Fermeture de Coolmic 1

Décidément, les plateformes numériques de mangas ont la vie dure en France! Disponible depuis 2019, Coolmic a fermé son service français le 27 novembre 2025. Certes, il n’y avait pas de communication sur les nouveautés. Et le découpage en vignettes des mangas pour correspondre au scrolling n’était pas forcément attrayant. Pourtant, la plateforme proposait un catalogue très varié de teens’love et BL, dont pour certains de mangaka célèbres. Certains boys’love sont même classés au Chill chill BL award. Toutefois, le choix des traductions des titres, parfois plus racoleurs que les originaux japonais, ont sûrement freiné quelques lecteurs. Pour ma part, je lisais beaucoup de séries BL. D’ailleurs, trop impatiente pour attendre les chapitres, j’achète même certains tomes en numérique en japonais sur une autre plateforme, Cmoa. J’avais déjà chroniqué Secrètement amoureux de Hosoya, d’Ike Reibun. Je vous présente d’abord mes séries préférées de mangaka plutôt connues.

Toi qui veux aimer – Nanoka

Couverture de Toi qui veux aimer de Nanoka

Nanoka 七ノ日
47 chapitres, en cours
4 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: たべたいあなた
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

En résumé

Haise, salaryman canin, doit prendre des suppresseurs les soirs de pleine lune car son rut est trop intense. Pourtant, il accepte de remplacer son collègue souris, Miyoshi, et fait alors des heures supplémentaires. Mais soudain, un doux parfum l’attire et, se transformant à moitié en loup, il se jette alors sur son collègue présent Kurono. Réalisant son acte violent, il se réfugie dans les toilettes. Mais Kurono le rejoint, également excité, et se transforme à moitié en lapin…

En conclusion

Nanoka sensei narre différentes romances entre des hommes-animaux, jouant sur l’attirance entre prédateurs et proies ainsi que l’influence des chaleurs et du rut. Elle reprend d’ailleurs les caractéristiques animales pour construire les caractères de ses personnages. Bien que ce ne soit pas un omegaverse, les hommes peuvent également enfanter. Malgré quelques rapports au consentement gris à cause du rut, les personnages font des efforts pour résister et ne pas forcer. Le trait anguleux se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont variées et les décors situent l’action. Dans les scènes érotiques pourtant nombreuses, un cache blanc censure les parties intimes. J’adore particulièrement le couple de Lio (lion blanc) et Miyoshi.

Réincarné aux côtés du roi démon Evelogia – Kaziwara Io

Couverture de Réincarné aux côtés du roi démon Evelogia de Kaziwara Io

KAZIWARA Io 梶原伊緒
123 chapitres, en cours
8 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 魔王イブロギアに身を捧げよ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

En résumé

Enfant, le yakuza Gozu Toshiaki admirait le roi démon Evelogia, l’antagoniste des héros d’un de ses jeux vidéos préférés. Un jour, il est tué par un membre d’un autre clan qu’il avait provoqué. Toutefois, il se réveille dans l’univers du jeu de son enfance en tant qu’assassin d’élite. D’ailleurs, les parents d’Evelogia lui demande de tuer leur fils. Persuadé de rêver, Gozu réalise rapidement sa nouvelle condition au contact de son idole et décide de soutenir celui qu’il aime à dominer ce monde!

En conclusion

Kaziwara Io sensei mêle isekai, fantastique, romance érotique et quête dans ce récit épique. Elle construit une relation détonante avec un passif musclé entreprenant et masochiste et un adolescent qui préfère plutôt une relation tendre et consensuelle. Grâce à l’amour débordant de l’ancien yakuza, le roi démon, maltraité, prend peu à peu confiance en lui. Le trait légèrement épuré se simplifie dans les passages humoristiques. Evelogia prend même la forme d’un adorable lapin tandis que Gozu affiche souvent la tête d’un obsédé sexuel. Les trames sont très variées et nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Un cache blanc censure les parties intimes. Le premier tome se classe onzième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. La série a également eu droit a une adaptation animée. Je fonds complètement!

