Daisy jealousy – Ogeretsu Tanaka

daisy jealousy ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375063309
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799748589 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Il est maladroit, c’est crado chez lui et il est insensible, mais ça fait plus de cinq ans qu’il n’aime que moi. »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une relation complexe et ponctuée de hauts et de bas entre deux otaku à la fois rivaux et amis. Elle présente la dureté du milieu du dessin numérique qui ne jure que sur la qualité et la rapidité, avec les places restreintes, les abus de certaines entreprises, l’exploitation de compétences en dehors de ses fonctions principales. Elle base la narration principalement sur Misaki. Ce dernier se retrouve prisonnier de ses sentiments contradictoires, entre admiration et jalousie du talent de Kaname, développant un complexe d’infériorité. Ainsi, il s’interroge et culpabilise constamment sur son comportement. Kaname, quant à lui, exprime maladroitement ses sentiments. L’auteure aborde le problème du travail en équipe quand on est en froid, les difficultés à gérer ses sentiments, les pertes d’objectifs quand la pression de fait sentir. Elle met en avant la fatigue psychologique d’une passion débordante non aboutie.

La mangaka débute son récit avec de magnifiques pages couleurs. Elle a un trait légèrement épuré, fin et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle illustre graphiquement les humeurs de Misaki. Par exemple, le verre qui se remplit en même temps que sa jalousie augmente, est très explicite. De même, les trames d’ambiance transcrivent les émotions. Par ailleurs, les trames très variées rendent les couleurs et les ombres. Les décors sont soignés. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Ogeretsu sensei censure les parties intimes par de larges bandes blanches. Elle offre une fiche de vocabulaire en fin de tome très pratique pour ceux qui ne connaissent pas le milieu du dessin numérique. J’apprécie la barre de sentiments en couleur irisée, en haut sur la couverture, du plus bel effet.

En résumé

Misaki a toujours rêvé d’intégrer la société de jeux vidéo Gold games en tant que graphiste. Il travaille dur dans une école spécialisée, venant même le week-end en dehors des cours. Mais dans la classe, il y a Kaname, un élève asocial, qui le surclasse. Les deux garçons qui s’investissent à fond dans leur travail se rapprochent pourtant suite à un incident survenu à Kaname. En effet, son devoir presque abouti a été effacé. Misaki l’a donc aidé, lui permettant de passer en deuxième année avec lui. Mais d’abord admiratif du talent de son ami, il le jalouse de plus en plus et finit par se disputer avec lui alors que Kaname cherchait seulement à l’aider. Pourtant, à la remise des diplômes, ce dernier l’embrasse…

En conclusion

Ce one-shot obtient la cinquième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Ogeretsu sensei offre une relation réaliste, adulte et tendre. Elle décrypte parfaitement les états d’âme de ses personnages. L’amour unique et fidèle de Kaname est touchant. Comme d’habitude, je craque complètement pour le récit de cette auteure. J’apprécie les personnages tellement humains, leurs sentiments contradictoires que l’on a l’impression d’effleurer et les palpitations que procurent leurs aventures. Un coup de cœur!

La concession d’un oméga brisé – Enuoka Yochi

la concession d un omega brise enuoka yochi
ENUOKA Yochi エヌオカヨチ
ISBN: 9782382761397
Hana, 2022
ISBN: 9784865548181 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Titre original: キスは番にひざまずく
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments que ressent Iori sont-ils le fait de l’amour, du destin ou bien de ses pulsions? »

Enuoka Yochi sensei propose une romance omegaverse questionnant sur la place des sentiments dans un lien entre âmes sœurs. Elle confronte l’instinct et l’influence des phéromones à l’amour qui se construit en parallèle de la confiance. Elle base principalement la narration du point de vue de Tachibana mais donne parfois celui de Mitsugi. Le lecteur accompagne Iori dans sa découverte du passé dramatique de Léo ainsi que de sa condition particulière. D’ailleurs, l’alpha, naïf mais persévérant, s’impose petit à petit tout en se remettant en question. L’oméga, quant à lui, refuse de se soumettre au destin suite à son traumatisme d’enfance. L’auteure apporte des touches humoristiques avec les enfants malicieux et mignons de l’orphelinat. De même, elle met en avant le soutien des amis entourant les deux héros. D’ailleurs, elle transcrit avec finesse la souffrance de Kakegawa Chitose, impuissant face au désespoir de son ami cher.

