Kabukichô bad trip 2 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 2 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375064061
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799755006 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je veux essayer plein de choses avec toi. Jusqu’à ce que, même sans lire dans tes pensées, j’arrive à comprendre ce que tu attends de moi. »

Nagisa Eiji sensei continue d’expliquer certaines pratiques sadomasochistes, mettant en avant la communication et la confiance au sein du couple. Elle alterne la narration entre les amoureux. De même, elle met en avant les contraintes et la sensualité des piercings aux tétons. Mizuki s’avérant toujours prévenant lors de leurs rapports, le docile Tôru montre une curiosité de plus en plus grandissante pour le SM. Ainsi, il prend parfois des initiatives et partage plus facilement ses sensations. Le couple construit une relation au quotidien équilibrée, refusant la dépendance. L’auteure aborde donc les difficultés à coordonner son emploi du temps, les risques avec les paparazzis, les désagréments de pouvoir lire les pensées, la gestion délicate d’un scandale. Elle met en avant le soutien des amis de Miyama et Hikawa, Jun, Rio et Kaede. De même, elle s’intéresse au sentiment de culpabilité qui s’installe dans le couple quand des problèmes prévisibles surgissent.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De fines hachures marquent les rougissements, restant pourtant discrètes bien qu’envahissantes. De même, les ombres fortes sont hachurées. Ainsi, les trames bien que variées, colorent en aplat. Les trames d’ambiance graphiques accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent par des trames grises recouvrant les vignettes. Les décors soignés apportent une note réaliste par leur présence. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Comme dans le tome précédent, les phylactères participent à la narration en changeant de forme. Dans les scènes érotiques, Nagisa sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle dessine toutefois des coupes intérieures.

En résumé

Miyama Tôru a quitté son travail d’hôte et cherche activement un métier plus conventionnel, soucieux des possibles scandales qu’il pourrait provoquer par rapport à son petit ami. Hikawa Mizuki rechigne aussi à accepter une opportunité qui propulserait sa carrière. En effet, il a reçu une offre pour tourner dans une série télévisée réalisée par un grand producteur. Son ex et amie Hashimoto Kaede, coach sportif, essaie pourtant de le convaincre d’accepter. Mais le mannequin ne souhaite pas que sa célébrité montante blesse un jour son petit ami. En plus de leur relation homosexuelle, leur pratique sexuelle représente un autre point faible supplémentaire…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Nagisa Eiji sensei s’attarde un peu plus sur la relation du couple au quotidien. Elle maîtrise parfaitement le développement de son récit, bien que certains évènements sont facilement prévisibles. Son graphisme sensuel rend parfaitement les émotions des personnages. Je suis complètement sous le charme de ce couple qui travaille à un bel équilibre de leur relation. Si vous êtes intrigué par la complicité entre le manager de café, Ikeda Tôya, et Rio, un spin-off raconte leur histoire. J’espère qu’il aura également droit à une traduction. Une lecture toujours aussi tendre et mignonne!

La punition 3 – Hinako

la punition 3 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382764497
Hana, 2024
ISBN: 9784866536705 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je crois que j’aime bien ma vie actuelle, en fait. »

Hinako sensei fait évoluer la relation entre Sujima et Yôsuke qui montrent plus facilement leur affection l’un pour l’autre. Elle délaisse donc un peu le « dressage » pour installer une intrigue avec Ryûji. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure ses manipulations et ses intentions, créant la surprise. De plus en plus honnête envers son partenaire et ses propres sentiments, Yôsuke continue tout de même à faire des cachoteries mais dans le but d’éviter les conflits. Sujima quant à lui, s’interroge de plus en plus sur son attachement pour son « chien » et ne cache plus sa possessivité. Makoto se montre toujours surprotecteur mais fait des efforts pour respecter les choix de son ami. Ainsi, l’auteure dévoile les derniers secrets autour de Takumi. Par ailleurs, elle développe un peu plus les sentiments des personnages. Elle apporte également une note d’humour discrète avec les personnages secondaires.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages longilignes avec des visages ovales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches, un contour blanc ou tout simplement l’absence de trames. Elle dessine également des coupes intérieures. Comme dans le tome précédent, elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé.

