Same difference!!! 8 Vivre sous le même toit – Hiiragi Nozomu

same difference 8 vivre sous le meme toit hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782382760543
Hana, 2022
ISBN: 9784796413473 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Les personnes qui t’entourent deviennent meilleures. »

Hiiragi Nozomu sensei met à rude épreuve le couple de salarymen qui réalisent alors leurs profonds sentiments. Elle s’intéresse au harcèlement sexuel et au chantage d’un client. En parallèle, elle révèle l’origine de l’homophobie de Shiba. D’ailleurs, ce personnage prend un peu plus d’importance. Sous son sourire commercial, Oikawa s’avère être un sadique qui aime briser la fierté d’un homme. L’humour se fait plus discret pour ne pas détruire le traitement des sujets sérieux. Ozaki et Tsuburaya se confrontent à leur première grande dispute, créant même l’inquiétude de leur entourage, en particulier Katsumata Jin et Nutahara Yûmaru. Ainsi, l’auteure met en avant la difficulté à faire des concessions dans la vie à deux. Elle dévoile un peu l’enfance d’Ozaki. Elle joue sur le jeu entre mignon et viril, sur le soumis apparent mais dominant, et reprend également ce thème dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré, simple et anguleux. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les physionomies sont variées et permettent de distinguer immédiatement les personnages. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique accompagne la lecture. Comparé au tome précédent, Hiiragi sensei évite de montrer les parties intimes en choisissant des angles de vue précis ou en plaçant stratégiquement des bulles dans les scènes érotiques. Toutefois, les rapports restent encore sensuels. Hormis l’illustration du premier chapitre directement en lien avec la couverture, les chapitres débutent par une illustration pleine page intégrée au récit. Des yonkoma en fin de tome apportent des anecdotes amusantes sur les personnages secondaires.

En résumé

Ozaki et Tsuburaya emménagent ensemble. Mais l’autoproclamé super beau gosse découvre que l’ingénieux et sadique prince charmant a beaucoup trop d’affaires et aime particulièrement les produits haut de gamme. Pourtant, il retrouve vite le sourire quand son petit ami lui propose de prendre un grand lit. Au bureau, Tsuburaya annonce alors la bonne nouvelle à son supérieur. En visite sur un chantier, Ozaki rencontre par hasard Oikawa Sôichi de la banque A. A sa surprise, ce dernier semble être au courant de sa relation amoureuse et le menace par des sous-entendus. Et le lendemain, Oikawa rend visite à Shiba Renrô, exigeant une nuit avec Ozaki ou Tsuburaya en échange de l’obtention d’un prêt…

En conclusion

Des surprises et du suspense nous accompagnent tout au long de ce tome. Et toujours autant de bonheur à la lecture. J’ai vraiment eu peur pour le couple mais je les adore! Je ne me lasse donc pas de leurs aventures. Alors quand vous avez une baisse de morale, je vous conseille cette série mignonne et dynamique.

A mon tour de pleurer β 3 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 3 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782382760598
Hana, 2021
ISBN: 9784801971356 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番;β 3
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Même s’il faut défier le monde ou s’opposer à son instinct, nous voulons pouvoir choisir l’être aimé. »

Kusabi Keri sensei décortique l’univers de l’omegaverse en interrogeant les lecteurs sur la force de l’amour et de l’instinct. Elle aborde ainsi la violence conjugale et la fragilité d’une relation construite uniquement sur une attirance chimique, en s’appuyant sur différents couples. Sasabe est prisonnier des contradictions entre les réactions de son corps et ce que ressent son cœur. En revanche, Utô s’affirme un peu plus, ayant compris ses sentiments profonds, même s’il continue à faire passer le bonheur de ceux qui l’entourent en priorité. Par ailleurs, l’auteure développe les secrets entourant Shiratori, révélant ainsi une personnalité beaucoup plus complexe et sombre. Elle met en avant l’importance du soutien de l’entourage dans les moments difficiles et les hésitations. De même, le couple se construit grâce à la communication et consolide ses sentiments en traversant des épreuves ensemble. En fin de tome, un chapitre bonus présente ce que devient Tobinaga.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a tendance à dessiner la même forme de visage, ses personnages étant reconnaissable grâce à leur coupe de cheveux. Les décors soignés, très présents, apportent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance, bien que discrètes, renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. D’ailleurs, quelques pages ont une composition originale, légèrement poétique. Par exemple, Kusabi sensei représente les souvenirs de Shiratori et Utô par des flash-back à travers des morceaux de verre brisé. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes blanches. Sous la jaquette, elle offre des fiches sur les personnages ainsi que quelques dessins donnant des anecdotes sur l’avenir des protagonistes. Il vaut donc mieux les lire à la fin pour éviter le spoil.

