Sur un malentendu, ça peut marcher! – Owal

sur un malentendu ca peut marcher owal

Owal おわる
ISBN: 9782368776131
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956148 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 思い違いが恋の種
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Parfois, un malentendu peut être l’élément déclencheur qui fait naître un amour sincère! »

Owal sensei offre une romance érotique plus profonde qu’elle ne paraît au premier abord. Elle maintient un certain suspense en ne révélant le passé douloureux de Hôjô que par brides. Elle développe également les personnalités de ses personnages au fil des chapitres. Ainsi, l’expert en chirurgie cardiaque, Misaki Yôsuke, devient de plus en plus détestable. Kurono, épris d’amour, se montre persévérant et honnête sur ses sentiments. Néanmoins, Hôjô évolue le plus: s’ouvrant petit à petit, il devient adorable, fragilisé par la peur d’être à nouveau blessé par un hétérosexuel. Même si la relation commence par un quiproquos et une mauvaise interprétation des réactions, l’auteure met en avant le consentement. Ainsi, quand Kurono agit brusquement, poussé par la jalousie et les provocations, il regrette immédiatement son comportement. Les sentiments grandissent doucement, entre discussions et sorties en amoureux. L’histoire bonus présente la réalisation d’un fantasme de Kurono.

La mangaka a un trait fin épuré. Elle dessine des visages ovales avec des yeux très expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie ses traits, donnant parfois un aspect super deformed aux têtes trop mignon. Les trames d’ambiance graphiques, comme les fleurs, les étoiles, accompagnent les fortes émotions, rappelant le style shôjo. D’ailleurs, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Owal sensei censure les parties intimes par des hachures ou des caches blancs. Pourtant, elle dessine également des gros plans, avec quelques vignettes presque pornographiques. Elle résume l’évolution de la relation du couple dans les illustrations de début de chapitre. Sous la jaquette, il y a deux planches conclusives non censurées.

En résumé

Kurono Shingo (31 ans), délégué médical pour l’industrie pharmaceutique Takeda, n’hésite pas à amadouer les médecins en comblant leurs passions pour conclure des contrats. Un jour, un des médecins lui propose de le présenter à Hôjô Reiji, anesthésiste dans le grand hôpital Teizan. Mais ce dernier têtu et froid, déteste les délégués médicaux. Toutefois, cela motive encore plus le représentant. Pourtant, il trouve très peu de renseignements sur lui. Un jour, le voyant gêné entouré de femmes, il vient naturellement à son secours. En effet, de plus en plus intéressé par le médecin lui-même, il cherche à sympathiser sincèrement avec lui. Alors Hôjô l’invite à un congrès médical. Mais il n’y a qu’un seul futon dans leur chambre. Serait-ce une invitation? Des avances? Peut-il céder à ses pulsions?

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, Kurono ressemble à un chien tout foufou adorable et débordant d’amour. Ainsi, ses galères à séduire Hôjô en deviennent touchantes. J’ai un coup de cœur pour cette romance qui allie développement des sentiments et scènes très érotiques. D’après sa postface, l’auteure a pris du temps pour écrire ce récit (plus de 2 ans) en y mettant tout ce qu’elle aime. Et cela s’en ressent par la qualité narrative. Si vous avez aimez Les fantaisies du roi, ce titre vous plaira sûrement tout autant.

The half of happiness – Yuuya

the half of happiness yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770399
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796401913 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Deux hommes malchanceux qui se complètent.

