Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

Mon cher roi démon – Soutome Emu

Couverture de Mon cher roi démon de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065525
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526584 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Titre original: 親愛なるわが魔王へ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je vais devoir vérifier la magie qui contrôle les sentiments. »

Soutome Emu sensei narre une douce romance entre un roi démon et un griffon qu’il a d’abord élevé. Ainsi elle interroge sur l’amour parental, amical et amoureux. Elle installe rapidement son univers et dévoile les détails à travers les discussions. D’ailleurs, la narration alterne entre Topaze et Rubis. Malgré son puissant pouvoir, le roi démon a la fâcheuse tendance à se surmener, faisant passer les autres avant lui. Le griffon, quant à lui, prend soin de son père adoptif et préfère cacher ses sentiments amoureux. Leurs amis, le magicien Jade et son compagnon Perle, les soutiennent, devenant leurs confidents. Le comportement violent et avide des humains se confronte à des êtres fantastiques qui n’aspirent qu’à la paix. Par ailleurs, l’autrice montre le double tranchant de la pression. Elle aborde le sacrifice de soi, les choix douloureux parfois nécessaires. Avec la forme animale de Topaze, elle s’attarde sur l’influence de l’instinct.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames sont très variées. Toutefois, des hachures soulignent également les ombres fortes. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page très dynamique joue sur les absences de cadre et les angles de vue variés. Soutome sensei s’attarde sur les petits détails, semant des indices au fil des pages. Elle s’inspire de différents costumes, monstres et univers fantastiques pour créer son propre monde. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sur l’île des démons et des pierres précieuses, il y a quarante ans, le très puissant roi des démons Rubis a recueilli un œuf de griffon abandonné. Grâce à sa magie, Topaze a alors pris une forme humaine. Maintenant adulte, il prend soin du roi des démons qui s’épuise à ressusciter les démons morts durant la guerre contre les humains. Il réprime au mieux ses sentiments amoureux mais aimerait ne plus être considéré comme un enfant…

En conclusion

Bien que Soutome Emu sensei aille à l’essentiel avec quelques raccourcis, les explications contées collent parfaitement au récit. Elle alterne tension, humour et émotions. En effet, elle dépeint avec finesse les sentiments des personnages. D’ailleurs, le couple avance à son rythme respectant le consentement entre eux. Le graphisme est expressif et agréable. J’aime beaucoup la dynamique entre Rubis et Topaze. Une lecture charmante!

Fangs 3 – Billy Balibally

Couverture de Fangs 3 de Billy Balibally, éditions Taifu

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375065587
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784344853744 (JP)
Gentosha, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« La couleur du destin est le rouge. »

Billy Balibally sensei révèle le passé d’Ichii. Avec l’introduction du cruel Megi, elle explique l’origine des Fangs ainsi que des vampires. Elle analyse également les autres croyances autour des vampires. En effet, Megi représente l’image classique du vampire manipulateur et immortel qui abuse de son pouvoir tandis qu’Ichii, qui a tendance à culpabiliser, cherche à expier ses fautes passées. En apporte une note de fraîcheur par son innocence mais s’affirme de mieux en mieux. Comme dans le tome précédent, Sugi, Masaki et Mariko apportent conseil et soutien. Ainsi, l’autrice interroge sur l’influence du sang et de l’envoutement sur les sentiments. Elle aborde la difficulté à avancer lorsque l’âme est blessée, l’importance de la famille même recomposée et la nécessité de parler franchement. Elle conclut l’arc sur le couple d’Ichii et En mais éveille la curiosité des lecteurs sur de possibles suites. Par ailleurs, les histoires bonus détendent un peu l’atmosphère.

La mangaka a un trait fin avec des contours parfois dédoublés. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie et l’arrondit. D’ailleurs, En se transforme en adorable SD et Ichii en wanko. Les trames équilibrées ont une dominante claire qui contraste avec le noir des costumes. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page dynamique met en avant l’esthétique générale des tenues, des positions recherchées et la plastique des corps. Ainsi, Billy Balibally sensei s’attarde sur les détails comme les gestes et les réactions. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. La décomposition des mouvements intensifie la sensualité des corps. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices. En fin de tome, il y a des fiches personnages avec leurs liens.

