Beast’s storm 2 Kiss me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 2 kiss me baby kuroi morry

KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762790
Hana, 2022
ISBN: 9784796412636 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La dure organisation de la vie de famille.

Kuroi Morry sensei continue sa tranche de vie sur le couple de bêtes en s’intéressant à leur vie de famille. Elle montre l’organisation nécessaire des deux parents pour élever un enfant. A cause du manque d’échanges du couple, le doute et la jalousie s’installent. En effet, les bêtes sont sensibles aux odeurs. Toutefois, nos deux héros éprouvent une certaine honte à ne pas faire confiance à leur partenaire. Avec Kurosaki et l’infirmier Kirigaya, l’auteure aborde les préjugés entre les bêtes et les normaux, confrontant deux visions différentes. Ainsi, le médecin ayant l’esprit très ouvert, travaille à une égalité entre les deux espèces, acceptant le rejet et les remarques de certaines bêtes, tandis que l’infirmier a du mal à cacher son malaise. Le chapitre bonus se concentre sur Shôta. Une autre histoire en deux chapitres complète ce tome, narrant une romance entre deux amis d’enfance.

Le trait très épuré de la mangaka sublime le graphisme mignon des personnages. D’ailleurs, elle met en avant les bouilles de Shôta. Les décors situent principalement l’action. Toutefois, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, il y a beaucoup moins de scènes érotiques. En revanche, Kuroi sensei continue de censurer les parties intimes par des caches blancs.

En résumé

Beast’s storm / Il s’appelle Nutty: Kijima Akira (anciennement Miyaji) et Sôgo élèvent ensemble leur enfant Shôta en se partageant les tâches ménagères. Comme l’hôpital manque de personnel, Akira a repris le travail rapidement. Mais ses phéromones post-partum attirent certaines bêtes. Un nouveau médecin, affecté en renfort, lui vient en aide alors qu’un patient l’embêtait. Bien que normal, Kurosaki est spécialiste des bêtes. Il s’avère également être un ami de Sôgo. Très ouvert, il sympathise donc facilement avec Akira…
Bon appétit!: L’inspecteur en chef de la section criminelle Murata Chihiro (29 ans) est à la recherche d’un voleur qui s’est caché dans un sanctuaire, profitant de la foule venue admirer les cerisiers en fleurs. Il est alors interpelé par un ami d’enfance, Kinoshita Ryô, qui travaille sur un stand de takoyaki. Il y a dix ans, ils s’étaient séparés abruptement lorsqu’il avait giflé Ryô qui avait essayé de l’embrasser de force. Pourtant, leurs retrouvailles se passent comme si rien ne s’était passé.

En conclusion

Malgré des thèmes intéressants, l’auteure les aborde avec légèreté, privilégiant le fan service et l’humour. Le récit reste pourtant mignon, divertissant et sympathique. Et Shôta vous fera fondre!

Beast’s storm 1 – Kuroi Morry

beast s storm 1 kuroi morry

KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762783
Hana, 2022
ISBN: 9784796411325 (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Aller contre son instinct.

Kuroi Morry sensei offre une comédie romantique entre deux hommes aux caractères opposés. Elle crée un univers inspiré de l’omegaverse mais moins contraignant, s’amusant surtout sur le fan service des personnages mignons avec des oreilles et des queues d’animaux. Ainsi, l’humour se base principalement sur les chamailleries entre les deux protagonistes qui ont d’abord une vision différente de l’amour. Alors que Miyaji rejette sa nature de bête, Kijima assume complètement son instinct, laissant libre cours à sa libido. Ensuite, ils vont trouver quelques points communs qui les rapprocheront petit à petit. L’auteure aborde la place de l’amour sous l’influence des phéromones ainsi que la force de la volonté. Elle confronte l’instinct animal au sentiment amoureux. De même, elle met en avant la conception réfléchie à deux d’un enfant. La narration donne principalement le point de vue d’Akira, mais l’histoire bonus développe celui de Sôgo.

