Black x Black – Yuuya

black x black yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770412
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796403528 (JP)
Kaiohsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La fierté masculine mise en jeu entre un hétérosexuel curieux et un homosexuel tachi.

Yuuya sensei propose de suivre la bataille pour la position de dominant entre un hétérosexuel et un homosexuel. Elle aborde pourtant les thèmes du viol et du non consentement. Arrogant, Kuroi va remettre en question son comportement en s’interrogeant sur les différences entre relation homosexuelle et hétérosexuelle, ainsi que la position de tachi et neko. En rencontrant Shirakami, il prend conscience du besoin de consentement. Kurokawa, déjà blessé par ses anciens partenaires, n’espère plus de relation longue mais se laissera convaincre par les changements de son collègue. L’auteure décrit avec réalisme les émotions de ses personnages, leurs questionnements sur les difficultés rencontrées par les homosexuels entre rumeurs en entreprise, incertitudes d’avenir. Même si la romance débute d’abord par provocation et curiosité, les sentiments naissent par la suite. Un chapitre reprenant les personnages d’un autre manga complète ce tome, narrant une pièce de théâtre avec la personnification des planètes.

La mangaka a un style graphique rappelant les anciens shôjo. Ses personnages ont des mentons pointus, de grands yeux aux longs cils, des cheveux méchés tombant en cascade. Même si les hommes sont beaux et sveltes, ils ont l’air un peu efféminés. Les quelques trames d’ambiance se font discrètes. Néanmoins, les décors sont assez présents. La mise en page est également dynamique. Dans les scènes érotiques, Yuuya sensei censure les parties génitales simplement par l’absence de traits.

En résumé

Dans l’entreprise publicitaire Act.moment, le designer Kuroi Kazutaka drague toutes les jolies filles mais les jette une fois lassé. Au contraire, le coordinateur Kurokawa Mamoru représente la beauté taciturne à lunettes inaccessible. Tous deux, réputés au sein du personnel, s’entendent comme chien et chat, même s’ils doivent souvent collaborer. Un soir, alors que Kuroi se baladait dans le quartier gay avec un collègue, il remarque au coin d’une ruelle Kurokawa en train de rompre avec un homme. Ayant découvert son secret, il se rapproche et cherche à le séduire, tenté par une première expérience homosexuelle. Mais cela s’avère plus difficile que prévu, le coordinateur étant un tachi bien décidé à ne pas céder sa place de dominant.

En conclusion

Malgré l’humour, certains sujets sont abordés avec sérieux. J’aime beaucoup le revirement de Kuroi qui prend conscience de la nécessité du consentement dans des rapports amoureux. La relation du couple devient alors tendre et romantique. Personnellement, j’adore le style graphique, mais il ne plaira pas à tout le monde.

Nouveau départ – Yukue Moegi

nouveau depart yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368775905
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537134582 (JP)
Nihon bungeisha, 2016 (JP)
Titre original: 男やもめも花は咲く
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Un père de famille divorcé, quadragénaire, prend un nouveau départ pour trouver le bonheur.

Yukue Moegi sensei offre une romance douce entre un étudiant et un quadragénaire divorcé qui redécouvre l’amour. Elle marque beaucoup la différence d’âge avec, par exemple, Uematsu qui découvre les fonctionnalités de son smartphone grâce aux jeunes l’entourant. En plus, le comportement irrespectueux avec son supérieur du subordonné Shigenori creuse encore plus cet écart. La narration donne principalement le point de vue du salaryman. L’auteure montre avec pudeur la relation franche qui se construit entre les deux hommes apprenant à se connaître. De même, elle aborde la vision d’un quadragénaire sur l’amour, l’homosexualité et les changements de la société. Elle s’intéresse particulièrement au développement des sentiments d’Uematsu, à ses petits changements de comportement. En effet, bourreau de travail, il s’était replié sur lui-même après son divorce. Sa maturité lui permet d’analyser et de comprendre rapidement les émotions d’Asahikawa. D’ailleurs, son calme constant déstabilise l’étudiant amoureux.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, qui conserve un aspect croquis. Elle rend tout de même l’âge avec quelques rides. Elle utilise les trames avec parcimonie, ainsi que quelques trames d’ambiance. En plus, les décors sont parfois succincts et servent surtout à situer l’action. Par ailleurs, les illustrations de début de chapitre sont intégrées au déroulement du récit. Même si Yukue sensei n’a pas développé de scènes érotiques, elle suggère les positions des deux hommes à travers les fantasmes d’Asahikawa.

