Beast’s storm 3 Hug me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 3 kuroi morry
KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762806
Hana, 2022
ISBN: 9784796413619 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Comment concilier le bien-être au travail et le bonheur familial?

Kuroi Morry sensei continue de développer la question de concilier travail et famille. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ces derniers résument même à travers leurs réflexions les sujets déjà abordés dans le tome précédent comme pour les détailler. Cette répétition accentue un peu le manque de rythme du récit, qui présente surtout le train-train quotidien des personnages, mais ne gêne en aucun cas la lecture. Au contraire, il est agréable de voir un tel problème récurrent au Japon ainsi approfondi. A travers Ohara et Sôgo, l’auteure propose même une solution idéale. Par ailleurs, elle développe son univers en présentant un peu plus la famille du directeur d’hôpital. Sôji représente la bête dans toute sa splendeur, avec un esprit de supériorité qui ne suit que son instinct et multiplie les partenaires, sans sentiments. Au contraire, Ohara apporte une touche bienveillante en prônant la mixité entre hommes et bêtes.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux qu’elle simplifie et arrondit dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas alors à transformer les têtes en SD. Par contre, elle dessine Shôta tout en rondeur, accentuant son côté mignon qui devient presque du fan service. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames sont utilisées avec parcimonie. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent souvent les émotions. La mise en page, simplement dynamique, accentue un certain effet de dépouillement. Kuroi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes. Les chapitres débutent par une illustration de Shôta accompagné d’un parent ou les deux.

En résumé

Kijima Shôta commence à babiller. Son père Sôgo tente alors de l’entraîner à prononcer « papa », espérant que ce sera son premier mot. Mais à son désespoir, l’enfant réussit à dire « riz ». Comme Sôgo commence à avoir ses chaleurs, il se montre très câlin avec son époux Miyaji Akira. Ce dernier commande alors en urgence des inhibiteurs auprès de l’infirmier Kirigawa. En effet, il ne souhaite pas de nouvelle grossesse avant que leur situation soit stabilisée, son mari et lui étant pris par leurs obligations. Depuis quelques temps, Eiko la sœur de Sôgo, l’aide en gardant Shôta, mais le médecin pense que cela n’est pas une solution viable sur la durée, même si son fils s’entend bien avec son cousin Riku. Par hasard, il rencontre alors Sôji, le père de Sôgo, qui ne l’apprécie guère…

En conclusion

Ce tome est parfois très bavard et le changement de rythme pourra décontenancer certains lecteurs. En effet, on ressent clairement une rupture entre passages mignons, sujets importants et scènes érotiques. Toutefois, le résumé intégré au récit permet de se plonger plus vite dans l’histoire sans avoir à relire les volumes précédents. Une lecture divertissante qui traite de sujets d’actualités pour passer un agréable moment.

Stay gold 4 – Hideyoshico

stay gold 4 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782382760925
Hana, 2022
ISBN: 9784396784713 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un amour à sens unique secret qui procure un petit bonheur.

Hideyoshico sensei consacre ce tome à la romance de Hidaka et Kô. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle aborde les sentiments ambigus entre ami et amant dans une relation de sex friend et l’amour à sens unique. Jin comprend assez tôt son orientation sexuelle mais préfère préserver sa relation amicale avec celui qu’il aime. Toutefois, en goûtant enfin au bonheur tant rêvé, il réalise qu’il peut créer des souvenirs précieux, même s’ils sont d’abord douloureux. Au contraire, Kô préfère ne pas réfléchir à la situation, profitant simplement du plaisir. Ainsi, l’auteure analyse l’évolution de la relation entre les deux étudiants. Par ailleurs, elle montre comment les contraintes de la vie adulte peut influencer sur cette relation, avec le manque de temps, l’éloignement, les doutes. Elle apporte une touche mélancolique et réaliste en montrant que l’amour ne peut pas tout surmonter, malgré de forts sentiments.