Yuuya sensei narre une romance entre deux hommes plutôt malchanceux. Tandis que Chiharu évitait de provoquer les risques de malchance, il croise Kôichi qui accepte ses mésaventures avec philosophie. D’abord humoristique, le récit prend vite un ton un peu plus dramatique. En effet, suite à un accident, Katsura a développé des troubles de la mémoire. Avec une approche réaliste, l’auteure dévoile au fur et à mesure les symptômes et les conséquences de la maladie de l’étudiant. Elle met parfaitement en avant le combat journalier du couple pour maintenir leur amour et leurs souvenirs. Avec le petit frère Katsuya Yukihiro, paraplégique, elle ajoute quelques épreuves à surmonter pour le couple. De même, le rejet de l’homosexualité du frère de Chiharu augmente encore leur tragédie. Entre douleurs et peur de l’oubli, les deux amants devront faire preuve d’adaptation.

La mangaka possède un trait ferme parfois épais. Elle dessine des mentons pointus qui renforcent la courbe ovale des visages. Elle rend très bien le regard perdu de Kôichi, ses yeux étant grands avec de longs cils. Dans les passages humoristiques, discrets, les traits se simplifient et donne un côté mignon. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet de distinguer immédiatement les flash-back. Ainsi, la mise en page est dynamique. Yuuya sensei censure les scènes érotiques en occultant les traits et les détails des parties génitales.

En résumé

Hayama Chiharu (26 ans), plutôt malchanceux, a raté son train à cause d’une fuite d’eau. Dans le train bondé, il remarque un pervers tripoter une lycéenne. Toutefois, un beau jeune homme intervient. Mais l’étudiante, le confondant avec le criminel, l’emmène au poste de police. Chiharu arrive à arrêter le coupable qui fuit pour l’emmener au poste. Pour le remercier, Katsuya Kôichi (24 ans) l’invite au restaurant. Ce dernier étant encore plus malchanceux, tous deux sympathisent vite et se rencontrent tous les trois jours. Cependant, Kôichi semble bien étourdi, oubliant facilement. Un soir, alors qu’ils avaient rendez-vous, Chiharu croise le médecin Odagiri avec son ami, inquiet pour l’étudiant depuis un grave accident dont il subit encore les séquelles. Un peu ivres, les deux jeunes hommes couchent ensemble. Mais au matin, alors qu’ils rencontrent la lycéenne par hasard, Kôichi ne la reconnait pas…

En conclusion

Malgré le ton dramatique de ce one-shot, l’auteure arrive à conclure sur une touche positive. Elle met en scène des sentiments purs, profonds. Je trouve intéressant son approche où l’amour ne devient pas réellement le sauveur. A cause de la maladie, Chiharu devra persévérer, s’acharner à maintenir les souvenirs à la place de son petit ami. J’aimerais bien voir également la romance suggérée entre le docteur surprotecteur Ikuina et Yukihiro. Un récit agréable à lire qui ne laisse pas indifférent!

Nouveau départ – Yukue Moegi

nouveau depart yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368775905
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537134582 (JP)
Nihon bungeisha, 2016 (JP)
Titre original: 男やもめも花は咲く
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Un père de famille divorcé, quadragénaire, prend un nouveau départ pour trouver le bonheur.

Yukue Moegi sensei offre une romance douce entre un étudiant et un quadragénaire divorcé qui redécouvre l’amour. Elle marque beaucoup la différence d’âge avec, par exemple, Uematsu qui découvre les fonctionnalités de son smartphone grâce aux jeunes l’entourant. En plus, le comportement irrespectueux avec son supérieur du subordonné Shigenori creuse encore plus cet écart. La narration donne principalement le point de vue du salaryman. L’auteure montre avec pudeur la relation franche qui se construit entre les deux hommes apprenant à se connaître. De même, elle aborde la vision d’un quadragénaire sur l’amour, l’homosexualité et les changements de la société. Elle s’intéresse particulièrement au développement des sentiments d’Uematsu, à ses petits changements de comportement. En effet, bourreau de travail, il s’était replié sur lui-même après son divorce. Sa maturité lui permet d’analyser et de comprendre rapidement les émotions d’Asahikawa. D’ailleurs, son calme constant déstabilise l’étudiant amoureux.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, qui conserve un aspect croquis. Elle rend tout de même l’âge avec quelques rides. Elle utilise les trames avec parcimonie, ainsi que quelques trames d’ambiance. En plus, les décors sont parfois succincts et servent surtout à situer l’action. Par ailleurs, les illustrations de début de chapitre sont intégrées au déroulement du récit. Même si Yukue sensei n’a pas développé de scènes érotiques, elle suggère les positions des deux hommes à travers les fantasmes d’Asahikawa.