En résumé

Uematsu, salaryman, la quarantaine et divorcé, est au bord du rouleau avec ses subordonnés incompétents. Cependant, il aime converser avec Asahikawa, un étudiant qui travaille à temps partiel dans un restaurant où il se rend régulièrement. Il apprécie beaucoup sa compagnie apaisante après ses longues et dures journées de travail. Mais un soir, le jeune homme, qui souhaite également le connaître, l’invite à sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. L’auteure reste principalement dans le cheminement du nouveau sentiment amoureux, avec ses questionnements et ses acceptations. Ce couple honnête et franc qui discute est touchant et réaliste. Je trouve rafraichissant et intéressant de voir un quadragénaire ressentir à nouveau les premiers émois amoureux.

Un oisillon sur le rivage – Minaduki Yuu

un oisillon sur le rivage minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368773946
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784199607431 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

A force d’être poli par la mer, un tesson de verre se transforme en trésor.

Minaduki Yuu sensei présente une belle romance ayant pour thème la famille. Elle développe particulièrement bien la psychologie de ses personnages. Ainsi, une complicité naît entre Ryô et Ayumu. L’enfant taciturne et franc essaie de soutenir à sa manière son oncle qui a peur de ne pas être à la hauteur. Contrairement à son aspect mûr, Kurebayashi a parfois un comportement encore enfantin et se montre très possessif. Il cache derrière son sourire sa vraie personnalité blessée et sa solitude. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments et l’équilibre qui s’instaure entre les trois héros qui s’ouvrent peu à peu l’un à l’autre. Elle aborde également les difficultés de la famille monoparentale entre les reproches des collègues, les remarques blessantes. En introduisant Shimamura Kazuya et sa mère, elle montre comment les liens se forment facilement quand on a des points communs. La narration alterne entre Ryô et Yûichi.

La mangaka a un trait épuré et fin qui conserve tout de même une petite touche réaliste. Elle soigne les décors, très présents. Ainsi, dans la ville, les architectures contemporaines côtoient celles plus anciennes, renforçant le côté réaliste du récit. Les trames variées, servent avant tout à colorer et ombrer. Il y a tout de même quelques trames d’ambiance graphiques. La mise en page est très dynamique. Minaduki sensei censure discrètement ses scènes érotiques par des cadrages évitant d’exposer trop de détails. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Ayumu et Ryô se disputant une place au lit, comme des enfants. Il y a également la postface. Les images vers la fin reboucle discrètement sur le début du tome, laissant alors supposer que Ryô est en réalité le héros de ce récit.

En résumé

Depuis le décès de ses parents et de sa sœur, Tachibana Yûichi (28 ans) élève seul son neveu Okano Ayumu. Tous deux s’installent dans un petit appartement proche de la mer. Affamés, ils trouvent une épicerie fine, Beniya, qui vend des plats « maison » à emporter. Le gérant, Kurebayashi Ryô (28 ans), se montre très avenant avec son nouveau client et lui propose même de lui faire visiter la ville en échange de son aide. Le lendemain, ils terminent donc leur promenade au bord de la plage. Comme son oncle apprécie le verre poli par la mer offert par Ryô, l’enfant en ramasse alors chaque soir avec des coquillages, après l’école. Ryô, qui aime aussi passer du temps à la plage, lui confie qu’il a également perdu ses parents jeune et a été élevé par des proches. Quand Ryûichi vient chercher à manger, il ne lui cache également pas son intérêt.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2019. Il m’a complètement conquise. J’adore la douceur de la narration, les petits détails du quotidien et la relation qui se crée entre les personnages, même avec Kazuya et Mme Shimamura. Je ne me lasse pas de le lire et le relire. Allez-y sans peur!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 1 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 1 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062012
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403663819 (JP)
Shishokan, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A partir de maintenant, je vais vivre seul. Je ne veux plus aller vers les gens. Je ne veux plus espérer. »

Dans ce tome d’introduction, Shimizu Yuki sensei présente les personnages principaux de son récit. Elle met en avant trois romances différentes. Comme à son habitude, elle révèle peu à peu le background de ses personnages, souvent dur, dramatique ou traumatisant. Ces derniers ont des caractères ou des comportements parfois extrêmes. Par exemple, Kuroi Sawato et ses amis Sagara Sôsuke (alias Gara) et Yaya Fujio, continuent à faire vivre leur groupe de rock indé Black velvet kiss en encourageant les travailleurs agricoles locaux, tout en s’occupant de la restauration du village. Pour l’instant, chacun d’eux a ses propres raisons de vivre à la campagne. L’auteure joue donc beaucoup sur le comique de situation. Elle aborde légèrement les liens entre les personnages. Elle met d’abord en avant le couple formé par Itokawa qui assume mal son homosexualité avec Hitomi, un gay manipulateur et pervers puis celui de Daiki et Satowa.