En résumé

L’apparition de Megi perturbe énormément Ichii qui prend alors des risques. Inquiet, En essaie désespérément de le faire parler. Le vampire se confie alors à demi-mots. Mais il refuse de lui dire le plus important. N’arrivant pas à le comprendre, En fuit…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Billy Balibally sensei conclut avec intensité l’arc d’Ichii et En. Elle maintient le suspense jusqu’au bout tout en alternant entre tension, humour et érotisme. Son graphisme est tout simplement magnifique. J’ai hâte de découvrir la suite! En reprenant les droits de la série, les éditions Taifu comics ont également réédité les deux premiers tomes, idéal pour harmoniser sa collection ou découvrir cette excellent série sur les vampires. Une merveilleuse lecture!

Le serpent et l’oiseau – Natsuo Nna

Couverture de Le serpent et l'oiseau de Natsuo Nna, éditions Taifu

NATSUO Nna 夏生んな
ISBN: 9782375065174
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686492 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: スズヘビ求愛論
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mais as-t-on déjà vu un oiseau amoureux d’un serpent? »

Natsuo Nna sensei propose de suivre une romance surprenante entre un serpent et un moineau. Elle mêle les caractéristiques animales au folklore japonais, reprenant les croyances autour des serpents blancs. Ainsi, elle interroge sur la place de proie et de prédateur, le rapport à la nourriture, l’influence de l’instinct. L’impulsif moineau Komazu a tendance à agir sans réfléchir au contraire du réfléchi serpent Shiratô qui cherche toujours à comprendre avant toute action. Malgré leurs différences, les deux amis voient leurs sentiments se transformer en amour. Ils cherchent également à dépasser leur incompatibilité sexuelle pour s’aimer. L’autrice aborde entre autres la découverte du corps, l’acception du partenaire tel qu’il est, la peur de perdre le contrôle de soi ainsi que la culpabilité. Par ailleurs, elle met en avant le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle s’inspire des caractéristiques animales pour les motifs des kimonos ainsi que les habitats. Les pages chargées utilisent beaucoup de trames mais dans des tons plutôt clairs. De même, les décors très travaillés et présents rendent parfois la vignette confuse par la profusion de détails. Par ailleurs, les trames d’ambiance sont graphiques. Un fond noir indique les rêves. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, avec des superpositions, l’absence de cadre, des vignettes aux formes variées. Dans les scènes érotiques, Natsuo sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. A noter qu’elle reprend les spécificités animales des organes génitaux. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène les deux héros dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a une illustration et un poème amusant.

En résumé

Le moineau Komazu cherche des ingrédients dans la forêt. Il évite alors de justesse de se faire écraser par un kaki grâce à un serpent. Ce dernier lui vient même en aide lorsqu’une horde de sangliers passe, risquant de le piétiner. Pourtant, malgré la gentillesse du serpent, le moineau doute de la sincérité du prédateur. Lors de leur seconde rencontre, ils se disputent…

En conclusion

Pour son premier manga, Natsuo Nna sensei maîtrise déjà bien son style graphique, chatoyant et mignon. D’ailleurs, elle n’hésite pas à ajouter des transformations en animal toutes mignonnes. Malgré un contenu dense, elle développe l’essentiel des sujets dans ce format one-shot, proposant un récit rythmé, mêlant suspense, humour et romance. J’espère découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Love is money 2 – Panda

love is money 2 panda

Panda 熊猫
ISBN: 9782382760697
Hana, 2024
ISBN: 9784773072402 (JP)
Kasakura publishing, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Petites bouilles, instants tendres et quiproquos. »

Panda sensei propose de découvrir la suite des aventures de Sora et Eril. Avec le retour à l’enfance du démon, elle aborde la question de la différence d’âge mais également des souvenirs. Elle révèle encore quelques brides du passé d’Eril. Les changements d’humeur de Sora ainsi que le caractère surprotecteur de Düla apportent beaucoup d’humour. Bien que le retour à l’enfance du démon soit un prétexte pour proposer des tenues toutes plus mignonnes les unes que les autres selon les saisons, cela permet à l’ange pervers de s’interroger sur sa relation et surtout de découvrir un peu la vie de famille et de la parentalité grâce à Amo. En effet, l’auteure évite les situations malaisantes, jouant plutôt sur les quiproquos. D’ailleurs, elle continue à développer son univers en apportant quelques précisions sur les différences entre démons et anges. Bien qu’entouré, Eril découvre la solitude avec l’absence de l’être aimé.