Caresser les tétons de mon ours hibernant – Haruchika

Couverture de Caresser les tétons de mon ours hibernant de Haruchika

Haruchika ハルチカ
135 chapitre, en cours
7 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 森のくまさん、冬眠中。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

En résumé

L’ours Nowa a recueilli le chiot Airi qui grandit vite à ses côtés. Depuis l’enfance, ce dernier a pris l’habitude de téter les tétons de son père adoptif pour se calmer. Mais maintenant que le chien approche de l’âge adulte, l’ours préfère le confier au bassaris rusé Kô pendant qu’il hiberne tranquillement. Mais au printemps, Airi, enfin adulte, réveille Nowa en le tétant encore…

En conclusion

Haruchika sensei propose une romance avec des animaux anthropomorphes, abordant principalement la question de la famille et de la différence d’âge. Par ailleurs, elle offre un jeu de séduction intéressant entre l’uke musclé et le seme plus jeune. Son trait épuré tout en rondeur, en particulier la représentation des enfants, dégage beaucoup de douceur. Il se simplifie dans les passage humoristique. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les décors apparaissent sur les plans larges. La mangaka censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. Certains lecteurs pourront être gênés par l’évolution de la relation. En plus d’une adaptation animée, la série se classe dix-septième meilleure série érotique au Chill chill BL award 2022. Pour ma part, j’apprécie beaucoup le côté tranche de vie qui domine avec les aventures et les échanges avec les personnages secondaires.

L’épouse du Titan – ITKZ

Couverture de L'épouse du titan de ITKZ

ITKZ
162 chapitre, en cours
10 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 巨人族の花嫁
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En résumé

Mizuki Kôichi, capitaine populaire du club de basket, appréhende les examens de fin d’année. En effet, il souhaite entrer à l’université pour d’abord soulager son oncle qui l’a recueilli suite au décès de ses parents. Mais alors qu’il se masturbait dans sa chambre en fantasmant sur la manager du club, il entend soudain une étrange voix et se retrouve invoqué dans un autre monde, Eustil. Caius, le prince héritier de Tildant, pays des Titans, lui annonce alors qu’il est sa promise. En effet, un oracle aurait prédit un grand malheur si le prince épousait quelqu’un d’Eustil. Kôichi se demande bien comment il pourrait porter les enfants de ce géant alors qu’il est un homme!

En conclusion

ITKZ (Itokazu) sensei offre une romance dans un monde fantastique mêlant tension, romance et humour. Malgré un début assez érotique, le scénario s’étoffe avec les difficultés rencontrées à Eustil, en particulier la discrimination entre les différents peuples de ce monde, ainsi que les intrigues de cour. Les sentiments entre Kôichi et Caius se développent rapidement, même si les premiers rapports ne sont pas totalement consentis. L’autrice aborde entre autres les différences culturelles, l’intégration dans une famille, l’acceptation des différences. Mais le plus amusant est de voir le couple se débattre à trouver des méthodes pour surmonter leur différence de taille, surtout durant leurs ébats. Le trait légèrement anguleux varie les physionomies. Les trames sont variées. De même, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, un cache blanc censure les parties intimes. La série a bénéficié d’une adaptation animée. Une lecture entraînante!

Papa en veut encore… – Seo Serina

Couverture de Papa en veut encore de Seo Serina

SEO Serina 世尾せりな
132 chapitres, en cours
7 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: パパだって、したい
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En résumé

Naruse Keiichi, père célibataire, embauche l’étudiant Asumi Kôya comme homme de ménage. Ce dernier, habitué à s’occuper des enfants, s’entend rapidement avec le sage Ichika. Toutefois, homosexuel, c’est surtout son bel employeur qui ne le laisse pas indifférent.

En conclusion

Seo Serina sensei narre une romance abordant l’homoparentalité, le coming out, les difficultés rencontrées par les familles monoparentales et la différence d’âge. Elle développe d’autres sujets tout aussi contemporains à travers les personnages secondaires qui apparaissent au fil du récit. Un contour plus épais met en relief le trait légèrement anguleux. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Un cache blanc censure les parties intimes. Malgré un nombre conséquent de scènes érotiques et un titre racoleur, je retiens surtout la construction de cette famille recomposée et une relation emplie d’amour et de tendresse. Le premier tome se classe troisième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2019. Et la série a également eu droit à une adaptation animée.