La mangaka a un trait très épuré. Elle exagère les expressions, n’hésitant pas à les simplifier au maximum. Ainsi, elle apporte une touche humoristique graphique qui flirte avec l’aspect mignon des personnages. En revanche, Kijima, très musclé, contraste un peu dans cet univers. Les décors minimalistes situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne avec efficacité le rythme de lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails ou en utilisant des caches blancs. Il y a presque une scène à chaque chapitre.

En conclusion

Suite à une mutation génétique, certains humains ont évolué en « bêtes ». Ils possèdent des oreilles et une queue d’animal et sont dominés par leur instinct. En plus, les couples homosexuels d’hommes peuvent également donner naissance à un enfant. Miyaji Akira, une bête née de parents normaux, officie en tant que médecin dans un hôpital spécialisé pour les bêtes. Durant ses consultations, il reçoit la visite du directeur de l’hôpital, Kijima Sôgo, qui prétend avoir ses chaleurs. Peu à l’aise avec cette bête aux gènes dominants qui suit uniquement son instinct, le médecin ne supporte plus les demandes de son supérieur pour devenir son partenaire. En effet, beau et dégageant des phéromones, ce dernier se fait tout le temps draguer. Pourtant, Akira se surprend à ressentir de la jalousie. Soudainement en chaleur, il fuit alors dans son bureau mais Kijima le suit.

En conclusion

Les doubles oreilles sont d’abord surprenantes, mais on s’y fait vite. L’auteure arrive à installer son univers en l’étoffant au fil des chapitres. En revanche, l’influence des phéromones et des chaleurs permet de faire passer des relations non consenties comme inévitables. Cela pourrait gêner certains lecteurs. Ce tome est surtout divertissant et mignon, avec un jeu de séduction amusant.

Come to hand – Sei

come to hand sei

Sei 世
ISBN: 9782382760987
Hana, 2021
ISBN: 9784845856633 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Nos univers sont différents, mais cela ne m’empêche pas de t’aimer. »

Sei sensei offre une romance contemporaine et réaliste entre un professeur et un tatoueur. Elle met en avant l’ouverture d’esprit des deux hommes qui, par attirance, découvrent avec plaisir l’univers de l’autre. Les sentiments sont très rapidement partagés, mais le couple prend son temps pour les consolider. Par ailleurs, le propriétaire Shigure et l’employé du salon Raizo apportent une touche humoristique. Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien la narration, s’attardant sur les petits tracas du quotidien. Elle aborde la différence d’âge, les regrets, l’importance de la discussion. Elle complète ce tome avec une romance entre un acteur et un écrivain, sur le même ton doux.

La mangaka a un trait fin, épuré et délicat, proche du style shôjo. Elle porte attention aux gestes tendres. Elle joue beaucoup sur les tons dégradés, apportant de la douceur aux pages. De même, les visages ronds renforcent cet aspect doux. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les arrière-plans sont actifs, avec des personnages qui parlent, bougent. Cela donne ainsi une touche très réaliste au récit. Pour un premier manga, Sei sensei maîtrise déjà très bien la mise en page, dynamique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Come to hand / Da capo: En pleine période de corrections, le professeur de musique Umino Miharu (35 ans) remplace également un collègue malade. Surmené, il s’effondre de fatigue devant un salon de tatouage. Arashi Kasuga (28 ans), gérant du salon, le recueille alors chez lui. Mais en voyant les tatouages, Umino laisse échapper quelques mots blessants qu’il regrette aussitôt. Le lendemain, il revient donc s’excuser et le remercier de son aide. Comme il a attendu dans le froid, Arashi l’invite à discuter au chaud chez lui. Durant la discussion, le professeur révèle sans le vouloir qu’il est homosexuel. Mais la visite impromptue d’une cliente met fin à leur échange. Ayant envie de revoir le tatoueur, Miharu accepte volontiers les gants qu’il lui prête. Au lycée, le collègue qu’il a remplacé lui offre des tickets de concert. Le jeune professeur invite alors son nouvel ami. Après le spectacle, ce dernier lui propose de sortir ensemble.
Une rencontre bien réelle: L’acteur Yamabuki Hajime rencontre l’auteur Satô Sumire, dont le roman sera adapté en film. Il y jouera un rôle. Mais grand fan du romancier, il n’arrive pas à cacher sa nervosité. A sa surprise, ce dernier l’invite chez lui pour lui, en dix exemplaires, son dernier roman. En échange, Hajime lui propose alors de cuisiner ce qu’il souhaite.

