Blue sky complex 6 – Ichikawa Kei

blue sky complex 6 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei
ISBN: 9782382761014
Hana, 2022
ISBN: 9784864423946 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Nouveaux amours, révélations inattendues et changements. »

Ichikawa Kei sensei continue de développer quelques tranches de la vie de Motochika et Natsuki. Par ailleurs, elle s’intéresse à Towa et à une de ses révélations qui apporte alors le trouble dans le groupe d’amis. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer la déception amoureuse, la délicatesse de parler d’un proche décédé et les contrariétés qu’entraine une dispute entre de nouveaux amis. Confronté à la situation de Harukawa, Natsuki prend conscience des différences qu’implique l’acceptation ou non de l’homosexualité. Faisant suite au tome précédent, l’auteure aborde encore la question du coming out, mais à la famille. Elle s’intéresse également aux souvenirs et à l’attachement matériel malgré la nécessité du changement. De même, elle dépeint avec finesse les différentes émotions et questions qui touchent le couple avançant vers l’âge adulte.

Le trait de la mangaka s’adoucit. Elle n’hésite pas à le simplifier ou même à le déformer dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine les personnages en SD avec un style qui lui est propre, au profil mignon avec des joues saillantes. Les contours plus épais donnent du relief grâce aux pleins et déliés. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichikawa sensei censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur Chika et Natsuki au primaire.

En résumé

En stage en Australie pour la troisième année consécutive dans la même famille d’accueil, Terashima Natsuki finit par parler de son petit ami à Daniel après qu’il l’ait taquiné sur sa vie sentimentale. A peine de retour au Japon, il reçoit un appel de sa mère qui lui annonce qu’elle est enceinte. A l’université, ses amis Kurisu Haruomi et Harukawa Noriyasu le harcèlent de questions en apprenant la nouvelle. Connaissant les sentiments de Haru pour Towa, Natsuki l’invite alors à son rendez-vous avec Towa, mais son ami refuse. Le soir, en route pour le salon de coiffure de Kaihô Takumi, l’ami de Towa, il confie à Narasaki Motochika ne pas comprendre la réserve de Haru. Chika, au contraire, trouve ce comportement mignon et provoque donc un peu la jalousie de son petit ami. Mais devant le salon, ils restent perplexes en apercevant Towa discuter plutôt amicalement avec une femme…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Narasaki Motochika est classé quatrième meilleur seme tandis que Terashima Natsuki occupe la première place du meilleur uke. Ichikawa sensei prend son temps pour développer son récit et s’attarde particulièrement sur les émotions. Le récit devient donc très touchant et réaliste. En plus, le graphisme sublime rend la lecture encore plus douce et agréable. J’adore particulièrement les bouilles de Haru.

Light of my life – Minami Fûko et Takiba

light of my life minami fuko takiba
MINAMI Fûko 水壬楓子
Takiba 滝端
ISBN: 9782382761021
Hana, 2022
ISBN: 9784758022255 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Dans ce cas, je préfère que tu me guides… »

Minami Fûko sensei narre une romance entre deux amis d’enfance. Toutefois, elle arrive à transformer un scénario au premier abord classique en un récit psychologique, s’intéressant au traumatisme et aux remords. Elle révèle au compte-goutte le passé expliquant l’origine du trouble entre Minagi et Shûhei, maintenant un certain suspense. Malgré la différence de classe sociale entre les deux amis, leur relation d’abord équilibrée et franche va se dégrader suite à des incompréhensions et des non-dits. Avec son côté innocent, Kuzé s’exprime maladroitement. Aki, quant à lui, ne juge que sur des présupposés. Sasara, qui les temporise, apporte une touche reposante dans les moments de tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au renoncement des rêves, à l’incompréhension à cause du manque de communication, à la différence ténue entre admiration et amour. Malgré la relation ambiguë entre les deux héros, elle installe une relation consensuelle.