Invoquer un fan de Yaoi dans un monde parallèle – Fujisaki Moe

couverture de Invoquer un fan de Yaoi dans un monde parallèle de Fujisaki Moe

FUJISAKI Moe 藤咲もえ
134 chapitres, en cours
12 tomes (JP)
Futabasha (JP)
Titre original: 腐男子召喚~異世界で神獣にハメられました~
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En résumé

Aizuhara Kotone est un fan de yaoi depuis déjà 11 ans. Mais un jour, alors qu’il feuilletait des mangas yaoi dans une librairie, un camion dont le chauffeur a perdu le contrôle, le percute et il meurt alors englouti sous une pile de mangas. Mais à sa surprise, il se réveille dans un monde parallèle, enlacé par un serpent…

En conclusion

Fujisaki Moe sensei propose un isekai classique s’inspirant de la légende des animaux célestes chinois et du folklore japonais. Ainsi, elle développe différents couples, les humains invoqués ayant le pouvoir de protéger cet univers. Entre manipulation, tension entre les clans et nombreuses scènes érotiques, elle installe rapidement différentes quêtes qui permettront à Kotone et ses amis d’évoluer. Le trait anguleux s’arrondit dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames détaillent la somptuosité des vêtements et des décors. D’ailleurs, ces derniers, soignés, alternent avec les trames d’ambiance. La mangaka censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. J’aime beaucoup la dynamique des différents couples!

Le prince parfait m’aime, moi, son rival!? – Yuki Ao

Couverture de Le prince parfait m'aime moi son rival de Yuki Ao

YUKI Ao 結城アオ
63 chapitres, en cours
4 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 当て馬キャラのくせして、スパダリ王子に寵愛されています。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

En résumé

Un représentant des ventes du célèbre roman « Le prince d’argent et sa fiancée sacrée » décède suite à un accident, percuté par un camion. Toutefois, il se réincarne dans le corps d’un personnage secondaire du roman, Lonile Gravis, l’ami d’enfance de Lili Philissus, fille de marquis et fiancée du premier prince du royaume de Garciam, Alek Rei Garciam. Comme ce personnage secondaire disparaît dès le milieu du premier tome, Lonile déploie alors tous les moyens possibles pour éviter de mourir. Et si ses techniques commerciales l’aidaient à survivre?

En conclusion

Yuki Ao sensei offre une comédie romantique dans un isekai classique dans lequel le personnage secondaire s’attire rapidement les faveurs du prince. D’ailleurs, le gentil et travailleur Lonile séduit malgré lui le possessif Alek qui profite de son innocence pour obtenir ce qu’il veut. Une note de magie et quelques scènes d’action viennent également relancer l’intrigue. Le trait épuré se simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont variées. Par contre, les décors situent principalement l’action. Dans les scènes érotiques un cache blanc censure les parties intimes. Par ailleurs, la série a bénéficié d’une adaptation animée. Bien que l’histoire soit prévisible, j’aime particulièrement la dynamique entre les personnages.

Chère sœur, je suis devenu une vierge sacrée – Yuiko

Couverture de Chère soeur, je suis devenu une vierge sacrée de Yuiko

Yuiko 由依子 
57 chapitres, en cours
3 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 前略、お兄ちゃんは聖女になりました。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

En résumé

Au royaume de Kadar, le puissant sorcier de haut rang Theodorus Tramble se retrouve souvent seul pour accomplir les quêtes de rang S. Célèbre pour ses performances, il a pourtant du mal à régénérer sa magie. Un jour, il décide alors d’invoquer sa « vierge sacrée » qui lui permettra de recharger ses pouvoirs. Mais apparaissent devant lui deux japonais: Ishikawa Umehiko et sa petite sœur Momo. Pourtant, c’est Umehiko qui porte le tatouage de la vierge sacrée!

En conclusion

Yuiko sensei offre un isekai classique avec un sorcier surpuissant et un cuisinier invoqué qui refuse de devenir un simple outil. D’ailleurs, le Japonais se retrouve vite plongé dans une lutte de pouvoir entre sorciers. Ainsi, les péripéties s’enchaînent, faisant évoluer la relation conflictuelle entre les deux héros en amour partagé. Le trait légèrement épuré joue sur les pleins et déliés avec des contours plus épais qui apportent du relief. La mangaka exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors soignés consolident un univers recherché. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Avertissement particulier sur le consentement flou surtout au début. Le tome 2 de la série se classe dix-neuvième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Quel plaisir de voir Theo se faire amadouer petit à petit!

Dragué par un sadique – Bov

Couverture de Dragué par un sadique de Bov

bov
189 chapitres, en cours
9 tomes (JP)
Suiseisha (JP)
Titre original: 性癖ヤバめなオトコに狙われました。
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

En résumé

Le photographe Takamada Kenichi a pour mission de mettre en valeur la rue commerciale déclinante Mitsuba sun sun. Il a prévu de faire un shooting chez le fabricant de tofu Koyama. Mais Koyama Yû n’a pas compris que son travail serait aussi photographié. Sa grand-mère invite alors le photographe à dormir chez lui. Durant le diner, la mère de Yû confie alors les difficultés du magasin. Mais face à cette famille aimante, le pervers Takamada n’a qu’une envie: la briser. Son dévolu se jette d’abord sur l’innocent fabriquant.