La mangaka a un trait fin, anguleux et légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à représenter les personnages en SD. Par contre, elle travaille beaucoup les détails: les cheveux sont méchés et les yeux très expressifs. De même, les protagonistes, bien que sveltes, sont finement musclés. Ainsi, même les amis des héros offrent une galerie de beaux et mignons garçons. Les décors s’estompent autour des personnages. Les trames sont variées et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue. Par ailleurs, Enuoka sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

En croisant l’oméga Mitsugi Léo durant la pause déjeuner, l’alpha Tachibana Iori croit reconnaître en lui son âme sœur. Mais l’oméga le rejette violemment. Les amis de Iori l’avertissent alors que ce dernier, surnommé le « bouffeur d’alphas », fait payer ses faveurs sexuelles chaque soir après les cours. Ne pouvant y croire, Iori se rend dans la salle de classe des rendez-vous. Mais excité par les phéromones de Léo, il perd à la fois ses mots et le contrôle puis finit par coucher avec lui. L’oméga continue pourtant à le rejeter par la suite. Toutefois, l’alpha a décidé de toujours aimer son âme sœur…

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Le tome épais permet de bien développer la romance et les liens entre les personnages. D’ailleurs, j’apprécie particulièrement la candeur agréable de Iori et ses interactions avec les enfants. Et puis, pour une fois, c’est un alpha qui n’est pas issu de la haute société. Une très belle histoire d’amour entraînante bien que classique.

Hate my MIA! – Hitotori Penguin

hate my mia hitotori penguin
HITOTORI Penguin 人鳥ぺんぎん
ISBN: 9782382761380
Hana, 2022
ISBN: 9784865896596 (JP)
Fusion product, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une comédie romantique pleine de sensualité qui ne manquera pas de vous émoustiller! »

Hitotori Penguin sensei propose une comédie romantique avec des personnages aux caractères exubérants. Elle concentre la narration du point de vue de Maizawa sauf dans le chapitre bonus qui donne la version de Miya. Elle aborde avec humour la double identité, les dangers des réseaux sociaux, la construction d’une identité virtuelle. Ainsi, Kôji distingue clairement Miya de Mia et éprouve des sentiments différents, bien qu’il soit conscient qu’il s’agit de la même personne. Un jeu de séduction va s’installer entre les deux salarymen, mêlant manipulation, rapport de force et érotisme. Celui qui pense donc dominer la situation se retrouve souvent manipulé sans le savoir et ainsi de suite. En introduisant Miyuki Sakura, l’auteure dévoile le passé des deux héros et approfondit leur relation. Toutefois, avec les indices semés au fil des chapitres auparavant, la surprise s’estompe.

La mangaka a un trait plutôt anguleux adouci par les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques en exagérant les expressions. De même, elle n’hésite pas à représenter les personnages en SD. L’imagination débordante de Kôji s’exprime en image. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les trames sont variées. D’autant plus que Mia possède une belle peau hâlée. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hitotori sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches qui ne cache pas grand chose. Elle intègre même des coupes intérieures et inclut presque une scène à chaque chapitre. En fin de chapitre, elle présente les personnages et donne une anecdote en une vignette. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuité de la couverture.

