La punition 2 – Hinako

la punition 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382763872
Hana, 2023
ISBN: 9784866535456 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« J’en veux encore… Encore… »

Hinako sensei continue de développer le « dressage » particulier de Yôsuke par Sujima. Elle montre les petits changements des deux héros qui refusent pour l’instant d’admettre leurs sentiments naissants, bien qu’ils acceptent leur attachement. En introduisant l’ami d’enfance de Yôsuke, surprotecteur, elle ajoute quelques tensions les obligeant à s’interroger sur leur relation. Sujima devient plus souple et tendre mais également encore plus possessif. Bien que plus docile, Yôsuke continue de provoquer son « maître » et laisse s’exprimer sa jalousie. Ainsi, l’auteure joue sur les quiproquos et les petits secrets pour pimenter encore plus la relation entre les deux hommes. Elle utilise par ailleurs leurs amis et collègues pour détendre l’atmosphère. Comme dans le tome précédent, elle donne une anecdote sur un chapitre dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages et des corps longilignes, des yeux effilés qui donnent un charme particulier à ses personnages. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes avec des bandelettes et en dessinant des contours blancs. Pourtant, elle offre beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle fait poser ses personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Sujima autorise enfin Yôsuke à dormir à ses côtés. Mais il reçoit un appel urgent du travail et s’absente. Dans la journée, l’ancien gigolo retrouve son ami qui lui a recommandé son petit boulot de téléphone rose pour récupérer son premier salaire. Il pensait d’abord aller aux putes mais, redoutant le retour de son nouveau maître de mauvaise humeur, il se ravise. Il accueille alors Sujima avec une bière. Les deux hommes finissent donc au lit mais Yôsuke remarque qu’il ne fait aucun effet à son partenaire. Etait-il vraiment parti travailler?

En conclusion

Hinako sensei maîtrise sa mise en page, la dynamique de son scénario et son style graphique particulier, presque incisif dans certaines images. Elle crée des personnages attachants malgré leurs sales caractères et leurs défauts. En effet, Yôsuke et Sujima ne sont pas des anges et pourtant, j’aime suivre leurs aventures. Je ressens même un plaisir coupable de voir l’ancien gigolo se faire punir à chaque « bêtise ». Toutefois, ce genre de récit peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement n’étant parfois pas clair. Pour ma part, je suis complètement séduite!

La punition 1 – Hinako

la punition 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382763865
Hana, 2023
ISBN: 9784866535920 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Donnez-moi un doigt, et je vous prendrai le bras. »

Hinako sensei construit une relation particulière entre un gigolo un peu idiot qui se laisse vivre et un gérant de bar intransigeant. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle s’intéresse aux relations humaines en général, aussi bien amicales, professionnelles qu’amoureuses. Sujima s’amuse du comportement audacieux du gigolo qui oscille constamment entre provocation et obéissance. Son « dressage » entre tendresse et brutalité va amener Yôsuke à s’interroger sur sa sexualité. Ce dernier prend également conscience de la superficialité de ses relations actuelles et des efforts à fournir pour conserver son peu de confort. A travers le jeu de manipulation entre les deux hommes, l’auteure aborde la solitude et la misère sentimentale. Elle développe un amour vache et versatile, limite SM. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sur un des chapitre, ici, celui de la ceinture de chasteté.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages et des corps longilignes ainsi que des yeux effilés, donnant une touche toute particulière à son graphisme. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. Elle supprime également les détails par des contours parfois blancs.

En résumé

Le patron du bar à hôtesses Sujima Takumi découvre que ses employées ont des relations sexuelles avec un client malgré l’interdiction du règlement. En effet, le gigolo Yôsuke, délaissé par sa maîtresse Mizuho chez qui il vit, aime prendre des risques et dépense donc son argent de poche avec les hôtesses du Deli hell. Dénoncé par sa dernière conquête Sayaka, il subit la punition de Sujima qui le viole mais l’embrasse pourtant tendrement. A son réveil, Yôsuke, dans une situation compromettante, est surpris par Mizuho qui le met donc à la porte. Désespéré, le gigolo rejoint Sujima pour d’une part, lui demander de retirer la ceinture de chasteté qu’il lui a installé et d’autre part, squatter son appartement.

