I hate – Natsume Kazki

I hate natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775714
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422178 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des retrouvailles entre des amis qui se sont perdus de vue.

Natsume Kazki sensei suit deux couples d’amis qui s’étaient perdus de vue et se retrouvent après quelques années. Pour un premier manga, elle maîtrise déjà son scénario et son graphisme. Elle s’intéresse à la nostalgie, aux sentiments suspendus, à la définition de l’amour. Les deux récits se basent au départ sur une même intrigue, avec un des partenaires amoureux depuis le début et l’autre qui n’arrive pas à cerner ou admettre ses sentiments. De même, la narration alterne entre les personnages. Toutefois, l’auteure diversifie les caractères des personnages et s’attarde sur leurs sensibilités pour offrir des relations différentes. Elle met en avant des collègues taquins et protecteurs qui permettent aux héros d’avancer et de réfléchir à leurs sentiments. Ainsi, Aoe a peur du changement et Hirose a du mal à assumer son homosexualité. En fin de tome, elle regroupe les deux couples d’amis pour ajouter des anecdotes amusantes.

La mangaka a un trait reconnaissable, épuré, anguleux, fin mais avec une touche presque brute et acérée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue sur les contrastes blanc et noir. Malgré une utilisation des trames équilibrée, les pages paraissent plutôt claires, presque dépouillées. Les décors sont pourtant présents. Par ailleurs, les cadres sont épais mais cela colle au style car les pages semblent parfois chargées. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques, avec des caches blancs sur les détails des parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une postface développant la création de ses récits.

En résumé

I hate / I love: A 27 ans, Hirose Nozomi est encore puceau. Il n’a même jamais embrassé une fille. Pourtant au lycée, il appréciait les baisers de son kiss friend Kiriya Kaoru. Mais un jour, son ami se montrant trop entreprenant, il a pris peur. Traumatisé, il a donc fui à Tokyo dès son diplôme obtenu et travaille maintenant dans un magasin d’ameublement. Devant s’occuper de la décoration d’un bar à hôtes, il retrouve par hasard Kiriya qui est devenu escort boy. Même s’il n’a pas envie de renouer avec lui, il ne l’a pourtant pas oublié depuis ces dix années…
No where, now here: Itsuki Aoe (27 ans) et Hinomoto Akaya (27 ans) sont amis d’enfance. Un peu asocial, Aoe est fonctionnaire dans sa région natale. Akaya, quant à lui, est devenu designer à Tokyo et commence à avoir du succès. Mais quand il revient dans sa région après cinq ans d’absence, Aoe n’hésite pas à prendre des congés pour passer du temps avec son ami. Alors que tout change autour de lui, le jeune homme a l’impression de stagner. Et il panique quand son ami l’embrasse bien que ce dernier ait toujours clamé son amour pour lui.
Love is here…? / About them: Dans le magasin de Hirose, Kiriya demande les goûts de son petit ami sur les oreillers, lui proposant au passage de s’installer ensemble. Ils croisent alors leurs amis du lycée Aoe et Akaya, également venus acheter une nouvelle literie…

En conclusion

Ce one-shot se classe huitième meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2016. Je trouve très intéressant de partir d’un même plot pour proposer deux développements différents. Les personnages sont en plus attachants, leurs réactions réalistes. J’adore particulièrement le trait de l’auteure.

Red hood – Haji

red hood haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776353
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685938 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un chaperon rouge et un homme-loup contre une sorcière dévoreuse de petites filles.

Haji sensei revisite le conte Le petit chaperon rouge, offrant une aventure riche en actions dans un univers de fantaisie. Dès l’introduction, elle présente sa version du conte, installant immédiatement le contexte. Elle introduit beaucoup de personnages, nommant certains loups en leur conférant un caractère tranché. Ainsi, le loup foufou Léo apporte une touche humoristique. De même, le contraste entre la bonne fée Skullfinna et la démone Belzedra permet de détendre l’atmosphère. L’auteure joue également sur le comique de situation avec la différence de taille de Fen en homme-loup et Golda. Elle prend son temps pour développer l’histoire. Elle révèle peu à peu le passé des protagonistes. Les sentiments se développent entre les deux combattants, non sans mal. En effet, suite à un traumatisme, Goldericks ne sait pas aimer mais le découvre grâce à Fenrirwolf.