En résumé

Uematsu, salaryman, la quarantaine et divorcé, est au bord du rouleau avec ses subordonnés incompétents. Cependant, il aime converser avec Asahikawa, un étudiant qui travaille à temps partiel dans un restaurant où il se rend régulièrement. Il apprécie beaucoup sa compagnie apaisante après ses longues et dures journées de travail. Mais un soir, le jeune homme, qui souhaite également le connaître, l’invite à sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. L’auteure reste principalement dans le cheminement du nouveau sentiment amoureux, avec ses questionnements et ses acceptations. Ce couple honnête et franc qui discute est touchant et réaliste. Je trouve rafraichissant et intéressant de voir un quadragénaire ressentir à nouveau les premiers émois amoureux.

Un oisillon sur le rivage – Minaduki Yuu

un oisillon sur le rivage minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368773946
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784199607431 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

A force d’être poli par la mer, un tesson de verre se transforme en trésor.

Minaduki Yuu sensei présente une belle romance ayant pour thème la famille. Elle développe particulièrement bien la psychologie de ses personnages. Ainsi, une complicité naît entre Ryô et Ayumu. L’enfant taciturne et franc essaie de soutenir à sa manière son oncle qui a peur de ne pas être à la hauteur. Contrairement à son aspect mûr, Kurebayashi a parfois un comportement encore enfantin et se montre très possessif. Il cache derrière son sourire sa vraie personnalité blessée et sa solitude. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments et l’équilibre qui s’instaure entre les trois héros qui s’ouvrent peu à peu l’un à l’autre. Elle aborde également les difficultés de la famille monoparentale entre les reproches des collègues, les remarques blessantes. En introduisant Shimamura Kazuya et sa mère, elle montre comment les liens se forment facilement quand on a des points communs. La narration alterne entre Ryô et Yûichi.

La mangaka a un trait épuré et fin qui conserve tout de même une petite touche réaliste. Elle soigne les décors, très présents. Ainsi, dans la ville, les architectures contemporaines côtoient celles plus anciennes, renforçant le côté réaliste du récit. Les trames variées, servent avant tout à colorer et ombrer. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance graphiques. La mise en page est très dynamique. Minaduki sensei censure discrètement ses scènes érotiques par des cadrages évitant d’exposer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Ayumu et Ryô se disputant une place au lit, comme des enfants. Il y a également la postface. Les images vers la fin reboucle discrètement sur le début du tome, laissant alors supposer que Ryô est en réalité le héros de ce récit.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa sœur, Tachibana Yûichi (28 ans) élève seul son neveu Okano Ayumu. Tous deux s’installent dans un petit appartement proche de la mer. Affamés, ils trouvent une épicerie fine, Beniya, qui vend des plats « maison » à emporter. Le gérant, Kurebayashi Ryô (28 ans), se montre très avenant avec son nouveau client et lui propose même de lui faire visiter la ville en échange de son aide. Le lendemain, ils terminent donc leur promenade au bord de la plage. Comme son oncle apprécie le verre poli par la mer offert par Ryô, l’enfant en ramasse alors chaque soir avec des coquillages, après l’école. Ryô, qui aime aussi passer du temps à la plage, lui confie qu’il a également perdu ses parents jeune et a été élevé par des proches. Quand Ryûichi vient chercher à manger, il ne lui cache également pas son intérêt.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Il m’a complètement conquise. J’adore la douceur de la narration, les petits détails du quotidien et la relation qui se crée entre les personnages, même avec Kazuya et Mme Shimamura. Je ne me lasse pas de le lire et le relire. Allez-y sans peur!

