Goodbye irony dress – Miyoshi Ayato

goodbye irony dress miyoshi ayato

MIYOSHI Ayato みよしあやと
ISBN: 9782375062357
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784758073585 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le combat d’un lycéen pour faire accepter son orientation sexuelle à sa mère.

Miyoshi Ayato sensei s’intéresse aux dégâts que peut engendrer une vision tronquée de l’homosexualité sur un adolescent en pleine période charnière de construction de l’identité. Avec la mère de Keiichi, elle dénonce les clichés que certaines personnes portent sur la communauté LGBTQ. Le lycéen, complètement déboussolé, trouve en Meguru un soutien avec qui partager ses angoisses. Il s’interroge sur sa situation et son avenir. De même, Asaoka ayant clairement conscience de sa différence d’âge avec Amano, tente de retenir ses sentiments naissants. L’auteure alterne la narration entre les deux héros, présentant les réflexions de chacun. Elle met en avant les réactions différentes face au coming out: Keiichi, qui a osé le faire, affronte courageusement les problèmes. Au contraire, Meguru regrette de s’être tu en réalisant que sa mère aurait pu l’accepter. Ainsi, la relation qui se crée entre eux leur permet d’évoluer.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux rappelant beaucoup le style shôjo. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique et aérée, jouant sur les vides et les blancs. De même, comme Miyoshi sensei utilise peu de trames, les pages paraissent d’autant plus claires. D’ailleurs, elle ne montre aucun détail dans les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dessine une postface et présente ses personnages en de mignons SD.

En résumé

Suite au décès de sa mère, l’écrivain Asaoka Meguru (29 ans) revient s’installer dans l’appartement familial. Il croise alors Amano Keiichi (17 ans), habillé d’un uniforme de fille, qui souhaite brûler de l’encens pour la défunte. Le lycéen s’entendait bien avec cette dernière qui l’avait surnommé Megumi. Un peu plus tard, en rendant visite aux voisins pour les remercier de l’aide apportée pour les funérailles, il rencontre la mère de Keiichi et comprend alors que son travestissement lui a été imposé suite à son coming out. Face à la situation familiale complexe de l’adolescent, Meguru révèle alors à ce dernier qu’il est également gay.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à intégrer divers sujets tout en évitant de s’éparpiller. Elle tient compte de l’évolution des mentalités en jouant sur la différence d’âge de ses personnages. La romance peut sembler un peu rapide. J’ai adoré cette histoire qui aborde un sujet souvent survolé. J’espère donc que vous l’apprécierez autant que moi!

J’en croque pour toi – Iragi Nanori

j en croque pour toi iragi nanori

IRAGI Nanori いらぎなのり
ISBN: 9782369748755
Akata, 2020
ISBN: 9784047357235 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Titre original: きみはマシェリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Aimer quelqu’un quand il mange, l’embêter pour attirer son attention: est-ce les prémices de l’amour?

Iragi Nanori sensei nous plonge dans une « romance adulte et gourmande » pointant le harcèlement comme moyen de séduction. Elle alterne la narration entre Itô et Kawai permettant de partager leurs ressentis. Ainsi, même si Itô est conscient de son comportement immature, il prend un certain temps avant de réaliser que ses piques et moqueries sont en réalité du harcèlement. A cause des remarques, Kawai n’a aucune confiance en son charme. Pourtant, en discutant ouvertement et franchement, ils vont pourvoir évoluer et avancer dans leur relation. L’auteure met en avant les efforts de chacun. En introduisant Nakahara, un collègue bisexuel de Kawai qui assume pleinement sa sexualité, elle oblige Itô à réfléchir sur le coming out et sa relation. Alors qu’Itô passe pour un tombeur égoïste, il se montre pourtant prévenant et à l’écoute de son partenaire durant les ébats, cherchant avant tout à le satisfaire.

La mangaka a un trait épuré très fin avec de belles courbes et des déliés. Elle dessine différentes morphologies. De même, elle ancre un univers réaliste mais n’hésite pas à simplifier les expressions dans les passages humoristiques. Ainsi, les décors alternent avec quelques trames d’ambiance. En revanche, une large palette de trames donne du volume, ombrant et colorant les vignettes. La mise en page est aussi dynamique. Toutefois, Iragi sensei censure les scènes érotiques en occultant les détails des parties génitales mais elle compense ce manque en mettant en avant la tendresse entre ses personnages. Sous la jaquette, elle donne des croquis de Kawai, avec son côté mignon, et Itô, avec son charme d’ikemen.