La mangaka a un trait épuré plutôt ferme. Elle met en avant les corps musculeux ou pulpeux avec des vêtements moulants. D’ailleurs, elle n’hésite pas à exagérer les positions. Par contre, les oreilles sont sans relief. Les protagonistes ont des styles graphiques très variés. Haji sensei simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Néanmoins, elle pense à respecter les attitudes des loups. Elle indique les flash-back par des fonds noirs et ajoute quelques trames d’ambiance pour renforcer les émotions. La mise en page est dynamique. Toutefois, des cadrages trop étroits et des pages chargées rendent certains combats difficile à suivre. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. En fin de tome et sous la jaquette, une présentation des personnages permet de découvrir les secrets de création. Et Golda reprend la même pose que la couverture mais en plus dénudé.

En résumé

Le pourfendeur de sorcières Goldiroks, surnommé Golda, a été engagé par un villageois pour retrouver sa petite sœur perdue dans la forêt. En chemin, ils sont attaqués par une meute de loups menée par Fenrirwolf, alias Fen, un homme-loup. En effet, ce dernier cherche à se venger de la sorcière qui a tué sa famille; or les goules de la sorcière portent habituellement un capuchon rouge comme Golda. Après un violent combat, ils arrivent enfin à discuter mais le mage embrasse soudain le loup pour prendre un peu de sa capacité de régénération. Effectivement, il a le pouvoir de voler la capacité d’un partenaire en absorbant certains fluides. Golda propose alors à Fen de le rejoindre pour éliminer ensemble leur ennemie commune.

En conclusion

Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. L’épaisseur de ce tome aurait pu permettre le développement de l’histoire. Pourtant, l’action alterne avec l’humour, dominant le récit. La violence de certaines scènes, avec des membres coupés, et la relation presque zoophile peuvent déranger certains lecteurs. Je regrette que les sentiments soient peu abordés, mais je trouve l’innocence de Fen vraiment adorable.

Flaver – Sachimo

flaver sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368775776
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031499 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Entre enquêtes, magouilles et érotisme, une relation tendue entre deux seme amoraux.

Sachimo sensei offre une romance entre deux seme privilégiés par la vie mais au comportement abject depuis l’adolescence. En effet, ils prennent plaisir à manipuler les gens et, malgré une certaine droiture, sont prêt aux pires vilenies pour passer du bon temps. Comme Shimojô se qualifie de gay dominant sadique, il n’a jamais cédé à son attirance pour Kuze, privilégiant leur rivalité. Leur relation est donc encore tendue et tous deux essaient toujours de rabaisser l’autre. Ce jeu leur permet donc de tromper leur ennui. Pourtant, Kuze semble rechercher une certaine égalité. La majorité de la narration se base sur le point de vue de Shimojô sauf dans un chapitre. L’auteure révèle petit à petit le passé entre les deux hommes ainsi que l’évolution de leur relation. Elle interroge sur l’ambivalence entre la haine et l’amour. Elle installe doucement les sentiments dans le jeu de magouilles des deux protagonistes.

La mangaka a un trait épuré fin et anguleux. Elle dessine des hommes grands finement musclés. Elle alterne constamment entre souvenirs et présents. Toutefois, elle change le code graphique habituel en présentant le présent sur fond noir. De même, les trames de ces passages sont plus sombres. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Sachimo sensei sème des indices et des petits détails, guidant les lecteurs vers les révélations. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches. En plus, elle offre à chaque chapitre des passages torrides plutôt développés.

En résumé

Shimojô a toujours eu des facilités dans la vie au point de la trouver insipide. Pour tromper son ennui, il aime mépriser les gens et les faire chanter. Bien qu’issu d’une bonne famille, il est alors devenu yakuza. Un soir, en rentrant du travail, il croise un homme agressé par des voyous et le ramène chez lui. Malgré la tenue négligée, il reconnaît rapidement le seul rival qu’il a eu: Kuze. Ce fils de maire l’avait alors battu aux élections du conseil des élèves au lycée. Mais maintenant, il ressemble plus à un « dépravé » prêt à tout pour un peu d’argent. En effet, Kuze le remercie même en nature. Shimojô, refusant d’être passif, propose alors à son ancien rival de devenir son chien…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seconde place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. En effet, le style narratif est vraiment intéressant et permet de maintenir un certain suspense. La joute entre les deux héros les rend moins antipathiques malgré leur sale caractère. Je trouve dommage de ne pas voir en images Kuze en uke, surtout en lisant les remarques de son partenaire. J’apprécie beaucoup leur relation conflictuelle qui pourtant déborde petit à petit de sentiments plus profonds. Une lecture très agréable.

