Fangs 1 – Billy Balibally

fangs 1 billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760376
Hana, 2021
ISBN: 9784344846821 (JP)
Gentosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Mordu par malchance, survécu par malchance… »

Billy Balibally sensei crée son propre univers sur les vampires, modernisant le sujet tout en conservant les bases. Elle installe pour l’instant le contexte, présentant les différents protagonistes à travers le travail d’Ichii. Toutefois, elle aborde déjà plusieurs thèmes comme la solitude, l’infidélité, la possessivité, l’amour, confrontés à la longévité de la vie. La narration prend une forme originale avec En qui s’adresse directement aux lecteurs. Le nouveau vampire a du mal à supporter les changements dans son corps et à réfréner ses pulsions. Le « charme » des vieux vampires prend une connotation érotique en plus de la domination, posant la question du consentement dans les ébats. D’ailleurs, En est complètement perdu au contact d’Ichii, ressentant à la fois un sentiment de sécurité et de peur. L’auteure présente diverses formes d’amour questionnant le lien entre les gens. Elle met aussi en place une réelle organisation de prise en charge des vampires.

La mangaka a un trait très fin et épuré gardant tout de même une touche réaliste. Elle dessine des corps finement musclés. Elle tient compte des petits détails, comme les cicatrices, les morsures et les changements. Dans les passage humoristiques, les traits simplifiés donnent un côté mignon aux personnages. Les décors sont présents dans les plans larges. L’utilisation avec parcimonie des trames renforce l’aspect claire des pages, avec surtout des contrastes noir et blanc. D’ailleurs, les trames servent avant tout pour les ombres fortes ou pour colorer. La mise en page est discrètement dynamique. Billy sensei censure les parties intimes par des formes blanches dans les scènes érotiques. Elle récapitule les liens des personnages dans une fiche en fin de tome. Des yonkoma donnent également des anecdotes amusantes. Les illustrations en début de chapitre présentent les vampires qui posent comme dans des magazines de mode.

En résumé

A 19 ans, En s’est transformé en vampire après avoir été mordu lors d’une attaque dans une boîte de nuit. Ichii qui travaille pour la section Protection du département santé et sécurité de Fangs, l’a pris sous sa protection et l’emmène à une soirée des partenaires. En effet, afin de vivre en harmonie avec les humains, le système de partenaires permet aux vampires de se fournir mutuellement en sang. Parfois ces partenariats se transforment en romance mais le plus souvent l’odorat domine sur le cœur. Le petit nouveau au sang encore frais et pur attire donc la convoitise des vampires, dont Utsugi qui se montre vulgaire et la froide Umesaki. Apeuré, En déclare alors choisir Ichii comme partenaire.

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. L’auteure arrive à rendre les personnages secondaires aussi intéressants et attachants que ses héros. Je suis complètement subjuguée par le couple de Masaki et Mariko. J’aime beaucoup Sugi également. En plus, le graphisme est magnifique. Par ailleurs, Billy sensei aborde ses différents sujets avec finesse. N’hésitez pas à vous plonger dans ce merveilleux récit!

Calendula of limbo 2 – Haji

calendula of limbo 2 haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776384
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570990 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Braver la volonté divine pour l’amour.