En conclusion

bov sensei narre une romance d’abord toxique, de jeux érotiques imposés, qui se transforme en relation sado-masochiste. En plus, elle fait doucement évoluer la relation et révèle au fur et à mesure l’origine du comportement pervers et sadique du photographe qui va enfin apprendre à aimer. L’innocent fabricant de tofu prend également du temps à admettre ses sentiments. La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Toutefois, les décors situent principalement l’action. Malgré les nombreuses scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. La série comporte énormément de traumavertissements. Pourtant, elle se classe quinzième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022.

Stream à minuit 1 – Luria

Couverture de Stream à minuit 1 de Luria, éditions Taifu

Luria
ISBN: 9782375065556
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526454 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Le Mahiru que j’ai créé avec l’agence n’a strictement plus rien à voir avec moi. »

Luria sensei propose une comédie romantique très sexy sur le thème des VTubers. Elle aborde donc la différence entre image publique et privée, la gestion de la notoriété, les collaborations en ligne, les difficultés d’un travail basé sur la passion ainsi que la fatigue sociale parfois ressentie. La narration alterne entre les deux hommes, dévoilant au passage leur réflexion sur leur attirance. Mayo manque de confiance en lui et gère mal ses émotions. Ogino, quant à lui, se montre possessif et exprime maladroitement son amour tout en profitant de sa position hiérarchique. Ainsi, le consentement peut paraître flou, un jeu SM soft s’installant entre les deux hommes. Par ailleurs, les deux autres VTubers, Takuto et Tsugumi, apportent une touche d’humour. L’autrice dévoile un peu le passé difficile des deux héros, survolant toutefois le thème du harcèlement. Elle montre également l’évolution du couple.

La mangaka a un trait anguleux qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées et nombreuses tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Luria sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. D’ailleurs, elle ne détaille pas les trames qui se confondent avec un contour blanc. Pourtant, elle dessine au moins une scène par chapitre. Sous la jaquette, il y a des saynètes avec les personnages en SD.

En résumé

Sugawara Mayo (24 ans) travaille comme VTtuber sous le pseudonyme de Mahiru. Ogino, de l’agence Shining TV, l’aide beaucoup au quotidien, le nourrissant et faisant même le ménage. Mais Mayo se sent de plus en plus esseulé, conscient que l’admiration de ses fans s’arrête à son avatar. En effet, taciturne et introverti, il est à l’opposé de ce dernier, amical et joyeux. Alors qu’il déprimait après une diffusion en direct, Ogino essaie de le réconforter et remarque sa sensibilité. Il profite alors de l’excitation du VTuber pour le masturber…

En conclusion

Ce tome se classe troisième meilleur manga au Chill chill BL award 2025 mais également premier manga érotique. En effet, Luria sensei n’approfondit pas les thèmes évoqués, se perdant rapidement dans des scènes érotiques. Pourtant, elle propose un univers riche et intéressant. En plus, son graphisme est très expressif. Malgré ces petits détails qui pourraient déplaire à certains lecteurs, j’ai apprécié ma lecture. Je trouve d’ailleurs la construction des différents personnages intéressante. J’ai donc hâte de découvrir le second tome. Une lecture divertissante!

Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!

Blood bank 1 – Silb

Couverture de Blood bank 1 de Silb, éditions Kbl

SILB
ISBN: 9782382882719
Kbooks, 2024
Lezhin, 2015 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Vous ne valez pas mieux qu’un porc. »

Silb narre une romance déviant sur une relation SM entre un humain et un vampire. Pour l’instant, elle installe son univers et les différents personnages ainsi que la relation ambiguë qui se crée entre One et Shell. Elle joue sur les contrastes pour créer tension et humour. Par exemple, Shell affiche une tête toute mignonne et rayonnante durant ses demandes perverses. De même, la narration, partagée avec One, apporte des effets comiques en commentant ses propres commentaires. Le passé des deux héros révélé au fur et à mesure dévoile par brides quelques traumatismes influençant leur comportement actuel. Ainsi, derrière son air impassible, One semble cacher une certaine violence mais également de la sensibilité. D’ailleurs, il se prend vite aux jeux SM du vampire. L’introduction de Reign Fear permet de découvrir d’autres types d' »anormal ». L’autrice s’intéresse à l’influence des phéromones dans une relation, à l’équilibre fragile du consentement.