Yôsuke décline la proposition de colocation de son ami Sawashiro Makoto, appréciant sa vie actuelle avec Sujima Takumi. Alors qu’il a apporté des hamburgers pour le dîner, le gérant d’établissement de prostitution le soupçonne d’abord de chercher de l’argent ou ses faveurs. Malgré la simple envie de faire plaisir de l’ancien gigolo, les deux hommes finissent tout de même par coucher ensemble. D’ailleurs, Yôsuke ne cache plus à son partenaire ce qu’il aime durant les ébats. Un soir, alors qu’il se rend dans un bar pour continuer à s’enivrer après avoir quitté ses amis, il est abordé par un jeune homme, Ryûji, avec qui il sympathise très vite.

En conclusion

Hinako sensei ajoute enfin un peu de sentiments entre ses deux héros. Elle maintient bien le suspense avec les intrigues de Ryûji, même si certains indices permettent au lecteur d’anticiper les révélations. Il y a toutefois encore quelques scènes choquantes (viol) pour le public sensible. J’ai l’impression de souffler un peu avec ce tome mais je suis toujours sous son charme. Je me délecte vraiment d’un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Kabukichô bad trip 1 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 1 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063750
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748886 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Chaque fois que je croise le regard de Mizuki, je sais ce qu’il veut faire de moi. »

Nagisa Eiji sensei narre une romance abordant l’initiation au sadomasochisme. Elle joue principalement sur le contraste entre imagination et comportement prévenant et consensuel. Par ailleurs, elle base la narration principalement du point de vue de Miyama. Ressentant de l’attirance pour Hikawa, l’hôte s’interroge rapidement sur sa sexualité et sur la pratique SM. Le sadique Miyuki, rejeté auparavant à cause de ses penchants, se retient du mieux qu’il peut mais en souffre. Le couple construit une relation de confiance, dans la discussion même pendant les ébats. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux efforts réciproques dans un couple, à la communication, à l’image incorrecte de certaines pratiques sexuelles. D’ailleurs, elle interroge sur la difficulté à assumer sa nature et à la découvrir. Elle utilise les personnages secondaires pour apporter un regard extérieur sur le couple et quelques notes d’humour.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur les hachures pour les rougissements qui peuvent se faire aussi bien discrètes qu’envahissantes. Les deux héros ont des corps finement musclés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Nagisa sensei joue tout de même beaucoup sur la lumière avec des contre-jours marqués. De même, elle s’attarde sur les détails. Elle indique les pensées avec des phylactères au fond noir. La mise en page très dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Toutefois, la sensualité des relations SM sont bien retranscrites.

En résumé

Miyama Tôru, hôte d’un bar de Kabukichô, travaille sous le pseudonyme de Mizuki, étant un fan inconditionnel du mannequin Hikawa Mizuki. Il utilise secrètement son don pour satisfaire les clientes. En effet, il peut lire dans les pensées des gens en un échange de regard. Un jour, alors qu’il achetait un magazine dont Hikawa fait la une dans un magazine, il bouscule son idole. Remarquant que ce dernier peine à trouver un taxi, il lui propose alors de le déposer à sa destination. Les deux hommes sympathisent rapidement et quelques jours plus tard, ils se retrouvent pour dîner ensemble. Mais en lisant les pensées de Mizuki, Tôru découvre que son nouvel ami s’imagine l’attacher et le fesser lors de jeux érotiques…

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Hikawa Mizuki se classe quatorzième meilleur seme tandis que Miyama Tôru est seizième meilleur uke. Malgré un sujet affriolant, Nagisa Eiji sensei offre une romance mignonne et instructive. Son graphisme sensuel met en valeur les sensations des personnages. La dynamique du couple est également adorable. J’attendais ce titre depuis longtemps, l’ayant lu en japonais, et suis donc aux anges de le redécouvrir dans la langue de Molière! Un coup de cœur qui se confirme. J’espère que la série trouvera son public. Une lecture pleine de tendresse!

