3 minutes de silence – Ichinashi Kimi

3 minutes de silence ichinashi kimi
ICHINASHI Kimi 市梨きみ
ISBN: 9782382760277
Hana, 2022
ISBN: 9784865541847 (JP)
Overlap, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Refuser l’amour désespérément malgré des sentiments forts et réciproques.

Ichinashi Kimi sensei propose une romance dramatique entre deux demi-frères, sans lien de sang, qui luttent désespérément contre leur sentiment amoureux pour ne pas briser leur fort lien fraternel. Elle centre principalement la narration sur Aki avant de basculer à la fin sur la version de Saku. Ainsi, elle aborde le poids du lien familial même dans une famille recomposée, la douleur d’admettre des sentiments jugés inconvenants, la peur du jugement extérieur. Malgré des sentiments réciproques, les deux frères construisent une relation bancale, ne communiquant pas. Aki ressent énormément de culpabilité à entrainer son cadet hétérosexuel dans l’homosexualité. Pourtant, il cache difficilement sa jalousie. Saku, quant à lui, préfère fuir à chaque confrontation. Par ailleurs, l’auteure développe particulièrement le background d’Aki en révélant petit à petit son passé complexe, expliquant ainsi ses traumatismes. Avec l’intervention de son ex Takahashi, elle relance les réflexions sur cette relation presque incestueuse.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique. Elle exagère les expressions et utilise des trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Le style graphique évolue un peu au fil des chapitres. Par exemple, Ichinashi sensei exprime de deux manières différentes les flash-back: un fond noir pour les souvenirs sombres, un double cadrage pour les moments heureux. De même, elle tire profit de toutes les techniques du shôjo pour dynamiser sa mise en page. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques tout en évitant tout de même de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Tôjô Aki et Saku sont devenus demi-frères suite au remariage de leurs parents. Ils s’entendent très bien malgré des caractères opposés: introverti, Aki a peur des femmes tandis que le frivole Saku cumule les conquêtes. Le cadet, à l’université, vit maintenant avec son frère devenu salaryman. Toutefois, Aki ne supporte plus ses absences, Saku découchant souvent sans prévenir. Depuis ses remontrances, ce dernier, plus présent, participe même aux tâches ménagères. Pour le remercier, Aki lui achète alors des gâteaux. Interpellé dans la rue par deux conquêtes de Saku qui le taquinent, il commence à paniquer. Alerté, Saku vole à son secours puis s’éclipse avec les filles, provoquant la colère de son aîné. A son retour, le cadet tente de s’expliquer et finit même par l’embrasser langoureusement. Cédant à leurs pulsions, les deux hommes couchent alors ensemble mais bien qu’amoureux, l’aîné regrette déjà cet élan…

En conclusion

Ichinashi sensei offre une romance sans prétention mais plutôt bien traitée. En plus, son graphisme reste agréable. J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture.

Le roi alpha déchu – Nakamura Makino

le roi alpha dechu nakamura makino
NAKAMURA Makino 中村まきの
ISBN: 9782382760840
Hana, 2021
ISBN: ‎9784801968820 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Deux alphas ne peuvent néanmoins se lier, mais le corps de Rai commence à réagir comme celui d’un oméga…?! »

Nakamura Makino sensei personnalise l’univers omegaverse en proposant la transformation d’un alpha en oméga. Elle alterne la narration entre Rai et Keisuke. Elle permet ainsi de développer deux réflexions différentes sur la question de l’âme sœur et de la place des sentiments face à l’instinct. Le prince, épris de compassion pour les personnes abandonnées par des alphas ayant trouvé leur âme sœur, déteste l’idée d’une suprématie du destin. Il refuse également d’accepter les changements qu’il ressent dans son corps. Bien qu’étant un alpha supérieur, Sakaki désire un rapport consenti et essaie de se contrôler. Il s’interroge sérieusement sur l’origine de ses sentiments. Après avoir débuté par quelques clichés classiques de l’omegaverse, l’auteure se rattrape par la suite en abordant la question du marquage et de la lutte contre le destin. A la fin du tome dans l’histoire bonus, elle dévoile le futur proche du couple.