Dancing colors – Furukawa Tasuku

dancing colors furukawa tasuku

FURUKAWA Tasuku フルカワタスク
ISBN: 9782368775516
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783716 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation compliquée entre deux danseurs opposés.

Furukawa Tasuku sensei offre une romance passionnée dans l’univers des clubs de pole dance. Elle décrit ce milieu avec finesse, abordant la pression de la concurrence, le surpassement de soi, la gestion de carrière, l’exploitation et la forme artistique. La narration alterne entre les deux héros, mais ne dévoile pas pour autant tous leurs secrets. L’évolution de leurs sentiments tout en douceur et leur attirance beaucoup plus violente installent une certaine tension. Kô, prisonnier d’une promesse faite à son père, et Nagisa, sous-estimant ses capacités, vont s’ouvrir l’un à l’autre. Ainsi, ils développent mutuellement leur art, leur admiration réciproque les entrainant dans la passion. L’auteure arrive à transcrire parfaitement les sentiments des protagonistes, le désespoir qui les ronge mais surtout l’alchimie que les deux héros dégagent en dansant. Malgré un premier rapport au consentement flou, elle évite de romantiser ou de sombrer dans le mélodrame en insufflant suffisamment de regrets.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dessine des yeux très effilés avec un petit iris et une minuscule pupille. Pourtant, en exagérant les expressions, elle arrive à transcrire parfaitement les émotions de ses personnages. La musculature des danseurs est bien rendue, ainsi que la sensualité de certains mouvements. Avec ses tenues extravagantes et ses expressions simplifiées, Shige apporte une touche humoristique discrète à ce récit plutôt sombre. La mise en page est d’ailleurs dynamique. Furukawa sensei apporte un soin particulier au travail des trames pour rendre le jeu des lumières et la brillance des costumes. De même, elle détaille les décors. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par des formes blanches.

En résumé

Dans le club de pole dance Grand Blue, Hayami Kô est considéré comme le meilleur danseur même s’il dégage une certaine noirceur avec son cache sur l’œil. Ce métier est en fait l’héritage que lui a laissé son père, également danseur, décédé lors d’un tragique incendie. En difficulté financière, le gérant, Shige, a embauché un nouveau danseur populaire, Nagisa. Mais ce dernier ne prend pas beaucoup au sérieux son travail, ce qui lui attire les critiques de Kô. En plus, il finit toujours au lit avec son manager, Kazumi, un homme marié. Mais après avoir observé Kô danser, Nagisa met de côté sa vanité et lui demande un entrainement, conscient de ses lacunes. Les deux danseurs se rapprochent peu à peu et un soir, Kô le rejoint sur scène sans prévenir, ayant envie de danser avec lui.

En conclusion

Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà son graphisme et son scénario, même si la sensualité des mouvements de danse n’atteint pas la qualité de 10 dance d’Inoue Satoh. Ce one-shot est agréable à lire et offre un couple attachant et émouvant. J’adore Shige qui détend un peu l’atmosphère, mais surtout, qui représente un manager honnête et à l’écoute.

On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.

Ce que Dieu veut – Moegi Yuu

ce que dieu veut moegi yuu

MOEGI Yuu 萌木ゆう
ISBN: 9782368777367
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864368469 (JP)
Core magazine, 2015 (JP)
Titre original: 神さまの言うとおり。
Manga
Ero-mètre: hot
Recommadation: beaucoup

Hinata, élevé par le mystérieux Midori, est-il prêt à découvrir son identité?