En résumé

Etant devenus partenaires, Shiratori Yuu (34 ans, alpha) propose à Sasabe Sumito (22 ans, oméga) de vivre ensemble, mais l’oméga hésite encore. Pour le festival d’été, Takaba Keisuke (26 ans, alpha) organise l’évènement annuel de l’entreprise et demande à Utô Shingo (34 ans, bêta) de désigner des volontaires pour l’aider. Sasabe accepte volontiers ce nouveau défi. Il arrive ainsi à réserver une brasserie avec une vue sur le feu d’artifice grâce à ses connexions avec le bar à hôtes. Il s’occupe personnellement de Shiratori à son arrivée, mais les deux hommes restent coincés dans l’ascenseur quelques instants suite à un problème technique. L’alpha profite d’un petit malaise pour marquer à nouveau l’oméga alors qu’il prévenait son supérieur. Toutefois, Sumito remarque que l’alpha exhibe toujours leur relation en présence d’Utô. En effet, malgré son attirance physique pour son partenaire, ses sentiments pour le bêta restent intacts…

En conclusion

L’auteure me surprend agréablement avec la conclusion de sa romance entre un bêta et un oméga, dont je n’aurais pu deviner le dénouement après la fin du tome précédent. Les passages érotiques sont peu nombreux pour laisser la place au développement de l’histoire. Et pourtant, ce tome est bien épais. Un récit émouvant avec un merveilleux couple!

Same difference!!! 7 L’assassin du passé – Hiiragi Nozomu

same difference 7 l assassin du passe hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782382760536
Hana, 2021
ISBN: 9784796412063 (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un couple avec une confiance inébranlable. Vraiment?

Hiiragi Nozomu sensei confirme les sentiments réciproques du couple de seme, abordant la confiance entre les partenaires. Les deux hommes s’interrogent sur leur relation, conscient d’être toujours attirés par les attributs féminins mais sûrs de leur amour l’un pour l’autre. Ainsi, ils communiquent et parlent franchement, réfléchissant de plus en plus à leur avenir. Ils essaient aussi de gérer leur jalousie. Pourtant leurs petites chamailleries persistent. Comparé au tome précédent, l’auteure distille un peu plus l’humour. Elle révèle le premier amour de Tsuburaya, qui nourrit encore des regrets. Elle confronte également deux visions différentes du sentiment amoureux: la possessivité de Noa et la primauté du bonheur de son partenaire malgré ses sentiments avec Ozaki. D’ailleurs, les deux hommes développent une rivalité amusante.

La mangaka a un trait très épuré mais très expressif et efficace pour ce genre de comédie. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle dessine des personnages aux traits plutôt virils. D’ailleurs, Noa est très musclé et a des jambes bien poilues. Les décors plutôt présents, apportent une touche réaliste. Les trames équilibrées servent principalement aux ombres et à la couleur. Les trames d’ambiance sont d’ailleurs très rares et appuient surtout des émotions fortes. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. Hiiragi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne s’attarde pas sur les parties intimes.