Haji sensei donne une tournure dramatique à son récit. Elle met en avant les anges et les gardiens. Ainsi, elle aborde la peur de l’incertitude, de la mort imminente, de la séparation. En effet, en plus des batailles contre les dévoreurs, Calen recherche surtout un moyen d’empêcher l’inévitable pour sauver celui qu’il aime. D’ailleurs, alors que l’ange inspecteur manipule nos héros pour faire bouger les choses, la justice divine de cet univers ne semble pas si équitable. L’auteure renforce la cohérence de son univers, ajoutant quelques explications. Elle interroge les lecteurs sur la rédemption, la force de l’amour et les conséquences du comportement humain dans le cycle des réincarnations. Elle développe également le caractère de ses personnages. Par exemple, Calen a changé et dégage beaucoup plus de douceur, devenant un vrai protecteur. Le chapitre final permet de découvrir ce que le couple devient après un final très intense.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Par ailleurs, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses personnages ont des corps musclés. Comparé au tome précédent, les Grandes-oreilles sont plus discrets. Haji sensei soigne les décors. De même, elle varie les trames, privilégie les aplats noirs mais utilise parfois quelques trames d’ambiance. Toutefois, certains pages semblent très sombres. La mise en page dynamique rythme la lecture. Des bandelettes blanches censurent les détails des scènes érotiques. Les illustrations de la couverture et de la première page mettent en scène le couple avec romantisme. Sous la couverture se trouvent la postface et un yonkoma amusant sur Makoto et Calen.

En résumé

Maintenant, Calen forme les nouveaux gardiens sous l’œil admiratif de son petit ami, Onodera Makoto. Mais ce dernier remarque que son père, qui apporte également son aide à la formation, semble fatigué depuis quelques temps. D’ailleurs, sur le chemin du retour, Seishin s’effondre. En effet, il aurait dû se réincarner il y a déjà un an mais refuse de le faire. Comme son âme est liée à celle de son fils, même l’ange inspecteur ne sait pas si le golem survivra. Or Seishin ne souhaite pas priver Makoto du bonheur qu’il a enfin trouvé avec son bien-aimé. Préférant disparaître sans l’inquiéter, il se laisse donc aller et s’évapore…

En conclusion

L’auteure intensifie les évènements dans ce tome conclusif, plongeant le lecteur dans l’action et le drame. Pourtant, elle arrive à nous surprendre avec un happy end. J’aime beaucoup cette romance fantastique où l’amour devient le catalyseur de la vie après la mort. Moi aussi, j’ai envie de couver cet adorable couple.

Calendula of limbo 1 – Haji

calendula of limbo 1 haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776049
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349089 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour apportera-t-il la rédemption dans une vie après la mort?

Haji sensei réinterprète le monde des morts ainsi que la mission des shinigami. Elle crée un univers riche et cohérent, jouant sur le contraste entre un milieu dynamique et vivant accueillant les âmes des morts. Le séjour dans les limbes est une étape avant la réincarnation permettant d’expier ses péchés pour obtenir la rédemption. Ici, le shinigami guide les âmes des morts vers la réincarnation et élimine les dévoreurs, des monstres mangeurs d’âme. Ainsi, l’auteure mêle à la fois action, romance et mystère. En effet, elle révèle au compte-gouttes le secret touchant Golem et son père Seishin. Onodera a rapidement le coup de foudre pour l’ancien soldat et le partage directement. Mais leur relation se développe doucement. D’ailleurs, Calen perçoit en l’amour plus un désespoir qu’un bonheur, conscient de la séparation à venir. En fin de tome et sous la jaquette, des fiches présentent les personnages et les créatures.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et discontinu. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle ne dessine pas le relief des oreilles. Les grandes-oreilles, sorte de lapin cyclope, apporte une petite touche mignonne. Les créatures sont variées, mignonnes ou effrayantes. De même, les habitants du pays des morts ont différents styles, selon leur époque et leur origine. Haji sensei utilise beaucoup de trames, mais peu pour l’ambiance. Elle soigne ses décors. Toutefois, les scènes d’actions deviennent parfois difficile à distinguer, la page étant surchargée. La mise en page dynamique permet tout de même de se repérer facilement. Les scènes érotiques sont censurées par un point lumineux. Les illustrations de début de chapitre montrent les personnages dans un quotidien tranquille, comme sur la couverture et la première page illustrée en couleurs. Sous la jaquette, un yonkoma donne une anecdote amusante sur l’amour paternel.