En résumé

Maizawa Kôji ne supporte pas son collègue Miya Akihito depuis que ce dernier lui a piqué sa petite amie au lycée. En plus, le playboy excelle au bureau, ce qui a le don de l’énerver. Toutefois, Maizawa connaît son secret: en effet, sous le pseudonyme de Mia, Miya s’expose dans des photos sexys sur les réseaux sociaux. Kôji le trouve tellement mignon qu’il se touche en les regardant et les commente sous le pseudonyme de Taro Imo. Mais un jour, Akihito découvre son identité…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place de la meilleure série érotique au Chill chill BL award 2022. Le graphisme est mignon. D’ailleurs, Mia a un magnifique corps finement musclé souvent mis en avant. Malgré l’effet de surprise tronquée, l’histoire fait sourire et même rire dans certains passages. Une aventure divertissante et très sexy.

Dans la fleur de l’âge – Kuroi Tsumuji

dans la fleur de l age kuroi tsumuji
KUROI Tsumuji 黒井つみじ
ISBN: 9782382761090
Hana, 2022
ISBN: 9784815501563 (JP)
Media soft, 2021 (JP)
Titre original: ボクたちはまだ青く
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Chaque jour m’ennuie. »

Kuroi Tsumuji sensei narre une douce romance entre deux lycéens qui se rapprochent grâce à une passion commune. Elle concentre la narration principalement du point de vue de Saegusa. Elle s’intéresse particulièrement aux premiers émois adolescents, à la pression des examens, à la poursuite des rêves. Les caractères des personnages contrastent avec leur physique. Ainsi, sous son air renfrogné, Arochi cache en réalité sa timidité. De même, Issei a tendance à prendre soin des autres malgré son regard blasé. Les deux adolescents s’attirent et se rapprochent petit à petit en se découvrant. Tous deux observateurs, ils analysent leurs sentiments et les acceptent facilement. Toutefois, de peur de briser cette belle amitié, Saegusa les cache d’abord. L’auteure aborde brièvement le harcèlement mais préfère s’attarder sur la relation très consensuelle du couple. Elle montre comment l’amour et la passion peuvent devenir un moteur de motivation pour construire son avenir.

La mangaka a un trait très épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Pourtant, elle dessine des yeux fins très expressifs. L’utilisation de peu de trames renforce également l’aspect épuré. De même, les rares trames d’ambiance soulignent plutôt les passages comiques. En revanche, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou des caches blancs. Par ailleurs, elle joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une anecdote en deux planches sur Kofuji.

En résumé

Le délégué de classe Saegusa Issei se contente d’avoir la moyenne, ressentant actuellement un certain ennui. Toutefois, l’arrivée d’un nouvel élève en cours d’année, Arochi Tôru, pique sa curiosité. En effet, la couleur claire des cheveux d’Arochi l’intrigue. En plus, ce dernier, associable, est toujours premier aux examens. Lors d’une sortie en ville un week-end, Saegusa s’arrête pour observer la diffusion d’un lancement de fusée et croit également apercevoir Tôru dans la foule. Se rappelant sa passion pour l’ingénierie spatiale, il réalise alors qu’il a tendance à abandonner les rêves qu’il juge irréalisables. Mais quand Kawashita Taiki, vexé d’être maintenant second aux examens, s’en prend à Arochi, le délégué vient au secours du nouveau et tente de se rapprocher de lui…

En conclusion

Cette histoire d’amour tendre plutôt classique mais remplie de douceur vous fera passer un agréable moment. Les personnages me touchent particulièrement et je suis complètement transportée par le développement de leurs sentiments. Idéal pour réchauffer son cœur!

La couleur de l’eau – Maki Ebishi

la couleur de l eau maki ebishi
MAKI Ebishi 槇えびし
ISBN: 9782382763070
Hana, 2022
ISBN: 9784813031024 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Mon sang était de la couleur de l’eau. »

Maki Ebishi sensei propose un drame psychologique empreint de suspense. Elle révèle donc au fur et à mesure le passé des personnages ainsi que leurs desseins. Elle aborde entre autres la confiance, la manipulation, l’amour déviant. La ville de Paradis regroupe tous les travers de la noirceur humaine, entre meurtre, prostitution même de mineurs, trafic, violence. Les personnages survivent et s’adaptent à ce milieu sans foi ni loi. Setsu cumule les traumatismes ainsi qu’un handicap invisible qui perturbe un peu son quotidien. Il reste d’ailleurs prisonnier de son passé, malgré les efforts de ceux qui l’aiment pour le sauver. A travers ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir sur le concept de bonheur. Ainsi, elle construit des psychologies complexes et profondes. De même, elle s’attarde principalement sur les sentiments vacillants des protagonistes.

