frère d’Akinao, Naotsugu. Ce dernier ayant la santé fragile, il permettrait ainsi à Akihito de revenir plus tard. Mais Katsuragi doit rattraper également les erreurs du jeune héritier. En effet, ce dernier s’est compromis en faisant chanter le marquis Moriyama sur ses anoblissements illégaux. Dans la calèche les menant au bal du marquis, l’ancien domestique hésite encore à appliquer son plan secret, redoutant de perdre l’affection d’Akihito. Pourtant, ce dernier lui accorde toute sa confiance.

En conclusion

Malgré deux années écoulées après le volume précédent, ce tome a réussi à obtenir la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Kuze Akihito occupe maintenant la cinquième place du meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki, la quatrième place du meilleur uke. Les aventures de ce couple attendrissant qui se bat contre les conventions et les hiérarchies de classe sont tellement prenantes. Il est amusant de les observer opérer dans l’ombre et se trahir mutuellement alors qu’ils agissent en fin de compte pour le même objectif. Et puis voir une femme de caractère à cette époque comme Kayoko est rafraîchissant.

Blue morning 4 – Hidaka Shoko

blue morning 4 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774595
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605192 (JP)
Tokuma shoten, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine révélée de Tomoyuki redistribue les cartes et relance à nouveau le jeu des intrigues.

Après un tome plus sentimental, Hidaka Shoko sensei plonge à nouveau les lecteurs dans les intrigues politiques et familiales. Elle dévoile au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et d’Akihito, maintenant une tension constante durant le récit. Ishizaki Sôichirô prend un peu plus d’importance, jouant le défenseur de cet amour compromettant. Les autres personnages semblent tous devenir les pions d’un gigantesque échiquier dans les mains des deux héros. Parallèlement, l’auteure présente les différentes méthodes utilisées par les nobles et les bourgeois pour obtenir des renseignements essentiels à leur expansion, entre espions, analyses des rumeurs, manipulations, spéculations. De même, elle aborde le développement des zaibatsu à travers les modèles de la banque Katsuragi, bloquée par une servitude envers leur ancien seigneur et le commerce Ishizaki qui élargit ses investissements. Elle décrit avec finesse et toujours sur un ton réaliste, les difficultés à trancher entre famille et sentiments.

La mangaka soigne particulièrement les petits gestes, les postures et les détails. Par exemple, elle exprime la supériorité en jouant sur le regard en contre-plongée. De même, elle est précise dans les décors, présentant le quotidien et les différents objets et métiers de l’époque. Quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions des personnages. La mise en page est dynamique jouant sur les ellipses, les emboîtements, les sorties de cadre. Les scènes érotiques sont sensuelles, un peu plus détaillées, avec un découpage presque cinématographique. Elles mettent parfaitement en scène les sentiments contradictoires à la raison.

En résumé

Kuze Akihito s’est installé dans la chambre que loue Ishizaki Sôichirô pour rencontrer habituellement Kofusa. Curieux, il apprécie de découvrir la vie simple du peuple, en faisant les courses, en apprenant à préparer le bain, la cuisine. Comme il ne va plus à l’école, son ami, inquiet, lui rend visite pour tenter de le raisonner. Mais l’héritier Kuze a d’autres projets, souhaitant même renoncer à son titre de noblesse. En effet, il veut seulement rendre Tomoyuki heureux. Ce dernier travaille maintenant pour Ishizaki Sôemon, ayant quitté la résidence de son maître sans prévenir. Mais en réalité, le domestique continue à soutenir Akihito de l’extérieur. De leur côté, les frères Katsuragi ont découvert que le benjamin est en fait l’enfant illégitime de Kuze Naoya avec une geisha. Afin de préparer son nouveau plan, Kuze convoque alors Amamiya.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. De même, Kuze Akihito s’empare de la première place de meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki de meilleur uke. Katsuragi porte si bien le fundoshi, même sous ses vêtements occidentaux! Plus qu’un BL, cette série offre une tranche de vie historique sur les riches familles durant Meiji. Suite aux révélations, la relation du couple prend une tournure incestueuse mais d’autres secrets semblent pouvoir encore changer la donne.

Blue morning 3 – Hidaka Shoko

blue morning 3 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774588
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199604782 (JP)
Tokuma shoten, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Les révélations sur les familles Katsuragi et Kuze vont chambouler la relation entre le maître et son domestique.

Dans ce troisième tome, Hidaka Shoko sensei dévoile la majorité des secrets sur la famille Katsuragi et la famille Kuze. Parallèlement, elle met en avant le système d’adaptation du gouvernement militaire mis en place par le gouvernement Meiji pour les anciens samurai, ainsi que les inégalités et les difficultés qui en découlent. Par exemple, la reconnaissance des enfants illégitimes pour protéger la lignée se faisait grâce à une déclaration de favorites, c’est-à-dire des maîtresse, rappelant le système des concubines. De même, malgré les mêmes responsabilités, les seigneurs régionaux étaient traités différemment des nobles et des nouveaux riches. En plus, l’obligation de protection des anciens vassaux, malgré l’abolition du gouvernement militaire, persistait. Akihito se montre moderne et cherche à bousculer les règles de sa maisonnée. L’auteure décrit avec justesse les chamboulements intervenant dans la relation entre le maître et son domestique, au fil des révélations.