La mangaka a un trait épuré et anguleux aux contours plus épais. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à le déformer. Elle joue d’ailleurs beaucoup sur les différents âges de Sora pour proposer différentes expressions en SD. Le chat Megiddo apporte une touche mignonne supplémentaire. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les décors, tracés à la main, situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs très dynamique. Panda sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures. Comme dans le tome précédent, elle offre une panoplie de tenue très fashion, jouant même sur le cosplay et présente une collection de tenues pour Sora et Eril selon des thèmes sous la jaquette. Elle reprend le thème du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le démon Sora se retrouve tout seul pour ranger les stocks et peste contre l’ange Eril qui a la mauvaise manie de tout garder. Mais quand il trouve une boîte avec de vieux vêtements et un appareil photo, sa corvée se transforme immédiatement en amusement. Fier de sa trouvaille et découvrant que l’ange ne possède aucun album, il propose alors à Eril de voyager ensemble pour faire des photos souvenirs. Ce dernier craque alors totalement pour son mignon petit ami mais ce dernier prend du temps à se mettre dans l’ambiance. Au matin, quand Eril se réveille, il trouve Sora redevenu bébé dans son lit!

En conclusion

Panda sensei offre une suite pas forcément indispensable mais amusante et divertissante. Elle met en avant l’humour et délaisse un peu les scènes érotiques. Même Eril semble être devenu moins pervers. Avec les changements de tenues selon les saisons et les différentes bouilles adorables de Sora, ce tome est un plaisir pour les yeux. Il plaira donc à tous ceux qui ont apprécié le premier volume. Peut-on dire que ce récit est moe?

L’épouse de la bête – Akihisa Teoh

l epouse de la bete akihisa teoh

AKIHISA Teoh 秋久テオ
ISBN: 9782382764176
Hana, 2024
ISBN: 9784861239113 (JP)
Bright, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Agis comme le monstre que tu es et va le bouffer. »

Akihisa Teoh sensei narre une romance fantastique sur la cohabitation après un mariage arrangé. Elle explique son univers au fil des chapitres. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs questionnements. Kyôya se montre très ouvert et curieux mais cache un lourd secret. Hinata qui a toujours été rejeté par ses pairs, se laisse peu à peu séduire par les attentions de son partenaire. Ainsi, le couple apprend à se connaître, se parlant franchement et construisant une relation de confiance. En effet, bien que considéré comme des monstres, les deux hommes ont une sensibilité bien plus humaine que leur entourage. L’auteure aborde entre autres la diversité culturelle, le rejet des différences, la tendance au repli sur soi face à l’inconnu, le viol conjugal. Avec Izaya, le frère aîné de Kyôya, elle ajoute quelques tensions.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie énormément les expressions des visages, détaillant la forme des sourcils ou de la bouche. Des têtes d’animaux en SD tout choupi permettent de savoir qui parle. Malgré les quatre oreilles, celles d’apparence humaines plus pointues rappellent plutôt les oreilles des bêtes fantastiques du folklore japonais, renforcés par les yeux effilés. Les trames très nombreuses dans une palette variée rendent les dégradés et les différentes ombres. Par ailleurs, les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique varient souvent les cadrages. Akihisa sensei agence savamment ses vignettes, facilitant la lecture tout en installant des pages contemplatives. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

L’homme renard Hinata est envoyé comme épouse au fils du chef des hommes loups Kyôya, pour sceller un accord de paix entre les deux espèces. Mais en réalité, étant un esprit renard à neuf queues détesté par ses semblables, il a pour mission de tuer son futur époux lors de leur nuit de noces afin de provoquer un conflit. Toutefois, il échoue et tente alors de s’enfuir. Mais Kyôya le rattrape, bien décidé à consommer son mariage quelque soit le sexe de son partenaire. Face à l’envie de mourir de Hinata, le loup lui ordonne de rester en vie à ses côtés. Pourquoi s’attacher à ce renard qui n’a aucune valeur?

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-septième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Akihisa Teoh sensei présente un couple touchant et développe des sujets très actuels à travers un univers pourtant fantastique. En plus, son graphisme est un bonheur pour les yeux avec la finesse de ses expressions. Attention, certains lecteurs pourront être choqués par certains passages. Je fonds complètement pour ce récit! J’adore les deux personnages, particulièrement le caractère de Kyôya. Un coup de cœur!