En conclusion

Ce titre a obtenu la neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Le récit est bien ancré dans l’actualité, avec l’homosexualité et les tatouages qui commencent à être mieux acceptés dans la société japonaise. Pour rappel, l’image du tatouage est négative au Japon, souvent rattachée à celle des yakuzas. Ce récit plein de douceur ravira les romantiques. Il est également idéal pour débuter.

Blue sky complex Dégradé bleu indigo – Ichikawa Kei

blue sky complex degrade bleu indigo ichikawa kei

ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782382760505
Hana, 2021
ISBN: ‎9784864423670 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Dans l’intimité de Motochika et Natsuki.

Ichikawa Kei sensei offre un recueil de dôjinshi, dévoilant quelques tranches de vie du quotidien des héros de sa série. Elle présente des moments plus intimes, pas forcément érotiques, permettant de découvrir d’autres facettes de Natsuki et Motochika. Ainsi, le lecteur les suit du collège à l’université, découvrant l’évolution de leur relation. Comme dans la série, la communication entre le couple est mise en avant, d’autant plus que Chika se montre parfois avide durant les ébats, perdant même le contrôle. L’auteure dévoile également comment Ônuki Minato a découvert le BL grâce à son amie Yume. Par ailleurs, elle expérimente d’autres styles de narration, étant plus libre que dans un manga édité.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur la réaction de ses personnages, transmettant la sensualité des gestes. Comparé à sa série, elle a un style plus dépouillé. Il y a peu de trames; les décors situent l’action. Les scènes érotiques, non censurées, sont plus détaillées et plus longues. En effet, Ichikawa sensei peut prendre plus de liberté dans un dôjinshi et s’amuse même à expérimenter des mises en page plus osées. Par exemple, une conversation avec un plan fixe sur des mains, un cadrage fixe sur une pleine page où les personnages évoluent. Elle conclut également certains chapitres par des anecdotes amusantes.

En résumé

Terashima Natsuki attend le départ de sa mère pour accueillir son petit ami à la maison. Même si elle sait qu’il est gay, il n’a pas envie qu’elle sache qu’ils font l’amour ensemble. Cela amuse Narasaki Motochika qui cherche déjà les câlins. Mais pendant leurs ébats, Natsuki n’arrête pas de l’interroger sur ses premières expériences…

En conclusion

Ce tome s’adresse principalement aux fans de la série qui seraient frustrés de ne pas voir l’intimité des personnages. Toutefois, l’auteure transcrit parfaitement les émotions des deux héros, même dans les scènes érotiques. Il est certain que leur inclusion dans la série de base aurait brisé le rythme de lecture. Et est-ce que cela vaudrait le coup, avec la censure obligatoire des tomes reliés? Un énorme bonheur pour moi de découvrir ainsi un peu plus Motochika et Natsuki, avec en prime, une mise en page parfois originale et inspirante.

Take over zone 2 – Minase Masara

take over zone 2 minase masara

MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806876
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784199604515 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je trouve ça génial de courir en équipe! »

Minase Masara sensei continue à développer la relation amoureuse entre Hashimoto et Konno. Elle sème quelques difficultés à surmonter, comme l’entrainement intensif ou des triangles amoureux. Elle s’intéresse au manque de communication, à l’installation du doute dans un jeune couple. Bien que Mizuki ait surmonté son traumatisme, sa peur surgit selon certaines circonstances. En se confiant petit à petit, il permettra à son entourage de s’adapter et de le soutenir. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence du moral sur la concentration et les résultats sportifs. Elle met surtout en avant l’importance de la cohésion de l’équipe dans le relais. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre une anecdote amusante sur les personnages secondaires: Yamauchi fait les frais de l’enthousiasme d’Ogasawara.