Rends-moi beau! – Sachimo

rends moi beau sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368776681
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041067239 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Et si l’amour rendait beau?

Sachimo sensei s’intéresse à la différence d’âge dans cette romance entre un agent d’entretien et un lycéen. Elle explique leur isolement en dévoilant leur passé. Ainsi, Sugimura, gay, se méfie des gens suite à une tromperie qui l’a pénalement condamné. Dai, quant à lui, a pris l’habitude d’être seul depuis l’enfance. Les deux héros cachent leur beauté pour passer inaperçu. L’auteure donne d’abord le point de vue de Hara qui découvre le sentiment amoureux, puis s’attarde sur Manabu. Ainsi, elle met en avant l’évolution de ces deux cœurs solitaires. Elle aborde également la pression et le jugement du regard extérieur, l’isolement qui poursuit ancien condamné, la beauté intérieure qui ne s’apprécie qu’en découvrant la personnalité de quelqu’un. Le lycéen conserve un côté innocent qui le rend attendrissant. Malgré les doutes sur l’avenir et le manque de confiance, le couple réfléchit calmement à leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle épaissit parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait à l’extrême. Par exemple, comme Dai rougit facilement, il a souvent de grandes hachures qui lui recouvrent la moitié du visage. Par contre, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors sont aussi souvent réduits à l’essentiel. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei alterne entre censure des parties intimes en ne les dessinant pas ou au contraire, des organes sexuels assez détaillés.

En résumé

Hara Dai aime la solitude et pour avoir la paix, il décide de jouer les délinquants en entrant au lycée. Par ailleurs, il a trouvé un coin tranquille dans le jardin du lycée où il aime passer du temps sous un arbre. Mais un jour, il y trouve Sugimura Manabu (39 ans), un agent d’entretien de l’établissement aussi solitaire et taciturne que lui. L’ouvrier tolère sa présence à condition qu’il ne lui parle pas. Mais à jouer les terreurs, Dai s’attire les foudres d’un gang du lycée. Alors que les voyous essayaient de l’humilier, le bas-ventre du lycéen finit par réagir. Sugimura, qui a surpris la scène, trouve alors des paroles réconfortantes. Intrigué par l’agent technique, Hara essaie de sympathiser avec lui mais les collègues de Manabu l’avertissent que ce dernier a un casier judiciaire. Pourtant, le lycéen refuse de le juger sans explication. Plus tard, le chef des voyous l’agresse sexuellement…

En conclusion

Une histoire mignonne avec pourtant un background plutôt lourd. La relation entre Dai et Sugimura paraît pure et innocente. En effet, l’adulte a bien conscience de leur situation mais leurs sentiments l’emportent. La beauté intérieure et extérieure apparait ici comme influencée par l’amour. J’aime beaucoup ce récit même si il peut paraître sans saveur et peu approfondi. Je trouve que l’auteure a tout de même réussi à insuffler assez de matière pour un one-shot.

Familiar relation between you and me – Koshino

familiar relation between you an me koshino
Koshino 腰乃
ISBN: 9782368774830
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407069 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pourquoi je serais amoureux de toi? C’est toi qui es amoureux de moi! »

Koshino sensei offre une comédie érotique avec un seme égoïste et un uke râleur. Elle aborde avec humour un thème différent à chaque chapitre: par exemple, l’impuissance, le rasage des poils pubiens, le bondage, les sex toys. Takashi, un gay pervers assumé, manipule son ami d’enfance pour expérimenter divers jeux sexuels. Il a malheureusement tendance à le forcer. Malgré des relations au premier abord non consenties, on remarque que Satoru résiste bien quand il ne veut réellement pas faire quelque chose. L’auteure base justement la dynamique de son récit sur les contestations de l’uke jusqu’à ce qu’il cède. Elle décrit avec finesse les sentiments partagés entre les deux héros qui n’arrivent à communiquer qu’en se chamaillant. D’ailleurs, elle concentre la narration uniquement sur le point de vue de Satoru. En fin de chapitre, des répliques marquantes sont reprises.