La mangaka a un trait fin et épuré, facilement reconnaissable avec ses visages ovales et ses lèvres pulpeuses. Elle travaille également beaucoup les mèches de cheveux. Elle n’hésite pas à simplifier ses lignes dans les passages humoristiques. Les décors sont détaillés, les trames utilisées avec parcimonie. Des mosaïques recouvrent les insectes vus par Ito mais les petits asticots ont un côté mignon. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre présentent les personnages en train de poser. Shimizu sensei censure ses scènes érotiques par des points blancs sur certaines parties intimes, détaillant avant tout les sentiments des personnages. Ainsi, elle permet au lecteur de deviner certains liens entre eux.

En résumé

Suite au remariage de sa mère et un coming-out involontaire traumatisant, Itokawa Kazuto s’installe à la campagne dans la maison de son grand-père décédé. Malgré sa phobie des insectes, il entame le ménage. Mais quand il prend sa douche, pleins d’asticots lui tombent dessus. Choqué et effrayé, il fuit dehors, nu, et croise son voisin, Hitomi Masataka. Le nouveau médecin qui emménage également, lui apporte son aide. Reprenant ses esprits, Ito rencontre alors Kanze Daiki qui aurait dû préparer la maison mais qui s’est trompé sur sa date d’arrivée. Ce dernier en informe Kuroi Satowa, alias Sabbat, responsable de la restauration et nouvel employeur d’Ito. Pour se faire pardonner, il propose ensuite à Ito de dîner avec lui et Hitomi. Mais le médecin en profite pour embrasser son jeune voisin après l’avoir enivré…

En conclusion

Difficile de se faire une idée franche sur ce premier tome. Au Japon, il était sorti simultanément avec le second tome qui continue à présenter le contexte. Comme j’adore l’auteure et que j’ai pu lire la série en japonais, je suis déjà conquise car je sais qu’elle prend toujours son temps pour installer ses histoires qui s’avèrent poignantes. Alors ne vous découragez pas, cela deviendra vite prenant et passionnant!

On entend son cri, sans que l’on voie ses larmes, corbeau sous la pluie – Unohana

on entend son cri sans que l on voie ses larmes corbeau sous la pluie unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775912
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784537131956 (JP)
Nihonbungeisha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Au coeur de l’été, dans la chaleur de la vieille capitale, se dévoilent les affres de l’amour. »

Dans ce one-shot, Unohana sensei nous invite à suivre une romance entre deux étudiants aux caractères opposés. Malgré l’ambiance poétique, elle donne un ton réaliste à son récit. Alors que le souriant et opiniâtre Aizawa a le coup de foudre pour le bougon Ugôda, ce dernier préfère l’utiliser comme sex friend. Cependant, les sentiments larvés s’expriment peu à peu au fil des petites attentions de Seiji. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure dévoile au fur et à mesure la situation complexe de Rin, abordant le devoir familial, le poids de l’héritage d’une grande entreprise familiale et les combines pour garder le pouvoir. Ainsi, le fils légitime, Kiyoto, et son demi-frère, sont traités comme de simples pions sans aucune considération pour leurs rêves. Le chapitre final permet de découvrir l’avenir du couple deux ans et demi plus tard, complété par une histoire bonus.

La mangaka utilise un trait épuré anguleux. Les visages ovales ont de grandes bouches. Le travail des yeux, fins, est assez particulier: comme les pupilles se fondent avec l’iris, l’expressivité passe par la forme générale des yeux. Unohana sensei n’hésite pas à exagérer et simplifier ses traits pour exprimer les sentiments de ses personnages. Elle dessine même Aizawa en wanko sur une vignette. Les trames d’ambiance alternent avec des décors détaillés. Malgré une impression de surcharge de certaines planches, à cause de l’utilisation de beaucoup de trames, la mise en page reste tout de même dynamique. D’épaisses hachures blanches censurent les parties génitales dans les scènes érotiques. Le ton poétique général du récit s’exprime également à travers la couverture qui a obtenu la quinzième place au Chill Chill BL award 2015.

