Kachô fûgetsu – beauties of nature 3 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 3 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062616
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664328 (JP)
Shinshokan, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Princesse, je te ferai la plus belle des assiettes. »

Shimizu Yuki sensei consacre ce tome à la romance entre Sawato et Daiki. Elle donne quelques indices sur le passé du potier, permettant de mieux comprendre son comportement trop entreprenant. Comme dans le tome précédent, elle continue à développer les raisons du complexe de Kuroi envers sa grand-mère, et fait un parallèle avec Kanze qui subit une forte attente artistique comparé à son grand-père devenu trésor national vivant. Malgré les doutes et les chamailleries, les sentiments se développent peu à peu entre les deux hommes. Par ailleurs, l’auteure met en avant les projets de développement touristique pour revigorer un village de montagne grâce aux produits biologiques et l’artisanat local. Avec Sagara Mikihisa, elle aborde également la difficulté d’être homosexuel à la campagne. En effet, l’ancien batteur du groupe qui va ouvrir un salon de beauté dans le village, étant fils aîné, préfère cacher son homosexualité.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Même si au premier abord, les visages semblent tous ovales, leur physionomie varie dans les petits détails comme la largeur du menton ou la forme des yeux. L’utilisation des trames est équilibrée. Toutefois, les trames d’ambiance restent discrètes. De même, les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page dynamique rythme la lecture. Shimizu sensei ne censure presque pas les scènes érotiques. Cependant, elle joue sur les trames et les blancs pour occulter les détails des parties intimes. Elle présente succinctement les personnages au début de ce tome.

En résumé

Pour préserver le monopole de la source chaude, Kuroi Sawato préfère embrasser Kanze Daiki au lieu de la partager. Alors qu’il hésite sur la position à prendre, le potier lui vole un baiser. Et quand le responsable de la restauration du village l’embrasse enfin de lui-même, il s’emballe mais est très vite remis à sa place. Malgré les protestations du chef du village, il ne peut s’empêcher de prendre soin de lui. Le lendemain, en allant faire leur déposition au commissariat, Sabbat croise Shiroyama Hiroki, un conseiller de la mairie qui était étudiant au pair chez sa grand-mère. Leur complicité ne plaît guère à Daiki. Et il est encore plus frustré quand Sawato lui demande de s’arrêter à un magasin de donuts pour son petit-frère Enma…

En conclusion

L’auteure arrive à nous sensibiliser sur des problématiques, tout en laissant le lecteur s’interroger par lui-même. De même, malgré le côté harceleur de Daiki, elle l’oppose à Sawato qui a beaucoup de caractère et qui ne se laisse pas facilement faire. On pourrait presque s’amuser à comptabiliser le nombre de coups que le potier reçoit. Cette dynamique entre les personnages rend le couple attachant. Par ailleurs, j’aime beaucoup la sœur de Daiki, Umegae Airi. Ce tome se termine sur un suspense insoutenable.

Dear Gene 1 – Azuma Kaya

dear gene 1 azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782382760000
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784778129361 (JP)
Shinkosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La rencontre salvatrice entre deux hommes qui ont abandonné leur famille.

Azuma Kaya sensei offre un spin-off de My rumspringa en s’intéressant à Gene Walker, l’amish qui a quitté sa communauté. Elle aborde son récit à travers la lecture du journal intime de Trevor Edwards par son neveu. Les deux héros de cette romance dissimulent une part sombre au fond de leur cœur. En effet, Trevor cache son homosexualité et garde ses distances avec sa famille adoptive pour ne pas les blesser. Par ailleurs, Gene culpabilise d’avoir abandonner les siens. Leur cohabitation leur permettra donc d’évoluer, de s’ouvrir et même de s’épanouir. L’auteure a un ton très réaliste. Elle ajoute également des références culturelles pour les différentes époques. En parallèle, elle montre la vision de la sexualité dans les années 70 à travers divers regards. Par ailleurs, Gene apporte une touche d’humour et de mignonnerie en découvrant le monde moderne.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Son graphisme particulier, qui dégage une certaine sensualité, s’exprime surtout dans le traitement des regards et des cheveux. Il y a peu de trames d’ambiance. Par contre, les décors sont soignés et réalistes. Azuma sensei rend bien le style vestimentaire selon les époques ainsi que l’architecture de New-York. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures. En fin de chapitre, des dessins donnent des anecdotes. A noter, chaque chapitre débute par une vue du bureau sauf dans le chapitre 5, où la pièce apparaît alors à la fin. Sous la jaquette, se trouvent des illustrations monochromes et la postface, à découvrir à la fin de la lecture du tome de préférence.