En conclusion

Hinako sensei construit une relation assez particulière à la limite du SM entre ses deux héros qui cachent en fait une certaine solitude et un manque d’affection. Son trait particulier renforce le côté pervers et sadique de Sujima. Ce tome pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs, les relations n’étant pas toujours consenties. Pour ma part, appréciant le travail de la mangaka, je suis happée par cette relation toxique mais dynamique et entrainante.

Vices 3 – Iimo

vices 3 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763797
Hana, 2023
ISBN: 9784801976184 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une relation si conflictuelle, basée sur des faux-semblants, n’a aucun avenir, après tout… »

Iimo sensei surprend les lecteurs en les plongeant dans le doute et le suspense, interrogeant l’amour « normal ». Elle enchaîne les retournements de situations, déballant au fur et à mesure les indices d’une grande manipulation. Elle développe un peu plus Sudô et Yasukawa. D’ailleurs, la jeune femme, qui refuse de devenir un simple outil pour la prospérité de sa famille, s’avère bien plus intrigante qu’elle ne paraît. Suite à la disparition de Kojima, Daimon se retrouve perdu, hésitant entre une vie débridée ou rangée. Il s’interroge constamment sur la normalité du bonheur, de l’amour, toujours tourmenté par ses actions ratées. Sa gentillesse en fait malheureusement une proie facile, mais il continue à prendre sur lui pour agir. Avec Yasukawa et Iwakura, l’auteure aborde avec légèreté la question de l’homoparentalité, l’acceptation de soi, le bonheur familial. Elle développe un peu plus le passé traumatisant de Yôhei qui fuit l’amour depuis.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, elle équilibre les trames. De même, les trames d’ambiance se font plus discrètes, renforçant les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Parfois, elle simplifie un peu les parties intimes. Elle dessine également des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre donne l’ambiance du récit.

En résumé

Soigné à l’hôpital, Daimon Tôya promet à Kojima Yôhei de réaliser son rêve en le tuant dès que tout sera prêt, bien que cela le peine. Mais Iwakura l’entend. A la surprise de Daimon, ses collègues lui rendent souvent visite. Yasukawa Kuniaki lui apprend alors qu’il va encore être transféré vers une nouvelle section fraichement créée. Le soir de Noël, Kojima s’introduit dans la chambre d’hôpital pour passer une soirée très sexy avec son amant. Et en cadeau, il lui offre même une clé. Pourtant, quand Daimon sort enfin de l’hôpital, il est accueilli par Sudô qui partage ses inquiétudes face au changement de l’homme qu’elle aimait. Quand Daimon arrive chez Kojima, il trouve l’appartement complètement vide. Le concierge lui annonce alors que le locataire a disparu.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Iimo sensei offre une suite déroutante, qui déstabilise au départ le lecteur jusqu’à ce qu’il arrive au climax révélateur. La tension est palpable et l’impression de se faire balader paraît d’abord désagréable pour devenir en fin de compte euphorisant. En plus, le récit est beaucoup moins violent qu’avant. Une très belle surprise!

Vices 2 – Iimo

vices 2 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763780
Hana, 2023
ISBN: 9784801972230 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« On ne tue pas les gens par amour! »

Iimo sensei continue d’explorer les vices et leurs origines possibles. Comme dans le tome précédent, elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé sombre et traumatisant de ses deux héros. Ainsi, elle incite le lecteur à s’interroger sur la normalité, le jugement extérieur, les limites dans les relations SM mais également l’influence d’une éducation pernicieuse dans un comportement déviant. En effet, Daimon et Kojima ont subi très jeune beaucoup de pression à cause des attentes de leurs parents. Leur sentiment de culpabilité suite à leur traumatisme trouble encore leur perception de l’amour. En introduisant Sokabe Kazufumi, l’auteure plonge le lecteur dans un déchaînement de sadisme tout en installant une tension extrême. Le contraste est d’autant plus puissant qu’elle aborde auparavant avec humour la question du coming out à la famille et aux collègues, avec le comportement incongru des personnages.

La mangaka a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, les déformant même jusqu’à prendre un style de gag manga. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant la simplicité apparente du trait. Toutefois, quelques trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les fortes émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. En début de chapitre, quelques illustrations introduisent l’ambiance du récit. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuation de celle de la couverture.