La mangaka a un trait particulier reconnaissable, simple et incisif. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle ne respecte pas forcément les proportions, privilégiant la dynamique du dessin. Ses contours sont assez épais. Les réactions extrêmes déforment les expressions. Comme les pages sont très chargées, Koshino sensei évite de les alourdir avec des trames consacrées à l’ombre et à la coloration. Elle intègre les décors dès que le cadrage s’élargit. La mise en page d’abord classique reste tout de même efficace et dynamique. Dans les scènes érotiques, des bandelettes blanches censurent les parties intimes. Il y a une scène érotique à chaque chapitre. En fin de tome, des yonkoma donnent la version de l’histoire du point de vue de Tamotsu.

En résumé

Satoru (23 ans) découvre que son ami d’enfance Takashi (23 ans) est revenu vivre dans la maison en face de chez eux. Très proches jusqu’au lycée, ils n’ont plus communiqué depuis qu’il a surpris son ami en train de se masturber sur ses photos de classe. En plus, il a appris qu’il déménageait à Nagano par la mère de Takashi. Mais sa mère et son frère, Tamotsu, lui confient un logiciel et de la nourriture à lui ramener. Toutefois, Satoru est choqué en voyant Takashi se comporter comme si rien ne s’était passé. Alors qu’il s’est morfondu tout en pensant à lui pendant cinq ans…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. L’auteure est assez connue dans l’univers des BL pour ses comédies et gag manga avec des personnages souvent maladroits en amour. J’adore la dynamique entre ses seme et uke. Ici, le scénario semble un peu léger mais j’apprécie beaucoup Satoru qui réalise très bien qu’il provoque indirectement Takeshi en plongeant dans ses pièges. Même si ce n’est pas le meilleur titre de la mangaka que j’ai lu, j’espère que l’on aura d’autres de ses œuvres.

Endless sound – cielo

endless sound cielo
cielo
ISBN: 9782368775981
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801957664 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Quand la musique exprime ce qui ne peut être dit avec des mots. »

Cielo sensei narre la romance entre deux lycéens passionnés de musique techno. Malgré des profils de personnages soigneusement réfléchis, le format court empêche de les exploiter pleinement. L’univers musical n’est qu’un prétexte pour créer un lien entre les deux héros. Tandis que Sanjô était un tombeur hétérosexuel mais ouvert, il va découvrir le véritable amour avec Ikarashi. Sa vision du sexe change radicalement. Le seme inexpérimenté avec les hommes communique sans honte avec son uke habitué. Alors que la relation consentie débute en tant que sex friend, les sentiments viennent vite s’en mêler. En introduisant DJ Julian, l’auteure permet d’ajouter quelques tensions et précipiter les évènements. Elle traite avec humour la relation à distance dans une histoire bonus. Elle complète ce volume avec un court récit aux thèmes intéressants comme le sado-masochisme, la prostitution, la solitude, le manque d’amour mais le format court empêche d’approfondir l’évolution des sentiments.

La mangaka a un trait plutôt léché, dans un style graphique assez classique rappelant certains shôjo. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits pour les passages humoristiques et à transformer ses personnages en super deformed. En outre, les héros rougissent facilement. Les trames d’ambiance variées alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. En fin de chapitre, une vignette conclut graphiquement le récit. Sous la jaquette, des fiches personnages les présentent en détails. Les scènes érotiques paraissent un peu brouillon, les parties intimes étant intégralement hachurées. En plus, les cadrages permettent d’en montrer moins.

En résumé

Endless sound / After story Promesse éternelle / Allô? Chuuut!: Sanjô (18 ans) adore la musique techno. Comme ses amis sont peu intéressés, il décide d’aller seul au concert de DJ Imai. Dans la classe, Ikarashi Minami (20 ans) qui a toujours des écouteurs sur les oreilles, préfère rester seul dans son coin. Sanjô n’ose donc pas l’aborder, mais quand il le croise au game center à la borne du jeu vidéo musical qu’il adore, il lui propose de venir au concert avec lui. La remarque d’Ikarashi lui rappelant que le club est interdit aux mineurs le vexe. Néanmoins, Sanjô réussit tout de même à s’infiltrer dans la boîte de nuit. Quand la musique de DJ Minami lui procure un effet excitant, quelle n’est pas sa surprise de découvrir son camarade de classe aux platines. Au bar, Ikarashi l’empêche alors de boire une bière mais ne supportant pas l’alcool, il s’effondre. Le responsable du club, Higa (38 ans) demande au lycéen de le ramener chez lui. En partant, Minami l’embrasse. Mais pourquoi rougit-il?
Interdiction d’aimer ce chat abandonné: Yamada Daisuke (40 ans) a hérité d’un immeuble de sa tante qui l’a élevé. Un jour débarque Kawachi Ayumu (22 ans) qui serait de la famille éloignée. Mais le jeune homme orphelin est arrivé trop tard pour voir la tante. Yamada lui propose alors un logement. Mais depuis, les voisins, en particulier l’étudiant Nakamura (20 ans), ne cessent de se plaindre du bruit. Venu voir, il surprend Ayumu avec deux hommes qui le violentent…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la onzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Il a beaucoup de potentiel, abordant des thèmes intéressants. J’ai même trouvé « Interdiction d’aimer ce chat abandonné » plus accrocheur. Malheureusement, le traitement reste un peu léger: par exemple, Minami, réservé au premier abord, communique plus facilement grâce à la musique. Mais cela n’est pas clairement mis en avant. Néanmoins, la beauté du graphisme nous fait oublier son manque d’originalité. On passe tout de même un excellent moment à la lecture de ce manga. Et il est agréable de voir un uke entreprenant pour les parties de jambes en l’air.