En résumé

Gene passe ses vacances d’été à New-York chez son oncle, Trevor Edwards. En échange, il doit ranger le bureau de l’avocat célibataire. Il trouve alors le journal intime de son oncle narrant sa relation avec un certain Gene. Un jour d’hiver en 1973, Trevor (34 ans) perd l’enveloppe de documents d’une de ses affaires. Après l’avoir cherchée en vain, il se repose dans un parc. Un jeune homme de ménage du cabinet où il travaille, les lui rapporte alors. En apprenant que son sauveur, Gene Walker (19 ans), n’a plus de travail et dort dans une chaufferie, il l’invite à venir chez lui pour se protéger de la neige. Comme il a récemment déménagé, l’avocat lui propose alors de ranger ses cartons et même de faire le ménage en échange du logis et du couvert.

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2021. Il est impossible de rester indifférent à cette histoire touchante. Les deux héros sont très attachants. Comme à son habitude, l’auteure arrive à passionner en partageant simplement leur quotidien. Par contre, je suis à la fois pressée de découvrir la suite mais redoute également que cela soit dramatique. Et avez-vous reconnu Oz?

Blue summer 1 – Furuya Nagisa

blue summer 1 furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382760079
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758077446 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: 君は夏のなか
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Comment réagir quand ton meilleur ami te déclare ses sentiments mais n’attend rien en retour?

Furuya Nagisa sensei s’intéresse au développement du sentiment amoureux à l’adolescence. Elle décrit le malaise qui s’installe entre les deux amis suite à la déclaration. Elle base la narration du point de vue de Wataru. Le lycéen s’interroge sur les raisons de l’attirance de son ami tout en réfléchissant à ses sentiments. Leur pèlerinage sur le cinéma leur permettra d’évoluer. De même, une certaine poésie se dégage à travers cette excursion filmique. Comme dans Les deux lions, l’auteure aborde avec finesse la différence entre amour et amitié. Elle a un ton réaliste. Elle révèle petit à petit le passé de Saeki en semant des indices. Les personnages ont des personnalités plutôt opposées: Wataru est franc tandis que Saeki a tendance à s’effacer. Les deux amis discutent facilement de leur passion mais également de leurs réflexions et de leurs interrogations.

La mangaka a un trait fin épuré plutôt shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et porte attention aux petits gestes. De même, elle soigne les décors, en particulier les paysages qui utilisent des trames très variées. Au contraire, pour le reste, les trames apparaissent avec parcimonie. Par exemple, pour les visages, elles représentent seulement les contre-jours et les ombres fortes. L’ambiance estivale se ressent dans les moindres détails. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue qui se démarquent dans certaines vignettes. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei concentrant son récit sur les sentiments naissants. Elle donne un plan de l’excursion en début de tome ainsi que deux magnifiques illustrations couleurs sur le thème de l’été. Sous la jaquette se trouve la postface en image.

En résumé

Toda Wataru et Saeki Chiharu sont passionnés de cinéma. Ils se sont rencontrés par hasard alors que Wataru achetait un film et depuis, ils passent souvent du temps ensemble ou vont au cinéma. Une amie de Wataru essaie alors de savoir si Saeki a une petite amie car il rejette toutes les demandes en prétextant être amoureux de quelqu’un. Alors après une sortie, le lycéen tente d’interroger son ami. Mais Chiharu lui déclare alors ses sentiments…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. L’auteure maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Son graphisme est agréable et colle parfaitement à l’histoire. Plutôt que la pré-romance, je suis séduite par la découverte des paysages qui me donnent envie de visiter cette région l’été.

Blue lust 3 – Hinako

blue lust 3 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061411
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784866570556 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Reconquérir son bien-aimé en se montrant sincère et patient.