Fangs 2 – Billy Balibally

fangs 2 billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382761854
Hana, 2023
ISBN: 9784344850149 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« J’ai eu la chance d’être recueilli et la malchance de tomber amoureux. »

Billy Balibally sensei maintient le suspense en semant des indices au fil des chapitres sur le mystère entourant Ichii. Elle met également en avant les responsables de l’enquête sur les massacres ainsi que leurs premières conjectures. Par ailleurs, elle révèle les secrets autour du système de partenaire, permettant de réguler les pulsions des vampires. Ainsi, En se retrouve partagé entre ses angoisses et son attirance pour Ichii qui le gâte mais se montre de plus en plus câlin, atteignant ses limites. Le doute perturbe la relation du couple en formation. Comme dans le tome précédent, l’auteure aborde différentes formes d’amour, en particulier l’interaction entre humains et vampires. En introduisant Lotus, un humain adopté par des vampires, elle attire l’attention sur l’appréhension du temps qui évolue avec l’âge. Utsugi apporte une touche humoristique avec son comportement extravagant tandis que Sugi et Aogiri deviennent des soutiens précieux pour leurs amis.

La mangaka a un trait anguleux qui s’arrondit et se simplifie dans les passages humoristiques. Ichii se transforme même en démon tandis qu’En devient un bébé. Les cadrages très serrés s’attardent sur les détails et les petits gestes. De même, la plastique des personnages est mise en avant. Les trames en aplat et utilisées avec parcimonie privilégient les contrastes noir et blanc. La mise en page plutôt classique dégage une certaine rigueur mais la composition devient dynamique avec les jeux d’angles de vue variés et un découpage parfois cinématographique qui décompose les mouvements. Par ailleurs, Billy sensei intègre des respirations. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes en enlevant leurs contours et en les tramant simplement. Elle s’amuse toutefois à personnaliser les pénis. Les illustrations en début de chapitre sont des portraits encadrés de noir. En fin de tome, des yonkoma donnent des anecdotes sur certains chapitres.

En résumé

Un appel téléphonique interrompt En et Ichii en plein câlin. Momiji leur demande un travail urgent: invité au mariage de son ex, Sayaka, il hésite à y aller. En effet, l’humaine connaît sa condition de vampire mais il a peur de sa réaction, n’ayant pas changé physiquement en vingt ans. Finalement convaincu par En, les trois hommes se retrouvent donc à courir dans les magasins pour préparer Momiji avant de rejoindre la cérémonie.

En conclusion

Ce tome obtient la seconde place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Billy Balibally sensei alterne avec brio humour, suspense et érotisme. Elle crée des personnages secondaires aussi attachants que ses deux héros. En plus, son graphisme est un pur bonheur pour les yeux. J’apprécie la maîtrise du scénario et l’univers particulier de la mangaka. Et belle surprise: mon cœur a fait un bond quand j’ai vu Momiji signer son message à Sayaka. Un petit détail discret mais qui fait plaisir!

My number one 1 – Sakurabi Hashigo

my number one 1 sakurabi hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782351809457
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799714430 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Titre original: 抱かれたい男1位に脅かされています。1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke trop fiers qui cèdent à des seme sadiques.

Sakurabi Hashigo sensei offre un recueil de 5 histoires, avec des uke orgueilleux qui cèdent au harcèlement de seme sadiques. L’humour joue donc sur les confrontations entre les personnages. Le récit principal, qui donne son titre au manga, met en avant l’amour passionné, violent et incontrôlable de Junta pour Takato, alors que ce dernier le voit avant tout comme un rival. D’ailleurs, Junta n’a pas de limites pour obtenir l’amour de son idole. « Lost god » est un récit fantastique avec une fin surprenante. Ensuite, « Lover thief » narre un threesome imposé avec deux amis d’enfance qui se volent d’habitude leur partenaire. L’auteure joue encore sur l’effet de surprise avec des personnalités différentes de ce qu’elles paraissent. Elle reprend également ce thème dans son quatrième récit. Par contre, sa dernière histoire propose un récit à part, avec une touche à la fois mélancolique et fantastique.