10 count 3 – Takarai Rihito

10 count 3 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809297
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784403664618 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Mon corps est imprégné de l’odeur de Kurose. »

Takarai Rihito sensei continue de présenter le point de vue de Shirotani en décryptant ses pensées. Comme dans le tome précédent, elle s’attarde sur les sentiments contradictoires assaillant ce dernier. Ainsi, le secrétaire prend conscience de sa routine épuisante et chronophage et se motive encore plus à surpasser sa peur. Il oscille constamment entre fuite et endurance, se sentant perdu face à ses sentiments envers Kurose. En effet, ce dernier se montre à la fois sadique et prévenant avec son partenaire, laissant exprimer sa jalousie et son impatience à travers quelques piques. L’histoire ralentit mais cela permet de mieux cerner le changement progressif de la relation. L’auteure joue encore sur les limites du consentement pour donner l’illusion d’un apprentissage d’un masochiste par un sadique. Néanmoins, elle détend l’atmosphère dans les histoires bonus avec des anecdotes amusantes.

La maîtrise de la mangaka dans l’agencement des cases rend la lecture agréable. L’utilisation de noir ou blanc pour les transitions fluidifie le tout. Par ailleurs, son graphisme est constant. Par exemple, malgré son côté taciturne, les émotions de Kurose se devinent facilement à ses expressions. L’équilibre entre les trames et les décors permet de rendre les trames d’ambiance discrètes. Takarai sensei joue sur l’expression des regards, les attitudes, les petits détails comme un simple mouvement stoppé, pour exprimer les difficultés éprouvées par Tadaomi. D’ailleurs, elle s’attarde beaucoup sur la sensualité de certaines images. La censure des scènes érotiques par de fines bandelettes se fait en douceur, principalement avec le choix des cadrages.

En résumé

Shirotani Tadaomi a réussi à passer une nuit chez Kurose Riku. Ce dernier lui a même prêté des vêtements. Les deux hommes font alors une sortie shopping, le psychologue souhaitant lui offrir un nouveau costume. D’abord confiant d’avoir dépassé certains défis de sa liste, le secrétaire déchante ensuite en se sentant mal dans l’ascenseur bondé. Riku l’invite à se reposer mais, se remémorant des attouchements de la veille, Tadaomi sent son bas ventre réagir…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga au Chil Chil BL award 2016. Kurose Riku est toujours classé premier meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi descend à la seconde place du meilleur uke. Takarai Rihito sensei fait oublier aux lecteurs friands d’érotisme toutes les frustrations des tomes précédents en un seul volume. Un tome chaud et sexy!

10 count 2 – Takarai Rihito

10 count 2 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351808863
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784403664403 (JP)
Shinshokan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Aujourd’hui je n’ai pas réussi à penser à autre chose qu’à toi en train de me toucher. »

Takarai Rihito sensei fait évoluer la relation entre le psychologue et le secrétaire mysophobe, avec une note très légèrement sadomasochiste. Elle continue de baser la narration du point de vue de Shirotani. Elle crée la surprise en révélant les raisons du brusque éloignement de Kurose. D’ailleurs, le médecin ne ménage plus son patient, le poussant parfois dans ses retranchements et créant volontairement une dépendance envers lui. Shirotani est quant à lui, conscient des changements qui le touchent, prisonnier de sentiments contradictoires. En effet, il ne gère pas le plaisir et le dégoût qu’il ressent à être touché. Ainsi, le consentement frôle constamment les limites. L’auteure révèle au fur et à mesure les probables traumatismes de Tadaomi qui ont provoqué sa phobie. Elle s’attarde particulièrement sur son malaise.

La mangaka a un trait fin épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie même si elles sont tout de même variées. Les trames d’ambiance se font par ailleurs discrètes. Les décors apparaissent sur les plans larges et s’estompent autour des personnages. Des trames grises recouvrant les vignettes marquent les flash-back. Mais un fond noir représente également les souvenirs traumatisants. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Takarai sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes qui ne cachent presque rien. Toutefois, elle montre surtout les réactions et les émotions des personnages, s’attardant sur la sensualité mais également le malaise de Shirotani. En début de tome, elle présente les protagonistes. Les illustrations en début de chapitre donnent l’ambiance du récit. L’illustration de la postface fait suite à celle du tome précédent.