La mangaka a un trait plutôt épuré et anguleux, légèrement léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés mais n’hésite pas à transformer Sakaki en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques, renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, mais surtout consacrée à la mise en avant de la sensualité des personnages. Nakamura sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Elle inclut également beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle révèle quelques secrets sur la construction de son récit dans sa postface.

En résumé

Rai Zaravant, 15ème prince du royaume de Rohmer, promet au jeune Sakaki Keisuke de le prendre dans son harem quand il sera plus grand. Dix ans plus tard, il se rend au Japon mais au lieu d’un mignon jeune homme timide qu’il s’était imaginé, il se retrouve face à un lycéen baraqué plus grand que lui. Complètement excité par ces retrouvailles avec son premier amour, le jeune alpha ne peut s’empêcher de mordre la nuque du prince tout en le câlinant. Déçu et choqué par son attirance pour un alpha encore plus dominant que lui, Rai demande à ses gardes de l’éliminer. Mais quand il va en ville chercher un autre éphèbe, Sakaki intervient et le punit, profitant des surprenantes réactions du corps du prince à ses phéromones…

En conclusion

Attention, les premières scènes pourraient choquer la sensibilité de certains lecteurs (consentement gris, différence d’âge). Le graphisme de Nakamura sensei n’est pas encore totalement stable mais cela reste un plaisir pour les yeux. La relation alpha x alpha m’intéressait énormément. Je suis donc un peu déçue par l’idée de transformation. Par contre, je trouve très intéressant que Kei, alpha supérieur, conserve tout de même son côté un peu soumis envers son bien-aimé, désirant avant tout le satisfaire. De même, j’apprécie le changement d’orientation du récit pour mettre en avant la question des sentiments et du respect de l’oméga. Et puis, j’aurais aimé découvrir un peu plus Nadia, une femme alpha garde du corps.

Le printemps d’un cœur brisé – Cocomi

le printemps d un coeur brise cocomi
Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762837
Hana, 2022
ISBN: 9784796413190 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Pourra-t-il passer outre la différence d’âge pour savourer pleinement les sentiments qui éclosent dans son cœur? »

Cocomi sensei propose de suivre la romance entre un photographe désabusé par la vie et un lycéen qui va le remotiver. Elle aborde ainsi la différence d’âge, la reprise d’une passion, la gestion d’une relation à distance. Malgré un sujet délicat, elle fait évoluer la relation dans le temps de manière saine et consensuelle. La narration donne principalement le point de vue d’Eisuke. Le pigiste ayant perdu confiance en lui suite à divers échecs, a tendance à ne percevoir que l’aspect négatif de sa vie. Kai, quant à lui, ne se sent pas à l’aise dans sa famille recomposée. En se fréquentant, les deux héros vont apprendre à s’apprécier et faire des efforts communs pour équilibrer leur relation. L’auteure met en avant le partage, la discussion, les petits bonheurs simples de la vie qui permettent de se construire, s’affirmer et apprécier son quotidien.

La mangaka a un trait très épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Son graphisme dégage une agréable douceur. Les trames en générale sont variées et équilibrées. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les sentiments. Par contre, les décors apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue surtout sur des angles de vue recherchés et des ellipses de différentes formes. Cocomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais elle privilégie l’expression des sensations plutôt que les détails trop sensuels.

En résumé

Kôga Eisuke (32 ans) n’a pas réussi à percer en tant que photographe et travaille actuellement comme pigiste. Il vit dans un petit appartement modeste qui avait une superbe vue sur des cerisiers jusqu’à ce que la famille Nagashima construise sa maison juste devant. N’ayant plus accès à ce magnifique paysage qui l’apaisait, il a tendance à perdre goût à la vie d’autant plus que son travail précaire le mine. Mais il sympathise avec le fils aîné Nagashima, Kai, qui aime passer du temps avec lui. Ce dernier prend même l’habitude de venir souvent chez lui. En se découvrant peu à peu, les sentiments du lycéen changent à son égard et Eisuke ne sait plus comment réagir. Un jour, après que Kai ait essayé de l’embrasser, il lui interdit de revenir chez lui…

En conclusion

J’avais adoré la série Restart de Cocomi sensei, et ce one-shot confirme mon intérêt pour son travail. J’apprécie les petits détails du quotidien, l’ambiance générale du récit qui prend à la fois son temps mais avance tout de même très vite dans le déroulement. Du bonheur simple et doux. Un coup de cœur!