En résumé

A son décès, le soldat Dürbhein est condamné à perdre ses souvenirs et se réveille donc amnésique dans les limbes. Le gardien Onodera Makoto, alias Golem, l’accueille et lui explique alors qu’il est devenu un shinigami. Complètement perdu, l’ancien soldat a du mal à accepter sa nouvelle condition. Mais la gentillesse et la sollicitude de Golem le touchent petit à petit. Ce dernier lui donne même un nom: Calem. Ainsi, il redémarre une nouvelle vie dans ce pays où les âmes des défunts demeurent en paix.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, le scénario surprend car sur une base simple, l’auteure introduit des révélations approfondissant le côté dramatique du récit. En plus, elle a une approche des anges assez peu commune. J’adore Calen, avec ses cicatrices et sa maturité. Et le grandes-oreilles Poire est tellement adorable. Une fantaisie très sympathique qui interroge sur l’amour après la mort.

Marriage to the wolf – Inui Hana

marriage to the wolf inui hana
INUI Hana 犬居葉菜
ISBN: 9782368777596
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784928 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Un mariage arrangé qui cache en réalité un secret.

Inui Hana sensei aborde le mariage arrangé et la rudesse des premiers contacts auxquels se retrouvent confrontés les deux partenaires non consentants. Elle s’intéresse aux réactions différentes de ses deux héros: tandis que Kaede fait des efforts pour découvrir son futur époux et construire un nouveau bonheur, Ren se montre froid, se contentant de réaliser ce que la famille et les rituels attendent de lui. Cependant, une raison se cache derrière les mariages inter-espèces et l’apathie du loup. Avec Yamabuki Yûshi, le cousin de Ren qui devient un conseiller et un soutien, l’auteure bouscule un peu le couple pour faire évoluer plus vite leur relation. Elle dévoile assez vite le caractère fort et franc du lapin qui finira par toucher Kuroe. Même si l’initiation sexuelle est source de frustration et d’absence d’échange, les sentiments se développent doucement. En plus, la bienveillance de la famille apporte un peu de douceur.

La mangaka a un trait épuré très fin. Elle dessine des hommes avec des attributs d’animaux: des oreilles et une queue. Mais certaines espèces peuvent se transformer totalement en animal ou en animal humanoïde. Les trames d’ambiance sont rares renforçant l’univers presque réaliste. D’ailleurs, les décors soignés s’inspirent de l’architecture ancienne. Des angles de vue variés dynamisent la mise en page. Inui sensei ne montre pas les parties génitales dans les scènes érotiques. Elle se concentre surtout sur les sensations de Kaede. En fin de tome, elle donne beaucoup de détails dans des fiches personnages. Le lecteur se rend alors compte que l’histoire aurait pu être plus approfondie et complexe. Sous la jaquette se trouve une mosaïque de croquis.

En résumé

Dans le village des lapins, la récolte de cette année est très mauvaise et la famine menace. Mais un soir, un envoyé de la famille Kuroe, de la tribu des loups, rend visite au chef du village. Il propose alors de fournir de la nourriture pendant deux ans à condition qu’un membre de la tribu des lapins, quelque soit son sexe, épouse Ren, le futur chef des Kuroe. Le chef du village désigne alors Kaede, un orphelin qu’il avait pris sous son aile, seul jeune encore célibataire. D’abord réticent, le lapin cède aux supplications des villageois…

En conclusion

Ce tome a obtenu la seconde place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2020. J’ai été touchée par ce récit, certains passages me rappelant les histoires de ma grand-mère sur son mariage arrangé. Comme pour les héros de ce manga, elle et son mari sont tombés fous amoureux l’un de l’autre en apprenant à se connaître, même si cela a été difficile au début. Certains lecteurs risquent d’être refroidi par certains passages. Pour ma part, l’univers fantastique me permet de prendre de la distance. D’autant plus que je considère les jingai comme des non-humains avant tout. Je trouve néanmoins dommage que l’on n’en découvre pas plus sur les autres membres des familles. Mais comme l’auteure continue sa série, j’ai un petit peu d’espoir.