En résumé

Un jour, le beau Aizawa Seiji (20 ans) remarque que son voisin semble pleurer sous la pluie. Depuis, il a pris l’habitude de l’observer et tente à chaque fois de sympathiser avec lui. L’asocial Ugôda Rin (23 ans) est à la même université que lui. Des rumeurs circulent sur lui: il serait le fils de la maîtresse d’un grand chef d’entreprise de Kyoto, le groupe Kugumiya. Alors que Rin s’interpose entre un couple qui se dispute en pleine rue, Seiji ne peut retenir son fou rire face à la répartie de son senpai. Excédé d’être suivi, Ugôda avoue alors son homosexualité et refuse clairement l’amitié d’Aizawa. Il le laisse après lui avoir donner un baiser volé…

En conclusion

En réalité, le nom de plume Unohana représente une équipe de deux mangaka: Tsukuba au scénario et Iroha au dessin. Dans la postface, l’auteure précise que cette histoire est le spin-off de Hybrid stardust, dont Kiyoto et son petit ami Yakyô sont les héros. J’espère que l’on pourra le lire un jour! Au début du tome, l’édition française explique la traduction du titre, qui a la forme d’un haiku. J’approuve totalement cette initiative. En effet, le poème illustre parfaitement le comportement de Rin, alors que le sous-titre anglais résume en fait le récit. Une romance au premier abord simple mais fort intéressante sur le fond.

Twilight outfocus – Jyanome

twilight outfocus jyanome

Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782368777251
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065160664 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Quand un amour à sens unique a soudain une chance de se concrétiser…

Jyanome sensei offre une douce romance lycéenne, à suivre à travers l’objectif d’une caméra. Elle décrit avec justesse le tournage amateur d’un film en milieu scolaire, entre organisation, problèmes, accidents, tension. Hisashi et Mao, bien qu’attirés mutuellement, essaient de protéger leurs promesses. Toutefois, leurs sentiments s’exacerbent au fur et à mesure du tournage. Ainsi, l’auteure développe avec finesse le rapprochement entre les deux amis colocataires, les différentes émotions qui se transforment comme la jalousie, la possessivité ou l’inquiétude. En outre, elle dévoile l’essentiel du passé douloureux d’Ôtomo permettant de comprendre son côté calme et résigné. Elle met également en scène des personnages secondaires au caractère singulier. La narration alterne entre les deux héros. D’ailleurs, leur relation se base sur la discussion et le consentement.

La mangaka a un trait fin, légèrement épuré, avec une touche réaliste. Elle travaille les yeux d’une manière intéressante, avec plusieurs traits pour les cils, et dessine des regards souvent baissés. En plus, elle joue beaucoup sur des effets de caméra, rendant les points de vue à travers l’objectif ou les déformations qui apparaissent avec des gros plans. Il y a donc beaucoup d’angles de vue originaux. D’ailleurs, les cadrages reprennent souvent un découpage cinématographique. Dans certaines vignettes, les personnages semblent poser avec des déhanchés sexy. Jyanome sensei met en avant la plastique de ses personnages. Elle équilibre l’utilisation des trames, entre ambiance, ombre et coloration. Par ailleurs, la mise en page rythme la lecture. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais le choix des angles de vue ne montre aucune partie trop intime. Sous la jaquette, des fiches personnages donnent plus de détails sur les héros.

En résumé

Ôtomo Hisashi et Tsuchida Mao partagent la même chambre au dortoir Hiiragi du lycée Midorigaoka. Tous deux en première, ils se sont promis, via une vidéo, de ne pas révéler que Hisashi est gay et a un petit ami, de ne pas considérer son colocataire comme un partenaire potentiel et de respecter les moments d’intimité de l’autre. Dans le club de cinéma cette année, Ichikawa Giishi a décidé de tourner une romance BL pour un concours. Mais, désirant Ôtomo dans un des rôles, il charge donc Mao de lui demander. Cependant comme le cameraman du club n’y arrive pas, ayant peur que son ami pense qu’il ait rompu leur promesse, le réalisateur le fait alors lui-même. A la surprise de son colocataire, Hisashi accepte volontiers.