Romantic lament – Sato Sanayuki

romantic lament sato sanayuki
SATO Sanayuki 佐藤さなゆき
ISBN: 9782382762981
Hana, 2022
ISBN: 9784796414043 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il s’était pourtant promis de ne plus tomber amoureux d’un Alpha! »

Sato Sanayuki sensei installe un univers omegaverse devenu équitable grâce au développement des inhibiteurs. Elle offre une romance confrontant le destin et l’amour. Ainsi, elle interroge les lecteurs sur la force des sentiments, l’influence des phéromones confondue avec l’instinct et la croyance des âmes sœurs. La narration alterne entre les deux héros. Asahi, prisonnier de ses souvenirs, éprouve des difficultés à surmonter le traumatisme de sa séparation. Akiomi, quant à lui, avait des préjugés sur les intentions des omégas et pense qu’il faut lutter contre le destin, préférant la sincérité des sentiments aux simples réactions physiologiques. Alors que leur relation débute par un accord tacite de simulation, leurs sentiments évoluent au fur à mesure. Par ailleurs, l’auteure pointe les détails peu abordés dans l’omegaverse comme les difficultés rencontrées dans un couple prédestiné, la culpabilité ressentie par l’oméga prédestiné, la possibilité d’une même réaction pour des jumeaux.

La mangaka a un trait fin et anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont assez variées. De même, les décors plutôt simples alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Sato sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne s’attarde pas non plus sur les détails. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre. La couverture a obtenu la cinquième place au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Le jour de son anniversaire, l’oméga Aïzawa Asahi abuse un peu trop de l’alcool. Depuis que son ex, Hirose Masaomi, l’a quitté pour son âme sœur, il rejette toutes les avances des alphas. Mais alors qu’il se rendait aux toilettes, l’esprit complètement embrumé par l’alcool, il croit reconnaître son ex avec une fille insistante. Ce dernier l’utilise pour s’en débarrasser. Toutefois, trop ivre, l’oméga lui vomit dessus et le sosie le ramène alors dans un hôtel. A cause des phéromones d’Asahi, l’alpha réagit malgré ses inhibiteurs et les deux hommes finissent par coucher ensemble. Le lendemain, l’oméga préfère fuir discrètement. Mais ce coup d’un soir le retrouve grâce à sa carte étudiant perdue sur place. Ban Akiomi s’avère être le frère jumeau de Masaomi et il lui propose alors de continuer à faire semblant de sortir avec lui.

En conclusion

Sato sensei s’éloigne des clichés habituels du genre pour offrir une relation consensuelle et saine, et même interroger sur quelques détails incohérents de cet univers. Les personnages sont attachants et provoquent donc la sympathie du lecteur. Ainsi, j’ai apprécié la lecture de ce one-shot, certes plutôt classique, mais très entrainant.

Long night sweet porno – Nobana Saori

long night sweet porno nobana saori
NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382762967
Hana, 2022
ISBN: 9784796413497 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Devenir d’abord amis puis comprendre que cela ne suffit pas.

Nobana Saori sensei offre une romance au premier abord classique, avec deux hommes blessés par de mauvaises expériences amoureuses. Elle alterne la narration entre Asami et Shitara, partageant leurs réflexions. Ainsi, elle s’intéresse au jugement sur l’apparence, à l’acceptation de l’être-aimé tel qu’il est, à une image désabusée de l’amour. Sô assume son homosexualité et rêve de moments romantiques avec l’être aimé. Il ne conçoit pas de relations sans sentiments. Au contraire, Yûhi se montre frivole mais a tendance à ne pas se révéler réellement dans l’intimité. Les sentiments entre les deux héros évoluent au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître. L’auteure révèle l’essentiel du passé douloureux des deux hommes à travers des personnages secondaires. Elle interroge sur un amour simple mais sincère, libéré de tout jugement. Comme les deux héros aiment prendre soin de leur partenaire, ils ont tendance à se sacrifier pour leur bonheur.