Les traits épurés de la mangaka conservent tout de même une touche réaliste. Quelques trames appuient l’ambiance des vignettes. De même, comme il y a beaucoup de flash-back, le fond noir permet de les repérer rapidement. Les décors situent principalement les actions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre forment des diptyques mettant en scène Kuze puis Katsuragi dans le même environnement. Les scènes érotiques sont plus précises mais l’absence de détails ainsi que le cadrage censurent les parties trop intimes.

En résumé

Kuze Akihiko commence à prendre les rênes de la gestion court-circuitant Katsuragi. Désormais, il consulte personnellement les courriers financiers et les livres de compte. Parallèlement, il fréquente depuis trois mois Sajô Chikako, fille de duc, en vue d’un mariage. Cependant, la mère et la gouvernante affichent clairement leur désaccord face à cette union avec une personne de rang trop inférieur à leur goût. Il demande aussi au chef de la famille Ishizaki d’être son témoin à la place de la marquise Moriyama. De son côté, Amamiya Rinzaburô rend visite chaque jour à Kiku pour essayer de découvrir les motivations du changement de l’ancien maître. Se retrouvant désœuvré, Tomoyuki continue pourtant à subir les assauts du jeune héritier. Alors qu’il avait prévu de dépouiller celui qui lui avait indirectement tout volé en naissant, il réalise de plus en plus que ses sentiments ont changé.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2011. Et Hidaka sensei est également classé première pour les mangaka. Comparé au tome précédent où les intrigues priment, elle maintient le suspense et se concentre un peu plus sur la relation entre ses deux héros. La scène finale plonge le lecteur dans une appréhension insoutenable. Je recommande surtout cette série à ceux qui aiment les sagas familiales et historiques.

Blue morning 2 – Hidaka Shoko

blue morning 2 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774571
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604430 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Malgré sa promesse faite à Katsuragi, Akihito n’arrive pas à contenir ses sentiments intenses.

Hidaka Shoko sensei présente un peu plus Katsuragi. Elle continue à mettre en scène les différences de point de vue entre les anciennes et les nouvelles générations, à travers les regards et les commentaires des nobles, des bourgeois. De même, elle confronte la modernité aux traditions, aussi bien pour les véhicules, les conventions que les traditions. D’autant plus que le système social du gouvernement militaire persiste et impose une certaine hiérarchie entre les familles. En introduisant Amamiya Rinzaburô, un étudiant au pair chargé de l’éducation de Katsuragi, l’auteure ajoute une touche excentrique à son univers plutôt réaliste mais guindé. Elle révèle indirectement les différents secrets par des flash-back et des discussions. Elle présente également les différentes méthodes de spéculation financière, alliant réseaux, connaissances et mariages. Ainsi, les personnages secondaires jouent un rôle assez important. Akihito évolue peu à peu, s’affirmant.

La mangaka utilise des traits épurés assez réalistes. Elle travaille particulièrement l’expressivité des regards, permettant de se passer des dialogues. Elle soigne les trames et les décors, donnant un certain équilibre à ses pages. La mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à l’absence de détails.

En résumé

Kuze Akinao était très exigeant sur l’éducation de Katsuragi Tomoyuki mais pourtant, dès la naissance de son fils légitime, il a délaissé l’enfant qu’il avait prévu d’adopter. Cependant, les relations avec la famille Katsuragi restent complexes. En effet, le vicomte utilisait leur ancien lien de vassalité pour soumettre encore cette famille de banquiers. Sa relation ayant évolué avec son maître, Katsuragi se remémore son passé. Bien qu’Akihito regrette d’avoir pris de force son domestique, il est décidé à respecter leur marché consistant à obtenir un titre de noblesse supérieur. Pourtant, consumé par son amour intense, il délaisse l’école. Croyant son ami malade, Ishizaki achète des fruits et croise alors Katsuragi Takayuki, qui dirige les affaires et entame la discussion.

En conclusion

Après un premier tome consacré à Kuze, Hidaka sensei s’intéresse à Katsuragi. Elle arrive à toujours mettre en place son récit tout en développant quelques intrigues. Elle fait passer l’homo-romance au second plan tout en tenant en haleine les lecteurs. La relation entre le maître et son domestiques évolue doucement. Entre devoirs et obligations, les sentiments n’ont pas vraiment leurs places et pourtant, j’ai tellement envie de voir ce couple s’épanouir. Petite précision: l’auteure a été classée meilleure artiste au Chill Chill BL award 2010.

Blue morning 1 – Hidaka Shoko

blue morning 1 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774564
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604027 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La relation complexe entre le jeune vicomte Kuze et son intendant secret Katsuragi.

