Back to love – Aida Saki et Yamada Yugi

back to love aida saki yamada yugi
AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351805435
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784813052876 (JP)
Taiyohtosho, 2010 (JP)
Titre original: 愛想尽かし
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Est-il possible de goûter au bonheur au moins une fois?

Dans ce spin-off de Only love, Aida Saki sensei narre la romance du ténébreux Kyôsuke avec le capricieux Shûya. Elle s’intéresse à la différence d’âge, le chantage, la construction du bonheur par l’effort. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ses personnages ont un passé assez lourd et douloureux. Ainsi, Shûya a tendance à choisir la facilité depuis qu’il a fugué à 16 ans, et se retrouve à se prostituer pour un peu d’affection. Il assume pleinement sa bisexualité. Le taciturne et droit Sawaragi veut d’abord le faire sortir de cette boucle destructrice. Toutefois, il n’accepte pas les rapports charnels sans amour et confiance. L’auteure montre le long parcours vers un amour salvateur. Elle met en avant la cohabitation qui permet de faire évoluer Shûya. Conscient de la compassion de Kyôsuke, le jeune homme conserve pourtant un côté enfantin et innocent.

Yamada Yugi sensei a un trait reconnaissable, épuré et légèrement anguleux. Elle joue beaucoup sur les pleins et les déliés. Par ailleurs, elle simplifie à l’extrême ses traits dans les passages humoristiques. Les yeux ont des contours épais et les visages rougissant sont striés par de grandes hachures. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques. En plus, les décors sont présents dès qu’il y a de grands angles. La mangaka dessine des scènes d’actions simples mais efficaces. Elle porte également attention aux regards et aux petits gestes. D’ailleurs, la mise en page reste dynamique même lors d’une discussion. L’absence de détails des parties intimes censure les scènes érotiques. Le chaton Chibi apporte une touche mignonne à l’ensemble.

En résumé

Après avoir fui une violente agression, le gigolo Kasuga Shûya s’effondre dans la rue devant le patron d’un café, Sawaragi Kyôsuke. Il y a un an, les deux hommes s’étaient rencontrés en prison. Yakuza à l’époque, Sawaragi avait écopé de 5 ans de prison pour trafic de drogues. Mais il allait bientôt bénéficier d’une sortie anticipée pour bonne conduite. Toutefois, le yakuza Sone, dans la même cellule, le provoquait sans cesse. Même en l’ignorant, Kyôsuke éprouvait de la pitié pour Shûya (23 ans) qui était devenu le jouet sexuel du mafieux et qui se prostituait pour un peu d’affection. Le jeune homme avait par ailleurs vainement tenté de le séduire. Alors quand Sone frappa le jeune homme qui refusait un rapport, il s’interposa et fut placé à l’isolement. Pourtant, il n’eut aucune sanction grâce au témoignage en sa faveur de Kasuga.

En conclusion

Sawaragi Kyôsuke a obtenu la première place du meilleur homme mûr au Chill Chill BL award 2010. Son histoire se poursuit d’ailleurs dans le roman Hanahirayashi, toujours avec Aida Saki et Yamada Yugi sensei. Hélas, il n’a pas été traduit en français. C’est mon couple préféré. J’adore la dynamique entre eux et l’amour sincère qui se développe.

Over squall – Ueda Aki

over squall ueda aki
UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782382760635
Hana, 2021
ISBN: 9784801970465 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Est-ce à nouveau un partenaire qui ne me correspond pas…? »

Ueda Aki sensei développe la nouvelle romance de Natsurô dans ce spin-off de Wonder border. Elle base la narration sur le fonctionnaire. Elle maintient un certain suspense en dévoilant peu à peu les particularités touchant Tsuyuhiko et Gô-kun. En effet, l’étudiant, qui a des valeurs différentes sur les relations humaines, confond la compassion et l’amour, ce qui lui provoque des pulsions sexuelles. Alors que Gô-kun profite de ces penchants, Natsurô d’abord choqué va chercher ensuite à « rééduquer » son nouveau partenaire. Ainsi, l’auteure interroge sur l’amour, la différence entre sortir ensemble et un coup du soir, la place des sentiments et du plaisir dans une relation. Elle aborde également les étapes de reconstruction avec un nouveau partenaire après une rupture. Toutefois, sur la vision d’une relation « normée », elle n’apporte pas vraiment de réponse, Natsurô modelant son petit ami à son goût.