En résumé

Tsuburaya propose une sortie après le travail à son petit ami Ozaki. Ce dernier espère donc pouvoir finir la soirée à l’hôtel. Mais la jeune recrue de Tsuburaya, Nutahara, s’incruste à leur rendez-vous. Ozaki finit par inviter également Katsumata. Dans un restaurant de sushis, Nutahara se vante de souvent réussir le défi du restaurant consistant à manger 50 sushis en 1h pour ne pas payer l’addition. Il entraîne alors avec lui le reste du groupe. Après, il propose une soirée karaoke. Ozaki voit donc de plus en plus sa nuit de rêve à l’hôtel lui échapper…

En conclusion

L’histoire se bonifie au fil des tomes, alliant à la fois humour et sujets intéressants, avec deux hommes qui assument pleinement leurs sentiments. Impossible de ne pas craquer pour cet adorable couple qui nous fait simplement réfléchir sur l’Amour.

A mon tour de pleurer β 2 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 2 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776810
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965270 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番;β 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Pour pouvoir survivre, il me faut plus qu’un amour éphémère… »

Kusabi Keri sensei plonge ses deux héros complexés dans le désespoir. Elle met en avant la discrimination que subissent les omégas, par exemple avec les manipulations de Hio. Elle installe aussi un personnage ambivalent avec l’alpha Shiratori. En effet, il semble à la fois attiré par Sumi et épris de pitié pour lui. D’ailleurs, Sasabe commence à perdre pied, tiraillé entre ses sentiments pour son supérieur et le harcèlement sexuel qu’il subit. Par ailleurs, Utô qui aime prendre soin des personnes, réalise que sa gentillesse peut devenir blessante. Il semble se voiler la face par rapport à Sumito. L’auteure accumule les quiproquos entre le bêta et son jeune employé. Ainsi, elle met en avant la force du lien entre deux âmes sœurs, la difficulté à reprendre confiance après des échecs ou des traumatismes. Comme dans le tome précédent, le couple de Karasuma et Takaba apporte un peu de tendresse.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle construit ses visages sur la même base, même la forme des yeux et des sourcils, et joue donc sur les coiffures pour distinguer ses personnages. Elle simplifie encore plus son trait dans les passages humoristiques. Les décors sont présents et les trames variées. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. Par contre, des vignettes plus claires et hachurées indiquent les flash-back. La mise en page est dynamique avec quelques angles de vue recherchés. Dans les scènes érotiques, Kusabi sensei censure les parties intimes par des hachures. Sous la jaquette, elle donne deux planches faisant suite aux chapitres 7 et 8.

En résumé

Comme Sasabe Sumito ne donnait plus de nouvelles, Utô Shingo lui a rendu visite et est resté à ses côtés. En effet, les inhibiteurs de l’oméga ne lui font presque plus d’effet. En plus, le jeune salaryman n’ose pas dire à son patron ce qui lui est arrivé. Le soir, il se rend à son travail dans le bar à hôtes et y croise par hasard l’alpha qui l’a sauvé à la réunion de travail. Shiratori Yuu lui propose alors de continuer à travailler ensemble, curieux de voir ses capacités. Lors d’un séminaire marketing, Sasabe découvre qu’Utô et Karasuma Miyabi connaissent Shiratori. En entendant leur conversation, il réalise alors que les sentiments que nourrissaient le bêta pour Karasuma influencent peut-être la gentillesse de son supérieur à son égard. Ne supportant pas l’idée d’être un remplaçant, il s’éclipse…

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Je suis surprise par l’orientation qu’a choisie l’auteure et j’ai hâte de découvrir comment elle développera la suite. Les arguments avancés pour l’instant se tiennent. Par contre, j’ai étrangement du mal avec Shiratori. Pourtant, il a l’air sérieux et gentil. Une histoire émouvante avec des personnages attachants!

