Lonely playground 1 – Dayoo

lonely playground 1 dayoo

Dayoo ダヨオ
ISBN: 9782382763650
Hana, 2023
ISBN: 9784396784881 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je veux que tu sois mon jouet à moi seul. »

Dayoo sensei propose de suivre un triangle amoureux, confrontant une relation consensuelle à une relation toxique. Elle base d’abord la narration sur Keisuke avant de basculer à la fin sur Yukifumi. Elle révèle également le passé des personnages au fur et à mesure. Saikawa est complètement sous l’emprise d’Utsugi, qui le traite comme un simple jouet. Keisuke, habitué aux relations sans lendemain, tombe sous le charme du salaryman et a envie de le rendre heureux. Bien qu’il entretient une relation purement charnelle, ses sentiments évoluent peu à peu. Pourtant, il fait passer le bonheur de son partenaire avant le sien, l’acceptant tel qu’il est. L’auteure aborde les relations complexes entre amour et reconnaissance, la manipulation de personnes fragilisées et manquants de confiance en soi. Avec Utsugi, elle s’intéresse donc aux relations SM au consentement flou. Elle joue sur les contrastes, comme par exemple la naïveté de Yukifumi avec sa perversité.

La mangaka a un trait épuré très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux tombants qui donnent un charme particulier à l’expression des regards. Par ailleurs, des hachures envahissent les visages lors des rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dayoo sensei censure à peine les scènes érotiques, ne détaillant pas les parties intimes. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, permettant d’admirer leur charme.

En résumé

Kishino Keisuke (21 ans) travaille dans un restaurant chinois. Il a eu le coup de foudre pour un salaryman qui passe souvent devant leur établissement sans pour autant y entrer. Un soir de pluie, une collègue le prévient avoir vu son crush sous un pont et l’incite à lui apporter un parapluie. Kishino trouve alors Saikawa Yukifumi (26 ans) en larmes. Ce dernier vient de se faire plaquer par son amant, un homme marié avec un enfant, qu’il fréquente au moins depuis sept ans. Voulant oublier sa tristesse dans les bras d’un inconnu, Keisuke lui propose donc d’être son partenaire. Après une nuit de folie chez Saikawa, il remarque dans le placard une collection de jouets érotiques pour adultes. Mais Utsugi, l’ex de Yukifumi, débarque soudainement dans l’appartement…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas au scénario captivant, marqué par la confrontation entre un sombre seme violeur et un lumineux seme salvateur. Dayoo sensei construit des personnalités très intéressantes et maîtrise parfaitement le développement de son scénario, retenant le lecteur en haleine. En plus, son graphisme a un charme particulier qui me plaît totalement. Je suis subjuguée par ce récit qui m’a agréablement surpris. Vivement la suite!

Caligula’s love – Michinoku Atami

caligula s love michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063460
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784344848450 (JP)
Gentosha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ce n’est pas un hasard si nos chemins se sont recroisés. »

Michinoku Atami sensei propose une romance SM. Elle base la narration sur Naruse. Elle construit des relations consenties qui se développent dans des jeux érotiques. Ainsi, un équilibre s’installe entre endurance et plaisir. Le solitaire Dôyama s’accepte tel qu’il est, bien que conscient qu’il ne se conforme pas au sens commun. De part son statut, le professeur a au contraire du mal à assumer son penchant jugé pervers. Sa curiosité et son attirance pour son élève lui permettent de s’accepter petit à petit et surtout d’affronter la situation paradoxale dans laquelle il se trouve. En effet, bien que soumis à son maître, il se retrouve en position autoritaire à l’école. Ainsi, l’auteure aborde, sans pour autant l’approfondir, les questions de moralités et d’éthiques de l’enseignant, les risques des relations avec un mineur, l’acceptation de soi. Elle montre les différents sentiments qui assaillent Makoto au fil de ses réflexions.

La mangaka a un trait épuré, léché et légèrement anguleux. Elle utilise beaucoup de trames. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les tons et l’environnement très réalistes contrastent avec la situation particulière dans laquelle se retrouvent le professeur et son élève. La mise en page plutôt classique varie tout de même les angles de vue, créant une certaine dynamique. Michinoku sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle détaille les parties intimes et dessine même des coupes intérieures. Toutefois, elle arrive à construire une ambiance toujours sensuelle et érotique, sans vulgarité malgré des moments très crus.

En résumé

Le professeur Naruse Makoto va bientôt enseigner dans un lycée très réputé. Il décide donc de mettre fin à son petit plaisir. En effet, il se rend environ deux fois par mois dans un club SM où il se soumet à son maître bien-aimé. Comme il ne pourra plus venir, il lui demande une dernière faveur: voir son visage. Mais le lendemain, en cours, il croit reconnaître le maître à travers les traits de son élève Dôyama Kiyotaka…

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. En effet, c’est chaud et beau! Michinoku sensei arrive à construire une histoire très érotique et pourtant emplie de sentiments. Elle réussit par ailleurs à gommer la position autoritaire de l’enseignant grâce à son penchant de soumission, installant une dichotomie intéressante. Ainsi, le couple devient rapidement attachant. Un énorme coup de cœur!