En résumé

Itô n’arrête pas d’embêter le nouvel employé, Kawai Mahiro, se moquant de ses rondeurs et sa gourmandise. Pourtant, en réalité, il ressent de l’attirance pour le jeune homme, le trouvant particulièrement mignon quand il mange. Son supérieur, Yoshioka, le rappelle souvent à l’ordre, en vain. Mais quand Kawai se met au régime, le harceleur ne le supporte pas et s’empresse de le nourrir. Un soir, en échange d’aide pour boucler un travail et pour se faire pardonner de s’être moqué de sa virginité, il invite son subalterne à boire un verre avec des filles. En le voyant se lâcher, il réalise alors que même son caractère le séduit…

En conclusion

Une fois commencé, je n’ai pas lâché ce one-shot, transportée par l’histoire. En effet, le graphisme a une certain charme et la romance entre les deux protagonistes est parfaitement menée. L’auteure aborde avec finesse le problème du harcèlement à cause du surpoids, l’acceptation de soi et l’importance de la communication quand il y a un problème. Ce titre est frais, agréable à lire et prenant. Serez-vous charmé comme moi?

High school Lala love – Haruta

high school lala love haruta

Haruta 春田
ISBN: 9782368777541
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784861238130 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

A force de rêver au grand amour, Hinata finira bien par le trouver!

Haruta sensei s’amuse des clichés romantiques avec son héros fleur bleue à l’imagination débordante. Elle offre une comédie romantique basée sur le comique de répétition et de situation. Par exemple, elle commence presque tous ses chapitres par un rêve. La narration se concentre principalement sur Hinata. Ce doux rêveur qui se montre constamment positif, cache toutefois un manque de confiance en lui, suite à une mauvaise expérience. L’auteure dévoile donc son passé par brides, approfondissant sa psychologie. Elle met en avant l’ouverture d’esprit de son héros, renforcé par son premier ami, un yankee au cœur d’or, Fukami Ryû. Elle aborde indirectement le sentiment amoureux, la difficulté à se déclarer, la peur d’un second échec, l’influence des rumeurs, le jugement sur l’apparence. Toutefois, ces thématiques sont peu approfondies, l’humour primant. Le collégien Oono Haru, au caractère manipulateur contrastant avec son visage d’ange, permet de bousculer un peu le lycéen.

La mangaka a un trait shôjo épuré. Elle le simplifie totalement dans les passages humoristiques. Sa mise en page très dynamique met en avant les ikemen qui entourent le héros. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent le comique de situation, rappelant les codes graphiques des shôjo. De même, les décors sont discrets. En outre, Haruta sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques.

En résumé

Hino Hinata emménage chez les amis de ses parents suite à la mutation de son père en Italie. Il rayonne de bonheur à la seule idée de trouver enfin l’amour dans un lycée pour garçons. A peine arrivé chez ses hôtes, il a le coup de foudre pour le fils aîné de la famille Oono, Aki. Débordant d’imagination, son bas-ventre réagit déjà alors qu’il s’installait dans sa nouvelle chambre. Mais Aki le surprend et lui propose de le soulager. Pourtant, le lendemain, il se montre à nouveau indifférent.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les mangas profonds comme un titre qui apporte de la lumière aux fujoshi avec son côté constamment mignon et fantasque. Même si l’histoire est simple et classique, je m’amuse des délires de Hinata. J’ai donc lu ce titre d’une traite, sans m’en rendre compte, absorbée par la force positive du héros. Ce titre pourra déplaire à certains qui trouveront le héros fade et l’histoire trop clichée, mais pour moi, c’est un rafraichissement bien venu.

Glare at you, because I love you 2 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 2 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368772638
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796406376 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Deux voyous uke à la merci de leurs petits amis respectifs manipulateurs.