The wize wize beasts of the wizarding Wizdoms – Nagabe

the wize wize beasts of the wizarding wizdoms nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372874885
Komikku, 2020
ISBN: 9784863497313 (JP)
Akaneshinsha, 2018 (JP)
Titre original: ウイズダムズのけものたち
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Premiers émois amoureux à l’école de magie.

Nagabe sensei propose de suivre les premiers amours qui naissent dans l’école de magie Wizdoms. Il conserve les caractéristiques des animaux pour créer leurs caractères et spécificités, jouant sur les combinaisons entre ses personnages. Ainsi, chaque chapitre s’attarde sur un couple qui se forme. L’approche reste pudique et se concentre principalement sur les premiers émois. L’auteur présente différentes formes de l’amour: à sens unique, possessif, admiratif, secret, curieux, non assumé, chaleureux, attirant. De même, il confronte l’innocence de la jeunesse face à leurs émotions et les conflits intérieurs des adultes qui tiennent compte des regards extérieurs. Par exemple, la licorne Benjamin cache son homosexualité après avoir subi le rejet de sa communauté, le dragon Fermat ne comprend pas ses propres sentiments et l’amour pur et réciproque entre l’ours Mauchly et l’humain Charles déborde de tendresse. Des fiches techniques sur les animaux terminent chaque chapitre.

Le mangaka humanise avec finesse les différents animaux tout en conservant leurs caractéristiques propres, permettant de les reconnaître immédiatement. Son trait plutôt fin s’adapte au différentes morphologies des personnages, anguleux ou rond, se rapprochant assez de l’illustration. La mise en page plutôt classique privilégie la mise en avant des détails et des petits gestes. De même, les trames servent principalement à colorer ou ombrer. Nagabe sensei préfère jouer sur le contraste noir et blanc, utilisant des pointillés et des traits faits au pinceau ou à la plume pour donner du volume aux décors, aux pelages et plumages divers. Il n’y a aucune scène érotique, mais la sensualité de certains baisers et de certaines caresses se ressent tout de même. En fin de tome, des yonkoma présentent des anecdotes amusantes et mignonnes sur chaque couple.

En résumé

Il y a longtemps, le puissant sorcier Wizdoms a transmit le savoir nécessaire pour que certaines bêtes puissent prendre forme humaine. Ainsi, les thérianthropes, assoiffés de connaissance, construisirent des écoles. Cachée au milieu de la forêt, la prestigieuse école de magie Wizdoms forment donc les plus grands sorciers du monde. Mais entre les études et la vie en commun, certains d’entre eux découvrent également l’amour!

En conclusion

Comme à son habitude dans ses BL, l’auteur s’attarde surtout sur les sentiments et la relation. Ici, le format court des chapitres ne permet pas vraiment d’approfondir le lien entre les personnages. Et pourtant, le mangaka réussit à transmettre l’essentiel, la finesse des émotions et même à démontrer le naturel du sentiment amoureux. Le milieu de l’école magique permet de mieux accepter cet univers fantastique. Un titre à mettre entre toutes les mains!

Fluff for the flightless – hagi

fluff for the flightless hagi

hagi
ISBN: 9782375062043
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829686249 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 神様と飛べない使い
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Une aventure douce et tendre qui réchauffe le cœur au royaume des dieux.

hagi sensei nous entraîne dans un monde de fantaisie où les dieux polymorphes et leurs messagers ailés vivent en harmonie apparente. Avec Baku et Shin, singuliers par rapport à leurs congénères, elle questionne sur la différence et le rejet. Elle préfère maintenir le mystère et le suspense, dévoilant au fur et à mesure du récit l’étrange lien unissant ses deux héros, parsemant des indices. La romance apparaît donc juste en toile de fond. L’auteure décrit avec finesse et pudeur les différents sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer doucement. D’ailleurs, Shin change le plus et entraîne avec lui Baku mais également certains de ses amis comme Yatsude et les triplés. En outre, l’amour divin qu’elle représente est très ouvert. Les triplés apportent une pointe d’humour dans cet univers doucereux mais parfois dur.

