Reverse – Yuitsu

reverse yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782368777305
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866532400 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Apaiser l’excitation du danger grâce à l’amour.

Yuitsu sensei mélange enquête policière et érotisme. Elle maintient le suspense en révélant les indices par brides. La relation entre Hayato et Akira tout d’abord charnelle ne laisse pas la place au consentement. Néanmoins, le caractère pervers du policier semble s’en accommoder. Le langage est donc parfois cru pendant les ébats et leur relation pas toujours saine. La narration se concentre principalement sur Ukishima. L’auteure équilibre assez bien les passages érotiques et les parties d’enquête. Elle aborde divers thèmes comme la confiance, la trahison, les flics ripoux. Elle conclut son récit par une histoire bonus sur le devenir du couple.

La mangaka utilise un trait légèrement épuré assez réaliste. Elle dessine de beaux hommes finement musclés. Les personnages secondaires ont aussi différentes morphologies. Les décors très présents et les trames assez variées renforcent le ton réaliste du récit. En revanche, la mise en page reste plutôt classique. Malgré des scènes érotiques explicites, Yuitsu sensei censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches, des trames ou l’absence de détails. D’ailleurs, elle transcrit la violence des ébats avec des onomatopées envahissantes et des lignes de mouvement. Toutefois, cela brouille parfois la compréhension du dessin. Sous la couverture se trouvent des fiches personnages.

En résumé

Le danger excite le policier Ukishima Hayato (33 ans) qui n’hésite pas à prendre des risques. Cependant, quand l’adrénaline redescend, il se retrouve souvent en érection. D’habitude, il arrive à se soulager rapidement dans les toilettes mais l’enquête sur le meurtrier arrêté ce jour ayant pris du temps et de l’énergie, il ressent beaucoup plus d’effet. Déclinant l’invitation de ses collègues pour fêter leur succès, il préfère chercher un partenaire d’un soir. Dans une ruelle, il trouve un jeune homme à moitié conscient après avoir été battu. Il emmène alors Makabé Akira (25 ans) dans un hôtel pour le soigner. Remarquant son excitation, le blessé le viole. Mais Ukishima ressent tellement de plaisir qu’il n’arrive pas à l’oublier. Alors qu’il enquête encore sur l’affaire dans une boîte de nuit, il y recroise Makabé qui est videur…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la douzième place au classement du meilleur manga érotique Chill Chill BL award 2019. En effet, le dessin est beau et les scènes érotiques plutôt viriles. Cependant, l’auteure ne semble pas encore maîtriser le genre policier car j’ai deviné facilement certains évènements bien avant leur apparition, faisant tomber la surprise et le suspense. En plus, la relation plutôt violente du couple pourra déranger certains lecteurs. Je suis un petit peu déçue que le couple ne soit pas reversible mais j’apprécie leur lien adulte et complètement assumé.

High school Lala love – Haruta

high school lala love haruta

Haruta 春田
ISBN: 9782368777541
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784861238130 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

A force de rêver au grand amour, Hinata finira bien par le trouver!

Haruta sensei s’amuse des clichés romantiques avec son héros fleur bleue à l’imagination débordante. Elle offre une comédie romantique basée sur le comique de répétition et de situation. Par exemple, elle commence presque tous ses chapitres par un rêve. La narration se concentre principalement sur Hinata. Ce doux rêveur qui se montre constamment positif, cache toutefois un manque de confiance en lui, suite à une mauvaise expérience. L’auteure dévoile donc son passé par brides, approfondissant sa psychologie. Elle met en avant l’ouverture d’esprit de son héros, renforcé par son premier ami, un yankee au cœur d’or, Fukami Ryû. Elle aborde indirectement le sentiment amoureux, la difficulté à se déclarer, la peur d’un second échec, l’influence des rumeurs, le jugement sur l’apparence. Toutefois, ces thématiques sont peu approfondies, l’humour primant. Le collégien Oono Haru, au caractère manipulateur contrastant avec son visage d’ange, permet de bousculer un peu le lycéen.

La mangaka a un trait shôjo épuré. Elle le simplifie totalement dans les passages humoristiques. Sa mise en page très dynamique met en avant les ikemen qui entourent le héros. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent le comique de situation, rappelant les codes graphiques des shôjo. De même, les décors sont discrets. En outre, Haruta sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques.