Si tu insistes… – Niyama

si tu insistes niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760727
Hana, 2021
ISBN: 9784801969827 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Un jeu de séduction entre deux hommes fiers.

Niyama sensei offre une comédie romantique avec deux salarymen aux caractères exacerbés qui s’affrontent dans un jeu de séduction. Shinobu, gay, se préserve des confrontations et des relations approfondies en cachant son physique attrayant et son orientation sexuelle au travail. Son côté sournois le rend un peu taquin. Hikaru, quant à lui, narcissique, aime être le centre de l’attention et cherche constamment à prouver son charme. Pourtant, il possède encore un côté naïf qui le rend adorable. En se découvrant, les deux hommes vont faire tomber leurs préjugés l’un sur l’autre et leurs sentiments vont petit à petit évoluer. L’auteure aborde ainsi le jugement sur l’apparence et la double vie que les deux hommes mènent entre travail et privé. Elle alterne la narration entre Urakawa et Omoteya, permettant aux lecteurs de découvrir leurs réflexions. Les jumeaux du bar apportent en plus une touche mignonne et loufoque avec leur cosplay.

La mangaka a un trait épuré légèrement léché. Elle porte attention aux petits gestes mais travaille surtout l’expression des visages. Shinobu a une magnifique musculature mais Hikaru, qui paraît plus sec, possède également des muscles fins. Les trames d’ambiance renforcent principalement les effets comiques. Par exemple, Omoteya étincelle littéralement entouré de roses. De même, l’utilisation des trames en général est variée mais reste équilibrée. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec des cases contemplatives. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dévoile l’art du camouflage de Shinobu.

En résumé

Au bureau, Urakawa Shinobu joue à l’employé médiocre en se camouflant derrière une tenue négligée et des lunettes aux verres épais. D’ailleurs, il ne supporte pas Omoteya Hikaru, un employé beau gosse et prétentieux considéré comme un prince. Ce dernier veut toujours le conseiller sur sa tenue. En réalité, Urakawa cache sa réelle apparence pour ne pas attirer les femmes. Gay, il aime draguer tranquillement le soir dans son bar préféré, Caprice, où il n’hésite pas à afficher son magnifique physique. Mais un jour, Omoteya remarque que son ami Tôya lit un magazine sur l’amour entre hommes. Comme leur rendez-vous avec des filles est annulé, il lui propose alors de venir avec lui dans un bar, ayant envie de tester son charme sur les hommes. Nin Nin désespère en le découvrant par hasard dans son petit paradis.

En conclusion

Ce one-shot obtient la deuxième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Urakawa Shinobu est classé premier meilleur seme tandis qu’Omoteya Hikaru est septième meilleur uke. L’auteure mène parfaitement le jeu entre les deux personnages, équilibrant l’humour, la romance et les scènes érotiques. Malgré des caractères désagréables, les personnages sont attachants. Quel plaisir de voir Shinobu et Hikaru céder peu à peu à l’amour, chacun ayant l’impression de se faire mener par l’autre! Comme d’habitude, Niyama sensei nous offre une histoire prenante, amusante et adulte.

Smoky nectar – Minazuki Akira

smoky nectar minazuki akira
MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382760772
Hana, 2021
ISBN: 9784813032670 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’enquête d’un journaliste pour innocenter son ami d’enfance.