La mangaka a un style plutôt shôjo, avec des traits fins épurés, de grands yeux expressifs. Son style convient parfaitement pour rendre le côté moelleux de Baku et la mansuétude des dieux. Les décors sont soignés même s’ils représentent principalement des paysages de montagne et quelques bâtiments. Aussi, certains angles de vue mettent en avant l’esthétique. Les ellipses, vides, emboitements de vignettes et cadrages accordés à son contenu dynamisent la mise en page. hagi sensei joue avec les détails des petits gestes ou des regards. Même s’il n’y a aucune scène érotique, elle fait allusions à la sexualité entre dieux et messagers. En fin de tome, elle présente quelques personnages. Sous la jaquette, elle narre une anecdote amusante et tendre entre Shin et Baku, concluant son récit.

En résumé

Shin est un messager des dieux en apprentissage. Mais comme ses ailes sont noires et atrophiées, il subit depuis l’enfance les railleries de ses semblables. En plus, il a tendance à laisser éclater sa rage. Néanmoins, la seigneurie qui dirige les 32 monts décide tout de même de lui assigner un dieu à servir. Le jeune messager devra donc s’occuper du dieu installé au mont 32, le plus éloigné. En effet, afin d’éviter la corruption, le travail de ces serviteurs consiste principalement à prendre soin de la toison de leur dieu; et plus le mont est éloigné de sa seigneurie, plus le risque de corruption est grand. Arrivé sur place, Shin trouve une grosse boule poilue. Ne recevant aucune réponse à ses questions, il commence à s’affairer. Mais au mont de sa seigneurie, Sanzashi apprend que les divinités des monts proches de celui de Shin ont disparu avec leurs messagers.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs l’apprécient pour son histoire douce et très émouvante. En effet, l’auteure nous plonge dans un univers tellement paisible avec deux héros si touchants qu’on ressort comme apaisé à la fin de notre lecture. En plus, le trait de la mangaka s’est encore plus adouci depuis son premier titre: Ne me quitte pas. Laissez-vous donc envouter par ce dieu duveteux et son adorable messager!

D.S.P. Romeo 3 – Watanabe Asia

DSP romeo 3 watanabe asia

WATANABE Asia わたなべあじあ
ISBN: 9782375061923
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784909460349 (JP)
Junet, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

L’enfance de Kôyô Luna Starla.

Watanabe Asia sensei continue à développer son univers en présentant l’enfance de Kôyô. Elle donne beaucoup de détails sur la spécificité des Luna Starla. Elle partage la narration entre Aurora et Kôyô. L’abondance des informations, denses, demande une certaine concentration à la lecture. Il y a même des explications supplémentaires après la postface. Ainsi, l’auteure aborde la mort, la naissance, l’amour, la vie. Par ailleurs, elle invite indirectement à une réflexion écologique et poétique. En outre, elle semble s’inspirer de divers genres comme la science-fiction ou la fantasy. Nisshô donne une version originale de l’androgyne, modifiant son corps selon les besoins mais conservant une certaine virilité. Ce tome est complété à la fin par des commentaires sur l’artbook et les résultats d’un sondage amusant. En revanche, il faudra attendre le volume 4 pour découvrir réellement la suite du tome 2.

La mangaka soigne vraiment les expressions des visages. Par exemple, Kôyô, enfant, a une bouille adorable qui devient très expressive quand il boude. De même, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques. Les décors s’estompent pour ne pas trop surcharger la page, permettant de mettre en valeur les personnages. Watanabe sensei joue beaucoup sur les noirs et blancs et les clairs-obscurs. Elle utilise également quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique dégage une certaine poésie dans quelques planches. Même s’il n’y a pas de scène érotique, certaines poses exhalent une légère sensualité.