Takiba sensei a un trait légèrement épuré et fin. Elle dessine des corps virils et finement musclés. Elle renforce le réalisme du récit avec des décors qui apparaissent dès que le plan s’élargit. De même, les trames sont variées. Et les trames d’ambiance introduisent certaines émotions. Les flash-back nombreux se repèrent immédiatement à leur fond noir. En plus, la mise en page très dynamique rythme la lecture avec des passages contemplatifs ou des ralentissements sur des détails. La mangaka ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle transcrit parfaitement la sensualité ou la violence des ébats. Sous la jaquette se trouvent une illustration ainsi que le postface des deux auteures.

En résumé

Au lycée, Kuzé Minagi rêvait de devenir un génie de la médecine. Il voulait étudier en Europe avec son ami Sasara qui serait devenu mannequin et Akimaru Shûhei, footballeur professionnel. Mais quelques années plus tard, Aki, qui aide son grand-père dans son salon de coiffure, découvre que Minagi a délaissé ses études pour devenir hôte. Ce dernier a même réussi à devenir numéro un et vient souvent se faire coiffer dans le salon du grand-père d’Akimaru. Après avoir tenté de le raisonner, Shûhei a fini par accepter d’initier son ami encore innocent aux plaisirs sexuels. Mais pensant que Kuzé gâche son talent, une distance s’installe entre les deux hommes. Peu de temps après le décès de son grand-père, Aki décide de reprendre la boutique. Mais il reçoit la visite de Sasara, accompagné de Minagi qui hésite à lui demander alors le gîte pour quelques temps…

En conclusion

Le graphisme de Takiba sensei est magnifique et expressif. En plus, le scénario de Minami Fûko sensei retient le lecteur en haleine, rendant presque palpable les sentiments des personnages. Cette lecture m’a procuré diverses émotions, me donnant presque envie d’entrer dans le manga pour secouer un peu les personnages. J’adore particulièrement Minagi qui, malgré des idées parfois saugrenues, fonce tout de même jusqu’au bout pour les réaliser. Shûhei semble le seul capable de le recadrer. J’ai un réel coup de cœur pour ce one-shot!

Nos jours heureux – Kihara Noriko

nos jours heureux kihara noriko
KIHARA Noriko きはら記子
ISBN: 9782382760970
Hana, 2022
ISBN: 9784845856916 (JP)
Leed, 2021 (JP)
Titre original: たんたんとタント
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Lui et moi, on n’est pas de la même famille, on n’est pas frères. Et on n’est plus des enfants. »

Kihara Noriko sensei narre une tranche de vie à la campagne avec deux lycéens nourrissant d’abord une relation fraternelle qui se transforme ensuite en amour. Ainsi, elle met en avant les activités des jeunes, les fêtes traditionnelles et les incidents climatiques qui rythment leur organisation. Elle alterne la narration entre Kôtarô et Shunpei. Entre chamailleries, disputes et complicité, la relation entre les deux lycéens évoluent petit à petit. L’auteure analyse donc la différence ténue entre forte amitié et amour. Elle dévoile au fur et à mesure la psychologie des deux héros. L’insouciant Kôtarô rayonne et se montre sans gêne tandis que le taciturne Shunpei a du mal à contenir sa jalousie. En éclaircissant leurs sentiments, ils développent une relation consensuelle à leur rythme et apprennent à affronter ensemble leurs soucis comme par exemple, les choix d’avenir, les allusions blessantes sous forme de moquerie.

La mangaka marque déjà son propre style avec un trait épuré, légèrement anguleux. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine à la main les décors qui sont très présents. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les autres trames sont équilibrées mais privilégient principalement les contrastes noir et blanc. Les flash-back se repèrent immédiatement avec leur fond noir. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant l’espace de la campagne. Dans les scènes érotiques, Kihara sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre. Elle transcrit le temps qui passe en quelques cases en faisant apparaître quelques produits saisonniers. Dans la postface, des croquis des personnages résument un peu leur quotidien.