Moegi Yuu sensei propose une comédie romantique entre un Yatagarasu et un étudiant. Elle alterne entre humour, action et tendresse tout en ne révélant les secrets de Midori qu’au fur et à mesure. Les joutes amusantes entre les deux héros rythment l’évolution de la relation. En effet, le dieu passe son temps à manipuler par le bout du nez Hinata. L’auteure aborde ainsi la peur de la solitude, la souffrance de perdre un être cher, le besoin d’être utile à l’autre. Elle développe des personnalités assez complexes. Par exemple, Midori cache ses véritables sentiments et préfère éloigner celui qu’il aime quitte à le blesser alors que le naïf Hinata réfléchit beaucoup avant de foncer. Un adorable dieu renard jouera les soutiens permettant de secouer un peu la relation du couple. Le prétexte des baisers et des échanges charnels pour récupérer de l’énergie rend le consentement un peu flou.

La mangaka a un trait fin délié et épuré. Elle les simplifie pour renforcer les expressions. Ses personnages adultes ont des visages ovales et long; surtout Midori qui est grand et élancé. En plus, son regard renforce son côté mystérieux. Les trames d’ambiance graphiques s’équilibrent avec les trames d’ombres et de coloration. Néanmoins, les cheveux sont traités par des aplats. D’ailleurs, Moegi sensei privilégie des stries à la plume pour marquer les ombres fortes. Elle propose également quelques angles de vue originaux, dynamisant la mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par de fines bandelettes blanches ou en occultant les contours. Il y a pourtant quelques coupes intérieures. L’esthétique des personnages est bien mise en avant, en particulier dans les illustrations de début de chapitre où le couple se fait des câlins. De même, il y a quelques croquis de recherche en fin de tome.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa grand-mère, Hinata vit avec Midori. Comme l’étudiant n’a pas respecté l’heure du couvre-feu pour aller lui acheter un cadeau, son tuteur surprotecteur le punit en l’effrayant avec des histoires de fantômes. Mais au matin, Hinata remarque que Midori n’a pas de reflet dans le miroir et ne projette pas d’ombre au sol. N’osant pas interroger l’homme mystérieux qu’il soupçonne d’être un spectre, il sèche l’université pour acheter de quoi l’exorciser. Cependant à son retour à la maison, il trouve les vêtements de Midori auprès d’un énorme corbeau se baignant dans une bassine. Serait-ce son tuteur ?

En conclusion

Quel plaisir de retrouver une œuvre de Moegi Yuu sensei! J’aime beaucoup son style narratif qui allie romance et humour. En plus, le corbeau ressemble à une adorable mascotte. Ce one-shot offre à la fois une histoire divertissante et légère avec un couple attachant.

L’amour tombé du ciel – Ueda Aki

l amour tombe du ciel ueda aki

UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782368777329
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866532271 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Titre original: 恋が落ちたら
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Trouver le grand amour grâce à un caleçon tombé du ciel…

Ueda Aki sensei propose de suivre une romance pleine de sensibilité entre deux hommes blessés. Elle s’intéresse à l’usure des séparations et du rejet de l’autre, à la peur de commencer une nouvelle relation et à la force des reproches dans une relation. Elle travaille beaucoup les caractères de ses personnages. Ainsi, la délicatesse de Hishimoto est contrebalancée par sa nonchalance et sa maladresse. De même, Ise aime prendre soin des autres mais a tendance à vouloir tout contrôler. L’auteure alterne la narration entre ses deux héros. Elle a une approche réaliste. Toutefois, elle apporte une petite touche amusante en démarrant et concluant son récit sur une histoire de caleçons. Les deux héros apprennent à se connaître en sortant ensemble, en se séduisant, en discutant mais ils se redécouvrent également. D’ailleurs, le couple s’entraide rapidement dans les tâches ménagères, permettant de vite développer une certaine complicité.

