Paparazzi – Nishimoto Rou

paparazzi nishimoto rou

NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782382761106
Hana, 2022
ISBN: 9784396785161 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Titre original: このキスは記事にできない
Manga
Ero-mètre: hard
Recomandation: beaucoup

« Une romance au goût d’interdit entre un acteur et un paparazzi! »

Nishimoto Rou sensei narre une romance entre un riche et bel acteur célèbre et un paparazzi peu doué et immature. Elle débute par une relation au consentement plutôt gris, mais qui pousse les deux héros à s’interroger sur leur attirance. Ainsi, elle développe particulièrement la personnalité de ses personnages. Manato a tendance à fuir la réalité et Ryû est prisonnier de l’image de marque qu’on lui a créée. Bien qu’ils aiment leur métier, ils ne s’y épanouissent plus. D’abord dans le déni, leurs sentiments naissent peu à peu. Par ailleurs, l’auteure aborde entre autre, le jugement sur l’apparence, les clichés sur la beauté physique, les différences sociales, la pression des médias et des agences dans le monde artistique. Avec le manager Kido, elle met en avant la difficulté à combiner objectifs de l’agence et états d’âme de l’acteur. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle dessine des personnages plutôt virils et musclés. Par ailleurs, elle détaille les mouvements et renforce les émotions avec des trames d’ambiance. De même, les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de cases, les ellipses, les sorties de cadres et la déformation ou l’absence des cadres. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détaille même les coupes intérieures. Toutefois, elle s’attarde surtout sur la sensualité des ébats. Les illustrations en début de chapitre sont directement intégrées au récit.

En résumé

Malgré sa popularité, l’acteur Honda Ryû (28 ans) s’interroge sur son talent, étant souvent apprécié pour sa beauté. En plus, il travaille pour l’agence dirigée par son père, un ancien acteur. Tandis qu’il se rendait dans un bar, le paparazzi Higa Manato (26 ans) le percute alors qu’il fuyait. Mais à la surprise de la star, le journaliste ne le connaît pas. En effet, Higa vivait aux États-Unis et travaille seulement depuis deux mois pour un magazine au Japon. Comme il n’a toujours pas trouvé de scoop, son patron lui lance un ultimatum. Chez sa petite amie Shiho, le photographe découvre alors que son sauveur est un célèbre acteur. Bien que se sentant redevable, il hésite à suivre Honda. Mais quand il le surprend avec une femme, l’acteur le provoque…

En conclusion

Comme Two sides of the same coin, ce one-shot offre une histoire très sexy et adulte. Je trouve que Nishimoto sensei a vraiment du talent pour construire des personnages touchants, ayant à la fois du charisme et un côté sombre. Pour moi, c’est un coup de cœur!

Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro

NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Number call – Furuya Nagisa

number call furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382761137
Hana, 2022
ISBN: 9784758073561 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« A chaque fois que les gens voient mon prénom, ils décident eux-mêmes de comment le prononcer. »

Furuya Nagisa sensei offre une douce et pudique romance dont le thème principal tourne autour du nom. Elle décortique la construction d’une relation, à partir du développement d’une amitié jusqu’aux prémices de l’amour. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs premiers émois. On retrouve déjà son style narratif, par petites tranches de vie: ici, une année de terminale. Eito et Hachi découvrent rapidement d’autres points communs en plus de la signification similaire de leur surnom. Par ailleurs, au fil des chapitres, l’auteure développe un peu plus Yokoi et Kisshi, respectivement les amis de Tachibana et Tomoya. Elle les fait subtilement intervenir auprès des deux lycéens qui ont du mal à déterminer la nature de leurs sentiments. L’histoire bonus satisfait les lecteurs par une conclusion toute mignonne.

La mangaka a un trait épuré encore plus simplifié dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur les petits détails. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est plutôt aérée. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei prenant soin de décortiquer les sentiments.