En résumé

Durant ses congés, Daimon Tôya rend visite à sa mère, à l’occasion du service commémoratif du décès de sa grand-mère. Mais toute le reste de la famille s’est invité pour le voir. Incommodé par les questions sur sa vie amoureuse, il s’éclipse discrètement et remarque un appel immédiatement interrompu de Kojima Yôhei. En effet, ce dernier se souvenant de leur dernière nuit de doux câlins, se masturbe actuellement dans les toilettes de l’entreprise et a soudain eu envie d’entendre la voix de son amant. Ne se doutant de rien, Daimon le rappelle aussitôt et finit alors par lui confier l’origine de son fantasme: transformer un humain en spécimen…

En conclusion

Iimo sensei jongle avec dextérité entre romance tendre, violence, drame et surtout humour. Son graphisme plutôt doux permet d’atténuer les scènes les plus brutales. J’ai donc pu lire jusqu’au bout ce tome, en cachant simplement quelques vignettes. Toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains! Je suis agréablement surprise par ce titre qui propose une réflexion sur la perversité. La dynamique du couple et son évolution sont entrainantes. Il y a encore deux autres tomes. J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Vices 1 – Iimo

vices 1 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763773
Hana, 2023
ISBN: 9784801972223 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une histoire de vices et de hantises, où tout peut devenir un jeu sexuel violent et imprévisible. »

Iimo sensei explore le sadomasochisme dans des relations plutôt malsaines entre dominant et « objet », présentant différents vices. Elle introduit une ribambelle de pervers, analysant et déterminant l’origine plausible de leur penchant particulier. Elle alterne la narration entre les deux héros. Daimon a peur de découvrir le monstre qui sommeille en lui. En effet, sous son masque de gentillesse, il peut se montrer à la fois violent et tendre, possessif et indifférent, attiré de plus en plus par Kojima. D’ailleurs, le commercial recherche une relation auto-destructrice, avec quelqu’un qui pourra lui donner la mort. Il apprécie de découvrir les faces cachées des personnes qu’il fréquente. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé de ses personnages, ainsi que leurs traumatismes. Elle aborde donc la sexualité débridée, la peur de l’inconnu et la difficulté à accepter la part sombre en soi. Elle s’attarde également sur les travers humains exploitant la gentillesse et la naïveté.

La mangaka a un trait épuré, presque simplifié, dans un style plutôt doux, contrastant avec le sujet. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant l’aspect un peu dépouillé. De même, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page alterne entre classique et dynamique, guidant le regard. Iimo sensei ne censure par les scènes érotiques. D’ailleurs, elle en dessine presque à chaque chapitre et n’hésite pas à réaliser des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle reprend le décor de la couverture, incluant quelques modification, après le départ des personnages.

En résumé

Daimon Tôya, qui se montre patient et gentil, préfère s’effacer face aux conflits. Malheureusement, il se fait harceler par le meilleur commercial, Kojima Yôhei, qui prend plaisir à le rabaisser. Mais il remarque que les expressions de son bourreau changent complètement dès qu’il ose montrer un peu d’agacement. Daimon suppose alors que Kojima agit comme un enfant capricieux qui embête la personne qu’il aime. D’ailleurs, ce dernier n’a pas hésité à l’aider quand il avait des heures supplémentaires à faire. Pourtant, il semble avoir une petite amie et continue à le provoquer. Excédé par ses moqueries, Daimon le viole. Et dans l’excitation, il éprouve même l’envie d’étrangler sa victime…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Iimo sensei utilise le ton plutôt humoristique pour développer son récit, créant un contraste intéressant. De même, son graphisme plutôt doux atténue légèrement la violence de certaines images. Pourtant, elle ne gomme pas la brutalité des relations non consenties. Justement, quelques passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie particulièrement le jeu qui s’installe entre les deux héros ainsi que l’approche de la perversité d’un point de vue réfléchi. Une excellente découverte!