La mangaka a un trait très épuré et anguleux, qu’elle simplifie au maximum dans les passages humoristiques. Elle représente le côté angélique de Junta en lui affublant d’adorables petites ailes. Cela renforce l’effet comique avec le contraste de son regard avide et pervers. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par ailleurs, les décors situent surtout l’action. Dans les scènes érotiques, Sakurabi sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle offre une scène érotique presque à chaque chapitre et n’hésite pas à faire des gros plans des détails. Elle présente les protagonistes à la fin de certaines histoires, détaillant même les personnages secondaires. Sous la jaquette, se trouvent une planche de « My number 1 » et un petit commentaire de l’auteure avec un dessin.

En résumé

My number 1 / Epilogue: L’acteur Saijô Takato a 20 ans de carrière et est resté classé numéro 1 du top des hommes avec lesquels on aimerait le plus coucher pendant 5 ans. Mais maintenant, il occupe la seconde place, devancé par le jeune Azumaya Junta, acteur depuis seulement trois ans. En plus, dans le prochain film où ils jouent ensemble, le nouveau a obtenu le premier rôle. Takato rumine sa frustration intérieurement, bien décidé à retrouver sa place de numéro 1. Toutefois, Junta l’invite à boire un verre pour demander conseil. Quand Takato se réveille, il est nu dans le lit du jeune acteur…
Lost god / Epilogue: Pour le punir de sa frivolité, la déesse mère envoie le dieu Mitsuboshi sur Terre, privé de ses pouvoirs. Pour revenir, il doit alors obtenir l’amour de la première personne qu’il rencontrera. Mais il tombe sur Takeru, un homme.
Lover thief / Epilogue: Takahara Seigo, président des délégués et excellent élève, sort avec le mignon Fujisaki Yûya. Ninomiya Yukio se présente à lui comme l’ami d’enfance de son petit ami. Il le piège alors pour faire des photos érotiques après l’avoir attaché…
Sado switch / Epilogue: Sakurada Kôtarô admire tellement l’acteur Kokubo Nobuo, qu’il est entré dans une troupe de théâtre. Malheureusement, il n’a que des petits rôles. Mais un soir, alors qu’il fermait les portes du théâtre, il tombe sur son idole en train de s’entrainer…
Un été sur le toit de l’école: Yoshimi Manabu s’est pris son premier râteau et adoucit son chagrin en admirant le ciel sur le toit du lycée. Soudain, apparaît Soe Shôta qui n’hésite pas à feuilleter le carnet de croquis du lycéen. L’inconnu le félicitant, Manabu se confie alors à lui…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2015. Il se classe également 2ème meilleur manga érotique. Azumaya Junta est classé cinquième meilleur seme et neuvième meilleur personnage érotique, tandis que Saijô Takato est cinquième meilleur uke et cinquième meilleur personnage érotique. Ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains. En effet, Sakurabi Hashigo sensei base l’humour sur la même ficelle scénaristique jouant sur le non consentement. Les personnes sensibles pourront donc être choquées par les viols qui aboutissent à des romances. Personnellement, gardant en tête qu’il s’agit d’une fiction, j’apprécie tout de même la dynamique du couple principal qui évolue petit à petit.

Wolf pack – Billy Balibally

wolf pack billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760994
Hana, 2022
ISBN: 9784866572475 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je ferais tout pour toi. Alors ne l’oublie pas… Partenaire. »

Billy Balibally sensei revisite les légendes nordiques pour nous offrir une romance fantastique avec des hommes-loups. Elle alterne la vie normale de l’animal comme la chasse, la protection de la meute et du territoire, l’éducation des petits, avec des discussions sur des sujets humains comme la paix, la place de l’amour. Garmr et Hati se chamaillent souvent pour le poste d’alpha. De même, les louveteaux apportent des touches d’humour par leurs bêtises. Les deux loups alphas faisant passer la meute avant eux, s’interrogent sur leurs sentiments naissants et leur sensibilité humaine. A travers Ghir, l’auteure introduit l’histoire de Fenrir et de ses descendants. Elle dénonce également quelques points de tension avec les humains. Dans sa postface, elle confie ses inspirations.