En résumé

Comme Kôyô a sombré dans le coma, Jade entre dans le liquide de Môlska pour tenter de le réveiller. En effet, le Luna Starla a plongé dans ses souvenirs d’enfance et se remémore les soins de Nisshô qui l’a mis au monde et l’a allaité en transformant son corps en femme. Aurora Âron Pilgim, un pèlerin Lycan, s’est immédiatement attaché à l’enfant. Il va même s’occuper de son éducation par la suite. Comme Kôyô a un don d’empathie et de télépathie, il est sensible au flux d’énergie de son nouveau tuteur. Leur lien devient donc très fort au fil du temps. Impressionné par les récits du Lycan sur ses recherches, le jeune Luna Starla jure alors de le protéger dès qu’il intégrera une patrouille.

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingtième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. Et Kôyô LS Balte Romeo est aussi classé vingtième, pour le meilleur uke. Les commentaires sur l’artbook donnent envie de le découvrir. L’auteure s’excuse même auprès des traducteurs pour les mots qu’elle invente. D’ailleurs, il est amusant de lire la réponse du traducteur français. Je suis complètement subjuguée par l’univers complexe de la mangaka au point d’oublier le côté BL. Fans de fantasy, n’hésitez pas!

D.S.P. Romeo 2 – Watanabe Asia

DSP romeo 2 watanabe asia

WATANABE Asia わたなべあじあ
ISBN: 9782375061503
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784896442984 (JP)
Magazine magazine, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

L’amour contrarié de Jade et Kôyô malgré leur attirance mutuelle va-t-il se concrétiser un jour?

Après un premier tome centré sur Kôyô, Watanabe Asia sensei s’attarde un peu plus sur Jade. Elle débute son manga par une fiche de rappel, précisant l’âge de certains protagonistes. Elle maintient le suspense au fil du récit mais pose des indices à l’adresse des lecteurs leur permettant de découvrir les secrets de Kôyô avant Jade. En outre, Bardô entretient un lien particulier avec Diager et Kôyô, étant arrivé jeune dans la brigade. Sa piété presque filiale l’empêche donc de s’émanciper mais tout s’accélère avec le combat contre le basilic puis ses observations d’Îra et Diag. L’histoire principale se termine sur un cliffhanger insoutenable. L’auteure alterne la narration entre ses protagonistes. Elle développe trois chapitres bonus permettant d’approfondir les sentiments des personnages et leur passé. Elle donne un aperçu du triste destin des Lycans trop vieux en introduisant Krihl et Douglas.

La mangaka a toujours un trait aussi stylé. Elle les simplifie pour les passages humoristiques. Par exemple, les Lycans ont des têtes de chat trop adorables. De profil, les nez sont assez pointus. Les cils longs et épais soulignent les regards. De même, Watanabe sensei donne une certaine originalité aux vêtements, à la faune et la flore. Elle apporte un côté mignon aux slayers en ajoutant des oreilles à la capuche de leur uniforme. Malgré des trames variées, elle ne surcharge pas trop ses pages. La mise en page reste donc dynamique, accompagnant même les actions. Bien que détaillées avec des coupes intérieures, les scènes érotiques évitent de montrer explicitement les parties génitales en les occultant ou en simplifiant les traits. D’ailleurs, le découpage précis des ébats entre Jade et Kôyô donne quelques indices permettant d’anticiper la suite.