En résumé

Tachibana Akito, en section littéraire, attire depuis son enfance les quolibets de ses amis car la lecture des caractères de son prénom peut aussi se prononcer « Eito », soit « eight » en anglais. D’ailleurs, son ami Yokoi se moque un peu de lui car il a obtenu 88 à trois contrôles. Par inadvertance, il laisse s’envoler la copie par la fenêtre. Mais un gentil garçon de la section scientifique la ramasse et la rend à Eito avec un grand sourire. Plus tard, Yokoi apprend à son ami que ce gentil garçon s’appelle Tomoya Hatta et qu’on le surnomme Hachi, signifiant également « 8 ». Tomoya est heureux de trouver un ami qui a un nom similaire au sien mais soudain, Tachibana n’ose pas lui révéler son vrai prénom…

En conclusion

Pour son premier manga, Furuya sensei mène déjà très bien son scénario. Elle offre une histoire emplie de douceur et de fraicheur. Elle arrive déjà à pointer les petits moments forts du quotidien de l’adolescence. Je suis d’ailleurs facilement touchée par les deux lycéens qui réalisent petit à petit leurs sentiments sans trop y croire, tout en cherchant à préserver le lien particulier qu’ils nouent. Si vous aimez l’auteure (Les deux lions, Blue summer), n’hésitez pas à vous précipiter sur ce one-shot.

L’écrivain au cœur flétri – Yan

l ecrivain au coeur fletri yan

Yan やん
ISBN: 9782382760734
Hana, 2021
ISBN: 9784815501488 (JP)
Sankosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La question de l’homosexualité dans des relations adultes.

Yan sensei propose un recueil de romances adultes et mignonnes. Elle développe toujours des relations consensuelles. De même, elle aborde divers sujets d’actualités. La première histoire développée sur trois chapitres et un chapitre bonus donne son titre au manga. Bien que Kiriya soit un écrivain reconnu, il est peu sûr de lui et éprouve des difficultés à s’exprimer. Ses sentiments naissent peu à peu grâce à la patience de Toraï. Dans « Gateau à la fraise », l’auteure aborde la peur du regard extérieur sur l’homosexualité au bureau. Elle offre un scénario plus léger dans « Les huitièmes noces ». Par contre, dans le dernier chapitre, elle s’intéresse aux difficultés de l’adoption pour un couple gay malgré une législation en leur faveur. Les deux histoires bonus apportent une note très érotique.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages dans un style qui lui est propre et efficace. Elle détaille les décors, présents et réalistes. De même, les trames sont équilibrées. Par contre, quelques trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page reste assez classique avec tout de même quelques cases dynamiques. D’ailleurs, Yan sensei met en valeur les corps musclés de ses personnages. A noter qu’elle porte attention aux détails comme les taches de rousseur de Kayle ou en exagérant le côté mignon de la chatte, dans le chapitre « Promesse à Brighton ». Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Toutefois, il y a une scène par chapitre.

En résumé

L’écrivain au cœur flétri / Notre jardin se pare des couleurs de l’hiver: L’écrivain de science-fiction pour enfants Kiriya Kôsuke (46 ans) manque actuellement d’inspiration. Son éditeur Tanaka lui présente un jardinier, Toraï Sotetsu, qui apprécie ses œuvres depuis l’enfance. Mais asocial et gay, Kiriya a du mal à rester naturel avec ce dernier, même s’il est charmé par sa musculature. Pourtant, Toraï ne se vexe jamais quand il se montre brusque et froid. Un soir, alors que le jardinier finissait de travailler sous la pluie, l’écrivain l’invite à se reposer chez lui…
Gâteau à la fraise / Bienvenue, mon chéri!: Ookuni et Masumida sortaient ensemble mais se sont séparés quand Ookuni a intégré la même entreprise que son petit ami. Pourtant, leurs sentiments sont encore bien présents…
Les huitièmes noces: Le milliardaire Kalkadan va bientôt marier la dernière de ses sept filles. Au marché, il vient en aide à un marchand itinérant, Bauma, qui se disputait avec un client persuadé d’être arnaqué. Ce dernier lui recommande de se méfier des voleurs de dot…
Promesse à Brighton: Kayle et Jayden, un couple gay marié depuis quatre ans, souhaitent adopter un enfant mais essuient un refus. Kayle a du mal à digérer cette décision…

En conclusion

Yan sensei possède un style graphique qui change un peu de l’ordinaire, rappelant le mouvement actuel de certaines mangaka dessinant des muscles proéminents. Elle offre des histoires simples et mignonnes, sans prétention au premier abord. Mais hormis « Les huitièmes noces » qui dénotent un peu du ton général, elle aborde des questions d’actualités ancrée dans la réalité. Une lecture idéale pour passer un agréable moment.