En résumé

Depuis que Kurose Riku a mis brusquement fin aux consultations privées avec Shirotani Tadaomi, le secrétaire refuse de sortir de chez lui. Comme il ne répond pas aux appels de son patron Kuramoto ni de son collègue Mikami, ces derniers contactent le psychologue pour solliciter son aide. Quelques jours plus tard, Shirotani remarque enfin le message de rendez-vous habituel du médecin et décide de s’y rendre malgré son retard et la pluie qui l’incommode. Arrivé trempé au café, il lui demande alors de faire comme s’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Mais en partant précipitamment, il laisse tomber sa carte de transport.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2015. La couverture se classe également première au classement. Kurose Riku se classe premier meilleur seme et Shirotani Tadaomi est premier meilleur uke. En effet, Takarai Rihito sensei surprend avec cette romance particulière dans laquelle la relation se construit sur un jeu érotique au prétexte d’une thérapie. C’est à la fois touchant, dérangeant et passionnant.

La punition 2 – Hinako

la punition 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382763872
Hana, 2023
ISBN: 9784866535456 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« J’en veux encore… Encore… »

Hinako sensei continue de développer le « dressage » particulier de Yôsuke par Sujima. Elle montre les petits changements des deux héros qui refusent pour l’instant d’admettre leurs sentiments naissants, bien qu’ils acceptent leur attachement. En introduisant l’ami d’enfance de Yôsuke, surprotecteur, elle ajoute quelques tensions les obligeant à s’interroger sur leur relation. Sujima devient plus souple et tendre mais également encore plus possessif. Bien que plus docile, Yôsuke continue de provoquer son « maître » et laisse s’exprimer sa jalousie. Ainsi, l’auteure joue sur les quiproquos et les petits secrets pour pimenter encore plus la relation entre les deux hommes. Elle utilise par ailleurs leurs amis et collègues pour détendre l’atmosphère. Comme dans le tome précédent, elle donne une anecdote sur un chapitre dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages et des corps longilignes, des yeux effilés qui donnent un charme particulier à ses personnages. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes avec des bandelettes et en dessinant des contours blancs. Pourtant, elle offre beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle fait poser ses personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Sujima autorise enfin Yôsuke à dormir à ses côtés. Mais il reçoit un appel urgent du travail et s’absente. Dans la journée, l’ancien gigolo retrouve son ami qui lui a recommandé son petit boulot de téléphone rose pour récupérer son premier salaire. Il pensait d’abord aller aux putes mais, redoutant le retour de son nouveau maître de mauvaise humeur, il se ravise. Il accueille alors Sujima avec une bière. Les deux hommes finissent donc au lit mais Yôsuke remarque qu’il ne fait aucun effet à son partenaire. Etait-il vraiment parti travailler?

En conclusion

Hinako sensei maîtrise sa mise en page, la dynamique de son scénario et son style graphique particulier, presque incisif dans certaines images. Elle crée des personnages attachants malgré leurs sales caractères et leurs défauts. En effet, Yôsuke et Sujima ne sont pas des anges et pourtant, j’aime suivre leurs aventures. Je ressens même un plaisir coupable de voir l’ancien gigolo se faire punir à chaque « bêtise ». Toutefois, ce genre de récit peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement n’étant parfois pas clair. Pour ma part, je suis complètement séduite!

La punition 1 – Hinako

la punition 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382763865
Hana, 2023
ISBN: 9784866535920 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Donnez-moi un doigt, et je vous prendrai le bras. »

Hinako sensei construit une relation particulière entre un gigolo un peu idiot qui se laisse vivre et un gérant de bar intransigeant. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle s’intéresse aux relations humaines en général, aussi bien amicales, professionnelles qu’amoureuses. Sujima s’amuse du comportement audacieux du gigolo qui oscille constamment entre provocation et obéissance. Son « dressage » entre tendresse et brutalité va amener Yôsuke à s’interroger sur sa sexualité. Ce dernier prend également conscience de la superficialité de ses relations actuelles et des efforts à fournir pour conserver son peu de confort. A travers le jeu de manipulation entre les deux hommes, l’auteure aborde la solitude et la misère sentimentale. Elle développe un amour vache et versatile, limite SM. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sur un des chapitre, ici, celui de la ceinture de chasteté.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages et des corps longilignes ainsi que des yeux effilés, donnant une touche toute particulière à son graphisme. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. Elle supprime également les détails par des contours parfois blancs.