La mangaka a un trait léché, anguleux et épuré. Elle dessine des personnages sveltes. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, aplatissant ses longs mentons. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames servent surtout à colorer ou à indiquer les contre-jours. Toutefois, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique, en particulier dans les séquences de sport, avec des angles de vue très variés. Dans les scènes érotiques, Minase sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Par ailleurs, elle représente des scènes de camaraderie dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après les qualifications pour le tournoi, Hashimoto Mizuki, fiévreux, se lie corps et âme avec Konno Eishi, surmontant sa peur. Son partenaire d’abord hésitant, reste à son écoute. Depuis le rapprochement des deux amoureux, Yamauchi et Ogasawara se sentent alors un peu délaissés. Pour préparer le tournoi du Kantô, le club d’athlétisme ira en camp d’entraînement avec l’université Hakuhô, profitant au passage de leur équipement ainsi que des conseils de leur coach spécialisé. Mais parmi les étudiants, Nashida se montre très familier avec Konno. Mizuki a donc du mal à contenir son inquiétude.

En conclusion

L’alternance entre romance et sport donne un ton particulier à ce BL. Une lecture agréable et distrayante procurant de belles émotions!

Take over zone 1 – Minase Masara

take over zone 1 minase masara

MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806722
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784199604171 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Surmonter un traumatisme grâce à la passion et l’amour.

Minase Masara sensei offre une romance dans le milieu sportif scolaire. Elle intègre la possible formation d’autres couples autour des deux héros. Elle développe également des personnalités intéressantes. Par exemple, Yamauchi est à la fois manipulateur et bienveillant. Les entrainements intensifient les sentiments entre rivalité, admiration, attirance. De même, les quelques explications sur les spécificités de l’athlétisme apportent un plus à l’histoire. Ainsi, l’auteure utilise les ficelles classiques du récit sportif: le surpassement de soi, l’esprit d’équipe. A travers Mizuki, elle montre l’influence, sur les sportifs en devenir, d’une ambiance différente entre une équipe soudée, bienveillante et une équipe privilégiant les performances entrainant l’isolement. Par ailleurs, elle aborde la difficulté à se reconstruire après un traumatisme. L’histoire bonus apporte une anecdote amusante sur les autres membres de l’équipe.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des mentons longs et proéminents. Elle varie les angles de vue, surtout dans les illustrations en début de chapitre. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors sont présents. Par contre, les lignes d’action restent discrètes. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Minase sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Elle reste même pudique sur les attouchements qui apparaissent en flash-back.

En résumé

En cours de sport, Hashimoto Mizuki se fait remarquer par un bon chrono au 100 mètres. Sentant qu’il cache ses capacités, le professeur Wada lui demande alors de refaire une course avec Ogasawara, membre du club d’athlétisme. Mais le lycéen bat l’athlète sans difficulté. Depuis, Ogasawara essaie de le recruter dans le club. Wada, responsable du club d’athlétisme, et le capitaine du club Takashima, tentent également de le convaincre. Sur le terrain, Mizuki semble reconnaître Konno Eishi qui s’entraine au saut en hauteur. Effectivement, il pratiquait le sprint au collège et avait même participé à un tournoi national mais il a arrêté brusquement. Le taquin Yamauchi lance alors un défi au nouveau: si il bat Konno, il intègrera le club. Pourtant, frustré d’avoir perdu, Mizuki ne peut s’empêcher de provoquer à nouveau son adversaire…

En conclusion

Je trouve Mizuki trop adorable dans ses réactions. Minase sensei reste pudique dans le traitement du traumatisme mais rend parfaitement le malaise ressenti. Les BL en milieu sportif étant rares, c’est une lecture appréciable d’autant plus que l’aspect sportif prime sur la romance.

La forêt aux lapins 2 – Enjo

la foret aux lapins 2 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782382760802
Hana, 2021
ISBN: 9784813032731 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les tourments de l’amour de deux amis d’enfance.