A mon tour de pleurer β 1 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 1 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776247
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801961173 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番 ;β 1
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si seulement tu étais un alpha… »

Kusabi Keri sensei s’intéresse à la romance d’Utô avec Sasabe, un oméga ambitieux mais traumatisé suite à une terrible trahison. Elle s’attarde donc sur les complexes de ses personnages, leurs désirs et la relation bancale qu’ils développent. En effet, issu d’une famille nombreuse, Shingo a tendance à prendre soin des personnes en difficulté. Or, Sumi a des chaleurs intenses avec des inhibiteurs peu efficaces. D’ailleurs, il recherche un alpha pour se lier. En parallèle, l’auteure met en avant le manager Hio, un alpha qui n’hésite pas à prostituer ses employés omégas pour obtenir des contrats, sans tenir compte des refus. Elle continue également de développer l’histoire de Karasuma et Takaba. Elle présente ainsi la famille Takaba et la question de la stérilité. Les histories bonus permettent d’en découvrir un peu plus sur les personnages.

Comparé au tome précédent, la mangaka a tendance à uniformiser son trait épuré, fin et anguleux, ainsi que la forme des visages. Parfois, les personnages se ressemblent et deviennent donc difficiles à distinguer. La dynamique des pages est principalement portée par les changements de forme et les emboitements des cadrages. De même, les décors apparaissent dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance sont discrètes. D’ailleurs, Kusabi sensei préfère jouer sur les contrastes des bulles en alternant leur fond par du noir ou de la transparence. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures. Elle offre des fiches de personnages en début de tome. Sous la jaquette, il y a une illustration.

En résumé

A un voyage d’entreprise, Karasuma Miyabi (oméga) a du mal à contenir sa jalousie en voyant son petit ami en bonne compagnie. Il l’emmène alors dans la chambre pour le punir à sa manière. Mais Utô Shingo (bêta), qui partage la chambre avec Takaba Keisuke (alpha), les surprend en pleins ébats. Désirant prendre sa serviette pour aller aux bains, le voilà obligé de patienter. Quand l’alpha le rejoint, il en profite pour discuter et réalise alors qu’il n’a plus besoin de protéger son supérieur. Quand il reçoit une offre de promotion, il accepte donc de devenir chef de service de la section commerciale 2. Il repère, parmi les nouveaux, Sasabe Sumito, un oméga qu’il avait croisé dans un club d’hôtes et avec qui il s’était disputé. D’ailleurs, l’étudiant d’honneur de l’université ne cache pas son dégoût de travailler pour un bêta…

En conclusion

Cet tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. L’auteure structure son récit comme le précédent, donnant l’impression d’une répétition, avec des conflits entre le bêta et l’oméga. En plus, l’histoire prend une tournure un peu plus dramatique. Attention, comme la relation entre Utô et Sasabe n’est pas très consentie, ce tome pourra gêner les lecteurs sensibles. Heureusement, Karasuma et Takaba apportent un peu de douceur. J’aime beaucoup les relations entre bêta et oméga. Je suis donc curieuse de découvrir la suite de leurs aventures.

A mon tour de pleurer – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN:9782368776001
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956612 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comment transformer la discrimination en force de manipulation… »

Kusabi Keri sensei maîtrise déjà bien son scénario pour un premier manga. Elle installe rapidement le contexte pour se consacrer ensuite à l’évolution de la relation entre Takaba et Karasuma. Elle développe également la psychologie de ses personnages. Ainsi, Keisuke a un comportement différent des autres alphas suite à un traumatisme qu’il a eu durant l’enfance. Karasuma parle crûment, sans détours et assume complètement l’image donnée aux omégas pour en faire une force. Toutefois, en introduisant Tobinaga Wataru (40 ans, alpha), l’auteure dévoile au fur et à mesure les raisons de son comportement extrême. Elle révèle le passé de ses deux protagonistes petit à petit. Elle dépeint avec finesse le changement de leurs sentiments ainsi que leur attirance. Les deux salarymen se découvrent en jouant sur les provocations. Une autre histoire complète le tome offrant un threesome amusant avec pour thème les désillusions face à un idéal fantasmé.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et fin, assez classique. Mais elle apporte une touche particulière à son graphisme, permettant de reconnaître son style. Elle varie les trames et n’utilise que quelques trames d’ambiance pour souligner les sensations. Les décors sont assez réalistes mais minimalistes, en particulier les environnements d’entreprise. La mise en page est dynamique. Kusabi sensei censure les scènes érotiques par des hachures ou esquisse à peine les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente en détails les personnages et donne quelques anecdotes sur le couple, à lire de préférence à la fin pour ne pas gâcher la surprise.