Après un tome plutôt dramatique, Hinako sensei développe le long cheminement vers la réconciliation entre Hayato et Sôma. Elle met en avant la sincérité des sentiments, la nécessité des discussions et la force de l’honnêteté. La narration alterne entre Sôma, Noboru et Hayato, permettant de comprendre leurs interrogations intérieures. Les liens entre eux trois évoluent. Ainsi, Noboru devient un soutien. Hayato respecte les décisions de Sôma qui a décidé de fréquenter un homme homosexuel, qui le comprendrait mieux, mais se bat pour reconquérir sa confiance. Hitokawa l’incite également à réfléchir sur les difficultés rencontrées par les homosexuels dans l’intimité et dans la société. L’auteure met également en avant l’influence des amis, le partage. Elle dévoile les circonstances de l’isolement de Sôma et sa brusquerie quand il se sent acculé. En fin de tome, elle révèle ce que sont devenus les personnages un peu plus tard.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste et classique. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. De même, elle dessine les personnages en SD quand ils sont gênés, ajoutant un côté mignon. La force des différents regards graphiquement expressifs permet de se passer des dialogues Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique grâce aux découpages, ellipses et emboitements. Hinako sensei censure légèrement les scènes érotiques par des points et des bandelettes blanches. Elle donne le ton du récit à travers les illustrations en début de chapitre ainsi que dans ses illustrations couleurs. Sous la jaquette, se trouvent encore des croquis ainsi que la postface.

En résumé

Katahira Sôma confie à Miyazawa Noboru ses doutes sur sa relation avec Iokawa Hayato. Le lycéen lui révèle alors qu’il est le meilleur ami d’Iokawa, qui a tenté de se suicider. Tout son amour s’était transformé en haine suite aux brimades des autres élèves et à l’inaction de son ami. En voulant sciemment blesser ce dernier, il a donc sauté devant lui. Sôma réalise alors que Hayato a complètement changé suite à ce traumatisme. Comprenant les sentiments profonds de Katahira, Noboru décide de discuter avec Hayato avant de l’encourager. En effet, l’amour de ce dernier lui paraît sincère et profond.

En conclusion

Ce tome n’a pas réussi à être classé dans les meilleures séries au Chill Chill BL award 2018, mais les lecteurs apprécient le suspense jusqu’à la fin. Les sentiments explosent dans ce final. L’auteure a pris soin de développer le chemin réflexif des personnages sur leurs sentiments et leur relation. Son style narratif permet de comprendre leurs évolutions. Le happy end est bienvenu après toute ces péripéties. J’adore le couple principal mais apprécie également les personnages secondaires. Je les trouve adorables sur la couverture au verso. De même, j’aime les respirations apportées par la présence de Mâ et Itô. Une excellente série que je ne peux que recommander.

Blue lust 2 – Hinako

blue lust 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061275
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348822 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Affronter son passé pour faire face à son bien-aimé.

Hinako sensei approfondit sa thématique du traumatisme et d’un amour mélancolique en dévoilant le passé de ses protagonistes. Elle développe l’influence du passé sur les émotions. Noboru a donc du mal à contenir son ressentiment encore présent envers Hayato. Ce dernier, au contraire, arrive à éclaircir ses sentiments alors qu’il doutait de leur sincérité polluée par son envie de repentance, grâce à sa discussion avec son ancien ami. L’auteure aborde parallèlement la perte de confiance, le doute, la remise en question et la culpabilité. Elle décrit avec clarté les émotions de ses personnages, le malaise qui s’installe entre Sôma et Hayato ainsi que le désir de ne rien laisser paraître. Elle montre également les réactions parfois extrêmes dues à la tension psychique. Comme dans le premier tome, la narration est toujours concentrée sur Iokawa.

La mangaka a un trait fin et épuré, légèrement léché. Elle donne une touche réaliste en se focalisant sur les regards changeants. Néanmoins, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. Les trames d’ambiance plutôt graphiques illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques, le récit se concentrant sur les sentiments des personnages. Hinako sensei dessine de magnifiques illustrations couleurs, simples mais dégageant une certaine douceur. Sous la jaquette, elle présente quelques croquis.