La mangaka a un trait anguleux parfois dédoublé pour donner de l’épaisseur. Elle rend parfaitement bien les différences graphiques des tranches d’âge. D’ailleurs, elle met bien en avant la plastique des deux héros. Certains angles de vue sont même recherchés. La mise en page est dynamique. Ueda sensei censure peu les scènes érotiques. Elle détaille bien les préliminaires et pense toujours à montrer qu’ils ont des relations protégées. Elle cache tout de même certains détails génitaux avec de fines bandelettes blanches ou en occultant quelques traits. Les illustrations de début de chapitre représentent des moments tendres ou des poses séduisantes des personnages. Ces derniers en SD qui apparaissent à la fin du chapitre 3 ou sur le revers de la jaquette sont tellement adorables.

En résumé

Un soir, Ise Yûki se dispute en pleine rue avec son petit ami qui finit par le quitter. Assis sous un arbre, il désespère alors de toujours se faire avoir par ce genre de mec qui ne fait rien à la maison mais lui reproche ensuite d’être comme une mère. Soudain, un caleçon fraichement lavé lui tombe sur la tête. Arrive Hishimoto Takafumi qui l’a fait tomber en voulant étendre son linge. Remarquant sa tristesse, il le réconforte. Les jours suivants, Ise constate que l’arbre se recouvre de plus en plus de caleçons. Croisant leur propriétaire, il lui offre donc son aide pour les récupérer. Mais en découvrant le capharnaüm de son appartement, il lui propose de faire le ménage. Hishimoto accepte volontiers de participer. Mais en attendant la fin de la lessive, il lui révèle alors être attiré par lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Avec une histoire douce, sensible, ancrée dans la réalité et des personnages très attachants, il ne pouvait que conquérir mon cœur! J’apprécie beaucoup le trait légèrement incisif de l’auteure et sa facilité à montrer le bonheur des petits moments du quotidien, comme une sieste sur le canapé, faire la vaisselle à deux… D’ailleurs, je retrouve le même développement en douceur des sentiments que dans A beautiful sunny day. Lisez donc ce titre! C’est tout simplement du bonheur!

Anti alpha – Okuda Waku

anti alpha okuda waku

OKUDA Waku 奥田枠
ISBN: 9782368777374
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784403666841 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un omega élevé comme un alpha se bat pour résister à son instinct.

Okuda Waku sensei modifie un peu les codes de l’omegaverse. Elle s’intéresse particulièrement au conflit intérieur qui assaille un omega élevé comme un alpha: la perte de ses repères, les sensations lors des chaleurs, son attirance, la confrontation entre raison et instinct. Ainsi Kamishiro, s’étant forgé un fort caractère, essaie de résister à ses pulsions. De même, bien qu’alpha super dominant, Sena semble plus prévenant que son oncle. La narration alterne entre Rei et Yûjin, permettant de découvrir leurs réflexions et sentiments. L’auteure montre comment un amour sincère permet d’aller à contre-courant des jugements génétiques ou même des normes décidées par une société. Même si elle donne une relation au consentement peu clair dans le couple, elle s’attarde sur l’évolution de leurs sentiments. Elle offre une histoire bonus en fin de tome, avec les personnages à 25 ans.

La mangaka a un trait épuré particulier, à la fois anguleux et souple. Elle dessine des personnages finement musclés, avec des corps longilignes, presque tous ikemen. Elle préfère utiliser les contrastes noir et blanc donnant une touche dure et dramatique à ses planches. D’ailleurs, les trames servent principalement à ombrer ou transcrire l’ambiance. De même, les décors situent surtout l’action. Ainsi, la mise en page reste dynamique. Okuda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même les détails, ses personnages accompagnant certains passages d’un langage assez cru.