I’m sorry – Hakase

I m sorry hakase

Hakase 博士
ISBN: 9782375063590
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784758077231 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je l’ai vu se prostituer… »

Hakase sensei narre une romance dramatique entre deux étudiants esseulés qui vont se rapprocher dans des circonstances dramatiques. Elle aborde la solitude mais également l’abus de confiance et la facilité à tomber dans la prostitution lorsque l’on est trop naïf. En effet, la candeur de Kentarô semble presque improbable tellement sa crédulité et sa méconnaissance de la ville l’entrainent de plus en plus dans la destruction. En plus, ses difficultés à communiquer et son manque de confiance en soi l’isolent encore plus. Le comportement ambigu de Yû s’explique avec la révélation de son passé. Toutefois, sa maladresse à exprimer ses sentiments le transforme en stalker opportuniste, malgré lui. L’auteure joue sur les apparences trompeuses pour déstabiliser le lecteur. Elle dépeint des clients vils et profiteurs qui ne pensent qu’à satisfaire leurs plaisirs personnels. D’ailleurs, le récit, avec l’introduction de Saitô, s’enlise malheureusement dans un déballage de jeux SM sans consentement.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie lors des réactions excessives des personnages, ajoutant une touche comique très discrète. Elle dessine différentes morphologies, avec des formes variées d’yeux, apportant une note un peu réaliste. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont nombreuses, d’autant plus que Kentarô a un beau bronzage. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page offre un impact visuel particulier: les cadres noirs épais donnent une certaine rigidité contrebalancée par de plus en plus de vignettes s’adaptant à leur contenu et des angles de vue dynamiques. De même, des métaphores graphiques suggèrent l’état mental des protagonistes. Hakase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décompose même en détail, offrant des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle suggère l’évolution de la relation entre Yû et Kentarô.

En résumé

Kitayama Kentarô quitte sa campagne d’Aomori pour faire ses études universitaires à Tokyo. Il espère se faire plein d’amis et se retrouve rapidement embarqué dans un club étudiant. Mais lors d’une soirée de présentation, son accent ressort avec le stress et tout le monde finit par l’ignorer, ne le comprenant pas. Toutefois, Yû, avec ses beaux cheveux verts, lui demande son numéro Line pour le groupe du club. Complexé par son style campagnard, Kentarô se laisse facilement alpaguer et convaincre par des vendeurs dans la rue qui n’hésitent pas à l’arnaquer. Trois mois plus tard, lorsqu’il revient relooké au club, les membres apeurés le rejettent. Endetté, il tombe alors dans la prostitution, amadoué par un frotteur rencontré dans le train…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la candeur que conserve Kentarô malgré tous ses déboires. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains et contient des scènes explicites pouvant choquer. D’ailleurs, Hakase sensei aborde crûment la prostitution mais abuse également de certains raccourcis scénaristiques pour se perdre en fin de compte dans des scènes érotiques détaillées. Personnellement, je trouve que cela gâche un peu les moments les plus dramatiques. D’autant plus que certaines scènes ont un impact renforcé par des jeux graphiques, comme par exemple la ville représentée en négatif quand Kitayama sombre dans le désespoir. La romance entre Yû et Kentarô dégage parfois quelques échanges mignons. Le sujet et son traitement graphique m’intéressent mais le développement du récit me laisse un peu sur ma faim…

Lonely playground 2 – Dayoo

lonely playground 2 dayoo

Dayoo ダヨオ
ISBN: 9782382763667
Hana, 2023
ISBN: 9784396784898 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Notre amour est un trésor précieux. »

Dayoo sensei continue d’analyser les sentiments paradoxaux de ses personnages. Elle base d’abord la narration sur Yukifumi avant de basculer ensuite sur Keisuke. Ainsi, elle partage les différents points de vue de ses héros. En découvrant un amour sincère et une relation normale qui s’épanouit dans le partage, Saikawa se sent complètement perdu. Grâce au soutien de Kishino, il va enfin prendre confiance en lui et trouver le courage de se rebeller. Trop narcissique, Utsugi ne jure que par l’argent, les cadeaux et la coercition, pour exprimer ses sentiments, devenant un personnage de plus en plus détestable. A travers son comportement violent, l’auteure aborde ainsi le harcèlement et les dégâts du revenge porn. Elle dépeint parfaitement les difficultés à se libérer du joug de ce genre d’individu. Mais dans une histoire bonus, elle crée la surprise avec Harima Ichirô (26 ans), encore plus pervers et arrogant qu’Utsugi.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. En plus, elle dessine des yeux tombants très expressifs. De même, de grandes hachures envahissent les visages quand les personnages rougissent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet d’identifier immédiatement les flash-back. Par ailleurs, les décors apparaissent dès que les plans s’élargissent. La mise en page est également très dynamique. Dayoo sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle ne détaille pas les parties intimes. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre. Les couvertures des tomes 1 et 2 mises côte à côte forment une illustration résumant parfaitement l’histoire.