La mangaka a un trait épuré anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant légèrement les expressions. Les trames sont variées. Et les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est sobrement dynamique mais efficace, accompagnant le regard. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre même quelques coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente rapidement ses personnages dans sa postface. Les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit.

En résumé

Aimant les belles choses, Asami Sô apprécie son travail dans un petit bazar d’un centre commercial. Mais depuis quelques temps, il n’aime pas que le coiffeur Shitara Yûhi vienne troubler son petit paradis. En effet, il a du mal avec son caractère expansif et frivole ainsi que son côté tactile. D’ailleurs, il essaie de l’éviter autant que possible. Mais Shitara passe au bazar pour discuter dès qu’il a un peu de temps libre, souhaitant absolument sympathiser avec lui. Un jour, le vendeur surprend ce dernier en train d’embrasser une femme dans la salle de repos commune. En découvrant qu’il n’a aucun sentiment pour elle, Asami lui vole un baiser. Mais au lieu d’être dégouté après son coming out, Shitara l’invite à déjeuner et lui fait même une déclaration d’amour.

En conclusion

Ne vous fiez pas aux apparences! Ce thème développé dans ce one-shot joue également avec le titre qui pourrait porter à confusion sur le contenu. En plus, la relation entre les deux héros est consensuelle, malgré quelques baisers volés. Le scénario s’étoffe au fil des chapitres, offrant un récit prenant avec des personnages bienveillants et touchants. J’apprécie leur passion pour leur métier, les petits bonheurs simples ainsi que le développement de leurs sentiments. Une histoire douce et agréable à lire qui réchauffe un petit peu le cœur.

Fall in love with my new boss – Hakoishi Tammy

fall in love with my new boss hakoishi tammy
HAKOISHI Tammy 箱石タミィ
ISBN: 9782382762912
Hana, 2022
ISBN: 9784845855926 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Titre original: 幼なじみ上司にフォーリン・ラブ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Un nouvel employé retrouve son ami d’enfance devenu à présent son supérieur! »

Hakoishi Tammy sensei narre une douce romance entre un employé et son supérieur mais qui étaient également amis d’enfance. Elle base la narration du point de vue de Tôno. Elle aborde donc la difficulté à distinguer la relation amicale et les rapports hiérarchiques, à jongler entre le langage soutenu et familier. Sôta réalise petit à petit que son admiration cache des sentiments bien plus profonds. Au contraire, Mizusawa a besoin d’analyser concrètement ce qu’il ressent mais il peut devenir entreprenant. Ainsi, leurs sentiments évoluent en douceur. Les deux héros étant naturellement prévenants envers les autres, ils conservent donc une certaine réserve sur la compréhension de leur attirance. L’auteure installe une relation consensuelle, dans la discussion. Elle offre une tranche de vie au bureau, introduisant les divers tracas du quotidien professionnel.

La mangaka a un trait épuré anguleux qui semble simple au premier abord. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Son graphisme rappelle le style shôjo souvent présent dans les œuvres numériques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes, jouant plutôt sur les dégradés. Les flash-back s’intègrent directement au récit, utilisant un effet de trames à rayures sur les vignettes. Ainsi, cela permet de conserver le ton clair et lumineux des pages. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hakoishi sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle débute ses chapitres par une illustration pleine page en accord avec le ton général de ce qu’il se passe.

En résumé

Tôno Sôta intègre le département du développement des ventes dans une entreprise de construction. Son superviseur, Mizusawa Tetsushi, s’avère être son ami d’enfance. Mais ce dernier ayant trois ans de plus que lui, le nouvel employé ne l’avait pas vu depuis dix ans suite à son départ à l’université. Mizusawa se montre à la fois prévenant et stricte durant la formation, augmentant l’admiration que son subordonné nourrissait déjà à son égard dans sa jeunesse. Deux semaines plus tard, lors de sa fête d’accueil, le jeune salaryman remarque le mal-être de sa collègue Kondô mais ne sait comment réagir quand elle fond en larmes. Grâce à la bienveillance de leur supérieur, elle finit par avouer subir le harcèlement de certains clients. Tôno réalise alors que son admiration pour son ami couve peut-être d’autres sentiments…

En conclusion

J’ai un petit coup de cœur pour ce one-shot. J’apprécie beaucoup le graphisme. Et j’aime la spontanéité des personnages, rendant la dynamique entre eux très conviviale et agréable.