Yukue Moegi sensei continue à développer l’histoire d’amour entre Shima et Ryûnosuke en les confrontant à divers obstacles. Un autre couple apparaît, avec un seme un peu sadique: Akira et Reiji. Comparé au premier tome, l’humour se fait discret. Par ailleurs, la maîtrise de la narration rend la lecture agréable. L’auteure approfondit ses personnages et leur environnement. Elle met surtout en avant les moments tendres et de partage du couple qui communique et se découvre, présentant un peu plus l’intimité des héros. D’ailleurs, Shima mûrit, essayant de concilier ses nouvelles activités et sa relation. Leurs amis sont également plus présents et donnent des conseils. En revanche, le consentement n’est pas clair dans la relation entre Reiji et Akira, ce dernier abusant de la naïveté de l’uke. En plus, le frère jumeau d’Osamu cède complètement à sa jalousie.

La mangaka a un graphisme simple mettant en avant les lignes déliées de la plume. Elle dessine des visages assez réalistes avec des yeux fins. Le trait épuré est anguleux. Même dans les passages humoristiques, les déformations restent discrètes, conservant l’esprit réaliste de la scène. Les trames servent principalement à colorer et ombrer. Les décors se remarquent lors des grands angles, situant surtout l’action. Toutefois, l’utilisation des aplats donne des pages à dominance blanche. Dans les scènes érotiques, le choix des cadrages et des angles de vue permet d’éviter la censure, même si quelques points blancs cachent les parties génitales. D’ailleurs, Yukue sensei privilégie les sentiments durant les préliminaires. En début de tome, elle présente succinctement les personnages.

En résumé

Glare at you, because I love you / Ryû-san, montre-moi: Shima se rend dans le salon de coiffure où travaille Kajimoto Toranosuke pour discuter de la relation qu’il entretient avec son petit frère Ryônosuke. Il ne cède pas aux menaces de l’aîné et apprend même quelques secrets sur son petit ami. En effet, ce dernier n’a été au salon qu’une seule fois, de peur de faire fuir la clientèle. Alors Shima le convainc d’y retourner…
Comment prendre conscience de ses sentiments: Depuis que Shima et Ryûnosuke sortent ensemble, Reiji se sent abandonné. Il passe son temps à pleurnicher auprès de son ami d’enfance, Akira. Mais ce dernier qui cache ses sentiments profonds pour son ami, regrette de ne plus être l’objet de son admiration.

En conclusion

Quel plaisir de retrouver le regard de tueur de Ryûnosuke quand il est gêné! J’adore ce couple un peu mièvre mais attachant. L’auteure arrive vraiment à dépeindre les sentiments et l’évolution d’une relation. Je pourrais même me passer des quelques ébats tellement je suis subjuguée!

Glare at you, because I love you 1 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 1 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368771419
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404440 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Ne jamais juger sur les apparences.

Yukue Moegi sensei développe une romance mettant en avant le jugement sur l’apparence et les différences de goût. Ainsi, Shima trouve un certain charme à certains visages jugés disgracieux. Par exemple, il s’attache au chat Busamen. De part le passé de son frère aîné délinquant Kajimoto Toranosuke (25 ans), Ryûnosuke est considéré comme un voyou, impliqué souvent dans des bagarres à cause de son regard de tueur et sa manie à répondre aux provocations. Pourtant, il dégage en réalité beaucoup de douceur, étant attentionné avec sa famille et ses amis. Heta Reiji apporte une touche humoristique avec son admiration pour Ryûnosuke. L’auteure s’amuse à jouer sur les contrastes. Elle développe doucement l’attirance entre ses deux héros qui apprennent à se connaître peu à peu. Elle aborde encore le regard acéré dans une histoire bonus narrant une romance entre un ancien voyou et un gosse de riche devenu délinquant par admiration.

La mangaka a un trait épuré mais les contours jouent sur les épaisseurs. Elle les simplifie dans les passages humoristiques. Les trames et les décors sont équilibrés. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont discrètes. La mise en page paraît plutôt classique, pourtant les angles de vue, les ellipses et les cadrages la dynamisent. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails. Yukue sensei offre des préliminaires peu romantiques mais elles correspondent au caractère direct des personnages. Elle met en avant le consentement, même si les demandes sont parfois insistantes, sauf dans « The dragon of memories ». Les illustrations en début de chapitre résument ce qui s’y passe.