La mangaka a un trait épuré et simple et pourtant très expressif. Elle exprime les fortes émotions de Hidaka, qui affiche constamment un visage impassible, avec des métaphores graphiques. Par exemple, il se noie dans une passion ou explose de bonheur. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Le fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. La mise en page plutôt classique joue beaucoup sur des angles de vue variés. Certaines vignettes dégagent même un peu de poésie avec des paysages détaillés. Après un tome précédent encore pudique, Hideyoshico sensei se rattrape en offrant plusieurs scènes érotiques non censurées. Elle présente sommairement les personnages en début de tome.

En résumé

Nakayama Kô taquine Hidaka Jin qui s’est coupé les cheveux pour effectuer son stage d’enseignant. Ce dernier souhaitant conserver leur relation saine pour rester le plus longtemps possible aux côtés de celui qu’il aime, profite des dernières vacances d’été en tant qu’étudiant pour aller au bord de la mer avec lui. Durant son stage, Hidaka réalise la difficulté à enseigner auprès de plusieurs élèves et supporte mal la pression, n’ayant aucun soutien. Toutefois, il remarque également sa dépendance envers son ami qui lui manque énormément. Dès son stage terminé, il fonce donc voir Kô pour fêter cela. Mais quand il se réveille le matin, il trouve son ami à ses côtés dans le même lit…

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Hidaka Jin ne se classe pas parmi les meilleurs uke mais les lecteurs précisent qu’il est un des seuls qu’ils ont envie d’encourager autant. Hideyoshico sensei met en avant un amour bancal qui dure depuis 10 ans mais tout de même magnifique. Elle reste toujours précise dans ses descriptions. Comme je l’ai précisé dans le tome 1, j’adore Hidaka. C’est donc avec grand plaisir que je découvre son aventure.

Stay gold 3 – Hideyoshico

stay gold 3 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368776315
Hana, 2019
ISBN: 9784396784423 (JP)
Shodensha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Le retour tumultueux de la mère de Hayato et Kikka.

Hideyoshico sensei nous présente Yayoi, la mère de Hayato et Kikka. Comme dans le tome précédent, elle s’intéresse principalement à la notion de famille. Ainsi, elle révèle le passé entre Yûji et sa sœur. Yayoi est une véritable tempête avide de liberté, avec un fort caractère indépendant. Même si son fils la rejette, laissant exploser sa colère, et sa fille (5 ans) ne la reconnaît pas, elle accepte facilement la situation et essaie simplement de renouer le lien. Contrairement à Yûji pour qui vivre sous le même toit constitue réellement la famille, elle ne cherche pas à approfondir une relation considérée comme naturelle. D’ailleurs, l’auteure met en avant l’évolution possible des liens dans une famille. Elle détaille les chamboulements de la maisonnée, le détachement ressenti envers la personne absente. Par ailleurs, elle fait mûrir doucement Hayato. Le lecteur remarque également que Yûji a du mal à décrypter ses propres sentiments.

La mangaka a un trait simple et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. En début de tome, Hideyoshico sensei commence toujours par une illustration représentant trois photographies.

En résumé

Nakayama Yûji ayant rejeté ses sentiments, Hayato se comporte comme avant sa déclaration, feignant le sage neveu. Cela rassure rapidement son oncle. Par conséquent, le collégien décide de laisser tomber toute tentative de séduction. Par ailleurs, Hidaka l’incite également à étudier plus sérieusement pour que leur accord ne s’évente pas, ses notes ne progressant pas. Malgré l’interdiction de son neveu, Yûji se rend à la fête du sport du collège et prend plein de photographies de Hayato qui pourtant proteste…

En conclusion

Bien que hors classement du Chill chill BL award 2019, les lecteurs citent ce tome parmi les meilleures séries palpitantes, appréciant le développement précis de Hayato évoluant de l’âge juvénile vers l’adolescence. D’ailleurs, Hideyoshico sensei clôture cette première partie sur la famille en effectuant un petit saut dans le temps à la fin du volume. J’ai trouvé que Yayoi avait une personnalité vraiment déstabilisante mais très intéressante. J’ai hâte de découvrir la suite de cette douce tranche de vie.

Stay gold 2 – Hideyoshico

stay gold 2 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775813
Hana, 2019
ISBN: 9784396784096 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Quand devient-on adulte?