L’oméga abandonné gémit deux fois – Isaka Jugoro

l omega abandonne gemit deux fois isaka jugoro
ISAKA Jugoro いさか十五郎
ISBN: 9782382760703
Hana, 2021
ISBN: 9784815501303 (JP)
Sankousha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Histoire de la passion compliquée d’un oméga rejeté de 40 ans. »

Isaka Jugoro sensei narre une romance dramatique omegaverse interrogeant sur la place de l’alpha. Elle aborde la difficulté de contrôle face à une âme sœur, le relation père-fils qui s’étiole, le doute sur les sentiments et le consentement à cause de l’influence des phéromones. L’ombre du géniteur de Neon plane sur les rapports avec son père adoptif, entre peur de reproduire le passé ou de ne pas être à la hauteur. Par ailleurs, la dominance de l’alpha qui n’hésite pas à abuser de sa force semble être la norme dans cet univers où l’oméga ne sert qu’à procréer. Ainsi, l’auteure dépeint une hiérarchie plutôt toxique entre alphas, bêtas et omégas. En revanche, elle surprend le lecteur avec un grand retournement de situation vers la fin du récit, révélant les réelles circonstances de la séparation entre Takane et Kyôichi.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé mais anguleux et marqué par les pleins et déliés. Elle dédouble les contours, conservant ainsi un aspect croqué. Par ailleurs, elle indique le rut des alphas en colorant la sclérotique des yeux en noir. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Toutefois, Isaka sensei ne transcrit pas clairement certaines transitions de temps, donnant une impression de précipitation. De même, elle censure certaines scènes érotiques par des caches blancs ou des points blancs. Mais elle dessine parfois des coupes intérieures détaillées. Un yonkoma amusant sur Takane accompagne la postface.

En résumé

Le célèbre et égoïste mannequin Ôtori Takane (alpha) s’est constitué un harem d’omégas dont Kyôichi faisait partie jusqu’à ce que lassé, il le jette. La star ayant également abandonné l’enfant né d’une autre oméga, Kyôichi recueille alors Neon et l’élève comme son fils. Maintenant, le jeune alpha va bientôt avoir 16 ans mais souhaite d’abord fêter son anniversaire avec son père adoptif. Toutefois, alors qu’il n’avait plus eu de chaleurs depuis sa séparation avec Takane, Kyôichi se retrouve complètement subjugué par les fortes phéromones que dégage Neon.

En conclusion

Je trouve étrange que Isaka sensei n’aborde même pas la question de la différence d’âge. Évidemment, certaines scènes pourront choquer les lecteurs, vu le synopsis. J’ai eu du mal avec le début du récit mais il s’améliore au fil des chapitres et le retournement apporte vraiment une plus-value.

Paparazzi – Nishimoto Rou

paparazzi nishimoto rou
NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782382761106
Hana, 2022
ISBN: 9784396785161 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Titre original: このキスは記事にできない
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une romance au goût d’interdit entre un acteur et un paparazzi! »

Nishimoto Rou sensei narre une romance entre un riche et bel acteur célèbre et un paparazzi peu doué et immature. Elle débute par une relation au consentement plutôt gris, mais qui pousse les deux héros à s’interroger sur leur attirance. Ainsi, elle développe particulièrement la personnalité de ses personnages. Manato a tendance à fuir la réalité et Ryû est prisonnier de l’image de marque qu’on lui a créée. Bien qu’ils aiment leur métier, ils ne s’y épanouissent plus. D’abord dans le déni, leurs sentiments naissent peu à peu. Par ailleurs, l’auteure aborde entre autre, le jugement sur l’apparence, les clichés sur la beauté physique, les différences sociales, la pression des médias et des agences dans le monde artistique. Avec le manager Kido, elle met en avant la difficulté à combiner objectifs de l’agence et états d’âme de l’acteur. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle dessine des personnages plutôt virils et musclés. Par ailleurs, elle détaille les mouvements et renforce les émotions avec des trames d’ambiance. De même, les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de cases, les ellipses, les sorties de cadres et la déformation ou l’absence des cadres. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détaille même les coupes intérieures. Toutefois, elle s’attarde surtout sur la sensualité des ébats. Les illustrations en début de chapitre sont directement intégrées au récit.