Minazuki Akira sensei revisite le mythe du vampire, mélangeant enquêtes et actions. Elle construit un univers différent avec des clans, des règles pour les régir et leur permettre de vivre avec les humains, mais surtout un sang particulier, le nectar, qui attire irrésistiblement les mordeurs. Ainsi, elle utilise Annaka et ses confrères pour révéler au lecteur les spécificités de leur espèce. La salive fonctionnant comme un aphrodisiaque, le consentement devient flou dans les rapports charnels. De même, les vampires affichent une nature très possessive envers leur partenaire sexuel. L’auteure s’intéresse à la différence entre amitié et amour à travers Mitsuru. Elle questionne sur les sentiments lorsque l’instinct influence les émotions. Pareillement, elle aborde indirectement la pression familiale quand l’unique héritier est homosexuel et ne peut donner une descendance.

La mangaka a un trait léché et épuré. Elle dessine de grands yeux expressifs. D’ailleurs, Mitsuru a un petit air niais à cause des ses yeux qui semblent constamment écarquillés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les scènes d’action sont claires et dynamique, également mise en valeur par la mise en page. Dans les scènes érotiques, Minazuki sensei ne détaille pas les parties intimes.

En résumé

Le journaliste Hasegawa Mitsuru enquête sur un étrange meurtre attribué à un vampire: la victime, Chika, a des traces de morsures dans le cou et son sang aurait coagulé. Annaka Yûsei, l’ami d’enfance de Hasegawa, le met en garde et s’inquiète pour lui. Mais le journaliste refuse d’abandonner l’affaire. En effet, il cherche en réalité à innocenter son ami, également suspecté, car les immeubles autour du lieu du crime lui appartiennent. En plus, il a réussi à obtenir un entretien avec Kudô, un autre suspect proche de la victime. Justement, ce dernier lui donne rendez-vous dans un parc. Cela n’arrange pas Mitsuru dont le sang attire les moustiques. D’ailleurs, intrigué par son parfum, Kudô l’attaque, lui arrachant son amulette offerte par son ami. Alors qu’il allait se faire mordre, Anna vient à sa rescousse, soulevant le « mordeur » d’une seule main…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. A cause des particularités des mordeurs, la question des sentiments entre les deux personnages est plutôt vite expédiée. Toutefois, l’univers original ainsi que le graphisme magnifique offrent une histoire intéressante et divertissante. Elle plaira sûrement aux fans de vampires!

Only love – Aida Saki et Yamada Yugi

only love aida saki yamada yuki
AIDA Saki 英田サキ
YAMADA Yugi 山田ユギ
ISBN: 9782351804414
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784813051879 (JP)
Taiyohtosho, 2009 (JP)
Titre original: たかが恋だろ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des sentiments non-dits, des relations ambiguës.

Aida Saki sensei arrive à sublimer le thème classique de l’ami d’enfance amoureux en secret depuis longtemps en y incorporant son univers. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé des trois protagonistes et installe un triangle amoureux aux teintes légèrement dramatiques. Les deux enfants apportent une touche innocente et leur amour se confronte aux relations complexes entre les adultes. En effet, Takatsudo et Kyôsuke préfèrent garder leurs sentiments pour eux. En plus, comme Shin agit au lieu de communiquer, il entraîne son bien-aimé dans une relation peu consentie. L’auteure aborde la trahison, le mensonge, l’amour secret et la peur d’assumer son homosexualité. Par ailleurs, elle maintient le suspense jusqu’au bout. Elle développe aussi la psychologie de ses personnages. Depuis 12 ans, Takatsudo cherche encore son orientation sexuelle. Kyôsuke est attachant, tiraillé entre son métier et son envie de protéger ceux qu’il aime.

Yamada Yugi sensei a un style reconnaissable avec des visages presque carrés. Elle a un trait épuré, légèrement anguleux qui joue sur les pleins et les déliés. Toutefois, elle simplifie beaucoup les expressions dans les passages humoristiques, les résumant à quelques traits. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières peuvent être très graphiques, avec des fleurs, des cœurs, des fraises ou des pois. Par ailleurs, la mise en page très dynamique, accompagne le regard. La mangaka censure les scènes érotiques en évitant de dessiner les détails mais en jouant surtout sur les angles de vue. Elle offre de magnifiques illustrations, simples mais fortes en émotions, en début de chapitre, mettant en avant les héros.