Hideyoshico sensei met en avant la famille. A travers Hayato et Yûji, elle interroge sur la perception même des liens familiaux. En effet, Yûji et sa sœur n’ont aucune consanguinité. Pourtant, le jeune homme reste très attaché à sa famille recomposée et a du mal à voir son neveu grandir. Hayato, quant à lui, va se confier facilement à Hidaka qui le traite comme un égal. D’ailleurs, le lecteur réalise que Jin a un comportement de stalker même s’il reste discret. L’auteure dépeint parfaitement les émotions et changements de la période charnière de l’adolescence avec par exemple, Hayato qui fait à la fois preuve de maturité tout en se comportant encore comme un enfant. Elle arrive ainsi à retranscrire l’ambiance électrique entre le neveu et l’oncle qui affecte toute la maisonnée. Dans l’histoire bonus, elle offre quelques anecdotes sur Kikka, détendant l’atmosphère.

La mangaka a un trait simple très épuré mais expressif. Elle donne du relief à ses personnages grâce à des contours plus épais. Elle exagère les expressions, apportant ainsi une touche d’humour. De même, la petite Kikka ajoute un côté mignon aux planches. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions et participent parfois directement au récit en illustrant des dialogues. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue variés. Comme dans le tome précédent, Hideyoshico sensei s’arrête encore aux tentatives et aux baisers volés.

En résumé

Nakayama Yûji s’inquiète de l’avenir de Hayato qui cumule les mauvaises notes. Il aimerait donc qu’il suive des cours du soir. Mais le collégien lui annonce ne pas vouloir aller au lycée, désirant travailler rapidement. L’oncle et le neveu, aussi têtus l’un que l’autre, passent depuis leur temps à se disputer. Kô s’en plaint auprès de son ami Hidaka Jin. Ce dernier lui propose alors de donner des cours particuliers au rebelle en échange d’un repas de temps en temps. Mais quand il se rend chez les Nakayama, Yûji l’accueille avec joie tandis que Hayato part bouder dans sa chambre. Par la suite, Hidaka arrive pourtant à convaincre le lycéen en discutant un peu avec lui…

En conclusion

Hideyoshico sensei crée des personnages au caractère exacerbé mais criant de vérité. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur la maturité, la sexualité et la famille. Les aventures des protagonistes nous replongent dans notre puberté et ses émois. Je prends plaisir à suivre les péripéties de cette famille attachante.

Stay gold 1 – Hideyoshico

stay gold 1 hideyoshico
Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775806
Hana, 2018
ISBN: 9784396784089 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Un « chaos amoureux » perturbe l’harmonie d’une famille déjà compliquée.

Hideyoshico sensei aborde avec pudeur la construction de la sexualité durant l’adolescence. Elle narre son récit par petites tranches de vie, partageant les réflexions des membres de la famille Nakayama. Elle inclut également les points de vue extérieurs dans des demi-chapitre, mettant en avant des personnages secondaires comme la camarade de classe de Hayato, Miura, et l’ami de Kô, Hidaka qui cache son homosexualité. Kikka apporte une touche d’humour avec sa franchise La déclaration d’amour d’un adolescent de 13 ans à son oncle chamboule complètement la maisonnée. Yûji considère encore son neveu comme un enfant mais sa tendance à fuir la réalité incite l’adolescent à se montrer de plus en plus entreprenant. Ainsi, l’auteure analyse la gestion d’un coming out dans le giron familial. Dans un chapitre spécial, elle présente ce que sont devenus Tomoya Yashiro et Momose de Rendez-vous à Udagawachou.

La mangaka a un trait simple et épuré qui dégage pourtant de la douceur. Elle dédouble parfois les contours permettant d’insuffler un peu de relief. En effet, elle épure également ses décors qui apparaissent dans les plans larges, mais cela colle parfaitement au style général. Par contre, les trames sont variées et équilibrées. Par ailleurs, les morphologies sont diversifiées. D’ailleurs, Kikka apporte une touche mignonne avec ses traits tout en rondeur.