La mangaka a un trait fin anguleux mais elle donne un peu d’épaisseur aux contours en les dédoublant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, offrant des bouilles adorables à Tsuyuhiko qui renforcent son côté innocent. Natsurô affiche aussi une grande variété d’expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes et plutôt rares. Les décors situent l’action. La mise en page est dynamique, malgré un grand nombre de gros plans. Ueda sensei ne censure pas les scènes érotiques mais elle privilégie avant tout la sensualité des images. Sous la jaquette se trouvent la postface ainsi qu’une petite illustration donnant une anecdote sur l’avenir de Gô-kun. Ce tome est plutôt épais.

En résumé

Miyamoto Natsurô (31 ans) fréquentait Hiroharu depuis cinq ans mais ce dernier l’a quitté la semaine dernière. Alors qu’il ressasse ses souvenir assis sur un banc dans le parc de leur rencontre, un jeune homme ressemblant à son ex l’aborde et l’invite chez lui à épancher sa peine. A peine arrivé, Tsuyuhiko (23 ans) lui propose de l’enlacer en se substituant à son ex. Natsurô qui n’a pas l’habitude de coucher facilement avec le premier venu, finit par céder au plaisir. Ne se reconnaissant pas lui-même, il est même étonné d’être déjà charmé par l’innocence du jeune homme. Alors qu’il s’apprêtait à partir, Tsuyuhiko lui prête un parapluie et l’invite à le lui rendre une prochaine fois…

En conclusion

Je suis heureuse de voir Natsurô trouver le bonheur. Comme l’auteure présente la vision de l’amour de Tsuyuhiko comme une déformation de sa curiosité et de l’influence de Gô-kun, le lecteur peut interpréter différemment le comportement du fonctionnaire, selon sa sensibilité propre. Par exemple, il pourrait penser que Natsurô impose sa vision de l’amour à son petit ami. Pour ma part, je pense qu’il essaie d’abord de le comprendre tout en l’éveillant à de nouvelles sensations. Ce titre est donc un coup de cœur. Par ailleurs, j’adore la petite surprise de la mangaka à la fin.

Wonder border – Ueda Aki

wonder border ueda aki
UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782382760451
Hana, 2021
ISBN: 9784801960480 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La réunion du hasard et du destin. »

Ueda Aki sensei aborde avec finesse le sujet de l’infidélité. Elle base la narration principalement du point de vue de Hiroharu. Elle décortique donc son conflit intérieur, ses hésitations et sa souffrance. En effet, Haru et Kazuaki se sont quittés brusquement, à cause de choix les menant sur des voies différentes. Malgré son amour sincère pour Natsurô, le vendeur se retrouve perdu entre la culpabilité, la raison et des sentiments passionnés encore intacts qui ressurgissent. L’auteure dévoile l’essentiel du passé de ses protagonistes afin d’installer clairement leur état d’esprit. Elle met ainsi en avant le manque de communication entrainant des incompréhensions au sein des couples. Kazuaki qui paraît inconstant s’avère en réalité franc dans ses sentiments. Comparé à Natsurô, il semble maladroit dans l’expression de son attention pour son partenaire. Par ailleurs, les personnages se remettent en question avec réalisme.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui conserve un tracé de croquis avec le dédoublement des contours. Elle dessine des corps finement musclés. Le visage de Haru porte d’adorables tâches de rousseur et Kazu a une barbichette, ce qui change des beaux gosses habituels des BL. Les pages paraissent plutôt claires malgré une utilisation équilibrée des trames. Les décors situent surtout l’action. La mise en page est dynamique et variée. Ueda sensei ne censure par les scènes érotiques, mais elle préfère s’attarder sur les sensations de ses personnages plutôt que sur les détails. D’ailleurs, il y a au moins une scène par chapitre qu’elle introduit pourtant habilement. Sous la jaquette, il y a une anecdote sur Natsurô et Tôko à lire à la fin, ainsi que sa postface.