Jealousy 1 – Scarlet Beriko

jealousy 1 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061213
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665875 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Rogi est prêt à tout pour devenir membre du clan Ôyamato.

Scarlet Beriko sensei développe le passé du yakuza Rogi, permettant de comprendre son comportement actuel. Par moment, elle revient dans le présent pour montrer l’évolution de la famille et faire un petit parallèle avec la situation de Médor. Ce dernier apporte justement un peu d’humour. De même, le comportement puéril et extrême d’Uichi entraîne des situations amusantes. Le manipulateur a une personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il semble tromper son ennui en suivant uniquement ses instincts, n’obéissant qu’à ses propres principes. Il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs et ne respecte pas les limites. Ainsi, l’auteure encadre son héros d’autres personnalités fortes. Elle s’intéresse à la jalousie, décrivant avec finesse comment ce sentiment naît mais également comment il s’exprime. De même, elle dépeint parfaitement les sentiments complexes et contrastées qui touchent les personnes fréquentant le marginal.

La mangaka a un trait légèrement plus doux que dans Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Elle conserve tout de même un style réaliste malgré un trait fin épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors s’effacent pour mettre en avant les personnages ou les actions. La mise en page alterne entre classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle met en avant le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Alors que Rogi Uichi accompagnait sa fille Reika à son cours de danse, un jeune homme se jette devant la voiture. Le yakuza décide de l’éliminer mais face à son monologue pour survivre, il l’épargne à condition qu’il s’excuse auprès de la fillette. Comme Hachi demande à être appelé Médor, la jeune fille souhaite alors le garder à la maison comme chien. Cette mésaventure rappelle alors au yakuza sa rencontre avec Ôyamato Akitora. Alors qu’il avait une relation sado-masochiste avec un écrivain, Akitora les avait surpris en train de jouer à la roulette russe en venant réclamer de l’argent emprunté. Rogi reconnaissant son ami d’enfance, Asoda Takashi, lui demande alors de le détacher…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. J’ai du mal avec la personnalité de Rogi mais j’apprécie tellement la narration et les aventures créées par l’auteure que j’arrive à passer outre. En plus, le dessin est magnifique.

Ito-san – Kuraka Sui

ito san kuraka sui

KURAKA Sui 冥花すゐ
ISBN: 9782368775004
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495067 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

L’amour n’a pas sa place dans la prostitution et le meurtre, pourtant il va réunir deux âmes perdues.

Pour son premier manga, Kuraka Sui sensei offre une histoire sombre où les relations prennent une tournure extrême, s’émancipant presque de l’amour. Ito et Kyosuke développent une relation destructrice mais tendre et consentie. La narration alterne entre les deux héros. L’auteure joue beaucoup sur les flash-back, brouillant parfois la chronologie du récit. Par ailleurs, bien qu’elle précise dans la postface aimer « les histoires d’amour qui ne sont pas superficielles », elle a encore du mal à le transcrire parfaitement dans son scénario. En effet, l’histoire prend une tournure improbable où l’amour arrive alors à tout surpasser: meurtre et amnésie. Le récit principal est complété par une histoire sadomasochiste avec une domination extrême. Le format court met trop en avant le côté violent et pervers malgré un passage angoissant.

Le graphisme de la mangaka colle parfaitement à l’ambiance. Ses traits sont légèrement anguleux. Le traitement particulier des yeux ajoute à l’impression inquiétante que dégage Ito. De même, les yeux sans pupille de Kyosuke renforce son côté éteint. La variété des expressions et des carrures, comme la maigreur de Kyosuke, les muscles d’Ito, les vieux clients à l’embonpoint, donnent une touche réaliste. Kuraka sensei s’attarde sur les détails, en jouant sur les angles de vue et les cadrages recherchés. Cependant, les scènes violentes évitent de montrer les passages trop durs. Par ailleurs, les aplats noirs renforcent les moments inquiétants dans les bulles, les fonds ou les contre-jours. Par exemple, quand Ito tient Kyosuke par le menton, son ombre semble l’étrangler. Les décors sont très présents. En outre, les scènes érotiques jouent sur les angles de vue et l’absence de détails pour censurer les parties intimes.