Restart – Hidaka Shoko

restart hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782351804834
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862630490 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tout n’est pas glamour dans le monde de la mode… »

Hidaka Shoko sensei propose des romances se déroulant dans le monde de la mode. Elle s’intéresse à la rivalité entre mannequins galvanisée par des effets de mode, les carrières fluctuantes, la perte de confiance en soi. A travers Tadashi et Aki, elle aborde également la difficulté à cacher une relation amoureuse et à coordonner un emploi du temps. L’histoire bonus en fin de tome permet de découvrir la rencontre entre les deux mannequins. Par ailleurs, le chapitre spin-off « Pour toi » questionne sur la différence d’âge. L’auteure développe des personnalités complexes malgré le format court. Ainsi, elle met en évidence la tendance de Yoshizawwa et Honma à se rabaisser et à remettre en question leur place dans le métier. En fin de tome, elle dépeint avec finesse la confusion des sentiments de Tomohiro, prisonnier de son ancien amour.

La mangaka a un trait épuré qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, privilégiant un certain réalisme. De même, les décors très présents renforcent cet aspect. Les trames sont également équilibrées. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas trop les parties intimes, jouant sur les trames, l’absence de trait ou des cadrages très serrés.

En résumé

Restart / Step / Clear / Rebirth / Contact: Lors d’un shooting photo, le mannequin Yoshizawa Tadashi (24 ans), dont la carrière est sur une pente descendante, apprend que son jeune collègue Kudô Akihiro (21 ans) a été sélectionné pour un défilé à l’étranger. En effet, Aki ne l’a pas informé puisqu’ils s’évitent depuis plus d’un mois. Car après une soirée trop arrosée, les deux hommes ivres avaient couché ensemble. Leur manager Noguchi convoque alors les deux mannequins et les somme de participer à la soirée de fin d’année. Mais Tadashi ne supporte pas les sermons d’Aki…
Pour toi: Le photographe Kishida Tomomi a sélectionné le jeune mannequin Honma Shunsuke pour son nouveau projet de portraits. Mais le lycéen a du mal à comprendre ses directives trop vagues. Il se demande également pourquoi il a été choisi alors qu’il n’a plus de succès. Soudain, en plein shooting, le photographe lui déclare alors son amour…
Reflets: Tomohiro Tatsumi a perdu son premier amour dans un accident de plongée avant même d’avoir pu lui déclarer ses sentiments. Il n’a pas vraiment encore fait son deuil, le corps de ce dernier n’ayant jamais été retrouvé. Mais un jour, il croise dans le bus, le portrait craché de Shinozaki…

En conclusion

Malgré le format court, Hidaka sensei narre de merveilleuses histoires emplies d’émotions et de réalisme. Elle ne s’éparpille pas et donne l’essentiel pour appréhender la psychologie des personnages. Une lecture prenante pleine de sensibilité!

Blue sky complex 6 – Ichikawa Kei

blue sky complex 6 ichikawa kei

ICHIKAWA Kei
ISBN: 9782382761014
Hana, 2022
ISBN: 9784864423946 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Nouveaux amours, révélations inattendues et changements. »

Ichikawa Kei sensei continue de développer quelques tranches de la vie de Motochika et Natsuki. Par ailleurs, elle s’intéresse à Towa et à une de ses révélations qui apporte alors le trouble dans le groupe d’amis. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer la déception amoureuse, la délicatesse de parler d’un proche décédé et les contrariétés qu’entraine une dispute entre de nouveaux amis. Confronté à la situation de Harukawa, Natsuki prend conscience des différences qu’implique l’acceptation ou non de l’homosexualité. Faisant suite au tome précédent, l’auteure aborde encore la question du coming out, mais à la famille. Elle s’intéresse également aux souvenirs et à l’attachement matériel malgré la nécessité du changement. De même, elle dépeint avec finesse les différentes émotions et questions qui touchent le couple avançant vers l’âge adulte.

Le trait de la mangaka s’adoucit. Elle n’hésite pas à le simplifier ou même à le déformer dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine les personnages en SD avec un style qui lui est propre, au profil mignon avec des joues saillantes. Les contours plus épais donnent du relief grâce aux pleins et déliés. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichikawa sensei censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur Chika et Natsuki au primaire.