En résumé

Ôyama Kôtarô et Asanuma Shunpei sont amis d’enfance. Comme ils sont voisins mais vivent à la campagne, Shunpei a l’habitude de rester le soir chez Kôtarô jusqu’à ce que ses parents passent le prendre en rentrant de leur travail en ville. Ayant une relation presque fusionnelle, les deux lycéens ont également pris l’habitude de se soulager mutuellement, cachés dans une cabane abandonnée près de l’arrêt de bus. Mais depuis quelques temps, Kôtarô s’interroge de plus en plus sur la nature profonde de leur relation…

En conclusion

Ce one-shot offre une histoire douce et délicate aussi tranquille que le quotidien des deux héros à la campagne. En plus, le graphisme de Kihara sensei a un charme agréable. Une lecture tendre et simple, idéale pour ceux qui apprécient les romances lycéennes.

Outsider communication – Tsuno Natsume

outsider communication tsuno natsume
TSUNO Natsume ツノナツメ
ISBN: 9782382762844
Hana, 2022
ISBN: 9784845855797 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Qui aime bien châtie bien.

Tsuno Natsume sensei offre une romance classique entre un élève modèle et un rebelle. Toutefois, elle porte une attention particulière à la communication et à l’évolution des sentiments des deux lycéens. Elle dévoile au fur et à mesure la personnalité complexe des deux héros. Ainsi, Seki est beaucoup plus gentil qu’il ne paraît, n’arrivant pas à dire non quand on lui demande de l’aide. Iwashiro, quant à lui, a un caractère très ouvert sauf sur le respect des règles. D’ailleurs, il s’accommode facilement de la pression parentale et reste constant dans ses rapports, étant très franc. Ils apprennent à se connaître au fur et à mesure. Bien que leur échange débute d’abord par du chantage, ils discutent et partagent facilement ce qui leur plaît ou non. L’auteure met en avant l’entraide ainsi que les tâtonnements du couple pour communiquer sereinement. Elle dépeint avec finesse la naissance et l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait anguleux. Elle dessine des yeux effilés très expressifs dans leur forme. Les décors plutôt simplifiés, ne surchargent pas la page. Les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les autres trames sont équilibrées. La mise en page, simplement dynamique, joue beaucoup sur les angles de vue variés. Tsuno sensei censure les scènes érotiques en recouvrant intégralement les parties intimes d’un cache blanc. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent l’évolution du couple au fil du récit.

En résumé

Seki Ryôji, avec ses amis Matsuda et Suzuki, fuient le CPE Hayashi qui tente de les obliger à faire leur tour de ménage laissé aux filles de la classe. Dans sa précipitation, Seki bouscule par mégarde Iwashiro Yuzuru. Ce dernier trouve alors une revue porno parmi ses affaires éparpillées. En fait, Seki l’avait apportée pour ses amis. Retournant sur ses pas, il tombe sur l’élève modèle qui l’attendait pour lui rappeler les règles du lycée. Un soir, lors d’une livraison, il croise par hasard Iwashiro qui était en cours du soir. Comme le rebelle n’a pas demandé d’autorisation exceptionnelle de travail au lycée, Yuzuru s’en charge à sa place. Mais Ryôji, vexé, fait tomber sans le vouloir l’élève modèle dans l’escalier lors d’une dispute. Ce dernier ayant une cheville foulée, demande alors au rebelle de l’aider…

En conclusion

Un thème classique du BL abordé avec sensibilité. Une lecture agréable et des personnages attachants. Pour ma part, j’aime beaucoup le style graphique de l’auteure.