En résumé

Malgré sa popularité, l’acteur Honda Ryû (28 ans) s’interroge sur son talent, étant souvent apprécié pour sa beauté. En plus, il travaille pour l’agence dirigée par son père, un ancien acteur. Tandis qu’il se rendait dans un bar, le paparazzi Higa Manato (26 ans) le percute alors qu’il fuyait. Mais à la surprise de la star, le journaliste ne le connaît pas. En effet, Higa vivait aux États-Unis et travaille seulement depuis deux mois pour un magazine au Japon. Comme il n’a toujours pas trouvé de scoop, son patron lui lance un ultimatum. Chez sa petite amie Shiho, le photographe découvre alors que son sauveur est un célèbre acteur. Bien que se sentant redevable, il hésite à suivre Honda. Mais quand il le surprend avec une femme, l’acteur le provoque…

En conclusion

Comme Two sides of the same coin, ce one-shot offre une histoire très sexy et adulte. Je trouve que Nishimoto sensei a vraiment du talent pour construire des personnages touchants, ayant à la fois du charisme et un côté sombre. Pour moi, c’est un coup de cœur!

Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro
NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Number call – Furuya Nagisa

number call furuya nagisa
FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382761137
Hana, 2022
ISBN: 9784758073561 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« A chaque fois que les gens voient mon prénom, ils décident eux-mêmes de comment le prononcer. »

Furuya Nagisa sensei offre une douce et pudique romance dont le thème principal tourne autour du nom. Elle décortique la construction d’une relation, à partir du développement d’une amitié jusqu’aux prémices de l’amour. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs premiers émois. On retrouve déjà son style narratif, par petites tranches de vie: ici, une année de terminale. Eito et Hachi découvrent rapidement d’autres points communs en plus de la signification similaire de leur surnom. Par ailleurs, au fil des chapitres, l’auteure développe un peu plus Yokoi et Kisshi, respectivement les amis de Tachibana et Tomoya. Elle les fait subtilement intervenir auprès des deux lycéens qui ont du mal à déterminer la nature de leurs sentiments. L’histoire bonus satisfait les lecteurs par une conclusion toute mignonne.

La mangaka a un trait épuré encore plus simplifié dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur les petits détails. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est plutôt aérée. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei prenant soin de décortiquer les sentiments.

En résumé

Tachibana Akito, en section littéraire, attire depuis son enfance les quolibets de ses amis car la lecture des caractères de son prénom peut aussi se prononcer « Eito », soit « eight » en anglais. D’ailleurs, son ami Yokoi se moque un peu de lui car il a obtenu 88 à trois contrôles. Par inadvertance, il laisse s’envoler la copie par la fenêtre. Mais un gentil garçon de la section scientifique la ramasse et la rend à Eito avec un grand sourire. Plus tard, Yokoi apprend à son ami que ce gentil garçon s’appelle Tomoya Hatta et qu’on le surnomme Hachi, signifiant également « 8 ». Tomoya est heureux de trouver un ami qui a un nom similaire au sien mais soudain, Tachibana n’ose pas lui révéler son vrai prénom…

En conclusion

Pour son premier manga, Furuya sensei mène déjà très bien son scénario. Elle offre une histoire emplie de douceur et de fraicheur. Elle arrive déjà à pointer les petits moments forts du quotidien de l’adolescence. Je suis d’ailleurs facilement touchée par les deux lycéens qui réalisent petit à petit leurs sentiments sans trop y croire, tout en cherchant à préserver le lien particulier qu’ils nouent. Si vous aimez l’auteure (Les deux lions, Blue summer), n’hésitez pas à vous précipiter sur ce one-shot.