En résumé

En stage en Australie pour la troisième année consécutive dans la même famille d’accueil, Terashima Natsuki finit par parler de son petit ami à Daniel après qu’il l’ait taquiné sur sa vie sentimentale. A peine de retour au Japon, il reçoit un appel de sa mère qui lui annonce qu’elle est enceinte. A l’université, ses amis Kurisu Haruomi et Harukawa Noriyasu le harcèlent de questions en apprenant la nouvelle. Connaissant les sentiments de Haru pour Towa, Natsuki l’invite alors à son rendez-vous avec Towa, mais son ami refuse. Le soir, en route pour le salon de coiffure de Kaihô Takumi, l’ami de Towa, il confie à Narasaki Motochika ne pas comprendre la réserve de Haru. Chika, au contraire, trouve ce comportement mignon et provoque donc un peu la jalousie de son petit ami. Mais devant le salon, ils restent perplexes en apercevant Towa discuter plutôt amicalement avec une femme…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Narasaki Motochika est classé quatrième meilleur seme tandis que Terashima Natsuki occupe la première place du meilleur uke. Ichikawa sensei prend son temps pour développer son récit et s’attarde particulièrement sur les émotions. Le récit devient donc très touchant et réaliste. En plus, le graphisme sublime rend la lecture encore plus douce et agréable. J’adore particulièrement les bouilles de Haru.

Light of my life – Minami Fûko et Takiba

light of my life minami fuko takiba

MINAMI Fûko 水壬楓子
Takiba 滝端
ISBN: 9782382761021
Hana, 2022
ISBN: 9784758022255 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Dans ce cas, je préfère que tu me guides… »

Minami Fûko sensei narre une romance entre deux amis d’enfance. Toutefois, elle arrive à transformer un scénario au premier abord classique en un récit psychologique, s’intéressant au traumatisme et aux remords. Elle révèle au compte-goutte le passé expliquant l’origine du trouble entre Minagi et Shûhei, maintenant un certain suspense. Malgré la différence de classe sociale entre les deux amis, leur relation d’abord équilibrée et franche va se dégrader suite à des incompréhensions et des non-dits. Avec son côté innocent, Kuzé s’exprime maladroitement. Aki, quant à lui, ne juge que sur des présupposés. Sasara, qui les temporise, apporte une touche reposante dans les moments de tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au renoncement des rêves, à l’incompréhension à cause du manque de communication, à la différence ténue entre admiration et amour. Malgré la relation ambiguë entre les deux héros, elle installe une relation consensuelle.

Takiba sensei a un trait légèrement épuré et fin. Elle dessine des corps virils et finement musclés. Elle renforce le réalisme du récit avec des décors qui apparaissent dès que le plan s’élargit. De même, les trames sont variées. Et les trames d’ambiance introduisent certaines émotions. Les flash-back nombreux se repèrent immédiatement à leur fond noir. En plus, la mise en page très dynamique rythme la lecture avec des passages contemplatifs ou des ralentissements sur des détails. La mangaka ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle transcrit parfaitement la sensualité ou la violence des ébats. Sous la jaquette se trouvent une illustration ainsi que le postface des deux auteures.

En résumé

Au lycée, Kuzé Minagi rêvait de devenir un génie de la médecine. Il voulait étudier en Europe avec son ami Sasara qui serait devenu mannequin et Akimaru Shûhei, footballeur professionnel. Mais quelques années plus tard, Aki, qui aide son grand-père dans son salon de coiffure, découvre que Minagi a délaissé ses études pour devenir hôte. Ce dernier a même réussi à devenir numéro un et vient souvent se faire coiffer dans le salon du grand-père d’Akimaru. Après avoir tenté de le raisonner, Shûhei a fini par accepter d’initier son ami encore innocent aux plaisirs sexuels. Mais pensant que Kuzé gâche son talent, une distance s’installe entre les deux hommes. Peu de temps après le décès de son grand-père, Aki décide de reprendre la boutique. Mais il reçoit la visite de Sasara, accompagné de Minagi qui hésite à lui demander alors le gîte pour quelques temps…

En conclusion

Le graphisme de Takiba sensei est magnifique et expressif. En plus, le scénario de Minami Fûko sensei retient le lecteur en haleine, rendant presque palpable les sentiments des personnages. Cette lecture m’a procuré diverses émotions, me donnant presque envie d’entrer dans le manga pour secouer un peu les personnages. J’adore particulièrement Minagi qui, malgré des idées parfois saugrenues, fonce tout de même jusqu’au bout pour les réaliser. Shûhei semble le seul capable de le recadrer. J’ai un réel coup de cœur pour ce one-shot!