Hidaka Shoko sensei narre les aventures du jeune vicomte Kuze et de son intendant Katsuragi qui gère les biens de la famille. Elle dépeint les intrigues politiques de la noblesse, les conflits générationnels entre tradition et modernité dans l’ère Meiji (1868-1912), la persistance de la vassalité des familles malgré l’abolition du système guerrier. En jouant sur les non-dits, elle diffuse au fur et à mesure des indices sur les desseins de Katsuragi ou son passé. Kuze est un noble peu commun qui n’apprécie pas les manigances de la noblesse et sympathise facilement avec le fils de commerçant Ishizaki. Pourtant, sous l’influence de son domestique, il se transforme peu à peu, pouvant devenir autoritaire. L’auteure décrit parfaitement les émotions et les sentiments de ses personnages. Elle installe pour l’instant le contexte de sa série, se focalisant sur Kuze. Ainsi, le temps s’écoule rapidement.

Les traits fins, minutieux et épurés de la mangaka ont une touche réaliste. Les décors et les vêtements sont soignés, respectant les références historiques. Les angles de vue recherchés s’attardent sur les regards. Aussi, la mise en page dynamique joue sur des emboitements et des ellipses discrètes. Les trames de fond accompagnent un peu l’ambiance de certaines vignettes, mais le rendu reste réaliste. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur l’esthétique des personnages, révélant leur allure distinguée. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas les parties intimes. Elle transcrit cependant la violence du premier rapport du couple.

En résumé

Après le décès de sa mère puis de son père, Kuze Akihito prend la succession de vicomte à 10 ans à peine. Son tuteur désigné par le testament du vicomte Akinao, Katsuragi Tomoyuki, assure l’intendance jusqu’à sa majorité. Mais le domestique se montre froid avec son maître. En effet, élevé par sa mère malade à Kamakura dans leur résidence secondaire, l’enfant ne connaît rien à l’étiquette et a quelques lacunes scolaires. Katsuragi s’occupe alors avec sévérité de l’éducation du successeur. En grandissant, Akihito essaie constamment de comprendre son intendant, jalousant les faveurs que ce dernier accorde à Saionji Shigeyuki, fils de marquis, et la marquise Moriyama Kayoko. De même, il s’interroge sur le regard parfois haineux que son domestique lui porte.

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. L’auteure plonge ses lecteurs dans une sorte de saga familiale, où les secrets, les liens vassaliques persistants et les changements sociétales prennent plus d’importance que la relation sentimentale. Un réel bonheur à suivre!

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Le montre et la bête 1 – Renji

le monstre et la bete 1 renji

Renji 蓮地
ISBN: 9782375061893
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784041064948 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Ne vous fiez pas aux apparences: le monstre peut être plus doux qu’une bête!

Pour son premier manga, Renji sensei propose de suivre l’étrange relation entre un humain et un monstre. Elle installe le contexte et les personnages, prenant son temps pour développer leurs sentiments. Le prétexte du voyage permet aux protagonistes de discuter et se découvrir. La narration prend un ton de conte raconté, présentant également le point de vue de Kavo. L’auteure joue sur les contrastes et les opposés et interroge sur l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Le monstre Kavo s’avère doux et ingénu, tandis que Liam, malgré son âge, reste insouciant, dévergondé et ouvert à toutes expériences sexuelles. L’humain ne fait aucun compromis et parle franchement, alors que le monstre dégage un côté mignon par ses réactions et son comportement. Ainsi, il devient difficile de savoir qui est vraiment le monstre ou la bête. En fin de tome, une histoire bonus donne une anecdote amusante sur la nourriture.

La mangaka a un trait épuré original. Malgré le visage de Kavo toujours caché, elle exprime les différents sentiments du monstre en modifiant la forme de ses yeux, un point lumineux sous l’ombre des cheveux. Elle simplifie les traits et les formes dans les passages humoristiques. La carrure musclée et gigantesque de Kavo contraste avec le corps pourtant longiligne de Liam. L’univers d’héroic fantasy se mêle au contemporain. Par exemple, Liam porte des costumes 3 pièces. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les angles de vue, malgré quelques plongées, contre-plongées et vue de dessus, semblent assez classiques. Néanmoins, la mise en page reste dynamique. Sous la jaquette, deux planches narrent un quiproquos entre Kavo et Liam.

En résumé

Le monstre Kavo vit dans la forêt, esseulé. En effet, son aspect effrayant fait fuir humains comme autres monstres. Un jour, il sauve un homme d’âge mûr qui se faisait agresser. Liam n’a pas peur de lui, même lorsqu’il le menace de le manger. Il lui fait même une proposition indécente, acceptant de coucher avec lui. Kavo est alors surpris en apprenant que Liam était consentant pour coucher avec ses agresseurs, aimant prendre du plaisir, mais que cela ne s’était pas passé aussi bien qu’il l’avait prévu. Devant l’inconscience de l’humain, le monstre décide de le guider jusqu’à Liiso. Mais après un baiser volé, il préfère tout de même garder un peu de distance avec ce dévergondé…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2019. Le jeu de contrastes est assez perturbant au début mais on est vite pris par l’aventure. Justement, Renji sensei s’éloigne des BL et propose donc de suivre une histoire avec des personnages attachants dont les sentiments vont évoluer peu à peu. De la douceur!