En résumé

Glare at you, beacause I love you / After glaring: Shima (en première), membre du conseil des élèves, a remarqué que Kajimoto Ryûnosuke (en terminale) le fusille du regard. Mais alors qu’il est invité chez Eigo, le président du conseil des élèves, pour voir les chatons de Busako, il découvre que le prétendument voyou est un ami d’enfance d’Ayame, la petite soeur d’Eigo. A force de l’observer, il remarque sa gentillesse et son discret sourire. Il comprend alors que son aspect un peu sévère n’a rien à voir avec son caractère. Le trouvant mignon, il ne peut s’empêcher de toucher sa ride entre ses sourcils froncés. Mais Ryûnosuke lui demande froidement de ne pas le toucher.
The dragon of memories: Kisaki Eiko saute les cours pour fumer ou draguer les filles. Mais le nouveau gardien de l’école remplaçant Kawada hospitalisé, Nishida Tetsurô, a reçu la mission de s’occuper des délinquants. Il lui confisque donc ses cigarettes et lui en donne en chocolat à la place. Néanmoins, le lycéen a la vague impression de déjà le connaître.

En conclusion

Malgré un thème assez classique avec une romance entre bon élève et yankee, ce récit met en scène un couple original et touchant. D’ailleurs, l’auteure préfère développer l’évolution des sentiments de ses personnages. J’apprécie la relation entre les deux héros, dans l’observation, la découverte et la discussion. En revanche, l’histoire bonus est assez anecdotique, d’autant plus que le consentement y est inexistant.

La vie en rose 1 – Katsura Komachi

la vie en rose 1 katsura komachi

KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777503
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796412803 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation respectueuse malgré un univers dramatique.

Après deux histoires courtes, Katsura Komachi sensei développe un récit plus long sur plusieurs chapitres. Elle alterne la narration entre Nagato et Ai. Le couple se confronte à divers obstacles influencés par leur passé. Ainsi, de nouveaux personnages sont introduits: l’ancien camarade de Nagato, Chinatsu Mutsu, représente l’adolescent paumé qu’aurait pu devenir Ai. En plus, il gère mal ses sentiments en découvrant l’homosexualité de son ami. Rongé par la jalousie, Shinano semble encore plus instable que le chef de gang Tone qui en a après Mutsu. Pour l’instant, l’auteure met en place le contexte. Elle révèle par brides le passé des protagonistes. Nagato reste toujours aussi prévenant avec son partenaire, retenant ses pulsions. Sa sœur, Sakura, devient même un soutien. Le couple est constamment dans la communication, Kaga s’ouvrant de plus et plus et exprimant un peu mieux ses désirs. Une anecdote mignonne sur leur relation conclut ce tome.

Comparé à Rouge, le trait épuré de la mangaka est moins anguleux. Elle se focalise surtout sur les regards et les petits gestes. Les décors et les trames d’ambiance sont plutôt discrets. Par ailleurs, la mise en page au premier abord classique est dynamisée principalement par les découpages. Katsura sensei évite de montrer les parties intimes dans les scènes érotiques, en ne dessinant qu’une forme tramée. Elle arrive même à donner beaucoup de sensualité durant les discussions, les préliminaires et les ébats. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2020. En effet, le romantisme qui s’en dégage est renforcé par la palette des tons crépusculaires.

En résumé

Nagato invite Kaga Ai chez lui pendant les vacances. Mais le temps de prendre à boire, il trouve son petit ami nu dans sa chambre. Il essaie alors de lui faire comprendre qu’il veut aussi passer du temps avec lui à le câliner sans pour autant coucher ensemble…

En conclusion

Quel bonheur de retrouver ce couple débordant d’amour. Un bel exemple d’une relation saine! Toutefois, le cliffhanger en fin de tome laisse présager un futur tome plus violent et dur. Mais pour l’instant, je savoure avec plaisir le sublime trait de l’auteure qui continue encore à s’embellir et la tendresse entre Ai et Nagato!

Twinkling star dial – Natsume Isaku

twinkling star dial natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351806296
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862637031 (JP)
Libre, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La médecine peut-elle soigner deux maladroits en amour?