Enjo sensei décortique la relation qui se transforme entre Tamaki et Shunta. Elle alterne la narration entre les deux adolescents, partageant leurs réflexions. Yuminaga a clairement conscience de céder constamment aux demandes de son ami. D’ailleurs, Shunta en profite sciemment pour le forcer, regrettant à chaque fois d’imposer ses pulsions. Comme son ami a développé une aversion de tout ce qui a trait au sexe, le consentement dans leurs rapports semble constamment en équilibre sur un fil tendu, souvent à la limite du tolérable. Ainsi, l’auteure pose un regard assez large sur la sexualité. Elle installe une frontière entre le sentiment amoureux considéré comme pur et l’acte sexuel ressenti comme négatif. Plus que l’homosexualité, elle interroge sur l’attirance entre hommes. D’ailleurs, les personnages secondaires, comme le sex friend de Shun, Takumi, et les salarymen Yamanobe et Matsuyama apportent un regard différent.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle détaille les petits gestes et les regards. Le trait se simplifie dans les passages humoristiques: par exemple, les yeux se résument à deux points mais cela donne une bouille trop mignonne aux personnages. L’utilisation des trames est équilibrée. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec parfois des passages très séquencés. Dans les scènes érotiques, Enjo sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Comme dans le tome précédent, l’illustration couleurs de la couverture utilise une gamme dominante de tons, du plus bel effet.

En résumé

Même s’ils ont décidé de sortir ensemble pendant un an, Yuminaga Tamaki s’interroge sur sa relation avec Shii Shunta. En effet, il remarque que ses sentiments avec son ex, Hanaoka, ont complètement changé dès qu’elle devenait plus charnelle. Prisonnier de ses promesses depuis l’enfance, il ressent du dégoût pour le sexe en général. Quand Shii vient le chercher à la sortie du travail pour un rencart improvisé, il réalise que le terme le dérange plus que la situation-même, peu différente de leurs habituelles sorties. Son ami l’invite donc à réfléchir au sentiment amoureux et à profiter simplement du délai fixé. Mais quand il lui impose un baiser langoureux au lieu de leur bécot habituel, Yuminaga prend peur. Shunta essaie donc immédiatement de se faire pardonner.

En conclusion

L’auteure a une approche narrative merveilleusement bien maîtrisée. En plus son graphisme est un délice pour les yeux. Je me retrouve à la fois à détester et apprécier Shii, réprouvant son comportement, puis lui pardonnant en constatant ses profonds regrets. Un récit à lire et relire. Mise à jour: Ce tome obtient la seizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022.

Your story I have known – Suzuki Tsuta

your story I have known suzuki tsuta

SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351807385
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784812470282 (JP)
Takeshobo, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un recueil de tranches de vie mettant en avant les réactions face à une déclaration d’amour.

Suzuki Tsuta sensei explore les réactions lors d’une déclaration d’amour d’un homme envers un autre homme. Elle aborde la réflexion sur l’amour homosexuel, les hésitations, le rejet ou l’acceptation, l’évolution des sentiments. Le premier récit qui donne son titre au manga présente par tranches de vie l’évolution de la relation entre Shibusawa et Matsumoto. Malgré sa tête d’ange, Haato arrive à imposer petit à petit ses sentiments à Shibusawa qui semble s’accrocher désespérément à l’hétérosexualité. Pourtant, il réalise parfaitement son attirance. L’homme de main, Toshi, apporte une touche d’humour. Par la suite, l’auteure développe des histoires courtes en un chapitre. « Oignons sautés » met en scène deux crétins amoureux qui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs désirs. Le troisième récit, avec sa touche fantastique, aborde la peur de l’influence de la solitude sur les sentiments. « Vole les yeux de dieu » questionne sur l’amour et la peur du regard des autres.