En résumé

Hino Hinata emménage chez les amis de ses parents suite à la mutation de son père en Italie. Il rayonne de bonheur à la seule idée de trouver enfin l’amour dans un lycée pour garçons. A peine arrivé chez ses hôtes, il a le coup de foudre pour le fils aîné de la famille Oono, Aki. Débordant d’imagination, son bas-ventre réagit déjà alors qu’il s’installait dans sa nouvelle chambre. Mais Aki le surprend et lui propose de le soulager. Pourtant, le lendemain, il se montre à nouveau indifférent.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les mangas profonds comme un titre qui apporte de la lumière aux fujoshi avec son côté constamment mignon et fantasque. Même si l’histoire est simple et classique, je m’amuse des délires de Hinata. J’ai donc lu ce titre d’une traite, sans m’en rendre compte, absorbée par la force positive du héros. Ce titre pourra déplaire à certains qui trouveront le héros fade et l’histoire trop clichée, mais pour moi, c’est un rafraichissement bien venu.

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

Sur un malentendu, ça peut marcher! – Owal

sur un malentendu ca peut marcher owal

Owal おわる
ISBN: 9782368776131
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956148 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 思い違いが恋の種
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Parfois, un malentendu peut être l’élément déclencheur qui fait naître un amour sincère! »

Owal sensei offre une romance érotique plus profonde qu’elle ne paraît au premier abord. Elle maintient un certain suspense en ne révélant le passé douloureux de Hôjô que par brides. Elle développe également les personnalités de ses personnages au fil des chapitres. Ainsi, l’expert en chirurgie cardiaque, Misaki Yôsuke, devient de plus en plus détestable. Kurono, épris d’amour, se montre persévérant et honnête sur ses sentiments. Néanmoins, Hôjô évolue le plus: s’ouvrant petit à petit, il devient adorable, fragilisé par la peur d’être à nouveau blessé par un hétérosexuel. Même si la relation commence par un quiproquos et une mauvaise interprétation des réactions, l’auteure met en avant le consentement. Ainsi, quand Kurono agit brusquement, poussé par la jalousie et les provocations, il regrette immédiatement son comportement. Les sentiments grandissent doucement, entre discussions et sorties en amoureux. L’histoire bonus présente la réalisation d’un fantasme de Kurono.

La mangaka a un trait fin épuré. Elle dessine des visages ovales avec des yeux très expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie ses traits, donnant parfois un aspect super deformed aux têtes trop mignon. Les trames d’ambiance graphiques, comme les fleurs, les étoiles, accompagnent les fortes émotions, rappelant le style shôjo. D’ailleurs, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Owal sensei censure les parties intimes par des hachures ou des caches blancs. Pourtant, elle dessine également des gros plans, avec quelques vignettes presque pornographiques. Elle résume l’évolution de la relation du couple dans les illustrations de début de chapitre. Sous la jaquette, il y a deux planches conclusives non censurées.

En résumé

Kurono Shingo (31 ans), délégué médical pour l’industrie pharmaceutique Takeda, n’hésite pas à amadouer les médecins en comblant leurs passions pour conclure des contrats. Un jour, un des médecins lui propose de le présenter à Hôjô Reiji, anesthésiste dans le grand hôpital Teizan. Mais ce dernier têtu et froid, déteste les délégués médicaux. Toutefois, cela motive encore plus le représentant. Pourtant, il trouve très peu de renseignements sur lui. Un jour, le voyant gêné entouré de femmes, il vient naturellement à son secours. En effet, de plus en plus intéressé par le médecin lui-même, il cherche à sympathiser sincèrement avec lui. Alors Hôjô l’invite à un congrès médical. Mais il n’y a qu’un seul futon dans leur chambre. Serait-ce une invitation? Des avances? Peut-il céder à ses pulsions?

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, Kurono ressemble à un chien tout foufou adorable et débordant d’amour. Ainsi, ses galères à séduire Hôjô en deviennent touchantes. J’ai un coup de cœur pour cette romance qui allie développement des sentiments et scènes très érotiques. D’après sa postface, l’auteure a pris du temps pour écrire ce récit (plus de 2 ans) en y mettant tout ce qu’elle aime. Et cela s’en ressent par la qualité narrative. Si vous avez aimez Les fantaisies du roi, ce titre vous plaira sûrement tout autant.

The half of happiness – Yuuya

the half of happiness yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770399
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796401913 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Deux hommes malchanceux qui se complètent.

Yuuya sensei narre une romance entre deux hommes plutôt malchanceux. Tandis que Chiharu évitait de provoquer les risques de malchance, il croise Kôichi qui accepte ses mésaventures avec philosophie. D’abord humoristique, le récit prend vite un ton un peu plus dramatique. En effet, suite à un accident, Katsura a développé des troubles de la mémoire. Avec une approche réaliste, l’auteure dévoile au fur et à mesure les symptômes et les conséquences de la maladie de l’étudiant. Elle met parfaitement en avant le combat journalier du couple pour maintenir leur amour et leurs souvenirs. Avec le petit frère Katsuya Yukihiro, paraplégique, elle ajoute quelques épreuves à surmonter pour le couple. De même, le rejet de l’homosexualité du frère de Chiharu augmente encore leur tragédie. Entre douleurs et peur de l’oubli, les deux amants devront faire preuve d’adaptation.