La mangaka a un trait très épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, renforçant ainsi les moments dramatiques. La mise en page dynamique rythme la lecture entre action, passage rapide et intense puis calme. Maki sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant aux préliminaires.

En résumé

Il y a deux ans, le tueur à gages Setsu a recueilli un jeune enfant amnésique. Il l’a alors appelé Lithia. Tout deux vivent dans la ville Paradis, une zone de non droit où les crimes restent impunis. Étant souvent la cible de vengeance, le tueur protège Lithia mais n’hésite pas à l’utiliser pour éliminer ses assaillants. Comme son bienfaiteur parle peu de lui, l’enfant ne sait pas grand chose sur lui, à part qu’il est recouvert de cicatrices et qu’il a très peur des ciseaux. Mais un jour, un certain Romanée qui semble bien connaître Setsu, s’impose dans la maisonnée et ne ménage pas Lithia.

En conclusion

Maki sensei traite ses lecteurs avec égard en suggérant la violence, même si quelques images restent marquantes. Pourtant le récit continue d’être bouleversant car les personnages sont attachants. Le one-shot comporte beaucoup de pages (289 pages) permettant ainsi de bien développer l’histoire. Si vous aimez les drames psychologiques, ce BL pourra vous plaire.

A fool’s love song – Jyanome

a fool s love song jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382762882
Hana, 2022
ISBN: 9784863496828 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Y’a-t-il quelqu’un pour me sauver et m’aimer? »

Jyanome sensei présente une romance prenant la forme d’une quête amoureuse. Elle confronte des caractères complètement opposés, créant une dynamique entre les personnages. Ainsi, Tamizô se laisse porter par les évènements. Son côté naïf et superstitieux renforce son esprit libre et sa solitude profonde qu’il n’affiche pourtant pas. Même s’il se pose beaucoup de questions, il a besoin d’expérimenter les choses pour les comprendre. Yachiyo, quant à lui, vient d’une famille nombreuse et a donc tendance à prendre soin de Tomita. Il fuit alors ses sentiments changeants. L’auteure décortique ainsi avec finesse la période charnière de la fin de l’adolescence, interrogeant sur le sentiment de responsabilité. Elle aborde également l’amitié, la durée des relations, la pression familiale et sociale, la difficulté de se lancer dans la musique entre loisir et avenir. Les deux héros, prisonniers de leurs sentiments et leurs obligations, acceptent peu à peu de changer.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle les simplifie dans les passages humoristiques, dessinant également quelques personnages au style caricatural. Par ailleurs, elle joue beaucoup sur les contrastes noir et blanc. Ainsi, les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Jyanome sensei censure à peine les parties intimes mais évite de les détailler. D’ailleurs, elle utilise surtout les cadrages pour ne pas les montrer.

En résumé

Kiki Yachiyo, le guitariste du groupe de rock Choucas, a trouvé Tomita Tamizô affalé dans les poubelles en train de chanter. Séduit par sa voix, il lui a proposé de rejoindre son groupe. Et depuis, il prend souvent soin du jeune homme malchanceux. Aujourd’hui, il punit le chanteur arrivé en retard. Ce dernier s’est fait arnaquer par une voyante croisée en chemin. En plus, il croit à sa prédiction lui annonçant l’apparition de son âme sœur et se laisse donc facilement séduire par Misaki, le barman de la salle de concert. Mais le batteur Yoshi alerte alors Yachiyo, le barman étant déjà l’amant du propriétaire de la salle, peu recommandable…

En conclusion

Comme à son habitude, Jyanome sensei décortique les sentiments de ses personnages avec brio. Le graphisme ne dégage pas autant de sensualité que ses œuvres récentes mais on y retrouve déjà son style marqué et sa poésie. La naïveté de Tamizô est déconcertante. J’avais envie de le secouer mais en même temps, cela colle parfaitement à sa manière de voir la vie et les relations. Une lecture intéressante qui nous rappelle que le destin est parfois juste à portée sous notre nez.