Le trait légèrement anguleux de Silb se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les personnages se transforment même en adorables SD. Les contours plus épais donnent par ailleurs du relief. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance colorées. La palette de couleur en général est plutôt sombre. D’ailleurs, certaines vignettes deviennent difficiles à décrypter. De même, un fond noir indique les flash-back mais également les rêves. La mise en page simplement dynamique permet une lecture fluide. Bien que les scènes érotiques ne soient pas censurées, la manhwaga ne s’attarde pas sur les parties intimes et préfère montrer les sensations des personnages. La couverture offre un bel effet brillant avec les couleurs dorées, cuivrées et argentées. En début de tome, il y a un poster et le portrait des personnages. Les chapitres courts développent un thème à la fois.

En résumé

One est un des meilleurs banker de la banque du sang des Terres du centre. Son supérieur lui confie alors le rapport à faire à Shell, le fils cadet du seigneur régnant Pain Overlord, venu faire une inspection. Mais en plus de la beauté du vampire, One semble particulièrement attiré par ses phéromones. Malgré une hiérarchie bien établie entre humains et vampires, le banker d’abord surpris, se laisse rapidement séduire par une demande incongrue de Shell: lui écraser les genoux…

En conclusion

Silb propose un univers riche qui se dévoile au fil des pages. Elle joue beaucoup sur les interactions entre One et Shell pour installer tension et humour, jouant sur les inversions hiérarchiques. Elle dessine parfois des bouilles toutes mignonnes qui contrastent avec l’ambiance générale du récit, mais cela détend justement l’atmosphère. Attention, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs: ce n’est pas très sanglant mais il n’y a pas de consentement dans certains ébats. Ce récit de vampire revisité n’a pas encore dévoilé tous ses secrets, en particulier sur les personnages. Une lecture pleine de surprise qui donne envie de découvrir la suite. D’ailleurs, je craque complètement pour Shell!

Caligula’s love – Side Master – Michinoku Atami

caligula s love side master michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063842
Taifu comics, 2024
ISBN: ‎9784344851559 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, je deviens bizarre. »

Michinoku Atami sensei présente le point de vue du maître, basant la narration sur Dôyama. Elle effectue quelques retours dans le passé pour donner la version du lycéen sur sa première rencontre avec Naruse. Elle s’attarde particulièrement sur l’évolution des sentiments de l’étudiant qui s’inquiète de la perte de contrôle de ses émotions. En effet, habituellement impassible, Kiyotaka découvre la jalousie et la colère qui s’expriment à travers ses penchants, dépassant ainsi les limites du consentement. Il se remet en question et s’interroge sur sa relation. D’autres techniques SM douces sont par ailleurs présentées. Un tiers du tome est consacré à la relation entre Onoda Kyôhei et Mitsutaka, le gérant du club Basement. L’auteure s’intéresse alors à la difficulté à trouver un équilibre entre deux sadiques, l’exclusivité et la peur de l’ennui. Elle met également en avant la communication strictement nécessaire dans une relation SM.

La mangaka a un trait léché. Elle exagère très légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise des trames très variées, avec des dégradés. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Contrairement au tome précédent, Michinoku sensei censure les scènes érotiques en recouvrant les parties intimes par des hachures.

En résumé

Maintenant à l’université, Dôyama Kiyotaka continue de fréquenter son « chien » Naruse Makoto. Mais difficile de concilier son emploi du temps d’étudiant avec celui de l’enseignant même si cela leur donne l’occasion de créer de nouveaux jeux érotiques. Et quand Naruse lui annonce ne pouvoir le fréquenter pendant trois semaines car il doit former un nouveau stagiaire, Onoda Kyôhei (22 ans), Dôyama réalise au fil des jours que son « toutou » lui manque énormément. Leurs sentiments auraient-ils changés?

En conclusion

Michinoku Atami sensei continue de décortiquer les émotions dans des relations SM. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. Bien que ce soit un plaisir de découvrir l’évolution du couple mais également une autre relation avec le couple Onoda*Mitsutaka, je trouve que certains sujets sont malheureusement un peu trop survolés. Ce tome plaira donc surtout aux fans. J’ai tout de même apprécié ma lecture qui procure un agréable divertissement.