En conclusion

Ce manga a obtenu la huitième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Certains lecteurs auront peut-être du mal avec le graphisme déformé par certains angles de vue. Pour ma part, je me suis vite habituée. En plus, l’histoire est douce et touchante. Néanmoins, même si l’approche graphique est originale et le scénario réaliste, cela reste tout de même une romance étudiante assez classique. Par exemple, l’auteure n’a pas développé le passé marquant de Hisashi. Elle a toutefois continué son récit avec un recueil regroupant des chapitres spéciaux sur son titre, Twilight outfocus overlap, puis un spin-off mettant en avant le passé d’Ichikawa Giichi, Zanzo slow motion. J’espère que ces deux nouveaux titres auront également droit à une traduction française.

Lost virgin – Nagi Wataru

lost virgin nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777619
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801965553 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un homosexuel refoulé trouve le grand amour avec un travesti.

Nagi Wataru sensei propose de suivre un couple original avec un acteur homosexuel inavoué, Emoto Takeru, et un travesti, Kirishima Chôji, alias Chôko. La narration donne le point de vue d’Emoto, qui a développé une violente homophobie. Les deux artistes, légèrement perdu dans leur sexualité, vont évoluer ensemble. Ainsi, Chôji est très ouvert comparé à son partenaire qui s’interroge beaucoup sur ses sentiments. L’auteure s’intéresse donc aux problèmes d’identité sexuelle, aux réactions violentes que peut engendrer un rejet, à la difficulté de distinguer réalité et fiction. Elle développe le passé d’Emoto pour mieux comprendre ses réactions. De même, elle oppose le comportement de Kirishima avec celui de Matsuzaka Keishi, jouant sur le contraste de leur carrure. Chôji et Takeru préfèrent partager le plaisir dans leurs rapports charnels. Un chapitre met en avant les héros de Passions réfrénées, permettant de découvrir ce qu’ils sont devenus six mois plus tard.

La mangaka a un trait épuré et plutôt fin. Elle utilise beaucoup de trames variées ainsi que quelques trames d’ambiance plus graphiques. Cependant, elle essaie de rester réaliste. Certaines cases offrent des angles de vue originaux. Pourtant, la mise en page est déjà très dynamique. Nagi sensei ne censure pas du tout les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des angles de vue mettant parfois en valeur les attributs masculins. Elle inclut également quelques coupes intérieures. A la fin de certains chapitres, une planche humoristique avec Chôko en héroïne nous apprend un peu de vocabulaire et dévoile les goûts du travesti.

En résumé

Emoto Takeru, acteur en vogue, affiche clairement son homophobie devant son nouveau manager Nishizawa ou avec le travesti vedette Chôko, alias Kirishima Chôji. En réalité, il refoule désespérément son homosexualité. Depuis qu’il a agressé Wakamiya Kurama à l’université, il cherche à s’excuser auprès de lui. Comme le jeune homme est devenu un styliste réputé, il n’ose pas l’aborder, passant pour un stalker. Mais quand Chôko l’oblige à s’expliquer en partageant un verre dans un bar, il finit par révéler qu’en tant qu’homosexuel inavoué, il a du mal avec les personnes assumant leur sexualité différente. Ivre, il se laisse alors cajoler par le travesti et finit même par coucher avec lui…

En conclusion

Ce spin-off a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. Même si les sentiments des personnages se développent vite, il est agréable de voir un homophobe se remettre en question et mettre des mots sur son mal-être au fur et à mesure qu’il s’épanouit dans une relation amoureuse partagée et rapidement consentie. De même, j’apprécie Chôji à la virilité débordante mais qui se contient pour ne pas brusquer son amant. Leur amour et leurs ébats sont aussi torrides que leurs sentiments longuement refoulés. L’auteure arrive réellement à traiter des thèmes sérieux tout en intégrant un grand nombre de scènes érotiques. Personnellement, j’adore, tout simplement!

L’étoile de l’amour – Suzumaru Minta

l etoile de l amour suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782368777527
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864423465 (JP)
Tokyomangasha, 2018 (JP)
Titre original: 落花流水のホシ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La tendresse humaine est le meilleur médicament contre la solitude, l’amour est encore mieux!