La mangaka dessine des personnages sveltes finement musclés. Elle a un trait légèrement fin et anguleux, qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques. De même, elle marque parfaitement l’âge des protagonistes par quelques rides. Les décors situent l’action mais sont soignés. Les trames d’ambiance renforcent surtout les émotions fortes. Par ailleurs, le travail général des trames est équilibré. La mise en page est simplement dynamique. Suzuki sensei ne censure pas réellement les scènes érotiques, mais elle évite de montrer les parties intimes en détail. De plus, avec le format court, ces passages sont très succincts. La postface révèle quelques secrets de création. Sous la jaquette, une illustration répond à la couverture. Au verso, un questionnaire amusant pour les lecteurs les invite à fantasmer sur la création de couples.

En résumé

Your story I have known / Our story I have known / My story you have known: Matsumoto Haato demande à Shibusawa de l’intégrer dans le clan de yakuza quand il aura fini ses études. Le lycéen, maltraité par sa mère, s’est attaché à cet homme qui s’occupait de lui quand il fréquentait sa mère. Mais le mafieux refuse catégoriquement. Néanmoins, il l’autorise à se réfugier chez lui quand cela ne va pas, n’arrivant pas à se détacher de l’adolescent. Quand ce dernier l’embrasse fou de joie, il décide de revoir également son éducation…
Oignons sautés: Negishi Taku (17 ans) a déclaré son amour à son ami d’enfance Wada Tamao (17 ans). Mais depuis, Tama le trouve beaucoup trop entreprenant…
Si ma voix te parvient: Saitô Zengo, le fantôme d’un samouraï, veille sur Shôta, un lycéen bagarreur…
Vole les yeux de dieu / Bonus: Depuis que Wakatsuki lui a fait une déclaration d’amour, de douloureux souvenirs hantent Narasaki. En effet, au lycée, ce dernier avait eu des paroles blessantes envers son ami d’enfance, amoureux de lui.

En conclusion

Avec ce recueil, l’auteure arrive malgré le format court à présenter différentes questions sur l’amour homosexuel. Même si elle n’approfondit pas le sujet, elle montre l’essentiel des premières réactions, souvent blessantes ou équivoques. J’aime particulièrement le récit principal et « Vole les yeux de dieu ». Une lecture divertissante, agréable mêlant romance et humour.

Jealousy 4 – Scarlet Beriko

jealousy 4 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375062913
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667480 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Quand la jalousie oscille avec la haine.

Scarlet Beriko sensei met maintenant en avant Matsumi. Elle dépeint avec finesse la noirceur du yakuza qui n’a aucune considération pour ses hommes. Sous son visage plutôt doux, il cache une personnalité froide et cruelle. Son complexe envers Akitora semble le consumer. Ce tome, plus violent que le précédent, expose les diverses méthodes de manipulation utilisées par les mafieux, comme par exemple la torture, le kidnapping, les tournantes. De même, il y a beaucoup d’action et de suspense. Par ailleurs, l’auteure décortique les différentes manifestations et causes de la jalousie à travers Asoda, Akitora et Matsumi. Elle fait également évoluer Uichi, qui prend conscience des conséquences de son comportement immature. Elle continue aussi à dévoiler les sentiments profonds des protagonistes, interrogeant sur la loyauté, l’ouverture d’esprit, la haine et les relations. L’histoire bonus détend l’atmosphère pesante avec une anecdote sur la conception de la couverture.

Le trait léché de la mangaka conserve une touche réaliste. Elle varie les trames avec beaucoup d’équilibre. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Scarlet sensei ajoute quelques effets intéressants. Par exemple, la représentation des rêves illustre graphiquement le caractère des personnages. Ainsi, le style doux et vaporeux du rêve de Rogi contraste avec celui très réaliste d’Akitora. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. On peut admirer la finesse du tatouage de Matsumi au dos de la couverture.