Kabukichô bad trip 2 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 2 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375064061
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799755006 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je veux essayer plein de choses avec toi. Jusqu’à ce que, même sans lire dans tes pensées, j’arrive à comprendre ce que tu attends de moi. »

Nagisa Eiji sensei continue d’expliquer certaines pratiques sadomasochistes, mettant en avant la communication et la confiance au sein du couple. Elle alterne la narration entre les amoureux. De même, elle met en avant les contraintes et la sensualité des piercings aux tétons. Mizuki s’avérant toujours prévenant lors de leurs rapports, le docile Tôru montre une curiosité de plus en plus grandissante pour le SM. Ainsi, il prend parfois des initiatives et partage plus facilement ses sensations. Le couple construit une relation au quotidien équilibrée, refusant la dépendance. L’auteure aborde donc les difficultés à coordonner son emploi du temps, les risques avec les paparazzis, les désagréments de pouvoir lire les pensées, la gestion délicate d’un scandale. Elle met en avant le soutien des amis de Miyama et Hikawa, Jun, Rio et Kaede. De même, elle s’intéresse au sentiment de culpabilité qui s’installe dans le couple quand des problèmes prévisibles surgissent.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De fines hachures marquent les rougissements, restant pourtant discrètes bien qu’envahissantes. De même, les ombres fortes sont hachurées. Ainsi, les trames bien que variées, colorent en aplat. Les trames d’ambiance graphiques accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent par des trames grises recouvrant les vignettes. Les décors soignés apportent une note réaliste par leur présence. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Comme dans le tome précédent, les phylactères participent à la narration en changeant de forme. Dans les scènes érotiques, Nagisa sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle dessine toutefois des coupes intérieures.

En résumé

Miyama Tôru a quitté son travail d’hôte et cherche activement un métier plus conventionnel, soucieux des possibles scandales qu’il pourrait provoquer par rapport à son petit ami. Hikawa Mizuki rechigne aussi à accepter une opportunité qui propulserait sa carrière. En effet, il a reçu une offre pour tourner dans une série télévisée réalisée par un grand producteur. Son ex et amie Hashimoto Kaede, coach sportif, essaie pourtant de le convaincre d’accepter. Mais le mannequin ne souhaite pas que sa célébrité montante blesse un jour son petit ami. En plus de leur relation homosexuelle, leur pratique sexuelle représente un autre point faible supplémentaire…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Nagisa Eiji sensei s’attarde un peu plus sur la relation du couple au quotidien. Elle maîtrise parfaitement le développement de son récit, bien que certains évènements sont facilement prévisibles. Son graphisme sensuel rend parfaitement les émotions des personnages. Je suis complètement sous le charme de ce couple qui travaille à un bel équilibre de leur relation. Si vous êtes intrigué par la complicité entre le manager de café, Ikeda Tôya, et Rio, un spin-off raconte leur histoire. J’espère qu’il aura également droit à une traduction. Une lecture toujours aussi tendre et mignonne!

La punition 3 – Hinako

la punition 3 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382764497
Hana, 2024
ISBN: 9784866536705 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je crois que j’aime bien ma vie actuelle, en fait. »

Hinako sensei fait évoluer la relation entre Sujima et Yôsuke qui montrent plus facilement leur affection l’un pour l’autre. Elle délaisse donc un peu le « dressage » pour installer une intrigue avec Ryûji. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure ses manipulations et ses intentions, créant la surprise. De plus en plus honnête envers son partenaire et ses propres sentiments, Yôsuke continue tout de même à faire des cachoteries mais dans le but d’éviter les conflits. Sujima quant à lui, s’interroge de plus en plus sur son attachement pour son « chien » et ne cache plus sa possessivité. Makoto se montre toujours surprotecteur mais fait des efforts pour respecter les choix de son ami. Ainsi, l’auteure dévoile les derniers secrets autour de Takumi. Par ailleurs, elle développe un peu plus les sentiments des personnages. Elle apporte également une note d’humour discrète avec les personnages secondaires.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages longilignes avec des visages ovales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches, un contour blanc ou tout simplement l’absence de trames. Elle dessine également des coupes intérieures. Comme dans le tome précédent, elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé.