En résumé

A mon tour de pleurer / A mon tour de pleurer (bonus): Takaba Keisuke (25 ans) a quitté son entreprise trop élitiste avec des employés alphas pour un nouveau poste au département vente de la société Kaiei, plus mixte. En effet, bien qu’il soit alpha, son comportement et sa personnalité ne le reflètent pas du tout. Il est accueilli par Utô Shingo (40 ans), un bêta qui s’occupera de sa formation. A sa surprise, son chef de service, Karasuma Miyabi (30 ans), est un oméga. Ce dernier tire profit de la discrimination qu’il subit pour en fin de compte monter les échelons, quitte à coucher avec des alphas qu’il déteste. D’ailleurs, il soupçonne Takaba de détester les omégas. Un soir, alors qu’il avait un meeting de dernière minute, il emmène le nouveau à la place d’Utô, déjà parti. Mais la réunion de travail se transforme vite en orgie. Alors que les clients alphas l’invitent à participer, Keisuke refuse de coucher avec son patron…
Tamaranai deshô: Aoi Itsuki admire l’artiste Tsukumo Ryûji et fait tout pour intégrer l’université où ce dernier enseigne. Mais son idole s’avère être cassante et railleuse. Un jour, par hasard dans les toilettes de l’université, il découvre que Tsukumo couche avec Konno Kazu…

En conclusion

Ce manga obtient la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2017. Pour un premier tome, l’auteure arrive à nous offrir un omegaverse passionnant qui exploite plutôt bien le format one-shot. Elle trouve des astuces pour fournir des informations supplémentaires, graphiquement ou au gré des discussions, permettant de faire avancer rapidement l’histoire. Les personnages sont en plus attachants. Même si au premier abord, les relations non consenties et les viols dominent, les caractères des personnages et la relation du couple permet d’équilibrer les émotions ressenties à la lecture. Tout pour me plaire!

Au plus profond de toi – Yoshio Akira

au plus profond de toi yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382760482
Hana, 2021
ISBN: 9784866570488 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Titre original: 奥まで触れてもいいですか
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le toucher au plus profond de son être. »

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique entrainante entre un salaryman désinvolte très communicatif et son subordonné sérieux et pudique. Elle alterne la narration entre Yûki et Natsumi. Au fil des chapitres, elle gratte le vernis idyllique qu’elle a construit au départ pour révéler les blessures psychologiques de ses deux héros. Le jeu de provocation de Masumi et la franchise d’Isshin créent une dynamique permettant l’approfondissement de leurs sentiments. Les amoureux s’influencent donc mutuellement, évoluant peu à peu en consolidant leur relation. En parallèle, l’auteure aborde les travers du monde de l’entreprise au Japon, comme le harcèlement des nouveaux employés, la primauté de l’apparence sur les compétences, l’attachement à la réputation. De même, elle met en scène un uke entreprenant et taquin qui s’accorde malgré tout au rythme de son seme taciturne et pudique.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux mais qui s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des têtes SD avec de grands yeux ovales et verticaux, trop adorables, propre à son style graphique. De même, quand Natsume rougit, les hachures dépassent carrément de son visage, renforçant sa gêne. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page au premier abord classique, se révèle dynamique grâce aux angles de vue qui varient. Ainsi, le lecteur peut se concentrer sur la romance et l’humour. Dans les scènes érotiques, Yoshio sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Toutefois, elle privilégie les échanges du couple. Elle montre l’évolution de leur relation à travers les illustrations en début de chapitre. De préférence, lisez son message sous la jaquette à la fin de votre lecture.