Celui qui ne dit jamais non – Mitsuki Emi

celui qui ne dit jamais non mitsuki emi
MITSUKI Emi 三月えみ
ISBN: 9782382762905
Hana, 2022
ISBN: 9784801971752 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Un détective se doit de rester objectif. »

Mitsuki Emi sensei narre une tranche de vie à la fois sexy et pleine de suspense. Elle base la narration sur Nozomi. Elle alterne les flash-back pour semer les indices. Mais comme le détective partage ses réflexions, le lecteur peut parfois suivre une mauvaise piste. En fait, la simple enquête de départ s’avère beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît. L’auteure aborde ainsi avec subtilité le jeu des apparences, la vengeance ainsi que la violence de l’homophobie à travers Uehara. Elle présente deux approches différentes de l’observation avec d’une part, Kurose qui doute de tout et d’autre part, Shiraishi qui préfère faire confiance, et met en avant le dilemme d’un détective quand les sentiments se mêlent à son enquête. Elle dépeint également un amour tordu mais sincère qui a du mal à s’exprimer. L’histoire bonus présente le point de vue d’Aoyama Eita, le chef de l’agence d’investigation.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché, jouant sur les pleins et les déliés. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Au contraire, les décors, plutôt minimalistes, situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique avec des cadres bien définis mais cela sied parfaitement au genre. Mitsuki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, il y en a à chaque chapitre. Toutefois, certaines n’apportent pas grand-chose au développement du récit et sont heureusement courtes. Dans la postface, l’intervention des personnages apporte une touche humoristique.

En résumé

Le détective Kurose Nozomi, de l’agence d’investigation RJ, enquête actuellement sur le député Nakata (55 ans) à la demande de sa femme qui le soupçonne d’infidélité. Ce dernier se rend souvent dans l’hôtel Skyward et semble très intime avec le concierge, Shiraishi Ritsu (27 ans). En réalité, Shiraishi offre un service impeccable et même personnalisé auprès des clients. Le soupçonnant d’abord d’être l’amant du député, Kurose n’arrive pas à soutirer des informations auprès de Ritsu. Pourtant, ils ont sympathisé depuis déjà trois mois: lorsque Nozomi séjournait à l’hôtel, pleurant la mort de son hamster, il a été touché par la sollicitude de Ricchan. Le concierge l’assiste même dans ses missions en dehors de son service. En planque sur le parking de l’hôtel, Kurose réalise que son partenaire l’attire de plus en plus et il ne résiste pas à ses charmes.

En conclusion

Les retournements de situation s’enchainent, surprenant sans cesse le lecteur. Il m’est difficile de développer la richesse de ce titre au risque de gâcher le suspense. Sachez juste qu’il y a une enquête dans une enquête et que c’est un réel plaisir de découvrir ce moment. Mise à jour: Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022.

Beast’s storm 2 Kiss me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 2 kiss me baby  kuroi morry
KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762790
Hana, 2022
ISBN: 9784796412636 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La dure organisation de la vie de famille.

Kuroi Morry sensei continue sa tranche de vie sur le couple de bêtes en s’intéressant à leur vie de famille. Elle montre l’organisation nécessaire des deux parents pour élever un enfant. A cause du manque d’échanges du couple, le doute et la jalousie s’installent. En effet, les bêtes sont sensibles aux odeurs. Toutefois, nos deux héros éprouvent une certaine honte à ne pas faire confiance à leur partenaire. Avec Kurosaki et l’infirmier Kirigaya, l’auteure aborde les préjugés entre les bêtes et les normaux, confrontant deux visions différentes. Ainsi, le médecin ayant l’esprit très ouvert, travaille à une égalité entre les deux espèces, acceptant le rejet et les remarques de certaines bêtes, tandis que l’infirmier a du mal à cacher son malaise. Le chapitre bonus se concentre sur Shôta. Une autre histoire en deux chapitres complète ce tome, narrant une romance entre deux amis d’enfance.

Le trait très épuré de la mangaka sublime le graphisme mignon des personnages. D’ailleurs, elle met en avant les bouilles de Shôta. Les décors situent principalement l’action. Toutefois, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, il y a beaucoup moins de scènes érotiques. En revanche, Kuroi sensei continue de censurer les parties intimes par des caches blancs.