Yôsuke décline la proposition de colocation de son ami Sawashiro Makoto, appréciant sa vie actuelle avec Sujima Takumi. Alors qu’il a apporté des hamburgers pour le dîner, le gérant d’établissement de prostitution le soupçonne d’abord de chercher de l’argent ou ses faveurs. Malgré la simple envie de faire plaisir de l’ancien gigolo, les deux hommes finissent tout de même par coucher ensemble. D’ailleurs, Yôsuke ne cache plus à son partenaire ce qu’il aime durant les ébats. Un soir, alors qu’il se rend dans un bar pour continuer à s’enivrer après avoir quitté ses amis, il est abordé par un jeune homme, Ryûji, avec qui il sympathise très vite.

En conclusion

Hinako sensei ajoute enfin un peu de sentiments entre ses deux héros. Elle maintient bien le suspense avec les intrigues de Ryûji, même si certains indices permettent au lecteur d’anticiper les révélations. Il y a toutefois encore quelques scènes choquantes (viol) pour le public sensible. J’ai l’impression de souffler un peu avec ce tome mais je suis toujours sous son charme. Je me délecte vraiment d’un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Kabukichô bad trip 1 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 1 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063750
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748886 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Chaque fois que je croise le regard de Mizuki, je sais ce qu’il veut faire de moi. »

Nagisa Eiji sensei narre une romance abordant l’initiation au sadomasochisme. Elle joue principalement sur le contraste entre imagination et comportement prévenant et consensuel. Par ailleurs, elle base la narration principalement du point de vue de Miyama. Ressentant de l’attirance pour Hikawa, l’hôte s’interroge rapidement sur sa sexualité et sur la pratique SM. Le sadique Miyuki, rejeté auparavant à cause de ses penchants, se retient du mieux qu’il peut mais en souffre. Le couple construit une relation de confiance, dans la discussion même pendant les ébats. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux efforts réciproques dans un couple, à la communication, à l’image incorrecte de certaines pratiques sexuelles. D’ailleurs, elle interroge sur la difficulté à assumer sa nature et à la découvrir. Elle utilise les personnages secondaires pour apporter un regard extérieur sur le couple et quelques notes d’humour.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur les hachures pour les rougissements qui peuvent se faire aussi bien discrètes qu’envahissantes. Les deux héros ont des corps finement musclés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Nagisa sensei joue tout de même beaucoup sur la lumière avec des contre-jours marqués. De même, elle s’attarde sur les détails. Elle indique les pensées avec des phylactères au fond noir. La mise en page très dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Toutefois, la sensualité des relations SM sont bien retranscrites.

En résumé

Miyama Tôru, hôte d’un bar de Kabukichô, travaille sous le pseudonyme de Mizuki, étant un fan inconditionnel du mannequin Hikawa Mizuki. Il utilise secrètement son don pour satisfaire les clientes. En effet, il peut lire dans les pensées des gens en un échange de regard. Un jour, alors qu’il achetait un magazine dont Hikawa fait la une dans un magazine, il bouscule son idole. Remarquant que ce dernier peine à trouver un taxi, il lui propose alors de le déposer à sa destination. Les deux hommes sympathisent rapidement et quelques jours plus tard, ils se retrouvent pour dîner ensemble. Mais en lisant les pensées de Mizuki, Tôru découvre que son nouvel ami s’imagine l’attacher et le fesser lors de jeux érotiques…

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Hikawa Mizuki se classe quatorzième meilleur seme tandis que Miyama Tôru est seizième meilleur uke. Malgré un sujet affriolant, Nagisa Eiji sensei offre une romance mignonne et instructive. Son graphisme sensuel met en valeur les sensations des personnages. La dynamique du couple est également adorable. J’attendais ce titre depuis longtemps, l’ayant lu en japonais, et suis donc aux anges de le redécouvrir dans la langue de Molière! Un coup de cœur qui se confirme. J’espère que la série trouvera son public. Une lecture pleine de tendresse!

10 count 3 – Takarai Rihito

10 count 3 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809297
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784403664618 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Mon corps est imprégné de l’odeur de Kurose. »

Takarai Rihito sensei continue de présenter le point de vue de Shirotani en décryptant ses pensées. Comme dans le tome précédent, elle s’attarde sur les sentiments contradictoires assaillant ce dernier. Ainsi, le secrétaire prend conscience de sa routine épuisante et chronophage et se motive encore plus à surpasser sa peur. Il oscille constamment entre fuite et endurance, se sentant perdu face à ses sentiments envers Kurose. En effet, ce dernier se montre à la fois sadique et prévenant avec son partenaire, laissant exprimer sa jalousie et son impatience à travers quelques piques. L’histoire ralentit mais cela permet de mieux cerner le changement progressif de la relation. L’auteure joue encore sur les limites du consentement pour donner l’illusion d’un apprentissage d’un masochiste par un sadique. Néanmoins, elle détend l’atmosphère dans les histoires bonus avec des anecdotes amusantes.