En résumé

Alors qu’il aidait Natsume Isshin (22 ans), son subordonné qui avait fait tomber des documents, Yûki Masumi (24 ans) se demande si le jeune homme a peut-être des sentiments pour lui en le voyant tout rougissant. Le trouvant craquant, il n’hésite donc pas à le questionner directement. Pensant qu’il se méprend à cause de son manque d’expérience en amour, il l’emmène le soir dans un bar à hôtesses. Mais Natsume le prend mal et quitte précipitamment les lieux en trainant son supérieur avec lui. Au fil de leur discussion, réalisant que son employé a clairement cerné sa vraie personnalité, Yûki lui propose alors de sortir avec lui. Mais au bout de deux semaines, le jeune salaryman trop innocent, n’a toujours rien tenté. En le taquinant, Masumi se rend compte qu’il craque encore plus pour lui…

En conclusion

Ne vous fiez pas au titre trompeur quand on a « trop » d’imagination. Cette histoire est beaucoup plus douce et mignonne qu’elle ne laisserait penser. J’adore la spontanéité des deux héros, la dynamique de leurs échanges et l’équilibre qui s’installe petit à petit dans leur relation. Ce one-shot est un énorme coup de cœur pour moi! Je ne me lasse pas de le relire.

Old fashion cupcake – Sagan Sagan

old fashion cupcake sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382125120
Akata, 2021
ISBN: 9784813032472 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Les regrets, parfois, c’est le carburant de la vie, ce qui attise l’envie de devenir heureux. »

Sagan Sagan sensei narre une douce romance entre deux salarymen. Elle s’appuie principalement sur le point de vue de Nozue qui a un peu perdu goût à la vie. Elle s’intéresse donc à la lourdeur répétitive du quotidien, l’étiolement des passions, la peur du changement quand on est pris dans une routine rassurante. Notre héros porte un regard pessimiste sur sa vie. Togawa, amoureux de son supérieur, va chambouler petit à petit ses habitudes. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments de Nozue, ses hésitations. Elle aborde les questionnements du quadragénaire, comme la différence d’âge, le cadre rigide hiérarchique ainsi que l’image de la société sur l’homosexualité. Elle met également en avant les freins qu’un adulte se crée lui-même, la témérité perdue de la jeunesse et la nécessité de construire soi-même le bonheur.

La mangaka a un trait anguleux et fin, assez particulier. En effet, elle le dédouble parfois et il conserve un aspect tracé, légèrement tremblant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. De même, les décors sont présents et soignés. D’ailleurs, les chapitres débutent sur l’introduction de l’environnement par de petites vignettes souvent silencieuses, plutôt rares. Cet aspect puzzle se retrouve également dans la mise en page, avec des cases aux formes strictes. Cette absence de fantaisie apporte en réalité un plus au récit, renforçant son réalisme et rappelant la rigueur de la vie adulte. Un fond gris signale discrètement les flash-back. Par ailleurs, Sagan sensei découpe les mouvements en jouant sur les zooms, les plongées et contre-plongées tout en insufflant une touche cinématographique. Elle représente les scènes érotiques de loin, ne montrant donc pas les parties intimes grâce aux angles de vue.

En résumé

Nozue (39 ans) mène actuellement une vie de célibataire monotone entre le travail et la maison. Il porte même un regard indifférent à sa carrière, ne s’investissant plus dans les projets qui pourraient lui procurer une promotion. Pourtant, ses collègues apprécient son efficacité et sa bienveillance. Sa supérieure, Kirishima, essaie de le remotiver en l’invitant à une soirée de rencontres. Mais Nozue refuse, trouvant les échanges avec des inconnues trop fatiguant. Un jour, Togawa Minoru (29 ans) l’invite à manger des pancakes dans un salon de thé à la mode, suite à une remarque du futur quadragénaire qui admirait la joie de vivre des lycéennes. En fait, le jeune subordonné souhaite lui redonner le sourire en jouant les adolescentes qui parlent de tout et de rien et s’amusent à faire des selfies…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Tagawa occupe la neuvième place du meilleur seme tandis que Nozue est classé troisième meilleur uke. Cette histoire d’amour adulte et criante de réalisme, d’abord prévue en un one-shot, a eu droit à une suite. Sagan sensei a un style narratif personnel basé sur la suggestion et l’observation. Elle laisse donc l’imaginaire du lecteur interpréter les petits gestes et mots, le guidant en douceur vers la conclusion du récit. Un petit chef-d’œuvre tout doux qui nous invite à profiter des choses simples.