En résumé

Beast’s storm / Il s’appelle Nutty: Kijima Akira (anciennement Miyaji) et Sôgo élèvent ensemble leur enfant Shôta en se partageant les tâches ménagères. Comme l’hôpital manque de personnel, Akira a repris le travail rapidement. Mais ses phéromones post-partum attirent certaines bêtes. Un nouveau médecin, affecté en renfort, lui vient en aide alors qu’un patient l’embêtait. Bien que normal, Kurosaki est spécialiste des bêtes. Il s’avère également être un ami de Sôgo. Très ouvert, il sympathise donc facilement avec Akira…
Bon appétit!: L’inspecteur en chef de la section criminelle Murata Chihiro (29 ans) est à la recherche d’un voleur qui s’est caché dans un sanctuaire, profitant de la foule venue admirer les cerisiers en fleurs. Il est alors interpelé par un ami d’enfance, Kinoshita Ryô, qui travaille sur un stand de takoyaki. Il y a dix ans, ils s’étaient séparés abruptement lorsqu’il avait giflé Ryô qui avait essayé de l’embrasser de force. Pourtant, leurs retrouvailles se passent comme si rien ne s’était passé.

En conclusion

Malgré des thèmes intéressants, l’auteure les aborde avec légèreté, privilégiant le fan service et l’humour. Le récit reste pourtant mignon, divertissant et sympathique. Et Shôta vous fera fondre!

Beast’s storm 1 – Kuroi Morry

beast s storm 1 kuroi morry
KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762783
Hana, 2022
ISBN: 9784796411325 (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Aller contre son instinct.

Kuroi Morry sensei offre une comédie romantique entre deux hommes aux caractères opposés. Elle crée un univers inspiré de l’omegaverse mais moins contraignant, s’amusant surtout sur le fan service des personnages mignons avec des oreilles et des queues d’animaux. Ainsi, l’humour se base principalement sur les chamailleries entre les deux protagonistes qui ont d’abord une vision différente de l’amour. Alors que Miyaji rejette sa nature de bête, Kijima assume complètement son instinct, laissant libre cours à sa libido. Ensuite, ils vont trouver quelques points communs qui les rapprocheront petit à petit. L’auteure aborde la place de l’amour sous l’influence des phéromones ainsi que la force de la volonté. Elle confronte l’instinct animal au sentiment amoureux. De même, elle met en avant la conception réfléchie à deux d’un enfant. La narration donne principalement le point de vue d’Akira, mais l’histoire bonus développe celui de Sôgo.

La mangaka a un trait très épuré. Elle exagère les expressions, n’hésitant pas à les simplifier au maximum. Ainsi, elle apporte une touche humoristique graphique qui flirte avec l’aspect mignon des personnages. En revanche, Kijima, très musclé, contraste un peu dans cet univers. Les décors minimalistes situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne avec efficacité le rythme de lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails ou en utilisant des caches blancs. Il y a presque une scène à chaque chapitre.

En conclusion

Suite à une mutation génétique, certains humains ont évolué en « bêtes ». Ils possèdent des oreilles et une queue d’animal et sont dominés par leur instinct. En plus, les couples homosexuels d’hommes peuvent également donner naissance à un enfant. Miyaji Akira, une bête née de parents normaux, officie en tant que médecin dans un hôpital spécialisé pour les bêtes. Durant ses consultations, il reçoit la visite du directeur de l’hôpital, Kijima Sôgo, qui prétend avoir ses chaleurs. Peu à l’aise avec cette bête aux gènes dominants qui suit uniquement son instinct, le médecin ne supporte plus les demandes de son supérieur pour devenir son partenaire. En effet, beau et dégageant des phéromones, ce dernier se fait tout le temps draguer. Pourtant, Akira se surprend à ressentir de la jalousie. Soudainement en chaleur, il fuit alors dans son bureau mais Kijima le suit.