Nos jours heureux – Kihara Noriko

nos jours heureux kihara noriko

KIHARA Noriko きはら記子
ISBN: 9782382760970
Hana, 2022
ISBN: 9784845856916 (JP)
Leed, 2021 (JP)
Titre original: たんたんとタント
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Lui et moi, on n’est pas de la même famille, on n’est pas frères. Et on n’est plus des enfants. »

Kihara Noriko sensei narre une tranche de vie à la campagne avec deux lycéens nourrissant d’abord une relation fraternelle qui se transforme ensuite en amour. Ainsi, elle met en avant les activités des jeunes, les fêtes traditionnelles et les incidents climatiques qui rythment leur organisation. Elle alterne la narration entre Kôtarô et Shunpei. Entre chamailleries, disputes et complicité, la relation entre les deux lycéens évoluent petit à petit. L’auteure analyse donc la différence ténue entre forte amitié et amour. Elle dévoile au fur et à mesure la psychologie des deux héros. L’insouciant Kôtarô rayonne et se montre sans gêne tandis que le taciturne Shunpei a du mal à contenir sa jalousie. En éclaircissant leurs sentiments, ils développent une relation consensuelle à leur rythme et apprennent à affronter ensemble leurs soucis comme par exemple, les choix d’avenir, les allusions blessantes sous forme de moquerie.

La mangaka marque déjà son propre style avec un trait épuré, légèrement anguleux. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine à la main les décors qui sont très présents. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les autres trames sont équilibrées mais privilégient principalement les contrastes noir et blanc. Les flash-back se repèrent immédiatement avec leur fond noir. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant l’espace de la campagne. Dans les scènes érotiques, Kihara sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre. Elle transcrit le temps qui passe en quelques cases en faisant apparaître quelques produits saisonniers. Dans la postface, des croquis des personnages résument un peu leur quotidien.

En résumé

Ôyama Kôtarô et Asanuma Shunpei sont amis d’enfance. Comme ils sont voisins mais vivent à la campagne, Shunpei a l’habitude de rester le soir chez Kôtarô jusqu’à ce que ses parents passent le prendre en rentrant de leur travail en ville. Ayant une relation presque fusionnelle, les deux lycéens ont également pris l’habitude de se soulager mutuellement, cachés dans une cabane abandonnée près de l’arrêt de bus. Mais depuis quelques temps, Kôtarô s’interroge de plus en plus sur la nature profonde de leur relation…

En conclusion

Ce one-shot offre une histoire douce et délicate aussi tranquille que le quotidien des deux héros à la campagne. En plus, le graphisme de Kihara sensei a un charme agréable. Une lecture tendre et simple, idéale pour ceux qui apprécient les romances lycéennes.

Outsider communication – Tsuno Natsume

outsider communication tsuno natsume

TSUNO Natsume ツノナツメ
ISBN: 9782382762844
Hana, 2022
ISBN: 9784845855797 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Qui aime bien châtie bien.

Tsuno Natsume sensei offre une romance classique entre un élève modèle et un rebelle. Toutefois, elle porte une attention particulière à la communication et à l’évolution des sentiments des deux lycéens. Elle dévoile au fur et à mesure la personnalité complexe des deux héros. Ainsi, Seki est beaucoup plus gentil qu’il ne paraît, n’arrivant pas à dire non quand on lui demande de l’aide. Iwashiro, quant à lui, a un caractère très ouvert sauf sur le respect des règles. D’ailleurs, il s’accommode facilement de la pression parentale et reste constant dans ses rapports, étant très franc. Ils apprennent à se connaître au fur et à mesure. Bien que leur échange débute d’abord par du chantage, ils discutent et partagent facilement ce qui leur plaît ou non. L’auteure met en avant l’entraide ainsi que les tâtonnements du couple pour communiquer sereinement. Elle dépeint avec finesse la naissance et l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait anguleux. Elle dessine des yeux effilés très expressifs dans leur forme. Les décors plutôt simplifiés, ne surchargent pas la page. Les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les autres trames sont équilibrées. La mise en page, simplement dynamique, joue beaucoup sur les angles de vue variés. Tsuno sensei censure les scènes érotiques en recouvrant intégralement les parties intimes d’un cache blanc. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution du couple au fil du récit.