En résumé

Saikawa Yukifumi a trouvé un nouvel appartement. Suite à la déclaration d’amour de Kishino Keisuke, il demande du temps pour réfléchir sincèrement à ses sentiments. Il efface le numéro d’Utsugi Masatsugu mais ce dernier ayant trouvé sa nouvelle adresse lui envoie ses affaires avec un message. Trop gêné, il évite son nouveau prétendant pendant une semaine. Mais à cause d’un incendie dans son immeuble, il se retrouve à errer dans une supérette en attendant que cela se calme. Il croise par hasard Keisuke qui l’invite à dormir chez lui tout en respectant ses distances. Touché par sa bienveillance, quelques jours plus tard, Yukifumi accepte de sortir avec Keisuke et l’embrasse. Le jeune cuisinier lui propose alors de faire une sortie en amoureux…

En conclusion

Dayoo sensei maîtrise parfaitement les enchainements d’action, rendant son récit haletant. J’ai ressenti un plaisir coupable en découvrant la dernière aventure d’Utsugi. Je suis complètement sous le charme du graphisme de la mangaka et j’espère découvrir d’autres de ses œuvres. Avouez qu’Utsugi, en couverture de ce tome, porte toute sa suffisance sur son visage! Une excellent surprise qui m’a donné un beau coup de cœur.

Lonely playground 1 – Dayoo

lonely playground 1 dayoo

Dayoo ダヨオ
ISBN: 9782382763650
Hana, 2023
ISBN: 9784396784881 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je veux que tu sois mon jouet à moi seul. »

Dayoo sensei propose de suivre un triangle amoureux, confrontant une relation consensuelle à une relation toxique. Elle base d’abord la narration sur Keisuke avant de basculer à la fin sur Yukifumi. Elle révèle également le passé des personnages au fur et à mesure. Saikawa est complètement sous l’emprise d’Utsugi, qui le traite comme un simple jouet. Keisuke, habitué aux relations sans lendemain, tombe sous le charme du salaryman et a envie de le rendre heureux. Bien qu’il entretient une relation purement charnelle, ses sentiments évoluent peu à peu. Pourtant, il fait passer le bonheur de son partenaire avant le sien, l’acceptant tel qu’il est. L’auteure aborde les relations complexes entre amour et reconnaissance, la manipulation de personnes fragilisées et manquants de confiance en soi. Avec Utsugi, elle s’intéresse donc aux relations SM au consentement flou. Elle joue sur les contrastes, comme par exemple la naïveté de Yukifumi avec sa perversité.

La mangaka a un trait épuré très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux tombants qui donnent un charme particulier à l’expression des regards. Par ailleurs, des hachures envahissent les visages lors des rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dayoo sensei censure à peine les scènes érotiques, ne détaillant pas les parties intimes. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, permettant d’admirer leur charme.

En résumé

Kishino Keisuke (21 ans) travaille dans un restaurant chinois. Il a eu le coup de foudre pour un salaryman qui passe souvent devant leur établissement sans pour autant y entrer. Un soir de pluie, une collègue le prévient avoir vu son crush sous un pont et l’incite à lui apporter un parapluie. Kishino trouve alors Saikawa Yukifumi (26 ans) en larmes. Ce dernier vient de se faire plaquer par son amant, un homme marié avec un enfant, qu’il fréquente au moins depuis sept ans. Voulant oublier sa tristesse dans les bras d’un inconnu, Keisuke lui propose donc d’être son partenaire. Après une nuit de folie chez Saikawa, il remarque dans le placard une collection de jouets érotiques pour adultes. Mais Utsugi, l’ex de Yukifumi, débarque soudainement dans l’appartement…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas au scénario captivant, marqué par la confrontation entre un sombre seme violeur et un lumineux seme salvateur. Dayoo sensei construit des personnalités très intéressantes et maîtrise parfaitement le développement de son scénario, retenant le lecteur en haleine. En plus, son graphisme a un charme particulier qui me plaît totalement. Je suis subjuguée par ce récit qui m’a agréablement surpris. Vivement la suite!