En résumé

Le patron du bar à hôtesses Sujima Takumi découvre que ses employées ont des relations sexuelles avec un client malgré l’interdiction du règlement. En effet, le gigolo Yôsuke, délaissé par sa maîtresse Mizuho chez qui il vit, aime prendre des risques et dépense donc son argent de poche avec les hôtesses du Deli hell. Dénoncé par sa dernière conquête Sayaka, il subit la punition de Sujima qui le viole mais l’embrasse pourtant tendrement. A son réveil, Yôsuke, dans une situation compromettante, est surpris par Mizuho qui le met donc à la porte. Désespéré, le gigolo rejoint Sujima pour d’une part, lui demander de retirer la ceinture de chasteté qu’il lui a installé et d’autre part, squatter son appartement.

En conclusion

Hinako sensei construit une relation assez particulière à la limite du SM entre ses deux héros qui cachent en fait une certaine solitude et un manque d’affection. Son trait particulier renforce le côté pervers et sadique de Sujima. Ce tome pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs, les relations n’étant pas toujours consenties. Pour ma part, appréciant le travail de la mangaka, je suis happée par cette relation toxique mais dynamique et entrainante.

Vices 3 – Iimo

vices 3 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763797
Hana, 2023
ISBN: 9784801976184 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une relation si conflictuelle, basée sur des faux-semblants, n’a aucun avenir, après tout… »

Iimo sensei surprend les lecteurs en les plongeant dans le doute et le suspense, interrogeant l’amour « normal ». Elle enchaîne les retournements de situations, déballant au fur et à mesure les indices d’une grande manipulation. Elle développe un peu plus Sudô et Yasukawa. D’ailleurs, la jeune femme, qui refuse de devenir un simple outil pour la prospérité de sa famille, s’avère bien plus intrigante qu’elle ne paraît. Suite à la disparition de Kojima, Daimon se retrouve perdu, hésitant entre une vie débridée ou rangée. Il s’interroge constamment sur la normalité du bonheur, de l’amour, toujours tourmenté par ses actions ratées. Sa gentillesse en fait malheureusement une proie facile, mais il continue à prendre sur lui pour agir. Avec Yasukawa et Iwakura, l’auteure aborde avec légèreté la question de l’homoparentalité, l’acceptation de soi, le bonheur familial. Elle développe un peu plus le passé traumatisant de Yôhei qui fuit l’amour depuis.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, elle équilibre les trames. De même, les trames d’ambiance se font plus discrètes, renforçant les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Parfois, elle simplifie un peu les parties intimes. Elle dessine également des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre donne l’ambiance du récit.

En résumé

Soigné à l’hôpital, Daimon Tôya promet à Kojima Yôhei de réaliser son rêve en le tuant dès que tout sera prêt, bien que cela le peine. Mais Iwakura l’entend. A la surprise de Daimon, ses collègues lui rendent souvent visite. Yasukawa Kuniaki lui apprend alors qu’il va encore être transféré vers une nouvelle section fraichement créée. Le soir de Noël, Kojima s’introduit dans la chambre d’hôpital pour passer une soirée très sexy avec son amant. Et en cadeau, il lui offre même une clé. Pourtant, quand Daimon sort enfin de l’hôpital, il est accueilli par Sudô qui partage ses inquiétudes face au changement de l’homme qu’elle aimait. Quand Daimon arrive chez Kojima, il trouve l’appartement complètement vide. Le concierge lui annonce alors que le locataire a disparu.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Iimo sensei offre une suite déroutante, qui déstabilise au départ le lecteur jusqu’à ce qu’il arrive au climax révélateur. La tension est palpable et l’impression de se faire balader paraît d’abord désagréable pour devenir en fin de compte euphorisant. En plus, le récit est beaucoup moins violent qu’avant. Une très belle surprise!

Vices 2 – Iimo

vices 2 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763780
Hana, 2023
ISBN: 9784801972230 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« On ne tue pas les gens par amour! »

Iimo sensei continue d’explorer les vices et leurs origines possibles. Comme dans le tome précédent, elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé sombre et traumatisant de ses deux héros. Ainsi, elle incite le lecteur à s’interroger sur la normalité, le jugement extérieur, les limites dans les relations SM mais également l’influence d’une éducation pernicieuse dans un comportement déviant. En effet, Daimon et Kojima ont subi très jeune beaucoup de pression à cause des attentes de leurs parents. Leur sentiment de culpabilité suite à leur traumatisme trouble encore leur perception de l’amour. En introduisant Sokabe Kazufumi, l’auteure plonge le lecteur dans un déchaînement de sadisme tout en installant une tension extrême. Le contraste est d’autant plus puissant qu’elle aborde auparavant avec humour la question du coming out à la famille et aux collègues, avec le comportement incongru des personnages.