En résumé

Ses parents travaillant à l’étranger, Nakayama Yûji vit avec son frère Kô, son neveu Hayato et sa nièce Kikka. En effet, après deux mariages et deux divorces, sa sœur a disparu du jour au lendemain en laissant ses deux enfants à la famille. Yûji soupçonne qu’elle s’est entiché d’un pêcheur depuis qu’il reçoit des colis de poissons de sa part. Encore au lycée, Kô en profite quant à lui pour draguer et souvent découcher. En ce moment, Hayato (13 ans) semble en pleine crise d’adolescence. Il se montre rebelle et inquisiteur envers son oncle quand il reçoit des appels d’une femme. Mais en apprenant que Yûji n’a pas encore de petite amie, son comportement change alors immédiatement…

En conclusion

Hideyoshico sensei maîtrise parfaitement le traitement de son sujet qui peut paraître malaisant au premier abord. D’ailleurs, elle analyse avec précision les états d’âme de ses personnages qui ont des réactions tout à fait censées. Et elle prend également son temps pour développer son récit. Donc, rien de plus que des baisers volés implacablement contestés. Une lecture intéressante qui aborde la question de l’homosexualité en général. Et puis j’aime beaucoup Hidaka.

Paparazzi – Nishimoto Rou

paparazzi nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782382761106
Hana, 2022
ISBN: 9784396785161 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Titre original: このキスは記事にできない
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une romance au goût d’interdit entre un acteur et un paparazzi! »

Nishimoto Rou sensei narre une romance entre un riche et bel acteur célèbre et un paparazzi peu doué et immature. Elle débute par une relation au consentement plutôt gris, mais qui pousse les deux héros à s’interroger sur leur attirance. Ainsi, elle développe particulièrement la personnalité de ses personnages. Manato a tendance à fuir la réalité et Ryû est prisonnier de l’image de marque qu’on lui a créée. Bien qu’ils aiment leur métier, ils ne s’y épanouissent plus. D’abord dans le déni, leurs sentiments naissent peu à peu. Par ailleurs, l’auteure aborde entre autre, le jugement sur l’apparence, les clichés sur la beauté physique, les différences sociales, la pression des médias et des agences dans le monde artistique. Avec le manager Kido, elle met en avant la difficulté à combiner objectifs de l’agence et états d’âme de l’acteur. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle dessine des personnages plutôt virils et musclés. Par ailleurs, elle détaille les mouvements et renforce les émotions avec des trames d’ambiance. De même, les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de cases, les ellipses, les sorties de cadres et la déformation ou l’absence des cadres. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détaille même les coupes intérieures. Toutefois, elle s’attarde surtout sur la sensualité des ébats. Les illustrations en début de chapitre sont directement intégrées au récit.

En résumé

Malgré sa popularité, l’acteur Honda Ryû (28 ans) s’interroge sur son talent, étant souvent apprécié pour sa beauté. En plus, il travaille pour l’agence dirigée par son père, un ancien acteur. Tandis qu’il se rendait dans un bar, le paparazzi Higa Manato (26 ans) le percute alors qu’il fuyait. Mais à la surprise de la star, le journaliste ne le connaît pas. En effet, Higa vivait aux États-Unis et travaille seulement depuis deux mois pour un magazine au Japon. Comme il n’a toujours pas trouvé de scoop, son patron lui lance un ultimatum. Chez sa petite amie Shiho, le photographe découvre alors que son sauveur est un célèbre acteur. Bien que se sentant redevable, il hésite à suivre Honda. Mais quand il le surprend avec une femme, l’acteur le provoque…

En conclusion

Comme Two sides of the same coin, ce one-shot offre une histoire très sexy et adulte. Je trouve que Nishimoto sensei a vraiment du talent pour construire des personnages touchants, ayant à la fois du charisme et un côté sombre. Pour moi, c’est un coup de cœur!

Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro
NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Number call – Furuya Nagisa

number call furuya nagisa
FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382761137
Hana, 2022
ISBN: 9784758073561 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« A chaque fois que les gens voient mon prénom, ils décident eux-mêmes de comment le prononcer. »

Furuya Nagisa sensei offre une douce et pudique romance dont le thème principal tourne autour du nom. Elle décortique la construction d’une relation, à partir du développement d’une amitié jusqu’aux prémices de l’amour. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs premiers émois. On retrouve déjà son style narratif, par petites tranches de vie: ici, une année de terminale. Eito et Hachi découvrent rapidement d’autres points communs en plus de la signification similaire de leur surnom. Par ailleurs, au fil des chapitres, l’auteure développe un peu plus Yokoi et Kisshi, respectivement les amis de Tachibana et Tomoya. Elle les fait subtilement intervenir auprès des deux lycéens qui ont du mal à déterminer la nature de leurs sentiments. L’histoire bonus satisfait les lecteurs par une conclusion toute mignonne.

La mangaka a un trait épuré encore plus simplifié dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur les petits détails. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est plutôt aérée. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei prenant soin de décortiquer les sentiments.

En résumé

Tachibana Akito, en section littéraire, attire depuis son enfance les quolibets de ses amis car la lecture des caractères de son prénom peut aussi se prononcer « Eito », soit « eight » en anglais. D’ailleurs, son ami Yokoi se moque un peu de lui car il a obtenu 88 à trois contrôles. Par inadvertance, il laisse s’envoler la copie par la fenêtre. Mais un gentil garçon de la section scientifique la ramasse et la rend à Eito avec un grand sourire. Plus tard, Yokoi apprend à son ami que ce gentil garçon s’appelle Tomoya Hatta et qu’on le surnomme Hachi, signifiant également « 8 ». Tomoya est heureux de trouver un ami qui a un nom similaire au sien mais soudain, Tachibana n’ose pas lui révéler son vrai prénom…

En conclusion

Pour son premier manga, Furuya sensei mène déjà très bien son scénario. Elle offre une histoire emplie de douceur et de fraicheur. Elle arrive déjà à pointer les petits moments forts du quotidien de l’adolescence. Je suis d’ailleurs facilement touchée par les deux lycéens qui réalisent petit à petit leurs sentiments sans trop y croire, tout en cherchant à préserver le lien particulier qu’ils nouent. Si vous aimez l’auteure (Les deux lions, Blue summer), n’hésitez pas à vous précipiter sur ce one-shot.

L’écrivain au cœur flétri – Yan

l ecrivain au coeur fletri yan
Yan やん
ISBN: 9782382760734
Hana, 2021
ISBN: 9784815501488 (JP)
Sankosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La question de l’homosexualité dans des relations adultes.

Yan sensei propose un recueil de romances adultes et mignonnes. Elle développe toujours des relations consensuelles. De même, elle aborde divers sujets d’actualités. La première histoire développée sur trois chapitres et un chapitre bonus donne son titre au manga. Bien que Kiriya soit un écrivain reconnu, il est peu sûr de lui et éprouve des difficultés à s’exprimer. Ses sentiments naissent peu à peu grâce à la patience de Toraï. Dans « Gateau à la fraise », l’auteure aborde la peur du regard extérieur sur l’homosexualité au bureau. Elle offre un scénario plus léger dans « Les huitièmes noces ». Par contre, dans le dernier chapitre, elle s’intéresse aux difficultés de l’adoption pour un couple gay malgré une législation en leur faveur. Les deux histoires bonus apportent une note très érotique.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages dans un style qui lui est propre et efficace. Elle détaille les décors, présents et réalistes. De même, les trames sont équilibrées. Par contre, quelques trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page reste assez classique avec tout de même quelques cases dynamiques. D’ailleurs, Yan sensei met en valeur les corps musclés de ses personnages. A noter qu’elle porte attention aux détails comme les taches de rousseur de Kayle ou en exagérant le côté mignon de la chatte, dans le chapitre « Promesse à Brighton ». Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Toutefois, il y a une scène par chapitre.