Caligula’s love – Michinoku Atami

caligula s love michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063460
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784344848450 (JP)
Gentosha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ce n’est pas un hasard si nos chemins se sont recroisés. »

Michinoku Atami sensei propose une romance SM. Elle base la narration sur Naruse. Elle construit des relations consenties qui se développent dans des jeux érotiques. Ainsi, un équilibre s’installe entre endurance et plaisir. Le solitaire Dôyama s’accepte tel qu’il est, bien que conscient qu’il ne se conforme pas au sens commun. De part son statut, le professeur a au contraire du mal à assumer son penchant jugé pervers. Sa curiosité et son attirance pour son élève lui permettent de s’accepter petit à petit et surtout d’affronter la situation paradoxale dans laquelle il se trouve. En effet, bien que soumis à son maître, il se retrouve en position autoritaire à l’école. Ainsi, l’auteure aborde, sans pour autant l’approfondir, les questions de moralités et d’éthiques de l’enseignant, les risques des relations avec un mineur, l’acceptation de soi. Elle montre les différents sentiments qui assaillent Makoto au fil de ses réflexions.

La mangaka a un trait épuré, léché et légèrement anguleux. Elle utilise beaucoup de trames. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les tons et l’environnement très réalistes contrastent avec la situation particulière dans laquelle se retrouvent le professeur et son élève. La mise en page plutôt classique varie tout de même les angles de vue, créant une certaine dynamique. Michinoku sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle détaille les parties intimes et dessine même des coupes intérieures. Toutefois, elle arrive à construire une ambiance toujours sensuelle et érotique, sans vulgarité malgré des moments très crus.

En résumé

Le professeur Naruse Makoto va bientôt enseigner dans un lycée très réputé. Il décide donc de mettre fin à son petit plaisir. En effet, il se rend environ deux fois par mois dans un club SM où il se soumet à son maître bien-aimé. Comme il ne pourra plus venir, il lui demande une dernière faveur: voir son visage. Mais le lendemain, en cours, il croit reconnaître le maître à travers les traits de son élève Dôyama Kiyotaka…

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. En effet, c’est chaud et beau! Michinoku sensei arrive à construire une histoire très érotique et pourtant emplie de sentiments. Elle réussit par ailleurs à gommer la position autoritaire de l’enseignant grâce à son penchant de soumission, installant une dichotomie intéressante. Ainsi, le couple devient rapidement attachant. Un énorme coup de cœur!

Jealousy 1 – Scarlet Beriko

jealousy 1 scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061213
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665875 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Rogi est prêt à tout pour devenir membre du clan Ôyamato.

Scarlet Beriko sensei développe le passé du yakuza Rogi, permettant de comprendre son comportement actuel. Par moment, elle revient dans le présent pour montrer l’évolution de la famille et faire un petit parallèle avec la situation de Médor. Ce dernier apporte justement un peu d’humour. De même, le comportement puéril et extrême d’Uichi entraîne des situations amusantes. Le manipulateur a une personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il semble tromper son ennui en suivant uniquement ses instincts, n’obéissant qu’à ses propres principes. Il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs et ne respecte pas les limites. Ainsi, l’auteure encadre son héros d’autres personnalités fortes. Elle s’intéresse à la jalousie, décrivant avec finesse comment ce sentiment naît mais également comment il s’exprime. De même, elle dépeint parfaitement les sentiments complexes et contrastées qui touchent les personnes fréquentant le marginal.

La mangaka a un trait légèrement plus doux que dans Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Elle conserve tout de même un style réaliste malgré un trait fin épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors s’effacent pour mettre en avant les personnages ou les actions. La mise en page alterne entre classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle met en avant le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Alors que Rogi Uichi accompagnait sa fille Reika à son cours de danse, un jeune homme se jette devant la voiture. Le yakuza décide de l’éliminer mais face à son monologue pour survivre, il l’épargne à condition qu’il s’excuse auprès de la fillette. Comme Hachi demande à être appelé Médor, la jeune fille souhaite alors le garder à la maison comme chien. Cette mésaventure rappelle alors au yakuza sa rencontre avec Ôyamato Akitora. Alors qu’il avait une relation sado-masochiste avec un écrivain, Akitora les avait surpris en train de jouer à la roulette russe en venant réclamer de l’argent emprunté. Rogi reconnaissant son ami d’enfance, Asoda Takashi, lui demande alors de le détacher…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. J’ai du mal avec la personnalité de Rogi mais j’apprécie tellement la narration et les aventures créées par l’auteure que j’arrive à passer outre. En plus, le dessin est magnifique.