Faker – Chiyozaki

faker chiyozaki
Chiyozaki 千代崎
ISBN: 9782382762875
Hana, 2022
ISBN: 9784813032809 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si vous m’aimez, je vous ferai mourir de plaisir. »

Chiyozaki sensei propose une comédie alliant romance et drame. Elle concentre d’abord la narration sur Segawa durant deux chapitres puis alterne ensuite avec le point de vue de Mikami. Elle installe donc un jeu de séduction entre les deux salarymen, dévoilant au fur et à mesure leur passé et leur psychologie complexe. Ainsi, Mikami qui a une forte confiance en lui, aime manipuler les gens pour obtenir ce qu’il désire mais se lasse rapidement une fois une proie conquise. Il fuit également les conflits. Segawa, quant à lui, s’attache désespérément à une relation qu’il sait déjà perdue. Le chantage et les attentions de Mikami vont l’obliger à réfléchir sur ses réels sentiments. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le jugement du physique, surtout quand il ne semble pas correspondre au caractère. Elle aborde également la fragilité de la confiance, l’adultère.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Elle varie beaucoup les trames, donnant un aspect réaliste. De même, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Toutefois, quelques trames d’ambiance viennent discrètement renforcer les émotions des personnages. Un chapitre entier présente le passé de Sagawa, Abe et Mikami, évitant ainsi le classique fond noir. Par ailleurs, Chiyozaki sensei alterne entre une mise en page classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches, sans pour autant détailler l’enchainement des actions.

En résumé

Malgré son beau visage, Segawa Hiroki (28 ans), responsable adjoint de la section publicité n°2, se montre pourtant cassant envers les nouveaux. Ces derniers l’évitent donc au mieux, sauf Mikami Rui (24 ans) qui travaille dans la section publicité n°1. D’ailleurs, ce jeune talentueux arrivé il y a deux ans, n’hésite pas à partager sa vision différente du management avec lui. Alors Hiroki ne l’apprécie guère. En plus, il entretient une liaison secrète avec le chef de secteur publicité, Abe (38 ans), déjà marié. Même s’ils ne se fréquentent plus depuis six mois, il croient encore au partage de leurs sentiments. Mais lors d’une soirée trop arrosée, Segawa, complètement ivre, couche avec Mikami. Et le lendemain, tandis qu’il essaie de fuir en douce, son jeune collègue lui montre soudain une photo de lui et son amant et lui propose alors de sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot propose une histoire plutôt classique mais très intéressante malgré quelques problèmes de rythme. Malgré le prétexte du chantage, Chiyozaki sensei évite de montrer les relations non consenties jouant sur les limites. J’apprécie particulièrement le caractère espiègle de Mikami et celui effronté de Segawa. Je trouve que la dynamique entre eux correspond parfaitement. J’ai donc beaucoup aimé cette histoire.

3 minutes de silence – Ichinashi Kimi

3 minutes de silence ichinashi kimi
ICHINASHI Kimi 市梨きみ
ISBN: 9782382760277
Hana, 2022
ISBN: 9784865541847 (JP)
Overlap, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Refuser l’amour désespérément malgré des sentiments forts et réciproques.