Suzumaru Minta sensei offre une douce romance entre un policier qui aime prendre soin des gens et un étudiant dépressif. Elle questionne sur la difficulté à surmonter le deuil, la solitude et la dépression. D’ailleurs, elle met particulièrement en avant la force de la tendresse humaine. Ainsi, les sentiments du couple naissent au fil des échanges, des petites attentions et des discussions. Plus qu’un soutien, Gôtarô veut réellement aider Akihito à s’en sortir en cherchant la cause de son mal-être. L’auteure sème divers évènements qui permettent de galvaniser les sentiments. Par ailleurs, elle détend un peu l’atmosphère avec Jun, l’oncle surprotecteur. Elle développe également les différentes qualités de ses personnages. Le couple prend donc son temps et le consentement dans leurs rapports met en avant leur différence d’âge et d’expérience.

La mangaka a un trait fin et épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les yeux deviennent alors de simples points ou de grands ronds, donnant une touche mignonne aux personnages. Pourtant, elle préfère travailler les expressions entières des visages. Les décors sont détaillés et les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique, avec quelques angles de vue marquants. Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Ainsi, elle joue principalement sur les angles de vue pour ne pas trop montrer de détails, privilégiant le partage des sentiments. Sous la jaquette, elle donne des fiches personnages commentées par les héros dans une planche au verso. D’ailleurs, la postface se résume à une case. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2019.

En résumé

Le policier Sumeragi Gôtarô (28 ans) vient d’être transféré sur une petite île. L’officier de patrouille en chef, Inoue Ryôko, souhaite qu’il enquête sur Kuze Akihito (19 ans), qui passe des nuits de débauche à coucher à tout va. Pour lui faciliter la tâche, il loge donc dans le grand manoir du jeune homme. Dès le premier soir, le policier intervient en faisant fuir un homme marié et père de famille, le surprenant en pleine action. Mais cela énerve Akihito. Cependant, Gô remarque que le jeune homme ne semblait pas apprécier ces ébats. En plus, au bout d’une semaine, ce dernier semble devenir absent. Le policier décide alors de mener l’enquête pour comprendre les raisons de ce comportement.

En conclusion

Une romance simple mais belle et touchante. J’adore le traitement des sujets et des relations par l’auteure. Elle arrive à me surprendre en faisant découvrir le vrai caractère d’Akihito qui ressort petit à petit alors qu’il commence à surmonter sa dépression. Son côté fonceur confronté à la patience de Gô est tellement amusant. Bref, ce one-shot confirme mon coup de cœur pour cette mangaka, même si Golden sparkle reste mon titre préféré pour l’instant.

Sora & Hara – Nakamura Asumiko

sora and hara nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368775875
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863492929 (JP)
Akaneshinsha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Les déboires amoureux du professeur Hara.

Nakamura Asumiko sensei prend directement la suite de Sotsugyosei et s’intéresse aux amours du professeur Hara. Elle aborde les difficultés que rencontre un professeur gay: trouver un partenaire, le jugement extérieur plus sévère, surtout quand ce partenaire est jeune, la pression pour le mariage. En introduisant Sorano, elle vient chambouler les principes de l’enseignant intègre. Malgré leur 22 ans d’écart, les deux héros sont mutuellement attirés et ont connu une expérience amoureuse blessante qui a modifié leur vision de l’amour. De même, Arisaka Satoshi représente le modèle de l’homosexuel tentant de paraître normal, jusqu’à ce qu’il trouve le grand amour avec Sano Hibiki. En plus de ce couple, l’auteure élargit également le cercle des personnages secondaires avec l’ami gay de Hara, Komatsu, qui devient un peu leur guide et cupidon. Elle développe principalement l’évolution des sentiments et du rapport entre les personnages, la naissance du sentiment amoureux.

Le trait de la mangaka évolue: les têtes sont ovales et les nez sont plus marqués. De même, les traits sont moins anguleux. Nakamura sensei exagère les proportions de Sorano pour rendre sa grandeur, qui a donc une carrure carrément filiforme. Elle met particulièrement en avant les petits gestes et les regards, s’attardant sur les petits détails. De même, elle équilibre les trames. La mise en page est également très dynamique avec des angles de vue originaux. Hara refusant de toucher un mineur, il n’y a donc aucune scène érotique. Même les scènes de baisers deviennent amusantes. Sous la jaquette, deux planches concluent l’histoire.