Your story I have known – Suzuki Tsuta

your story I have known suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351807385
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784812470282 (JP)
Takeshobo, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un recueil de tranches de vie mettant en avant les réactions face à une déclaration d’amour.

Suzuki Tsuta sensei explore les réactions lors d’une déclaration d’amour d’un homme envers un autre homme. Elle aborde la réflexion sur l’amour homosexuel, les hésitations, le rejet ou l’acceptation, l’évolution des sentiments. Le premier récit qui donne son titre au manga présente par tranches de vie l’évolution de la relation entre Shibusawa et Matsumoto. Malgré sa tête d’ange, Haato arrive à imposer petit à petit ses sentiments à Shibusawa qui semble s’accrocher désespérément à l’hétérosexualité. Pourtant, il réalise parfaitement son attirance. L’homme de main, Toshi, apporte une touche d’humour. Par la suite, l’auteure développe des histoires courtes en un chapitre. « Oignons sautés » met en scène deux crétins amoureux qui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs désirs. Le troisième récit, avec sa touche fantastique, aborde la peur de l’influence de la solitude sur les sentiments. « Vole les yeux de dieu » questionne sur l’amour et la peur du regard des autres.

La mangaka dessine des personnages sveltes finement musclés. Elle a un trait légèrement fin et anguleux, qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques. De même, elle marque parfaitement l’âge des protagonistes par quelques rides. Les décors situent l’action mais sont soignés. Les trames d’ambiance renforcent surtout les émotions fortes. Par ailleurs, le travail général des trames est équilibré. La mise en page est simplement dynamique. Suzuki sensei ne censure pas réellement les scènes érotiques, mais elle évite de montrer les parties intimes en détail. De plus, avec le format court, ces passages sont très succincts. La postface révèle quelques secrets de création. Sous la jaquette, une illustration répond à la couverture. Au verso, un questionnaire amusant pour les lecteurs les invite à fantasmer sur la création de couples.

En résumé

Your story I have known / Our story I have known / My story you have known: Matsumoto Haato demande à Shibusawa de l’intégrer dans le clan de yakuza quand il aura fini ses études. Le lycéen, maltraité par sa mère, s’est attaché à cet homme qui s’occupait de lui quand il fréquentait sa mère. Mais le mafieux refuse catégoriquement. Néanmoins, il l’autorise à se réfugier chez lui quand cela ne va pas, n’arrivant pas à se détacher de l’adolescent. Quand ce dernier l’embrasse fou de joie, il décide de revoir également son éducation…
Oignons sautés: Negishi Taku (17 ans) a déclaré son amour à son ami d’enfance Wada Tamao (17 ans). Mais depuis, Tama le trouve beaucoup trop entreprenant…
Si ma voix te parvient: Saitô Zengo, le fantôme d’un samouraï, veille sur Shôta, un lycéen bagarreur…
Vole les yeux de dieu / Bonus: Depuis que Wakatsuki lui a fait une déclaration d’amour, de douloureux souvenirs hantent Narasaki. En effet, au lycée, ce dernier avait eu des paroles blessantes envers son ami d’enfance, amoureux de lui.

En conclusion

Avec ce recueil, l’auteure arrive malgré le format court à présenter différentes questions sur l’amour homosexuel. Même si elle n’approfondit pas le sujet, elle montre l’essentiel des premières réactions, souvent blessantes ou équivoques. J’aime particulièrement le récit principal et « Vole les yeux de dieu ». Une lecture divertissante, agréable mêlant romance et humour.

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino
Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.