Natsume Isaku sensei propose de suivre une romance entre un médecin citadin qui se retrouve à la campagne et son hébergeur taciturne. Elle met en avant la vie à la campagne entre entraide, travail harassant et un grand nombre de personnes âgées. Elle ménage aussi le suspense en dévoilant au fur et à mesure des détails dramatiques sur les deux héros. Ainsi, la narration se concentre sur Toba. Malgré un premier contact difficile, le médecin cherche d’abord à comprendre le comportement différent de Kazushige. Certains personnages extravagants permettent de détendre l’atmosphère. Grâce à Ichirô, l’auteure fait avancer la romance, obligeant Toba à se questionner sur ses sentiments. Elle décrit avec finesse comment se crée le lien entre le médecin et Kazu. Finalement, leur passé douloureux leur permet de s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle rend tout de même les pleins et déliés des contours. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames pour colorer ou ombrer sont équilibrées. La mise en page dynamique et efficace fluidifie la lecture. Natsume sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques, jouant sur les cadrages. Elle met en scène le couple à différents stades de leurs relations dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le jeune médecin Toba Yôsuke (28 ans) vient s’installer à Yamanomachi, en pleine campagne, mais il s’est perdu en chemin. Il croise alors Suga Kazushige (23 ans), un jeune homme bourru qui le guide. Alors que les habitants accueillent chaleureusement le médecin, très attendu, Suga se montre froid. Malheureusement, en inspectant le logis fraichement rénové, son futur assistant, Sawamura Ichirô (23 ans), casse les tatamis de la chambre. Toba se retrouve donc hébergé par son voisin, Kazu. Ce dernier se montre désagréable avec son hôte. Quand Toba essaie de briser la glace, admirant les étoiles si rares dans le ciel de Tokyo, le jeune homme lui saute dessus pour le draguer. Mais il n’a pas le temps d’en discuter car dès le matin, il reçoit la visite de la vieille Ume qui a le dos coincé. Toutefois, Yôsuke se demande pourquoi Suga vit seul, reclus, dans sa grande maison.

En conclusion

Au premier abord simple, le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, sans tomber dans le mélodrame. Au contraire, l’auteure propose une approche positive, avec une solution réaliste. De même, elle a vraiment bien développé le caractère de ses personnages. J’aime beaucoup le côté enfantin de Kazushige qui se fait rééduquer gentiment par Yôsuke, qui lui fait comprendre que le non consentement est primordial dans une relation. Même si le médecin cède parfois aux avances, il ne se gêne pas de secouer le jeune homme avec douceur. Cette dynamique entre eux me plaît et je regrette même que le tome se termine si vite!

Celui que j’aime, ou presque – Harada

celui que j aime ou presque harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368776209
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864421805 (JP)
Tokyo mangasha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Du harcèlement moral au harcèlement sexuel, il n’y a qu’un pas. Et l’amour dans tout ça?

Harada sensei propose de suivre une romance entre un chef de bureau autoritaire et son subordonné timide. Elle s’intéresse à la position et l’inversion du dominant et dominé dans un couple où la hiérarchie s’impose déjà fortement. Même si la relation débute surtout par des rapports forcés, elle développe les sentiments des personnages. L’amour naît peu à peu entre les deux hommes. Yoneda paraît d’abord antipathique avec un sale caractère. Obstiné, colérique, fier, il comble son manque de confiance en s’acharnant sur Iida. Ainsi, l’auteure joue donc sur le harcèlement moral et sexuel pour construire son histoire. Elle introduit deux collaborateurs qui vont tenter de semer la zizanie entre les deux salarymen: Mugita et Ineda. La narration donne principalement le point de vue d’Iida. Les dialogues sont parfois vulgaires. Le chapitre « Une bonne correction » complète ce tome, abordant sous un autre angle la manipulation par le dominé.