La mangaka possède un trait ferme parfois épais. Elle dessine des mentons pointus qui renforcent la courbe ovale des visages. Elle rend très bien le regard perdu de Kôichi, ses yeux étant grands avec de longs cils. Dans les passages humoristiques, discrets, les traits se simplifient et donne un côté mignon. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet de distinguer immédiatement les flash-back. Ainsi, la mise en page est dynamique. Yuuya sensei censure les scènes érotiques en occultant les traits et les détails des parties génitales.

En résumé

Hayama Chiharu (26 ans), plutôt malchanceux, a raté son train à cause d’une fuite d’eau. Dans le train bondé, il remarque un pervers tripoter une lycéenne. Toutefois, un beau jeune homme intervient. Mais l’étudiante, le confondant avec le criminel, l’emmène au poste de police. Chiharu arrive à arrêter le coupable qui fuit pour l’emmener au poste. Pour le remercier, Katsuya Kôichi (24 ans) l’invite au restaurant. Ce dernier étant encore plus malchanceux, tous deux sympathisent vite et se rencontrent tous les trois jours. Cependant, Kôichi semble bien étourdi, oubliant facilement. Un soir, alors qu’ils avaient rendez-vous, Chiharu croise le médecin Odagiri avec son ami, inquiet pour l’étudiant depuis un grave accident dont il subit encore les séquelles. Un peu ivres, les deux jeunes hommes couchent ensemble. Mais au matin, alors qu’ils rencontrent la lycéenne par hasard, Kôichi ne la reconnait pas…

En conclusion

Malgré le ton dramatique de ce one-shot, l’auteure arrive à conclure sur une touche positive. Elle met en scène des sentiments purs, profonds. Je trouve intéressant son approche où l’amour ne devient pas réellement le sauveur. A cause de la maladie, Chiharu devra persévérer, s’acharner à maintenir les souvenirs à la place de son petit ami. J’aimerais bien voir également la romance suggérée entre le docteur surprotecteur Ikuina et Yukihiro. Un récit agréable à lire qui ne laisse pas indifférent!

Nouveau départ – Yukue Moegi

nouveau depart yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368775905
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537134582 (JP)
Nihon bungeisha, 2016 (JP)
Titre original: 男やもめも花は咲く
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Un père de famille divorcé, quadragénaire, prend un nouveau départ pour trouver le bonheur.

Yukue Moegi sensei offre une romance douce entre un étudiant et un quadragénaire divorcé qui redécouvre l’amour. Elle marque beaucoup la différence d’âge avec, par exemple, Uematsu qui découvre les fonctionnalités de son smartphone grâce aux jeunes l’entourant. En plus, le comportement irrespectueux avec son supérieur du subordonné Shigenori creuse encore plus cet écart. La narration donne principalement le point de vue du salaryman. L’auteure montre avec pudeur la relation franche qui se construit entre les deux hommes apprenant à se connaître. De même, elle aborde la vision d’un quadragénaire sur l’amour, l’homosexualité et les changements de la société. Elle s’intéresse particulièrement au développement des sentiments d’Uematsu, à ses petits changements de comportement. En effet, bourreau de travail, il s’était replié sur lui-même après son divorce. Sa maturité lui permet d’analyser et de comprendre rapidement les émotions d’Asahikawa. D’ailleurs, son calme constant déstabilise l’étudiant amoureux.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, qui conserve un aspect croquis. Elle rend tout de même l’âge avec quelques rides. Elle utilise les trames avec parcimonie, ainsi que quelques trames d’ambiance. En plus, les décors sont parfois succincts et servent surtout à situer l’action. Par ailleurs, les illustrations de début de chapitre sont intégrées au déroulement du récit. Même si Yukue sensei n’a pas développé de scènes érotiques, elle suggère les positions des deux hommes à travers les fantasmes d’Asahikawa.

En résumé

Uematsu, salaryman, la quarantaine et divorcé, est au bord du rouleau avec ses subordonnés incompétents. Cependant, il aime converser avec Asahikawa, un étudiant qui travaille à temps partiel dans un restaurant où il se rend régulièrement. Il apprécie beaucoup sa compagnie apaisante après ses longues et dures journées de travail. Mais un soir, le jeune homme, qui souhaite également le connaître, l’invite à sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. L’auteure reste principalement dans le cheminement du nouveau sentiment amoureux, avec ses questionnements et ses acceptations. Ce couple honnête et franc qui discute est touchant et réaliste. Je trouve rafraichissant et intéressant de voir un quadragénaire ressentir à nouveau les premiers émois amoureux.