La maîtrise de la mangaka dans l’agencement des cases rend la lecture agréable. L’utilisation de noir ou blanc pour les transitions fluidifie le tout. Par ailleurs, son graphisme est constant. Par exemple, malgré son côté taciturne, les émotions de Kurose se devinent facilement à ses expressions. L’équilibre entre les trames et les décors permet de rendre les trames d’ambiance discrètes. Takarai sensei joue sur l’expression des regards, les attitudes, les petits détails comme un simple mouvement stoppé, pour exprimer les difficultés éprouvées par Tadaomi. D’ailleurs, elle s’attarde beaucoup sur la sensualité de certaines images. La censure des scènes érotiques par de fines bandelettes se fait en douceur, principalement avec le choix des cadrages.

En résumé

Shirotani Tadaomi a réussi à passer une nuit chez Kurose Riku. Ce dernier lui a même prêté des vêtements. Les deux hommes font alors une sortie shopping, le psychologue souhaitant lui offrir un nouveau costume. D’abord confiant d’avoir dépassé certains défis de sa liste, le secrétaire déchante ensuite en se sentant mal dans l’ascenseur bondé. Riku l’invite à se reposer mais, se remémorant des attouchements de la veille, Tadaomi sent son bas ventre réagir…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga au Chil Chil BL award 2016. Kurose Riku est toujours classé premier meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi descend à la seconde place du meilleur uke. Takarai Rihito sensei fait oublier aux lecteurs friands d’érotisme toutes les frustrations des tomes précédents en un seul volume. Un tome chaud et sexy!

10 count 2 – Takarai Rihito

10 count 2 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351808863
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784403664403 (JP)
Shinshokan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Aujourd’hui je n’ai pas réussi à penser à autre chose qu’à toi en train de me toucher. »

Takarai Rihito sensei fait évoluer la relation entre le psychologue et le secrétaire mysophobe, avec une note très légèrement sadomasochiste. Elle continue de baser la narration du point de vue de Shirotani. Elle crée la surprise en révélant les raisons du brusque éloignement de Kurose. D’ailleurs, le médecin ne ménage plus son patient, le poussant parfois dans ses retranchements et créant volontairement une dépendance envers lui. Shirotani est quant à lui, conscient des changements qui le touchent, prisonnier de sentiments contradictoires. En effet, il ne gère pas le plaisir et le dégoût qu’il ressent à être touché. Ainsi, le consentement frôle constamment les limites. L’auteure révèle au fur et à mesure les probables traumatismes de Tadaomi qui ont provoqué sa phobie. Elle s’attarde particulièrement sur son malaise.

La mangaka a un trait fin épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie même si elles sont tout de même variées. Les trames d’ambiance se font par ailleurs discrètes. Les décors apparaissent sur les plans larges et s’estompent autour des personnages. Des trames grises recouvrant les vignettes marquent les flash-back. Mais un fond noir représente également les souvenirs traumatisants. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Takarai sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes qui ne cachent presque rien. Toutefois, elle montre surtout les réactions et les émotions des personnages, s’attardant sur la sensualité mais également le malaise de Shirotani. En début de tome, elle présente les protagonistes. Les illustrations en début de chapitre donnent l’ambiance du récit. L’illustration de la postface fait suite à celle du tome précédent.

En résumé

Depuis que Kurose Riku a mis brusquement fin aux consultations privées avec Shirotani Tadaomi, le secrétaire refuse de sortir de chez lui. Comme il ne répond pas aux appels de son patron Kuramoto ni de son collègue Mikami, ces derniers contactent le psychologue pour solliciter son aide. Quelques jours plus tard, Shirotani remarque enfin le message de rendez-vous habituel du médecin et décide de s’y rendre malgré son retard et la pluie qui l’incommode. Arrivé trempé au café, il lui demande alors de faire comme s’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Mais en partant précipitamment, il laisse tomber sa carte de transport.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2015. La couverture se classe également première au classement. Kurose Riku se classe premier meilleur seme et Shirotani Tadaomi est premier meilleur uke. En effet, Takarai Rihito sensei surprend avec cette romance particulière dans laquelle la relation se construit sur un jeu érotique au prétexte d’une thérapie. C’est à la fois touchant, dérangeant et passionnant.