I’m sorry – Hakase

I m sorry hakase

Hakase 博士
ISBN: 9782375063590
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784758077231 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je l’ai vu se prostituer… »

Hakase sensei narre une romance dramatique entre deux étudiants esseulés qui vont se rapprocher dans des circonstances dramatiques. Elle aborde la solitude mais également l’abus de confiance et la facilité à tomber dans la prostitution lorsque l’on est trop naïf. En effet, la candeur de Kentarô semble presque improbable tellement sa crédulité et sa méconnaissance de la ville l’entrainent de plus en plus dans la destruction. En plus, ses difficultés à communiquer et son manque de confiance en soi l’isolent encore plus. Le comportement ambigu de Yû s’explique avec la révélation de son passé. Toutefois, sa maladresse à exprimer ses sentiments le transforme en stalker opportuniste, malgré lui. L’auteure joue sur les apparences trompeuses pour déstabiliser le lecteur. Elle dépeint des clients vils et profiteurs qui ne pensent qu’à satisfaire leurs plaisirs personnels. D’ailleurs, le récit, avec l’introduction de Saitô, s’enlise malheureusement dans un déballage de jeux SM sans consentement.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie lors des réactions excessives des personnages, ajoutant une touche comique très discrète. Elle dessine différentes morphologies, avec des formes variées d’yeux, apportant une note un peu réaliste. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont nombreuses, d’autant plus que Kentarô a un beau bronzage. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page offre un impact visuel particulier: les cadres noirs épais donnent une certaine rigidité contrebalancée par de plus en plus de vignettes s’adaptant à leur contenu et des angles de vue dynamiques. De même, des métaphores graphiques suggèrent l’état mental des protagonistes. Hakase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décompose même en détail, offrant des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle suggère l’évolution de la relation entre Yû et Kentarô.

En résumé

Kitayama Kentarô quitte sa campagne d’Aomori pour faire ses études universitaires à Tokyo. Il espère se faire plein d’amis et se retrouve rapidement embarqué dans un club étudiant. Mais lors d’une soirée de présentation, son accent ressort avec le stress et tout le monde finit par l’ignorer, ne le comprenant pas. Toutefois, Yû, avec ses beaux cheveux verts, lui demande son numéro Line pour le groupe du club. Complexé par son style campagnard, Kentarô se laisse facilement alpaguer et convaincre par des vendeurs dans la rue qui n’hésitent pas à l’arnaquer. Trois mois plus tard, lorsqu’il revient relooké au club, les membres apeurés le rejettent. Endetté, il tombe alors dans la prostitution, amadoué par un frotteur rencontré dans le train…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la candeur que conserve Kentarô malgré tous ses déboires. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains et contient des scènes explicites pouvant choquer. D’ailleurs, Hakase sensei aborde crûment la prostitution mais abuse également de certains raccourcis scénaristiques pour se perdre en fin de compte dans des scènes érotiques détaillées. Personnellement, je trouve que cela gâche un peu les moments les plus dramatiques. D’autant plus que certaines scènes ont un impact renforcé par des jeux graphiques, comme par exemple la ville représentée en négatif quand Kitayama sombre dans le désespoir. La romance entre Yû et Kentarô dégage parfois quelques échanges mignons. Le sujet et son traitement graphique m’intéressent mais le développement du récit me laisse un peu sur ma faim…

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