En résumé

Le patron du clan Ôyamato se meurt, mais son fils essaie de le maintenir en vie de force. Même si Matsumi a kidnappé Rogi Uichi, ce dernier obéit docilement à ses demandes, trop content de pouvoir se venger d’Akitora. De retour à la résidence Hanamura, l’homme farfelu tente de prouver son innocence grâce à un enregistrement audio. Mais malgré les preuves, son amant refuse de punir Asoda, le considérant comme un membre de la famille. Vexé par la différence de traitement d’Akitora qui ne l’intègre toujours pas, Rogi trouve à nouveau refuge auprès d’Ôyamato Matsumi. Mais alors qu’ils se promenaient ensemble, Akitora laisse exploser sa jalousie en les croisant. Son frère jubile à l’idée d’avoir enfin trouvé son point faible…

En conclusion

En révélant d’autres facettes de ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à reconsidérer leur approche envers eux. Pour ma part, j’apprécie de plus en plus Asoda qui semble très humain malgré ses contradictions. L’analyse de Scarlet sensei des relations humaines et des sentiments est d’une telle finesse! Attention, les passages violents pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Ce tome se termine sur un suspense insoutenable, ne laissant rien transparaître du développement à venir.

I hate – Natsume Kazki

I hate natsume kazki

NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775714
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422178 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des retrouvailles entre des amis qui se sont perdus de vue.

Natsume Kazki sensei suit deux couples d’amis qui s’étaient perdus de vue et se retrouvent après quelques années. Pour un premier manga, elle maîtrise déjà son scénario et son graphisme. Elle s’intéresse à la nostalgie, aux sentiments suspendus, à la définition de l’amour. Les deux récits se basent au départ sur une même intrigue, avec un des partenaires amoureux depuis le début et l’autre qui n’arrive pas à cerner ou admettre ses sentiments. De même, la narration alterne entre les personnages. Toutefois, l’auteure diversifie les caractères des personnages et s’attarde sur leurs sensibilités pour offrir des relations différentes. Elle met en avant des collègues taquins et protecteurs qui permettent aux héros d’avancer et de réfléchir à leurs sentiments. Ainsi, Aoe a peur du changement et Hirose a du mal à assumer son homosexualité. En fin de tome, elle regroupe les deux couples d’amis pour ajouter des anecdotes amusantes.

La mangaka a un trait reconnaissable, épuré, anguleux, fin mais avec une touche presque brute et acérée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue sur les contrastes blanc et noir. Malgré une utilisation des trames équilibrée, les pages paraissent plutôt claires, presque dépouillées. Les décors sont pourtant présents. Par ailleurs, les cadres sont épais mais cela colle au style car les pages semblent parfois chargées. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques, avec des caches blancs sur les détails des parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une postface développant la création de ses récits.

En résumé

I hate / I love: A 27 ans, Hirose Nozomi est encore puceau. Il n’a même jamais embrassé une fille. Pourtant au lycée, il appréciait les baisers de son kiss friend Kiriya Kaoru. Mais un jour, son ami se montrant trop entreprenant, il a pris peur. Traumatisé, il a donc fui à Tokyo dès son diplôme obtenu et travaille maintenant dans un magasin d’ameublement. Devant s’occuper de la décoration d’un bar à hôtes, il retrouve par hasard Kiriya qui est devenu escort boy. Même s’il n’a pas envie de renouer avec lui, il ne l’a pourtant pas oublié depuis ces dix années…
No where, now here: Itsuki Aoe (27 ans) et Hinomoto Akaya (27 ans) sont amis d’enfance. Un peu asocial, Aoe est fonctionnaire dans sa région natale. Akaya, quant à lui, est devenu designer à Tokyo et commence à avoir du succès. Mais quand il revient dans sa région après cinq ans d’absence, Aoe n’hésite pas à prendre des congés pour passer du temps avec son ami. Alors que tout change autour de lui, le jeune homme a l’impression de stagner. Et il panique quand son ami l’embrasse bien que ce dernier ait toujours clamé son amour pour lui.
Love is here…? / About them: Dans le magasin de Hirose, Kiriya demande les goûts de son petit ami sur les oreillers, lui proposant au passage de s’installer ensemble. Ils croisent alors leurs amis du lycée Aoe et Akaya, également venus acheter une nouvelle literie…

En conclusion

Ce one-shot se classe huitième meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2016. Je trouve très intéressant de partir d’un même plot pour proposer deux développements différents. Les personnages sont en plus attachants, leurs réactions réalistes. J’adore particulièrement le trait de l’auteure.