Ichinashi Kimi sensei propose une romance dramatique entre deux demi-frères, sans lien de sang, qui luttent désespérément contre leur sentiment amoureux pour ne pas briser leur fort lien fraternel. Elle centre principalement la narration sur Aki avant de basculer à la fin sur la version de Saku. Ainsi, elle aborde le poids du lien familial même dans une famille recomposée, la douleur d’admettre des sentiments jugés inconvenants, la peur du jugement extérieur. Malgré des sentiments réciproques, les deux frères construisent une relation bancale, ne communiquant pas. Aki ressent énormément de culpabilité à entrainer son cadet hétérosexuel dans l’homosexualité. Pourtant, il cache difficilement sa jalousie. Saku, quant à lui, préfère fuir à chaque confrontation. Par ailleurs, l’auteure développe particulièrement le background d’Aki en révélant petit à petit son passé complexe, expliquant ainsi ses traumatismes. Avec l’intervention de son ex Takahashi, elle relance les réflexions sur cette relation presque incestueuse.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique. Elle exagère les expressions et utilise des trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Le style graphique évolue un peu au fil des chapitres. Par exemple, Ichinashi sensei exprime de deux manières différentes les flash-back: un fond noir pour les souvenirs sombres, un double cadrage pour les moments heureux. De même, elle tire profit de toutes les techniques du shôjo pour dynamiser sa mise en page. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques tout en évitant tout de même de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Tôjô Aki et Saku sont devenus demi-frères suite au remariage de leurs parents. Ils s’entendent très bien malgré des caractères opposés: introverti, Aki a peur des femmes tandis que le frivole Saku cumule les conquêtes. Le cadet, à l’université, vit maintenant avec son frère devenu salaryman. Toutefois, Aki ne supporte plus ses absences, Saku découchant souvent sans prévenir. Depuis ses remontrances, ce dernier, plus présent, participe même aux tâches ménagères. Pour le remercier, Aki lui achète alors des gâteaux. Interpellé dans la rue par deux conquêtes de Saku qui le taquinent, il commence à paniquer. Alerté, Saku vole à son secours puis s’éclipse avec les filles, provoquant la colère de son aîné. A son retour, le cadet tente de s’expliquer et finit même par l’embrasser langoureusement. Cédant à leurs pulsions, les deux hommes couchent alors ensemble mais bien qu’amoureux, l’aîné regrette déjà cet élan…

En conclusion

Ichinashi sensei offre une romance sans prétention mais plutôt bien traitée. En plus, son graphisme reste agréable. J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture.

Le roi alpha déchu – Nakamura Makino

le roi alpha dechu nakamura makino
NAKAMURA Makino 中村まきの
ISBN: 9782382760840
Hana, 2021
ISBN: ‎9784801968820 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Deux alphas ne peuvent néanmoins se lier, mais le corps de Rai commence à réagir comme celui d’un oméga…?! »

Nakamura Makino sensei personnalise l’univers omegaverse en proposant la transformation d’un alpha en oméga. Elle alterne la narration entre Rai et Keisuke. Elle permet ainsi de développer deux réflexions différentes sur la question de l’âme sœur et de la place des sentiments face à l’instinct. Le prince, épris de compassion pour les personnes abandonnées par des alphas ayant trouvé leur âme sœur, déteste l’idée d’une suprématie du destin. Il refuse également d’accepter les changements qu’il ressent dans son corps. Bien qu’étant un alpha supérieur, Sakaki désire un rapport consenti et essaie de se contrôler. Il s’interroge sérieusement sur l’origine de ses sentiments. Après avoir débuté par quelques clichés classiques de l’omegaverse, l’auteure se rattrape par la suite en abordant la question du marquage et de la lutte contre le destin. A la fin du tome dans l’histoire bonus, elle dévoile le futur proche du couple.

La mangaka a un trait plutôt épuré et anguleux, légèrement léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés mais n’hésite pas à transformer Sakaki en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques, renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, mais surtout consacrée à la mise en avant de la sensualité des personnages. Nakamura sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Elle inclut également beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle révèle quelques secrets sur la construction de son récit dans sa postface.