En résumé

Yashima Hiroharu sort actuellement avec Natsurô. Un jour, il rencontre par hasard son ex, Yashiro Kazuaki, qu’il n’a pas vu depuis cinq ans. Ce dernier a emménagé dans le quartier et est accompagné de sa petite amie Tôko. Pourtant, il l’invite à boire un verre. Alors que Haru pensait avoir oublié ses sentiments pour l’informaticien, il finit par céder à ses avances quand Kazu l’emmène au love hotel. De retour chez lui, il découvre qu’en plus, ils sont maintenant voisins!

En conclusion

Même si ce one-shot ne se classe pas dans le Chill chill BL award 2018, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la question des sentiments quand une séparation ne se fait pas dans la haine. J’aime beaucoup le traitement de l’auteure sur le sujet. En plus, elle maintient le suspense sur les réels sentiments et les décisions de Kazuaki jusqu’à la fin. Malgré l’empathie ressentie pour Tôko et Natsurô, j’aime la conclusion de cette histoire.

Blue sky complex 5 – Ichikawa Kei

blue sky complex 5 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368770048
Hana, 2021
ISBN: 9784864423656 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« J’ai besoin d’en parler à quelqu’un… »

Ichikawa Kei sensei interroge sur le coming out. Après Kirisu dans le tome 4, elle continue à développer les personnages secondaires. Elle met en avant Harukawa Noriyasu, qui n’assume pas son homosexualité, puis le mature Kohiruimaki Towa. Motochika et Natsuki ne cachent pas leur relation mais ne l’exposent pas non plus à tous. Par contre, lorsqu’on les interroge, ils répondent franchement. Ainsi, ils deviennent un soutien pour Noriyasu qui laisse exploser ses complexes et arrive enfin à devenir lui-même. A travers lui, l’auteure montre comment le traitement particulier, bien que bienveillant, peut tout compte fait blesser quelqu’un. Elle force le couple à encore plus discuter avec l’intervention de la franche et directe Kirara. Elle confronte également le couple à la question du bonheur, imagée par les critères de la société. En effet, Natsuki ressent encore une certaine culpabilité envers son petit ami, à la base hétérosexuel.

Le trait épuré et léché de la mangaka a beaucoup évolué. Il devient plus doux grâce au jeu des pleins et des déliés. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, donnant un aspect mignon, presque SD aux personnages. Elle porte une attention particulière aux regards et petits gestes. Les trames variées sont équilibrées. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance graphique renforcent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges, accentuant l’aspect réaliste du récit. La mise en page est dynamique. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle se concentre surtout sur les sensations des personnages et offre des baisers très sensuels. Sous la jaquette, elle présente les deux héros à différents âges.

En résumé

Pour son petit boulot, Narasaki Motochika donne des cours particuliers. Mais Terashima Natsuki s’inquiète un peu depuis que son petit ami a donné son pseudo à une de ses élèves lycéennes, Fujishiro Kirara. Il pense que Chika ne se rend pas compte que la jeune fille le drague. Il confie alors ses inquiétudes à Kurisu. Pourtant, les deux amoureux ont une grande confiance l’un envers l’autre et essaient à chaque fois de démonter leur amour. Par ailleurs, depuis quelques temps, Harukawa Noriyasu ne fréquente plus trop le groupe d’amis. Motochika est même surpris de le voir fuir quand il le croise par hasard à la gare. Le soir, alors que Natsuki retrouve son petit ami en route, Haru les voit de loin s’embrasser…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Narasaki Motochika est classé premier meilleur seme et Terashima Natsuki deuxième meilleur uke. L’évolution de Haru m’émeut profondément. L’auteure donne une image tellement belle de l’amitié. J’adore suivre les discussions de ces petits groupes de confidents. Ainsi, l’auteure apporte vraiment un regard assez large et extérieur sur l’homosexualité, avec des personnes bienveillantes.

Les saisons, Nacchan et moi – Sagan Sagan

les saisons nacchan et moi sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382760420
Hana, 2021
ISBN: 9784865895131 (JP)
Fusion product, 2018 (JP)
Titre original: 春と夏となっちゃんと秋と冬と僕
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

Deux amis d’enfance à la campagne qui s’aiment tout simplement.