Un oisillon sur le rivage – Minaduki Yuu

un oisillon sur le rivage minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368773946
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784199607431 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

A force d’être poli par la mer, un tesson de verre se transforme en trésor.

Minaduki Yuu sensei présente une belle romance ayant pour thème la famille. Elle développe particulièrement bien la psychologie de ses personnages. Ainsi, une complicité naît entre Ryô et Ayumu. L’enfant taciturne et franc essaie de soutenir à sa manière son oncle qui a peur de ne pas être à la hauteur. Contrairement à son aspect mûr, Kurebayashi a parfois un comportement encore enfantin et se montre très possessif. Il cache derrière son sourire sa vraie personnalité blessée et sa solitude. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments et l’équilibre qui s’instaure entre les trois héros qui s’ouvrent peu à peu l’un à l’autre. Elle aborde également les difficultés de la famille monoparentale entre les reproches des collègues, les remarques blessantes. En introduisant Shimamura Kazuya et sa mère, elle montre comment les liens se forment facilement quand on a des points communs. La narration alterne entre Ryô et Yûichi.

La mangaka a un trait épuré et fin qui conserve tout de même une petite touche réaliste. Elle soigne les décors, très présents. Ainsi, dans la ville, les architectures contemporaines côtoient celles plus anciennes, renforçant le côté réaliste du récit. Les trames variées, servent avant tout à colorer et ombrer. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance graphiques. La mise en page est très dynamique. Minaduki sensei censure discrètement ses scènes érotiques par des cadrages évitant d’exposer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Ayumu et Ryô se disputant une place au lit, comme des enfants. Il y a également la postface. Les images vers la fin reboucle discrètement sur le début du tome, laissant alors supposer que Ryô est en réalité le héros de ce récit.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa sœur, Tachibana Yûichi (28 ans) élève seul son neveu Okano Ayumu. Tous deux s’installent dans un petit appartement proche de la mer. Affamés, ils trouvent une épicerie fine, Beniya, qui vend des plats « maison » à emporter. Le gérant, Kurebayashi Ryô (28 ans), se montre très avenant avec son nouveau client et lui propose même de lui faire visiter la ville en échange de son aide. Le lendemain, ils terminent donc leur promenade au bord de la plage. Comme son oncle apprécie le verre poli par la mer offert par Ryô, l’enfant en ramasse alors chaque soir avec des coquillages, après l’école. Ryô, qui aime aussi passer du temps à la plage, lui confie qu’il a également perdu ses parents jeune et a été élevé par des proches. Quand Ryûichi vient chercher à manger, il ne lui cache également pas son intérêt.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Il m’a complètement conquise. J’adore la douceur de la narration, les petits détails du quotidien et la relation qui se crée entre les personnages, même avec Kazuya et Mme Shimamura. Je ne me lasse pas de le lire et le relire. Allez-y sans peur!

Dancing colors – Furukawa Tasuku

dancing colors furukawa tasuku

FURUKAWA Tasuku フルカワタスク
ISBN: 9782368775516
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783716 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation compliquée entre deux danseurs opposés.

Furukawa Tasuku sensei offre une romance passionnée dans l’univers des clubs de pole dance. Elle décrit ce milieu avec finesse, abordant la pression de la concurrence, le surpassement de soi, la gestion de carrière, l’exploitation et la forme artistique. La narration alterne entre les deux héros, mais ne dévoile pas pour autant tous leurs secrets. L’évolution de leurs sentiments tout en douceur et leur attirance beaucoup plus violente installent une certaine tension. Kô, prisonnier d’une promesse faite à son père, et Nagisa, sous-estimant ses capacités, vont s’ouvrir l’un à l’autre. Ainsi, ils développent mutuellement leur art, leur admiration réciproque les entrainant dans la passion. L’auteure arrive à transcrire parfaitement les sentiments des protagonistes, le désespoir qui les ronge mais surtout l’alchimie que les deux héros dégagent en dansant. Malgré un premier rapport au consentement flou, elle évite de romantiser ou de sombrer dans le mélodrame en insufflant suffisamment de regrets.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dessine des yeux très effilés avec un petit iris et une minuscule pupille. Pourtant, en exagérant les expressions, elle arrive à transcrire parfaitement les émotions de ses personnages. La musculature des danseurs est bien rendue, ainsi que la sensualité de certains mouvements. Avec ses tenues extravagantes et ses expressions simplifiées, Shige apporte une touche humoristique discrète à ce récit plutôt sombre. La mise en page est d’ailleurs dynamique. Furukawa sensei apporte un soin particulier au travail des trames pour rendre le jeu des lumières et la brillance des costumes. De même, elle détaille les décors. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par des formes blanches.