Malgré un trait fin, la mangaka dessine des personnages virils sous leur forme humaine. Elle détaille les mouvements des oreilles et de la queue, s’inspirant du langage corporel des loups. Par ailleurs, elle n’oublie pas d’ajouter les cicatrices pour les reconnaître. Par contre, les louveteaux avec uniquement un visage humain sont à la fois mignon et amusant graphiquement. Les décors ancrent le récit dans un univers réaliste. Les trames variées et équilibrées jouent beaucoup sur les contrastes noir et blanc. De même, la mise en page met en valeur les scènes d’action. D’ailleurs, Billy sensei utilise à merveille les emboitements de cases, les grandes vignettes et les doubles-pages. Dans les scènes érotiques, pudiques, elle s’arrête aux préliminaires. En début de tome, elle présente un arbre généalogique, une carte et des explications sur la hiérarchie entre les loups. La couverture a obtenu la vingtième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Loin dans la montagne vivent les descendants de Fenrir, mi-hommes mi-loups. Le loup alpha du peuple de la vallée, Garmr, a ramené un cerf pour fêter un pacte avec la meute du lac qui leur permettra de partager un point d’eau. Il devait au départ épouser la femelle alpha Sköll. Mais suite au récent décès de la louve dans un accident, son frère jumeau Hati propose alors de la remplacer. Les deux mâles ne pouvant donner une descendance, Garmr espère que les bêtas pourront accomplir ce devoir pour renforcer les liens de la nouvelle famille. En effet, il a bien l’intention de prendre Hati comme partenaire…

En conclusion

On se laisse facilement happer par cette histoire fantastique concise mais entrainante. Les personnages attachants gardent toutefois une certaine animalité. En plus les paysages neigeux nous transportent directement dans cet univers. Un coup de cœur qui nous laisse un tout petit peu sur notre faim de loup!

Love is money 1 – Panda

love is money 1 panda
Panda 熊猫
ISBN: 9782382760680
Hana, 2021
ISBN: 9784773071955 (JP)
Kasakura publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un démon pur et innocent manipulé par un ange sadique.

Panda sensei offre une comédie romantique entre un démon angélique et un ange diabolique. Elle joue beaucoup sur la naïveté extrême de Sora dont profite le sadique Eril pour enchaîner les scènes érotiques. D’ailleurs, l’ange se comporte plus comme un mafieux, utilisant tous les moyens à sa disposition pour tourmenter à sa manière le jeune démon: chantage, manipulation, augmentation de la dette. En plus, Sora est tellement bête qu’il prend du temps pour réaliser ses sentiments. Le chat Magiddo apporte également une touche mignonne ou humoristique avec ses commentaires. Malgré le smut, les quiproquos s’enchainent. L’auteure aborde un peu les thèmes du deuil et de la solitude en développant le passé touchant d’Eril. Toutefois, elle n’approfondit pas son sujet. En effet, elle explique dans sa postface que son récit devait d’abord être court. Malheureusement, on ressent le changement d’orientation dans la narration.

La mangaka a un trait épuré très anguleux, avec son propre style. Elle le simplifie au maximum dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle déforme complètement les visages qui se rigidifient ou s’arrondissent, avec des contours plus épais. A noter que malgré son âge, Sora a un corps plutôt adolescent. Les décors, dont on ressent le tracé à la main, alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique, malgré un aspect un peu chargé. En effet, il y a beaucoup de phylactères et d’onomatopées. En plus, Panda sensei joue souvent sur les répétitions de cases dans ses gags. Elle dessine des tenues très fashion. D’ailleurs, elle commente un défilé de mode de Sora sous la jaquette. La couverture utilise beaucoup de couleurs. Les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre, ne sont pas censurées.

En résumé

Le démon Sora a fuit sur Terre pour éviter un mariage arrangé mais après s’être fait voler son argent, il se perd dans un quartier de Tokyo. Entendant une dispute, il se retrouve impliqué malgré lui dans la bagarre. Heureusement, l’ange Eril, propriétaire du bordel pour hommes Paraiso, le protège et lui propose même un logis et un travail. Toutefois, alors que le jeune manager Amo enseigne au jeune démon quelques ficelles du métier, ce dernier prend peur quand il entame une fellation. En effet, totalement pur et ignorant des choses sexuelles, il ne comprend pas la nature de son futur emploi. Eril décide alors d’initier Sora…

En conclusion

Ce tome n’est pas classé au Chill chill BL award 2019 mais il est cité parmi les meilleurs mangas palpitant dans une vision du monde. Dans sa postface, l’auteure précise jouer volontairement sur l’aspect adolescent de Sora. Cela pourra donc choquer la sensibilité de certains lecteurs, d’autant plus que les rapports ne sont pas consentis. Malgré des personnages attachants, l’histoire reste simplement divertissante. Par contre, le graphisme de Panda sensei est un pur bonheur. J’espère découvrir d’autres de ses titres.