Sagan Sagan sensei narre la relation entre deux amis d’enfance vivant à la campagne, à travers des tranches de vie très courtes, sur un moment particulier, sans forcément de continuité. A travers divers thèmes, elle pose à chaque fois les émois adolescents et leurs questionnements, sans les approfondir, invitant le lecteur à juste observer l’évolution de leurs sentiments. La narration alterne parfois entre Shima et Natsuo qui apportent des précisions grâce à leurs réflexions intérieures. Alors que Shima est plutôt timide, rougissant facilement, et a peur du regard extérieur, Natsuo assume pleinement son homosexualité sans pour autant être démonstratif. L’auteure dresse à chaque fois un portrait fugace du couple, avec leurs jeux innocents, leurs échanges, leurs amis. Elle aborde ainsi leur relation particulière, avec un amour pur et innocent, leur harmonie, leur dispute, leur attirance, leur avenir.

La mangaka a un trait anguleux, avec un côté brut encore brouillon. Elle dédouble parfois les contours, donnant de l’épaisseur. Elle utilise peu de trames et privilégie donc les stries et hachures. Les traits sont très simplifiés dans les passages humoristiques. D’ailleurs, un personnage peut passer d’un aspect comique à une image très sensuel en à peine une case. Sagan sensei porte attention aux gestes tendres. Elle détaille les décors, avec une touche réaliste, et rend parfaitement l’ambiance des saisons. Elle découpe ses chapitres par mois et structure son récit comme des yonkoma, synthétisant un thème sur 4 ou 8 cases. Il n’y a pas de scènes érotiques explicites. D’ailleurs, ce format ne convient pas. Par contre, les moments intimes sont suggérés. Les chapitres débutent par une illustration monochrome. Parfois, en fin de chapitre, il y a des petites illustrations plus simples. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit.

En résumé

Tomoda Shima et Mihara Natsuo sont amis d’enfance. A 17 ans, ils sont très proches et partagent même un sentiment pour ainsi dire amoureux. Parfois, Shima se montre très tactile, volant des baisers. Pourtant, Natsuo accepte volontiers ces démonstrations de tendresse…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la septième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Pour son premier manga, l’auteure adopte un style narratif original qui oblige le lecteur à devenir un simple spectateur. Comme j’aime les yonkoma, je suis surtout déstabilisée par son style car j’attends et cherche la chute du récit. Or, ici, cette dernière n’est pas automatique. Par contre, j’admire la maîtrise de Sagan sensei sur ce format. Par ailleurs, je me sens un peu trop vieille pour apprécier pleinement cette histoire. Toutefois, je pense qu’elle plaira à un public sensible aux thèmes abordés.

Restart 2 L’appétit vient en aimant – Cocomi

restart 2 cocomi
Cocomi ココミ
ISBN: 9782382760253
Hana, 2021
ISBN: 9784829686393 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Titre original: リスタートはおなかをすかせて
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Amants? Amis? Ou autre chose?

Cocomi sensei continue à développer la romance entre Yamato et Mitsuomi, par petites tranches de vie. Elle s’intéresse aux difficultés que rencontre un couple homosexuel à la campagne, en particulier les rumeurs. Elle s’attarde aussi sur les questionnements de ses héros, hétérosexuels à la base, qui analysent leur attirance. L’entourage bienveillant du couple apporte un soutien discret. Grâce à son ancien collègue, Higuchi Manabu, Kozuka réalise enfin son épanouissement professionnel. A cause de son passé, Kumai a encore du mal à exprimer clairement son amour et ses inquiétudes. Il s’interroge particulièrement sur la notion de famille. D’ailleurs, l’auteure aborde les différents modèles familiaux, brisant d’abord le modèle traditionnel avec le couple Harada. Elle met en avant la désertification des campagnes avec la fermeture des commerces, mais également la modernisation avec l’exemple de la vente en ligne des produits fermiers. Dans la postface, elle présente l’adaptation en film de Restart 1.

La mangaka affine son trait épuré, donnant un peu plus de douceur. Elle porte une attention aux regards et aux petits gestes. Elle varie les trames qui sont équilibrées. De même, les décors s’estompent souvent autour des personnages pour ne pas surcharger les cases. D’ailleurs, les paysages de campagne utilisent pleinement les grandes vignettes pour exprimer les grands espaces de nature. La mise en page est donc très dynamique. Cocomi sensei reste pudique dans le traitement des scènes érotiques, préférant s’arrêter aux préliminaires. Toutefois, elle arrive à suggérer parfaitement le développement sans donner de détails.