En résumé

Dans le club de pole dance Grand Blue, Hayami Kô est considéré comme le meilleur danseur même s’il dégage une certaine noirceur avec son cache sur l’œil. Ce métier est en fait l’héritage que lui a laissé son père, également danseur, décédé lors d’un tragique incendie. En difficulté financière, le gérant, Shige, a embauché un nouveau danseur populaire, Nagisa. Mais ce dernier ne prend pas beaucoup au sérieux son travail, ce qui lui attire les critiques de Kô. En plus, il finit toujours au lit avec son manager, Kazumi, un homme marié. Mais après avoir observé Kô danser, Nagisa met de côté sa vanité et lui demande un entrainement, conscient de ses lacunes. Les deux danseurs se rapprochent peu à peu et un soir, Kô le rejoint sur scène sans prévenir, ayant envie de danser avec lui.

En conclusion

Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà son graphisme et son scénario, même si la sensualité des mouvements de danse n’atteint pas la qualité de 10 dance d’Inoue Satoh. Ce one-shot est agréable à lire et offre un couple attachant et émouvant. J’adore Shige qui détend un peu l’atmosphère, mais surtout, qui représente un manager honnête et à l’écoute.

On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.

Ce que Dieu veut – Moegi Yuu

ce que dieu veut moegi yuu

MOEGI Yuu 萌木ゆう
ISBN: 9782368777367
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864368469 (JP)
Core magazine, 2015 (JP)
Titre original: 神さまの言うとおり。
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Hinata, élevé par le mystérieux Midori, est-il prêt à découvrir son identité?

Moegi Yuu sensei propose une comédie romantique entre un Yatagarasu et un étudiant. Elle alterne entre humour, action et tendresse tout en ne révélant les secrets de Midori qu’au fur et à mesure. Les joutes amusantes entre les deux héros rythment l’évolution de la relation. En effet, le dieu passe son temps à manipuler par le bout du nez Hinata. L’auteure aborde ainsi la peur de la solitude, la souffrance de perdre un être cher, le besoin d’être utile à l’autre. Elle développe des personnalités assez complexes. Par exemple, Midori cache ses véritables sentiments et préfère éloigner celui qu’il aime quitte à le blesser alors que le naïf Hinata réfléchit beaucoup avant de foncer. Un adorable dieu renard jouera les soutiens permettant de secouer un peu la relation du couple. Le prétexte des baisers et des échanges charnels pour récupérer de l’énergie rend le consentement un peu flou.

La mangaka a un trait fin délié et épuré. Elle les simplifie pour renforcer les expressions. Ses personnages adultes ont des visages ovales et long; surtout Midori qui est grand et élancé. En plus, son regard renforce son côté mystérieux. Les trames d’ambiance graphiques s’équilibrent avec les trames d’ombres et de coloration. Néanmoins, les cheveux sont traités par des aplats. D’ailleurs, Moegi sensei privilégie des stries à la plume pour marquer les ombres fortes. Elle propose également quelques angles de vue originaux, dynamisant la mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par de fines bandelettes blanches ou en occultant les contours. Il y a pourtant quelques coupes intérieures. L’esthétique des personnages est bien mise en avant, en particulier dans les illustrations de début de chapitre où le couple se fait des câlins. De même, il y a quelques croquis de recherche en fin de tome.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa grand-mère, Hinata vit avec Midori. Comme l’étudiant n’a pas respecté l’heure du couvre-feu pour aller lui acheter un cadeau, son tuteur surprotecteur le punit en l’effrayant avec des histoires de fantômes. Mais au matin, Hinata remarque que Midori n’a pas de reflet dans le miroir et ne projette pas d’ombre au sol. N’osant pas interroger l’homme mystérieux qu’il soupçonne d’être un spectre, il sèche l’université pour acheter de quoi l’exorciser. Cependant à son retour à la maison, il trouve les vêtements de Midori auprès d’un énorme corbeau se baignant dans une bassine. Serait-ce son tuteur ?

En conclusion

Quel plaisir de retrouver une œuvre de Moegi Yuu sensei! J’aime beaucoup son style narratif qui allie romance et humour. En plus, le corbeau ressemble à une adorable mascotte. Ce one-shot offre à la fois une histoire divertissante et légère avec un couple attachant.