En résumé

L’écrivain au cœur flétri / Notre jardin se pare des couleurs de l’hiver: L’écrivain de science-fiction pour enfants Kiriya Kôsuke (46 ans) manque actuellement d’inspiration. Son éditeur Tanaka lui présente un jardinier, Toraï Sotetsu, qui apprécie ses œuvres depuis l’enfance. Mais asocial et gay, Kiriya a du mal à rester naturel avec ce dernier, même s’il est charmé par sa musculature. Pourtant, Toraï ne se vexe jamais quand il se montre brusque et froid. Un soir, alors que le jardinier finissait de travailler sous la pluie, l’écrivain l’invite à se reposer chez lui…
Gâteau à la fraise / Bienvenue, mon chéri!: Ookuni et Masumida sortaient ensemble mais se sont séparés quand Ookuni a intégré la même entreprise que son petit ami. Pourtant, leurs sentiments sont encore bien présents…
Les huitièmes noces: Le milliardaire Kalkadan va bientôt marier la dernière de ses sept filles. Au marché, il vient en aide à un marchand itinérant, Bauma, qui se disputait avec un client persuadé d’être arnaqué. Ce dernier lui recommande de se méfier des voleurs de dot…
Promesse à Brighton: Kayle et Jayden, un couple gay marié depuis quatre ans, souhaitent adopter un enfant mais essuient un refus. Kayle a du mal à digérer cette décision…

En conclusion

Yan sensei possède un style graphique qui change un peu de l’ordinaire, rappelant le mouvement actuel de certaines mangaka dessinant des muscles proéminents. Elle offre des histoires simples et mignonnes, sans prétention au premier abord. Mais hormis « Les huitièmes noces » qui dénotent un peu du ton général, elle aborde des questions d’actualités ancrée dans la réalité. Une lecture idéale pour passer un agréable moment.

Restart – Hidaka Shoko

restart hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782351804834
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862630490 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tout n’est pas glamour dans le monde de la mode… »

Hidaka Shoko sensei propose des romances se déroulant dans le monde de la mode. Elle s’intéresse à la rivalité entre mannequins galvanisée par des effets de mode, les carrières fluctuantes, la perte de confiance en soi. A travers Tadashi et Aki, elle aborde également la difficulté à cacher une relation amoureuse et à coordonner un emploi du temps. L’histoire bonus en fin de tome permet de découvrir la rencontre entre les deux mannequins. Par ailleurs, le chapitre spin-off « Pour toi » questionne sur la différence d’âge. L’auteure développe des personnalités complexes malgré le format court. Ainsi, elle met en évidence la tendance de Yoshizawwa et Honma à se rabaisser et à remettre en question leur place dans le métier. En fin de tome, elle dépeint avec finesse la confusion des sentiments de Tomohiro, prisonnier de son ancien amour.

La mangaka a un trait épuré qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, privilégiant un certain réalisme. De même, les décors très présents renforcent cet aspect. Les trames sont également équilibrées. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas trop les parties intimes, jouant sur les trames, l’absence de trait ou des cadrages très serrés.

En résumé

Restart / Step / Clear / Rebirth / Contact: Lors d’un shooting photo, le mannequin Yoshizawa Tadashi (24 ans), dont la carrière est sur une pente descendante, apprend que son jeune collègue Kudô Akihiro (21 ans) a été sélectionné pour un défilé à l’étranger. En effet, Aki ne l’a pas informé puisqu’ils s’évitent depuis plus d’un mois. Car après une soirée trop arrosée, les deux hommes ivres avaient couché ensemble. Leur manager Noguchi convoque alors les deux mannequins et les somme de participer à la soirée de fin d’année. Mais Tadashi ne supporte pas les sermons d’Aki…
Pour toi: Le photographe Kishida Tomomi a sélectionné le jeune mannequin Honma Shunsuke pour son nouveau projet de portraits. Mais le lycéen a du mal à comprendre ses directives trop vagues. Il se demande également pourquoi il a été choisi alors qu’il n’a plus de succès. Soudain, en plein shooting, le photographe lui déclare alors son amour…
Reflets: Tomohiro Tatsumi a perdu son premier amour dans un accident de plongée avant même d’avoir pu lui déclarer ses sentiments. Il n’a pas vraiment encore fait son deuil, le corps de ce dernier n’ayant jamais été retrouvé. Mais un jour, il croise dans le bus, le portrait craché de Shinozaki…

En conclusion

Malgré le format court, Hidaka sensei narre de merveilleuses histoires emplies d’émotions et de réalisme. Elle ne s’éparpille pas et donne l’essentiel pour appréhender la psychologie des personnages. Une lecture prenante pleine de sensibilité!