En conclusion

Les doubles oreilles sont d’abord surprenantes, mais on s’y fait vite. L’auteure arrive à installer son univers en l’étoffant au fil des chapitres. En revanche, l’influence des phéromones et des chaleurs permet de faire passer des relations non consenties comme inévitables. Cela pourrait gêner certains lecteurs. Ce tome est surtout divertissant et mignon, avec un jeu de séduction amusant.

Come to hand – Sei

come to hand sei
Sei 世
ISBN: 9782382760987
Hana, 2021
ISBN: 9784845856633 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Nos univers sont différents, mais cela ne m’empêche pas de t’aimer. »

Sei sensei offre une romance contemporaine et réaliste entre un professeur et un tatoueur. Elle met en avant l’ouverture d’esprit des deux hommes qui, par attirance, découvrent avec plaisir l’univers de l’autre. Les sentiments sont très rapidement partagés, mais le couple prend son temps pour les consolider. Par ailleurs, le propriétaire Shigure et l’employé du salon Raizo apportent une touche humoristique. Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien la narration, s’attardant sur les petits tracas du quotidien. Elle aborde la différence d’âge, les regrets, l’importance de la discussion. Elle complète ce tome avec une romance entre un acteur et un écrivain, sur le même ton doux.

La mangaka a un trait fin, épuré et délicat, proche du style shôjo. Elle porte attention aux gestes tendres. Elle joue beaucoup sur les tons dégradés, apportant de la douceur aux pages. De même, les visages ronds renforcent cet aspect doux. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les arrière-plans sont actifs, avec des personnages qui parlent, bougent. Cela donne ainsi une touche très réaliste au récit. Pour un premier manga, Sei sensei maîtrise déjà très bien la mise en page, dynamique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Come to hand / Da capo: En pleine période de corrections, le professeur de musique Umino Miharu (35 ans) remplace également un collègue malade. Surmené, il s’effondre de fatigue devant un salon de tatouage. Arashi Kasuga (28 ans), gérant du salon, le recueille alors chez lui. Mais en voyant les tatouages, Umino laisse échapper quelques mots blessants qu’il regrette aussitôt. Le lendemain, il revient donc s’excuser et le remercier de son aide. Comme il a attendu dans le froid, Arashi l’invite à discuter au chaud chez lui. Durant la discussion, le professeur révèle sans le vouloir qu’il est homosexuel. Mais la visite impromptue d’une cliente met fin à leur échange. Ayant envie de revoir le tatoueur, Miharu accepte volontiers les gants qu’il lui prête. Au lycée, le collègue qu’il a remplacé lui offre des tickets de concert. Le jeune professeur invite alors son nouvel ami. Après le spectacle, ce dernier lui propose de sortir ensemble.
Une rencontre bien réelle: L’acteur Yamabuki Hajime rencontre l’auteur Satô Sumire, dont le roman sera adapté en film. Il y jouera un rôle. Mais grand fan du romancier, il n’arrive pas à cacher sa nervosité. A sa surprise, ce dernier l’invite chez lui pour lui, en dix exemplaires, son dernier roman. En échange, Hajime lui propose alors de cuisiner ce qu’il souhaite.

En conclusion

Ce titre a obtenu la neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Le récit est bien ancré dans l’actualité, avec l’homosexualité et les tatouages qui commencent à être mieux acceptés dans la société japonaise. Pour rappel, l’image du tatouage est négative au Japon, souvent rattachée à celle des yakuzas. Ce récit plein de douceur ravira les romantiques. Il est également idéal pour débuter.

Blue sky complex Dégradé bleu indigo – Ichikawa Kei

blue sky complex degrade bleu indigo ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782382760505
Hana, 2021
ISBN: ‎9784864423670 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Dans l’intimité de Motochika et Natsuki.