En résumé

Ito-san: Kyosuke se prostitue depuis l’enfance. Chaque mardi, son client Ito-san préfère lui faire la conversation au lieu de coucher avec lui. Un jour, il lui offre même une mallette remplie de billets pour qu’il arrête son métier. Mais le prostitué refuse, ayant une piètre opinion de lui-même. Après que des clients l’aient pièger pour faire une vidéo violente en groupe, Kyosuke croise par hasard Ito-san dans les couloirs de l’hôtel. Ce dernier, remarquant ses blessures, lui propose encore plus d’argent. Le mardi suivant, alors qu’il a reçu une réservation d’un autre client, il trouve plusieurs individus massacrés dans la chambre. Chamboulé, il est alors interpellé par Ito-san à la sortie. Ce dernier lui confie avoir réglé le problème en enquêtant sur ces dangereux clients. Ressentant des sentiments grâce à Kyosuke, Ito lui adresse soudain un premier sourire qui fait alors chavirer le cœur du prostitué, malgré le danger.
Cage: Le président du conseil des élèves Fujisaki Aiju traite le professeur Taga comme un esclave, profitant de ses tendances perverses pour avoir les corrigés des examens à l’avance. Mais un jour, leur relation sadomasochiste va prendre un autre tournant.

En conclusion

Ce titre a obtenu la septième place de la meilleure œuvre de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. En effet, l’auteure plonge ses lecteurs dans l’univers sombre de la prostitution et du meurtre, se focalisant sur les liens entre les personnages. Pour ceux qui aiment ce genre, ce manga pourra leur plaire, malgré les quelques maladresses de débutant. Pour ma part, je suis légèrement frustrée par la fin et aurais préféré qu’elle soit complétée par un chapitre bonus. Justement, Kuraka sensei a continué son récit et I – Ito-san 2 est sorti en 2017 au Japon.

La reconversion de Sakurada – Azuma Kaya

la reconversion de Sakurada azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782368776827
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965102 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Senpai, je vais façonner ton corps et ton cœur, pour que nous puissions vivre dans le même paradis. »

Azuma Kaya sensei offre une comédie romantique en tournant en dérision une initiation sado-masochiste. L’humour côtoie parfois la pédagogie en posant des questions sur les risques de certaines pratiques, sur le développement du sentiment amoureux dans une relation SM ou sur l’inexpérience. Ainsi, bien que Mibu soit sadique, il conserve une certaine pureté et innocence le rendant maladroit. Sakurada, par son côté obsédé, se laisse vite prendre à cette étrange éducation sexuelle. L’auteure travaille particulièrement les sentiments de ses protagonistes et n’oublie pas de montrer l’influence du travail d’équipe sur leur relation. Elle détaille également diverses pratiques comme le bondage, les jeux érotiques, les accessoires. La romance entre les deux héros s’approfondit grâce à l’introduction de nouveaux personnages qui influenceront le couple. Par ailleurs, Fujisaki Shinobu, un masochiste extrême de 38 ans, aura même droit à un chapitre en tant que personnage principal.

Le trait ferme et légèrement simplifié de la mangaka confère un côté légèrement réaliste à ses personnages. Ces derniers ont des carrures masculines, plutôt carrées avec des pectoraux saillants. Les angles de vue sont recherchés et permettent de mettre en valeur les actions ou les expressions. Les trames d’ambiance renforcent l’humour du récit. Les décors permettent de situer l’action. Les scènes érotiques ne sont pas censurées; il y a même des coupes intérieures détaillées. Sous la jaquette, Azuma sensei continue l’histoire de la dernière planche de son manga, mettant en scène les personnages originaux de la première version de ses croquis.

En résumé

Sakurada Hajime, un conseiller immobilier célibataire de 29 ans, se montre peu motivé au travail et laisse s’exprimer son côté obsédé en consultant régulièrement des sites pornographiques même au bureau. Alors qu’il se réveille ligoté à une chaise, il se remémore les évènements passés: son supérieur lui a confié la formation du talentueux Mibu Seiichirô, une jeune recrue de 28 ans issue du milieu de la construction, qui ne tarit pourtant pas d’éloges pour son formateur. Flatté, Sakurada l’a invité à boire dans un bar avant de s’effondrer. Mibu apparaît alors devant lui, en tenue SM, tout en l’insultant. En réalité, suite à des attouchements de son senpai au lycée, l’innocent disciple est devenu un pur sadique. Découvrant plus tard que Sakurada était obsédé par la gente féminine, Mibu a décidé d’initier ce dernier aux plaisirs de la perversion…

En conclusion

Alors que le thème aurait pu être dérangeant, la mangaka arrive avec brio à nous faire sourire pendant toute la lecture. Il faut dire que ses personnages ont des caractères extrêmes et un peu idiots. La relation évolue très vite et est occultée par les scènes très érotiques. Ce manga ne plaira pas à tout le monde mais j’admire le travail graphique et scénaristique de l’auteure sur ce thème plutôt difficile.
Mise à jour: Ce titre a obtenu la seconde place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020.