En résumé

Quatre ans après avoir déclaré ses sentiments, Kozuka Mitsuomi fréquente Kumai Yamato. Même si leur relation n’est pas vraiment officielle, ils partagent souvent des moments tendres, comblés de bonheur. Au courant de leur relation, l’ami de Yamato, Harada Hiromu, les a invités tous les deux à son mariage. Comme promis, il n’hésite pas à intervenir pour détourner les conversations quand certains invités abordent les rumeurs qui courent sur les deux hommes. Le couple arrive ainsi à passer un agréable moment. Émoustillés par l’ambiance festive, les amoureux font alors un crochet par l’hôtel avant de rentrer. Inquiet sur les rumeurs qui circulent, Mitsuomi questionne sa mère qui le rassure et l’encourage. Sur ses conseils, il s’informe alors sur le PACS, réalisant que Yamato est vraiment la personne avec qui il veut vivre…

En conclusion

On sent que l’auteure a acquis un peu plus d’expérience. Son récit paraît moins fade, même si elle reste très précise dans la description des réflexions de ses personnages. Je pense qu’elle arrive un peu mieux à insuffler des émotions. Pour moi, c’est un petit coup de cœur!

Restart 1 Reprendre ma vie à tes côtés – Cocomi

restart 1 cocomi
Cocomi ココミ
ISBN:9782382760246
Hana, 2021
ISBN: 9784829686164 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: リスタートはただいまのあとで
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une forte amitié et de nouveaux sentiments naissants.

Cocomi sensei narre une relation saine entre deux jeunes hommes qui se découvrent et s’ouvrent peu à peu l’un à l’autre, malgré leurs caractères opposés. Elle présente leurs aventures par tranches de vie, se focalisant sur certains évènements. Elle alterne la narration entre Yamato et Mitsuomi, intégrant leurs monologues intérieurs. D’ailleurs, Kozuka comprend très vite la nature de ses sentiments envers son nouvel ami. A cause de sa franchise, il préfère les taire et attendre un signe de Kumai. Ce dernier, au contraire, n’arrive pas à comprendre le sentiment amoureux, de par son passé. En plus, il n’aime pas susciter la pitié. Par ailleurs, l’auteure aborde la vie à la campagne avec l’entraide mais aussi les médisances. Elle ajoute une quête d’identité, permettant à Yamato d’avancer. Toutefois, bien qu’elle reste dans un ton réaliste, elle dépeint des héros un peu trop purs.

La mangaka a un trait épuré simple, presque dépouillé, qui rappelle un peu le style shôjo. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Ces derniers sont d’ailleurs assez succincts. Les autres trames donnent un peu de volume. La mise en page est dynamique. Cocomi sensei exprime le passage du temps grâce aux saisons ou tout simplement dans les dialogues. Elle intègre les illustrations en début de chapitre au récit. Sous la jaquette, elle offre deux illustrations monochromes. Il n’y a pour l’instant pas de scènes érotiques.

En résumé

Après dix ans d’absence, Kozuka Mitsuomi (25 ans) retourne dans sa campagne natale, s’étant fait virer de son travail. Pour l’instant, il a du mal à trouver autre chose. En effet, colérique et franc, il a tendance à perdre son sang froid. Il a vite sympathisé avec Kumai Yamato (25 ans), un orphelin qui a été adopté par leur voisin. Malgré des caractères complètement opposés, les deux jeunes hommes s’entendent bien. D’ailleurs, de temps en temps, Mitsuomi va aider Yamato à la récolte et la vente des légumes. Mais un jour, le vieux Kumai se tord la cheville, rappelant à son fils adoptif son âge avancé. Devant l’inquiétude de son ami, Kozuka décide de le rassurer, s’énervant même contre les médisances à sa place…

En conclusion

L’auteure offre une romance réaliste, tendre, imprégnée de l’ambiance de la campagne. Toutefois, elle détaille tellement les caractères et les sentiments de ses personnages qu’il m’est difficile d’entrer complètement dans le récit. En effet, je trouve qu’elle ne laisse pas la place à l’imagination et l’interprétation du lecteur, lui imposant ainsi de rester en retrait comme un simple spectateur. Je pense donc que cette histoire touchera les personnes selon leur sensibilité. Pour moi, j’attends la suite pour voir…

Blue sky complex 4 – Ichikawa Kei

blue sky complex 4 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776612
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423403 (JP)
Tokyo mangasha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

A l’université, Natsuki et Motochika entament une vie de couple.