La mangaka a un trait épuré, légèrement plus simple que ses séries actuelles. Elle rend parfaitement le regard mauvais ou fuyant de Yoneda, avec divers degré de frustration ou de gêne. Elle privilégie le contraste du noir et blanc. Cependant, il y a toute de même quelques trames d’ambiance. Les décors permettent de situer les actions. L’usage des trames est équilibré. Par ailleurs, la mise en page reste dynamique bien que classique. Harada sensei censure les parties intimes par des hachures dans les scènes érotiques. Elle en met à presque chaque chapitre et détaille les moments érotiques où les caractères basculent. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Celui que j’aime, ou presque / Bonus / Se vanter de son petit ami / Le dire en mots: Le timide Iida subit chaque jour les remontrances de son supérieur Yoneda, qui n’hésite pas à lui crier dessus. Un soir, lors d’une sortie entre collègues, le sermon du supérieur légèrement alcoolisé dérive sur la sexualité et les amours de l’employé. Apprenant qu’Iida est puceau, Yoneda demande alors de sortir avec lui. Pourtant, il continue à le harceler moralement et à l’humilier pendant leurs ébats. Mais un jour, Iida craque suite à une parole de trop et ne se laisse plus faire. Désespéré, Yoneda accepte alors de faire ce que son partenaire demande pour se réconcilier.
Une bonne correction: Seta tient fièrement une boutique de gadgets mais n’a malheureusement pas de clients. En parallèle, il vend en ligne des jouets érotiques pour homosexuels. Un jour, il surprend un étudiant, Migita, en plein vol à l’étalage mais le gamin le menace. Le vendeur décide alors de le punir à sa manière.

En conclusion

Ce manga a obtenu la vingt-deuxième place au classement du Chill Chill BL award 2015. Le style de l’auteure se reconnaît immédiatement avec son approche parfois dure et sombre de certains sujets, en particulier dans les rapports charnels. Pourtant, l’inversion entre le seme et l’uke démontre que la position dans un couple gay n’est pas forcément une question de physique ou de caractère. Ce n’est pas aussi profond que les dernières créations de la mangaka, mais je me suis tout de même amusée à suivre les frasques des quatre protagonistes. Un titre pour les fans de Harada sensei!

Sur un malentendu, ça peut marcher! – Owal

sur un malentendu ca peut marcher owal

Owal おわる
ISBN: 9782368776131
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956148 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 思い違いが恋の種
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Parfois, un malentendu peut être l’élément déclencheur qui fait naître un amour sincère! »

Owal sensei offre une romance érotique plus profonde qu’elle ne paraît au premier abord. Elle maintient un certain suspense en ne révélant le passé douloureux de Hôjô que par brides. Elle développe également les personnalités de ses personnages au fil des chapitres. Ainsi, l’expert en chirurgie cardiaque, Misaki Yôsuke, devient de plus en plus détestable. Kurono, épris d’amour, se montre persévérant et honnête sur ses sentiments. Néanmoins, Hôjô évolue le plus: s’ouvrant petit à petit, il devient adorable, fragilisé par la peur d’être à nouveau blessé par un hétérosexuel. Même si la relation commence par un quiproquos et une mauvaise interprétation des réactions, l’auteure met en avant le consentement. Ainsi, quand Kurono agit brusquement, poussé par la jalousie et les provocations, il regrette immédiatement son comportement. Les sentiments grandissent doucement, entre discussions et sorties en amoureux. L’histoire bonus présente la réalisation d’un fantasme de Kurono.

La mangaka a un trait fin épuré. Elle dessine des visages ovales avec des yeux très expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie ses traits, donnant parfois un aspect super deformed aux têtes trop mignon. Les trames d’ambiance graphiques, comme les fleurs, les étoiles, accompagnent les fortes émotions, rappelant le style shôjo. D’ailleurs, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Owal sensei censure les parties intimes par des hachures ou des caches blancs. Pourtant, elle dessine également des gros plans, avec quelques vignettes presque pornographiques. Elle résume l’évolution de la relation du couple dans les illustrations de début de chapitre. Sous la jaquette, il y a deux planches conclusives non censurées.