En résumé

Afin d’éviter les problèmes de discrimination entre alpha, beta et omega, les écoles ont été séparées pour accueillir un seul genre. Dès le plus jeune âge, des tests ADN permettent aussi de déterminer le partenaire potentiellement compatible comme une âme sœur. Dans un lycée d’élite réservé aux alphas, Sena Yûjin se démarque des autres, considéré comme supérieur. Il en profite pour facilement coucher avec le médecin scolaire Tôjô, le seul omega présent dans l’établissement pour soulager la libido des lycéens. Kamishiro Rei se présente comme son rival. En effet, il est secrètement amoureux de son meilleur ami omega, Hanai Shion, malheureusement destiné à épouser Sena. Mais un jour, alors qu’il surprend Yûjin en pleins ébats avec Tôjô, il entre en chaleur. Il apprend alors par ses parents qu’il est en réalité un omega. Découvrant son secret, Rei lui propose donc de garder le silence à condition qu’ils couchent exclusivement ensemble…

En conclusion

Ce one-shot est cité dans les meilleurs séries au scénario captivant au Chill Chill BL award 2020. D’après les commentaires des lecteurs, ils apprécient surtout de voir un omega se rebeller contre les conventions établies ou résister à ses pulsions, dans cet amour destiné. Malgré le grand nombre de scènes érotiques, l’auteure propose une réflexion sur le comportement d’un omega face à un alpha, avec le risque de perte de contrôle de soi. J’apprécie le couple qui essaie de résister à ses pulsions et qui s’ouvre peu à peu à l’amour.

L’étoile de l’amour – Suzumaru Minta

l etoile de l amour suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368777527
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864423465 (JP)
Tokyomangasha, 2018 (JP)
Titre original: 落花流水のホシ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La tendresse humaine est le meilleur médicament contre la solitude, l’amour est encore mieux!

Suzumaru Minta sensei offre une douce romance entre un policier qui aime prendre soin des gens et un étudiant dépressif. Elle questionne sur la difficulté à surmonter le deuil, la solitude et la dépression. D’ailleurs, elle met particulièrement en avant la force de la tendresse humaine. Ainsi, les sentiments du couple naissent au fil des échanges, des petites attentions et des discussions. Plus qu’un soutien, Gôtarô veut réellement aider Akihito à s’en sortir en cherchant la cause de son mal-être. L’auteure sème divers évènements qui permettent de galvaniser les sentiments. Par ailleurs, elle détend un peu l’atmosphère avec Jun, l’oncle surprotecteur. Elle développe également les différentes qualités de ses personnages. Le couple prend donc son temps et le consentement dans leurs rapports met en avant leur différence d’âge et d’expérience.

La mangaka a un trait fin et épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les yeux deviennent alors de simples points ou de grands ronds, donnant une touche mignonne aux personnages. Pourtant, elle préfère travailler les expressions entières des visages. Les décors sont détaillés et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique, avec quelques angles de vue marquants. Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Ainsi, elle joue principalement sur les angles de vue pour ne pas trop montrer de détails, privilégiant le partage des sentiments. Sous la jaquette, elle donne des fiches personnages commentées par les héros dans une planche au verso. D’ailleurs, la postface se résume à une case. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Le policier Sumeragi Gôtarô (28 ans) vient d’être transféré sur une petite île. L’officier de patrouille en chef, Inoue Ryôko, souhaite qu’il enquête sur Kuze Akihito (19 ans), qui passe des nuits de débauche à coucher à tout va. Pour lui faciliter la tâche, il loge donc dans le grand manoir du jeune homme. Dès le premier soir, le policier intervient en faisant fuir un homme marié et père de famille, le surprenant en pleine action. Mais cela énerve Akihito. Cependant, Gô remarque que le jeune homme ne semblait pas apprécier ces ébats. En plus, au bout d’une semaine, ce dernier semble devenir absent. Le policier décide alors de mener l’enquête pour comprendre les raisons de ce comportement.

En conclusion

Une romance simple mais belle et touchante. J’adore le traitement des sujets et des relations par l’auteure. Elle arrive à me surprendre en faisant découvrir le vrai caractère d’Akihito qui ressort petit à petit alors qu’il commence à surmonter sa dépression. Son côté fonceur confronté à la patience de Gô est tellement amusant. Bref, ce one-shot confirme mon coup de cœur pour cette mangaka, même si Golden sparkle reste mon titre préféré pour l’instant.