En résumé

Kurata Izumi, veuf, travaille dans un café et élève son fils, Makoto, avec le soutien moral de son beau-frère yakuza, Sawaragi Kyôsuke. Un jour, il rencontre un ami d’enfance, Takatsudo Shin, qui avait coupé les ponts avec lui sans explication à la fin du collège. Ce dernier accompagne à la maternelle son neveu Ai. Malgré des retrouvailles plutôt froides entre les anciens amis, les deux enfants s’avèrent être très complices. Ils sont donc amenés à se croiser souvent. A la surprise d’Izumi, Shin semble avoir oublié sa remarque au collège et cherche à renouer avec lui. Pourtant, en s’incrustant au prétexte d’un rendez-vous entre les enfants, il finit par se disputer avec le père célibataire en ressassant le passé…

En conclusion

Deux grands noms du BL qui s’associent pour nous offrir un one-shot simple mais palpitant. Les évènements s’enchaînent avec fluidité. On reconnaît immédiatement le style d’Aida Saki sensei, connue pour sa série phare de romans Deadlock. Les personnages ont des personnalités complexes. D’ailleurs, Yamada Yugi sensei arrive, à travers son dessin, à retranscrire l’ambivalence des protagonistes. De même, elle efface son style narratif au profit de celui d’Aida Saki sensei. Ainsi, le récit se nimbe d’une touche mélancolique. Un drama CD est sorti la même année. J’adore l’impertinence de Makoto qui détend l’atmosphère générale et incite les adultes à bouger. Même si le comportement de Takatsudo m’énerve un peu, je trouve qu’il va bien avec Izumi. J’aurais même préféré qu’il galère un peu plus. En plus, j’aime beaucoup le style graphique de la mangaka. Je suis donc conquise!

Le syndrome du tournesol – SHOOWA

le syndrome du tournesol shoowa
SHOOWA
ISBN: 9782351803646
Taifu comics, 2009
ISBN: 9784832285897 (JP)
Houbunsha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Amour interdit et suspense.

SHOOWA sensei offre une romance avec en toile de fond une affaire d’espionnage, d’amnésie et d’usurpation d’identité. Elle maintient le suspense jusqu’au bout en semant des indices au fil des chapitres. Pourtant, elle sépare son histoire en deux parties: d’abord le secret entourant Kai et ses poursuivants, puis le cheminement de Sis pour reconstruire son passé. Les personnages ont des psychologies complexes. Kai nourrit un amour pour Sis mais exprime difficilement ses sentiments. Sis est méfiant envers tout le monde. Jin conserve une part de mystère mais se montre très protecteur. Il joue même les cupidons. L’auteure met en avant la difficulté de faire des choix et de les assumer, malgré parfois les regrets. Elle s’intéresse à la différence d’âge et au manque de confiance. De même, elle montre les hésitations d’entretenir une relation amoureuse consentie avec un mineur.

La mangaka a un trait épuré qui conserve une touche réaliste. Pourtant, elle dessine des contours plutôt épais. Elle respecte bien le style architectural occidental. Le métro et certains bâtiments français sont même reconnaissables. Les trames sont équilibrées mais les contrastes noir et blanc dominent. SHOOWA sensei s’attarde sur les petits gestes pour mettre en avant les indices. Elle joue surtout sur les angles de vue pour dynamiser sa mise en page. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes avec des points blancs.

En résumé

Sis Beckett a recueilli Kai (17 ans), le fils adoptif de son frère récemment décédé. Il n’avait pas de nouvelles du chercheur depuis plus de 10 ans et l’adolescent lui a seulement confié une carte mémoire dont il ne connait pas le mot de passe. En plus, il se fait plaquer par sa petite amie car il laisse tout le temps Kai venir dormir dans son lit. D’ailleurs, son ami Jin n’arrête pas de le taquiner à ce propos. Il lui apprend aussi que l’adolescent ne va pas toujours en cours et rencontre des inconnus. Inquiet, Sis suit Kai et demande alors des explications. L’adolescent lui révèle faire un petit travail de coursier, souhaitant aller à l’université et rester auprès de son nouveau tuteur. Alors que Sis lui avoue son attirance, Kai continue de venir dans son lit et accepte même de coucher avec lui.

En conclusion

Malgré le format court du one-shot, l’auteure maîtrise bien son scénario. L’enquête et le suspense sont tellement intenses qu’on en oublie la romance. Pourtant, c’est l’amour qui guide les choix des personnages. Ce BL peut donc intéresser tout le monde!