Ichikawa Kei sensei s’intéresse à la vie universitaire de son couple fétiche. Bien que dans des universités différentes, les deux jeunes hommes arrivent à construire un groupe d’amis en commun. Towa a le même caractère que Narasaki. Harukawa Noriyasu, quant à lui, s’interroge souvent sur les affinités entre Terashima et Natsuki. Kurisu Haruomi a un caractère particulier. En effet, il semble avoir du mal à interagir avec les gens, étant trop familier. D’ailleurs, il va faire une fixation sur Terashima, provoquant l’inquiétude de Chika. L’auteure met doucement en place l’environnement dans lequel évoluent maintenant ses deux héros. Elle met d’abord en avant Kurisu, portant attention aux liens qui se créent. De même, elle fait évoluer le caractère de ses personnages. Ainsi Narasaki est de plus en plus possessif et avide, mais Terashima le rassure toujours à sa manière. Le chapitre bonus partage d’ailleurs avec humour leur incontrôlable désir.

La mangaka a un trait un peu plus léché, avec plus d’épaisseur dans les contours. Elle maîtrise son style et dessine des visages un peu plus mûrs. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les décors situent surtout l’action mais sont réalistes et précis. Les trames d’ambiance sont plutôt discrètes. La mise en page dynamique joue principalement sur les détails, les cadrages et les vides. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par contre, elle met surtout en avant les sensations des personnages. Sous la jaquette, elle présente l’appartement du couple.

En résumé

Avant un rendez-vous avec Terashima Natsuki, Narasaki Motochika passe voir la mère de son petit ami. Natsuki, quant à lui, croise par hasard Motonari, le frère aîné de Chika, vite rejoint par Momoko accompagnée des petits. Il en profite pour le remercier de leur avoir fourni les appareils électroménagers pour leur appartement. En effet, les deux lycéens seront colocataires quand ils iront à l’université. Ils se retrouvent alors dans un fast food. Motochika a également passé son permis de conduire et a sympathisé avec Kurisu Haruomi durant son stage. Mais son petit ami montre tellement ses sentiments pour lui avec franchise, que Terashima n’arrive même pas à se montrer un peu jaloux.

En résumé

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Comparé au tome précédent, Narasaki Motochika descend à la huitième place du meilleur seme et Terashima Natsuki fait une belle progression à la cinquième place du meilleur uke. L’auteure prend tout son temps pour construire son récit. Certains lecteurs pourront être déroutés par le manque de détails, sur le petit boulot de Natsuki par exemple, pourtant, elle sème des indices graphiques. J’adore Towa et Harukawa! J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Blue sky complex 3 – Ichikawa Kei

blue sky complex 3 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776230
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422895 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

C’est l’heure des choix décisifs pour construire son avenir.

Ichikawa Kei sensei continue à présenter une tranche de vie de ses deux héros. Elle développe également leur environnement familial. En dernière année de lycée, ils doivent faire des choix d’avenir. Seulement, leur situation familiale pèse dans leurs décisions. Alors que les projets de Narasaki prennent rapidement forme grâce à son frère, ceux de Terashima restent longtemps empreint d’incertitudes. Les deux lycéens n’osent pourtant pas mettre de mots sur leurs appréhensions. Au contraire, ils avancent en gardant toujours confiance dans leurs sentiments. D’ailleurs, l’auteure transcrit parfaitement la mélancolie et l’inquiétude qui entourent les deux garçons. Elle met en avant la mère de Natsuki, veuve qui accepte l’homosexualité de son fils, ainsi que Motonari, le frère aîné de Motochika, avec sa petite amie Momoko. Dans une histoire bonus, elle met en scène Misato Ônuki, une lycéenne qui se transforme peu à peu en fujoshi en observant le couple.

La mangaka a un trait fin et épuré plutôt classique. Elle porte attention aux regards, petits gestes et non-dits. Comme elle utilise une gamme limitée de trames, elle équilibre leurs effets et n’abuse pas des trames d’ambiance. Certaines planches dégagent alors beaucoup d’esthétisme. La mise en page est dynamique. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle montre peu les parties intimes, se concentrant sur leurs sensations et préférant dessiner les bustes. Sous la jaquette, comme dans le tome précédent, elle présente ses personnages dans une tenue. Ici, ils portent leurs vêtements de tous les jours.