En résumé

Iokawa Hayato retrouve comme prévu Katahira Sôma à la sortie de la gare mais il est accompagné de son ami Miyazawa Noboru. Or, ce dernier était le meilleur ami de Hayato au collège jusqu’à ce que ce dernier déclare ses sentiments. Encore immature, il en avait parlé à toute la classe, entrainant des conséquences graves. Mal à l’aise de feindre les inconnus, Hayato s’éclipse durant la nuit, oppressé par les regrets. Mais Sôma remarquant son trouble le suit et l’embrasse pour le réconforter. Toutefois, Noboru les observe de loin. Le lendemain, alors que Katahira a attrapé froid, Iokawa raccompagne Miyazawa à la gare. Mais son ancien ami lui demande des explications…

En conclusion

L’auteure offre un tome fort en émotions où l’espoir s’effondre tandis que les héros deviennent honnêtes envers eux-mêmes. Pourtant, elle réussit à ne pas tomber dans le mélodrame, dosant avec justesse les moments dramatiques et plus positifs, partageant les réflexions de ses personnages. J’aime beaucoup le style de la mangaka qui arrive à décrire avec justesse les réactions de ces personnages. Je suis complètement happée par ce récit.

Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

Black or white 4 – Sachimo

black or white 4 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368777589
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784041094792 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shige perd ses repères tandis que Shin s’ouvre de plus en plus.

Sachimo sensei recentre son récit sur le couple. Elle présente de nouvelles facettes des deux héros. Elle dénonce en parallèle l’influence des critiques du public qui juge sévèrement l’acteur. Ainsi, Shige sombre dans la frustration et le désarroi. En effet, sa jalousie exacerbe sa possessivité et une certaine violence. En plus de perdre confiance en lui, il devient presque paranoïaque en voyant des rivaux partout. De même, il perd sa motivation principale en réalisant que Shin a d’autres protecteurs. Heureusement, divers soutiens discrets tentent de l’orienter. Comparé au tome précédent, l’humour se fait plus discret, plutôt porté par Hanasaki. L’auteure dévoile encore quelques brides du passé des deux amants. Elle aborde les difficultés à se plonger dans un nouveau rôle et l’impact que cela peut avoir sur la personnalité. Ainsi, les deux acteurs sont amenés à sortir de leur zone de confort en interprétant des rôles contraires à leur habitude.

La mangaka a un trait épuré assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et n’hésite pas à transformer les personnages en semi super deformed. Les visages très ovales s’arrondissent alors, donnant un côté trop mignon. Les trames d’ambiance appuient parfaitement les émotions et alternent avec les décors. De même, les flash-back sont facilement repérables avec leur fond noir. La mise en page oscille entre classique et dynamique. Sachimo sensei censure les scènes érotiques avec des caches blancs recouvrant les parties génitales. Les onomatopées viennent même les recouvrir.

En résumé

Suite à la mauvaise audience du dernier drama dans lequel il a joué, Ôsawa Shige voit sa popularité chuter. Le président de son agence, Asakusa, le réprimande sur sa mauvaise performance mais cherche d’autres moyens pour exploiter son beau physique autant que possible, sans tenir compte de ses compétences. Mais pour la prochaine série, l’acteur joue avec Tatara Kengo. Ce dernier, remarquant sa perte de motivation et de confiance, le menace de révéler sa relation avec Washimiya Shin. Quand SHige rentre à la maison, il trouve son petit ami dans les bras de Hanasaki Tôri. Fou de rage, il décide alors de le punir dès le départ de l’idole…

En conclusion

Malgré son comportement, Shige devient touchant. Il semble considérer son amour pour son petit-ami comme un sacrifice. Par conséquent, il n’arrive plus à ressentir l’affection que lui porte son bien-aimé, aveuglé par sa piètre opinion de lui-même. J’ai l’impression qu’à force de jouer un rôle même dans la vie courante, il se trouve complètement perdu. Pourtant, il semble cacher un réel potentiel pour la suite. Tout comme Shin, j’ai envie de le soutenir et l’encourager. L’auteure arrive à provoquer beaucoup d’empathie pour ses personnages. Un réel bonheur à suivre leurs aventures!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 2 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 2 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062395
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664830 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je me reflète dans tes yeux. Mais c’est comme si tu ne me voyais pas. »

Shimizu Yuki sensei continue de présenter ses personnages ainsi que leur passé. Elle introduit Tsujimoto Yômei et Sano Hizuru, des yakuzas qui se sont mis au vert. Elle dévoile un peu leur passé très glauque et met en avant leur relation étrange de maître et chien. En effet, Yômei a reçu une éducation particulière et possède donc une vision tronquée des relations humaines. Hizuru, quant à lui, nourrit un amour à sens unique et semble très dépendant du clan. L’auteure présente la vie quotidienne du village, entre entraide et partage de savoir-faire avec les anciens. Elle s’intéresse un peu plus à la rencontre entre Sawato et Daiki. Elle donne une image peu reluisante de Kanze avant son accident. Par ailleurs, Sawato manquait de confiance, supportant mal la comparaison avec sa grand-mère qui était cheffe du village. En revanche, la relation entre Itokawa et Hitomi se concrétise doucement mais sûrement.