En résumé

Kôyô Luna Starla Balte Roméo (112 ans) a cédé aux avances de son sous-capitaine, Claudio Rikaon. Curieux de son lien avec Jade Bardô (33 ans), Rika lui demande quelques explications. En fait, depuis que Diager Diadelte a été blessé par un basilic, le jeune Lycan évite de toucher son supérieur. En effet, ils étaient absents durant l’attaque, Jade étant parti à la recherche de Kôyô, perdu et affaibli par ses chaleurs. Quand Bardô trouve Rika dans le bain avec Kôyô, il laisse exploser sa colère. En mission, quand un basilic attaque Braddy, le capitaine réagit immédiatement mais est blessé. Jade chute avec lui et le basilic dans un marais en tentant de le rattraper. Sous sa forme bestiale, il réussit tout de même à tuer l’animal. Son capitaine n’arrivant pas à se soigner, il lui donne alors de son sang. Pour calmer leur état d’excitation, ils finissent par coucher ensemble.

En conclusion

Ce tome a obtenu la huitième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. La couverture de l’art-book Romeo colors a également été classé troisième. Et Jade est le 14ème meilleur seme. En effet, malgré les nombreuses scènes érotiques, le scénario développé maintient le lecteur en haleine, avec un graphisme agréable. La souffrance de l’amour unique presque irréalisable quand on vit longtemps semble une réelle torture. J’ai juste envie de soutenir Jade et Kôyô!

D.S.P. Romeo 1 – Watanabe Asia

DSP romeo 1 watanabe asia

WATANABE Asia わたなべあじあ
ISBN: 9782375061183
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784896442717 (JP)
Magazine magazine, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les amours compliqués d’un lycanthrope de type rare, capitaine d’une patrouille de slayers.

Watanabe Asia sensei commence son manga par plusieurs fiches explicatives, posant son univers complexe et son fonctionnement. Elle présente également les personnages. En effet, elle plonge ensuite le lecteur directement dans l’action et l’invite à suivre la patrouille mobile de chasse des gargouilles d’Axition, Balte Roméo. La psychologie de ses personnages est travaillée, même pour les intervenants secondaires. La droiture de Jade contraste avec le caractère volage de Kôyô. Cependant, l’auteure dévoile la spécificité du capitaine au fur et à mesure, révélant un autre aspect du Lycan. Elle développe tranquillement leur romance, questionnant la place de l’amour et des sentiments dans l’immortalité, l’appartenance à un partenaire unique, les contradictions entre le corps et l’esprit. Comme les lycanthropes sont soumis à des périodes de chaleurs et de rut, le sexe semble un acte naturel presque mécanique.

La mangaka a un trait particulier, avec beaucoup de courbes, jouant sur les différentes épaisseurs des lignes. Elle exagère les expressions ou simplifie ses traits, donnant une touche humoristique. Un côté mignon se dégage également selon les regards. D’ailleurs, certaines scènes fan service permettent d’admirer la plastique des Lycans, tous musclés. Par exemple, Kôyô se tient souvent cambré, faisant ressortir son beau fessier. Watanabe sensei travaille particulièrement les détails: les cheveux dégagent de la finesse, les décors sont très présents. Elle pense même à laisser un espace dans le string de Kôyô pour la queue quand il se transforme. Elle utilise beaucoup de trames: rien que pour Jade qui a la peau mat. Les scènes érotiques sont assez explicites, avec des coupes intérieures. Pourtant les sexes simplifiés évitent ainsi la censure.

En résumé

Les lycanthropes sont des guerriers presque invulnérables, mi-homme mi-félin. Nathanaël Hager, de la patrouille mobile Balte Roméo, est réveillé le matin par la perruche cornue Tai, affamée dès l’aube. Une fois les préparatifs du petit-déjeuner prêts, Gill Aurélios tente en vain de réveiller leur capitaine, Kôyô Luna Starla. Mais seul le bras droit de ce dernier, Jade Bardô, réussit en l’aspergeant de café. Le jeune Lycan est assez distant avec son supérieur depuis que ce dernier lui a fait une fellation quand il était jeune. En effet, Kôyô est un lycanthrope particulier qui dégage énormément de phéromones, compliquant ainsi ses relations avec ses coéquipiers pendant les périodes de chaleurs. Durant son bain dans un onsen, il surprend alors le basilic qui aurait attaqué leur ancien capitaine Diager Diadelte. Grâce au pouvoir dopant du sang de Jade, Kôyô revêt sa forme bestiale et se prépare donc au combat.