En résumé

Narasaki Motochika souhaite aller à l’université mais ne sait pas encore laquelle choisir. Son professeur lui recommande la même que son frère mais il devra alors s’éloigner du domicile familial et prendre un studio. Comme son père travaille à l’étranger, il hésite à abandonner sa mère avec les jumeaux. Son frère comprend son hésitation et cherche donc un moyen de l’aider. De son côté, Terashima Natsuki pense pour l’instant passer son permis de conduire même si cela est interdit pendant l’année scolaire. Depuis qu’il s’entend bien avec les membres de la famille Narasaki, en particulier les jumeaux Aki et Take ainsi que Momoko, la petite amie de Motonari, il comprend mieux la gêne de se câliner quand la famille est au complet. Toutefois, Chika trouve toujours un prétexte pour passer plus de temps avec lui…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Narasaki Motochika est classé septième meilleur seme et Terashima Natsuki douzième meilleur uke. J’adore la mère de Natsuki qui n’a pas sa langue dans sa poche. Certains lecteurs pourront être décontenancés par le style narratif qui a un peu changé. En effet, l’auteure s’attarde vraiment sur l’environnement et les réflexions des deux lycéens. La romance n’est donc plus le cœur du récit. D’ailleurs, ils sont bien ensemble et ont clairement conscience qu’ils ne peuvent plus se passer l’un de l’autre. J’apprécie beaucoup de les accompagner un peu dans la construction de leur avenir.

Blue sky complex 2 – Ichikawa Kei

blue sky complex 2 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368776223
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422406 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Entre désir et doute, la difficulté à gérer sentiments et sensations.

Ichikawa Kei sensei continue d’explorer le chemin réflexif de ses deux héros sur leurs sentiments. Elle alterne la narration entre Terashima et Narasaki. Elle joue sur la maladresse du couple à communiquer pour créer des tensions. Malgré des efforts pour partager leurs doutes et leurs interrogations, les deux lycéens ont du mal à se comprendre et n’arrivent pas à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. Pourtant, leur premier rapport se déroule dans le consentement, avec le choix des positions, la recherche d’informations et le partage franc de leurs sensations. Toutefois, Natsuki ressent également une certaine crainte face à des réactions inconnues. L’auteure met en avant la libido débordante des adolescents suite à la découverte de nouveaux plaisirs ainsi que la difficulté à gérer de nouveaux sentiments comme la possessivité, la jalousie. En plus, Terashima entretient des rapports amicaux avec son ex, Ogawa, et le barman Junya qui le drague.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux. Elle exagère légèrement les expressions des visages pour transcrire les émotions. Ainsi, Terashima affiche une panoplie de bouilles boudeuses adorables! Les trames sont variées, plutôt en aplat. De même, elles marquent uniquement les ombres fortes comme les contre-jours. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance. Les décors sont présents ainsi que les éléments marquant les saisons comme le ciel et la végétation. La mise en page dynamique utilise parfois un découpage cinématographique. Dans les scènes érotiques, Ichikawa sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Sous la jaquette, nos deux héros continuent à jouer les modèles comme dans le tome précédent et se préparent pour le sport.

En résumé

Le délinquant Terashima Natsuki et l’élève modèle Narasaki Motochika sortent ensemble. Mais malgré les mois qui passent, Chika refuse de dépasser le stade du baiser sous prétexte qu’il n’arrive pas à se concentrer quand sa famille est présente. Terashima, d’abord énervé, essaie de le comprendre et décide de se montrer patient, son petit ami étant à la base hétérosexuel. Pour le nouvel an, Narasaki l’invite chez lui en précisant que sa famille sera partie en voyage…

En conclusion

Au Chill chil BL award 2016, Narasaki Motochika est classé quinzième meilleur seme. D’ailleurs, je l’adore quand il garde son visage impassible alors qu’il est autant troublé que son petit ami. En plus, il reste toujours prévenant envers son amoureux. L’auteure arrive à transcrire les sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer avec réalisme. Une série à lire sans se priver!