Le trait épuré, fin et anguleux de la mangaka permet de varier la forme des visages et des yeux, rendant les personnages facilement reconnaissables. L’équilibre des trames donne du volume au dessin. En plus, les trames d’ambiance se font discrètes. Par ailleurs, les décors soignés sont plutôt présents. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Shimizu sensei censure à peine les scènes érotiques, jouant sur les cadrages et les trames. Elle évite ainsi de montrer trop de détails. Les profils des personnages en fin de tome permettent de se familiariser un peu plus rapidement avec ces derniers. La couverture, magnifique, fait suite à celle du premier tome. D’ailleurs, les caractères japonais dorés et les teintes légères rehaussent la douceur de l’image en lui donnant une touche classique.

En résumé

La veille de la saison des pluies, Kanze Daiki demande à Itokawa Kazuto de l’aider à rentrer ses poteries dans l’atelier avant une grosse averse. Mais le nouveau ne s’attarde pas, gêné, lorsqu’il découvre que le potier est déjà au courant de sa relation avec Masataka Hitomi. Sur le chemin du retour, il croise Sano Hizuru, un de ses clients, au stand de légumes vide. Apeuré par une chenille dans son sac de choux, il panique mais Hizuru tombe dans une rizière en le rattrapant. Le soir, Ito demande des explications à son petit ami avant de fondre sous ses caresses. Malgré la pluie, Daiki va réclamer son baiser quotidien auprès de Kuroi Sawato, se demandant pourquoi il préfère son ancienne personnalité…

En conclusion

Attention, malgré la douceur des couvertures, le passé des personnages est plutôt sombre, surtout celui de Yômei et Hizuru. Certains passages peuvent être difficiles pour certains lecteurs. Mais comme à son habitude, l’auteure arrive à nous charmer avec ses protagonistes attachants, leur force, leurs caractères et l’évolution de leurs sentiments. Maintenant que le contexte est posé, il ne reste plus qu’à découvrir leur histoire. J’adore beaucoup la patience de Daiki envers Ito pour l’initier.

Queen and the tailor – Scarlet Beriko

queen and the tailor scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061107
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665042 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Plus l’amour est fort et moins on peut se détacher. »

Scarlet Beriko sensei présente une romance amusante entre un jeune décorateur d’intérieur arrogant et un froid tailleur. Elle s’intéresse à la différence d’âge et à l’évolution des personnages grâce à l’amour. En effet, Ôumi cache son manque de confiance derrière son arrogance. Fils de bonne famille, couvé par sa sœur surprotectrice, il commence à se rebeller pour réaliser enfin ce qu’il aime. Cependant, il se confronte à des désillusions sur son travail. Shida le remet à sa place gentiment mais l’écoute et l’encourage. Ainsi, les deux hommes se découvrent petit à petit et tombent amoureux. Le jeu de séduction entre eux prend d’abord l’aspect d’une joute verbale. L’auteure alterne la narration entre les deux héros. Elle fait évoluer ses personnages qui s’ouvrent peu à peu. Elle dépeint une relation qui se développe dans le consentement avec un amour simplement pur.

La mangaka a un trait épuré jouant beaucoup sur les pleins et les déliés. Elle le déforme ou simplifie dans les passages humoristiques. Par exemple, la tête d’Ôumi devient presque SD quant il est énervé ou gêné, lui donnant un côté tellement mignon. Les trames donnent du volume. Il y a aussi quelques trames d’ambiance. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur le style ancien de la boutique. La mise en page est dynamique. Scarlet sensei censure à peine les parties intimes dans les scènes érotiques, supprimant juste des détails. D’ailleurs, elle rend bien la sensualité entre les héros. En outre, les illustrations en début de chapitre révèlent l’ambiance à venir. Entre les chapitres, quelques yonkoma donnent des anecdotes amusantes. Sous la couverture, elle offre deux planches pour essayer de découvrir le secret de la cicatrice de Shida.