En conclusion

Ce tome a obtenu la neuvième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2016. Dans ses commentaires, l’auteure précise qu’elle dessine cette série « à titre expérimental à partir d’un tout petit bout d’une trèèès longue histoire développée en parallèle ». Il est clair que son univers foisonnant a été mûrement réfléchi et je n’ai qu’une seule envie: me plonger dans le tome suivant!

Zhenniao – Monzen Yayohi

zhenniao monzen yayohi

MONZEN Yayohi 文善やよひ
ISBN: 9782368775455
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784829685754 (JP)
Printemps shuppan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une créature à la beauté toxique qui ne souhaite qu’être aimée.

Dans ce one-shot, Monzen Yayohi sensei s’inspire du zhen (鴆), un oiseau légendaire chinois très coloré. Comme il se nourrit de serpents venimeux, il possèderait un poison très puissant. L’auteure installe son histoire dans une ville indéterminée de la Chine ancienne et personnifie l’animal. Elle développe principalement l’évolution de la relation, d’abord paradoxale, entre l’ancien éleveur et le zhen caractériel. Elle s’intéresse parallèlement à l’apparence, aux valeurs de la beauté ainsi qu’aux conditions de vie des animaux considérés comme des objets. Son scénario est bien mené. A cause des risques du poison, ces deux cœurs brisés ont peur de se toucher. D’ailleurs, le chapitre bonus conclut sur leur premier coït. Une histoire avec des fleurs et un insecte personnifiés complète ce tome, mettant en avant l’arisème dragon.

La mangaka respecte le style architectural de la Chine ancienne et intègre beaucoup de décors. Elle soigne particulièrement les costumes. Son graphisme aux traits fins est plutôt anguleux. L’oiseau semi-humain est esthétique et original. Les visages expressifs transmettent facilement les sentiments des personnages. Les trames et les motifs rendent les nuances des couleurs du plumage. Les cadrages sont assez dynamiques, cependant il y a peu d’actions. Les scènes érotiques sont détaillées; par contre, la profusion des motifs, entre plumes et vêtements, brouille leur appréciation. En fin de chapitre, l’auteure présente des dessins de quelques plantes toxiques. Les illustrations en début de chapitre et sous la jaquette mettent en exergue l’ambiance du récit et la richesse de sa plume.

En résumé

Zhenniao / Bonus: Dans un lointain pays, il existe un oiseau semi-humain, le zhen. Il se repait de nourriture toxique lui conférant un plumage multicolore de toute beauté. Malgré sa dangerosité, certains propriétaires n’hésitent pas à exhiber ces oiseaux comme de simples objets pour afficher leur pouvoir. Le zhen Cai Hong est soupçonné d’avoir tué son éleveur, Ran. Pourtant, il a été vendu au grand maréchal Huang. Fei, le frère de Ran, a abandonné l’élevage depuis quelques années pour devenir militaire. Cependant, il se retrouve à s’occuper du rebelle oiseau dont le plumage demande des soins particuliers…
Devenir la plus belle des fleurs: Un insecte butineur, prenant son travail à cœur, avait été déçu par une fleur stérile qui disait l’aimer. Mais l’année suivante, elle est devenue la plus belle des fleurs…

En conclusion

Cette romance fantastique au graphisme poétique est entrainante. De plus, l’évolution de la relation entre les personnages est intéressante, pleine de contradictions. Une autre histoire de la mangaka, Zhen Hiyoku no tori (鴆 比翼の鳥), se passe dans le même univers et narre la relation entre un zhen blanc non venimeux et un zhen multicolore toxique. Dommage qu’elle ne soit pas traduite! Ce one-shot a obtenu la troisième place du manga original au Chill Chill BL award 2016.