En résumé

Le professeur de musique Hara Manabu (37 ans) est plus touché qu’il ne pensait par le départ de son élève diplômé, Sajô Rihito, pour qui il nourrissait un amour secret. Il décide d’oublier sa peine en allant dans un bar gay. Sur place, il croise un beau jeune homme mais après un baiser, troublé par les souvenirs, il préfère abandonner. Cependant, quelle n’est pas sa surprise de le retrouver le lendemain dans son lycée en seconde. Aoto Sorano (15 ans) semble toujours intéressé par son professeur mais Hara, ayant pour principe de ne pas toucher aux élèves, le recadre rapidement. Cependant, le lycéen remarque le regard que porte le professeur sur Sajô venu chercher son album souvenir. Après avoir récupérer les coordonnées de l’ancien élève, il les propose à Hara. Mais ce dernier refuse avant de changer d’avis. Alors Sorano décide de ne plus les lui donner.

En conclusion

Ce spin-off a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure obtient la sixième place du meilleur artiste. Ce tome est plus épais que les autres de la série. Pourtant, l’approche reste encore dans l’observation des personnages et de leurs aventures. Il y a beaucoup plus d’humour, les échanges entre Hara et Sora étant très dynamiques. J’adore ce couple.

Gelateria Supernova royal vanilla – Kitahala Lyee

gelateria supernova royal vanilla katahala lyee

KITAHALA Lyee キタハラリイ
ISBN: 9782368776636
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801959958 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Avoir d’abord une vie stable avant de s’installer ensemble. Oui, mais…

Kitahala Lyee sensei reprend la suite de Gelateria Supernova en axant principalement son récit sur le point de vue de Masada (alias Kio). Elle utilise les personnages secondaires pour faire évoluer ses héros. Elle a une approche assez réaliste, s’intéressant aux questions touchant un couple homosexuel. Ainsi, à voir leurs amis hétérosexuels se marier ou devenir parents, Tomoaki et Naoki réfléchissent davantage à la vie en couple et aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer. D’ailleurs, le salaryman plutôt tactile s’amuse de la gêne de son partenaire. L’auteure met à l’épreuve les deux hommes avec une séparation de deux semaines, qui permettra aux sentiments de s’intensifier: Masada découvre donc la jalousie. En milieu de tome, elle insère des saynètes de quelques planches, mettant en avant les personnages secondaires ou donnant des anecdotes sur le couple. A part ce chapitre, les autres ont encore un titre reprenant des parfums de glace.

La mangaka dessine des visages allongés qui donnent un certain charme avec leur menton légèrement saillant. Elle utilise des trames d’ambiance très graphiques pour illustrer les émotions intérieures, n’hésitant pas à envahir parfois le dessin quand les sentiments dominent. Les angles de vue, les sorties de cadres, les emboitements de cases dynamisent beaucoup la mise en page. Dans les passages humoristiques, Kitahala sensei simplifie ses traits, synthétisant les visages en quelques traits. Elle porte également beaucoup d’attention aux expressions des visages. Par exemple, Tomoaki est trop mignon quand il boude. Elle censure les parties génitales en occultant quelques traits et en ajoutant de grandes hachures. Une illustration du parfum de glace rappelant le tire conclut chaque chapitre. Sous la jaquette, une anecdote mignonne présente l’intimité du couple. Par ailleurs, les couvertures avec un pot de glace en transparence se superposant au dessin couleur apporte une touche esthétique.

En résumé

Depuis deux ans, Masada Naoki sort avec Satoya Tomoaki. Avant, il perdait souvent ses partenaires, qu’ils soient homme ou femme, à cause de ses insomnies chroniques et sa manière d’être. En effet, il n’arrive pas à dormir avec quelqu’un et garde une certaine réserve. Pourtant, tout se passe très bien avec Satoya. Le salaryman a donc hâte de retrouver son amant dès qu’il a une soirée de disponible. Car pour l’instant, Tomo cherche du travail mais ils risquent d’avoir du mal à se voir une fois qu’il commencera à travailler. Alors il profite au maximum de leurs moments d’intimité pour rester à ses côtés.

En conclusion

Ce second tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. Je suis complètement subjuguée par ce récit qui donne un aperçu plutôt intime des réflexions d’un couple gay. Même si les sentiments sont là, le doute et la peur de la réaction des autres persistent. J’espère que d’autres œuvres de l’auteure seront encore publiées en France.