En résumé

Sur les recommandations de sa supérieure Okazaki, Ôumi Jôno se rend chez le tailleur Shida Tetsuya (37 ans). Selon les rumeurs, ses costumes permettraient à leur porteur de réaliser leur projet. Mais se montrant pressé et arrogant, leur premier contact se passe mal. Pourtant, le décorateur d’intérieur manque d’inspiration sur le projet d’exposition qu’il doit rendre. Un mois plus tard, il revient à la boutique et accepte un rendez-vous à condition de pouvoir venir voir travailler le tailleur. En effet, il envie le sourire de Shida qui semble apprécier son métier. Mais Ôumi ayant perdu sa passion pour son travail, ne pense plus qu’au tailleur.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. A noter que l’auteure a également Jackass! dans le top 10 de ce classement. Ce titre fait aussi partie de mes préférés de l’auteure. La romance mignonne et douce déborde de tendresse. J’aime beaucoup les récits avec des uke plus âgés.

Jackass! – Scarlet Beriko

jackass scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061015
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665288 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Comment distinguer le sentiment amoureux lorsque le fantasme d’un fétichisme se réalise?

Scarlet Beriko sensei propose de suivre trois romances homosexuelles différentes de trois lycéens. Elle traite avec subtilité le sujet du fétichisme, en prenant en compte le refus de devenir un objet. De même, elle développe différents questionnements selon les couples. Ainsi, Keisuke et Masayuki s’interrogent énormément sur leur attirance mutuelle et leur rapprochement suite à la découverte d’un secret. Toutefois, tous deux ont peur de perdre définitivement leur forte amitié et s’inquiètent de l’influence de leur différence sociale sur leur possible couple. Avec Aramaki et Katsumi, l’auteure aborde la différence d’âge, les doutes dans une relation entre homosexuel et hétérosexuel. Elle présente également l’homophobie d’un gay refoulé avec Miyoshi qui trouvera conseil auprès de Hosoka. Elle dévoile au fur et à mesure la fragilité de ses personnages, leurs sentiments. Ainsi, après avoir tâtonné, chacun apprend à se confier, communiquer et s’accepter.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à déformer ou simplifier ses traits, exagérant certaines expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont rares, laissant la place aux décors. Scarlet sensei met en avant les petits gestes et les expressions, proposant un découpage précis des angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties trop intimes par de fines bandelettes blanches. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre présentent des moments tendres des couples. Sous la jaquette, deux planches conclusives permettent de découvrir ce que deviennent Katsumi et Miyoshi, à lire donc à la fin.

En résumé

Tous les matins, Shinohara Katsumi passe prendre son ami, Hara Keisuke, chez lui pour ensuite aller au lycée. En chemin, ils croisent Shimoda Masayuki qui arrive au lycée en bicyclette. Ce dernier, délégué de classe, est très proche de Kei, qui le seconde comme sous-délégué. Pourtant, les deux garçons n’ont pas vraiment le même caractère et les mêmes goûts. Alors qu’il se changeait pour aller au cours de sport, Keisuke enfile le collant noir que sa sœur, Akiko, a laissé par mégarde dans son survêtement qu’elle avait emprunté. Remarquant sa gêne, Masa lui vient en aide et l’emmène à l’infirmerie. Ils surprennent sans le vouloir, Katsu qui allait embrasser l’infirmier scolaire, Aramaki. Mais avant que Kei se déshabille, son ami lui fait une demande particulière. En effet, Shimoda est fétichiste des collants noirs sur les belles jambes…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place au classement du Chill Chill BL award 2017. Shimoda Masayuki est classé 25ème meilleur seme et Hara Keisuke 29ème meilleur uke. En effet, l’auteure arrive à insuffler beaucoup de sentiments dans son œuvre, avec une touche d’humour. Alors que le sujet du fétichisme aurait pu devenir un simple prétexte, elle préfère au contraire le développer. Parmi les œuvres traduites en français de la mangaka, c’est mon manga préféré. Bien qu’elle n’ait pas encore la maîtrise que l’on retrouve dans ses autres titres, j’aime l’approche des différents questionnements avec trois couples attachants. C’est mignon et touchant.