En résumé

Kurono Shingo (31 ans), délégué médical pour l’industrie pharmaceutique Takeda, n’hésite pas à amadouer les médecins en comblant leurs passions pour conclure des contrats. Un jour, un des médecins lui propose de le présenter à Hôjô Reiji, anesthésiste dans le grand hôpital Teizan. Mais ce dernier têtu et froid, déteste les délégués médicaux. Toutefois, cela motive encore plus le représentant. Pourtant, il trouve très peu de renseignements sur lui. Un jour, le voyant gêné entouré de femmes, il vient naturellement à son secours. En effet, de plus en plus intéressé par le médecin lui-même, il cherche à sympathiser sincèrement avec lui. Alors Hôjô l’invite à un congrès médical. Mais il n’y a qu’un seul futon dans leur chambre. Serait-ce une invitation? Des avances? Peut-il céder à ses pulsions?

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la sixième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Pour moi, Kurono ressemble à un chien tout foufou adorable et débordant d’amour. Ainsi, ses galères à séduire Hôjô en deviennent touchantes. J’ai un coup de cœur pour cette romance qui allie développement des sentiments et scènes très érotiques. D’après sa postface, l’auteure a pris du temps pour écrire ce récit (plus de 2 ans) en y mettant tout ce qu’elle aime. Et cela s’en ressent par la qualité narrative. Si vous avez aimez Les fantaisies du roi, ce titre vous plaira sûrement tout autant.

Hebikuidori – Megu Iroha

hebikuidori megu iroha

MEGU Iroha 芽玖いろは
ISBN: 9782368775097
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784829685563 (JP)
Printemps shuppan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Quand l’amour laisse place à une passion obsessionnelle dépassant la raison.

Megu Iroha sensei offre deux romances dans lesquelles la passion dépasse la raison. Elle aborde légèrement la manipulation, le traumatisme du rejet à cause de l’homosexualité et des rumeurs, ainsi que la difficulté à gérer ses sentiments, en particulier la jalousie. Ainsi, son approche réaliste développe principalement les sentiments et l’évolution de la relation. L’histoire principale, qui donne son titre au manga, maintient un certain suspense en dévoilant petit à petit l’origine des sentiments de Chidori. L’attirance mutuelle entre les deux héros devient vite obsessionnelle. L’intensité de leurs sentiments est presque palpable à travers leurs comportements et leurs réflexions. La première œuvre de l’auteure, « Rumeurs », possède déjà un scénario intéressant même si le format court ne permet pas de l’approfondir. Les deux amis d’enfance découvrent peu à peu leurs sentiments réciproques mais essaient de rester prudents face aux rumeurs qui ont déjà fait souffrir Yura auparavant.

La mangaka a un style assez original et beau. Elle utilise un trait épais dédoublé, anguleux, qui conserve un aspect croqué. Les visages sont longs avec des nez plutôt pointus; les carrures sont longilignes. Malgré que ce soit son premier manga, Megu sensei maîtrise déjà son graphisme. Elle porte attention aux détails des regards et des petits gestes. Quelques trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. Sous la jaquette, deux planches donnent des anecdotes amusantes se déroulant à la fin des récits.

En résumé

Hebikuidori / Fin du repas: En sortie un soir avec ses amis, Nijô Taichi entend un couple gay coucher dans les toilettes du bar. Mais le lendemain, il reconnaît l’un des hommes. Chidori Shirô travaille au secrétariat de son université et semble pourtant très sérieux. Intrigué par cette double facette, l’étudiant s’intéresse de plus en plus à cet homme mystérieux mais séduisant qui l’ignore à la faculté mais lui parle facilement en extérieur, quand il le croise à son petit boulot. Mais rien ne va plus pour Nijô quand il imagine Chidori tout en se masturbant devant un film romantique que l’employé avait emprunté…
Rumeurs / Nouvelles rumeurs: Môri et Yura sont deux amis plutôt beaux gosses. Mais comme ils sont inséparables, des rumeurs folles circulent à leur sujet. Après avoir aidé une jeune fille acculée par un chien, Môri attire ses faveurs. La lycéenne l’attend même le soir pour lui demander de sortir avec lui. Le lendemain, Yura l’évite. Mais quand Môri le rejoint sur le toit, son ami l’embrasse!

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2015. En effet, la maîtrise du dessin et du scénario se ressent déjà. En plus, les uke sont entreprenants, ce qui change un peu. J’ai totalement apprécié la surprise à la fin du chapitre 2 de « Hebikuidori » où Chidori montre son vrai visage! J’espère que l’on pourra lire d’autres œuvres de la mangaka en France!