En résumé

Seki Ryôji, avec ses amis Matsuda et Suzuki, fuient le CPE Hayashi qui tente de les obliger à faire leur tour de ménage laissé aux filles de la classe. Dans sa précipitation, Seki bouscule par mégarde Iwashiro Yuzuru. Ce dernier trouve alors une revue porno parmi ses affaires éparpillées. En fait, Seki l’avait apportée pour ses amis. Retournant sur ses pas, il tombe sur l’élève modèle qui l’attendait pour lui rappeler les règles du lycée. Un soir, lors d’une livraison, il croise par hasard Iwashiro qui était en cours du soir. Comme le rebelle n’a pas demandé d’autorisation exceptionnelle de travail au lycée, Yuzuru s’en charge à sa place. Mais Ryôji, vexé, fait tomber sans le vouloir l’élève modèle dans l’escalier lors d’une dispute. Ce dernier ayant une cheville foulée, demande alors au rebelle de l’aider…

En conclusion

Un thème classique du BL abordé avec sensibilité. Une lecture agréable et des personnages attachants. Pour ma part, j’aime beaucoup le style graphique de l’auteure.

Celui qui ne dit jamais non – Mitsuki Emi

celui qui ne dit jamais non mitsuki emi

MITSUKI Emi 三月えみ
ISBN: 9782382762905
Hana, 2022
ISBN: 9784801971752 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Un détective se doit de rester objectif. »

Mitsuki Emi sensei narre une tranche de vie à la fois sexy et pleine de suspense. Elle base la narration sur Nozomi. Elle alterne les flash-back pour semer les indices. Mais comme le détective partage ses réflexions, le lecteur peut parfois suivre une mauvaise piste. En fait, la simple enquête de départ s’avère beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît. L’auteure aborde ainsi avec subtilité le jeu des apparences, la vengeance ainsi que la violence de l’homophobie à travers Uehara. Elle présente deux approches différentes de l’observation avec d’une part, Kurose qui doute de tout et d’autre part, Shiraishi qui préfère faire confiance, et met en avant le dilemme d’un détective quand les sentiments se mêlent à son enquête. Elle dépeint également un amour tordu mais sincère qui a du mal à s’exprimer. L’histoire bonus présente le point de vue d’Aoyama Eita, le chef de l’agence d’investigation.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché, jouant sur les pleins et les déliés. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Au contraire, les décors, plutôt minimalistes, situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique avec des cadres bien définis mais cela sied parfaitement au genre. Mitsuki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, il y en a à chaque chapitre. Toutefois, certaines n’apportent pas grand-chose au développement du récit et sont heureusement courtes. Dans la postface, l’intervention des personnages apporte une touche humoristique.

En résumé

Le détective Kurose Nozomi, de l’agence d’investigation RJ, enquête actuellement sur le député Nakata (55 ans) à la demande de sa femme qui le soupçonne d’infidélité. Ce dernier se rend souvent dans l’hôtel Skyward et semble très intime avec le concierge, Shiraishi Ritsu (27 ans). En réalité, Shiraishi offre un service impeccable et même personnalisé auprès des clients. Le soupçonnant d’abord d’être l’amant du député, Kurose n’arrive pas à soutirer des informations auprès de Ritsu. Pourtant, ils ont sympathisé depuis déjà trois mois: lorsque Nozomi séjournait à l’hôtel, pleurant la mort de son hamster, il a été touché par la sollicitude de Ricchan. Le concierge l’assiste même dans ses missions en dehors de son service. En planque sur le parking de l’hôtel, Kurose réalise que son partenaire l’attire de plus en plus et il ne résiste pas à ses charmes.

En conclusion

Les retournements de situation s’enchainent, surprenant sans cesse le lecteur. Il m’est difficile de développer la richesse de ce titre au risque de gâcher le suspense. Sachez juste qu’il y a une enquête dans une enquête et que c’est un réel plaisir de découvrir ce moment. Mise à jour: Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022.