Ichikawa Kei sensei offre un recueil de dôjinshi, dévoilant quelques tranches de vie du quotidien des héros de sa série. Elle présente des moments plus intimes, pas forcément érotiques, permettant de découvrir d’autres facettes de Natsuki et Motochika. Ainsi, le lecteur les suit du collège à l’université, découvrant l’évolution de leur relation. Comme dans la série, la communication entre le couple est mise en avant, d’autant plus que Chika se montre parfois avide durant les ébats, perdant même le contrôle. L’auteure dévoile également comment Ônuki Minato a découvert le BL grâce à son amie Yume. Par ailleurs, elle expérimente d’autres styles de narration, étant plus libre que dans un manga édité.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur la réaction de ses personnages, transmettant la sensualité des gestes. Comparé à sa série, elle a un style plus dépouillé. Il y a peu de trames; les décors situent l’action. Les scènes érotiques, non censurées, sont plus détaillées et plus longues. En effet, Ichikawa sensei peut prendre plus de liberté dans un dôjinshi et s’amuse même à expérimenter des mises en page plus osées. Par exemple, une conversation avec un plan fixe sur des mains, un cadrage fixe sur une pleine page où les personnages évoluent. Elle conclut également certains chapitres par des anecdotes amusantes.

En résumé

Terashima Natsuki attend le départ de sa mère pour accueillir son petit ami à la maison. Même si elle sait qu’il est gay, il n’a pas envie qu’elle sache qu’ils font l’amour ensemble. Cela amuse Narasaki Motochika qui cherche déjà les câlins. Mais pendant leurs ébats, Natsuki n’arrête pas de l’interroger sur ses premières expériences…

En conclusion

Ce tome s’adresse principalement aux fans de la série qui seraient frustrés de ne pas voir l’intimité des personnages. Toutefois, l’auteure transcrit parfaitement les émotions des deux héros, même dans les scènes érotiques. Il est certain que leur inclusion dans la série de base aurait brisé le rythme de lecture. Et est-ce que cela vaudrait le coup, avec la censure obligatoire des tomes reliés? Un énorme bonheur pour moi de découvrir ainsi un peu plus Motochika et Natsuki, avec en prime, une mise en page parfois originale et inspirante.

Take over zone 2 – Minase Masara

take over zone 2 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806876
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784199604515 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je trouve ça génial de courir en équipe! »

Minase Masara sensei continue à développer la relation amoureuse entre Hashimoto et Konno. Elle sème quelques difficultés à surmonter, comme l’entrainement intensif ou des triangles amoureux. Elle s’intéresse au manque de communication, à l’installation du doute dans un jeune couple. Bien que Mizuki ait surmonté son traumatisme, sa peur surgit selon certaines circonstances. En se confiant petit à petit, il permettra à son entourage de s’adapter et de le soutenir. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence du moral sur la concentration et les résultats sportifs. Elle met surtout en avant l’importance de la cohésion de l’équipe dans le relais. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre une anecdote amusante sur les personnages secondaires: Yamauchi fait les frais de l’enthousiasme d’Ogasawara.

La mangaka a un trait léché, anguleux et épuré. Elle dessine des personnages sveltes. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, aplatissant ses longs mentons. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames servent surtout à colorer ou à indiquer les contre-jours. Toutefois, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique, en particulier dans les séquences de sport, avec des angles de vue très variés. Dans les scènes érotiques, Minase sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Par ailleurs, elle représente des scènes de camaraderie dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après les qualifications pour le tournoi, Hashimoto Mizuki, fiévreux, se lie corps et âme avec Konno Eishi, surmontant sa peur. Son partenaire d’abord hésitant, reste à son écoute. Depuis le rapprochement des deux amoureux, Yamauchi et Ogasawara se sentent alors un peu délaissés. Pour préparer le tournoi du Kantô, le club d’athlétisme ira en camp d’entraînement avec l’université Hakuhô, profitant au passage de leur équipement ainsi que des conseils de leur coach spécialisé. Mais parmi les étudiants, Nashida se montre très familier avec Konno. Mizuki a donc du mal à contenir son inquiétude.

En conclusion

L’alternance entre romance et sport donne un ton particulier à ce BL. Une lecture agréable et distrayante procurant de belles émotions!