En résumé

Rai Zaravant, 15ème prince du royaume de Rohmer, promet au jeune Sakaki Keisuke de le prendre dans son harem quand il sera plus grand. Dix ans plus tard, il se rend au Japon mais au lieu d’un mignon jeune homme timide qu’il s’était imaginé, il se retrouve face à un lycéen baraqué plus grand que lui. Complètement excité par ces retrouvailles avec son premier amour, le jeune alpha ne peut s’empêcher de mordre la nuque du prince tout en le câlinant. Déçu et choqué par son attirance pour un alpha encore plus dominant que lui, Rai demande à ses gardes de l’éliminer. Mais quand il va en ville chercher un autre éphèbe, Sakaki intervient et le punit, profitant des surprenantes réactions du corps du prince à ses phéromones…

En conclusion

Attention, les premières scènes pourraient choquer la sensibilité de certains lecteurs (consentement gris, différence d’âge). Le graphisme de Nakamura sensei n’est pas encore totalement stable mais cela reste un plaisir pour les yeux. La relation alpha x alpha m’intéressait énormément. Je suis donc un peu déçue par l’idée de transformation. Par contre, je trouve très intéressant que Kei, alpha supérieur, conserve tout de même son côté un peu soumis envers son bien-aimé, désirant avant tout le satisfaire. De même, j’apprécie le changement d’orientation du récit pour mettre en avant la question des sentiments et du respect de l’oméga. Et puis, j’aurais aimé découvrir un peu plus Nadia, une femme alpha garde du corps.

Le printemps d’un cœur brisé – Cocomi

le printemps d un coeur brise cocomi
Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762837
Hana, 2022
ISBN: 9784796413190 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Pourra-t-il passer outre la différence d’âge pour savourer pleinement les sentiments qui éclosent dans son cœur? »

Cocomi sensei propose de suivre la romance entre un photographe désabusé par la vie et un lycéen qui va le remotiver. Elle aborde ainsi la différence d’âge, la reprise d’une passion, la gestion d’une relation à distance. Malgré un sujet délicat, elle fait évoluer la relation dans le temps de manière saine et consensuelle. La narration donne principalement le point de vue d’Eisuke. Le pigiste ayant perdu confiance en lui suite à divers échecs, a tendance à ne percevoir que l’aspect négatif de sa vie. Kai, quant à lui, ne se sent pas à l’aise dans sa famille recomposée. En se fréquentant, les deux héros vont apprendre à s’apprécier et faire des efforts communs pour équilibrer leur relation. L’auteure met en avant le partage, la discussion, les petits bonheurs simples de la vie qui permettent de se construire, s’affirmer et apprécier son quotidien.

La mangaka a un trait très épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son graphisme dégage une agréable douceur. Les trames en générale sont variées et équilibrées. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les sentiments. Par contre, les décors apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue surtout sur des angles de vue recherchés et des ellipses de différentes formes. Cocomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais elle privilégie l’expression des sensations plutôt que les détails trop sensuels.

En résumé

Kôga Eisuke (32 ans) n’a pas réussi à percer en tant que photographe et travaille actuellement comme pigiste. Il vit dans un petit appartement modeste qui avait une superbe vue sur des cerisiers jusqu’à ce que la famille Nagashima construise sa maison juste devant. N’ayant plus accès à ce magnifique paysage qui l’apaisait, il a tendance à perdre goût à la vie d’autant plus que son travail précaire le mine. Mais il sympathise avec le fils aîné Nagashima, Kai, qui aime passer du temps avec lui. Ce dernier prend même l’habitude de venir souvent chez lui. En se découvrant peu à peu, les sentiments du lycéen changent à son égard et Eisuke ne sait plus comment réagir. Un jour, après que Kai ait essayé de l’embrasser, il lui interdit de revenir chez lui…

En conclusion

J’avais adoré la série Restart de Cocomi sensei, et ce one-shot confirme mon intérêt pour son travail. J’apprécie les petits détails du quotidien, l’ambiance générale du récit qui prend à la fois son temps mais avance tout de même très vite dans le déroulement. Du bonheur simple et doux. Un coup de cœur!