La mangaka a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, les déformant même jusqu’à prendre un style de gag manga. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant la simplicité apparente du trait. Toutefois, quelques trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les fortes émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. En début de chapitre, quelques illustrations introduisent l’ambiance du récit. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuation de celle de la couverture.

En résumé

Durant ses congés, Daimon Tôya rend visite à sa mère, à l’occasion du service commémoratif du décès de sa grand-mère. Mais toute le reste de la famille s’est invité pour le voir. Incommodé par les questions sur sa vie amoureuse, il s’éclipse discrètement et remarque un appel immédiatement interrompu de Kojima Yôhei. En effet, ce dernier se souvenant de leur dernière nuit de doux câlins, se masturbe actuellement dans les toilettes de l’entreprise et a soudain eu envie d’entendre la voix de son amant. Ne se doutant de rien, Daimon le rappelle aussitôt et finit alors par lui confier l’origine de son fantasme: transformer un humain en spécimen…

En conclusion

Iimo sensei jongle avec dextérité entre romance tendre, violence, drame et surtout humour. Son graphisme plutôt doux permet d’atténuer les scènes les plus brutales. J’ai donc pu lire jusqu’au bout ce tome, en cachant simplement quelques vignettes. Toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains! Je suis agréablement surprise par ce titre qui propose une réflexion sur la perversité. La dynamique du couple et son évolution sont entrainantes. Il y a encore deux autres tomes. J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Vices 1 – Iimo

vices 1 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763773
Hana, 2023
ISBN: 9784801972223 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une histoire de vices et de hantises, où tout peut devenir un jeu sexuel violent et imprévisible. »

Iimo sensei explore le sadomasochisme dans des relations plutôt malsaines entre dominant et « objet », présentant différents vices. Elle introduit une ribambelle de pervers, analysant et déterminant l’origine plausible de leur penchant particulier. Elle alterne la narration entre les deux héros. Daimon a peur de découvrir le monstre qui sommeille en lui. En effet, sous son masque de gentillesse, il peut se montrer à la fois violent et tendre, possessif et indifférent, attiré de plus en plus par Kojima. D’ailleurs, le commercial recherche une relation auto-destructrice, avec quelqu’un qui pourra lui donner la mort. Il apprécie de découvrir les faces cachées des personnes qu’il fréquente. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé de ses personnages, ainsi que leurs traumatismes. Elle aborde donc la sexualité débridée, la peur de l’inconnu et la difficulté à accepter la part sombre en soi. Elle s’attarde également sur les travers humains exploitant la gentillesse et la naïveté.

La mangaka a un trait épuré, presque simplifié, dans un style plutôt doux, contrastant avec le sujet. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant l’aspect un peu dépouillé. De même, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page alterne entre classique et dynamique, guidant le regard. Iimo sensei ne censure par les scènes érotiques. D’ailleurs, elle en dessine presque à chaque chapitre et n’hésite pas à réaliser des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle reprend le décor de la couverture, incluant quelques modification, après le départ des personnages.

En résumé

Daimon Tôya, qui se montre patient et gentil, préfère s’effacer face aux conflits. Malheureusement, il se fait harceler par le meilleur commercial, Kojima Yôhei, qui prend plaisir à le rabaisser. Mais il remarque que les expressions de son bourreau changent complètement dès qu’il ose montrer un peu d’agacement. Daimon suppose alors que Kojima agit comme un enfant capricieux qui embête la personne qu’il aime. D’ailleurs, ce dernier n’a pas hésité à l’aider quand il avait des heures supplémentaires à faire. Pourtant, il semble avoir une petite amie et continue à le provoquer. Excédé par ses moqueries, Daimon le viole. Et dans l’excitation, il éprouve même l’envie d’étrangler sa victime…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Iimo sensei utilise le ton plutôt humoristique pour développer son récit, créant un contraste intéressant. De même, son graphisme plutôt doux atténue légèrement la violence de certaines images. Pourtant, elle ne gomme pas la brutalité des relations non consenties. Justement, quelques passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie particulièrement le jeu qui s’installe entre les deux héros ainsi que l’approche de la perversité d’un point de vue réfléchi. Une excellente découverte!

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